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Victoire BDS : VEOLIA se retire définitivement d’Israël

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Août 2015

Station de tramway à Jerusalem Est

Plus de dix ans après avoir remporté l’adjudication pour la construction et le fonctionnement du Tramway de Jérusalem (JLR), Transdev, filiale de Veolia Environnement, a vendu tous ses avoirs dans le JLR à un groupe d’investisseurs israéliens.

La ratification de cette affaire par les autorités israéliennes et l’achèvement du transfert de propriété plus tôt ce mois-ci mettent un point final aux activités de Veolia dans le marché israélien en général et à son implication dans le projet controversé du JLR en particulier.

Ratification des autorités israéliennes et transfert de propriété

Jusqu’en août 2015, Transdev, filiale de Veolia Environnement, détenait une part minoritaire (5%) dans CityPass, consortium soumissionné par le gouvernement israélien pour construire le JLR, ainsi que l’entière propriété (100%) de l’opérateur du tram – Connex Jerusalem. Le JLR a été conçu pour relier Jérusalem Ouest avec les colonies illégales qui cernent la ville. Opérationnel depuis décembre 2011, le JLR passe la Ligne Verte et traverse les quartiers palestiniens de Shuafat et Beit Hanina.

Le 2 septembre 2014, Transdev (précédemment : Veolia Transdev) a signé un contrat avec le consortium CityPass pour la vente de Connex Jerusalem et les 5 % restants des parts de Transdev dans CityPass. L’acheteur, le consortium CityPass, est composé de trois actionnaires : le Groupe Ashtrom, IIF -Caisse de financement des infrastructures israéliennes- et les Assurances Harel.

De récentes découvertes faites par le Centre de Recherche Qui Profite montrent que, après des négociations qui ont duré presque un an entre les sociétés, les autorités israéliennes et les banques de financement, le marché de septembre était résolu et la vente de Connex Jerusalem ainsi que des 5 % d’actions de CityPass avait abouti.

Le 6 août 2015, le Groupe Ashtrom -l’un des acheteurs et actionnaire de CityPass- disait à la Bourse israélienne que toutes les conditions préalables à l’accord avec Transdev pour la vente de JLR étaient remplies et que l’accord était conclu. Le rapport d’Ashtrom déclarait aussi qu’à la même date, 1 % des parts de CityPass était passé dans les mains d’Ashtrom. Pour plus ample information sur ce marché et les autorisations nécessaires, voyez la mise à jour de février 2014 de Qui Profite.

Plus tard dans le mois, le 18 août 2015, et d’après le Registre des Sociétés israéliennes, 100 % des actions de Connex Jerusalem ont été transférées de Transdev à une holding israélienne possédée conjointement par le Groupe Ashtrom, IIF et Harel Insurance. Cependant, selon le Registre, les 5 % d’actions de Transdev dans CityPass n’ont pas bougé.

Le journal financier israélien – le Marker – a lui aussi confirmé la conclusion du marché en août 2015. Dans un article (disponible en hébreu), publié le 20 août 2015, il disait que Transdev avait reçu 100 millions de shekels pour Connex Jerusalem. Contrairement au rapport d’Ashtrom à la Bourse d’Israël et au statut inchangé de propriété de CityPass dans le Registre des Sociétés israéliennes, le Marker disait que les 5 % de parts de Transdev dans CityPass avaient été entièrement vendues à IIF. Qui Profite continuera à surveiller les publications concernant la vente afin de déterminer quelle société est devenue la propriétaire actuelle des 5 % précédents d’actions de Transdev dans CityPass.

Finalement, les découvertes et l’analyse de Qui Profite suggèrent fortement que la vente a bien été réalisée et que le transfert officiel de propriété des actions de CityPass apparaîtra au grand jour.

L’étape finale d’un retrait progressif

La vente du tramway de Jérusalem est l’étape finale du retrait progressif de Veolia du marché israélien et de plusieurs opérations illégales dans les territoires palestiniens occupés. A travers ses diverses filiales israéliennes, la société s’est engagée dans de multiples secteurs de l’économie locale, dont les transports, l’eau, la gestion des déchets et l’énergie. Comme le secteur privé israélien, tout comme le gouvernement israélien, considère que les colonies font légitimement partie d’Israël, les succursales israéliennes de Veolia travaillaient librement au-delà de la Ligne Verte. Leurs activités comprenaient la fourniture de services de bus publics pour les colonies israéliennes de Cisjordanie, la gestion d’une décharge dans la Vallée du Jourdain occupée, une station de traitement des eaux usées du tout-à-l’égout des colonies, et enfin la construction et l’exploitation du très controversé JLR.

Ces quelques dernières années, Veolia Environnement a vendu ses filiales israéliennes en morceaux. En septembre 2013, la société a vendu sa liliale locale de services de bus à la société Afikim et, en avril 2015, ses activités en Israël dans l’eau, les déchets et l’énergie ont elles aussi été vendues à une entreprise d’investissement basée aux Etats Unis, Oaktree Capital Management. Au même moment, Veolia a essayé de prendre ses distances avec le JLR en diminuant ses parts dans Veolia Transports – division des services de transport de la multinationale. En 2011, Veolia Transports a fusionné avec Transdev UK, laissant Veolia avec 50 % de parts dans la nouvelle compagnie. Pour brouiller un peu plus l’implication de Veolia dans le JLR, la nouvelle filiale, Veolia Transdev, a changé son nom en Transdev.

Simultanément, Veolia a négocié avec le Ministère israélien des Transports la façon de sortir de Jérusalem. En 2010, le Ministère a efficacement contré la tentative de Veolia de vendre ses avoirs dans le tramway à la société locale Egged. Il l’a fait en exigeant préalablement de l’opérateur remplaçant une expérience internationale. Etant donné la controverse qui cernait le tramway, il est apparu que les sociétés internationales hésitaient à assumer le rôle de Veolia, et en plus avec un secteur inexpérimenté de transport local, Veolia fut incapable pendant des années de vendre Connex Jerusalem et sa part minoritaire dans CityPass. Il semble que les négociations aient maintenant abouti avec le retrait de l’objection du gouvernement israélien à un acheteur inexpérimenté et l’acceptation du consortium CityPass en tant qu’exploitant ferroviaire compétent.

Les suites

En août 2015, Veolia n’est plus active dans le marché israélien et dans les territoires palestiniens occupés. Et pourtant, la société a laissé derrière elle des faits irréversibles sur le terrain. La construction du tramway a impliqué l’expropriation de terres occupées mais pas au profit de la population occupée, et est donc en contradiction avec la législation internationale et la Quatrième Convention de Genève. Le tramway de Jérusalem continue à desservir les quartiers coloniaux juifs de Jérusalem Est et traverse quotidiennement les quartiers palestiniens de Beit Hanina et de Shuafat, et jouera ainsi un rôle conséquent dans le renforcement de la souveraineté israélienne sur Jérusalem Est occupée pour les années à venir.

Ce n’est qu’après la détermination définitive du propriétaire des 5 % de parts de Transdev dans Citypass que le Centre de Recherche Qui Profite retirera les profils de Veolia Environnement, Transdev et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) de sa base de données.

Traudction : J. Ch. pour BDS France

Source : Who Profits

http://whoprofits.org/content/veolia-sells-its-shares-jerusalem-light-rail-and-completes-withdrawal-israeli-market

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