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Lettre ouverte à Erik Truffaz

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Nous publions la lettre que nous avons envoyé à Erik Truffaz au sujet de sa participation prévue au festival de jazz d’Eilat (English translation below):
A rejoindre aussi cette page qui vient d’être créée pour l’occasion sur facebook pour demander à Eric Truffaz de renoncer à s’y produire
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Cher Erik Truffaz,

Vous êtes invité à jouer au festival de jazz d’Eilat en Israël du 17 au 19 janvier prochain.

Vous qui êtes un grand trompettiste, qui aimez le métissage des genres musicaux, le mélange des sonorités, savez-vous que le pays dans lequel vous vous apprêtez à aller jouer refuse le métissage de sa population et ne donne toujours pas les mêmes droits aux citoyens d’origine palestinienne résidant en Israël ?

Savez-vous qu’en vous produisant à Eilat, vous privez toute une population de pouvoir venir entendre les sonorités feutrées de votre trompette. En effet, le peuple palestinien reste relégué depuis de nombreuses années, et en dépit des conventions de l’ONU, derrière un mur de séparation illégal.

Même depuis la récente reconnaissance de la Palestine comme État observateur à l’ONU, le gouvernement israélien a riposté en engageant la construction de plus de 2600 logements illégaux supplémentaires dans les colonies de Jérusalem-Est.

Le festival de jazz d’Eilat est organisé avec l’aide du ministère de la culture et du ministère du tourisme israélien. Loin de n’être qu’un événement culturel, il est donc directement associé au gouvernement et à sa propagande, pour tenter de faire passer Israël pour un État comme les autres.

Cher Erik Truffaz, Israël n’est pas un État comme les autres, Israël viole quotidiennement le droit International. Le gouvernement israélien maintient son blocus illégal à Gaza, privant ainsi toute une population de vivres, de matériel médical, etc. Le gouvernement israélien continue chaque jour à coloniser, à expulser, à détruire les maisons des familles palestiniennes. En Cisjordanie, plus de 600 check-points entravent les déplacements des Palestiniens, de telle sorte que l’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé sont aléatoires.

Face à ces injustices, face à l’impunité du gouvernement israélien, les composantes de la société civile palestinienne, soutenues par la frange la plus progressiste des citoyens israéliens, ont décidé en 2005 de mettre en place la campagne BDS. Il s’agit d’un appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions tant qu’Israël ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée de la non-violence de Gandhi et du combat des Sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale et, depuis plus de six ans, des campagnes de boycott de l’État israélien se développent dans tous les pays. Nous, citoyens français de diverses associations, avons formé la Campagne BDS France pour relayer ce combat à tous les niveaux de la société française.

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités artistiques ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Récemment le groupe de jazz Portico Quartet, lui aussi invité au festival de jazz d’Eilat, a annoncé qu’il n’y participerait pas, à cause de la poursuite de la colonisation israélienne, et qu’il rejoignait la campagne BDS.

Parmi les autres artistes qui ont annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes, on compte les cinéastes Ken Loach, Jean-Luc Godard, Meg Ryan, Dustin Hoffman ou Mike Leigh ; les musiciens Roger Waters, Brian Eno, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Gorillaz, les Pixies, Massive Attack, Gilles Vigneault, Lhasa ou Vanessa Paradis.

Cher Erik Truffaz, le titre de votre dernier album laisse à penser que vous êtes un artiste engagé. Alors que dans Yabous, vous défendez l’égalité des droits entre juifs et musulmans, et que Let Me Go semble écrite pour les Palestiniens, vous ne pouvez pas, aujourd’hui, vous placer du côté de l’oppresseur.

Nous vous demandons donc de rejoindre les artistes qui boycottent Israël tant que cet État ne respectera pas le droit international et d’annuler votre participation au festival de jazz d’Eilat.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

La Campagne BDS France
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English translation:

Dear Erik Truffaz,

You have been invited to play at the jazz festival being held in Eilat, Israel from 17 to 19 January next.

You, as a great trumpeter who loves the fusion of musical genres and the mix of sounds, did you know that the country where you plan to perform rejects the ethnic mix within its population, and still doesn’t grant equal rights to its citizens who are of Palestinian origin?

Did you know that while you’ll be playing in Eilat, a whole swathe of the population will be unable to come and enjoy the mellow sounds of your trumpet?  Because, in spite of UN Conventions, the Palestinian people have been confined for years behind an illegal separation Wall.

Since the recent admission of Palestine as an Observer State at the United Nations, the Israeli government has retaliated by announcing the illegal construction of over 2,600 homes in the colonies of East Jerusalem.

The Eilat jazz festival is organised with the aid of the Israeli Ministry of Culture and the Ministry of Tourism.  Far from being merely a cultural event, it is thus directly associated with the government and with its propaganda, which attempts to pass Israel off as a State like others.

Dear Erik Truffaz, Israel is not a State like others, it violates international law daily. It maintains its illegal blockade of Gaza, depriving the population of basic supplies and medical equipment. Every day it continues its colonisation, expulsions, and the demolition of Palestinian families’ homes in the West Bank. Over 600 checkpoints block Palestinians’ free movement and hinder their access to water, to schooling, to health care.

In the face of such injustice, and the impunity of the Israeli government, in 2005 Palestinian civil society, supported by the most progressive fringe of Israeli citizens, launched the BDS campaign:  boycott, divestment and sanctions as long as Israel does not respect international law.  This struggle, inspired by the non-violence of Gandhi and by the South Africans’ struggle against apartheid, has taken on an international dimension and, six years on, campaigns to boycott the State of Israel have developed worldwide.  We, French citizens belonging to different associations, formed the BDS French Campaign in order to pursue this struggle at all levels of French society.  .

Numerous international artists have now chosen not to play in Israel until that State changes its politics.  The Portico Quartet, also invited to the jazz festival in Eilat, recently announced that it would not take part due to the on-going Israeli occupation, and that it was joining the BDS campaign.

Among other artists having cancelled their appearance in different Israeli cities are film directors Ken Loach, Jean-Luc Godard and Mike Leigh; film stars Dustin Hoffman and Meg Ryan; and musicians such as Roger Waters, Brian Eno, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Gorillaz, The Pixies, Massive Attack, Gilles Vigneault, Lhasa and Vanessa Paradis.

Dear Erik Truffaz, the title of your latest album leads us to believe that you are a politically aware artist.  When in ‘Yabous’ you promote equal rights for Jews and Muslims, and when the words of ‘Let Me Go’ could have been written for the Palestinians, surely you cannot, today, stand on the side of the oppressor.

We therefore ask you to join your fellow artists who are boycotting Israel as long as that State doesn’t respect international law, and to cancel your participation in the jazz festival in Eilat.

We are at your full disposal for any further information.

The French BDS Campaign

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