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Robert Guédiguian et Ariane Ascaride en apartheid Israël : une faute politique et morale

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Nous avons été déçus d’apprendre que Robert Guédiguian et Ariane Ascaride avaient répondu d’un oui franc à l’invitation de la quinzième édition du festival du film français en Israël dans les cinémathèques de Tel Aviv,
Jérusalem, Haïfa, Holon, Herzliya…

On peut penser que le rôle d’Unifrance, sous l’égide du Ministère des Affaires Etrangères français, pour organiser ce type de manifestations répond principalement à des critères commerciaux, mais Robert Guédiguian et Ariane Ascaride sont des acteurs et des porte–paroles d’une certaine idée du cinéma français qui refuse la collaboration avec le libéralisme débridé ou le racisme quand il s’agit de vie sociale.

Pourtant, il n’y pas de vie sociale sans vie culturelle et une question se pose alors : il n’y a pas de collaboration de ces artistes avec les forces de droite ou d’extrême droite sur le territoire national, alors pourquoi une telle collaboration est-elle possible avec l’État israélien dans des lieux chargés de l’histoire de la Nakba ?

Peut-être que Robert Guédiguian et Ariane Ascaride nous diront qu’ils transportent un morceau de France avec eux, au nom du partage ? Du partage avec l’État d’apartheid et son armée d’occupation, du massacre de dizaines de manifestants palestiniens non-armés comme vendredi dernier à Gaza ?

Peut-être qu’ils diront qu’ils ne savaient pas ? Peut-être n’ont-ils pas entendu parler des appels lancés par Desmond Tutu, Eyal Sivan, Roger Waters ou Ken Loach ou des israéliens de « Boycott from Within » à ne pas cautionner la politique coloniale et d’apartheid pratiquée par les gouvernement de Tel-Aviv. Ou ne savent-ils pas que Caetano Veloso, après avoir brisé le boycott en 2016, a fait une déclaration magistrale à son retour en affirmant qu’il ne remettrait plus les pieds dans ce pays ? Mais peut-on vraiment envisager une telle déconnexion de la résistance du monde de la culture à la politique criminelle israélienne ?

Peut-être nous diront-ils que le cinéma et la culture ne sont pas politiques ? Air connu, surtout à droite et même très à droite, mais peu crédible de la part d’un Robert Guédiguian qui, lors d’un passage sur France 5, rappelait que tout était politique. Il suffit de se rappeler que Jean-Luc Godard en fit l’art le plus politique, justement avec des Palestiniens dans « Ici et Ailleurs ». Ou à l’opposé de Muriel Robin posant « pacifiquement » il y a quelques jours, sourire aux lèvres, avec une militaire israélienne et son fusil d’assaut après, en compagnie de Michèle Laroque, avoir méprisé l’appel au boycott lancé par la société civile palestinienne en lutte pour sa liberté et sa dignité.

Nous espérons que comme Caetano Veloso, ils auront le courage de reconnaître leur faute morale et politique, et de présenter, à défaut d’excuses, leurs regrets au peuple palestinien.

Bernard, membre de la Campagne BDS France

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