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Souad Massi : « J’ai le droit de ne pas me produire dans un pays qui assassine les enfants »

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Houda El-Hassan  20-08-2014
Al-Ahram Hebdo
La chanteuse algérienne, Souad Massi, explique pourquoi elle a refusé de chanter en Israël, et revient sur ses récents concerts à Cordoue et au Maroc.

Al-Ahram Hebdo : Vous avez été conviée par l’équipe organisatrice d’un festival de musique à Tel-Aviv. Pour la énième fois, vous exprimez votre refus de chanter à l’Etat hébreu. Comment expliquez-vous ce choix ?

Souad Massi: En effet, à chaque fois que je reçois une invitation qui provient de cette ville, je la décline pour la simple raison que je chante pour la paix dans le monde, alors que le gouvernement israélien ne fait pas grand-chose pour parvenir à cette fin. On a beau me dire qu’il existe des citoyens israéliens qui s’opposent fermement aux positions de leur pays allant à l’encontre du respect du droit à la vie, mais chanter pour eux sur cette terre, je n’y parviendrai jamais.

— Vous avez été parfois taxée d’antisémi­tisme par des médias européens pour vous être prononcée sur un tel sujet. Qu’en dites-vous ?

— Je crois qu’en tant que chanteuse ayant des principes dans la vie, j’ai le droit de ne pas vouloir me produire dans un pays qui assas­sine des enfants en bas âge, des femmes au foyer, des femmes enceintes, des personnes âgées et dont les soldats tirent sur tout ce qui bouge, surtout les plus vulnérables. Regardez ce qui se passe à Gaza ces derniers jours, chanter à Tel-Aviv serait comme cautionner la politique de l’Etat hébreu tout simplement.

— Comment oeuvrez-vous pour la paix concrètement ?

— A mon avis, n’importe quel chanteur qui a choisi de chanter pour la paix dans le monde ne doit pas se limiter aux beaux discours dans les journaux à l’égard de cette cause, mais doit le prouver en n’étant pas très regardant sur le lucre et le luxe du domaine. Il devrait privilé­gier les grands sacrifices matériels aux grands cachets. Il devrait également chanter dans les zones de conflits, (Gaza à titre d’exemple), dans les geôles de Guantanamo et dans la zone du Sahara du Maghreb, etc. Cette même règle s’applique à moi également.

— Quels sont les canaux artistiques que vous empruntez pour exprimer votre philo­sophie ?

— Le chant commercial commence à perdre sa crédibilité devant le poids des festivals oeuvrant pour la paix dans le monde. Libre à chacun de chanter dans l’unique but de com­mercialiser ses albums, mais à titre personnel, je préfère faire partie du chant révolution­naire, celui prôné par la World Music. Celle qui consiste à défendre les marginaux en leur dédiant plusieurs titres, et ce, en chantant dans plusieurs langues, y compris la sienne.

— Vous venez de rendre un grand hom­mage à la ville de Cordoue et à son patri­moine andalou lors de votre dernier concert présenté au Maroc avec le chanteur espa­gnol Eric Fernandez. Parlez-nous de cette expérience …

— J’ai récemment remarqué que le patri­moine de Cordoue m’interpelle. Honnêtement, cela ne m’intéressait pas par le passé, mais une fois que j’ai lu des livres sur les richesses de cette ville séculaire, j’ai décidé de lui dédier un concert. J’ai donc daigné le faire avec le grand chanteur Eric Fernandez. Mes chansons ont porté sur l’amour que je voue désormais à cette ville du monde.

— Et votre love story avec le Maroc ? Vous en êtes à votre dixième concert de l’année 2014 …

— Culturellement parlant, le Maroc est très proche de mon pays, l’Algérie. Evidemment, nous sommes voisins. Mais il s’agit surtout d’un pays que j’aime et je le dis sincèrement. Je suis effectivement très proche de mon public marocain, raison pour laquelle j’y viens souvent. J’ai récemment chanté à Mawazine et à peine ai-je eu le temps de rentrer chez moi que j’ai été contactée par l’Institut Français de la ville de Casablanca. Je me suis également produite à Tétouan, Kénitra, Rabat et Al-Jadida. Et si j’ai l’occasion de revenir encore et encore, je n’y manquerai pas.

— Prépariez-vous un prochain tube comme Raoui et Ghir Enta ?

— Je suis toujours en train d’écrire et de composer des chansons. Cependant, je verrai ce que je pourrais en faire d’ici 2015.

http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/0/5/25/6717/Souad-Massi–J%E2%80%99ai-le-droit-de-ne-pas-me-produire-d.aspx

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