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Victoire ! Les étudiants de l’Université de Californie soutiennent le désinvestissement

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Le Conseil des étudiants de l’Université de Californie adopte la loi de désinvestissement SB 160 par 11 voix contre 9.

Dans un vote spectaculaire qui fut plein d’émotion pour tous, le Conseil de l’ASUC (Associated Students of the University of California) a voté à 11 voix contre 9, tôt jeudi matin, le désinvestissement d’entreprises travaillant avec l’armée israélienne. Le débat houleux a commencé mercredi 17 avril au soir et a duré 10 heures, se prolongeant jusqu’à jeudi matin. La salle Anna Head était bondée de centaines d’étudiants, professeurs et membres de la communauté de l’UC Berkeley, engagés dans un débat conflictuel sur le projet de loi SB 160.

La SB 160, rédigée par George Kadifa, de Student Action (1), qualifie le système de l’UC (University of California) de « tiers complice » dans « l’occupation illégale d’Israël et les violations aux droits de l’homme qui s’en suivent » et demande le désinvestissement de plus de 14 millions de dollars d’actifs de l’ASUC et de l’UC de Caterpillar, Hewlet-Packard et Cement Roadstone Holdings. Selon la loi, ces entreprises fournissent l’armée israélienne en équipement, matériaux et technologie, y compris des bulldozers et des systèmes d’identification biométriques.

Le vote final a eu lieu juste avant 5h30 du matin ; les partisans de la loi l’ont accueilli  par des acclamations, des martèlements de pieds et des cris de joie.

Sadia Saifuddin, membre indépendante du Conseil et co-sponsor de la loi, a dit qu’elle considérait le vote comme l’aboutissement d’années de lutte.

« Il ne s’agit pas ce soir des entreprises, » a-t-elle dit. « Il s’agit de nous demander, avant d’aller dormir, si notre argent va à la destruction de maisons, à l’édification d’un mur. Je suis une étudiante qui travaille. Et je ne veux pas qu’un centime de mon argent aille alimenter l’occupation de mes frères et soeurs. »

Mais de l’autre côté de l’allée, les opposants au désinvestissement étaient silencieux, encaissant la défaite avec consternation.

Jason Bellet, membre du parti SQUELCH! a dénoncé la loi, disant qu’elle ignorait un côté important du problème.

« Si nous obtenons quelque chose ce soir, c’est qu’il y a une nuance dans ce conflit, » a-t-il dit. « Mais désinvestissement et le vocabulaire utilisé dans la loi SB 160 formulent qu’Israël est le seul agresseur. C’est davantage que le simple désinvestissement de 3 compagnies. Désinvestissement, c’est sans aucun doute prendre parti dans le conflit. »

Le vote fut émouvant pour les membres du Conseil autant que pour les spectateurs. Au moins trois conseillers ont fondu en larmes lorsqu’ils ont exprimé leurs observations finales à la suite du vote.

Des dizaines de membres de la communauté ont parlé au début de la réunion, plaidant leur cause devant le Conseil jusque tard dans la nuit.

Les partisans de la loi de désinvestissement – qui comprenaient des étudiants musulmans et juifs ainsi des membres des autres communautés du campus – ont dit qu’ils étaient opposés à l’implication financière de l’ASUC et de l’université dans des entreprises qui profitaient des violations présumées des droits de l’homme perpétrées par le gouvernement israélien.

« Il y a peu d’expériences plus traumatisantes que de perdre sa maison ou d’être obligé de quitter, par la force, l’endroit que vous appelez chez moi, » a dit l’étudiant en licence  Kamyar Jarahzadeh. « L’argent de cette université – notre argent – est complice de la privation de droits de l’homme. »

La lauréate du prix Pulitzer Alice Walker, qui a dit avoir visité la Bande de Gaza, a participé à la réunion et a exprimé publiquement son soutien à la loi SB 160.

Le Conseil devait également voter un projet de loi adverse, la SB 158, mais elle avait été déposée après la longue discussion sur la SB 160. La SB 158 « cherche des opportunités d’investissement qui renforcent la coopération israélo-palestinienne dans la poursuite d’une solution au conflit par deux Etats » plutôt que le désinvestissement.

De nombreux membres de la communauté juive ont dénoncé le désinvestissement d’Israël visé par la SB 160 comme le choix d’un côté du conflit au détriment de l’autre alors que la souffrance existe des deux côtés.

« Le désinvestissement ne fait rien pour améliorer les vies des Palestiniens, » a dit le professeur en science politique Ron Hassner. « Il cherche à saper, à porter préjudice et à détruire et n’offre aucune vision d’un futur israélo-palestinien. »

Les opposants au désinvestissement ont rappelé également au Conseil le climat hostile du campus auquel les étudiants juifs ont été confrontés après la tentative de désinvestissement de 2010. Beaucoup ont dit qu’ils se sentaient isolés et indésirables, et ont mis en garde contre le fait que le vote de la SB 160 pourrait avoir une incidence sur la décision des étudiants juifs de s’inscrire à l’Université Berkeley.

« Nous retiendrons qu’un amendement demandant une solution à deux Etats a échoué, » a dit Noah Ickowitz, président du parti SQUELCH! et ancien chroniqueur au Daily Californian. « Nous retiendrons qu’un amendement demandant la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif a échoué. Nous retiendrons que cet organe choisit le désinvestissement comme une arme, alors qu’elle n’est pas la seule dans notre arsenal. »

Le Conseil a adopté une loi similaire en 2010, mais le président de l’époque, Will Smelko, y avait opposé son veto.

(1) Student Action : http://studentaction.org/
(2) SQUELCH! : http://en.wikipedia.org/wiki/Heuristic_Squelch

http://www.dailycal.org/2013/04/18/asuc-senate-passes-divestment-bill-11-9/
The Daily Californian
Jeremy Gordon

Merci à MR pour la traduction

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