Les 18 et 19 avril 2026, plus de 70 militant·es se sont rassemblé·es à Paris pour le 8ème week-end de formation et d’échange de la Campagne BDS France.
Venu·es de tous horizons, elles et ils ont partagé deux journées intenses de réflexion, de stratégie et de solidarité, avec un objectif commun : amplifier la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) face à l’urgence de la situation en Palestine et à la répression croissante contre les mouvements de soutien.
Ce rassemblement s’est tenu dans un contexte international marqué par la poursuite du génocide en Palestine, la guerre impériale israélo-étasunienne au Liban et en Iran ainsi que par les attaques contre les mouvements de solidarité, symbolisées en France par la proposition de loi Yadan. Pourtant, malgré ces défis, la Campagne BDS continue de progresser, en s’inscrivant dans des luttes anticoloniales, antiracistes et pour la défense des libertés.
Durant ce week-end, les participant·es ont échangé sur les opportunités et défis du mouvement international BDS en 2026, en analysant les avancées récentes et les obstacles à surmonter. Une attention particulière a été portée à la stratégie nationale de BDS France.
Les discussions se sont articulées autour de plusieurs axes stratégiques. Un atelier dédié à la répression et à la contre-attaque a permis de réfléchir aux réponses politiques et juridiques à apporter face à la proposition de loi Yadan et aux tentatives d’intimidation. Les échanges ont aussi porté sur le renforcement du travail syndical, avec la participation de Solidaires, de la CGT et de la CNT, pour ancrer davantage la Campagne BDS dans les milieux professionnels et partager les expériences de soutien syndical.
La question des Espaces Sans Apartheid (ESA) et de la commande publique a été au cœur des débats. Comment développer cette campagne en France ? Quels objectifs, quelles méthodes, et comment exclure les entreprises complices des marchés publics ? Les participant·es ont exploré ces pistes, en soulignant le rôle clé des services publics et des municipalités dans la solidarité internationale.
Un autre temps fort a été consacré à l’embargo militaire, avec une réflexion sur les objectifs de la campagne en France, les alliances à construire et les actions à mener dans les mois à venir. La campagne contre Carrefour a également été étudiée : après le retrait partiel de l’entreprise des colonies illégales, obtenu grâce à trois ans de mobilisation, les militant·es ont défini une stratégie pour 2026, en identifiant les objectifs, les partenaires et les relais médiatiques.
Enfin, un atelier sur la stratégie de communication externe a permis de clarifier le rôle des médias sociaux et les attentes envers les groupes et organisations membres, pour une communication plus efficace et unifiée.
En France, la Campagne BDS continue de s’enraciner, en développant des partenariats avec d’autres collectifs et en s’inscrivant dans des mobilisations globales pour la solidarité. Pourtant, en Palestine, la situation est plus dramatique que jamais : la colonisation en Cisjordanie s’intensifie, les exécutions de prisonnier·es palestinien·nes sont légalisées, et le génocide dans la bande de Gaza se poursuit.
Face à cette réalité, la Campagne BDS France réaffirme son engagement indéfectible aux côtés du peuple palestinien.
Elle appelle, grâce à une mobilisation citoyenne toujours plus large, diverse et déterminée, à boycotter les entreprises complices de la colonisation et de l’apartheid, à contraindre les entreprises au désinvestissement, et à faire pression pour des sanctions contre Israël.
Elle intensifiera son action sur tous les fronts — politique, économique et culturel —. C’est par la solidarité organisée, la résistance non-violente et la force collective que nous pourrons mettre fin à des décennies d’impunité et œuvrer, ensemble, à l’égalité des droits pour tous les peuples.


















