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Deux nouveaux contrats compromis pour Veolia à Londres et Saint-Louis

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La Campagne BDS vient de porter deux nouveaux coups contre Veolia :

 

Touché par la campagne de boycott, Véolia se retire d’un important appel d’offres à Londres

par Ali Abunimah

Dans un contexte de forte opposition à sa candidature, Véolia, le profiteur de l’occupation israélienne de la Palestine, a retiré son offre pour un contrat important à Londres alors que les compétiteurs sont dans la phase finale de la procédure.

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Novembre 2012 – Manifestation contre Véolia à Londres – Photo : No2VAG

« L’Autorité du service de gestion des déchets du nord de Londres (NWLA), a reçu l’avis des Services Environnementaux de Véolia qu’ils ne concourent plus à l’appel d’offres pour le service des déchets ni pour un contrat de leur réutilisation sous forme de combustible, » ont fait savoir le 21 décembre les autorités qui chapeautent l’ensemble de ces services dans l’agglomération londonienne. La déclaration confirme en même temps que « Véolia avait été sélectionné en liste courte pour les deux contrats, » qui recouvrent une valeur totale de quatre milliards de livres sterling (3, 25 milliards d’euros). L’annonce a été faite alors que se développait une campagne contre la participation de Véolia, menée par l’association No to Veolia Action Group.

En novembre dernier, Richard Falk, le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires Palestiniens occupés, avait écrit au NLWA pour l’inviter à ne pas attribuer ces contrats à Véolia « à cause de sa profonde et permanente complicité avec des violations israéliennes du droit international. » Il avait prévenu le NLWA que « permettre à Véolia de disposer de fonds public peut violer l’obligation juridique internationale du Royaume-Uni de ne pas faciliter des violations israéliennes du droit international. »

Véolia et ses diverses filiales sont impliquées dans un certain nombre de projets israéliens dans des colonies – illégales au regard du droit international – dans les territoires palestiniens occupés, dont la mise en place et l’exploitation du tramway de Jérusalem et l’exploitation de la décharge de Tovlan.

L’intervention de Falk a été relevée par les médias qui ont ensuite développé des critiques à l’égard du Conseil de Hackney, une d’autorités dépendante du NLWA, pour avoir empêché un membre de l’association opposée à Véolia de prendre la parole à une de ses réunions. Les groupes lobbyistes israéliens s’étaient plus tard vantés publiquement du rôle qu’ils avaient joué dans cet acte de censure.

Faisant bon accueil à ces nouvelles, Yael Kahn, porte-parole du No To Veolia Action Group, a indiqué dans un communiqué de presse : « Notre stratégie pour forcer les conseillers à considérer sérieusement et à discuter publiquement les questions en jeu, et les actions prévues [par l’association] ont joué un rôle certain et permis d’atteindre notre but d’éliminer Véolia de l’appel d’offres du NLWA. » L’ingénieur Rob Langlands, un autre membre du groupe, a déclaré de son côté que les propositions de Veolia n’auraient en plus pas été rentables ni favorables du point de vue de l’environnement : « Je vois avec grand plaisir qu’en raison de l’implication actuelle de Véolia dans les colonies israéliennes, ses offres ont été maintenant mises à la poubelle. »

Devoir se retirer de ce concours à Londres est le dernier revers pour ce profiteur multinational de l’occupation israélienne, qui s’est vu refuser des contrats dans plusieurs villes européennes à la suite des campagnes des militants de la solidarité avec la Palestine. Dans ce qui peut être une première aux États-Unis, la ville de St Louis, dans le Missouri, à cette semaine refusé un contrat avec Véolia en attendant les résultats d’une enquête sur les activités de la société, après une campagne du Comité de Solidarité de St Louis avec la Palestine. La radio publique locale a signalé que la décision était due à des « soucis concernant les pratiques en matière des droits de l’homme de la société, ainsi que sur sa situation financière. »

21 décembre 2012 – The Electronic Intifada – Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/blogs…
Traduction : Info-Palestine.eu


Les habitants de St Louis (Missouri) s’insurgent contre la signature d’un contrat avec Veolia accusé de violer les droits humains

A 14h30 mercredi 19 décembre 2012, au cours d’une réunion dans le bureau du maire, le Conseil de l’estimation et de répartition de la ville de St. Louis* (Board of Estimate & Apportionment), a refusé d’approuver un contrat entre la ville et Véolia tant que la firme n’aurait pas fait l’objet d’une enquête approfondie.

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Rassemblement contre Véolia – Photo : US Campaign to End the Israeli Occupation

La décision a été prise à cause de l’implication de la multinationale dans la discrimination ethnique imposée à la Palestine et du nombre d’appels téléphoniques, de mails et de réunions exprimant des « inquiétudes concernant le respect des droits humains par l’entreprise et sa situation financière  » comme l’a dit la radio publique nationale de St Louis.

Dans les six heures qui ont précédé le vote, les membres du Conseil on reçu plus de 200 mails chacun leur demandant de retarder la signature du contrat. Leurs téléphones n’ont pas cessé de sonner et les militants ont aussi envoyé des messages aux officiels sur Twitter. Les membres du Comité de Solidarité pour la Palestine de St Louis et la Voix Juive pour la Paix de St Louis sont venus à la réunion exprimer leur opposition à Véolia.

Le Conseil qui comprend le maire de St Louis, Francis Slay, le contrôleur, Darlene Green, et le président du Conseil des Echevins, Lewis Reed, ont reconnu qu’ils ne pouvaient pas approuver en conscience un contrat qui soulevait autant de questions. Auparavant, le Comité pour la Solidarité avec la Palestine de St Louis avait distribué un tract qui décrivait la manière dont Véolia avait profité de l’occupation israélienne illégale de la Palestine et de sa politique d’apartheid ainsi que le mépris de la multinationale pour l’environnement, ses pratiques désastreuses en matière de gestion de personnel et de management, la corruption, les pots de vin, les détournements, les fraudes et enfin son échec à se réformer malgré ses promesses.

Quand le Maire Slay a soumis le contrat à l’approbation, le président Reed a demandé que le vote soit repoussé afin de pouvoir d’effectuer une enquête sur les pratiques de la firme. Le Commissaire à l’eau et le maire continuaient de soutenir que Véolia était la firme qu’il leur fallait, mais Green qui était d’accord avec Reed a montré le contraire avec éloquence : « Nos citoyens ne sont pas satisfaits. Et je veux respecter leurs demandes, le mal qu’ils se sont donné et leur désir ’d’enquêter sur Véolia’… Ce n’est pas notre argent ; c’est leur argent. Point… Vous, [les citoyens] vous avez de l’importance. Donc tâchons de tirer les choses au clair. »

Reed a exprimé la crainte que le contrat ait été ajouté à l’ordre du jour à la dernière minute suite à la protestation des écologistes, des salariés, du mouvement de solidarité avec la Palestine et d’autres groupes indignés par l’épouvantable réputation de l’entreprise. En dépit du fait que les gens ont été pris de cours, les organisateurs locaux ont réussi à mobiliser des centaines de personnes. Cette victoire a montré que les gens ordinaires avaient le pouvoir de s’opposer aux multinationales et d’exiger la transparence en matière de contrats publics.

Selon Sandra Tamari, une membre américo-palestinienne du Comité de Solidarité avec la Palestine de St Louis, qui assistait à la réunion : « Je remercie le Conseil de l’estimation et de répartition de la ville de St. Louis pour sa décision éthique. Ma famille vit en Cisjordanie occupée où Israël a mis en place un système routier ségrégationniste et des bus ségrégationnistes dont certains appartiennent à Véolia. Si nous essayions de monter dans ces autobus, ma famille et moi serions repoussés à cause de notre race et de notre religion, comme c’est arrivé aux Palestinian Freedom Riders il n’y a pas longtemps. Je n’ai pas envie qu’une firme qui opprime mon peuple gagne de l’argent chaque fois que j’ouvre le robinet. Si la ville est contre la ségrégation aux États-Unis, elle ne doit pas soutenir des multinationales qui collaborent avec des pays ségrégationnistes. »

Après avoir gagné cette première victoire, les habitants de St Louis vont redoubler d’efforts pour qu’il ne soit plus question du contrat une fois pour toutes. Il est temps que St Louis se débarrasse de Véolia.

Note :

* Selon la Charte St. Louis Ville, le Conseil de l’estimation et de répartition se compose du maire, Contrôleur et président du Conseil des Echevins. Le Conseil de l’E & A est l’exécutif de la Ville de gouvernement et approuve tous les achats de la ville immobiliers, les crédits et le budget de la Ville de fonctionnement annuel.

20 décembre 2012 – Saint Louis Palestine Solidarity Committee, Mondoweiss – Pour consulter l’original : http://mondoweiss.net/2012/12/contract-following-activist.html]
Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet

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