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Un nouveau groupe de la Campagne BDS internationale écrit à Oumou Sangaré !

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Chère Oumou Sangaré,
En 2005, la société civile palestinienne, presque à l’unanimité, a appelé les artistes internationaux à refuser de se produire en Israël et ce, dans le cadre de la campagne BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions), une campagne à méthode non violente qui veut qu’Israël ait des comptes à rendre quant au respect des normes d’égalité et de droits humains auxquelles les nations  comme les nôtres sont habituées. Si vous vous produisez en Israël, ce sera un refus de cet appel qui n’est pas lancé juste par le mouvement BDS palestinien, mais par le mouvement BDS mondial.
Quand vous avez retenu votre concert en Israël, vous n’avez probablement pas pensé au siège de Gaza ou aux tapis de bombes israéliennes tombées sur la bande de Gaza, des bombes au phosphore blanc et d’autres armes brutales qui ont provoqué la mort de plus de 1400 Palestiniens, dont plus de 300 enfants, et des milliers de personnes handicapées.
Par un aspect spécifique de la propagande israélienne, les gens sont conduits à approuver les besoins des Israéliens et à se concentrer sur les souffrances israéliennes, tout en ignorant celles, ô combien plus grandes, imposées par Israël qui contraint des millions de Palestiniens à vivre comme des réfugiés et dans le dénuement. Le boycott consiste à se détourner de cette politique d’apaisement de l’oppresseur et à se dresser solidairement aux côtés de l’opprimé.
La campagne qui vous demande d’annuler votre concert n’a aucunement l’intention de vous blesser ou de vous embarrasser, cependant, une grande douleur et une grande consternation se sont emparées de beaucoup de vos fans quand ils vous ont entendue choisir d’aller divertir l’État qui a provoqué les massacres de tant d’enfants à Gaza. Oumou Sangaré, beaucoup de vos chansons dénoncent la violence contre les femmes. Le mal qu’Israël inflige aux femmes et aux enfants palestiniens se retrouve bien dans le travail artistique des enfants et dans l’œuvre d’art intitulée  « Tourment », de Najah.
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« Tourment » de Najah
Tous les artistes qui s’opposent aux actions du régime israélien et qui ont retenu des représentations en Israël les ont justifiées comme des actes de soutien aux « peaceniks » israéliens. Récemment, une autre musicienne de scène, Natacha Atlas, a écrit : « J’ai pensé que me produire en Israël serait une occasion unique d’encourager et de soutenir chez mes fans une opposition aux actes du gouvernement et à sa politique actuelle. J’aurais personnellement demandé à mes fans israéliens de faire face pour combattre cet apartheid avec la paix dans leur cœur… »
Natacha Atlas confirmait ensuite sa décision d’annulation, expliquant : « Après avoir bien réfléchi, je voix maintenant qu’il est plus efficace de déclarer ne pas aller en Israël tant que cet apartheid systématisé ne sera pas aboli une fois pour toute. Par conséquent, je retire publiquement ma décision, bien intentionnée, de me rendre et de me produire en Israël… » (http://www.facebook.com/pages/Natacha-Atlas-Official/125501987488351)
Certains des artistes qui au début ne respectaient pas le boycott et se produisaient en Israël, croyant soutenir la justice en apaisant ceux que l’on appelle les « peaceniks » israéliens, appuient désormais sans réserve le boycott culturel. Par exemple, Roger Waters ne respectait pas le boycott, puis il a changé sa position et plus tard il a déclaré : « Là où les gouvernements refusent d’agir, les gens le doivent, avec les moyens pacifiques dont ils disposent. Pour moi, cela signifie déclarer mon intention d’être solidaire, non seulement avec le peuple de Palestine mais aussi avec ces milliers d’Israéliens qui désapprouvent la politique de leur gouvernement, en rejoignant la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions contre Israël. Ceci est (cependant) un appel à mes collèges de l’industrie de la musique, et aussi aux artistes des autres disciplines, à se joindre à ce boycott culturel. »
Les artistes ont eu raison de refuser de jouer à Sun   City en Afrique du Sud jusqu’à ce que l’apartheid tombe et que les populations blanche et noire jouissent de droits égaux. Et nous avons raisons de refuser de jouer en Israël. » (http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/mar/11/cultural-boycott-west-bank-wall)
L’archevêque sud-africain Desmond Tutu a cette opinion : « Les boycotts, désinvestissements et sanctions contre le régime d’apartheid, combinés avec un combat de masse à l’intérieur de l’Afrique du Sud, ont conduits à notre victoire… Tout comme nous avons dit durant l’apartheid qu’il n’était pas opportun pour les artistes internationaux de se produire en Afrique du Sud dans une société fondée sur des lois discriminatoires et une exclusivité raciale, de même il serait une erreur… de se produire en Israël ».
Oumou Sangaré, votre association défend la liberté, la justice, et les droits des enfants et des femmes dans le monde. Pour cette raison, nous pensons que vous êtes une musicienne de l’intégrité, et nous espérons que vous aussi soutiendrez les Palestiniens opprimés. Nous savons que vous avez ressenti la douleur de Gaza quand Israël l’a pilonnée avec des milliers de tonnes d’explosifs. Vous savez que les enfants à Gaza ne sont pas juste des enfants. Comme dans ce court métrage bouleversant : « Une famille à Gaza », les enfants jouent dans les décombres de leur maison, mais leurs petites âmes ne peuvent échapper au traumatisme d’être pris pour cible et de voir leur maison bombardée et leur frère recevoir des balles, plusieurs fois, même après qu’il fut mort. Jen Marlowe, qui a réalisé ce film, montre les enfants jouant, elle ne montre pas les bombardements, mais laissent leurs parents aimants parler de leurs angoisses :
Vidéo
L’État israélien a une hasbara (l’équivalent hébreu pour le mot propagande) de plusieurs millions de dollars et des milliers de recrues pour propager la hasbara, spécialement en prenant pour cible les réseaux sociaux. Les promoteurs israéliens qui font venir les artistes ont même été invités à la Knesset (parlement) israélienne pour discuter d’une campagne anti-boycott et le régime israélien a accepté de soutenir financièrement ceux qui font venir les artistes de l’étranger. Des ministres israéliens ont affirmé l’importance de la culture dans l’absolution des crimes d’Israël (ils ont utilisé une autre expression mais nous serions heureux de vous envoyer les citations).
Inutile de vous dire comment les grands médias en France font dans l’ignorance des crimes israéliens contre les Palestiniens, depuis la Nakba en 1948 jusqu’à l’apartheid et le racisme d’aujourd’hui.
De temps à autre, nous recevons un bon coup de fouet pour notre campagne, quand des artistes choisissent de faire une déclaration dans les médias, comme Massive Attack (sur http://www.newstatesman.com/music/2010/09/israel-interview-boycott-naja).
Pareillement lorsque Elvis Costello a publié son message sur son propre site, que les médias internationaux et israéliens ont repris largement.
Contre la hasbara israélienne, massive et bien huilée, nous avons la sphère publique, notamment les blogs et les réseaux sociaux comme Facebook. Voilà comment nous diffusons le mot de BDS à toutes celles et tous ceux qui se soucient des droits humains. En l’honneur des droits des femmes palestiniennes, de la liberté, de la justice et des droits des enfants innocents, tels les êtres chers du film de Jen Marlowe, s’il vous plaît, abstenez-vous d’aller en Israël.
Cordialement
« Ne jouez pas dans l’Israël d’apartheid »
Nous sommes un groupe de 780 membres, représentant de nombreuses nations à travers le monde, qui pensent qu’il est essentiel pour les musiciens et tous les autres artistes de répondre à l’appel de PACBI, et de rejoindre le boycott d’Israël. C’est essentiel afin d’œuvrer pour la justice pour le peuple palestinien sous occupation, et aussi dans les camps de réfugiés et la diaspora dans le monde.

 http://refrainplayingisrael.posterous.com/open-letter-to-oumou-sangaredont-close-your-e

voir aussi :

Traduction : JPP
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