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Une raison de plus pour boycotter le Festival de jazz de la Mer Rouge

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Cette année, il y a encore une autre raison pour boycotter plus particulièrement le Festival de jazz de la Mer Rouge : c’est là aussi, à Eilat, qu’Israël retient des centaines de migrants africains attendant de se faire expulser. Mi-juin, les autorités israéliennes ont lancé les rafles, à travers tout le pays, des réfugiés soudanais.

Le Festival de jazz de la Mer Rouge, qui se tient deux fois l’an au Israel’s Riviera d’Eilat, revient une fois de plus. On sait aujourd’hui que ce festival, qui se tiendra du 30 juillet au 2 août, attire tout un éventail éclectique d’artistes du spectre du jazz. Et naturellement, il est devenu une cible désignée pour la campagne qui monte pour le boycott culturel d’Israël.

L’an dernier, le groupe de jazz de rue de la Nouvelle-Orléans, Tuba Skinny, a publiquement supprimé toute prestation au festival de jazz après avoir été approché par des membres du mouvement BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions) et en avoir discuté avec eux. Ce qui semble l’avoir amené à accepter est la nouvelle vague de bombardements qu’Israël avait lancée contre la bande de Gaza ; lancée, précisément, tout près d’Eilat.

Mais cette année, il y a encore une autre raison pour boycotter plus particulièrement le Festival de jazz de la Mer Rouge : c’est là aussi, à Eilat, qu’Israël retient des centaines de migrants africains attendant de se faire expulser. Mi-juin, les autorités israéliennes ont lancé les rafles, à travers tout le pays, des réfugiés soudanais. Et le centre d’internement dans lequel ils sont détenus c’est – devinez ! – Eilat.

Les immigrants africains ont été, au cours de l’année écoulée, de plus en plus présentés comme des boucs émissaires dans la société israélienne, avec des politiciens à la Knesset les qualifiant « de cancer et de virus du Sida sur la population israélienne ». Le Premier ministre Benjamin Netanyahu les a rejoint pour accuser « les 60 000 migrants africains, dont le nombre est considéré par beaucoup d’Israéliens comme un problème d’ordre public et même comme une menace à long terme pour la viabilité de l’État juif. » Ce langage – « menace démographique » imminente pour le caractère juif d’Israël – est le même qui est communément appliqué au sujet des Palestiniens.

Combien d’artistes au Festival du jazz de la Mer Rouge vont être conscients que, non loin de là où ils sont en train de jouer, des centaines d’êtres humains attendent leur expulsion pour aucune autre raison que leur patrimoine ethnique et racial ? Combien seront conscients de leur propre rôle dans la couverture quasiment en temps réel de ce crime ?

Par une cruelle ironie du sort, bien sûr, les origines mêmes du jazz aux États-Unis viennent d’un apartheid contre les Afro-Américains à la fin des années mil huit cent et au début des années mil neuf cent. De nombreuses figures marquantes du jazz – comme Louis Armstrong, WC Handy, Duke Ellington, John Coltrane – ont été confrontés aux réalités de la ségrégation et même de la violence raciste pendant une grande partie de leur vie.

Le jazz lui-même a été fréquemment ciblé pour des raisons manifestement racistes à l’époque de Jim Crow. Le fait qu’il ait été accepté comme une forme d’art a signifié que l’on reconnaissait – au moins à un certain degré – la contribution que les Noirs apportaient à la culture américaine. Et que des musiciens dans le monde entier – en particulier en Afrique – s’y soient consacrés, a fait refléter historiquement une communion dans la lutte contre l’oppression. Ceci comprenait le combat contre l’apartheid en Afrique du Sud. C’est la trompette de Miles Davis, par exemple, qui a fourni l’introduction de Sun City des Artists United Against Apartheid.

L’été dernier, Tuba Skinny a décidé de s’inscrire dans cette tradition, et dans le bon côté de l’histoire. La question cette année, est de savoir si les autres artistes de jazz feront le même choix.

alt Alexander Billet est journaliste musical et militant de la solidarité, basé à Chicago. Ses articles sont publiés par The Electronic Intifada, Z Magazine, TheNation.com, New Politics et bien d’autres publications. Il est l’un des fondateurs de Punks Against Apartheid qui ont réussi leur campagne durant l’été 2011 en convainquant Jello Biafra de Dead Kennedy, d’annuler son concert à Tel Aviv. Il est l’auteur en outre des Bruits de la libération : la musique dans l’âge de la crise et de la résistance.

Ses articles sont sur Rebel Frequencies
Son adresse : rebelfrequencies@gmail.com

Source: Info-Palestine.net

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