Courrier de la campagne BDS France adressé à chacune, chacun des 18 candidats français sélectionnés pour le concours « Destination Eurovision 2019 » accueilli à Tel Aviv en Mai

 

Bonjour,

Vous avez l’intention de représenter la France avec vos chansons au prochain concours européen qu’est l’Eurovision, annoncée cette année en Israël.

Nous souhaitons par ce courrier vous informer afin que vous connaissiez mieux le pays dans lequel vous rêvez sans doute de chanter pour La France en participant à la finale de L’Eurovision, et nous espérons vous convaincre de renoncer à vous produire au service du régime d’apartheid qu’impose l’État d’Israël.

Cet État occupe depuis 1948 un autre pays La Palestine après en avoir chassé une grande partie de ses habitants qui sont depuis 70 ans des réfugiés ailleurs dans le monde.
Il colonise et intensifie la colonisation dans le petit territoire appelé la Cisjordanie.
Il pratique une politique d’apartheid à l’encontre des citoyens palestiniens, qu’ils soient d’Israël ou de Cisjordanie, notamment avec la dernière loi votée récemment au parlement Israélien nommée « Loi de l’état nation du peuple juif ».
Il impose un blocus inhumain à la population de Gaza depuis 2007, y massacre depuis le 30 mars 2018 des manifestants non violents participant à des marches pour le droit au retour et y mutile à vie des jeunes avec des tirs à balles réelles.

Les valeurs premières de l’Eurovision, que vous partagez sans doute, sont la diversité, l’ouverture de ce concours musical à toutes et tous et c’est bien l’inverse des valeurs prônées et mises en œuvre par l’État d’Israël qui ne respecte, et ce depuis longtemps, aucune des conventions internationales.

Même si pour vous la participation à l’Eurovision est le fruit d’un important travail et engagement, sans doute très stimulant, pouvez-vous accepter de participer à cette opération de « blanchiment » d’un État, Israël, qui avec l’accueil de ce concours souhaite faire oublier ses pratiques et sa politique inhumaine à l’égard d’une population, les Palestiniens ?

Vous allez participer en Janvier 2019 à trois émissions de sélection retransmises par la télévision, vous pouvez encore refuser de participer à cette mascarade, vous ne serez pas les seuls à le faire, dans toute l’Europe et au niveau international de nombreux artistes refusent maintenant de se produire en Israël dont Lorde, Lauryn Hill, Shakira, Vanessa Paradis, Titi Robin, Annie Lennox, Cat Power, Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Aziza Brahim, Roger Waters, Elvis Costello, Brian Eno, Thurston Moore, Gilberto Gil, Chuck D., Jason Moran, Richard Bona, Eddie Palmieri, Salif Keita, Jello Biafra, Jean-Luc Godard, Dominique Grange, Tardi, HK, Portishead, The Young Fathers ou Massive Attack !
Beaucoup appellent le monde entier à participer à ce mouvement de boycott pour dénoncer l’état d’Israël.

Dans les années 1970 et 1980, de nombreux artistes ont boycotté un autre État qui avait légalisé la discrimination : l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Notre courrier répond à l’appel des Palestiniens pour le boycott universitaire et culturel d’Israël.En effet une grande campagne se déroule dans toute l’Europe contre la tenue de l’Eurovision à Tel Aviv.

Plus de 140 artistes ont appelé au boycott de l’Eurovision si elle a lieu en Israël.

Nous espérons que vous nous aurez lu-e-s et nous sommes disponibles pour vous expliquer mieux cette campagne si vous le souhaitez.

Pouvez-vous chanter n’importe où ? Dans n’importe quelles conditions ?
Continuez à chanter librement et pour le respect et la liberté des peuples !
Nous sommes à votre disposition pour échanger davantage avec vous sur ce sujet.

Dans l’attente d’une réponse, nous vous adressons nos sincères salutations

La Campagne BDS France




Lettre ouverte de la Campagne BDS France à France Télévisions

 

        Lettre ouverte de la Campagne BDS France à

Mme la présidente directrice générale de France Télévisions Delphine Ernotte

Aux 14 membres du conseil d’administration de France Télévisions dont les membres du C.S.A

Aux cinq personnalités indépendantes du comité d’éthique de France Télévisions

 

 

France Télévisions se réclame d’une « Charte d’éthique » quant à ses « Engagements éthiques et déontologiques en matière de contenu des produits diffusés », visant entre autres à « contribuer au respect des droits de la personne, notamment de sa dignité, et la lutte contre les discriminations » et à la « promotion du vivre ensemble » (décembre 2017, pp. 22-23).

 

France Télévisions est par ailleurs membre de l’Union Européenne des radios télévisions publiques (U.E.R.) qui vient d’accepter en septembre l’organisation de l’Eurovision à Tel Aviv du 14 au 18 Mai 2019. L’U.E.R a demandé pour cet accueil à Israël des garanties « en matière de sécurité, d’accès pour tous, de liberté d’expression et du respect du caractère apolitique de ce concours » et a rappelé les valeurs du concours que sont la diversité et l’ouverture à tous.

 

Cette situation nous conduit, ainsi que de nombreux artistes et acteurs culturels en France et dans le monde entier, à soulever plusieurs questions :

 

– Comment est-il possible de parler d’un concours apolitique quand celui-ci sera accueilli dans un pays qui pratique l’apartheid à l’égard des Palestiniens (colonisation, occupation illégale, violation permanente de leurs droits humains) et cherche à se servir de l’Eurovision pour redorer son image ?

 

– Comment parler d’une garantie de la liberté d’expression et d’ouverture à tous dans un pays qui vient de voter la « loi de l’État nation du peuple juif » qui confère un mandat constitutionnel de discrimination raciale contre les Palestiniens ?

 

– Comment évoquer l’accès à tous et la diversité alors que de nombreux participant(e)s et spectateurs/trices seront très probablement victimes d’un refoulement vu les difficultés permanentes d’entrer en Israël ?

 

Nous pensons que France Télévisions et l’U.E.R, en retransmettant sur leurs chaînes de télévision le concours de l’Eurovision accueilli à Tel Aviv, se rendraient complices des violations des droits humains des Palestiniens en fermant les yeux sur le contexte des massacres perpétrés récemment encore et encore par les forces israéliennes dans la bande de Gaza assiégée.

 

C’est pourquoi nous invitons France 2 et ITV Studios France à respecter la charte éthique de France Télévisions et à ne pas « reconduire leur engagement à retransmettre en direct la sélection nationale Destination Eurovision qui désignera la/le ou les représentant(e)s de la France au 64ème concours de L’Eurovision » si celui-ci est organisé à Tel Aviv, capitale de l’apartheid israélien.

 

140 artistes appellent au boycott de l’Eurovision si le concours a lieu en Israël. Une pétition de même contenu a recueilli plus de 20 000 signataires.

 

Nous souhaitons vivement :

Que vous refusiez de blanchir le régime israélien avec  la retransmission de l’Eurovision 2019.

Que vous vous détourniez de l’Eurovision 2019  accueillie à Tel Aviv.

Alors nous serons fier(e)s de notre radiotélévision publique !

 

Dans l’attente d’une réponse nous vous adressons nos sincères salutations

 

Pour la Campagne BDS France,

Brigitte Challande et Jean-Guy Greilsamer




Lettre ouverte à la médiatrice de Radio France concernant un reportage sur les avocats d’Israël

Madame la Médiatrice,

J’ai écouté aujourd’hui le 22 novembre ce reportage de France info, titré ainsi sur le site web de cette radio :
« En Israël, l’avocat s’exporte de plus en plus. Les Français, notamment, consomment beaucoup d’avocats. Notre pays est le premier débouché d’Israël, malgré une forte concurrence mondiale »

Je suis scandalisé par plusieurs aspects de ce reportage et vous prie, s’il vous plait, de bien vouloir répondre à mes questions à ce sujet.
Il est fait état dans le reportage du fait que ces avocats proviennent notamment de la Vallée du Jourdain en Cisjordanie.
Or la Vallée du Jourdain en Cisjordanie fait partie des colonies illégales israéliennes et les dispositions européennes ne permettent pas de vendre les avocats produits dans cette région comme s’ils venaient d’Israël – et en cachant donc leur origine réelle.

En n’évoquant pas cela, votre journaliste Etienne Monin conforte les prétentions des lobbys qui légitiment la politique coloniale israélienne.
D’ailleurs le reportage fait ouvertement l’éloge de l’exportation des avocats « israéliens », donnant la parole à un membre d’un kibboutz qui vante les qualités prétendument exceptionnelles de ces avocats ; puis le reportage précise que « les meilleurs fruits partent à l’exportation ».

Est-ce que cela ne s’apparente pas à un reportage de propagande pour Israël ?
Est-ce « hors-sujet » que de vous rappeler que par une loi fondamentale du 19 juillet dernier à valeur constitutionnelle cet Etat a officialisé son régime d’apartheid, basé sur l’exclusion du peuple autochtone palestinien ? Faut-il vous rappeler la situation tragique du peuple palestinien, qu’il vive en Cisjordanie dans la région des plantations de dattiers, ou ailleurs ?

Franchement, s’il vous plait, répondez-moi à cette question : est-ce que vous n’avez pas peur que le rappel de ces quelques vérités vous aurait attiré les foudres des supporteurs inconditionnels du régime israélien ? Supporteurs, tels le CRIF, qui vous auraient à coup sûr accusés d’attiser l’antisémitisme, alors que ce sont eux-mêmes qui l’attisent en faisant passer l’ensemble de la population juive, dont je fais d’ailleurs partie, pour des défenseurs d’une politique coloniale, d’apartheid et d’épuration ethnique.

Les radios publiques sont astreintes à une certaine objectivité.
Je suis prêt à rencontrer Etienne Monin et/ou vous-mêmes pour de plus amples explications, et dans l’attente d’une réponse précise je vous prie d’agréer, Madame la Médiatrice, mes sincères salutations,

Jean-Guy Greilsamer,
membre de la Campagne BDS France et de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)




Magic System s’il vous plaît, ne chantez pas pour l’apartheid israélien

Chers A’salfo, Goudé, Manadja et Tino

Selon nos informations, vous êtes invités à vous produire à la fin du mois de septembre à Ashdod en Israël, lors des Francofolies.

Dans le cadre de la Campagne BDS Boycott-  Désinvestissement- Sanctions, nous nous joignons à la société civile palestinienne  pour vous demander de ne pas participer à ce festival.

Depuis 2006, le gouvernement israélien instrumentalise les prestations artistiques à des fins de propagandes à travers un programme appelé Brand Israël.

 Dans le cadre de la Saison croisée France-Israël,  ce festival participe d’une nouvelle opération  destinée à redorer l’image de ce pays sur la scène internationale. Rejoindre ce festival, c’est envoyer un message que ce que fait Israël est acceptable, c’est cautionner le blanchiment des crimes et des violations des Droits de l’Homme, tels les massacres commis à Gaza depuis ces douze années de blocus inhumain.

Chaque jour les colonies illégales israéliennes se répandent en Cisjordanie et volent toujours plus de terres aux Palestiniens. Entre mars et mai de cette année, les snipers de l’armée israélienne ont tué 140 manifestants pacifiques à Gaza. Gaza est bombardé presque chaque jour.

Au début du mois d’août, des missiles israéliens ont complètement détruit le centre culturel Al Mishal.

« C’est une guerre contre tout ce qui fait l’identité palestinienne: la musique, la culture ou même la danse », dit Nidal Eissa, le directeur adjoint du centre.

À chaque fois que l’occasion lui en est donnée, Israël s’efforce d’effacer la culture palestinienne.

Enfin, comble de l’immoralité, le parlement israélien vient de voter une loi décrétant l’État-nation du peuple juif. Israël a toujours pratiqué la discrimination envers les Palestiniens, mais cette loi entérine la domination d’une population sur une autre. De par la loi, seuls les Israéliens juifs ont droit à l’autodétermination; les Palestiniens, eux, en sont dépossédés et leurs droits élémentaires sont niés.

Et que dire des Juifs originaires d’Afrique, qui n’ont pas la « bonne couleur de peau » et qui subissent au quotidien un flagrant mépris, en n’étant pas admis dans les institutions et en étant frappés plus fort que les autres citoyens israéliens par la pauvreté et le chômage ?

Dans les années 1970 et 1980, de nombreux artistes ont boycotté un autre État qui avait légalisé la discrimination : l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Actuellement, de nombreux artistes dans le monde protestent contre la tenue de l’Eurovision en Israël et des milliers d’autres ont décidé de ne pas se produire en Israël, dont Lorde, Lauryn Hill, Shakira, Vanessa Paradis, Lhasa, Annie Lennox, Cat Power, Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Aziza Brahim, Roger Waters, Elvis Costello, Brian Eno, Thurston Moore, Gilberto Gil, Chuck D., Gil Scott-Heron, Jason Moran, Richard Bona, Eddie Palmieri, Salif Keita, Jello Biafra, Jean-Luc Godard, Tardi, Portishead, The Young Fathers ou Massive Attack!

Lorsqu’elle a été invitée au festival de cinéma d’Israël, la cinéaste indienne Mira Naïr a déclaré : « J’irai en Israël quand l’occupation sera terminée. J’irai en Israël quand l’État ne privilégiera pas une religion par rapport à une autre. J’irai en Israël quand il n’y aura plus d’apartheid ».

 Très récemment, de nombreux artistes internationaux, dont Lana Del Rey, ont annulé leur participation au Méteor Festival qui aura lieu dans quelques jours à Tel Aviv.

Rejoignez cette initiative pour la justice, entendez l’appel des Palestiniens qui vous demandent de ne pas faire partie de ceux qui cautionnent leur oppression !

Vous-mêmes, dans votre chanson « L’eau va manquer », vous prônez l’entraide et la liberté :

« il faut nous rassembler il faut s’entraider
chacun doit changer chacun peut changer
il faut se libérer nous réinventer car même l’eau va manquer »

Mais vous savez que l’eau manque déjà à Gaza puisque, en raison du blocus israélien, 95% de l’eau qui coule dans ce territoire est impropre à la consommation. Vous savez aussi que les colonies israéliennes volent aux Palestiniens les sources d’eau en Cisjordanie occupée…

Aujourd’hui le peuple palestinien nous demande de les aider en refusant toute complicité avec l’État israélien.

 Ne soyez pas insensible à cet appel…

Positionnez-vous du côté de la solidarité avec les Palestiniens qui subissent la violence et l’injustice en refusant de participer à ce festival des « Francofolies » et en transmettant ce message aux organisateurs.

Juliette, pour la Campagne BDS France



Lettre ouverte à Gaël Perdriau, maire de la ville de Saint-Etienne

Il y a tout juste un mois, le 13 avril dernier, vous annonciez sur votre page Facebook, photos à l’appui, votre voyage en Israël.

Calfeutré sous les atours d’une fierté nationale et républicaine, vous vous êtes rendus en Israël pour y commémorer la Shoah, avec Netanyahou et Rivlin et rendre hommage aux victimes d’hier…auprès des plus grands meurtriers d’aujourd’hui. Par cette maladresse extrêmement  révélatrice, vous annonciez la couleur de la suite de votre séjour en état criminel.

Sur le chemin de votre collaboration avec l’Apartheid, vous vous êtes arrêté à Tel Aviv pour vanter le mérite des start up de la ville et émettre le souhait d’une future collaboration économique et culturelle. Vous n êtes pas sans savoir qu’au moment où vous faites cette annonce, les palestiniens manifestent pacifiquement pour leurs droits élémentaires pendant qu’Israël les massacre. Et à l instant même où vous écrivez ces mots, Salah Hammouri, concitoyen français, est prisonnier politique d’Israël tout comme 6500 prisonniers Palestiniens dont de nombreux enfants. Vous ne pouvez pas nier non plus qu’alors que vous circuliez librement entre Tel Aviv et Jérusalem, les Palestiniens, eux, sont privés de ce droit élémentaire, pourtant indispensable, entre autre, à leur développement économique.

Vous comprendrez que dans ce contexte, votre annonce est un encouragement à leur politique de colonisation et d’oppression permanente à l’encontre du peuple palestinien.
Savez-vous qu’Israël a mis sur pied un outil de propagande nommé  » Brand Israël » ? Ce programme a pour but de redorer son image à travers la culture, le sport, la technologie, les échanges universitaires…

Ainsi, quand vous annoncez une collaboration avec Israël, vous ne faites que participer à la « hasbara »(propagande) initiée par un gouvernement criminel et que certains israéliens épris de justice dénoncent.
Savez-vous qu’un rapport de l’ONU a conclu qu’Israël pratique l’apartheid à l’encontre du peuple palestinien ?
Sans doute, vos intérêts personnels vous mènent-ils à une cécité certaine à l’égard d’une injustice qui a pourtant lieu sous vos yeux.

Permettez-nous donc de vous rappelez qu’aucune paix ne naîtra dans l’injustice et sachez qu à ce titre, partout où vous tenterez de blanchir l’ apartheid, vous trouverez, face à vous, la campagne BDS lancée par les palestiniens.

Boycott Désinvestissements Sanctions contre Israël jusqu’au respect du droit international !

Nous sommes mémoire.

BDS France Saint-Etienne.




Robert Guédiguian et Ariane Ascaride en apartheid Israël : une faute politique et morale

Nous avons été déçus d’apprendre que Robert Guédiguian et Ariane Ascaride avaient répondu d’un oui franc à l’invitation de la quinzième édition du festival du film français en Israël dans les cinémathèques de Tel Aviv,
Jérusalem, Haïfa, Holon, Herzliya…

On peut penser que le rôle d’Unifrance, sous l’égide du Ministère des Affaires Etrangères français, pour organiser ce type de manifestations répond principalement à des critères commerciaux, mais Robert Guédiguian et Ariane Ascaride sont des acteurs et des porte–paroles d’une certaine idée du cinéma français qui refuse la collaboration avec le libéralisme débridé ou le racisme quand il s’agit de vie sociale.

Pourtant, il n’y pas de vie sociale sans vie culturelle et une question se pose alors : il n’y a pas de collaboration de ces artistes avec les forces de droite ou d’extrême droite sur le territoire national, alors pourquoi une telle collaboration est-elle possible avec l’État israélien dans des lieux chargés de l’histoire de la Nakba ?

Peut-être que Robert Guédiguian et Ariane Ascaride nous diront qu’ils transportent un morceau de France avec eux, au nom du partage ? Du partage avec l’État d’apartheid et son armée d’occupation, du massacre de dizaines de manifestants palestiniens non-armés comme vendredi dernier à Gaza ?

Peut-être qu’ils diront qu’ils ne savaient pas ? Peut-être n’ont-ils pas entendu parler des appels lancés par Desmond Tutu, Eyal Sivan, Roger Waters ou Ken Loach ou des israéliens de « Boycott from Within » à ne pas cautionner la politique coloniale et d’apartheid pratiquée par les gouvernement de Tel-Aviv. Ou ne savent-ils pas que Caetano Veloso, après avoir brisé le boycott en 2016, a fait une déclaration magistrale à son retour en affirmant qu’il ne remettrait plus les pieds dans ce pays ? Mais peut-on vraiment envisager une telle déconnexion de la résistance du monde de la culture à la politique criminelle israélienne ?

Peut-être nous diront-ils que le cinéma et la culture ne sont pas politiques ? Air connu, surtout à droite et même très à droite, mais peu crédible de la part d’un Robert Guédiguian qui, lors d’un passage sur France 5, rappelait que tout était politique. Il suffit de se rappeler que Jean-Luc Godard en fit l’art le plus politique, justement avec des Palestiniens dans « Ici et Ailleurs ». Ou à l’opposé de Muriel Robin posant « pacifiquement » il y a quelques jours, sourire aux lèvres, avec une militaire israélienne et son fusil d’assaut après, en compagnie de Michèle Laroque, avoir méprisé l’appel au boycott lancé par la société civile palestinienne en lutte pour sa liberté et sa dignité.

Nous espérons que comme Caetano Veloso, ils auront le courage de reconnaître leur faute morale et politique, et de présenter, à défaut d’excuses, leurs regrets au peuple palestinien.

Bernard, membre de la Campagne BDS France




Netflix, il est temps d’abandonner les séries qui glorifient les crimes de guerre

Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI)

Les Palestiniens pressent Netflix d’abandonner la série « Fauda » créée par d’anciens membres des escadrons de la mort de l’armée israélienne, qui légitime et encourage la violence raciste et les crimes de guerre.

Ramallah occupée, 29 Mars 2018  La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI) appelle Netflix à abandonner la série policière « Fauda » parce que c’est un outil raciste anti-arabe de la propagande israélienne qui glorifie les crimes de guerre de l’armée israélienne contre le peuple palestinien. Faute de quoi, Netflix encourt le risque d’une pression populaire non-violente, voire d’une procédure sur sa responsabilité juridique.

PACBI fait intégralement partie du mouvement BDS non-violent pour la liberté, l’égalité et la justice en Palestine. Ce mouvement a été nominé pour le prix Nobel.

Ajoutant l’insulte à l’injure, Netflix prévoir la sortie de la saison deux en mai prochain, mois qui marquera le soixante dixième anniversaire de la Nakba de 1948, l’expulsion de masse de la majorité de la population indigène palestinienne de ses maisons et la destruction de centaines de ses villes et villages. Des historiens, dont des savants palestiniens et israéliens célèbres, ont documenté cette campagne systématique et délibérée de nettoyage ethnique.

La série « Fauda » fait la promotion de et légitime les actes de violence commis contre les Palestiniens dans le territoire palestinien occupé, par les escadrons de la mort de l’armée israélienne – ceux qu’on appelle les « Mistaravim » (déguisés en Arabes). Les auteurs du scénario, qui étaient membres de cette unité, ont basé la série sur les crimes de guerre commis par ces escadrons contre des Palestiniens.

Par exemple, l’unité secrète « Yasam » de l’armée israélienne, qui a inspiré les créateurs de Fauda, opère à visage découvert, habillée comme des civils arabes, ce qui s’apparente à de la « traîtrise » en droit humanitaire international. Elle est aussi responsable de nombreux assassinats ciblés, d’exécutions extra judiciaires et du meurtre et de l’arrestation violente de manifestants palestiniens non armés, dont de jeunes enfants. De plus, elle contrevient de façon répétée à l’inviolabilité des universités et hôpitaux palestiniens. Ces actes aussi constituent des crimes de guerre en droit international.

En aseptisant et en banalisant ces crimes, Fauda est directement complice de la promotion et de la justification de ces graves violations des droits humains. Comme il est écrit dans un article du quotidien Haaretz, Fauda a « rendu romantiques les aspects les plus répugnants de l’occupation israélienne ».

Le mois dernier, le président israélien Reuven Rivkin a accueilli une célébration qui a rassemblé l’équipe de Fauda, des dirigeants de l’escadron de la mort camouflé « Yamas » et des centaines de soldats israéliens. À cette rencontre, l’équipe de la série a exprimé sa gratitude envers Yamas en tant que « source d’inspiration » de la série et de « protecteurs de la vie ». Rivlin a exprimé sa « gratitude » et sa « fierté » de la série.

L’appropriation et la promotion de « Fauda » par l’armée et l’establishment politique israéliens révèlent son rôle significatif dans les efforts de marketing d’Israël comme dans sa campagne de propagande pour camoufler ses crimes de guerre contre le peuple palestinien.

Sur la base de ce qui précède, PACBI en appelle à Netflix pour qu’il suspende la production de la saison trois de la série, qu’il s’abstienne de diffuser la saison deux et qu’il retire la saison un de sa prestation.

L’abandon de Fauda ne créerait pas un précédent pour des services de streaming tels Netflix et HBO.

Face au développement du mouvement #MeToo, Netflix a suspendu son travail avec l’acteur Kevin Spacey après que celui-ci a été accusé d’inconduite sexuelle. Il a produit la dernière saison de House of Cards sans lui et sans son rôle. Le service a aussi dit qu’il ne diffuserait pas Gore, un film produit par Spacey dans lequel il jouait.

Netflix, HBO et d’autres services de streaming ont rompu leurs relations avec le comédien Louis C.K. accusé d’inconduite sexuelle. HBO a supprimé tous ses projets du service. Le distributeur de cinéma The Orchard a annulé la diffusion de son film. Et Disney a re doublé sa voix dans une série animée dans laquelle il était précédemment intervenu.

Netflix a mis au point une norme de responsabilité sociale en mettant fin à sa collaboration avec Kevin Spacey et Louis C.K. Cette norme doit maintenant inclure le refus de séries qui légitimisent et encouragent la violence raciste et les crimes de guerre.

La liberté d’expression est protégée par le Premier Amendement de la constitution américaine. Mais cette protection ne s’applique pas à la justification de ou à l’incitation à des « actions illicites imminentes » dont fait partie la violence raciale israélienne et ses violations flagrantes des droits humains des Palestiniens.

Netflix, soyez corrects et supprimez Fauda !

Source: PACBI

Traduction SF pour BDS France




Lettre à Nick Cave de la part des manifestants contre la guerre à Gaza qu’il a soutenus dans le passé.

Lettre ouverte 13 novembre 2017

Cher Nick Cave,

Quand neuf d’entre nous avons grimpé sur le toit de la filiale britannique de l’usine de drones Elbit, votre voix a contribué à amplifier notre action. Que vous nous souteniez en 2014 a donné un écho plus large à notre manifestation à la fabrique d’armes contre le bombardement israélien sans merci qui déferlait à l’époque sur Gaza.

Vous avez signé la lettre demandant que toutes les charges contre nous, les neuf manifestants, soient abandonnées — et elles l’ont étéL’accusation s’est effondrée en février 2015, lorsqu’Elbit a refusé de fournir des détails sur ses licences d’exportation militaire et son commerce avec Israël.

Nous avons à nouveau besoin de votre voix pour la justice.

Comme vous le savez, nous avons escaladé le mur de l’usine Elbit à cause du désastre qui déferlait sur la population palestinienne de Gaza, dont la majorité est composée d’enfants. Ils ont massacré plus de 2000 Palestiniens en 51 jours, y compris plus de 500 enfants – 90 familles entières ont été effacées du registre des citoyens. Cette destruction gratuite de Gaza assiégée a été effectuée avec des drones Elbit, des F16, des tanks Merkava, des Jeeps, des snipers et une pléthore d’armes de l’arsenal israélien.

Alors que des munitions équivalentes à une bombe atomique étaient lancées sur un des endroits les plus peuplés de la planète, les Palestiniens qui étaient sous les bombes à Gaza ont appelé à la solidarité sous la forme d’un appel palestinien pour un boycott international, des désinvestissements et des sanctions contre Israël (BDS). Les objectifs du mouvement BDS ne sont pas utopiques. Ils réclament la liberté, la justice et l’égalité que nous prenons pour acquises et qui pourtant ont été refusées aux Palestiniens depuis près de soixante-dix ans.

C’est une chose de nous soutenir lorsque nous risquons la prison pour avoir mené une action sur le toit d’une usine d’armes israélienne, pour avoir mis en lumière les profits réalisés grâce aux crimes d’Israël contre les Palestiniens. Mais soutenir vraiment le peuple palestinien, c’est ne pas franchir la ligne du boycott BDS, honorer leur appel en refusant de vous produire en Israël, en refusant de participer à “Brand Israel” (« Label Israël »), un projet du ministère des Affaires étrangères utilisant des icônes culturelles et des stars du sport pour blanchir les pratiques violentes et racistes de l’état israélien.

Selon les musiciens britannique et israélien Brian Eno and Ohal Grittier, «  le ministère israélien des Affaires étrangères travaille main dans la main avec des promoteurs de spectacles en Israël, qui offrent des compensations financières faramineuses pour des concerts. Ils affirment que leur objectif est d’établir un « Label Israël » associé à un pluralisme libéral… Mais l’oppression systématique du peuple palestinien depuis des décennies, une oppression souvent violente et meurtrière, nous a conduits, ainsi que beaucoup d’autres, à penser que comme en Afrique du Sud le boycott est une mesure efficace pour apporter un changement et la libération d’un « peuple opprimé ».

Nous vous demandons de rejoindre d’autres musiciens de conscience qui ont honoré cet appel, comme Annie Lennox, Elvis Costello, Massive Attack, Thurston Moore of Sonic Youth, Faithless, Gary Moore, Lauryn Hill, Klaxons, Cassandra Wilson, Jello Biafra, Lhasa, Roger Waters des Pink Floyd, Devendra Banhart, Vanessa Paradis, Gil Scott Heron, Pete Seeger, Cat Power, the Gorillaz et Leftfield.

Les Sud-Africains qui ont combattu l’apartheid soutiennent maintenant les luttes palestiniennes. Ils se souviennent des artistes internationaux qui les ont soutenus en refusant de jouer à Sun City, et nous vous demandons de soutenir la lutte contre l’apartheid en refusant de vous produire en concert à Tel Aviv en novembre.

Comme vous avez exprimé votre soutien contre le carnage israélien à Gaza pendant l’été 2014, nous vous prions instamment d’exprimer encore votre soutien maintenant et d’honorer l’appel de la Palestine.

Bien à vous,

Hilary Aked, Naiara Bazin, Charlie Deas, Maya Evans, Ewa Jasiewicz, Joseph Lee, Adie Mormech, Jessica Nero and Sami Wannell

Références

https://www.theguardian.com/commentisfree/2014/aug/21/david-cameron-government-gaza-arms-embargo-israel

https://www.theguardian.com/world/2014/aug/12/israeli-arms-protest

http://www.independent.co.uk/news/uk/crime/outcry-as-cps-drops-trial-of-antidrone-protesters-at-last-minute-10014839.html

Source: Mondoweiss

Traduction: C.G pour BDS France




Lettre d’une palestinienne à Lisa Simone

Chère Lisa Simone,

Je suis une Palestinienne, née et élevée à Gaza. J’écris cette lettre personnelle en espérant que vous la lirez et envisagerez d’annuler votre concert en Israël.

Je suis passée par une période où j’écoutais obsessionnellement les chansons de votre maman parce que je me sentais en lien avec elles, elles me donnaient de la force. Ma connaissance de la musique a toujours été arabo-centrée. Je ne connaissais donc pas Nina Simone jusqu’à ce qu’un jour, regardant les actualités sur Facebook, je tombe sur une vidéo de votre maman qui chantait « Ain’t Got No. I Got Life ». Ce fut le début d’une histoire d’amour avec votre maman et ses chansons.

Après m’être familiarisée quelques semaines plus tard avec toutes ses chansons, je passais en revue les documentaires de Netflix quand What Happened Miss Simone ? est sorti. Sans réfléchir, j’ai commencé à le regarder par pure curiosité pour cette femme forte et magnifique dont la voix était mon amie et m’offrait force et réconfort à une époque où l’espoir s’évanouissait – je traversais des événements difficiles et injustes directement liés à mon identité de Palestinienne. Je l’ai regardé avant de connaître son engagement dans les Black Panthers. Je l’ai appris par ce documentaire, ce qui m’a rendue follement amoureuse d’elle. La façon dont l’expression artistique de Miss Nina Simone était nourrie et gouvernée par son militantisme m’a inspirée. Elle utilisait activement son talent exceptionnel et toute tribune à laquelle elle pouvait avoir accès pour dénoncer le racisme structurel des Etats Unis et plaider pour l’égalité et la justice pour les Noirs aux Etats Unis. Elle avait conscience qu’on ne pouvait pas séparer la politique de tout autre aspect de nos vies, y compris l’art. Au fur et à mesure que j’en apprenais plus sur elle, je pouvais m’identifier, en tant que Palestinienne, avec quantité de ses combats.

C’est pourquoi, sachant cela, j’ai été profondément déçue d’apprendre que vous alliez vous produire en Israël, sans tenir compte de l’appel des Palestiniens à la communauté internationale pour qu’elle manifeste sa solidarité avec leur lutte anti-coloniale grâce au Boycott, Désinvestissement et Sanctions jusqu’à ce que la liberté, la justice et l’égalité l’emportent sur toute la Palestine historique.

En tant que personne née et élevée à Gaza, ou ce qui est connu maintenant comme la plus grande prison à ciel ouvert du monde, cela veut dire que je suis une survivante des multiples attaques mortelles d’Israël sur Gaza sans arrêt depuis ma naissance et qu’être punie pour mon identité a été l’histoire de ma vie. Ce n’est pas que ma lutte personnelle, mais une lutte collective, partagée avec tous les Palestiniens où qu’ils soient. Notre seule faute, c’est notre identité, notre histoire, notre culture. Etre Palestinien, c’est une faute. Si vous vous retourniez sur votre héritage culturel en tant qu’Afro-Américaine, le dévouement remarquable de votre maman dans le mouvement des Droits Civiques, vous réaliseriez que nous partageons un combat commun, un combat pour la justice et l’égalité, un combat pour une nation où la race, la religion, la couleur de la peau, la langue maternelle, le genre et tout autre facteur ne serait pas un terreau propice à la discrimination et ne serait pas vu comme une menace à éliminer.

J’espère vraiment que vous lirez ceci et que vous répondrez à tous les autres Palestiniens et militants BDS qui vous demandent d’annuler ce concert. Les Palestiniens voient votre concert comme une légitimation de la brutalité d’Israël envers les Palestiniens. Ce n’est pas aussi simple que ‘fournir de l’énergie positive’ lorsqu’il s’agit d’un état voyou comme Israël.

Je vous en prie, ne divertissez pas l’apartheid.

Cordialement,

Shad Abusalama

Traduction : J. Ch. pour BDS France




Des Palestiniens à Nick Cave : respectez notre appel non-violent pour la justice

14 Septembre, 2017

Par Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)
Texte original : https://bdsmovement.net/news/palestinians-nick-cave-heed-our-non-violent-call-justice

 

Cher Nick Cave,

Nous vous écrivons de Palestine pour vous exhorter à annuler vos concerts en Israël en Novembre prochain. Nous espérons que vous prendrez en considération notre appel pour un boycott culturel avec un esprit ouvert, et un cœur ouvert.

Depuis votre dernier concert en Israël en 1998, Israël a intensifié son oppression des Palestiniens, cela en toute impunité et souvent avec la complicité de gouvernements étrangers. Pendant cette période, Israël a fait croître sa population de colons jusqu’à plus d’un demi million en Cisjordanie occupée. En parallèle, plus de 10 000 Palestiniens furent bannis de vivre à Jérusalem Est occupé, bien que nés dans la ville. Rien qu’en 2016, Israël a démoli ou confisqué 1093 bâtiments appartenant à des Palestiniens à travers la Cisjordanie, dont Jérusalem Est, laissant 1600 Palestiniens sans domicile, près de la moitié d’entre eux sont des enfants. Cette année marque une décennie de siège illégal israélien sur Gaza, où deux millions de Palestiniens vivent dans des conditions effroyables. La semaine dernière, un rapport des Nations Unies a déclaré que “le poids des preuves confirme, au-delà de tout doute raisonnable, qu’Israël est coupable d’imposer un régime d’apartheid sur le peuple palestinien, ce qui correspond à la commission de crime contre l’humanité”.

Inspirés par la lutte anti-apartheid d’Afrique du Sud, les Palestiniens appelèrent à un boycott d’Israël en 2005 jusqu’à ce qu’il mette fin à ces injustices et respecte les droits humains. Aujourd’hui, se produire à Tel-Aviv équivaut à se produire à Sun City pendant la période de l’apartheid.

Nous sommes profondément inspirés par votre œuvre. En particulier, nous sommes touchés par votre soutien aux militants britanniques qui ont manifesté devant l’usine d’armes Elbit, le plus grand fabriquant d’armes israélien, et votre soutien pour un embargo militaire contre Israël. Bien que le dossier des militants manifestant contre Elbit au Royaume Uni ait été classé, Israël n’a pas encore été tenu responsable pour sa destruction injustifié de Gaza et le meurtre de plus de 550 enfants en 2014.

Nous respectons aussi profondément votre implication à l’album Voices for Justice en soutien aux West Memphis Three, qui furent jugés coupables à tord de meurtre après des confessions obtenus grâce à des techniques d’interrogatoire discutables. De même, les enfants palestiniens de Cisjordanie sont régulièrement tirés de leurs lits lors d’opérations de l’armée israéliennes. Ils sont ensuite poursuivis par des cours militaires et détenus dans des centres de détentions militaires israéliens, “célèbres pour leurs mauvais traitements et tortures systématiques sur les enfants palestiniens.” Israël détient pas moins de 700 enfants palestiniens chaque année.

Nous admirons l’utilisation que vous faites de l’art pour dénoncer les injustices et pour porter la voix des sans-voix. Comme l’a dit l’Archevêque Desmond Tutu “Si vous êtes neutres dans une situation d’injustice c’est que vous avez choisi d’être du côté de l’oppresseur. ” En 2010, Tutu a fait la déclaration suivante à l’Opéra de Cape Town alors qu’ils devaient décider de se produire ou non en Israël :

“ Tout comme nous disions pendant l’apartheid que c’était inapproprié pour les artistes internationaux de se produire en Afrique du Sud, dans une société fondée sur des lois discriminatoires et l’exclusivité raciale, ce serait de même une erreur pour l’Opéra de Cape Town de se produire en Israël.”

Nous avons été étonnés d’apprendre que vous alliez prochainement vous produire à Tel-Aviv où les injustices contre lesquelles vous luttez y sont si familières pour nous. Votre concert en Israël, sans parler de l’intention, sape notre mouvement non violent pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS) pour les droits palestiniens. En outre, Israël utilise de tels spectacles pour présenter une image de normalité et d’ouverture afin de masquer ses violations quotidiennes des droits humains palestiniens.

Nissim Ben-Sheetrit, ancien directeur général adjoint du Ministère israélien des Affaires Etrangères, était assez franc sur cette stratégie, déclarant, « Nous voyons la culture comme un outil de hasbara [propagande] de premier choix, et je ne fais pas de différence entre hasbara et culture. »

Nous espérons que vous vous joindrez aux autres artistes et célèbres figures culturelles, telles que Lauryn Hill, Elvis Costello, U2, Cat Power, le regretté Gil Scott-Heron, Massive Attack, Alice Walker, Roger Waters et d’autres, en refusant de prêter votre nom pour couvrir le système d’oppression israélien qui dure depuis des décennies. Se faisant vous nous permettriez de continuer d’imaginer un futur libre de toute oppression et de soumission, pour nous ainsi que pour nos enfants à venir.

Sincèrement,

La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI)




Thom Yorke, voilà pourquoi vous devriez boycotter Israël

Opinion

Le temps n’est-il pas venu de nous défaire de cette distinction artificielle entre les « gentils » Israéliens et l’occupation brutale dont ils sont responsables ?

Gideon Levy – 11 juin 2017

 

Quiconque s’interroge sur la justesse et l’efficacité d’un boycott pour combattre l’occupation israélienne, devrait écouter les contre-arguments de Thom Yorke de l’orchestre de rock britannique Radiohead et du président de Yesh Atid, Yaïr Lapid. Ce que proposent ces personnalités de Radiohead et de Yesh Atid : de la propagande de bas étage. Leurs contre-arguments pourraient convaincre  toute personne de conscience dans le monde entier – de soutenir le boycott. Yorke, qui ne connaît pas le mouvement de boycott et Lapid, qui est un ardent opposant  du mouvement de Boycott, Désinvestissement, Sanctions, se sont enrôlés dans l’opposition au mouvement. Leur raisonnement en dit beaucoup plus sur eux que sur le mouvement BDS.

Boycotter est un moyen d’action légitime. Israël, en tant qu’État, en fait usage et prône que d’autres pays devraient suivre son exemple. Certains citoyens israéliens aussi le pratiquent. Il y a un boycott du Hamas à Gaza, des sanctions contre l’Iran. Il y a des boycotts de magasins non kasher, des boycotts contre la consommation de viande, et des complexes touristiques des plages turques. Et le monde aussi fait du boycott, en imposant des sanctions à la Russie depuis l’annexion de la Crimée.

La seule question est de savoir si Israël mérite une telle punition, semblable à celle infligée à l’Afrique du Sud de l’apartheid dans une époque antérieure, et si ces actes sont efficaces. Et une question supplémentaire : quels autres moyens n’ont pas été essayés contre l’occupation et n’ont pas échoué ?

Yorke dirige sa colère contre son collègue de rock Roger Waters, peut-être l’artiste le plus exalté de ceux qui protestent actuellement, qui a sollicité Yorke pour que celui-ci reconsidère le concert de son orchestre à Tel Aviv le 19 juillet.

Dans une interview récente au magazine Rolling Stone, Yorke a expliqué ses raisons : jamais il n’imaginerait de dire à qui que ce soit où aller travailler.

Pense-t-il que les ateliers clandestins ou les mines sanguinaires de diamant sont des lieux de travail légitimes ? Est-il correct de solliciter des gens pour ne pas travailler avec eux ? Les produits des colonies sont-ils seulement plus éthiques ? « Le type de dialogue qu’ils veulent instaurer est du genre blanc ou noir. J’ai un problème avec ça » a dit Yorke à Rolling Stone. Quel problème ? N’est-ce pas blanc et noir ? N’est-ce pas occupant et occupé ? Oppresseur et dépossédé ?

« Je ne peux tout simplement pas comprendre pourquoi aller donner un spectacle de rock est un problème pour eux » dit Yorke.

Hello, est-ce que je parle à Radiohead ? OK. Le problème n’est pas le spectacle, le problème c’est le public.

Le temps n’est-il pas venu de nous défaire de cette distinction artificielle entre les Israéliens qui se voient comme bons et justes – Bonsoir, Tel Aviv ! Comme c’est merveilleux d’être ici ! – et l’occupation brutale dont ils sont responsables ? Le temps n’est-il pas venu de les punir d’une façon non violente pour les crimes dont chacun d’eux est partie prenante ?

Et comment punir un peuple entier ? Le seul moyen  non violent est de les boycotter. Peut-être cela les réveillera-t-il de leur aveuglement. Waters a demandé à Yorke de ne pas divertir les Israéliens parce qu’ils ne le méritent pas tant que l’occupation continue à une demi-heure de route de la salle de concert du Parc Yarkon où Radiohead doit se produire. Il n’y a pas demande plus juste.

Et Yaïr Lapid, étant Yaïr Lapid, est bien plus démagogue et populiste. Avec un drapeau israélien en toile de fond et un autre à la boutonnière – parce que juste un drapeau n’est pas assez convaincant, il était interviewé la semaine dernière par un des intervieweurs les plus brillants et incisifs au monde, Tim Sebastian, sur la radio allemande Deutsche Welle. Lapid a critiqué Sebastian par ces mots : « il pense que son rôle est de représenter les Palestiniens plutôt que la vérité », preuve que Lapid ne comprend rien au bon journalisme. Mais ses arguments contre le boycott ont été encore pires.

Lapid était fier d’être parmi les premiers à combattre le boycott, comme si c’était une sorte de mission épique derrière des lignes ennemies. Il « sait » que BDS est financé par le Hamas – après tout, c’était dans le Wall Street Journal. Et aussi que le mouvement est lié au grand mufti de Jérusalem qui a collaboré avec les nazis.

Et quiconque est encore à convaincre, reçoit le coup final avec la déclaration suivante : BDS appelle à la libération de ceux qui ont pendu des gays à des poteaux téléphoniques et de ceux qui pensent acceptable de battre leur femme et d’assassiner des Juifs et des Chrétiens. C’est cela BDS. L’occupation, ça va.

Et si c’est cela BDS et l’occupation aux yeux de ce candidat au poste de premier ministre, nous ferions mieux de garder l’actuel, Benjamin Netanyahou.

Si c’est cela le niveau d’argumentation et de connaissance de Lapid, alors il est clair qu’il n’y a pas d’opposition au parti Likoud de Netanyahou ni à l’occupation. Et si c’est le cas il n’y a pas autre chose à faire que soutenir BDS.

Source: Haaretz

Traduction SF pour BDS France




Lisez la réponse de Roger Waters à Yorke sur la controverse Radiohead Israël

Par Rolling Stone

il y a 2 jours

 Roger Waters a répondu aux remarques de Thom Yorke à propos des prochains concerts de Radiohead en Israël et du mouvement BDS, déclarant que « la version de Yorke ne dit pas tout. »

 

Thom Yorke Brise le Silence sur la Controverse à propos d’Israël

« C’est vraiment perturbant que des artistes que je respecte pensent que, après tant d’années, nous ne sommes pas capables de prendre des décisions morales par nous mêmes « , dit le chanteur de Radiohead.

 En avril, plus de 50 personnalités éminentes, dont Waters,Thurston Moore, Desmond Tutu et le réalisateur Ken Loach, ont signé une pétition exhortant Radiohead à annuler son concert du mois prochain en Israël dans le cadre du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) lancé en 2005.

 Yorke a fini par briser le silence sur l’appel au boycott d’Israël dans sa récente interview avec Rolling Stone, dans laquelle il a critiqué l’approche des pétitionnaires.

« Il est profondément affligeant que, plutôt que d’entrer personnellement en contact avec nous, ils aient choisi de nous couvrir de merde publiquement », a dit le chanteur.

 Pourtant, dans une déclaration à Rolling Stone, Waters raconte qu’il a essayé plusieurs fois « d’engager le dialogue » avec Yorke à propos des concerts en Israël avant la pétition du 23 avril, mais le chanteur de Radiohead « a interprété ma tentative pour engager la conversation comme une menace » et, en colère, a réagi en interrompant la communication.

 « J’ai fait tous les efforts possibles pour entrer personnellement en contact avec [Yorke] et souhaite toujours avoir cette conversation », a écrit Waters, ajoutant qu’aujourd’hui 5 juin, c’est le 50ème anniversaire de l’occupation de la Palestine par Israël ».

 « Cinquante ans à vivre sous occupation militaire. Cinquante ans d’un peuple sans droits civiques. Cinquante ans sans pouvoir recourir à la loi. Cinquante ans d’apartheid », a écrit Waters.

 

Lisez ci-dessous la déclaration complète de Waters :

 

J’ai lu l’interview de Thom Yorke dans Rolling Stone. Elle nécessite une réponse car elle ne dit pas tout.

 Le 12 février, espérant entamer un dialogue, j’ai envoyé en courriel exprimant mon inquiétude sur le fait que Radiohead franchissait la ligne de piquetage de BDS pour jouer en Israël. Quelques heures plus tard, Thom a répondu. Il était en colère. Il avait interprété ma tentative pour engager le dialogue comme une menace. Alors, j’ai à nouveau essayé.

 « Salut Thom,

 Je suis désolé. Ma lettre ne se voulait pas agressive. Je te tendais la main pour savoir si nous pouvions avoir la conversation dont tu parlais dans ta réponse. Est-ce possible ?

 Amicalement, R. »

 

Pas de réponse. Et le silence a prévalu pendant trois semaines, jusqu’au 4 mars où j’ai envoyé une requête cordiale à Thom lui demandant à nouveau que nous parlions.

 Dans l’interview de Thom avec Andy Greene de Rolling Stone, faisant référence à Ken Loach et à moi, il dit : « Il est profondément affligeant que, plutôt que d’entrer personnellement en contact avec nous, ils nous aient couverts de merde publiquement. »

 Ce n’est pas vrai, Thom. J’ai fait tous les efforts possibles pour entrer personnellement en contact avec toi, et j’aimerais toujours avoir cette conversation.

 « Ne pas parler n’est pas une option. »

 Aujourd’hui, c’est le 50ème anniversaire de l’occupation de la Palestine par Israël. Cinquante ans à vivre sous occupation militaire. Cinquante ans d’un peuple sans droits civiques. Cinquante ans sans pouvoir recourir à la loi. Cinquante ans d’apartheid.

 L’appel au boycott de BDS est là pour lever le voile sur l’impasse de la population occupée de Palestine, à la fois ceux de Palestine et ceux qui ont été déplacés à l’étranger, et pour promouvoir l’égalité des droits civiques pour toutes les personnes qui vivent entre le Jourdain et la Méditerranée, quelle que soit leur nationalité, leur race ou leur religion. Toute vie humaine est sacrée, tout enfant est notre enfant, l’exceptionalisme est toujours notre ennemi. Il n’y a pas Nous ou Eux, il y a seulement Nous.

 Restiamo umani (Restons humains).

 Amicalement,

 Roger Waters

 

Source: Rolling Stone

Traduction : J. Ch. pour BDS France




Radiohead, NE JOUEZ PAS LA CARTE ISRAËL

Lettre au groupe

vendredi 2 juin 2017

 

Une réplique aux commentaires de Thom Yorke de Radiohead

 

Cher Thom,

 

Mettons une chose au clair. Vous dites que vous n’êtes pas heureux que les gens vous « couvrent de merde » en public plutôt que d’essayer d’engager le contact. Bon, nous avons essayé de l’engager. Nous vous avons envoyé des courriers par la poste, nous avons poliment essayé de les remettre à un membre du groupe lors d’un événement public, nous avons appelé vos agents et vos publicistes, et vous nous avez ignorés. Pas même un accusé de réception, rien du tout. Nous avons essayé d’ouvrir un dialogue et c’est vous qui avez refusé. C’est vous.

 

A Glastonbury, je serai l’un de ces gens « à distance… agitant des drapeaux ». Si cela vous importe vraiment, venez parler avec nous Thom. Mais n’osez pas nous ignorer et ensuite vous plaindre que les gens n’essaient pas d’entrer en contact.

 

Exiger des gens qu’ils ne vous disent pas ce que vous devez penser, c’est tout à fait votre droit. Vous voulez simplement qu’on ne critique pas vos choix. Eh bien, Thom, vous êtes le plus grand groupe au monde et cela vous a rendus très riches. Et en plus, vous avez été politiquement clairs toutes ces années. Maintenant, vous voulez avoir le droit de faire ce que vous voulez sans être critiqués ? C’est tout à fait votre droit. Sommes nous obligés de croire que vous n’avez pas réalisé que ce concert provoquerait des critiques ?

 

Vous dites qu’il est « ahurissant » que les gens ne vous croient pas capables de prendre vos propres décisions, et pourtant, il semble que vous pensiez que c’est bien de faire un affront aussi évident. Vous n’êtes vraiment pas aussi politiquement mature que vous le pensez. Peut-être devriez vous écouter un peu plus les autres.

 

Vous semblez penser que l’appel au BDS vient d’un groupe d’artistes plutôt que de la société civile palestinienne. C’est le peuple palestinien qui vous a demandé de boycotter et, si vous vous apprêtez à légitimer votre concert à Tel Aviv, c’est à eux que vous devriez vous adresser. Dire que vous êtes peinés parce que Ken Loach n’a pas appelé vous permet d’éviter l’essentiel, qui est que vous jouez sur une terre occupée, à l’encontre les souhaits d’un peuple opprimé. Et vous ignorez les voix de ce peuple. Cela vous est égal ?

 

Vous accusez les gens de lancer le mot « apartheid ». Vous vous rendez bien compte que l’un des signataires de la lettre est Desmond Tutu, non ? Vous vous rendez bien compte que le rapport de mars des Nations Unies a explicitement établi qu’Israël impose un apartheid au peuple palestinien ? Si vous aviez vraiment quelque respect que ce soit pour les Palestiniens, ou pour les artistes qui risquent leur carrière pour exprimer ce qu’ils pensent, vous ne diriez pas quelque chose d’aussi désinvolte et méprisant. La situation est sérieuse et aucun d’entre nous n’en parle avec légèreté. Mince, montrez un peu de respect.

 

Finalement, en tant que fan, je suggère que vous alliez écouter « A Reminder » (Aide-mémoire). Quand vous nous avez demandé d’adhérer à cette chanson, je suppose que ce sont les commentaires d’aujourd’hui que vous aviez en tête.

 

Il n’est pas encore trop tard pour changer d’avis.

 

Seamus

Fans de Radiohead pour la Palestine

 

Source:  radioheaddontplayisrael

Traduction : J. Ch. pour BDS France




LETTRE OUVERTE A RADIOHEAD



Londres, le 24 avril 2017

 

Chers Thom Yorke, Jonny Greenwood, Colin Greenwood, Ed O’Brien and Philip Selway,

Il est prévu que vous jouiez à Tel Aviv cette année.

Nous aimerions que vous y réfléchissiez encore – parce qu’en jouant en Israël, vous jouerez dans un état où, comme disent les rapporteurs de l’ONU, « un système d’apartheid a été imposé au peuple palestinien ».

Nous comprenons que vous avez déjà été abordés par des militants palestiniens. Ils vous ont demandé de respecter leur appel à un boycott culturel d’Israël et vous le leur avez refusé. Depuis les campagnes de Radiohead pour la liberté des Tibétains, nous nous demandons pourquoi vous refuseriez une requête pour défendre un autre peuple sous occupation étrangère.
Et puisque Radiohead a tenu un concert pour le 50ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits Humains, nous nous demandons pourquoi vous ignoreriez un appel à s’opposer au déni de ces droits lorsqu’il s’agit des Palestiniens.

Radiohead a déjà publié un communiqué disant : « Sans le travail d’organisations comme Amnesty International, la Déclaration Universelle ne serait que rhétorique ». Vous avez, de toute évidence, lu les rapports d’Amnesty, donc vous saurez qu’Israël refuse la liberté aux Palestiniens sous occupation, qui ne peuvent vivre là où ils veulent, ne peuvent circuler comme bon leur semble, sont détenus (et souvent torturés) sans accusation ni procès, et ne peuvent même pas utiliser Facebook sans surveillance, censure et arrestation.

En vous demandant de ne pas jouer en Israël, les palestiniens vous ont lancé un appel à faire un petit pas pour aider à mettre la pression sur Israël pour mettre fin à la violation des droits de base et de la loi internationale. Sûrement, si prendre position contre les politiques de division, de discrimination et de haine a un quelconque sens, alors cela veut dire qu’il faut s’y opposer partout – et que cela doit comprendre ce qui arrive aux Palestiniens chaque jour. Autrement, le reste n’est, pour utiliser vos termes, « que rhétorique ».

Peut-être pensez-vous que partager l’affiche avec les musiciens israéliens Dudu Tassa & the Kuwaitis, qui jouent de la musique judéo-arabe, réglera le problème. Ce n’est pas le cas, pas plus que les performances « mixtes » en Afrique du Sud n’ont fait rapprocher la fin du régime d’Apartheid. S’il vous plait, faites ce que faisaient les artistes pendant l’ère d’oppression en Afrique du Sud : restez loin, jusqu’à la fin de l’Apartheid.

Sincèrement,

Tunde Adebimpe, musicien, TV on the Radio
Conrad Atkinson, artiste
Richard Barrett, compositeur
David Calder, acteur
Julie Christie, actrice
Selma Dabbagh, écrivain
William Dalrymple, historien, écrivain et diffuseur
April De Angelis, dramaturge
Shane Dempsey, réalisateur de théâtre
Laurence Dreyfus, musicien et réalisateur, Phantasm Viol Consort
Geoff Dyer, écrivain
Eve Ensler, dramaturge
Bella Freud, styliste de mode
Douglas Hart, musician et réalisateur
Charles Hayward, musicien
Remi Kanazi, poète de performance
Peter Kennard, artiste
Peter Kosminsky, écrivain/directeur/réalisateur
Hari Kunzru, écrivain
Paul Laverty, scénarist

Mike Leigh, writer/director
Ken Loach, director
Lowkey, musician
Miriam Margolyes, actor
Kika Markham, actor
Elli Medeiros, musician
Pauline Melville, writer and actor
Roger Michell, director
China Miéville, writer
Thurston Moore, musician
Maxine Peake, actor
Dave Randall, musician
Ian Rickson, director
Michael Rosen, writer and broadcaster
Alexei Sayle, comedian and writer
James Schamus, screenwriter, director and producer
Nick Seymour, musician, Crowded House
Adrian Sherwood, record producer
Juliet Stevenson, actor
Ricky Tomlinson, actor
Desmond Tutu, Archbishop Emeritus of Cape Town, South Africa
Alice Walker, writer
Harriet Walter, actor
Roger Waters, musician
Susan Wooldridge, actor and author
Robert Wyatt, musician
Young Fathers, musicians

Source: artistsforpalestine.org.uk

Traduction: N.LM pour BDS France




questionnaire de la Campagne BDS France aux candidat-e-s à l’élection présidentielle

Paris, le 21 mars 2017

 

Madame, Monsieur,

Nous pensons qu’il est important que les candidat-e-s à l’élection présidentielle se prononcent sur les questions qui mobilisent le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Ce mouvement, initié par une très large partie de la société civile palestinienne et inspiré par le boycott qui avait contribué à en finir avec le régime d’apartheid en Afrique du Sud, vise à mettre fin à l’impunité qui permet à Israël de poursuivre la politique coloniale qu’il impose au peuple palestinien. Il se fixe trois objectifs :

  1. la fin de la colonisation et de l’occupation, le démantèlement du mur d’apartheid et la levée du blocus de Gaza
  2. l’égalité complète des droits des Palestinien-ne-s d’Israël.
  3. la mise en œuvre du droit au retour des réfugié-e-s palestinien-ne-s conformément à la résolution 194 de l’O.N.U.

Nous sommes un mouvement international, citoyen, non violent et antiraciste. La Campagne BDS fédère de nombreuses associations, collectifs, partis et syndicats. Nous demandons le respect du droit international.

Nous souhaitons faire connaître à l’opinion des électeurs-trices vos réponses aux questions qui suivent.

Nous vous adressons, Madame, Monsieur, nos respectueuses salutations.

Pour la Campagne BDS France,

Linda SEHILI

 

www.bdsfrance.org

campagnebdsfrance@yahoo.fr

 

  1. Considérez-vous que l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens, tout comme le blocus depuis 10 ans de la Bande de Gaza, constituent des obstacles majeurs à la paix?
  2. Reconnaissez-vous au peuple palestinien le droit de revendiquer la fin de l’occupation et de la colonisation, le démantèlement du Mur et la levée du blocus de Gaza, l’égalité des droits des Palestinien-ne-s d’Israël et le droit au retour des réfugié-e-s palestinien-ne-s, conformément à la résolution 194 du Conseil de Sécurité de l’ONU ?
  3. Êtes-vous d’accord pour estimer, comme Mme Federica Mogherini, représentante de l’Union Européenne pour la politique internationale, que le mouvement BDS relève de la liberté d’expression contre un État et ses représentant-e-s qui ne respectent pas le droit international et les droits humains universels ?
  4. Choisirez-vous de défendre cette liberté d’expression et le droit des citoyen-ne-s d’appeler au boycott, en décidant l’abrogation des circulaires Alliot-Marie et Mercier qui demandent aux procureurs de poursuivre les militant-e-s en justice ?
  5. Que ferez-vous pour contraindre Israël à respecter les droits du peuple palestinien, le droit international et les résolutions de l’ONU ?
  6. Vous engagez-vous à mettre en place des sanctions contre l’État israélien comme l’embargo sur les armes, et à intervenir pour que l’Union européenne décide la suspension de l’accord d’association UE-Israël ?



Lettre ouverte à Natalie Imbruglia pour qu’elle respecte l’appel au boycott culturel

Australie – Janvier 2017

Des militants appellent Natalie Imbruglia à annuler sa prestation en Israël en réponse à l’appel palestinien au boycott culturel.

Chère Natalie,
Nous vous écrivons pour vous demander de bien vouloir reconsidérer le fait d’aller jouer en Israël, le 1er mars 2017. Nous comprenons qu’il s’agit de votre première venue en Israël et nous voudrions vous informer que jouer là-bas serait en contradiction avec l’appel palestinien aux artistes pour qu’ils respectent le boycott culturel d’Israël jusqu’à ce que celui-ci se conforme au droit international et que les Palestiniens jouissent des droits civils et politiques qui leur sont niés par le gouvernement d’apartheid israélien.
Comme le peuple aborigène en Australie avant 1966, les Palestiniens indigènes qui vivent en Israël sont privés d’une pleine citoyenneté dans cet État. La pleine citoyenneté n’est accordée que sur des bases théocratiques, aux gens qui sont définis comme juifs par l’État.
De plus, les Palestiniens en Israël sont l’objet de plus de 540 lois discriminatoires – un apartheid de fait.
Les Palestiniens dans les territoires occupés de Jérusalem Est, de Cisjordanie et de Gaza dont Israël s’est emparé et qu’il occupe depuis 1967, n’ont le droit de vote à aucune élection israélienne. Ces Palestiniens survivent dans des bantoustans isolés les uns des autres par des murs d’apartheid, des barrières et plus de 500 checkpoints où leurs mouvements sont contrôlés, ce qui les empêche d’aller à l’université ou à l’hôpital, de rendre visite à des amis et à des parents – de nombreuses familles sont séparées depuis des années à cause de ce système d’apartheid. La haute Cour de Justice a bien déclaré illégal le mur de l’apartheid d’Israël en 2004 – un autre élément du droit international qu’il ignore.
Les Palestiniens persécutés par l’occupation militaire souhaitent naturellement vivre librement et jouir de leurs droits sur leur terre ancestrale. Or, les colonies israéliennes illégales s’étendent sans arrêt et empiètent sur les terres palestiniennes, malgré plusieurs résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Tout récemment, le 23  décembre 2016, le Conseil de Sécurité a voté à l’unanimité une nouvelle résolution contre l’expansion des colonies illégales  et a affirmé une fois de plus leur illégalité en droit international ; pourtant Israël refuse de reconnaître ces résolutions. Israël a maintenant déclaré de fait la guerre aux initiateurs de la résolution, dont la Nouvelle Zélande, et a aussi l’intention de retenir ses cotisations à l’ONU. Depuis le vote de cette résolution, Israël a accéléré la démolition de maisons palestiniennes à raison de quatre fois plus que la moyenne hebdomadaire de 2016, faisant des centaines de sans abri.
Environ 800 000 Juifs vivent maintenant illégalement sur des terres palestiniennes, jouissant de tous les droits politiques tandis que les Palestiniens croupissent, brutalisés par l’occupation militaire et privés de droits. Les réfugiés palestiniens chassés par la Nakba de 1948 des zones qu’Israël réclamait, représentent la deuxième plus importante population réfugiée au monde et, répétons-le, en dépit des exigences du droit international, Israël refuse à ces indigènes de retourner dans leurs maisons. Dans de nombreux pays les Palestiniens sont apatrides ; ils vivent dans des camps de réfugiés misérables, depuis des décennies, sans avoir jamais abandonné l’espoir de recouvrer leur droit au retour et qu’ils puissent ainsi retourner dans leurs foyers et leur patrimoine indigène usurpé et colonisé.
La colonisation sioniste de la Palestine suit une trajectoire similaire à celle de la colonisation britannique en Australie où les Australiens indigènes ont été placés de force dans des missions et des réserves qui les ont isolés, massacrés et dépossédés de leur terre et de leur culture, tandis que les Palestiniens sont aussi soumis à une extrême violence et placés de force dans des camps de réfugiés et des bantoustans. Nous voyons bien que vous avez connaissance du résultat final de ces crimes coloniaux génocidaires via votre participation au programme SBS de Premier Contact et que vous sympathisez avec la situation désespérée du peuple aborigène d’Australie consécutif à la colonisation blanche.
Nous vous demandons de prendre aussi en considération la situation de détresse du peuple palestinien et l’importance du soutien à sa lutte de libération et pour la justice. Parce que la communauté politique internationale a refusé d’agir en soutien à leurs droits, les Palestiniens ont appelé en 2005 au boycott culturel et ont demandé aux gens de conscience comme vous-même d’être solidaires de leur mouvement en vous abstenant de jouer en Israël.
En respectant leur appel, vous soutiendrez aussi les femmes de Gaza qui souffrent de cancers du sein, un autre domaine dans lequel vous avez montré de l’empathie. Israël empêche celles qui souffrent de cancers du sein, et d’autres cancers, de recevoir des traitements appropriés, du fait de la punition collective qu’il inflige aux deux millions de civils qu’il a incarcérés dans la plus grande prison au monde – Gaza – depuis 2006.
« Des dizaines de patientes souffrant de cancer du sein dans la bande de Gaza ont lancé un mouvement de protestation contre le refus d’Israël de les laisser traverser vers Israël pour accéder à des traitements médicaux en hôpital en Israël, à Jérusalem Est et en Cisjordanie.  Ces femmes disent que le refus ou le retard de traitement sont une « condamnation à mort préméditée ».
À cause des attaques militaires et de son siège illégal, immoral, qui empêche l’entrée à Gaza de carburant et de pièces, la maladie est chose commune à Gaza étant donné que l’adduction d’eau est contaminée du fait que les centres de traitement des eaux usées dysfonctionnent et que la fourniture d’électricité est réduite actuellement à à peine quatre heures par jour.  Voici le commentaire de l’association des médecins pour les droits humains sur la privation par Israël d’équipement médical :
« Il n’y a pas de seringues, pas de bandages, pas de sondes. Lorsque l’un de nos chirurgiens demande un scalpel spécial ou un bandage durant une opération, on lui dit qu’il n’y en a pas. Lorsque nous formons un médecin et lui apprenons des techniques et des procédures, il n’a rien pour exercer ».
L’ONU a estimé que sans une reconstruction massive, Gaza sera inhabitable en 2020. Dans le cas où vous donneriez votre concert en Israël, sachez que ce crime contre l’humanité est perpétré à quelque km de là où vous serez.
Il est certain qu’Israël va continuer à pratiquer l’injustice contre le peuple palestinien si nous restons silencieux et ne faisons rien. Nous vous implorons de reconnaître que votre représentation en Israël ne peut pas créer de ponts au-dessus de l’apartheid, de l’oppression et de la souffrance, à peine les masquer, de façon qu’Israël continue à prétendre que ses crimes sont « normaux » et blâme les Palestiniens pour leur propre calvaire. Ce n’est vraiment pas le cas, pas plus que le mythe véhiculé par les suprématistes blancs selon lequel les Aborigènes d’Australie sont responsables de leur propre paupérisation.
En réalité, pour Israël tout spectacle non annulé suite à l’appel au boycott est considéré comme une victoire politique sur la lutte des Palestiniens et sur la solidarité internationale avec elle. Se produire à Tel Aviv c’est jouer pour un public ségrégé, sur une terre nettoyée ethniquement. Nous espérons vraiment que vous ne pouvez pas vous imaginer faire cela et que vous rejoindrez Laureen Hill, Cassandra Wilson, Sean O’Connor, Cat Power, Massive Attack et des milliers d’autres artistes qui ont refusé de jouer en Israël – en Irlande plus de 540 artistes se sont engagés pour le boycott de l’État ; comme l’ont fait 1 190 artistes du Royaume Uni et bien d’autres dans le monde.
S’il vous plaît, respectez l’appel palestinien à boycotter Israël – vous pouvez vraiment faire la différence ainsi et aider à  faire pencher la balance morale dans le sens de la justice.
Nous sommes un groupe de plus de 2000 membres de nombreuses nations du monde, qui croient qu’il est essentiel pour les musiciens et autres artistes de tenir compte de l’appel du PACBI et de rejoindre le boycott d’Israël. C’est essentiel pour agir pour la justice pour le peuple palestinien sous occupation et aussi dans les camps de réfugiés et dans la diaspora à travers le monde.
Samah Sabawi, auteure dramatique palestinienne-australienne et conseillère politique de Al Shabaka
Kollaps, orchestre de Melbourne
Candy Royalle, écrivaine, artiste, militante, éducatrice
Amy McQuire, écrivaine indigène
Penelope Swales, musicienne
Sara Dowse, écrivaine
Trish Nacey, Vidéographe et musicien
Walbira Murray, responsable de recherche indigène
Ken Canning, auteur dramatique indigène
Jeff Sparrow, écrivain, éditeur et  Broadcaster
Marcelo Svirsky, écrivain
Source: BDS Movement
Traduction SF pour BDS France



Les militants aux chefs cuisiniers des restaurants : annulez votre participation aux Tables rondes

21 octobre 2016 – Campagne BDS contre les Tables Rondes

Entre le 8 et le 26 novembre 2016, les chefs cuisiniers de 13 restaurants réputés de grandes villes du monde entier vont passer une semaine à cuisiner dans Tel Aviv, dans le cadre d’une initiative israélienne de relations publiques pour faire retomber leur prestige international sur l’image culinaire d’Israël. Des organisations de la société civile de ces pays leur ont demandé d’annuler leur participation.

 

Annulez votre participation aux Tables rondes de Tel Aviv – Retirez l’apartheid du menu

 

À l’attention de :

 

Indian Accent, New Delhi

Chef Manish Mehrotra

 

L’Ami Jean, Paris

Chef Stéphane Jégo

 

Maruja Limon, Vigo

Chef Rafael Centeno Móyer

 

Belcanto, Lisbon

Chef Jose Avillez

 

Triciclo, Madrid

Chefs Javier Goya, Javier Mayor

& David Alfonso

 

The Musket Room, New York

Chef Matt Lambert

 

Gustu, Bolivia

Chef Kamilla Seidler

 

Mallin & Schmidt, Denmark

Chef Thorsten Schmidt

 

Matador Room, Miami

Chef Jeremy Ford

 

La Bottega, Geneva

Chef Francesco Gasbarro

 

Taller, Coppenhagen

Chef Karlos Ponte

 

Nahm, Bangkok

Chef David Thompson

 

 

Chef Diego Munoz, Lima

Nous soussignés, groupes de la société civile, vous écrivons à propos de votre participation prévue à la série de Tables rondes, événement culinaire qui va se tenir à Tel Aviv du 8 au 26 novembre 2016. Nous vous exhortons à reconsidérer votre participation à cette initiative dont l’objectif est de se servir de la haute cuisine pour masquer le déni par Israël des droits fondamentaux des Palestiniens.

En 2014, les chars d’assaut, avions et navires de guerre israéliens pilonnaient la bande de Gaza assiégée, tuant plus de 2100 Palestiniens, dont plus de 500 enfants, dans le plus récent de ces massacres devenus tragiquement périodiques, par l’armée israélienne. En plus de maisons, hôpitaux, écoles et usines, les attaques israéliennes ont détruit des fermes, serres, puits, vergers, cultures et bétail (1).

Les tireurs embusqués israéliens tirent constamment sur les agriculteurs palestiniens dans Gaza, et les fréquentes incursions militaires en détruisent les cultures. Le Centre palestinien pour les droits de l’homme a documenté 534 incursions terrestres et 544 cas de fusillades entre 2006 et 2013, qui ont tué 179 civils et en ont blessé 751 (2). Des documents, obtenus après une bataille juridique, montrent qu’Israël, de façon cynique, s’est servi de calculs de calories pour décider du nombre de camions de vivres qu’il allait autoriser à traverser son blocus illégal de l’enclave côtière, mettant ainsi les Palestiniens de Gaza à un régime draconien (3).

En Cisjordanie occupée, après recherche, l’organisation israélienne Kerem Navot détaille comment Israël utilise l’agriculture comme moyen pour voler massivement la terre palestinienne. Depuis 1997, l’agriculture dans les colonies israéliennes, elles aussi illégales, s’est accrue dans la région de 35 %, tandis que les terres agricoles palestiniennes cultivées ont été réduites d’un tiers (4).

Par conséquent, il ne faut pas être surpris que, comme le rapportent les Nations-Unies, seulement 35 % des Palestiniens vivant sous l’occupation israélienne ont la sécurité alimentaire (5).

Les citoyens palestiniens d’Israël, qui représentent 20 % de la population, sont à peine mieux lotis. Des communautés palestiniennes sont forcées de quitter leur terre sous l’effet du nettoyage ethnique que poursuit Israël. Israël refuse de reconnaître 176 villes et villages palestiniens, à l’intérieur de ses frontières reconnues internationalement, et dont beaucoup sont antérieurs à la création de cet État qui leur refuse les services les plus élémentaires, tels que l’eau et l’électricité. Les bulldozers israéliens démolissent en permanence des villages entiers, faisant des familles des sans-abri.

Et si vous, vous n’auriez aucun problème pour vous rendre à Tel Aviv, les près de 7 millions de réfugiés et déplacés internes palestiniens, conséquences du nettoyage ethnique qui se poursuit, se voient refuser leur droit au retour sur leurs terres, tel que garanti par le droit international (6).

Alors que nous écrivons cette lettre, des dizaines de milliers de Palestiniens, surtout des jeunes, se soulèvent dans des mobilisations massives contre le régime d’oppression israélien, un régime qui s’est maintenu durant toute leur vie, et celle de leurs parents. Israël réagit de façon caractéristique à ces manifestations, déclenchées au départ par les attaques de colons contre l’enceinte de la mosquée Al Aqsa dans Jérusalem-Est occupée, il fait tirer à balles réelles sur les manifestants, tuant et blessant les militants palestiniens, il lance des raids pour l’arrestation de centaines de jeunes et enfants palestiniens, il procède à des démolitions punitives de maisons palestiniennes et il boucle des quartiers palestiniens entiers.

Alors que l’évènement des Tables rondes est présenté comme « un dialogue fertile sur la culture, l’économie, et les questions sociales », c’est en réalité une utilisation scandaleuse d’une tradition, consacrée par l’usage, de partage des expériences culinaires comme un moyen pour blanchir les violations généralisées des droits fondamentaux des Palestiniens, et notamment le droit à la nourriture.

En fait, parmi les partenaires de cet évènement parrainé par American Express, il y a le ministère israélien du Tourisme et celui des Affaires étrangères, et aussi la municipalité de Tel Aviv. Les ministères israéliens, depuis des années, sont impliqués dans le projet                 « Brand Israel » qui utilise la culture et les arts comme moyen pour détourner l’attention de son effroyable bilan en droits humains et se donner une image positive (7). Tel Aviv, ville qui s’est montée sur 4 villages palestiniens détruits et nettoyés ethniquement, comme la ville palestinienne historique de Jaffa, est le centre du régime d’Israël d’occupation, de colonisation de peuplement, et d’apartheid, et elle se rend profondément complice dans le blanchiment des violations d’Israël des droits de l’homme et du droit international. Et ce partenaire à l’évènement, l’entreprise vinicole Golan Heights Winery, opère dans une colonie israélienne illégale sur le plateau syrien du Golan, en violation directe du droit international (8).

En 2005, plus de 170 organisations de la société civile palestinienne ont appelé aux boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël jusqu’à ce que celui-ci mette fin à ses violations des droits de l’homme, violations qui se poursuivent résolument et en toute impunité depuis des décennies (9). Dans le cadre de cet appel, les artistes internationaux, les personnalités du spectacle, les académiciens, et aussi les chefs cuisiniers, sont appelés à ne pas se produire en Israël. La liste de ceux qui prennent en considération cet appel continue de grandir (10).

En choisissant d’exercer votre talent culinaire dans la bulle privilégiée de Tel Aviv, entourée de millions de Palestiniens vivant sous l’oppression israélienne, non seulement ce serait fermer sciemment les yeux devant cet appel de principe qui émane de l’opprimé, mais vous deviendriez aussi le complice de ces violations israéliennes des droits humains des Palestiniens et de la perpétuation de l’occupation, de l’apartheid et du colonialisme israéliens.

Le respect de l’appel des Palestiniens pour le BDS est le meilleur moyen pour veiller à ce que les Palestiniens, selon l’expression même du militant anti-apartheid d’Afrique du Sud, qui soutient le BDS, l’archevêque Desmond Tutu, ne soient pas réduits à « ramasser des miettes de compassion jetées de la table de ceux qui se considèrent comme (leur) maître, », mais à ce qu’ils aient le « menu complet de leurs droits ».

Nous vous exhortons à ne pas prêter vos talents culinaires pour masquer les crimes d’Israël. Nous vous en prions, annulez votre participation à l’événement des Tables rondes, jusqu’à ce que tout le monde ait une place à la table.

Signataires :

Land Defense coalition (LDC), Palestine

Palestinian Farmers Union (PFU), Palestine

Palestinian Environmental NGOs Network/Friends of the Earth-Palestine, Palestine

Stop the Wall Campaign, Palestine

Alternative Information Center (AIC), Palestine/Israel

Boycott! Supporting the Palestinian BDS Call from within, Israel

Frauen in Schwarz (Wien), Austria

Grupo de acción por palestina, Chile

Grupo de Acción por Palestina, Chile

Juventud Árabe por Palestina de Valdivia, Chile

BDS Colombia, Colombia

Boykot Israel, Denmark

Comité de Solidaridad Permanente EcuadorXPalestina, Ecuador

BDS France Campaign, France

Association France Palestine Solidarité 63, France
Collectif Judeo-Arabe et Citoyen pour la Palestine, France
Collectif 69 de soutien au peuple palestinien, France
Coordination Bds37 (Tours), France
CSPRN, France
Comité solidarité Palestine région nazairienne, France
Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples – Gironde (MRAP33), France

Collectif BDS Metz, France

Comité BDS France 34 – Montpellier, France
Bds France Marseille, France
Abna Philistine (Enfants de la Palestine)

AK Nahost Berlin, Germany

AKtion Gerechter Frieden Nahost, Germany

BDS Berlin, Germany

BDS Hamburg, Germany

Deutsch-palästinensische Gesellschaft , Germany

Jüdische Stimme für gerechten Frieden in Nahost, Germany

Palästinakomitee Stuttgart, Germany

ACS – Associazione di Cooperazione e Solidarietà, Italy

Associazione Casale Podere Rosa (Rome), Italy

Associazione Culturale Sogni di un Mondo Diverso, Italy

Associazione senza paura – Genova, Italy

Associazione Stelle Cadenti, artisti per la pace, Italy

Assopace Palestina, Italy

BDS Italia, Italy

BDS Sardegna, Italy

Comitato per non dimenticare Sabra e Chatila, Italy

Comitato Pistoiese per la Palestina, Italy

Comitato varesino per la Palestina, Italy

Confederazione Cobas, Italy

Coordinamento BDS Roma e Provincia, Italy

Coordinamento Nord Sud del Mondo, Italy

Donne in Nero / Women in Black, Italy

Forum Italiano dei Movimenti per l’Acqua, Italy

Forum Palestina, Italy

Friends of the Palestinian Red Crescent, Italy

G.A.MA.DI. (Gruppo Atei Materialisti Dialettici), Italy

Gruppi Informali, Italy

Italian Communist Party, Italy

Italian Jews against Israeli Occupation, Italy

Lo Sguardo di Handala (Rome), Italy

Luisa Morgantini, former VP European Parliament, Italy

Rete Radiè Resch – Gruppo di Salerno, Italy

Rete Radié Resch di solidarietà internazionale, Italy

Rete Radié Resch Varese, Italy

Rete Romana di Solidarietà con il Popolo Palestinese, Italy

Salaam Ragazzi dell’Olivo Comitato di Trieste, Italy

Servizio Civile Internazionale, Italy

U.S. Citizens Against War – Florence, Italy

U.S. Citizens for Peace & Justice – Rome, Italy

ULAIA ArteSud onlus, Italy

Un ponte per…, Italy

Article 1 Collective, Netherlands

docP, Netherlands

Nederlands Palestina Komitee (NPK), Netherlands

Federación Palestina del Perú, Peru

Associação Abril, Portugal

Colectivo Mumia Abu Jamal, Portugal

Comité de Solidariedade com a Palestina, Portugal

Conselho Português para a Paz e Cooperação, Portugal

Grupo Acção Palestina, Portugal

MPPM – Movimento pelos Direitos do Povo Palestino e pela Paz no Médio Oriente, Portugal

Panteras Rosa – Frente de Combate à Lesbigaytransfobia, Portugal

SOS Racismo, Portugal

BDS Slovenia, Slovenia

Red Solidaria contra la Ocupación de Palestina (RESCOP), Spain

 

  • Réseau composé de 43 organisations: Asociación Al-Quds de Solidaridad con los Pueblos del

Mundo Árabe (Málaga), Asociación Andaluza por la Solidaridad y la Paz – ASPA, Asociación de

Amistad Palestina-Granada «Turab», Asociación Hispano Palestina Jerusalén (Madrid),

Asociación Pro-Derechos Humanos de Andalucía, Asociación Unadikum, BDS Catalunya, BDS

Madrid, BDS País Valencià, Castelló per Palestina, Comité de Solidaridad con la Causa Árabe

(Madrid, Asturias), Comité de Solidaridad con los Pueblos – Interpueblos (Cantabria),

Comunidad Palestina en Canarias, Comunitat Palestina de Catalunya, Comunitat Palestina de

València, Coordinadora de apoyo a Palestina (La Rioja), Ecologistas en Acción (Confederal),

Fundación IEPALA, Fundación Mundubat, Asociación Palestina Biladi, Anticapitalistas, Komite

Internazionalistak (Euskal Herria), MEWANDO (Euskadi), Movimiento Solidaridad Internacional

Catalunya – ISM Cataluña / Valencia, Mujeres en Zona de Conflicto – M.Z.C., Mujeres por la Paz

– Acción Solidaria con Palestina (Canarias), Paz Ahora, Paz con Dignidad, Plataforma de

Solidaridad con Palestina (Sevilla), Plataforma Palestina Ibiza, Plataforma Solidaria con Palestina

de Valladolid, Red de Jóvenes Palestinos, Red Judía Antisionista Internacional -IJAN, Sodepau,

Sodepaz, Sodepaz Balamil, Taula per Palestina (Illes Balears), UJCE (Unión de Juventudes

Comunistas de España), Grupo de Cooperación Sevilla Palestina, CERAI (Centro de Estudios

Rurales y de Agricultura Internacional), BDS Alacant (dentro de BDS País Valencià), Palestina

Toma la Calle, Coalició Prou Complicitat amb Israel Coalició Prou Complicitat amb Israel (CPCI), Catalonia, Spain

  • Réseau composé de 14 organisations: Rumbo a Gaza, Junts-Associació Catalana de Jueus i

Palestins, Comunitat Palestina de Catalunya, NOVACT, BDS Catalunya, Pau Sempre, SUDS, Servei

Civil Internacional de Catalunya (SCI-Cat), Centre Euro Àrab de Catalunya, En Lluita, Unadikum,

Pallasos en Rebeldía, Asociación Cultural Arte & Maña and International Solidarity Movement

BDS Galicia

(ISM) Catalunya

Red Antisionista de Sevilla, Spain

Centro Cultural Palestino Biladi, Basque Country, Spain

Revolta Global-Esquerra Anticapitalista, Catalonia, Spain

Unadikum, Spain

Vent, associació cultural, Spain

BDS Switzerland, Switzerland

BDS Zürich, Switzerland

Bernese Vigil for a just peace in Israel / Palestine, Switzerland

Palestine Solidarity Campagn, Thailand

BDS Thailand, Thailand

Artists for Palestine UK, United Kingdom

Cambridge Palestine Solidarity Campaign, United Kingdom

Camden Palestine Solidarity Campaign, United Kingdom

Camden Palestine Solidarity Campaign, United Kingdom

Inminds, United Kingdom

Jews for Boycotting Israeli Goods, United Kingdom

Merton PSC, United Kingdom

Northern Women for Palestine, United Kingdom

Palestine Solidarity Campaign, United Kingdom

Stop G4S, United Kingdom

York Palestine Solidarity Campaign, United Kingdom

Association of Palestinian Communities in Scotland, Scotland, United Kingdom

Scottish Palestine Solidarity Campaign, Scotland, United Kingdom

Adalah-NY; the New York Campaign for the Boycott of Israel, United States

CODEPINK Women for Peace, United States

 

Notes :

[1] http://reliefweb.int/report/occupied-palestinian-territory/agriculture-post-war-gaza-strip-18-09-2015

[2] http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/palestine-under-fire-report-en.pdf

[3] http://www.gisha.org/UserFiles/File/publications/redlines/redlines-position-paper-eng.pdf

[4] http://972mag.com/resource-how-agriculture-is-used-to-take-over-west-bank-land/84993/

[5] http://www.unrwa.org/newsroom/press-releases/food-insecurity-palestine-remains-high

[6] http://www.badil.org/phocadownloadpap/Badil_docs/publications/Q&A-en.pdf

[7] https://electronicintifada.net/content/behind-brand-israel-israels-recent-propaganda-efforts/8694

[8] http://www.whoprofits.org/sites/default/files/WhoProfits-IsraeliWines.pdf

[9] http://www.bdsmovement.net/call

[10] http://www.bdsmovement.net/activecamps/cultural-boycott

http://www.bdsmovement.net/successes/

 

https://docs.google.com/document/d/1g1sejFPlFyP-ruLXq-DJerKYX3FsTfbvtuDcXbqyT2M/edit?usp=sharing

Traduction : JPP pour BDS France




« On ne danse pas avec l’apartheid! » Lettre ouverte: spectacle Roy Assaf/biennale de la danse / sept 2016

A l’attention de :

Madame Dominique Hervieu , Direction de la biennale de la danse Monsieur Pierre Dussurgey, Maire de Vaulx en Velin Monsieur Roland CRIMIER, Maire de St Genis Laval Monsieur Jean-Claude TALBOT, Maire de Corbas

Le 12/09/2016

Objet : lettre ouverte : spectacle Roy Assaf / biennale de la danse / sept 2016

Madame, Monsieur

Dans le cadre de la Biennale de la danse, le danseur Roy ASSAF présente, dans trois communes (Vaulx-en-Velin, St Genis-Laval, Corbas) un spectacle « Six jours après » et « La colline », faisant référence à la guerre des 6 jours, et dont une partie de la musique, est composée d’un chant militaire israélien. Ce spectacle est soutenu par le ministère de la culture israélien.

Ainsi pendant que des artistes palestiniens sont emprisonnés comme Abu Sakha clown palestinien, ou la poétesse Dareen Tatour, pendant que la colonisation et les crimes continuent, nous ne pouvons accepter que le gouvernement israélien se serve de l’art pour promouvoir l’image d’Israël. Pas plus que nous ne pouvons accepter que la biennale de la danse ne se prête à cette propagande.

La culture comme arme de guerre

Roy Assaf est un « ambassadeur » d’Israël soutenu par le Ministère de la culture. il participe ainsi de facto, à l’initiative « Marque Israël » du gouvernement israélien. L’objectif de cette initiative, lancée en 2006, est de redorer l’image internationale d’Israël par des performances d’artistes. Cette campagne est une réponse du gouvernement d’Israël au nombre croissant de manifestations dans le Monde, qui s’opposent aux violations des droits humains et du droit international de la part d’Israël,

Des artistes israéliens, dont les performances à l’étranger sont financées par l’État, signent un contrat dans lequel ils sont définis comme fournisseurs de services. Ils promettent au ministère qu’ils vont promouvoir « les intérêts politiques de l’État d’Israël par la culture et l’art » ce qui comprend « une image positive d’Israël ». Arye Mekel, du Ministère des affaires étrangères, a annoncé dès 2009, « nous enverrons à l’étranger des romanciers et des écrivains très connus, des compagnies de théâtre, des expositions (…) De cette façon, vous montrez le visage plus joli d’Israël … ».

Cette campagne de marketing consiste à jeter de la poudre culturelle aux yeux du grand public, pour se donner une image positive, cultivée, moderne, « normale »… Mais si Israël veut être traité comme un Etat « normal », il doit se comporter comme tel, en cessant les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, en se conformant au droit international et en ayant la volonté d’une solution de paix. Tant que cela ne sera pas le cas, les citoyens du Monde s’inscriront dans le mouvement de boycott, à l’instar des campagnes qui ont permis une issue pacifique et la fin de l’Apartheid en Afrique du sud.

La réponse citoyenne : Boycott, Désinvestissement, Sanctions La société civile palestinienne a lancé dès 2005 un appel au Boycott, aux Désinvestissements et aux Sanctions contre Israël jusqu’à la fin de l’occupation des territoires palestiniens tant que ce pays ne respecte pas le droit international. « Nous constatons que loin de chercher une solution juste et pacifique avec les Palestiniens, Israël, à travers ses gouvernements successifs, s’engage toujours plus avant dans la violence de l’occupation, de la colonisation, la violation des droits humains et du droit international ».

Le boycott culturel Le boycott culturel s’attaque ainsi à la stratégie israélienne de tentative d’améliorer son image. Le boycott culturel ne vise jamais des individus. Le boycott culturel ne s’applique aux événements culturels en dehors d’Israël, que s’ils sont financés ou soutenus par une agence gouvernementale israélienne (ministère, ambassade, consulat). C’est le cas de « Roy Assaf » dans ce spectacle. C’est pourquoi nous demandons l’annulation de la venue des ambassadeurs d’un État qui ne respecte en rien les droits humains et le droit international.

Recevez, Madame, Monsieur, nos très sincères salutations.

Le conseil d’administration Collectif 69 de soutien au Peuple Palestinien

Source: Collectif 69 de soutien au Peuple Palestinien

 




Lettre ouverte aux Présidents de l’ASSE Roland Romeyer et Bernard Caïazo, à l’entraîneur Christophe Galtier, aux membres du staff, aux joueurs, et aux responsables des clubs de supporters de l’Équipe masculine professionnelle de l’Association Sportive Saint-Étienne.

Le tirage au sort a désigné votre adversaire pour le premier tour de l’UEFA Europa League : l’équipe israélienne Beitar Jérusalem. Vous avez rencontré ce club israélien le mercredi 17 août 2016 à l’extérieur, en Israël. A l’heure où vous vous préparez à le recevoir pour le match retour, nous tenons à vous transmettre notre consternation, du fait de ces déplacements qui contredisent les valeurs sportives et antiracistes que vous et le sport êtes supposés défendre.

Connaissez-vous le club Beitar Jérusalem et ses supporters que vous allez recevoir ?

Le club Beitar est un club ultra-raciste qui a été fondé par David Horn, le chef du mouvement de jeunesse du parti du même nom, parti ultra sioniste et d’extrême droite. Et l’équipe était composée de jeunes de ce parti. En Israël, sport et politique sont donc intimement liés.

Les supporters de ce club, qui se font appeler La Familia, sont ultrasionistes, racistes et extrêmement violents. Leur slogan favori est « Mort aux arabes » et leur drapeau porte l’inscription « Beitar pur pour toujours ». Fin juillet, 19 de ces supporters ont été inculpés pour « tentative de meurtre, de sabotage aggravé, de délits racistes, de possession illégale d’armes et de violation de la législation contre les violences dans le sport » selon la police israélienne. Six d’entre eux sont en prison pour participation au meurtre du jeune palestinien brûlé vif en 2014.

Le Beitar n’a jamais recruté de joueurs arabes de nationalité israélienne alors qu’ils représentent plus de 17% de la population d’Israël. En 2013, le sélectionneur a tenté de recruter deux joueurs d’origine tchétchène. Leur entrée sur le terrain a été accueillie par des réactions de haine de la part des supporters et des joueurs du Beitar sous prétexte que ces joueurs étaient musulmans. Les violences ont duré plusieurs semaines, les locaux du club ont même été incendiés et les trophées détruits.

De plus, Jérusalem est une ville dont la situation est à rappeler. En 1948, 800.000 Palestiniens ont été chassés de chez eux.  La ville, sous occupation israélienne depuis 1967 malgré de nombreuses résolutions de l’ONU, a été illégalement annexée par Israël.  La communauté internationale ne la reconnaît pas comme capitale d’Israël pour cette raison.  La France y a un consulat  pour les territoires palestiniens occupés.  Ses habitants palestiniens y sont régulièrement chassés de chez eux, leurs maisons détruites ou confisquées.  Des quartiers entiers sont ainsi « nettoyés ».

Ce n’est pas seulement un triste épisode de l’Histoire. En effet, depuis maintenant 68 ans, Israël  n’a jamais cessé ce processus d’expropriation et d’épuration ethnique de Jérusalem-Est. Cette politique spécifique fait partie de l’ensemble des agressions contre la population palestinienne, de crimes de guerre répétés, d’occupation et de colonisation des terres palestiniennes, de milliers de palestiniens emprisonnés sans jugement par le biais de la « détention administrative » reconductible tous les 6 mois pendant des années, tout cela en violation totale des droits de l’Homme et du droit international.

Cet État tente par tous les moyens d’imposer au reste du monde l’image d’un pays  » normal  » où l’on pourrait jouer de grandes compétitions sportives et oublier qu’à quelques kilomètres, l’armée impose un blocus illégal aux 2 millions d’habitants de la bande de Gaza depuis plus de 9 ans… La politique discriminatoire du gouvernement israélien à l’égard du peuple palestinien est considérée comme un apartheid, crime défini et caractérisé par le droit international après la fin du régime d’apartheid sud-africain des années 1948 -1994.

Les nombreuses restrictions de mouvement imposées à la population palestinienne des territoires occupés (blocus de Gaza, mur de l’apartheid et check points en Cisjordanie) par Israël pénalisent fortement les sportifs palestiniens. Elles se traduisent souvent par l’impossibilité pour toute une équipe de se regrouper, de se déplacer, de jouer à domicile en particulier à Jérusalem-Est ou à l’extérieur. Les sportifs sont également arrêtés et emprisonnés sans inculpation officielle, ni présentation devant un quelconque organe judiciaire, ni raison fournie aux proches.

Pour information, en juillet 2016, 7000 prisonniers politiques palestiniens sont dans les geôles israéliennes dont 350 enfants. Depuis 1967, plus de 800.000 palestiniens sont passés par les prisons israéliennes, et parmi eux des footballeurs: Sameh Maraabeh, Zakaria Daoud Issa, Imad Abbasi, Ziad Hassan, Omar Abu Rouis et Mohammed Ibrahim Nimr ces dernières années. Leurs carrières sont désormais brisées, comme l’a été celle du footballeur Mahmoud Sarsak détenu pendant trois ans, et libéré en 2012 suite à une grève de la faim héroïque de plus de 90 jours, au péril de sa vie.
Israël brise les carrières des sportifs palestiniens prometteurs par l’emprisonnement mais aussi par le meurtre et les blessures: par exemple, lors de l’agression meurtrière de Gaza appelée « Opération Plomb Durci » en 2008-9, trois footballeurs palestiniens ont été tués délibérément, en témoignent les blessures par balles.

Parmi ceux qui ont été tués lors de la dernière attaque de l’été 2014 par Israël, figurent Ahmad Muhammad al-Qatar et Uday Caber, deux joueurs de football de 19 ans à l’aurore de leur carrière.

En parallèle Israël détruit les infrastructures palestiniennes ou empêche leur développement (blocus à Gaza, blocage des équipements envoyés par la FIFA, droits de douane élevés…).

La FIFA s’est saisie de la question en créant en 2013 un groupe de travail mais les tentatives de médiation ont échoué. Suite à la menace de la demande palestinienne de suspendre Israël, retirée à la dernière minute lors du dernier Congrès de la FIFA de 2015, un comité de surveillance est mis en place. Mais aucune mesure concrète n’a été prise pour améliorer la situation(au moins trois footballeurs ont été emprisonnés depuis début 2016).

Ainsi Monsieur le Président, messieurs les dirigeants, membres du staff, joueurs, contribuez-vous à laBeitar-250 normalisation de cet apartheid en accueillant Israël à travers le club du Beitar Jérusalem pour le match retour le 25 août prochain au Stade Geoffroy Guichard. En le permettant, vous participez à donner une image « fair-play » trompeuse à un État oppresseur et injuste.

Peut-être ignorez-vous que les organisations de la société civile palestinienne ont lancé un appel, aux sportifs entre autres, à toutes les consciences morales en fait, pour qu’ils ne se rendent pas « jouer » en Israël tant que cet état continue d’ignorer les résolutions des Nations Unies, de violer les normes du droit international et de priver les Palestiniens de leurs droits humains les plus élémentaires.

Alors nous citoyens de notre ville, et amoureux du vrai sport nous vous demandons: restez fidèles aux principes éthiques et aux vraies valeurs du sport, ne vous laissez pas manipuler, refusez d’être complices d’une propagande visant sous couvert du sport à masquer les réalités de l’État colonial et d’apartheid qu’est l’État d’Israël.

Ne jouez pas avec l’apartheid !

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

Cordialement,

Comité BDS France 42
Campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) France
CICP 21 ter rue Voltaire
75011 Paris

campagnebdsfrance@yahoo.fr
http://www.bdsfrance.org

 




Lettres ouvertes à Baaba Maal de citoyens israéliens et d’Artistes pour la Palestine UK

Des citoyens israéliens à Baaba Maal : s’il vous plaît, ne légitimez pas l’occupation israélienne et l’apartheid à Jérusalem ni ailleurs

Juillet 2016

Cher Baaba Maal

« JE SUIS SOLIDAIRE CAR JE CROIS QUE NOUS MERITONS TOUS DE VIVRE EN SECURITE » (Baaba Maal)

Nous sommes des citoyens d’Israël qui nous opposons activement à la politique d’occupation belliqueuse, de colonialisme, de nettoyage ethnique et d’apartheid de nos gouvernements successifs contre le peuple natif de cette terre, le peuple palestinien. Nous sommes des supporters actifs du mouvement mondial à direction palestinienne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS) d’Israël.

La musique est une expérience unique qui peut nous élever et inspirer ce que l’humanité a de meilleur. En qualité d’artiste africain parmi les plus respectés et d’ambassadeur mondial pour Oxfam, vous avez joué et écrit des chants depuis des années en inspirant bien des gens dans le monde avec vos paroles politiques et sociales, du Sénégal en Syrie, de la Mauritanie à la Palestine…

Vous avez parlé et demandé que le monde soit attentif à la cause des femmes, vous avez élevé les consciences sur le VIH et vous avez demandé au leaders mondiaux d’être du côté des 60 millions et plus de gens qui ont été forcés de fuir leurs foyers en raison de conflits, de violences et de persécutions.

Ces femmes et hommes, vivant sous des régimes oppresseurs, déplacés et rendus réfugiés, ont porté votre musique dans leur cœur avec le sentiment que même dans les camps de réfugiés les plus éloignés, ils ne sont pas seuls, ils ont une voix.

Par conséquent nous voici, un groupe d’Israéliens, élevant la voix pour répondre à votre appel. Nous vous demandons de ne pas jouer au festival « Jerusalem Sacred Music » qui se tiendra en septembre 2016 dans la vieille ville de Jérusalem Est occupé.

Dans les conditions actuelles, jouer dans un festival israélien est tout sauf sacré. Le soi-disant festival de musique sacrée dure maintenant depuis quelques années au cœur de la vieille ville de Jérusalem qui a été occupé depuis 1967. Depuis plus de 20 ans maintenant, presque 4 millions de Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza ont l’interdiction d’entrer dans Jérusalem et de venir sur le lieu de votre performance.

Depuis plus de 68 ans, 5 millions de réfugiés palestiniens ont été dispersés autour du monde, vivant dans des camps de réfugiés, et ils sont interdits de rentrer dans les foyers en Palestine qu’ils ont été forcés de quitter en 1948.

Et à tout moment, de plus en plus de Palestiniens sont chassés de leurs foyers et de leurs terres à cause de la violence imposée sur eux par les colons israéliens et les responsables militaires et civils, y compris avec la destruction de foyers palestiniens par la municipalité de Jérusalem qui sponsorise le festival de « musique sacrée » !

Allez-vous entendre la voix des millions de gens qu’Israël entreprend sans cesse de chasser de leurs terres ?

Israël maintient des millions de Palestiniens sous contrôle militaire, restreignant leur accès à l’eau, à l’éducation, à la liberté de mouvement et à la terre.

Il a démoli plus de 40 000 foyers ces 48 dernières années, dont 2000 à Jérusalem. Plus de 300.000 Palestiniens qui résident à Jérusalem n’ont pas le droit de voter pour le Parlement israélien ni la possibilité de construire un foyer pour leurs enfants. Plus de la moitié d’entre eux vivent encore sans connexion correcte à l’eau et à l’assainissement. 75 % des Palestiniens de Jérusalem sont sous le seuil de pauvreté.

Dans ce contexte, et vue la demande unanime d’un nombre écrasant d’organisations palestiniennes, de plus en plus d’artistes refusent de jouer en Israël. Jouer en Israël actuellement saperait tout l’effet positif que la musique peut avoir. Tout message positif ou toute musique inspiratrice serait éclipsée par l’association avec l’État israélien, et servirait sa propagande du « business as usual ».

De nombreux artistes l’ont réalisé et ont décidé d’annuler leurs performances en Israël. Bien plus nombreux sont ceux qui refusent d’emblée les spectacles en Israël.

En tant que personne et artiste qui avez vu la douleur dans les camps de réfugiés et les zones de conflit que vous avez visitées, et après toutes les souffrances dont vous avez été témoin en personne, nous vous demandons de vous souvenir et de respecter les réfugiés palestiniens de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-Est et tous les autres réfugiés palestiniens dans le monde ; et d’annuler votre show à Jérusalem, juste comme Salif Keita et Aziza Brahim ont annulé leurs performances dans le festival de musique sacrée précédemment.

Nous vous pressons de faire comme beaucoup de vos autres collègues et de refuser de jouer en Israël jusqu’à ce que cessent l’occupation, l’apartheid et le nettoyage ethnique !

Sincèrement,

Boycott ! Soutien de l’intérieur à l’appel palestinien BDS

http://boycottisrael.info/


Lettre d’Artists For Palestine UK (  https://www.facebook.com/ArtistsforPalestineUK/ )

Londres, le 25 juillet 2016

Cher Baaba Maal:

Les gens qui aiment et respectent votre travail trouvent difficile à comprendre que vous ayez accepté de jouer dans la Vieille Ville de Jérusalem – qui est sous occupation militaire israélienne – en septembre prochain.

Votre chant «Baayo» fait partie de la bande-son de nos vies, mais pour les Palestiniens qui ont été chassés de la Ville Sainte (selon un processus qui a commencé en 1948), vos mots ont une résonnance particulière: «si Dieu pouvait me transformer en pigeon», chantez-vous, «je pourrais voler vers ma patrie»…

Il faut que vous sachiez que les millions de Palestiniens qui vivent en tant que réfugiés au Liban, en Jordanie, en Syrie et ailleurs ne peuvent pas voler vers leur patrie. Israël leur refuse leurs droits en tant qu’habitants indigènes de ce pays et ne les laisse pas y entrer, même pour une petite visite. Pour ces gens, Jérusalem – où vous chanterez – n’existe que dans les prières et les aspirations: la ville leur est fermée. Et elle est pratiquement fermée aux près de cinq millions de Palestiniens qui vivent sous occupation et assiégés en Cisjordanie et à Gaza ; Israël ne les laisse pas non plus entrer en général.

Donc, qui aurez-vous en face de vous lorsque vous monterez sur scène au Musée de la Tour de David le 20 septembre? Sans doute y aura-t-il, dans le public israélien, des gens honnêtes qui détestent l’occupation, qui ont essayé d’arrêter les bombardements de leur gouvernement sur Gaza assiégée, etc. Ils se consoleront avec votre musique qui parle aux âmes et aux cœurs.

Mais là n’est pas le problème.

En acceptant d’apparaître dans une ville qui est illégalement occupée, dont la population indigène est toujours sous une pression qui la pousse à partir, vous donnez une consolation à l’État responsable de la dispersion et de l’occupation et à ses soutiens internationaux.

Le Festival de musique sacrée auquel vous participez peut sembler un projet délicieusement alternatif, or il fait partie de la Saison Culturelle de Jérusalem (JSOC), une initiative de la municipalité de Jérusalem et d’autres organisations prise pour promouvoir une «marque» apparemment différente et branchée de Jérusalem sous contrôle israélien. La Fondation de la Famille Schusterman, par exemple, qui cofinance JSOC, dit qu’un des buts est de «renforcer l’État d’Israël et de réparer le monde» — mais nulle part sur la liste des partenaires ne se trouve une seule organisation travaillant ou faisant campagne pour ou simplement reconnaissant que l’État a créé les réfugiés palestiniens. Réparer le monde palestinien n’entre pas dans sa conception.

Depuis 2004, une coalition d’organisations de la société civile palestinienne, PACBI, a appelé les artistes au niveau international à «endosser la responsabilité morale de combattre l’injustice» en refusant de participer à des événements officiels tel celui auquel vous êtes programmé. Brian Eno est un des musiciens qui ont répondu à l’appel palestinien; il nous a suggéré de vous inviter à suivre son exemple.

Votre présence sur l’affiche de septembre est largement utilisée pour la promotion du festival. Nous pensons que vous prêtez votre crédibilité de musicien et de militant des droits humains à une opération complexe de relations publiques destinée à faire passer une ville occupée pour un havre de multiculturalisme. C’est vraiment ce que vous voulez faire?

Doug Holton, créateur de théatre

Jenny Morgan, réalisatrice

Miranda Pennell, réalisatrice

Kareem Samara, musicien

Farhana Sheikh, écrivaine