Lettre à Jacky Terrasson / Letter to Jacky Terrasson

Malgré ses tentatives pour rester apolitique ou neutre, la politique a rattrapé Jacky Terrasson, sa page facebook se remplit de messages sionistes, son silence et son inaction ne sont plus acceptables.

Le grand Stanley Jordan s’est ajouté au Portico Quartet dans les artistes qui ont annulé leur participation au festival de jazz d’Eilat.

Jacky Terrasson les rejoindra-t-il ou se tiendra-t-il aux côtés des artistes qui, comme au temps de l’apartheid en Afrique du Sud, préféraient ignorer les appels au boycott et chanter pour les blancs en prétendant ne pas faire de politique?

Voici la lettre que la Campagne BDS France avait envoyé à Jacky Terrasson en début d’année / Here is the letter that the French BDS Campaign sent to Jacky Terrasson at the beginning of the year

Suite à cette lettre, un débat s’est engagé que vous pouvez trouver ici / Following this letter, a debate has started and you can find it here
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Paris, le 2 janvier 2013

Cher Jacky Terrasson, 

Tout d’abord, nous vous souhaitons une bonne année 2013. Pour commencer l’année, vous êtes invités à jouer au festival de jazz d’Eilat en Israël le mois prochain. Eilat est une station balnéaire, éloignée de la politique et des événements tragiques qui parcourent cette région. Mais suffit-il de s’éloigner du champ de bataille pour ne plus entendre ce qui se passe à quelques dizaines de kilomètres de là ?

Savez-vous pourtant qu’une partie de la population, exclue, ne pourra pas venir écouter les sonorités de votre piano. En effet, le peuple palestinien reste relégué, en dépit des conventions de l’ONU, derrière un mur de séparation illégal, occupé et colonisé en Cisjordanie, assiégé sous blocus à Gaza, sous un régime de discriminations légales en Israël, et réfugié dans le reste du monde. 

Cher Jacky Terrasson, sur votre page facebook vous vous prononcez contre la circulation d’armes à feu aux Etats-Unis. Pourriez-vous, aujourd’hui, vous rendre dans un pays aussi violent que l’est Israël pour sa propre population autochtone, et jouer pour le gouvernement qui met en place et encourage cette violence?

Il faut que vous sachiez que le festival de jazz d’Eilat n’est pas uniquement un événement musical et culturel. Organisé avec l’aide des ministères de la culture et du tourisme israélien, il est directement associé au gouvernement et à sa propagande, pour tenter de faire passer Israël pour un État comme les autres. Israël se sert en effet de la culture et des événements culturels, sur place comme à l’étranger, comme autant de porte paroles de la «démocratie» israélienne. Il est essentiel pour lui de montrer sa «normalité» à ses citoyens comme à l’étranger. 

Pourtant Israël n’est pas un État normal ou démocratique pour tous ses citoyens: il viole quotidiennement le droit International par l’occupation et la colonisation de territoires, il maintient un blocus illégal sur Gaza, privant ainsi toute une population de vivres et de matériel médical, il continue chaque jour à expulser, emprisonner, à détruire des maisons de familles palestiniennes. Depuis la récente reconnaissance de la Palestine comme État observateur à l’ONU, le gouvernement israélien a riposté en engageant la construction de plus de 2600 logements illégaux supplémentaires dans les colonies de Jérusalem-Est. En Cisjordanie, plus de 600 check-points privent les Palestiniens de leur liberté de circulation, rendant leur accès à l’eau, à l’éducation, à la santé ou au travail dépendant de l’arbitraire militaire.

La communauté internationale ferme les yeux, et le gouvernement israélien agit en toute impunité. Face à ces injustices, les composantes de la société civile palestinienne, soutenues par la frange la plus progressiste des citoyens israéliens, ont décidé en 2005 de mettre en place la campagne BDS. Il s’agit d’un appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions tant qu’Israël ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée de la non-violence de Gandhi et du combat des Sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale. Nous, citoyens français de diverses associations, avons formé la Campagne BDS France pour relayer cette lutte à tous les niveaux de la société française. 

De nombreuses personnalités artistiques ont déjà choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Récemment les groupes Portico Quartet et Tuba Skinny, les pianistes Jason Moran et Eddie Palmieri, eux aussi invités au festival de jazz d’Eilat, ont annulé leur participation.

Parmi les autres artistes qui ont annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes, on compte également votre amie Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, Les Pixies ou Massive Attack.

Cher Jacky Terrasson, nous vous demandons de rejoindre tous ces artistes qui refusent aujourd’hui d’être utilisés dans le blanchiment du régime israélien, et choisissent de boycotter ce régime tant qu’il ne respectera pas le droit international. Nous vous demandons de bien débuter l’année et d’annuler votre participation au festival de jazz d’Eilat et de dire ainsi votre refus d’être manipulé, au service d’une injustice que vous ne cautionnez pas.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

La Campagne BDS France

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Dear Jacky Terrasson,

First, let us wish you a happy new year 2013. You have been invited to play at the jazz festival in Eilat, Israel next month. Eilat is a seaside resort, distant from the politics and tragic events in the region. But does being far from the battlefield mean not hearing what’s happening a few dozen miles away?

Do you know that a whole swathe of the population is excluded and won’t be able to come and listen to the sounds of your piano? Despite UN Conventions, the Palestinian people remain under occupation and colonisation, confined behind an illegal separation Wall in the West Bank, hemmed in by the siege of Gaza, or living under a regime of State discrimination in Israel. The rest are refugees all around the world.

Dear Jacky Terrasson, on your Facebook page you denounce the prevalence of fire-arms in the United States. Could you today go to a country as violent as Israel is towards the native population, and play for a government that puts in place and encourages such violence?

You should know that the Eilat jazz festival is not merely a musical and cultural event. Organised with the aid of the Israeli Ministries of Culture and Tourism, it is directly associated with the government and its propaganda, attempting to pass Israel off as a State like any other. Israel uses such cultural events, at home and abroad, as a showcase for Israeli “democracy”. It wants at all cost to display its “normality”, to its own citizens and to foreigners abroad.

But Israel is not a normal State, nor is it democratic for all its citizens. It violates international law daily by its occupation and colonisation of land, it maintains an illegal blockade of Gaza, depriving a whole population of basic supplies and medical equipment, it continues day after day to expel, to imprison, and to demolish the homes of Palestinian families. Since the recent recognition of Palestine as an observer State at the United Nations, the Israeli government has retaliated by announcing the illegal construction of over 2,600 additional homes in the colonies of East Jerusalem. In the West Bank, over 600 checkpoints deprive the Palestinians of their freedom of movement, making access to water, to schooling, to health care, to employment, dependent on the arbitrary will of the military.

The international community closes its eyes and the Israeli government acts with total impunity. In the face of such injustice, Palestinian civil society, supported by the most progressive fringe of Israeli citizens, decided in 2005 to launch the BDS campaign: a call for boycott, divestment and sanctions as long as Israel goes on flouting international law. We, French citizens belonging to a variety of associations, formed the BDS French Campaign in order to pursue the struggle at all levels of French society.

Numerous international artists have already chosen not to play in Israel until its changes its politics. Just recently the groups Portico Quartet and Tuba Skinny, as well as the pianists Jason Moran and Eddie Palmieri, who were all invited to the Eilat jazz festival, have cancelled their performances there.

Other artists who have also cancelled their appearance in different Israeli cities include your friend Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, The Pixies and Massive Attack.

Dear Jacky Terrasson, we are asking you to join all these artists who refuse to be used to whitewash the Israeli regime and who choose to boycott that regime until it respects international law. To start the year well, we are asking you to cancel your participation in the Eilat jazz festival, showing that you refuse to be manipulated in the service of injustice that you do not support.

The French BDS Campaign




La lettre de Rania Elias, Palestinienne de Jérusalem à Eric Truffaz

La lettre publiée sur le « mur » facebook de l’artiste.

 

Mon cher Erik… Bonne année…

J’espère que vous vous souvenez encore de moi. Je suis Rania Elias, Directrice du Festival de Jérusalem de Yabous, en Jérusalem occupée… Nous vous avons invité deux fois à notre Festival de Jérusalem avec vos merveilleux musiciens et le chanteur Munir Trudi… Vos mots et musiques continuent à résonner sur le magnifique site archéologique où la représentation avait eu lieu… Je continue à jouer votre morceau de musique que vous avez appelé « Yabous », dédicacé à Christina et moi ainsi qu’à Yabous.

J’ai été vraiment surprise d’apprendre que vous allez jouer à Eilat au Festival de la Mer Rouge… Nous sommes particulièrement troublés que vous ayez choisi de jouer là-bas, étant donné le récent assaut israélien contre Gaza, où plus de 150 civils palestiniens ont été tués, dont 34 enfants. Les organisations palestiniennes de droits de l’Homme ont accusé Israël de crimes de guerre, dont le ciblage délibéré de civils et d’infrastructures civiles.

Vous serez sans doute choqué d’apprendre que l’establishment israélien a essayé d’assiéger Gaza et d’infliger à sa population une diète calorique, et une politique visant à permettre « la subsistance sans développement de malnutrition », en limitant la quantité de nourriture qui serait permise dans la bande de terre occupée, étranglant et affamant un peuple entier par une politique de punition collective.

Aujourd’hui, pour ces raisons et d’autres, des groupes de la société civile palestinienne font appel aux artistes de la même façon que les militants Sud Africains ont fait appel aux artistes, pour boycotter les festivals culturels et les événements en Israël. Tout ce que nous vous demandons, c’est de vous abstenir de traverser la ligne rouge désignée par la société palestinienne, soutenue par des organisations internationales, et de plus en plus soutenue par des Israéliens progressistes… La société civile palestinienne vous demande ceci comme la plus essentielle contribution à leur lutte pour atteindre la paix et la justice… S’IL VOUS PLAIT ANNULEZ VOTRE SPECTACLE EN ISRAEL.

Nous espérons que vous ne serez pas convaincu par l’argument comme quoi la musique construit des ponts et peut apporter le sourire sur les visages des gens, répandant ainsi un message de paix et d’espoir. Tout message de paix que vous espérez apporter  sera noyé dans la propagande bien huilée d’Israël qui vous utilisera pour se blanchir en tant qu’Etat normal qui promeut la musique et la culture, et présentera votre apparition comme caution de sa politique…
Parmi les artistes qui ont refusé de jouer en Israël ou annulé leurs représentations suite aux appels des Palestiniens et de leurs soutiens : U2, The Pixies, et Gorillaz Sound System. De telles annulations minent la capacité d’Israël à promouvoir une image de soi comme un pays normal plutôt qu’un pays qui pratique l’apartheid violent  à l’égard du peuple palestinien.

A Jérusalem où vous vous êtes produits à notre invitation, les Palestiniens font face à une politique quotidienne israélienne de nettoyage ethnique et de violations massives des droits de l’Homme. Des centaines de familles ont été déracinées, des centaines de maisons ont été confisquées sous le coup de la Loi sur la Propriété des Absents, loi raciste des autorités israéliennes votée en 1950. En plus de construire un réseau de tramway, récemment introduit à Jérusalem et qui relie la ville aux colonies avoisinantes en violation du droit international, prétendant être un moyen de connexion pour tous les habitants de la ville de Jérusalem. D’après le droit international, une puissance occupante n’est pas autorisée à annexer ou à changer considérablement l’infrastructure des territoires qu’il occupe. En juillet 2004, la Cour Internationale de Justice a confirmé qu’Israël est une puissance occupante et que la construction du Mur de séparation et des colonies juives est illégale. Alors que ce projet de ligne de tramway traverse Jérusalem-Est occupée, en violation flagrante du droit international et des droits des autochtones palestiniens…

Erik, il s’agit simplement de souligner quelques unes des souffrances quotidiennes dans Jérusalem occupée et la souffrance de millions de Palestiniens à cause du harcèlement et des pratiques des occupants…

J’en appelle donc à vous pour ne pas prêter main forte au blanchiment d’Israël et à la célébration de ses violations du droit international et de sa dépossession incessante du peuple palestinien. S’il vous plaît, annulez votre représentation et placez-vous du bon côté de l’Histoire… Donnez votre voix à la justice et à la liberté…

Bien à vous,

Rania Elias

(Traduction MA pour BDS)



Lettre originale en anglais

My dear Erik…. Happy New year …

Hope you still remember me…am Rania Elias Director of the Jerusalem Festival – Yabous, in Occupied Jerusalem…we invited you twice to our Jerusalem festival with your wonderful musicians and singer Munir Trudi…. Your words and music still echoes at the beautiful archeological site where the performance took place…. I still play your piece of music » track » that you called « Yabous » dedicated to Christina and I and to Yabous too.

I was really surprised to know that you will be performing in Eilat at the Red Sea Festival ….We would find it especially disturbing should you choose to play there, given Israel’s recent onslaught on Gaza, where more than 150 Palestinian civilians were killed, including 34 children. Palestinian human rights organizations have accused Israel of war crimes including the deliberate targeting of civilians and civilian infrastructure.

This attack is just the latest stage of Israel’s collective punishment of Palestinians living in Gaza. You may be shocked to learn that the Israeli establishment has attempted to besiege Gaza and rule its people through an enforced caloric diet, and a policy that sought to allow “for subsistence without the development of malnutrition,” essentially limiting the amount of food that would be permitted into the occupied strip of land, and strangling and starving an entire people in a policy of collective punishment.

Today, for these reasons and more, Palestinian civil society groups are calling on artists in the same way that South African activists called on artists to boycott cultural festivals and events in Israel. All we are asking for you to refrain from crossing a picket line called by Palestinian society, endorsed by international organizations, and increasingly supported by progressive-Israelis…. Palestinian civil society is asking this of you as a most essential contribution to their struggle to achieve peace and justice …PLEASE CANCEL YOUR SHOW IN ISRAEL.

We hope that you will not be persuaded by the argument that music builds bridges and can bring smiles to people’s faces, thus hopefully spreading a message of peace. Any message of peace you hope to bring will be drowned by Israel’s well-oiled publicity that will use you to rebrand itself as a normal state that promotes music and culture and present your appearance as an endorsement of its policies…

Artists who have refused to play in Israel or cancelled performances following appeals from Palestinians and their allies include U2, the Pixies, and Gorillaz Sound System. Such cancellations undermine Israel’s ability to project an image of itself as a normal country rather that one that practices violent apartheid over the Palestinian people.

In Jerusalem where you performed as our guest ; Palestinians are facing a daily Israel’s policies of ethnic cleansing and massive human rights violations. hundreds of families were uprooted, hundreds of houses were confiscated under the Israeli authorities racist Absentees’ Property Law of 1950. Besides building the light railway system, recently introduced in Jerusalem and which links the city to neighbouring colonies in violation of international law, as a medium of connection and respect for all inhabitants of the city of Jerusalem. According to international law, an occupying power is not allowed to annex or drastically change the infrastructure in the territories it occupies. In July 2004, the International Court of Justice confirmed that Israel is an occupying power and that building the Separation Wall and the Jewish settlements is illegal. As this light railway line project runs through occupied East Jerusalem, it is in blatant violation of international law and the rights of the indigenous Palestinians….

Erik this is just to highlight few of our daily suffering in occupied Jerusalem and the suffering of millions of Palestinians from harassment and practices of occupiers…

I therefore call upon you not to lend a hand to rebranding Israel and celebrating its violations of international law and ongoing dispossession of the Palestinian people.
Please cancel your performance and stand on the right side of history …give your voice to justice and freedom …

yours,
Rania Elias




Lettre ouverte à Erik Truffaz

Nous publions la lettre que nous avons envoyé à Erik Truffaz au sujet de sa participation prévue au festival de jazz d’Eilat (English translation below):
A rejoindre aussi cette page qui vient d’être créée pour l’occasion sur facebook pour demander à Eric Truffaz de renoncer à s’y produire
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Cher Erik Truffaz,

Vous êtes invité à jouer au festival de jazz d’Eilat en Israël du 17 au 19 janvier prochain.

Vous qui êtes un grand trompettiste, qui aimez le métissage des genres musicaux, le mélange des sonorités, savez-vous que le pays dans lequel vous vous apprêtez à aller jouer refuse le métissage de sa population et ne donne toujours pas les mêmes droits aux citoyens d’origine palestinienne résidant en Israël ?

Savez-vous qu’en vous produisant à Eilat, vous privez toute une population de pouvoir venir entendre les sonorités feutrées de votre trompette. En effet, le peuple palestinien reste relégué depuis de nombreuses années, et en dépit des conventions de l’ONU, derrière un mur de séparation illégal.

Même depuis la récente reconnaissance de la Palestine comme État observateur à l’ONU, le gouvernement israélien a riposté en engageant la construction de plus de 2600 logements illégaux supplémentaires dans les colonies de Jérusalem-Est.

Le festival de jazz d’Eilat est organisé avec l’aide du ministère de la culture et du ministère du tourisme israélien. Loin de n’être qu’un événement culturel, il est donc directement associé au gouvernement et à sa propagande, pour tenter de faire passer Israël pour un État comme les autres.

Cher Erik Truffaz, Israël n’est pas un État comme les autres, Israël viole quotidiennement le droit International. Le gouvernement israélien maintient son blocus illégal à Gaza, privant ainsi toute une population de vivres, de matériel médical, etc. Le gouvernement israélien continue chaque jour à coloniser, à expulser, à détruire les maisons des familles palestiniennes. En Cisjordanie, plus de 600 check-points entravent les déplacements des Palestiniens, de telle sorte que l’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé sont aléatoires.

Face à ces injustices, face à l’impunité du gouvernement israélien, les composantes de la société civile palestinienne, soutenues par la frange la plus progressiste des citoyens israéliens, ont décidé en 2005 de mettre en place la campagne BDS. Il s’agit d’un appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions tant qu’Israël ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée de la non-violence de Gandhi et du combat des Sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale et, depuis plus de six ans, des campagnes de boycott de l’État israélien se développent dans tous les pays. Nous, citoyens français de diverses associations, avons formé la Campagne BDS France pour relayer ce combat à tous les niveaux de la société française.

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités artistiques ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Récemment le groupe de jazz Portico Quartet, lui aussi invité au festival de jazz d’Eilat, a annoncé qu’il n’y participerait pas, à cause de la poursuite de la colonisation israélienne, et qu’il rejoignait la campagne BDS.

Parmi les autres artistes qui ont annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes, on compte les cinéastes Ken Loach, Jean-Luc Godard, Meg Ryan, Dustin Hoffman ou Mike Leigh ; les musiciens Roger Waters, Brian Eno, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Gorillaz, les Pixies, Massive Attack, Gilles Vigneault, Lhasa ou Vanessa Paradis.

Cher Erik Truffaz, le titre de votre dernier album laisse à penser que vous êtes un artiste engagé. Alors que dans Yabous, vous défendez l’égalité des droits entre juifs et musulmans, et que Let Me Go semble écrite pour les Palestiniens, vous ne pouvez pas, aujourd’hui, vous placer du côté de l’oppresseur.

Nous vous demandons donc de rejoindre les artistes qui boycottent Israël tant que cet État ne respectera pas le droit international et d’annuler votre participation au festival de jazz d’Eilat.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

La Campagne BDS France
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English translation:

Dear Erik Truffaz,

You have been invited to play at the jazz festival being held in Eilat, Israel from 17 to 19 January next.

You, as a great trumpeter who loves the fusion of musical genres and the mix of sounds, did you know that the country where you plan to perform rejects the ethnic mix within its population, and still doesn’t grant equal rights to its citizens who are of Palestinian origin?

Did you know that while you’ll be playing in Eilat, a whole swathe of the population will be unable to come and enjoy the mellow sounds of your trumpet?  Because, in spite of UN Conventions, the Palestinian people have been confined for years behind an illegal separation Wall.

Since the recent admission of Palestine as an Observer State at the United Nations, the Israeli government has retaliated by announcing the illegal construction of over 2,600 homes in the colonies of East Jerusalem.

The Eilat jazz festival is organised with the aid of the Israeli Ministry of Culture and the Ministry of Tourism.  Far from being merely a cultural event, it is thus directly associated with the government and with its propaganda, which attempts to pass Israel off as a State like others.

Dear Erik Truffaz, Israel is not a State like others, it violates international law daily. It maintains its illegal blockade of Gaza, depriving the population of basic supplies and medical equipment. Every day it continues its colonisation, expulsions, and the demolition of Palestinian families’ homes in the West Bank. Over 600 checkpoints block Palestinians’ free movement and hinder their access to water, to schooling, to health care.

In the face of such injustice, and the impunity of the Israeli government, in 2005 Palestinian civil society, supported by the most progressive fringe of Israeli citizens, launched the BDS campaign:  boycott, divestment and sanctions as long as Israel does not respect international law.  This struggle, inspired by the non-violence of Gandhi and by the South Africans’ struggle against apartheid, has taken on an international dimension and, six years on, campaigns to boycott the State of Israel have developed worldwide.  We, French citizens belonging to different associations, formed the BDS French Campaign in order to pursue this struggle at all levels of French society.  .

Numerous international artists have now chosen not to play in Israel until that State changes its politics.  The Portico Quartet, also invited to the jazz festival in Eilat, recently announced that it would not take part due to the on-going Israeli occupation, and that it was joining the BDS campaign.

Among other artists having cancelled their appearance in different Israeli cities are film directors Ken Loach, Jean-Luc Godard and Mike Leigh; film stars Dustin Hoffman and Meg Ryan; and musicians such as Roger Waters, Brian Eno, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Gorillaz, The Pixies, Massive Attack, Gilles Vigneault, Lhasa and Vanessa Paradis.

Dear Erik Truffaz, the title of your latest album leads us to believe that you are a politically aware artist.  When in ‘Yabous’ you promote equal rights for Jews and Muslims, and when the words of ‘Let Me Go’ could have been written for the Palestinians, surely you cannot, today, stand on the side of the oppressor.

We therefore ask you to join your fellow artists who are boycotting Israel as long as that State doesn’t respect international law, and to cancel your participation in the jazz festival in Eilat.

We are at your full disposal for any further information.

The French BDS Campaign




Lettre ouverte à la revue « National Geographic »

Madame, Monsieur,

Nous nous adressons à vous en tant qu’« Union Juive Française pour la Paix » (UJFP), association juive laïque fondée en 1994. Soucieux d’une paix juste entre Israéliens et Palestiniens, nous sommes attentifs au contenu des diverses publications qui présentent Israël et la Palestine.

Beaucoup parmi nos adhérents et sympathisants apprécient généralement la rigueur et la richesse de votre revue. Nous avons donc été très surpris en découvrant votre supplément au numéro d’octobre intitulé « Israël, une éternelle découverte » !

Pour tout dire, l’image que vous donnez de la région nous semble très éloignée de la réalité. Et nous connaissons bien le terrain pour y avoir effectué de nombreuses missions toutes ces dernières années. La présentation que vous faites de ce terrain nous rappelle le titre d’un ouvrage d’Ilan Halévy, « Sous Israël la Palestine », formule que vous amplifiez en évacuant tout simplement cette dernière du paysage.

Page 3, vous réduisez la Palestine au tracé de la bande de Gaza (non nommée) et la Cisjordanie, Territoire Palestinien Occupé au regard du droit international, disparaît tout simplement pour être englobée dans Israël. Dans cet élan éradicateur, les grandes villes palestiniennes telles que Naplouse, Hébron, Bethléem ou Ramallah n’existent plus. Quant au texte, il se caractérise par un déni de la réalité profonde d’une région, soumise à l’occupation et à la colonisation, et décrite sous la plume de vos journalistes comme un pays de rêve, et sans soucis.
Jérusalem semble être une ville où il fait bon vivre. Vos journalistes n’y ont-ils pas vu de nombreux militaires armés ? N’ont-ils pas découverts un Jérusalem-Est palestinien ? N’ont-ils pas aperçu un mur de 8 m de hauteur qui balafre une partie de la ville ? N’ont-ils pas rencontré les habitants expulsés des quartiers de Cheikh Jarrah ou menacés d’expulsion de Silwan ?
Jaffa semble avoir été absorbée pacifiquement et harmonieusement par Tel Aviv, Nazareth est décrite comme une fascinante ville orientale d’Israël …
La fin du dossier éclaire enfin le lecteur sur les sources : c’est l’office du tourisme d’Israël qui vous a guidé.

Ce supplément ne fait pas honneur à votre réputation de sérieux et de précision, il n’est en fin de compte qu’un publireportage au service d’une puissance occupante et coloniale. Comme elle, il veut faire oublier la lutte centenaire d’un peuple dépossédé. Comme elle, il efface l’existence du peuple palestinien vivant sur sa terre.
Auriez-vous traité dans les années 80 un reportage sur l’Afrique du Sud en oubliant de mentionner la population noire et les Bantoustans ? Un rectificatif dans votre prochain numéro honorerait votre souci de vérité ; nous pourrions vous y aider en vous suggérant rencontres et visites utiles.

Dans l’attente d’une réponse, veuillez agréer, Madame, Monsieur, nos meilleures salutations.

Pour l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP),
Jean-Guy Greilsamer et Pierre Stambul, coprésidents

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Source: http://www.ujfp.org/spip.php?article2518

 

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Un atlas de la Palestine (on pourrait envoyer le lien à National Geographic?): http://www.plands.org/Graphics/English%20Palestine%20Atlas%20Part-I/Index.html




Lettre ouverte à Alanis Morissette

Lettre ouverte à Alanis Morisette : Il faut que vous sachiez que c’est l’apartheid, ne jouez pas en Israël.

Chère Alanis Morissette,

Nous écrivons pour vous demander de ne pas franchir le piquet de grève palestinien pour jouer en Israël en décembre. Tandis que nous écrivons, le peuple de Gaza, qui habite dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde, subit chaque nuit des attaques aériennes israéliennes, à quelques kilomètres de là où vous joueriez devant un public ségrégué. La semaine dernière, des activistes humanitaires qui essayaient de briser le siège illégal et immoral de Gaza ont été enlevés dans les eaux internationales ; on leur a tiré dessus avec des Tasers et emprisonnés en Israël. Leur crime ? Ils montraient leur solidarité envers le peuple palestinien.

Le mois dernier, les Nations Unis ont publié un rapport : « Gaza in 2020, a Liveable Place? » (Gaza en 2020, un endroit viable ?) [1] se focalisant sur la situation précaire à Gaza, en particulier en ce qui concerne l’électricité, l’eau, l’éducation et l’emploi. Les 1,6 millions de Gazaouis, en majorité des réfugiés et avec plus d’une moitié d’enfants, sont enfermés dans un minuscule morceau de terre ; leur moindre déplacement est contrôlé par Israël et leurs droits humains élémentaires refusés ; ils sont terrorisés par les drones et par des incursions militaires constantes. Pouvez-vous imaginer de tels traitements sur les êtres humains ? Pouvez-vous imaginer faire un spectacle pour un Etat qui fait cela ? Amnesty International, une organisation que vous avez déjà soutenue, a consigné les crimes de guerre israéliens à Gaza, comme beaucoup d’autres ONG. [2]

Si c’était la seule violation des droits humains, ceci devrait suffire pour que vous ne jouiez pas à Tel-Aviv. Mais Israël est aussi coupable d’énormes violations des droits humains contre le peuple palestinien vivant en Cisjordanie et contre les citoyens palestiniens d’Israël. En novembre 2011, le Tribunal Russell sur la Palestine a conclu qu’Israël pratique l’apartheid contre le peuple palestinien [3]. Sa session à New York ce mois-ci a vu les dépositions d’Alice Walker, d’Angela Davis, de Roger Waters, parmi d’autres et a constaté ce qui suit :

« Parmi ces violations du droit international, plusieurs sont sanctionnées pénalement : crimes de guerre (colonies israéliennes, traitements inhumains, tortures, attaques systématiques, destruction de maisons, déplacements forcés de population, punitions collectives, Projet de Code de l’ICL de 1996 sur les crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, Art. 20 ; 4ième GC, Art. 147, loi de Rome Art. 8, crimes contre l’humanité (persécutions définies par le Tribunal criminel international (ICC en anglais), loi citée ici comme l’expression des coutumes internationales, Art. 7), et le crime de l’apartheid (Convention de l’ONU de 1973, Art. 1 ; à propos de l’apartheid et de la persécution, voir les conclusions de ce Tribunal à Capetown, 2011). à cause de leur caractère systématique, nombreux, flagrant, et parfois criminel, ces violations sont d’une gravité particulièrement grande. » [4]

L’Archevêque Desmond Tutu a décrit la situation ainsi : « J’ai été dans le Territoire occupé palestinien, et j’ai été témoin des routes et des logements attribués de façon discriminatoire, ce qui me rappelle tellement les conditions vécues en Afrique du Sud sous le système raciste de l’Apartheid. Des boycotts, des désinvestissements et des sanctions internationales contre le régime d’Apartheid, combinés à la lutte des masses au sein de l’Afrique du Sud, ont conduit à notre victoire. Exactement comme nous disions pendant l’apartheid qu’il était inopportun pour les artistes internationaux de se produire en Afrique du Sud dans une société fondée sur les lois discriminatoires et l’exclusivité raciale, il serait mal et injuste (…) de se produire en Israël ». [5]

Comme moyen pour résister à cet apartheid, la société civile palestinienne, comme son équivalent Sud-Africain pendant leur lutte, a appelé au boycott d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme avec au droit international et aux Principes universels des droits humains. La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI en anglais) appelle [6] au BDS, appelé par plus de 200 organisations de la société civile; les soutiens internationaux s’amplifient tous les jours parmi les artistes qui respectent cet appel, sont notamment inclus : Santana, Cat Power, Elvis Costello, Cassandra Wilson, Massive Attack, Jello Biafra, Faithless, Leftfield, Gorillaz, Pixies, feu Gil Scott Heron et bien d’autres qui refusent de se produire pour l’apartheid. S’il y a le moindre doute de ce que l’Etat profite des spectacles des artistes comme approbations de sa politique, l’extrait de la citation du Ministre des Affaires étrangères israélien déclarant qu’il « ne voit pas de différence entre propagande et culture », devrait chasser ce doute. En effet, le « twitter » officiel de l’Etat s’est vanté de votre prestation imminente dès qu’elle a été annoncée. [7]

Cette semaine même, la Conférence internationale de solidarité du Congrès national africain (ANC) a voté le soutien de la campagne menée par la Palestine pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël, cimentant les liens entre les deux luttes contre l’apartheid.

Quand un artiste se produisant la semaine dernière a demandé à son interlocuteur israélien si les Palestiniens pouvaient venir à son spectacle, la réponse a été : « Il faut qu’on se renseigne ». Alanis, faire un spectacle devant un public ségrégué n’est pas digne de vous, et ce serait une déception terrible pour beaucoup de vos fans.

Tous les jours, le peuple palestinien subit l’oppression israélienne avec dignité et un courage immense – il vous demande seulement de ne pas traverser sqn piquet de grève. En solidarité avec lui, nous vous demandons de ne pas vous produire pour l’apartheid. Alanis, s’il vous plait, annulez !

Meilleurs souvenirs,

 

Ne vous produisez pas pour l’état d’ apartheid israélien

Nous sommes un groupe de 950 membres, représentant beaucoup de pays, qui croyons qu’il est essentiel pour les musiciens et autres artistes d’être attentifs à l’appel du PACBI et de rejoindre le boycott d’Israël. Cela est essentiel afin d’œuvrer pour la justice envers le peuple palestinien occupé, ou dans les camps de réfugiés et en exil dans le monde entier.

Notes:
[1] http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/104094048-Gaza-in-2020-A-livable-place.pdf
[2] http://www.amnesty.org/en/news-and-updates/report/impunity-war-crimes-gaza-southern-israel-recipe-further-civilian-suffering-20090702
[3] http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/sessions/south-africa
[4] http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/sessions/future-sessions
[5] http://www.timeslive.co.za/local/article727749.ece/Tutu-urges-Cape-Town-Opera-to-call-off-Israel-tour
[6] http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=1801
[7] http://refrainplayingisrael.blogspot.ie/2012/09/alanis-morissette-why-apoptygma-berzerk.html

[8] http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/israel-far-worse-apartheid-south-africa-says-anc-chair-pretoria-conference-backs

 

Source: http://zazafl.wordpress.com/2012/10/30/open-letter-to-alanis-morissette-you-oughta-know-its-apartheid-dont-play-israel/




Red Hot Chili Peppers: la campagne continue!

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Bravo à Mashrou’ Leila, le groupe de rock libanais qui devait ouvrir le concert des Red Hot Chili Peppers à Beyrouth le 6 septembre, et qui a prévenu qu’il annulait sa participation si le groupe américain ne renonçait pas à son concert en Israël le 10 septembre…

Rappelons que les Palestiniens vivant sous le régime d’apartheid ne pourrons pas assister à ce concert, de même qu’ils n’ont pas pu assister à celui de Madonna.

Rappelons que le concert est prévu de se dérouler dans le parc Hayarkon, lieu du village palestinien détruit de Jarisha.

Rappelons que 13 lettres ouvertes ont été envoyées au groupe pour leur demader de renoncer à ce voyage de promotion de l’Etat israélien.

Rappelons que plus de 7400 personnes ont signé la pétition et que plus de 1200 personnes ont rejoint la page facebook consacrées à cette campagne de boycott culturel, tant qu’Israël ne respectera pas le Droit International.

Vous aussi, vous pouvez encore signer cette pétition.

Comme Mashrou’ Leila, vous pouvez encore agir pour demander aux Red Hot Chili Peppers de ne pas participer à l’apartheid!

La Campagne BDS France




Lettre d’Israéliens de « Boycott from Within » à Lenny Kravitz

“Let’s work together
We are one big family
Joined forever like the branches of a tree
In this world we are neighbors
There is no immunity
Hurt a member, you hurt the whole community”
“Travaillons ensemble
Nous sommes une grande famille
Unie pour toujours comme les branches d’un arbre
Dans ce monde nous sommes voisins
Il n’y a pas d’immunité
A faire tort à un membre, vous faites mal à toute la communauté »

Cher Lenny Kravitz,

Nous sommes des citoyens d’Israël et nous nous opposons à la politique de racisme, d’occupation et d’apartheid contre le peuple palestinien. Nous soutenons l’appel de la société civile palestinienne pour le boycott, le désinvestissement et des sanctions contre l’état d’Israël et contre ses institutions et mécanismes d’oppression.  Nous entendons que vous avez l’intention de vous produire en Israël en octobre.  Malgré notre désir de vous voir en concert, nous vous demandons de respecter l’appel et d’annuler votre spectacle.

Nous vous écrivons à un moment où le racisme de l’état d’Israël contre les gens « de couleur » est au plus haut degré. [2]. Nous pensons que l’incapacité de reconnaitre l’humanité des africains – des migrants et des réfugiés, enfants, femmes et hommes – est la conséquence de l’impunité d’Israël dans sa façon d’agir, maintenant et depuis toujours à l’égard des palestiniens.  Le nettoyage ethnique de la moitié de la population de 1947 à 1948 [3] a été suivi par l’occupation militaire et la colonisation de la Cisjordanie en 1967 [4], jusqu’à nos jours avec l’escalade des pratiques de saisi des terres, de l’expropriation et de l’expulsion [5].

La situation est désastreuse. Au moment où nous écrivons ses mots, Israël est en train de démolir les maisons de communautés entières à l’intérieur de la ligne de l’armistice de 1948  [6]; dans les Territoires Occupés [7], le peuple de Gaza assiégé (56% sont des enfants) est encore en train de se remettre de l’attaque connue sous le nom de “l’Opération plomb durci”[8], sont exposés à des bombardements aériens et des tirs de chars [9]; et les palestiniens de Cisjordanie souffrent du vol de leur terres, des démolitions de leurs maisons, des incarcérations arbitraires, de la torture, de la pénurie d’eau, des restrictions extrêmes de leur liberté de mouvement, et de la menace constante de la présence militaire israélienne. [10]

Malgré tout cela, les palestiniens se sont  investis dans l’espoir croissant du mouvement global du boycott d’Israël , [11], jusqu’à ce qu’il arrête son occupation, démantèle son mur d’apartheid, permette l’égalité des droits pour les palestiniens sous sa juridiction, et respecte le droit de retour à leur terres des réfugiés palestiniens.

La tactique de boycott culturel a été pratiquée contre l’apartheid en Afrique du Sud et a réussi à sensibilisé les gens autour du monde à la situation.  Les palestiniens font de même afin de se libérer de leur oppression, en demandant à des artistes comme vous de les soutenir et de refuser de se produire en Israël jusqu’à ce que sa politique et ses pratiques d’apartheid cessent. . Nous nous joignons à eux en  vous demandant : S’il vous plaît, annulez votre spectacle en Israël.
Sincèrement,
BOYCOTT! Supporting the Palestinian BDS Call from Within
http://www.boycottisrael.info/[1] La Société civile palestinienne demande le boycott, le désinvestissement et des sanctions  (BDS), http://www.bdsmovement.net/call
[2] Les diplomates africains: Nous avons peur de marcher dans la rue, http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4264527,00.html
[3] Souvenirs de Palestine, http://www.palestineremembered.com/Acre/Maps/Story572.html
[4] Projet de Recherche et d’Information sur le Moyen Orient, http://www.merip.org/palestine-israel_primer/occupied-terr-jeru-pal-isr.html
[5] Analogie Israël et l’apartheid, http://en.wikipedia.org/wiki/Israel_and_the_apartheid_analogy
[6] déplacement forcé de 70 000 arabes bédouins citoyens d’Israël, http://www.avaaz.org/en/petition/Stop_Prawer/
[7] Rabbins pour les droits de l’homme http://rhr.org.il/eng/index.php/2012/07/to-show-solidarity-with-susiya/
[8] Office pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA): Gaza Flash Appeal http://unispal.un.org/UNISPAL.NSF/0/301EA3FE8905E608852575AC0069887C
[9] Gaza assiégé 2011-2012, http://occupiedpalestine.wordpress.com/2012/06/12/gazaunderattack-iof-incursion-in-southern-gaza/
[10] Informations de fond sur la vallée du Jourdain http://www.btselem.org/topic/jordan_valley
[11] BDS résumé: Le mouvement BDS à 7 ans, « plus fort , plus efficace, et plus diversifié que jamais » http://electronicintifada.net/blogs/nora/bds-roundup-bds-movement-7-years-stronger-more-effective-and-more-diverse-ever




Lettre ouverte de l’École de Cirque de Palestine au directeur général du Cirque du Soleil

Daniel Lamarre directeur général du Cirque du Soleil

L’École de Cirque de Palestine demande au Cirque du Soleil de ne pas venir et de ne pas se produire à Tel-Aviv, en Israël, en août 2012.
L’École de Cirque de Palestine envoie cette lettre au directeur général du Cirque du Soleil le 13 juin 2012.

Nous ne prenons pas à la légère l’appel au Cirque du Soleil, ou de tous autres cirques sur cette question, de ne pas se produire en Israël, surtout depuis que nous nous sommes totalement engagés à l’art du cirque et à le propager partout où nous le pouvons. Toutefois, pour que le cirque soit fidèle à sa forme d’art, nous sommes également inexorablement engagés pour les droits humains. Ainsi, nous vous écrivons pour demander que le Cirque du Soleil reconsidère sa performance prévue en Israël, une puissance militaire occupante et violant le droit international et les droits humains, et pour rejoindre les autres artistes du monde entier qui ont fait appel à vous pour soutenir les droits humains et le droit de toute personne d’être libre de toute occupation militaire.

Inspiré par le succès du cirque social à travers le monde, un type de cirque devenu connu par le Cirque du Soleil, nous avions un rêve d’étendre les arts du cirque en Palestine et d’ établir une communauté d’école de cirques pour les enfants et les jeunes palestiniens vivant dans les territoires palestiniens occupés par Israël.

Nos enfants et nos jeunes sont oppressés par l’occupation militaire prolongée et privés de leurs droits les plus élémentaires. Beaucoup ne se sont pas encore remis de l’attaque d’Israël sur la bande de Gaza, connu sous le nom Opération Plomb Durci à l’hiver 2008-2009, qui a causé 1385 décès de palestiniens, dont 318 étaient des mineurs, et 5300 blessés.
Dans l’École de Cirque de Palestine, nous enseignons à nos étudiants à monter des tissus et des cordes au-dessus des frontières et au-delà de leurs frustrations. Nous leur redonnons une raison d’espérer et nous leur permettons de rêver. Nous avons besoin de l’aide de tout le monde pour maintenir l’espoir dans ses cœurs jeunes.

Votre visite en Israël sera totalement facilitée par les autorités israéliennes, au moment où le mouvement des étudiants et des artistes de l’École de Cirque de Palestine sont en permanence paralysés par la loi militaire qui nous refuse l’entrée à Jérusalem, Jaffa, Akka, Haifa ou Nazareth, sans oublier la bande de Gaza complètement fermée.

Les mêmes autorités israéliennes interdisent, par l’utilisation de la force, notre habilité à participer à des performances artistiques ou d’avoir n’importe quels échanges avec nos amis palestiniens ou notre famille habitant à proximité.

Non seulement elles limitent notre liberté de mouvement, mais elles expulsent aussi des artistes internationaux de cirque qui viennent  se produire en Palestine, comme Ivan Prado, le célèbre clown espagnol, un bon exemple qui a reçu l’attention internationale. Mr. Prado a été refusé d’entrée en Israël en 2010. Il a été accusé d’avoir des liens avec des groupes terroristes palestiniens bien que son seul «crime» a été de préparer un grand festival de Clown en Palestine! Faire rire les enfants palestiniens semble menacer la sécurité israélienne.

Nous vous demandons d’être solidaire avec la lutte palestinienne pour la liberté, l’égalité et la justice et d’annuler votre spectacle en Israël, jusqu’au moment où le droit international et les droits des palestiniens seront respectés. Vous seriez ne serez pas seul, plusieurs artistes célèbres ont donné l’exemple tel que Bono, Carlos Santana, Elvis Costello, the Pixies et the klaxons et Gorillaz Sound System, qui ont tous refusé de venir et de présenter leur spectacle en Israël jusqu’au moment où le droit international sera respecté et que l’occupation illégale des terres palestiniennes cesse.

Comme indiqué sur votre site internet du Cirque du soleil, vous voyez que le cirque se produit aussi : « Au-delà des gestes philanthropiques, il s’agit d’une démarche de responsabilité sociale qui s’inscrit au cœur même des stratégies d’affaires et de gestion de l’entreprise.» Nous avons simplement souligné la nécessité de la responsabilité sociale de ne pas ignorer 45 ans d’occupation militaire, et de ne pas présenter de spectacles dans un pays qui a été engagé dans l’occupation, le colonialisme et l’apartheid. Pour ces crimes déjà perpétrés, les artistes ne peuvent pas prétendre qu’ils n’existent pas. »

Sincèrement,

L’École de Cirque de Palestine

Pour signer  la  lettre :
https://www.change.org/petitions/cirque-du-soleil-do-not-shine-on-apartheid-%D9%84%D8%A7-%D8%AA%D9%8F%D8%BA%D9%8A%D9%91%D8%A8%D9%88%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D9%91%D9%85%D8%B3%D9%8E-%D8%B9%D9%86-%D9%81%D9%90%D9%84%D8%B3%D8%B7%D9%8A%D9%86

La campagne :
http://www.facebook.com/musaIzhiman/posts/141504395988940?ref=notif¬if_t=story_reshare#!/groups/468172036540795/469495249741807/?notif_t=group_comment
The circus website
www.palcircus.ps

alt Cirque Du Soleil: Do not shine on Apartheid! لا تُغيّبوا الشّمسَ عن فِلسطين

www.change.org
“Morality, like art, means drawing a line someplace” ~ Oscar Wilde Irish Dramatist, Novelist, & Po…



Lettre ouverte au ballet opéra-théatre de Metz

A l’attention du Directeur du ballet de l’Opéra-Théâtre de Metz,

4-5 place de la Comédie

F-57000 METZ

theatre@metzmetropole.fr

Paris, le 19 juillet 2012

Chers amis directeur et danseurs du ballet de l’Opéra-Théâtre de Metz,

Vous êtes sur le point de participer à une tournée en Israël/Palestine qui finira par la 25 ème édition du festival international de danses à Karmiel en Israël.

D’un côté, ce voyage vous permettra d’approcher de très près les événements tragiques qui se déroulent dans la région, l’occupation, les discriminations, le Mur…

D’un autre côté, il vous mettra dans une position que vous ne souhaitez probablement pas.

En effet, la société civile palestinienne a décidé en 2005 d’appeler au boycott culturel des institutions israéliennes, tant qu’Israël ne respectera pas le droit international.

A l’inverse, l’État d’Israël invite de nombreuses troupes européennes pour légitimer sa politique internationale et détourner l’attention de ses crimes de guerre.

En vous produisant en Israël, vous serez donc utilisés politiquement.

Il y a moins de deux ans, des artistes israéliens de théâtre ont refusé de jouer en Cisjordanie, et ils furent soutenus par plus de 150 intellectuels et artistes israéliens (dont Niv Gordon, Gideon Levy, Shlomo Sand, Zeev Sternhell, David Grossman, A.B. Yehoshua, Amos Oz…).

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En vous produisant en Israël, vous participerez aussi à la discrimination des Palestiniens pour qui se rendre dans les salles dans lesquelles vous jouerez est pratiquement impossible alors que l’Etat d’Israël réduit de jour en jour leurs droits fondamentaux (accès à l’eau, à l’éducation, aux soins, à la nationalité, liberté de circulation…), en toute impunité puisque la communauté internationale ferme les yeux sur ces exactions.

Vous êtes sans doute, vous aussi, attachés au respect des droits des peuples, alors vous pouvez agir en faveur du peuple palestinien qui est en partie colonisé en Cisjordanie, sous blocus à Gaza, discriminé en Israël et réfugié dans le reste du monde, dont le droit au retour a été reconnu par l’ONU mais jamais appliqué par Israël.

L’appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions contre l’État d’Israël, tant qu’il ne respectera pas le droit international, est inspiré par le combat des sud-africains contre l’apartheid, et a pris une dimension internationale, dans tous les pays, y compris à l’appel de certains israéliens qui sont engagés dans le mouvement Boycott From Within.

Ainsi, de nombreuses personnalités artistiques du monde entier telles que Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Annie Lennox, Roger Waters, Elvis Costello, Massive Attack, Lhasa, Gilles Vigneault, Carlos Santana, Eddie Palmieri, Cat Power ou Gil Scott-Heron ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique.

Chers amis, la vague de solidarité grandit, rejoignez-la ! Dites non au Festival de danses de Karmiel !

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

Cordialement,

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Contact Opéra de Metz: http://opera.metzmetropole.fr/site/contact_acces.php

http://www.laplumeculturelle.com/notes/Le-Ballet-de-l-Opera-Theatre-de-Metz-Metropole-en-tournee-en-Israel_b4509154.html




Non à l’accroissement du soutien des programmes européens de recherches aux entreprises israéliennes d’armements !

Lors d’un discours prononcé le 10 juillet à l’université d’Haifa, M.Barroso, président de la Commission Européenne, a affirmé sa volonté de renforcer la coopération entre l’Union Européenne et Israël « dans l’éducation, la recherche et l’innovation ». Il serait ainsi prévu de permettre à Israël de rejoindre de nouveaux programmes de coopération, dont, à terme, le programme d’échange Erasmus.

Si elle était appliquée, cette décision serait en contradiction avec les principes les plus élémentaires du droit international, auquel l’Union Européenne se dit pourtant attachée. En effet, à de multiples reprises, l’UE s’est vue reprocher de permettre à une entreprise comme Elbit Systems, qui produit des armes et aide Israël à construire un mur dans le territoire occupé de Palestine, lequel a été déclaré illégal par la Court International de Justice en 2004, de recevoir de l’argent public et de participer à des projets européens financés. Ahava DSL, société israélienne de cosmétiques basée dans une colonie illégale, bénéficie aussi des fonds de l’Union Européenne.
Comme de nombreux universitaires de différents pays (dont Gérard Toulouse, membre de l’Académie Française des Sciences, Malcolm Levitt, membre de la Royal Society au Royaume-Uni, ou encore les célèbres philosophes Slavjoj Zizek et Etienne Balibar) l’ont écrit dans leur lettre au commissaire à la recherche Màire Geoghegan-Quinn, « l’aide accordée via le fond européen pour la recherche à des entreprises participant aux violations israéliennes du droit international mine à la fois la réputation des programmes en question et les objectifs déclarés de l’Union européenne et de ses Etats membres ».
En Janvier, d’éminents scientifiques britanniques, les réalisateurs Mike Leigh et Ken Loach, et l’Union nationale des étudiants (NUS) avaient marqué l’actualité en dénonçant un projet mené conjointement par une université de Londres, le Musée d’Histoire Naturelle et Ahava DSL. Les deux King’s College de Londres ainsi que le Musée d’Histoire Naturelle ont depuis lors exprimé leurs regrets quant à leur implication dans ce projet.

Une campagne est en cours en Europe, regroupant plus d’une douzaine d’universités contre la coopération d’universités avec Ahava DSL et des compagnies militaires israéliennes.

Si la Commission Européenne est prête à accorder son soutien à des entreprises d’armement et plus généralement à la recherche militaire dans les universités, ou si elle peut tolérer les discriminations commises dans les universités israéliennes, la campagne BDS France rappelle que c’est la mobilisation des peuples qui pourra à la fois sanctionner directement Israël (via le boycott), et contraindre nos gouvernements à ne plus fermer les yeux devant les violations israéliennes du droit international (via l’appel au désinvestissement et à des sanctions).

La Campagne BDS France

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Lettre à André Minvielle et Lionel Suarez du groupe Tandem

A l’attention de André Minvielle et Lionel Suarez du groupe Tandem, Némo Music, Paris, le 9 juillet 2012

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Chers André Minvielle et Lionel Suarez, à la fin du mois, vous avez prévu de donner deux concerts au Festival de Jazz d’Eilat, sponsorisé par l’Etat d’Israël pour redorer son blason. Vous avez sans doute remarqué qu’Eilat était une station balnéaire, éloignée de la politique et des événements tragiques qui parcourent cette région.

Mais suffit-il de s’éloigner du champ de bataille pour ne plus entendre ce qui se passe à quelques dizaines de kilomètres de là ? Nous posons cette question aux spectateurs israéliens, soldats en permission qui cherchent à oublier les crimes commis la veille ou membres du ministère de la culture qui cherchent à faire oublier les exactions de leurs collègues au ministère de la défense. Nous posons cette question aux Palestiniens qui auraient bien aimé venir vous écouter, mais qui ne pourront pas le faire parce qu’ils sont relégués derrière un mur de séparation. Enfin, nous vous posons cette question : savez-vous qu’Eilat n’est qu’une ville d’un Etat qui pratique une politique d’apartheid à l’égard de sa population palestinienne, en réduisant ses droits les plus fondamentaux: accès à l’eau, à l’éducation, aux soins, à la nationalité, liberté de circulation ?

Vous qui êtes attachés aux droits des minorités, vous devez agir pour les Palestiniens. C’est un peuple colonisé en Cisjordanie, un peuple sous blocus à Gaza, un peuple discriminé en Israël, un peuple réfugié dont le droit au retour a été reconnu par l’ONU mais jamais mis en application par Israël. La communauté internationale ferme les yeux et le gouvernement israélien agit en toute impunité.

Face à ces injustices, la société civile palestinienne a décidé en 2005 d’appeler au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions contre l’Etat d’Israël, tant qu’il ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée par le combat des sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale et des campagnes de boycott des institutions israéliennes se développent dans tous les pays, y compris à l’appel de certains israéliens qui sont engagés dans le mouvement Boycott From Within.

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités artistiques du monde entier ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Au festival d’Eilat l’an dernier, le groupe américain Tuba Skinny, le pianiste américain Jason Moran et le pianiste portoricain Eddie Palmieri avaient annulé leur participation. Certes, Elton John, Lady Gaga, Justin Bieber ou Madonna ont cédé aux sirènes commerciales et rompu le blocus, mais tel n’est pas le cas de Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Gil Scott-Heron ou Massive Attack.

Chers André Minvielle et Lionel Suarez, la vague de solidarité grandit, rejoignez-la ! Comme Claude Nougaro au tabac, dites nonau Festival d’Eilat !

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

Cordialement,

La Campagne BDS France
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr
http://www.bdsfrance.org/

 Lettre au format pdf




Lettre ouverte à Richard Bona

A l’attention de Richard Bona,

Paris, le 9 juillet 2012

Cher Richard Bona,

A la fin du mois vous avez prévu de donner des concerts au Festival de Jazz d’Eilat, sponsorisé par l’Etat d’Israël pour redorer son blason. Vous êtes pourtant déjà allés à ce festival l’an dernier, et vous avez sans doute remarqué qu’Eilat était une station balnéaire, éloignée de la politique et des événements tragiques qui parcourent cette région.

Mais suffit-il de s’éloigner du champ de bataille pour ne plus entendre ce qui se passe à quelques dizaines de kilomètres de là ? Nous posons cette question aux spectateurs israéliens, soldats en permission qui cherchent à oublier les crimes commis la veille ou membres du ministère de la culture qui cherchent à faire oublier les exactions de leurs collègues au ministère de la défense. Nous posons cette question aux Palestiniens qui auraient bien aimé venir vous écouter, mais qui ne pourront pas le faire parce qu’ils sont relégués derrière un mur de séparation. Enfin, nous vous posons cette question : savez-vous qu’Eilat n’est qu’une ville d’un Etat qui pratique une politique d’apartheid à l’égard de sa population palestinienne (sans compter les immigrés africains qu’Israël enferme dans des camps avant de les expulser), en réduisant ses droits les plus fondamentaux: accès à l’eau, à l’éducation, aux soins, à la nationalité, liberté de circulation ?

C’est un peuple colonisé en Cisjordanie, un peuple sous blocus à Gaza, un peuple discriminé en Israël, un peuple réfugié dont le droit au retour a été reconnu par l’ONU mais jamais mis en application par Israël. La communauté internationale ferme les yeux et le gouvernement israélien agit en toute impunité.

Face à ces injustices, la société civile palestinienne a décidé en 2005 d’appeler au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions contre l’Etat d’Israël, tant qu’il ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée par le combat des sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale et des campagnes de boycott des institutions israéliennes se développent dans tous les pays, en particulier en Afrique du Sud, et y compris à l’appel de certains israéliens qui sont engagés dans le mouvement Boycott From Within.

Vous avez personnellement connu les discriminations en France, votre pays d’origine, le Cameroun, a longtemps été colonisé. Nous sommes étonnés que vous puissiez donner un concert dans un pays colonisé en vous plaçant du côté de l’Etat colonial, et en faisant comme si rien d’inacceptable ne s’y déroulait. Auriez-vous chanté à Sun City en 1985 ?

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités artistiques du monde entier ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Au festival d’Eilat l’an dernier, le groupe américain Tuba Skinny, le pianiste américain Jason Moran et le pianiste portoricain Eddie Palmieri avaient annulé leur participation. Certes, Elton John, Lady Gaga, Justin Bieber ou Madonna ont cédé aux sirènes commerciales et rompu le blocus, mais tel n’est pas le cas de Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Gil Scott-Heron ou Massive Attack.

Nous pouvons imaginer que vous ne connaissez pas bien la situation sur place, mais dorénavant vous ne pourrez plus dire « je ne savais pas ». Si vous souhaitez être informé plus en détails de la politique du gouvernement israélien, nous le ferons volontiers.

Cher Richard Bona, nous vous demandons de rejoindre les artistes qui boycottent Israël tant que cet état ne respectera pas le droit international et d’annuler votre concert au Festival d’Eilat.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

Cordialement,

La Campagne BDS France
CICP
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
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 La lettre en formatr pdf




Lettre ouverte de l’Union Juive Française pour la Paix à Jean-Jack Queyranne

Lettre ouverte à Monsieur Jean-Jack Queyranne, Président de la région Rhône Alpes, ancien ministre

 

Le 11 juillet 2012

Monsieur le Président,

Nous voulons en premier lieu remercier la Région Rhône Alpes et vous-même pour avoir permis que se déroule dans les meilleures conditions l’Université d’été de 2012 de la solidarité internationale, et notamment son module 11 dont nous avons pris l’initiative qui a été consacré au thème : « Citoyenneté de demain : Le cas de la Palestine ». La réalisation de ce module a été un réel succès, tant en ce qui concerne la qualité des intervenants et des débats qu’en ce qui concerne le nombre et la variété des participants.

Nous tenons d’autant plus à vous remercier que, respectueux de la liberté d’expression, vous avez parrainé une manifestation malgré les désaccords que vous pouviez avoir avec des associations et des intervenants, et particulièrement sur la question d’Israël et de la Palestine.
Nous prenons au sérieux vos objections et tenons donc à vous répondre.
Nous ne pouvons être d’accord avec vous quand vous présentez Israël comme un pays « qui reste une des seules démocraties du Proche-Orient ».
Israël se veut un « Etat juif et démocratique ». C’est un oxymore. Il n’est démocratique que pour les Juifs, et oppose son caractère juif à tous les autres, et en premier lieu aux Palestiniens.
Vous ne pouvez pas ignorer l’ensemble des résolutions de l’ONU qu’Israël refuse d’appliquer. Vous ne pouvez pas ignorer l’illégalité du Mur, du blocus, de l’occupation, de l’annexion de Jérusalem Est, du plan Prawer concernant les Bédouins du Néguev.
Vous ne pouvez pas ignorer les discriminations dont sont victimes les Palestiniens en Israël même en matière de logement, d’éducation, de mariage, d’emploi, sans oublier les villages non reconnus privés d’eau et d’électricité. C’est pour cela que le concept d’apartheid à l’égard d’Israël correspond bien à la réalité.
Il ne s’agit pas de calquer l’analyse de l’apartheid sud-africain sur la situation en Israël. Il s’agit de prendre en compte la définition en Droit international du crime d’apartheid, et de constater que les discriminations dont est victime le peuple palestinien répondent à cette définition. C’est la conclusion à laquelle est parvenue la troisième session du Tribunal Russell sur la Palestine qui s’est tenue au Cap en novembre dernier, et qui a bénéficié du soutien des militants de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, au premier rang desquels le Président Nelson Mandela et Desmond Tutu. Comme le dit ce dernier, non seulement il y a apartheid, mais la situation est pire pour les Palestiniens car jamais les Blancs d’Afrique du Sud n’ont voulu nous expulser, jamais ils n’ont bombardé les Bantoustans.
Situation d’apartheid, c’est aussi la conclusion à laquelle est parvenue le groupe international d’experts sur l’accès des peuples à l’eau, groupe auquel participait le député français Jean Glavany.

Alors, il devient impossible de ne pas entendre l’appel de la société civile palestinienne. Appeler au boycott des institutions israéliennes, c’est effectivement dire aux Israéliens : vous vous mettez au ban des nations. Il n’y aura pas de paix possible au Proche Orient pour une communauté juive sans reconnaissance des torts faits au peuple palestinien.
Nous ne boycottons pas les personnes. Des Israéliens participent à nos initiatives. Mais à l’image de la campagne qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, le boycott économique, culturel, universitaire et sportif appelle les dirigeants de la communauté internationale à mettre fin à l’impunité d’Israël dans sa violation permanente du droit international.

Voilà, Monsieur le Président, ce que nous tenions à vous dire en réponse à vos mots de bienvenue.
Et nous souhaitons que ce premier échange puisse être poursuivi. Nous sommes à votre disposition pour cela.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à notre indéfectible attachement au caractère universel des droits humains.

L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

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L’ensemble palestinien Al-Juthoor se retire des Rencontres internationales de folklore de Fribourg

Lettre ouverte aux organisateurs d’événements culturels en Suisse.

BDS Suisse, Case 4070, 4002 Bâle
www.bds-info.ch
culture@bds-info.ch

Genève, Bâle, le 1er juillet 2012

Mesdames, Messieurs,

L’ensemble palestinien de danse Juthoor, basé à Bethléem, a décidé d’annuler sa participation aux Rencontres de folklore international de Fribourg, en Suisse (RFI). Cette décision prive malheureusement le public suisse d’une occasion rare de connaître la culture palestinienne vivante, mais elle est pleinement justifiée.

Les responsables de l’ensemble palestinien Juthoor expliquent leur décision par la présence au festival fribourgeois du groupe israélien Shalom Israel. Rappelons que les organisateurs des RFI, lors de la présentation de leur édition 2012, avaient projeté de faire l’événement en réunissant sur scène les deux ensembles. Le communiqué de Juthoor, annonçant son retrait des RFI (ci-joint), explique que le spectacle proposé par les folkloristes palestiniens serait entaché par la présence au festival d’un groupe dont la production soutient la colonisation des terres palestiniennes. Or les artistes palestiniens ont pour règle de ne pas s’associer à des événements qui banalisent et normalisent l’état de fait de l’occupation israélienne.

Les quartiers modernes de la ville d’Ashdod, où a été fondé le groupe Shalom Israel, ont été construits sur les ruines de la localité palestinienne d’Isdud, qui a subi des opérations de nettoyage ethnique pendant la guerre de 1948(*). La totalité des 5’300 habitants d’Isdud ont été obligés de fuir ou ont été expulsés vers la bande de Gaza où, aujourd’hui, leurs enfants et petits-enfants subissent le blocus israélien. De manière concomitante, c’est une culture colonisatrice qui s’est imposée dans la ville, en détruisant brutalement la culture palestinienne locale. Le groupe Shalom Israel, qui aime souligner son rôle de ciment culturel de la ville d’Ashdod, unifiant par le folklore les nouveaux habitants provenant de l’ex-URSS et les premiers juifs emmenés du Maroc dans les années 1950, s’inscrit pleinement à cette démarche. Au passage, le groupe participe aussi au lissage des particularismes des cultures juives afin de les conformer au projet colonial israélien.

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Les danseurs de Juthoor, en revanche, résident à Bethléem, une ville de Cisjordanie soumise à une occupation militaire israélienne permanente, entourée de 17 colonies israéliennes illégales. C’est dans cette ville, où être palestinien est dangereux, que les danseurs de Juthoor continuent d’oeuvrer à la vitalité des danses traditionnelles palestiniennes. En tant qu’ensemble engagé dans la résistance et la culture, Juthoor participe actuellement à des représentations en solidarité avec les prisonniers palestiniens en Israël. Le centre
culturel Al-Doha, dont Juthoor est le principal résident, organise aussi le Festival artistique pour le droit au retour des réfugiés palestiniens, dont la 6ème édition a lieu à l’université de Bethléem au début de ce mois de juillet.

Les organisateurs des RFI pensaient donc pouvoir réunir dans le même festival des représentants d’une culture d’oppression et des représentants d’une culture de résistance sans se questionner sur ce que cela avait d’offensant pour ces derniers. Nous regrettons que les responsables des RFI n’aient pas compris l’embarras dans lequel ils ont plongé le groupe Juthoor.

Les organisateurs des RFI ont également voulu ignorer que les artistes palestiniens sont engagés depuis 2004 dans le boycott culturel et académique d’Israël (PACBI), le volet culturel de la campagne Boycott Désinvestissements Sanctions contre la politique d’Apartheid de l’État d’Israël (BDS). Le boycott culturel d’Israël condamne les événements qui font la promotion d’une fausse symétrie entre l’occupation israélienne et la résistance des Palestiniens, ainsi que les manifestations qui prétendent encourager le dialogue ou la réconciliation sans mentionner les exigences de justice, et qui visent à terme à banaliser et normaliser l’Apartheid. Nous rappelons qu’en 2011, plus de 170 artistes en Suisse ont rendu public leur soutien à cette campagne.

Le BDS Suisse regrette que les RFI n’aient pas su mettre en valeur la culture traditionnelle palestinienne dans un cadre respectueux. À ce propos, nous invitons les institutions suisses à prendre connaissance de l’action culturelle remarquable que mène le centre culturel Al-Doha de Bethléem, et à soutenir son travail.

Le BDS se tient à la disposition des institutions et des programmateurs de manifestations culturelles en Suisse pour les informer des termes du boycott mené par les artistes palestiniens contre la politique israélienne.

Contacts presse BDS-ch
Rania Madi (079 605 39 05)
Jorge Gajardo Muñoz (076 383 64 05)
Gabriel Ash (079 963 17 06)

Références :
– Annexe : Clearing Statement de l’Administration Board of Jothor for Palestinian folklore Dance.
– Page officielle de Juthoor (cf. aussi Juthour ou Jothor), résident du centre culturel Al-Doha, à Bethléem
http://www.beth-city.com/host/jffra/dccc/English/Juthour_team_for_Palestinian_popular_dance.html
– L’ensemble Juthoor en vidéo http://www.youtube.com/watch?v=siaSHXHoUxw&feature=player_embedded
– (*) Benny Morris ; The birth of the Palestinian refugee problem, 1947-1949 ; Cambridge University Press ; 1987 ; p.223




Lettre à Peter Brook et à la troupe des Bouffes du Nord

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A Peter Brook et à la troupe des Bouffes du Nord,
37bis boulevard de la Chapelle,
75010 Paris

Cher Monsieur, chère troupe,

Nous avons appris que vous projetiez de donner suite à l’invitation que le théâtre israélien Cameri vous a adressée pour présenter votre pièce « Le costume » en décembre 2012 à Tel Aviv.

Nous tenons à vous informer que ce théâtre, qui s’affiche dans une brochure comme « Ambassadeur d’Israël dans les festivals internationaux », donne des représentations dans la colonie d’Ariel en territoire occupé palestinien et a donné son accord pour se produire dans la colonie de Kiryat Arba, l’une des plus impliquées dans les cas de violence raciste à l’égard des Palestiniens.

Le Cameri a également mis en scène dans la colonie d’Ariel une pièce du dramaturge Shmuel Hasfari, bien que ce dernier ait désespérément essayé d’empêcher cette représentation, y compris en menaçant le théâtre de poursuite en justice.

Ainsi ce théâtre est directement complice de la violation du droit international par l’Etat d’Israël, de sa politique de colonisation, du vol des ressources et d’atteinte au droit fondamental du peuple palestinien à vivre librement.

Nous n’imaginons pas que vous qui avez dénoncé l’apartheid en Afrique du Sud, vous qui respectez les droits du peuple palestinien, vous qui avez aidé le Théâtre de la Liberté de Jénine, vous qui avez parrainé la tournée d’une troupe de ce théâtre en France, vous puissiez accepter l’invitation d’un théâtre qui contrevient au respect des droits humains.

Nous vous signalons d’ailleurs qu’en septembre 2010, une soixantaine d’acteurs israéliens ont décidé de boycotter le nouveau centre culturel d’Ariel. Ils ont été soutenus par une pétition signée par plus de 150 professeurs d’universités israéliens, qui affirment : « Nous ne prendrons part à aucune des activités culturelles qui auront lieu au delà de la ligne verte. Nous ne participerons à aucune discussion, aucun séminaire, aucun cours ou conférence dans ces colonies, quel qu’en soit le cadre universitaire ».

(source et précisions sur : http://www.haaretz.com/print-edition/news/150-academics-artists-back-actors-boycott-of-settlement-arts-center-1.311149 )

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons instamment de refuser l’invitation que vous a faite le Théâtre Cameri, invitation qui déshonorerait votre réputation d’artistes attachés à la liberté et à la justice.

Nous nous tenons à votre disposition pour toute précision ou pour vous rencontrer.

Dans l’attente d’une réponse, nous vous adressons nos cordiales salutations.

Campagne BDS France

CICP -21 ter rue Voltaire – 75011 Paris

campagnebdsfrance@yahoo.frhttp://www.bdsfrance.org/