Marche des Fiertés, EuroPride : Pas de PinkWashing dans nos fiertés !

Nous avons participé ce samedi 29 juin à la marche des fiertés au sein du « cortège radical » pour affirmer que l‘égalité ne se discute et ne se divise pas, mais aussi pour insister sur la nécessité de s’opposer aux agressions fascistes comme aux tentatives de récupérations racistes des luttes féministes et/ou LGBT.

Notre appel affirmait notamment que « Parce que trans, biEs, pédés, gouines, travailleurs/ses du sexe, immigréEs, enfants d’immigréEs, indigènes, musulmanEs, juifs/ves, militantEs progressistes, nous sommes touTEs viséEs par la haine, la violence et la mort portées par l’extrême-droite, c’est touTEs ensemble qu’il faut riposter. »

Face à des participantEs à la marche des fiertés qui portaient l’étendard de « notre » République patriarcale et coloniale, nous avons entonné plusieurs fois « L’homonationalisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève ! » ou encore « Nos fiertés ne sont pas nationales, ni capitalisables, ni gouvernables ! ».

De la même manière, nous avons été fortement choquéEs lorsqu’à la fin de la marche, sur le podium de l’Inter LGBT, le groupe TYP qui assurait la soirée a été présenté comme « venant spécialement d’Israël » et « ayant mis le feu à la dernière gay pride de Tel Aviv ». Et nous sommes tout aussi choquéEs de savoir que la soirée officielle de l’Europride qui se tiendra ce samedi 13 juillet à Marseille et réunira plusieurs groupes et DJ s’intitule « Forever Tel Aviv ».

Ce qui nous choque est que soit tenu sur le podium de l’inter LGBT un discours cherchant à promouvoir une image gay friendly d’un Etat coupable de crimes contre l’humanité, et visé – comme l’a été l’Afrique du sud du temps de l’apartheid – par une campagne appellant entre autres à sanctionner économiquement l’occupation par la fin du tourisme, fût-il un tourisme estampillé LGBT …

Que l’ambiance de « la dernière gay pride de Tel Aviv » soit mentionnée sur le podium de l’inter LGBT comme ce dont sont sensés rêver tous les transbiEspédésgouines n’est pas anodin, et il convient de rappeller que le pink washing en tant que stratégie visant à donner une image « ouverte » et « démocratique » du régime de Tel Aviv en dépit de l’oppression des PalestinienNEs a été clairement élaborée par les institutions israéliennes. En 2009, The Israel Project, ONG dont l’objet est de « travailler sans relâche à la protection d’Israël en améliorant son image » a publié un dictionnaire des « mots qui marchent » appelant à insister sur l’idée que «la démocratie israélienne » respecterait les droits des femmes. L’année suivante, l’Office de tourisme de Tel Aviv investissait 90 millions de dollars en publicité à destination des LGBT. Plus récemment, les deux premiers bénéficiaires du mariage pour touTEs en France ont été invités à la dernière gay pride de Tel Aviv par la société Tel-Aviv Global and tourism de la mairie, et hébergés dans la résidence de  l’ambassade de France …

Face à ces stratégies, les queers palestinienNEs (Al-Qaws for Sexual & Gender Diversity in Palestinian Society, Aswat – Palestinian Gay Women, Palestinian Queers for BDS) refusent toute normalisation avec l’occupant israélien, et organisent leurs propres évènements en refusant de se joindre à la gay pride de Tel Aviv. Les organisations queers israéliennes, ainsi que les anticolonialistes israélienNEs du collectif Boycott from Whitin les soutiennent dans cette démarche.

Parce que nous luttons pour notre autodétermination en tant que trans, biEs, pédés, gouines, putes, freaks ou queers, nous ne pouvons que soutenir le combat des PalestinienNEs pour la réalisation de leur droit à l’autodétermination.

Nous réaffirmons notre opposition à toute forme d’homonationalisme ou de colonialisme, et nous mettons en garde l’inter LGBT et LGP Marseille (association organisatrice de l’Europride de Marseille) contre toute politique qui permettrait que nos luttes soient récupérées à des fins coloniales ou racistes.

Le P!nkBloc Paris

https://www.facebook.com/notes/pink-bloc-paris/marche-des-fiert%C3%A9s-europride-pas-de-pinkwashing-dans-nos-fiert%C3%A9s-/171684453012604

*Bien sûr, la campagne BDS (Boycott Désinvestissements et Sanctions à l’égard d’Israël) lancée par une coalition de 172 organisations palestiniennes ne vise pas le boycott ou le rejet des individus ou des groupes d’individus en fonction de leur nationalité ou de leurs origines




Des militants s’opposent au Festival du film israélien au Kenya

Lettre ouverte au Centre culturel français à Nairobi
source: info-palestine.net

Les institutions culturelles et universitaires israéliennes, de même que les produits culturels comme les films contribuent directement à maintenir, défendre ou blanchir l’oppression contre les Palestiniens, alors que la nation juive cherche délibérément à améliorer son image internationale.

JPEG - 34.7 ko
Tel Aviv : ils sont des centaines d’Israéliens à manifester dans le quartier pauvre de Hatikva contre la communauté migrante africaine.
(Photo : R. Shutzer/AFP/Getty images)

 

Alliance française,
Loita/Monrovia Street – Nairobi, Kenya

à l’Alliance française, 6 juin 2013

Objet : le Festival du film israélien à Nairobi, 2013

Il a été porté à notre attention que l’Alliance française allait accueillir le Festival du film israélien du 11 au 15 juin, présenté par l’Ambassade d’Israël. En tant que Kenyans et personnes soucieuses de la justice sociale et des droits humains, nous tenons à vous exprimer notre point de vue sur la tenue d’une telle initiative.

Pour commencer, nous voulons attirer l’attention sur les nombreuses violations des droits humains qu’Israël commet régulièrement. Dès sa création en 1948, Israël a cherché à supprimer définitivement et massivement la population palestinienne indigène du pays, afin de créer un État juif. Depuis, Israël s’oppose aux droits fondamentaux palestiniens à la liberté, à l’égalité, à l’autodétermination par le nettoyage ethnique, la colonisation, la discrimination raciale et l’occupation militaire (1). Israël viole également, de façon répétée et systématique, les droits humains et le droit humanitaire internationaux, et ne tient aucun compte des résolutions des Nations-Unies.

Pour donner juste quelques exemples : depuis 2006, quand le Hamas a gagné les élections à Gaza, les Palestiniens dans la bande de Gaza ont été paralysés par les sanctions économiques imposées par Israël. En 2008 et 2009, au cours des 22 jours de l’opération militaire Plomb durci, on estime qu’Israël a tué 1387 Palestiniens à Gaza, notamment des familles et des enfants, et qu’il a utilisé à plusieurs reprises des munitions à phosphore blanc sur des zones peuplées, comme cela a été méticuleusement documenté par Human Rights Watch. En novembre 2012, Israël a bombardé Gaza une nouvelle fois dans l’opération Pilier de défense. Selon B’Tselem, le centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés, 167 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne. Plus de la moitié étaient des civils.

En Cisjordanie occupée, un territoire tenu sous le contrôle des checkpoints militaires, Israël a continué de construire des colonies sur la terre occupée, en dépit du fait que ces colonies sont considérées comme illégales en droit international. Ce ne sont là que quelques-unes des violations qu’Israël perpétue en Palestine occupée. Nous n’avons pas parlé en détail de la détention des prisonniers politiques, du déplacement des communautés bédouines, du harcèlement et des humiliations quotidiennes des Palestiniens sur les checkpoints, du nivelage des terres aux bulldozers, de l’arrachage des oliviers et ainsi de suite.

Il n’y a pas que les Palestiniens à avoir souffert des politiques mises en œuvre par le gouvernement israélien ou à avoir été assassinés par l’armée israélienne. En 2003, une militante américaine de la paix, Rachel Corrie, est morte écrasée sous un bulldozer par les Forces de défense israéliennes (FDI). En 2010, 9 militants turcs à bord d’un navire humanitaire se dirigeant vers Gaza, le Mavi Marmara, ont été tués dans une opération israélienne. Il y a seulement trois jours, Israël a pris la décision d’expulser 60 000 migrants d’Érythrée et du Soudan vers un troisième pays non précisé. L’année dernière, des dizaines de demandeurs d’asile africains ont été blessés dans des émeutes raciales violentes à Tel Aviv (2).

Dans un rapport officiel commandé par le gouvernement sud-africain en 2009, le Conseil de recherches en sciences humaines a confirmé qu’Israël, par sa politique et ses pratiques, se rend coupable du crime d’apartheid. Beaucoup d’autres, notamment des Sud-Africains qui ont connu directement l’oppression raciale, par exemple le lauréat du Prix Nobel de la paix Desmond Tutu, ont dit de la vie sous la répression israélienne qu’elle était semblable, voire pire, que celle sous l’apartheid en Afrique du Sud (3).

Des gens de partout dans le monde condamnent la politique d’Israël envers les Palestiniens. Beaucoup ont rejoint la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) qui appelle au boycott d’Israël jusqu’à ce que les droits palestiniens soient reconnus en toute conformité du droit international. Des citoyens israéliens soutiennent fortement eux aussi l’appel aux campagnes de BDS.

Il est important de souligner que les institutions culturelles et universitaires israéliennes, de même que les produits culturels comme les films, contribuent directement à maintenir, défendre ou blanchir l’oppression des Palestiniens alors que la nation juive cherche délibérément à améliorer son image internationale par le biais de collaborations universitaires et culturelles. Dans le cadre du boycott, des universitaires, des artistes et des consommateurs font campagnes contre de telles collaborations et tels « relookings ». (4)

JPEG - 14.8 ko

Surtout, un certain nombre d’artistes, spécialement des musiciens, cinéastes et écrivains, ont refusé de se produire en Israël ou ont annulé leurs spectacles prévus après une pression du mouvement BDS, notamment Bono, Snoop Dogg, Jean-Luc Godard, Elvis Costello, Gil Scot Heron, Carlos Santana, Devendra Banhart, Dustin Hoffman, Meg Ryan, Faithless, les Pixies, Cassandra Wilson, Cat Power et Zakir Hussain. L’auteur britannique John Berger, l’écrivain indien Arundhati Roy, la poétesse étatsunienne Adrienne Rich, les Britanniques Ken Loach, réalisateur, et Paul Laverty, scénaristes, sont parmi d’autres voix éminentes qui ont rejoint l’appel BDS (5).

Alors que les Kényans et d’autres soutiennent la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et la fin de l’apartheid, nous exhortons l’Alliance française à annuler le Festival du film israélien et à trouver les moyens de faire monter la sensibilisation sur l’occupation en Palestine. Il est paradoxal que l’ambassade israélienne veuille utiliser ce Festival pour « célébrer ses 50 ans de relations avec le Kenya » et « améliorer l’opinion des Kényans sur la vie et la culture israéliennes » quand le Kenya a vécu sa propre histoire de colonisation, avec ce qui l’accompagne, les violations, tortures et répressions. Pour nous, célébrer nos cinquante années d’indépendance et reconnaître ceux qui ont combattu et sont morts pour elle, il est impératif que nous nous positionnions contre la colonisation et l’oppression des autres.

S’il vous faut des raisons supplémentaires pour annuler le Festival, alors nous voulons attirer votre attention sur certains thèmes problématiques de films qui seront projetés. Les films Tourner à gauche à la fin du monde et Feu de camp dépeignent tous les deux les colonies qui, comme indiqué ci-dessus, sont illégales en vertu du droit international. Aucun film n’aborde cette réalité au contraire, les films détournent l’attention en abordant des thèmes tels que l’amour romantique et les communautés culturelles.

Ce Festival du film pourrait paraître comme un événement public anodin, mais en réalité, il ne l’est pas. Soutenir les produits culturels d’Israël pendant que les Palestiniens se battent pour se libérer de l’occupation israélienne c’est s’affirmer politiquement. Nous vous exhortons, en tant que personnes qui croient dans les droits de tous les peuples à vivre dans la dignité et libres de toute oppression, à vous tenir solidaires de la lutte palestinienne pour l’autodétermination et aux côtés des personnes dans le monde qui se sont engagées dans la campagne de Boycott, Sanctions et Désinvestissements contre Israël.

Sincèrement,

Comité Solidarité Palestine – Kenya

Notes

(1) Campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (en ligne) : Apartheid, Colonisation et Occupation

(2) The Guardian, (en ligne), Des demandeurs d’asile africain blessés dans des émeutes raciales à Tel Aviv – 24 mai 2012

(3) Artistes sud-africains contre l’Apartheid

(4) Mouvement BDS, (en ligne), Introduction au BDS

(5) Mouvement BDS (en ligne), Victoires BDS

12 juin 2013 – Pambazuka News – traduction : Info-Palestine/JPP




Non à l’interdiction du concert de solidarité avec la Palestine

Campagne contre le commerce avec les entreprises agroalimentaires israéliennes

COMMUNIQUÉ DE PRESSE 16/06/2013

Après avoir donné son accord, la Mairie d’Avignon vient de retirer le prêt d’une salle pour un concert de solidarité avec la Palestine le vendredi 28 juin 2013 à la Maison pour Tous de Champfleury.

La Mairie aurait-elle quelque chose à craindre d’un concert de 3h dans une salle de MPT de moins de 100 places avec un groupe Rap d’Avignon et un chanteur Kabyle de Marseille ?

Ou aurait-elle subi les pressions de l’entreprise agroalimentaire Mehadrin-Jaffa ?

Celle-ci basée, dans le plus grand incognito, à la ZAC du Barret à Chateaurenard craindrait-elle qu’on apprenne qui elle est, ce qu’elle fait en Palestine et d’où viennent ses produits !

Mehadrin Jaffa semble avoir peur de la campagne d’information lancée contre elle par la Campagne BDS France en réponse à l’appel du 9/02/2013 de 17 organisations palestiniennes, dont toutes les organisations paysannes : « Campagne contre le commerce avec les entreprises agroalimentaires israéliennes ! » Elle a peur de la Marche du samedi 29 juin, d’Avignon à Chateaurenard.

Dans l’Appel du 9/02/2013, les Palestiniens déclarent :

« (…) Les sociétés d’exportation israéliennes telles que Mehadrin et Hadiklaim participent à la colonisation israélienne de la terre palestinienne en utilisant de l’eau palestinienne volée et en faisant pousser des cultures de rente pour l’exportation dans des colonies illégales établies sur des terres du territoire palestinien occupé d’où les fermiers palestiniens ont été chassés. Ces sociétés profitent aussi du siège de Gaza.

Le commerce international en plein essor avec des sociétés qui exportent les produits des colonies renforce la viabilité de l’entreprise de colonisation illégale d’Israël. Il encourage aussi et finance l’expansion des colonies et la dépossession continue des paysans palestiniens.(…) »

Mehadrin-Jaffa est une entreprise coloniale dont la production dans les colonies est illégale et dont l’entrée des produits devrait être interdite sur le marché Européen. Voilà l’information quelle tente d’étouffer et voilà ce que nous ferons savoir les 28/29 juin et au delà, quelles que soient les tentatives d’obstruction en France et en Europe de l’entreprise israélienne Mehadrin-Jaffa .

Nous demandons à la Mairie d’Avignon de rétablir l’autorisation qu’elle avait accordée pour le concert du 28 à la MPT de Champfleury.

Avec le soutien :

– Le Collectif Vaucluse pour une Paix Juste et durable entre Palestiniens et Israéliens

– Solidaires 84 – Avignon

– Sud-Education 84




Pétition : Alicia Keys, ne chantez pas pour l’apartheid

Alicia Keys - Boycott Culturel

Nous demandons à Alicia Keys de se placer du côté de la justice et de renoncer à son concert à Tel Aviv, Israel. (Alicia Keys doit se produire en concert privé le 4 Juillet 2013 au Nokia Arena de Tel Aviv).
Ce boycott s’inspire de la lutte du peuple d’Afrique du Sud contre l’apartheid et de l’esprit de solidarité internationale, de la résistance à l’injustice et à l’oppression. L’État d’Israël persiste à violer le droit international et ne respecte pas les droits humains.
Tant qu’Israël ne met pas fin à l’occupation et à l’oppression du peuple Palestinien, nous vous demandons, personne de conscience et philanthrope, de ne pas chanter en Israël. Alicia Keys contre l’apartheid, nous vous prions de nous rejoindre maintenant dans le Boycott culturel d’Israël.

  • Participer au Sondage d’une chaîne de télévision spécialisée dans la musique noire américaine pour jeunes.La question est : Est ce-que Alicia doit jouer en Israël oui / non (Should Alicia Keys perform in Israel ? )

http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article608




Lettre ouverte à Julien Clerc à l’occasion de son spectacle au Casino Barrière de Toulouse

Monsieur Clerc,

La campagne BDS-France vous a remis en main propre une lettre ouverte après un concert donné au théâtre du Châtelet à Paris. Cette lettre avait pour objet de vous demander de ne pas donner de récital en Israël.
Vous avez répondu sur les pages du Nouvel Obs : « Je ne peux que prêcher la tolérance mutuelle et souhaiter qu’Israéliens et Palestiniens arrivent un jour à vivre ensemble. » Pourtant, en tant qu’ambassadeur de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, vous ne pouvez pas ignorer que les réfugiés palestiniens sont, après 65 ans, les plus anciens réfugiés du monde. Vous ne pouvez pas être aveugle au fait que l’obstacle au retour des réfugiés palestiniens chez eux tient au refus d’Israël de se conformer aux résolutions de l’ONU.

Vous ne pouvez pas non plus ignorer qu’Israël occupe, colonise activement jour après jour et chasse la population palestinienne de la Cisjordanie, ni qu’il maintient Gaza en prison. Le « vivre ensemble » que vous appelez de vos vœux est irréalisable tant que la justice et le respect du droit international sont bafoués en toute impunité.

Cher Julien Clerc, irez-vous chanter en Israël sachant que le peuple palestinien ne pourra venir vous applaudir car il est relégué derrière un mur de séparation que la Cour Internationale de Justice a condamné par ces mots : « L’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé – y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est – et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international ». Pouvez-vous cautionner par votre présence et votre chant la politique d’oppression quotidienne exercée en toute impunité sur la population palestinienne ?

Pouvez-vous, vous l’ambassadeur de bonne volonté, faire comme si vous ne saviez pas ?

Vous avez aussi écrit : « Ce n’est certainement pas un artiste français qui peut régler ce problème. » Certes oui, pas un artiste, mais de nombreux artistes ! Ces quatre dernières années, de nombreuses figures du monde artistique : Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, Les Pixies ou Massive Attack, et aussi Peter Brook Susan Sarrandon, ont dit non à l’apartheid israélien en refusant de se produire dans le pays de l’apartheid israélien.

Ils sont rejoints par de nombreuses personnalités du monde universitaire. Il y a trois semaines, le célèbre physicien Stephen Hawking a décidé pour la première fois de ne pas se rendre en Israël à l’invitation du président d’Israël Shimon Peres.

Monsieur Clerc, la décision vous appartient. Vous pouvez vous produire en Israël, ce qui sera exploité sur place comme un soutien à la politique israélienne de nettoyage ethnique. Vous êtes également libre de gagner en estime en ne vous y rendant pas. L’histoire juge déjà la politique d’Israël, qui comme on dit, « ne fait pas photo ». Par votre présence ou non, elle vous jugera aussi. Nous vous invitons, comme nous l’aurions fait à l’époque de l’apartheid sud africain, à faire le bon choix.

Collectif solidarité Palestine 31 : [AP31, AFPS, ATTAC, CCFD-Terre Solidaire, CCIPPP, Le Cri, Génération Palestine, GUPS, Maison de Quartier de Bagatelle, Mouvement de la Paix (Comité 31), MRAP, Parténia, Stop Apartheid Toulouse, FSU, la CGT 31, Solidaires, EELV, FdG 31 (Les Alternatifs, CA/GA, FASE, GU, PCF, PCOF, PG), MJCF, Motivé-e-s, NPA, Partit Occitan].

Collectif Palestine libre, Coup pour coup 31.




Nuit dans le désert pour les Bédouins palestiniens : lettre ouverte à Yaïr Dalal

Cher Yaïr :

En 1948, plusieurs centaines de villages palestiniens ont été détruits et plus de 750 000 palestiniens ont été expulsés. Cela a commencé avant même la proclamation de l’Etat israélien et aujourd’hui encore, le processus se poursuit : le gouvernement israélien déplace et expulse des Palestiniens de différents secteurs sous son contrôle, dans le but de maintenir une majorité juive sur autant de terres que possible. Particulièrement ciblées en ce moment, les communautés palestiniennes des collines du Sud d’Hébron sont expulsées car leurs zones d’habitat sont déclarées « zone de tirs militaires ». Ces personnes, comme les autres Palestiniens sous occupation, sont torturées, maltraitées et opprimées par l’armée israélienne.

Ce sont aussi les dizaines de villages bédouins non reconnus, disséminés aux alentours de Beersheva, au nord du désert du Néguev qui sont visés : « Le Gouvernement a approuvé un plan qui provoquera le déplacement et l’éviction forcée de douzaines de villages et de dizaines de milliers de Bédouins » explique l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI). « Tout cela alors que dans le même temps, le gouvernement installe de nouvelles communautés juives, certaines devant même être construites sur les ruines toutes fraîches des villages bédouins ». Selon l’ACRI, le plan Prawer-Begin envisage l’éviction de 30 à 40.000 bédouins, ce qui détruira leur mode de vie et les condamnera à la pauvreté et au chômage.

Alors que les Bédouins affirment posséder les terres dans le désert avant l’établissement de l’état israélien, celui-ci refuse de reconnaître 35 villages qui abritent environ la moitié des bédouins citoyens israéliens soit 90.000 personnes. Ces villages ne figurent pas sur les cartes officielles, ils sont dépourvus de services de base ; adduction d’eau, routes goudronnées ou raccordement électrique et toute construction en dur y est interdite.

La politique raciste et violente des autorités israéliennes se manifeste sous de nombreux autres aspects. Il faut ainsi citer l’emprisonnement illégal et les abus contre les enfants palestiniens, rappeler le MUR déclaré illégal en 2004 par la Cour Internationale de Justice et le blocus tout aussi illégal de Gaza, les confiscations de terre, les oliviers arrachés, les maisons détruites, sans parler des dizaines de résolutions des Nations Unies non respectées par les autorités israéliennes occupantes.

Yaïr, vous le savez, les dirigeants israéliens ont bien compris les conséquences des massacres des populations civiles à Gaza sur l’opinion publique internationale. En vertu d’une campagne appelée « Brand Israël » (Pour l’image de marque d’Israël), ils ont expressément déclaré leur intention de minimiser l’importance du conflit palestinien en utilisant la culture et les arts, les artistes et intellectuels israéliens pour tenter de dissimuler les centaines d’enfants pulvérisés par les F16 ou brûlés par le phosphore, les écoles et hôpitaux des Nations unies bombardés, et tenter de rendre présentable la politique israélienne !!

Alors, s’il vous plaît, Yaïr, ne prêtez pas votre nom pour donner une légitimité à la politique d’apartheid et d’occupation des terres du peuple autochtone de Palestine ! Nous faisons appel à vous pour rejoindre le flot grossissant de ceux qui disent « PAS EN NOTRE NOM » et se tiennent du côté de la justice, de la paix, de l’amour et de la dignité pour tous !

Le réseau Palestine Marseille




Délégation « Europe Ecologie Les Verts » : Les pieds nickelés en Israël

Le 6 juin 2013 – Communiqué de presse

Un exemple de Nous apprenons qu’une dizaine de parlementaires écologistes et un membre de la direction d’Europe Ecologie-Les Verts s’envolent discrètement ce jeudi 6 juin, pour un voyage de quatre jours en Israël, en faisant un petit tour en Palestine. Parmi eux, Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat, et son homologue de l’Assemblée nationale, François de Rugy. Une quasi délégation officielle !

Ce voyage est organisé et financé par le lobby pro israélien Elnet, qui se définie comme « une organisation européenne qui œuvre au renforcement des relations bilatérales entre l’Europe et Israël, basées sur des valeurs démocratiques partagées et des intérêts stratégiques communs ». tout est dit.

A cette occasion la délégation rencontrera le criminel de guerre Shimon Pérès et de nombreux responsables israéliens.

Monsieur Placé indique . « Notre seule demande a été d’avoir des rencontres très équilibrées entre Israéliens et Palestiniens ». De qui monsieur Placé se moque t-il ? L’ignorance crasse et la cécité de monsieur Placé est elle à ce point d’ignorer qu’il n’y a aucun point d’égalité entre Israël et la Palestine ?

Monsieur Rugy surenchérit : . « Dans cette région-là, le fait d’y aller et de toucher du doigt la réalité, c’est important mais on n’est pas là pour prendre fait et cause pour l’un ou pour l’autre ». Pour monsieur Rugy visiblement l’esprit munichois est de rigueur !

Quel équilibre peut il exister entre l’occupant et l’occupé ? de quoi nous parle t-on lorsque nous savons qu’il n’y a aucun équilibre dans cette partie du Monde et qu’Israël a fermé toute les portes pour une issue politique juste pour le peuple palestinien (occupation, meurtres, apartheid, colonisation …).

Les élus Verts n’avaient ils pas les moyens politiques et financiers ( ! ) d’aller voir la réalité du terrain en Palestine et de rencontrer les opposants israéliens à la politique d’Apartheid , comme le font de nombreux citoyens ayant moins de moyens que des parlementaires ?

Messieurs Placé et Rugy auraient ils rencontré, en Afrique du Sud, en 1990, monsieur De Klerk pendant que Mandela était au fond de son cachot ? Ce qui est le cas de plus de 6000 palestiniens !

En allant à la table d’Israël, la délégation « d’Europe Ecologie les Verts » porte un mauvais coup aux forces de la paix en Palestine et Israël, en renforçant de facto l’image d’Israël !

Nous appelons l’ensemble des responsables d’Europe Ecologie les Verts, des militants et adhérents à condamner fermement ce voyage de leurs pieds nickelés « Verts »

- Lire le blog du Monde.fr

- Lire aussi l’article du Monde sur l’Agence Media Palestine


Communiqué de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

Israël/Palestine : une délégation de parlementaires d’EELV au programme déconcertant

Une délégation officielle de parlementaires d’Europe Ecologie Les Verts doit se rendre en Israël et dans le territoire occupé palestinien du 6 au 10 juin. Au programme, sur quatre jours, seules quelques heures prévues à Ramallah.

Paris le 5 juin 2013,

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine découvre avec étonnement le programme d’une délégation officielle de parlementaires d’Europe Ecologie Les Verts conduite par Jean Vincent Placé, prévue du 6 au 10 juin en Israël et dans le territoire occupé palestinien.

Selon un article de L’Express, au programme de ces quatre jours de visite, seul un « crochet par Ramallah pour un rendez-vous avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas » est prévu. Aucune visite de terrain et aucune rencontre avec des acteurs de la société civile palestinienne, alors que des récentes informations font état de deux nouveaux projets de colonisation en Cisjordanie portant sur plus d’un millier de logements.

Le reste du séjour est notamment consacré, côté israélien, à des « entretiens » avec Shimon Peres et Tzipi Livni. Rappelons que Tzipi Livni était chef de la diplomatie israélienne au moment de l’opération militaire israélienne de décembre 2008-janvier 2009, pendant laquelle 1 410 Palestiniens ont été tués, dont plus de 80% de civils. Un mandat d’arrêt pour crimes de guerre avait par ailleurs été émis par un tribunal britannique en décembre 2009 qui avait obligé Tzipi Livni à annuler sa visite à Londres. Des « discussions » sont aussi prévues « avec des acteurs économiques et des membres d’ONG travaillant notamment sur la problématique de l’eau ». Rappelons à M. Placé ce chiffre[1] concernant cette problématique : les colons israéliens, installés illégalement en Cisjordanie, consomment près de 6 fois plus d’eau que les 2,6 millions de Palestiniens qui y vivent.

EELV a condamné « la politique du gouvernement israélien » qui « par la colonisation au-delà des frontières de 1967, la judaïsation de Jérusalem-Est, la poursuite du blocus de Gaza va à l’encontre de la solution de deux états ». Il nous semble que le parti EELV ne peut approuver le programme déséquilibré de cette délégation, qui contraste avec ses positions sur le conflit israélo-palestinien.

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine demande aux parlementaires d’EELV des précisions sur ce voyage et insiste sur la nécessité d’introduire dans la visite de cette délégation des rencontres avec les acteurs des deux sociétés civiles, palestinienne et israélienne.




A propos de la soirée « La Tunisie qu’on aime »

Quel lien entre ‘Opinion Internationale’ et Le Fond National Juif (KKL)?

Lundi 10 juin se tient l’étape française de l’initiative artistique « La Tunisie qu’on aime ». Cet événement qui a déjà eu lieu à Tunis se fera autour de figures importantes de la scène artistique tunisienne comme Lotfi Abdelli avec la participation d’artistes amis de la Tunisie dont notamment Guy Bedos et Michel Boujenah. Plusieurs associations sont également impliquées dans la réussite de cet événement, chose que nous souhaitons également car les occasions de montrer le visage de la Tunisie libérée de la dictature sont toutes bonnes à prendre, en particulier quand il s’agit de montrer le talent de ses créateurs et artistes. Cependant, une fausse note nous empêche de partager l’harmonie de cette fête.

En effet, l’événement est soutenu par un journal en ligne « Opinion Internationale » qui se permet de faire l’apologie sur ses pages du KKL, le fonds national juif, qui se définit lui même comme « le bras armé du sionisme ». Le titre même de l’article « Israël : des boîtes bleues pour un poumon vert » révèle l’opération de propagande visant à remaquiller le KKL en acteur écologique qui plante des forêts. Un procédé déjà dénoncé en 2011 dans une pétition d’Amnesty International qui s’intitulait : « contre l’expulsion des habitants et la destruction d’un village bédouin sur lequel le FNJ veut implanter une forêt » Ne nous méprenons pas, Il ne s’agit pas d’un article informatif, mais plutôt d’un publi-reportage au service d’une basse entreprise. Ainsi la conclusion de l’article ne laisse aucun doute : « Devant l’ampleur et la diversité du travail réalisé depuis sa naissance, le KKL s’est affirmé comme l’une des organisations juive les plus respectées de par le monde. « Ensemble nous avons marqué d’une empreinte indélébile la terre d’Israël », souligne Efi Stenzler, président mondial du KKL. Souhaitons à l’organisation centenaire d’en laisser encore beaucoup d’autres. » Qu’est ce que le KKL?

Les premières ligne de la page de wikipedia plantent le décor: Le Fonds national juif (FNJ) ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL), en hébreu, est un fonds qui possède et gère plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres en Israël. Fondé en 1901 en tant que fonds central du mouvement sioniste, il s’occupa du rachat de terres en Palestine et de la préparation des futurs pionniers sur le terrain. Le KKL a été identifié comme cible principale du mouvement de solidarité avec la Palestine dans le monde, notamment par le mouvement BDS. Des pages entières peuvent être écrite sur le rôle du KKL dans l’expropriation des terres palestiniennes, l’arrachement des populations autochtones palestiniennes, et l’instauration de l’apartheid israélien.

L’action du KKL aujourd’hui dénoncée par la communauté internationale, c’est la mise en œuvre du Plan Prawer approuvé le 6 mai 2013 par le Comité ministériel israélien sur la législation. Ce plan prévoit la destruction de 35 villages bédouins dits « non reconnus » la dépossession et le déplacement forcé de 70 000 Bédouins palestiniens citoyens d’Israël dans le Néguev, pour planter ces fameuses forêts, et implanter une population juive. La boîte bleue et l’argent qu’elle permet de collecter va servir à cela. Le « poumon vert » c’est encore une fois l’expulsion et le déracinement de la population palestinienne. Opinion Internationale, journal fondé par Michel Taube, principal organisateur de l’événement « la Tunisie qu’on aime » prend ainsi le parti pris d’encenser l’«œuvre» du KKL. Refus de tout amalgame !

La Tunisie d’aujourd’hui, celle que les signataires aiment, est une Tunisie qui refuse tout amalgame. Celui en particulier qui considère que tous les juifs sont sionistes. De la même manière qu’elle refuse aussi l’article sur l’accession à la présidence du pays dans la dernière version de la constitution qui ferait des juifs tunisiens des citoyens de seconde zone puisqu’il les priverait d’un droit accordé à d’autres citoyens. Nous considérons également qu’en Israël les juifs sont aussi les victimes d’une politique coloniale dont ils ne portent pas tous la responsabilité et dont ils subissent pourtant les conséquences.

Il y a également des juifs en Israël et dans le monde qui combattent aux côtés des Palestiniens, contre l’apartheid israélien pour promouvoir une société de citoyens égaux en droits. Leur courage mérite le respect. Quant à nous, nous préférons penser que les amis de la Tunisie sont ceux qui dans l’ère qui s’ouvre des révolutions arabes, voudront œuvrer ensemble à plus de justice et d’égalité et une perspective de paix véritable, fondée sur la reconnaissance des droits des Palestiniens.

Premiers Signataires : Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR). Union Juive Française pour la Paix (UJFP). Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP).




Des Israéliens contre l’apartheid écrivent aussi à Julien Clerc

Cher Julien Clerc,

Nous sommes des citoyens israéliens, mobilisés contre les politiques de racisme, d’occupation et d’apartheid de notre gouvernement. Nous connaissons et aimons votre musique, et nous admirons votre travail pour la promotion des principes des droits de l’homme, en particulier en tant qu’ambassadeur de bonne volonté pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR). Nous voudrions vous demander de ne pas vous produire à Tel Aviv pour l’instant. S’il vous plaît, reportez votre concert à une période où notre gouvernement respectera la démocratie. Les Palestiniens savent très bien ce que cela signifie d’être des réfugiés sans maison et sans Etat.

Plusieurs quartiers de Tel Aviv, non loin du lieu où votre concert est programmé, ont été construits sur les ruines de villages palestiniens, dont les habitants ont été expulsés et forcés à fuir en 1948 pendant la Nakba. De nombreux réfugiés palestiniens, ou leurs descendants, vivent aujourd’hui dans des camps de réfugiés à Gaza, qui est étranglée par le contrôle militaire d’Israël, ou en Cisjordanie, qui est sous occupation israélienne directe et brutale. La Nakba est un processus qui continue : le gouvernement israélien déplace et expulse des Palestiniens de différents secteurs sous son contrôle, dans le but de maintenir une majorité juive sur autant de terre que possible.

Par exemple : * Notre gouvernement a entrepris actuellement l’expulsion des communautés palestiniennes des collines du Sud d’Hébron en déclarant leurs zones d’habitat « zone de tirs militaires » (http://www.btselem.org/publications/fulltext/918). Ces gens, comme les autres Palestiniens sous occupation, sont torturés, maltraités et opprimés par l’armée israélienne. * Ce mois-ci, notre gouvernement a voté en faveur d’un plan raciste à grande échelle visant à déraciner des dizaines de milliers de citoyens bédouins d’Israël dans la région du sud Néguev, dans le but de construire des agglomérations qui seront habitées principalement par des citoyens juifs d’Israël (http://www.avaaz.org/en/petition/Stop_Prawer/). La politique continue raciste et violente de notre gouvernement revêt de nombreux aspects. Nous tenons également à citer l’emprisonnement illégal et les abus d’Israël contre les enfants palestiniens (http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2013/04/palestinian-detained-children-education-israel.html).

En outre, vos fans palestiniens qui vivent à Gaza et en Cisjordanie sous occupation israélienne ne seront pas autorisés à traverser la soi-disant « ligne verte » pour venir écouter des concerts tels que le vôtre à Tel Aviv. En réponse aux violations israéliennes des droits de l’homme et du droit international, plus de 150 ONG de la société civile palestinienne ont appelé à une campagne mondiale de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Dans le cadre de cette campagne, il est demandé aux artistes internationaux de ne pas se produire en Israël tant que notre gouvernement n’inversera pas sa politique. Cette campagne fait suite à une lutte similaire, il y a plusieurs décennies, contre l’apartheid en Afrique du Sud. Tel Aviv est la nouvelle Sun City, et nous demandons à des artistes comme vous de ne pas jouer dans cette ville. Comme l’Afrique du Sud de l’apartheid, le gouvernement israélien essaie d’exploiter les représentations et concerts internationaux en Israël, comme le vôtre, pour faire passer le pays pour un « lieu cool, amical et démocratique ». Au vu de ce qui précède, nous voudrions vous demander de ne pas vous produire en Israël pour l’instant.

S’il vous plaît, reportez votre concert à une période où notre gouvernement respectera la démocratie. Nous serons heureux de répondre à toute question ou commentaire que vous pourriez faire.

Cordialement,
Boycott! Supporting the Palestinian BDS Call from Within (aka Boycott from Within) Boycott ! En soutien à l’appel palestinien BDS de l’intérieur (c-à-d Boycott de l’intérieur) boycottisrael.info admin@boycottisrael.info

Traduction: MR pour la Campagne BDS France

—–
Dear Julien Clerc, We are Israeli citizens, We would like to ask you not to perform in Tel Aviv

Dear Julien Clerc,

We are Israeli citizens, active against our government’s policies of
racism, occupation and apartheid.

We know and love your music, and we admire your efforts for the promotion
of human rights principles, especially as a goodwill ambassador for the
United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR). W
e would like to ask you not to perform in Tel Aviv for now. Please postpone
your concert to a time when our democracy is respected by our government.
he Palestinian people know very well what it means to be homeless and
stateless refugees. Several neighborhoods in Tel Aviv, not far from where
your concert is scheduled to take place,  were founded on the ruins of
Palestinian villages, whose inhabitants had been expelled or forced to flee
in 1948 during the Nakba. Many Palestinian refugees, or their descendants,
reside nowadays in refugee camps in Gaza, which is under Israel’s
strangulating military control, or in the West Bank, which is under
Israel’s direct brutal occupation.

The Nakba is an ongoing process: The Israeli government displaces and
expels Palestinian from numerous areas under its control. in order to
maintain a Jewish majority over as much land as possible.

For example:

* Our government is now pursuing the expulsion of Palestinian communities
in the South Hebron Hills through the declaration of their habitat as a
military firing zone (http://www.btselem.org/publications/fulltext/918). In
the meantime, these people, like other Palestinians under occupation, are
being tortured, abused and oppressed by the Israeli army.

* Just this month, our government has voted in favour of a large scale
racist plan to uproot tens of thousands of Bedouin citizens of Israel in
the southern Negeb area, in order to build communities which will be
inhabited mostly by Jewish citizens of Israel (
http://www.avaaz.org/en/petition/Stop_Prawer/)
There are many aspects to our government’s ongoing racist, violent
policies. We would also like to note Israel’s illegal imprisonment and
abuse of of Palestinian children
(
http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2013/04/palestinian-detained-c…
)

Furthermore, Palestinian fans of your music who live in Gaza or in the West
Bank under Israel’s occupation are not even allowed to cross the so-called
« green line »and come to Tel Aviv for concerts such as yours.

In response to Israel’s violations of human rights and international law,
more than 150 Palestinian civil society NGOs have called for a global
campaign of boycott, divestment and sanctions (BDS). As part of the
campaign, international artists are asked not to perform in Israel until
our government reverses its policies.

This campaign follows a similar struggle several decades ago against
apartheid South Africa. Tel Aviv is the new Sun City, and we are asking
artists like you not to play in this city. Just like apartheid south
Africa, the Israeli government tries to exploit international performances
in Israel, such as yours, to market it as a « cool, friendly and democratic
place ».

In view of the above, we would like to ask you not to perform in Tel Aviv
for now, Please postpone your concert to a time when democracy is respected
by our government.

We will gladly address any questions or comments you may have.

Sincerely,

Boycott! Supporting the Palestinian BDS Call from Within (aka Boycott from
Within)

*

boycottisrael.info
admin@boycottisrael.info

http://boycottisrael.info/content/dear-julien-clerc-we-are-israeli-citizens-we-would-ask-you-not-perform-tel-aviv




Lettre ouverte à Julien Clerc de la campagne BDS France

Pour relayer la campagne qui vise à faire annuler le concert de Julien Clerc à Tel Aviv en juillet, partagez, et diffusez largement la vidéo ci-dessus dans vos réseaux ! Et n’oubliez pas de l’interpeller à votre tour, par exemple sur la page facebook de cette campagne ou sur la sienne où vous pouvez laisser vos messages !

Lettre ouverte de la Campagne BDS France à Julien Clerc

Julien Clerc
VMA Voyez mon Agent
20 Avenue Rapp
75007 Paris
Paris, le 24 février 2013

Julien Clerc,

Un concert de vous est annoncé le 7 juillet prochain à l’Opéra National de Tel Aviv.

C’est vous, l’ambassadeur de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, que nous voudrions interpeller aujourd’hui. Vous ne pouvez ignorer les 4 millions de réfugiés palestiniens encore aujourd’hui (d’après l’UNRWA: agence des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens) alors que l’Assemblée générale des Nations unies a voté le droit au retour des réfugiés palestiniens dans sa résolution 194 du 11 décembre 1948… c’était il y a 64 ans.

Le rôle que vous assumez comme ambassadeur n’est-il pas aussi celui de porte parole pour les droits de ces millions de personnes déracinées par la force ?
Vous qui chantiez « Partir Partir, même loin de quelqu’un ou de quelqu’une même pas pour aller chercher fortune oh partir sans rien dire vivre en s’en allant», vous ne pouvez ignorer que vivre en s’en allant c’est le quotidien d’une trop grande part de la population palestinienne quand elle peut encore vivre, entre les incursions militaires régulières meurtrières sur Gaza assiégée, les nombreux check points qui rendent la circulation impossible en Cisjordanie, les privations quotidiennes d’eau, d’électricité, de nourriture, et l’arbitraire de la justice israélienne qui détient dans ses prisons plus de 4600 prisonniers politiques palestiniens dont 210 enfants.

Nous vous proposons aussi de lire le rapport remis le 31 janvier 2013 par une mission internationale de l’ONU chargée d’étudier l’impact des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés: « L’ampleur des violations commises par Israël s’agissant de la dépossession de terres, des évictions, des démolitions de logement et des expulsions de Palestiniens confirment le caractère généralisé de ces violations. La violence et l’intimidation à l’encontre des Palestiniens est motivée par le désir de chasser les populations locales de leurs terres, permettant ainsi l’expansion des colonies de peuplement ». (1)

Cher Julien Clerc, irez vous chanter en Israël sachant que le peuple palestinien ne pourra venir vous applaudir car il est relégué derrière un mur de séparation que la Cour Internationale de Justice a condamné par ces mots: « L’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international ».Pouvez-vous cautionner par votre présence et votre chant la politique d’oppression quotidienne exercée en toute impunité sur la population palestinienne?

Pouvez -vous, vous l’ambassadeur de bonne volonté faire comme si vous ne saviez pas?

Nous vous le demandons, dites non ! N’acceptez pas de « blanchir » par votre présence et votre chant ce que certains appellent la démocratie israélienne.
Démocratie qui ne concerne aujourd’hui qu’une partie de la population de ce pays, alors que l’autre palestinienne doit se contenter dans le meilleur des cas d’ une
citoyenneté de seconde zone et subit un régime de discriminations légales.

La campagne BDS (Boycott-Désinvestissements-Sanctions), nous tenons à vous le préciser, n’est pas une campagne contre les Israéliens, elle ne vise pas des
personnes, mais un régime politique et ses institutions. C’est une campagne internationale pacifiste qui vise, à la demande de la société civile palestinienne
soutenue par la frange la plus progressiste des citoyens israéliens , à briser l’impunité accordée à Israël quoiqu’il fasse, en boycottant le régime israélien et ses
institutions tant qu’il ne respectera pas le droit international.

La campagne BDS s’inspire de la campagne contre l’Apartheid en Afrique du Sud et à présent on compte de nombreuses personnalités artistiques qui ont choisi en leur âme et conscience de ne pas participer à cette politique d’Apartheid en la cautionnant par leur présence. Elles ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que son gouvernement ne respectera pas le droit international. Parmi elles: Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, Les Pixies ou Massive Attack, et aussi Peter Brook, Susan Sarrandon et de nombreux acteurs et comédiens du monde entier.

Julien Clerc, vous le chanteur engagé pour de nombreuses causes humanitaires ;des Enfoirés à Chanteurs sans frontières, de l’action mondiale contre la pauvreté au soutien aux réfugiés, ne fermez pas les yeux, n’ignorez pas les innombrables violations des droits humains exercées par un régime aujourd’hui d’extrême droite et qui ne cherche qu’à se renforcer du fait de la présence d’artistes tels que vous.

Nous vous proposons d’annuler ce concert pour servir la cause de la justice, et du respect du droit, en conformité avec vos engagements de toujours. Nous serions très honorés de pouvoir vous rencontrer pour discuter avec vous de tout ceci si vous le souhaitez, et nous restons à votre entière disposition pour vous fournir toute information utile. .

Linda, pour la campagne BDS France

« Rester neutre face à l’injustice, c’est avoir choisi son camp. »
Desmond TuTu

La Campagne BDS France

(1) http://www.un.org/french/newscentre/pdf/2013/31012013Fr.pdf
(1)http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=29734&Cr=Isra%EBl&Cr1=colonies#.USXcLvKLVfQ




Lettre de la Campagne BDS France à Tinariwen

Paris, le 19 Avril 2013
wavelabinc@gmail.com rab@sasa.demon.co.uk

Chers membres de Tinariwen,

Vous êtes en ce moment en tournée aux Etats-Unis puis vous viendrez en Mai en Europe et au Maroc. Bien que la date n’apparaisse pas sur votre site internet, vous êtes programmés au festival « PlugFest » dans le désert du Néguev, en Israël.

Faisant vous même partie d’un peuple opprimé, vous n’êtes pas sans connaître la situation dans laquelle vivent les Palestiniens, qu’ils soient de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, d’Israël ou même réfugiés.

Mais peut-être ne savez-vous pas que les Palestiniens ont appelé les artistes internationaux à ne pas jouer en Israël tant que cet Etat continue d’ignorer toutes les résolutions des Nations unies, de bafouer le droit international et de priver le peuple palestinien de ses droits humains les plus élémentaires.

Vous pouvez lire l’appel ici : http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=11&Itemid=13&lang=fr#CR

En voici un extrait :

« Puisque les institutions académiques israéliennes (essentiellement contrôlées par l’État) et la vaste majorité des intellectuels et universitaires Israéliens ont, soit contribué directement au maintien, à la défense ou à la justification des formes d’oppression susmentionnées, soit ont été complices par leur silence,

Etant donné que toutes les formes d’intervention internationales ont jusqu’à présent échoué à forcer Israël à se conformer au droit international ou à mettre fin à sa répression des Palestiniens, ce qui s’est manifesté de multiples façons, dont des sièges, des tueries indiscriminées, des destructions gratuites et le mur colonial raciste,

[…] Nous, universitaires et intellectuels palestiniens, appelons nos collègues dans la communauté internationale à boycotter complètement et en permanence toutes les institutions académiques et culturelles israéliennes pour contribuer à la lutte pour terminer l’occupation, la colonisation et le système d’apartheid israéliens, en appliquant ce qui suit :

Retenez-vous de participer à toute sorte de coopération, collaboration ou projet culturel conjoint, académique ou culturelle, avec des institutions israéliennes […] »

Ces trois dernières années, de nombreux artistes de premier plan ont répondu à cet appel en refusant de se produire en Israël. Parmi eux, nous pouvons citer Oumou Sangaré, Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray est une artiste qui a donné un concert en 2011, mais elle l’a regretté et n’y retournera pas. Elle a déclaré publiquement : « J’ai pris conscience et je n’aurais absolument pas joué si j’avais su même un peu de ce que je sais maintenant ».

Se produire en Israël aujourd’hui, c’est comme faire une déclaration de complicité politique. Vous pensez peut être pouvoir jouer en Israël simplement en tant qu’artiste pour un concert comme un autre sur votre tournée mais votre présence sera interprétée pour dépeindre cette société coloniale impitoyable comme normale, et les atrocités incessantes contre le peuple palestinien comme une chose à ignorer. Israël admet ouvertement qu’il utilise les événements culturels comme des outils de propagande, et il utilisera votre image pour tenter de camoufler quelque chose de très systématique et de très répugnant.

Il va sans dire que si vous jouez en Israël, ce sera devant une audience ségréguée, parce qu’aucun de vos fans palestiniens de Gaza ou de la Cisjordanie toute proche, n’aura le droit de venir vous écouter.  Est-il imaginable qu’au cours de la longue lutte contre l’Afrique du Sud de l’Apartheid, vous y auriez voyagé pour jouer pour les suprématistes blancs ?

Nous espérons sincèrement que vous y réfléchirez. Nous vous demandons de vous retenir de participer au « PlugFest » et à toute autre concert en Israël tant que cet état ne respectera pas le droit international.

Il y a une vague – toute une vague internationale de gens qui soutiennent la justice pour les Palestiniens par des boycotts consommateurs, des boycotts universitaires, des boycotts culturels. Annulez votre concert et surfez sur cette vague. S’il vous plaît, n’y allez pas.

Sincèrement Vôtre,

Loic, pour la Campagne BDS France

www.bdsfrance.org

campagnebdsfrance@yahoo.fr




Lettre ouverte aux participants du colloque « Psychiatres du monde »

Paris, 20 Mars 2013

Madame, Monsieur,

 L’organisation dont vous êtes membre, Psychiatres du monde, organise, sous l’égide de l’ambassade de France, les Premières Rencontres franco-israéliennes de psychiatrie, psychothérapie, psychanalyse à Tel Aviv du 6 au 8 mai prochains.

Si le thème retenu, L’intergénérationnel en psychiatrie et psychopathologie aujourd’hui, pose des questions à l’ensemble des sociétés, quels que soient le lieu et l’époque, il n’en demeure pas moins que cette conférence va se dérouler dans un contexte particulier.

En tant que campagne pour le Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que celui-ci se conforme au droit international, nous tenons à attirer votre attention sur ce contexte.

La question qui vous réunit ne peut laisser ignorer la politique israélienne à l’égard des Palestiniens qui vivent, depuis plus de soixante ans, soit dans un État où ils sont discriminés et où règne à leur égard une véritable xénophobie d’État, soit sous occupation, où la règle qui leur est imposée peut être assimilée à celle de l’apartheid, ainsi qu’elle a été qualifiée aussi bien par l’ONU et par Monseigneur Desmond Tutu que par une délégation de la Cosatu, la plus grande organisation syndicale d’Afrique du Sud. Sans oublier, bien sûr, les millions de réfugiés à qui il est refusé le droit au retour et sont de fait privés du lien intergénérationnel.

Vous allez vous réunir pendant trois jours pour échanger et partager sur le concept « intergénérationnel » dans une société qui empêche un peuple tout entier de jouir et de mettre en œuvre ce lien intergénérationnel, puisque les familles sont coupées les unes des autres suite à la construction illégale du mur de séparation1, ou bien qui sont interdites de se rendre visite, il est ici fait mention des familles dont une partie des membres vit en Cisjordanie et l’autre dans la Bande de Gaza, ou qui sont dans l’incapacité de mener une vie de famille normale puisqu’il est interdit, pour les Palestiniens d’Israël de se marier avec des Palestiniens des territoires illégalement occupés ou même d‘avoir des relations avec eux.

Il s’agit de violations graves auxquelles, plusieurs fois l’ONU, aussi bien par des résolutions du Conseil de sécurité que de l’Assemblée générale, a demandé de mettre fin car elles heurtent le droit à la vie, le droit à la dignité humaine et le droit à la paix et à la sécurité internationales.

Comment, compte tenu de ce contexte fortement modifié en négatif par l’occupation illégale dont sont victimes les Palestiniens et marqué par un total déni des institutions israéliennes qui vous invitent, réfléchir sereinement aux atouts de l’intergénérationnel et de ce que cela peut permettre de résolution de blocages tant psychiatriques que psychopathologiques quand la médiation entre membres est possible et surtout favorisée par des conditions de vie ouverte sur le vivre ensemble, dans un contexte qui est Pour toutes ces raisons, nous vous engageons à refuser de participer à des Rencontres organisées dans un pays qui refuse le droit à la dignité humaine à l’ensemble des Palestiniens, le droit à l’autodétermination au peuple palestinien, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’ensemble de la société israélienne.

Ce n’est pas pour rien que certains psychiatres, psychanalystes et psychologues se sont engagés contre l’occupation illégale.

Nous vous invitons, au nom de votre engagement professionnel qui vise au bien-être de chacun dans sa différence et ce quel que soit le contexte dans lequel il évolue, à ne pas vous rendre en Israël. Il est temps de refuser de cautionner de quelque manière que ce soit la politique mortifère de ce pays.

Nous vous remercions pour porter une attention toute particulière à ce courrier et vous prions de croire, Madame, Monsieur, en notre considération.

Cordialement,

Pour la Campagne BDS France,

campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/

1 Il est fait ici référence à l’avis du 7 juillet 2004 rendue à ce sujet par la Cour internationale de Justice




Lettre de la Campagne BDS France à Alicia Keys

Scroll down to read the original in English

Alicia Keys

c/o Jeff Robinson

MBK Entertainment

240 West 35th Street, 18th Floor

New York, NY 10001

USA

 

le 8 avril 2013

Chère Alicia Keys,

Ici en France, vos fans se réjouissent de votre venue en juin à Paris. Mais nous sommes consternés d’apprendre que les organisateurs de votre tournée ont inclus dans votre programme un concert le 4 juillet à Tel-Aviv.

Peut-être ne savez-vous pas que les Palestiniens ont appelé les artistes internationaux à ne pas jouer en Israël tant que cet Etat continue d’ignorer toutes les résolutions des Nations unies, de bafouer le droit international et de priver le peuple palestinien de ses droits humains les plus élémentaires.

Peut-être ne savez-vous pas que lors des trois dernières années, de nombreux artistes de premier plan ont répondu à l’appel en refusant de paraître en Israël ; et que d’autres qui avaient initialement accepté ont annulé leur représentation, préférant montrer leur soutien à la lutte du peuple palestinien contre l’oppression israélienne.

Ceux-ci incluent Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray est une artiste qui a donné un concert en 2011, mais elle l’a regretté et n’y retournera pas. Elle a déclaré publiquement : « J’ai pris conscience et je n’aurais absolument pas joué si j’avais su même un peu de ce que je sais maintenant ».

L’occupation israélienne dure maintenant depuis des décennies et fait de la vie des Palestiniens un enfer sur terre. C’est une occupation qui engloutit la terre palestinienne pour construire de grandes colonies illégales et des routes réservées aux colons. C’est une occupation qui vole l’eau – 80 % des eaux de la Cisjordanie sont prises par Israël pour que les colons sur leurs collines aient des pelouses vertes et remplissent leurs piscines tandis que dans les villages en contrebas les Palestiniens n’ont pas d’eau courante. C’est une occupation qui tue, torture, humilie, qui emprisonne hommes, femmes et enfants sans charges ni procès, qui détruit les maisons, pousse les Palestiniens vers des ghettos fermés et, à l’aide de check-points, de routes coupées et d’un système de permis digne de l’Apartheid, empêche les Palestiniens d’aller au travail, les enfants d’aller à l’école, les agriculteurs de récolter, les femmes enceintes et les grands malades d’atteindre l’hôpital.

La violence israélienne n’épargne personne. Rien que la semaine dernière, Hasan Barhoush, un vieux fermier chétif de 80 ans, a été attaqué brutalement par un groupe de colons israéliens et est maintenant soigné à l’hôpital de Tulkarem. Un autre groupe de colons a jeté des pierres sur un bus scolaire près de Naplouse, brisant les fenêtres et blessant de jeunes enfants dont sept ont dû être hospitalisés. Aucun Israélien ne sera puni pour une telle sauvagerie. Ce n’était qu’un autre jour ordinaire en Palestine occupée.

Nous pensons que vous êtes trop intelligente pour ne pas réaliser que se produire en Israël aujourd’hui, c’est comme faire une déclaration politique. Israël admet ouvertement qu’il utilise les événements culturels comme des outils de propagande, et il utilisera votre image pour tenter de camoufler quelque chose de très systématique et de très répugnant. Quelle que soit votre croyance de pouvoir aller là simplement en tant qu’artiste, votre présence sera interprétée pour dépeindre cette société coloniale impitoyable comme normale, et les atrocités incessantes contre le peuple palestinien comme une chose à ignorer. Nous espérons sincèrement que vous y réfléchirez.

Il va sans dire que si vous jouez à Tel-Aviv, ce sera devant une audience ségréguée, parce qu’aucun de vos fans palestiniens de Gaza ou de la Cisjordanie toute proche, n’aura le droit de venir vous écouter.   Est-il imaginable qu’au cours de la longue lutte contre l’Afrique du Sud de l’Apartheid, vous y auriez voyagé pour jouer pour les suprématistes blancs ? Si votre réponse est Non, alors vous souhaitez déjà boycotter un système cruel et injuste.

Il y a une vague, Alicia – toute une vague internationale de gens qui soutiennent la justice pour les Palestiniens par des boycotts consommateurs, des boycotts universitaires, des boycotts culturels. Annulez votre concert et surfez sur cette vague – S’il vous plaît, n’y allez pas.

Sincèrement vôtre,

Campagne BDS France

CICP – 21 ter rue Voltaire

75011 Paris

campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/

 

————-

 

Alicia Keys

c/o Jeff Robinson

MBK Entertainment

240 West 35th Street, 18th Floor

New York, NY 10001

USA

 

April 8, 2013

Dear Alicia Keys,

All your fans here in France are excited that you’re coming to Paris in June. But we’re dismayed to learn that the organizers of your tour have included in your schedule a performance on July 4th in Tel Aviv.

Maybe you don’t know that the Palestinians have appealed to international artists not to play in Israel while it continues to ignore all United Nations resolutions, flout international law, and deprive the Palestinian people of their most elementary human rights.

Maybe you don’t know that in the past three years many prominent artists have responded to the appeal by refusing to appear in Israel, and others who had initially accepted to play there have cancelled their performances, preferring to show their support for the struggle of the Palestinian people against Israeli oppression.

They include Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, the late Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray is one artist who did perform there in 2011, but she regretted it and won’t be going back. She stated publicly: “I had a reality check and I definitely would not have played there if I had known even the little that I know now.”

Israel’s occupation has endured now for decades, and makes the Palestinians’ life a hell on earth. It’s an occupation that gobbles up Palestinian land to build vast illegal settlements and settlers-only roads. It’s an occupation that steals water – 80% of the West Bank’s water is taken by Israel so that the settlers on their hilltops can have green lawns and fill their swimming pools, while in the villages below Palestinians have no running water. It’s an occupation that kills, tortures, humiliates, that imprisons men, women and children without charge or trial, bulldozes houses, herds Palestinians into walled ghettos and, through the checkpoints, roadblocks, and an apartheid-like pass system, prevents Palestinians from going to work, children from going to school, farmers from harvesting their crops, pregnant women and the critically ill from reaching hospital.

Israeli violence spares no one. Just last week, Hasan Barhoush, a frail 80-year old farmer, was brutally attacked by a group of Israeli settlers and now lies in hospital in Tulkarem. A different group of settlers hurled rocks at a school bus near Nablus, shattering windows and wounding young children, seven of whom had to be hospitalized. No Israeli will be punished for such savagery. That was just another ordinary day in occupied Palestine.

We think you’re too smart not to realize that performing in Israel today is like making a political statement.   Israel openly admits to using cultural events as a propaganda tool, and it will use your image in an attempt to camouflage something very systematic and very ugly. However much you believe that you can go there simply as an artist, your presence will be spun to paint this ruthless colonial society as being normal, and the unrelenting atrocities against the Palestinian people as something to be ignored. We sincerely hope you will think again.

It goes without saying that if you play in Tel Aviv, it will be before a segregated audience, because none of your Palestinian fans either in Gaza or in the West Bank just a short drive away, will be allowed to come and hear you. Is it conceivable that, during the long struggle against apartheid South Africa, you would have travelled there to perform for the white supremacists? If your answer is No, then you’re already willing to boycott a cruel and unjust system.

There’s a wave, Alicia – a whole international wave of people supporting justice for the Palestinians via consumer boycotts, academic boycotts, cultural boycotts.   Cancel your gig and ride that wave – Please don’t go.

Yours truly,

BDS French Campaign

CICP – 21 ter rue Voltaire

75011 Paris, France

campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/




Lettre aux participants du colloque de Science Po, Avril 2013

Une version pdf de cette lettre, envoyée à touTEs les participantEs du colloque, est  disponible ici

Un colloque est annoncé du 18 au 20 avril 2013 à Science Po Paris, intitulé « Attitudinal change towards Jews and Muslims in France in a comparative perspective » qui pose plusieurs problèmes politiques et scientifiques.

Alors qu’une comparaison entre antisémitisme et islamophobie peut en effet faire l’objet de débats passionnants, ce colloque a choisi de le faire en insistant sur les tensions entre « communautés » plutôt qu’en dénonçant le racisme d’Etat qui frappait les Juifs au XXème siècle et qui frappe aujourd’hui les Musulmans.

Contrairement à certains sociologues invités dont nous voulons croire qu’ils ont été sincèrement trompés, nous ne sommes pas dupes d’une telle démarche : noyer les critiques de l’islamophobie par un grand nombre d’experts incontestables sur l’antisémitisme et la Shoah, renverser les rôles en insistant sur l’antisémitisme des musulmans (4 interventions sur une quinzaine) et confondre antisémitisme avec antisionisme (utilisation du terme de judéophobie forgé par le très controversé Pierre-André Taguieff). La présence de plusieurs équipes israéliennes à l’initiative de ce projet et dans l’organisation de ce colloque, pose quelques questions supplémentaires : si elle n’était pas univoque, pourquoi n’aborderait-elle pas la question de l’islamophobie en Israël ? Pourquoi ne pas évoquer les collusions entre extrêmes droites européennes et partis politiques israéliens ?

Les réponses à ces questions coulent de source quand on découvre les positions de certains des organisateurs. Eli Avraham est responsable, au département de communication de l’Université de Haifa, du programme “Web Ambassadors” qui entraîne des étudiants à la propagande d’Etat israélienne (1). Quant à l’historien Arieh Kochavi, il est co-signataire d’un texte paranoïaque qui assimile toute critique d’Israël à de l’antisémitisme d’origine islamiste, et donne des conseils pour renverser la vapeur en critiquant les leaders musulmans (2). Il n’a d’ailleurs pas défendu son collègue historien Ilan Pappé lorsqu’il fut violemment attaqué par l’Université de Haïfa en 2005. Comment ces chercheurs pourraient-ils parler d’islamophobie avec une quelconque objectivité?

La campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) qui s’oppose à l’intervention d’institutions étatiques israéliennes dans le champ universitaire le fait précisément parce que de telles interventions visent, toujours aux dépens de la rigueur scientifique et parfois subtilement, à défendre les actions d’un Etat qui discrimine une population et occupe son territoire. De plus la complicité des universités israélienne dans le processus de colonisation étatique n’est plus un secret pour personne (3). Ce colloque est la parfaite démonstration que le boycott des institutions israéliennes doit donc également s’appliquer au champ universitaire. En suivant le modèle de la campagne de boycott de l’apartheid en Afrique du Sud, qui visait aussi ses universitaires, 170 organisations de la société civile palestinienne appellent depuis 2005 les universitaires de conscience à boycotter l’Etat israélien tant qu’il ne respectera pas le Droit International.

Nous espérons que ce courrier aura fait réfléchir les participants prévus à ce colloque qu’en aucun cas nous ne voulons censurer, et qu’il leur aura fait prendre une décision compatible avec la rigueur scientifique, mais aussi avec une position politique moralement défendable compte tenu de l’actualité tragique au Moyen-Orient.

La Campagne BDS France
CICP
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr
Pour plus d’informations: http://www.bdsfrance.org

 

  1. http://newmedia-eng.haifa.ac.il/?p=5778
  2. http://www.inminds.com/article.php?id=10304
  3. http://www.bdsfrance.org/images/stories/universitaire/AIC09.pdf



FC Barcelona: Ne Jouez pas en Israël

Nous sommes alarmés d’apprendre que le FC Barcelone, un club vénéré par des milliers de Palestiniens amoureux du football, veut organiser un match en Israël le 31 juillet 2013. [1]

Lorsque le Président du club, Sandro Rosell, est venu à Tel Aviv, le 21 février dernier, il a indiqué que son intention est de « contribuer aux efforts de consolidation des ponts de paix et de dialogue entre communautés israéliennes et palestiniennes. La meilleure façon dont nous puissions le faire est avec un ballon. » [2]

Le Président de l’Association Palestinienne de Football, Jibril Rajoub, a répondu froidement à cette proposition. Nous pensons qu’il est dans son droit d’agir ainsi.

Les footballeurs palestiniens, comme tous les Palestiniens – qu’ils vivent sous occupation militaire en Cisjordanie, à Jérusalem Est ou à Gaza, qu’ils soient citoyens de seconde classe en Israël, ou encore réfugiés exilés à l’étranger – font face à une discrimination incessante de la part de l’état israélien.

Il a fallu au joueur de l’équipe nationale de football, Mahmoud Sarsak, trois mois de grève de la faim et des protestations internationales, pour que les autorités israéliennes soient finalement forcées de le libérer de prison, en juillet dernier. [3] Il y était emprisonné depuis 2009, sans condamnation ni procès, sous le coup de la « Loi des combattants illégaux », une loi israélienne illégale au regard du Droit international. Comme Rajoub l’avait expliqué à l’époque : « Pour les athlètes de Palestine, il n’y a pas de réelle liberté de mouvement et les risques d’être arrêté, détenu, voire même tué sont toujours dans leurs esprits ».

Pas plus tard qu’en novembre 2012, les attaques israéliennes sur Gaza ont tué plus de 140 Palestiniens, dont de jeunes garçons qui jouaient au football. Leur mort a conduit à juste titre à une condamnation émanant de 52 footballeurs internationaux, parmi lesquels Frédéric Kanoute, Demba Ba, Abou Diaby, Pape Diop et Moussa Sow. [4]

Le gardien de l’équipe olympique, Omar Abu Rois, et le joueur palestinien Mohammed Nimr sont en ce moment même en prison en Israël.

Il n’est pas possible de venir à bout de telles injustices « avec un ballon ». Une idée pareille ne sert que les intérêts de l’état israélien, qui coopte avec cynisme le concept « de construction de ponts » et le principe d’échanges culturels et sportifs, afin de se positionner comme un « état normal ». Pour autant, l’occupation militaire, les mesures accentuant la colonisation et le système d’apartheid imposés par Israël à la Palestine, ne sont pas des politiques relevant d’un état « normal ». La plupart des Palestiniens considèrent ces exercices de normalisation [5] comme des tentatives délibérées d’affaiblir la montée en puissance de la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël [6], calquée sur le mouvement anti-apartheid qui a contribué à établir la liberté, la justice et l’égalité pour les noirs en Afrique du Sud.

Les supporters du FC Barcelone sont connus pour leur admirable sens de la solidarité avec le peuple de Palestine. La suggestion d’organiser un match avec une équipe commune de joueurs israéliens et palestiniens, faite par les dirigeants du club, part peut-être d’une bonne intention, mais le temps n’en est pas encore venu. Ce temps viendra le jour où Israël reconnaîtra les droits fondamentaux des Palestiniens, en se retirant des terres qu’il occupe illégalement depuis 1967, en garantissant l’égalité des droits aux citoyens palestiniens d’Israël, et en honorant le Droit au Retour des réfugiés expulsés depuis 1948.

C’est pourquoi nous en appelons au FC Barcelone d’annuler son projet de déplacement en Israël, et de plutôt consacrer ses efforts à soutenir les Palestiniens dans leur lutte pour le droit de vivre, et de jouer à ce superbe sport, libres de toutes formes de discrimination.
Signez la pétition ici

BDS Catalunya
Red Solidaria Contra la Ocupación de Palestina (RESCOP)

 

[1] “Palestinian leaders give support to FC Barcelona’s peace initiative”
http://www.fcbarcelona.com/club/detail/article/palestinian-leaders-give-support-to-fc-barcelonas-peace-initiative

[2] FC Barcelona – Meeting: Sandro Rosell and Shimon Peres
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=9xp_rTbazI8

[3] “Palestinian footballer Mahmoud Sarsak calls for Israel to be stripped of privilege of hosting UEFA football tournaments”
http://www.bdsmovement.net/2012/mahmoud-sarsak-uefa-appeal-9826

[4] “European footballers declare support for Palestine”
http://www.kanoute.com/EUROPEAN-FOOTBALLERS-DECLARE-SUPPORT-FOR-PALESTINE_ad-id!35-l!en.ks

[5] Definition of “normalisation” according to the Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)
http://pacbi.org/etemplate.php?id=1749

[6] Appel de la Société Civile Palestinienne Appel au Boycott, aux Sanctions et aux Retraits des Investissements contre Israël jusqu’à ce qu’ilapplique le Droit International et les Principes Universels des Droits de l’Homme, 9 Juillet 2005
http://www.bdsmovement.net/call#French

 

Le RESCOP est constitué des 38 organisations suivantes de l’Etat espagnol :
(http://www.nodo50.org/causapalestina/)

Acsur-Las Segovias
Asociación Al-Quds de Solidaridad con los Pueblos del Mundo Árabe (Málaga)
Asociación Andaluza por la Solidaridad y la Paz – ASPA
Asociación de Amistad Palestina-Granada «Turab»
Asociación Hispano Palestina Jerusalén (Madrid)
Asociación Pro-Derechos Humanos de Andalucía
Asociación Unadikum
BDS Catalunya
BDS Madrid
Castelló per Palestina
Comité de Solidaridad con la Causa Árabe (Madrid, Asturias)
Comité de Solidaridad con los Pueblos – Interpueblos (Cantabria)
Comunidad Palestina en Canarias
Comunitat Palestina de Catalunya
Coordinadora de apoyo a Palestina (La Rioja)
Ecologistas en Acción (Confederal)
Fundación IEPALA
Fundación Mundubat
Gipuzkoako palestinaren aldeko plataforma
Izquierda Anticapitalista
Komite Internazionalistak (Euskal Herria)
MEWANDO (Euskadi)
Movimiento Solidaridad Internacional Catalunya – ISM Cataluña / Valencia
Mujeres en Zona de Conflicto – M.Z.C.
Mujeres por la Paz – Acción Solidaria con Palestina (Canarias)
Palestinarekin Elkartasuna (Euskal Herria)
Paz Ahora
Paz con Dignidad
Plataforma de Solidaridad con Palestina (Sevilla)
Plataforma Palestina Ibiza
Plataforma Solidaria con Palestina de Valladolid
Red de Jóvenes Palestinos
Red Judía Antisionista Internacional – IJAN
Sodepau
Sodepaz
Sodepaz Balamil
Taula per Palestina (Illes Balears)
Xarxa de Solidaritat amb Palestina de València




Esther Duflo, refusez le Prix israélien Dan David

Paris, le 17 février 2013

Esther Duflo est une économiste franco-américaine, professeur au Massachusetts Institute of Technology où elle détient la « chaire Abdul Latif Jameel sur la réduction de la pauvreté et l’économie du développement »

Chère Madame,

Vous êtes en 2013 l’une des lauréates du Dan David Prize, remis chaque année à une personnalité ou une institution sur la base de son excellence dans le domaine de la recherche, sans discrimination de genre, de « race », d’ethnie, de couleur, de religion, de langue, de nationalité, de handicap ou d’opinions politiques. Le but affiché de ce prix est d’encourager et de promouvoir les valeurs universelles de justice, de démocratie et de progrès afin d’améliorer le monde. Vaste programme !

Il vous est attribué pour votre travail, reconnu internationalement, sur « les conditions sociales, les stratégies de réduction de la pauvreté en lien avec la prévention des maladies ».

En contrepartie de ce prix d’un million de dollars vous devez vous engager à reverser 10% pour des bourses de graduate students. Seulement, on ne peut qu’être sous le choc du décalage entre l’affichage humaniste du prix remis par un organisme israélien officiel, l’université de Tel Aviv, qui fait partie intégrante de la politique israélienne, et la réalité de la vie quotidienne des Palestiniens qui vivent depuis 60 ans dans un Etat qui pratique l’apartheid légalisé, ou de ceux qui vivent sous occupation ou encore de ceux qui ont dû se réfugier à l’étranger depuis trop longtemps.

Vous qui travaillez avec passion à la réduction de la pauvreté dans le monde entier, qui vous préoccupez sincèrement de la santé et de l’éducation des populations les plus défavorisées, vous qui avez même créé un laboratoire, le J-Pal, spécialisé sur ces questions et dont le travail est très ancré dans le réel, savez-vous ce qu’est la vie des enfants palestiniens, rien que dans le domaine de l’éducation :

44,4% des enfants palestiniens sont des réfugiés 1. 26,9% des enfants sont considérés comme pauvres, 19% en Cisjordanie et 38,4% dans la bande de Gaza 2. Pendant l’opération Plomb durci, 18 écoles ont été détruites (UNRWA, Autorité palestinienne, et écoles privés) et 260 ont été endommagées 3. Entre 2009 et 2010, 615 enfants ont été déplacés et 8 316 ont été touchés par des démolitions de maisons ou de structures de vie en Cisjordanie 4. Depuis le début de la seconde Intifada (en 2000), près de 7 500 enfants palestiniens (entre 12 et 17 ans) ont été arrêtés et emprisonnés 5.Chaque année, 700 enfants palestiniens sont arrêtés et jugés par les cours militaires israéliennes en Cisjordanie 6 , la plupart du temps pour lancer de pierre 7. Entre 2005 et Juin 2011, la période moyenne d’emprisonnement des mineurs entre 14 et 15 ans étaient de 2 mois et demi et de quatre mois pour ceux âgés entre 16 et 17 ans 8.

De nombreuses mesures dans la société israélienne favorisent les citoyens ayant effectué leur service militaire, discriminant ainsi les Palestiniens qui ne sont pas autorisés à le faire. C’est le cas en matière d’offre d’emploi, mais aussi dans le domaine universitaire.

Souvent ces mesures sont explicites, mais elles sont parfois plus insidieuses. En décrétant un âge minimum de 20 ans pour entrer dans certains programmes universitaires (ce qui correspond à la sortie du service militaire pour les citoyens Juifs), on force les Palestiniens à patienter deux ou trois ans sans pouvoir s’y inscrire… Dans toutes les universités israéliennes, des bourses d’étude, dispenses de droits d’inscription, gratuité de logement et autres aides financières sont accordées pendant cinq ans aux étudiants qui sortent de l’armée. Ces critères discriminatoires dans l’attribution de bourses est général en Israël, tant dans la plupart des bourses provenant de l’université et d’organismes publics, que de celles qui proviennent de fondations privées, et ces mesures ont été accrues pendant et après les massacres de Gaza en janvier 2009.

20% des citoyens d’Israël sont des Palestiniens. Pourtant, moins de 10% sont en premier cycle, moins de 5% en deuxième cycle, 3% en troisième cycle et seuls 1% sont enseignants. En revanche, les Palestiniens ont trois fois plus de chance de voir leur candidature rejetée et, parmi ceux qui sont acceptés, les étudiants palestiniens sont trois fois plus souvent traduits devant le conseil disciplinaire des universités israéliennes, en particulier dans les cas où ils s’opposent trop ouvertement à la politique d’occupation israélienne.

Aucune ville palestinienne n’a été retenue dans le système d’assistance aux étudiants en difficulté.

L’Université de Tel Aviv est un des fers de lance de la collaboration entre le monde universitaire et l’armée israélienne, puisqu’ils ont ensemble de nombreux contrats de recherche. En 2009 cette université était « fière » d’avoir conduit 55 projets avec l’armée israélienne.

L’’Université de Tel-Aviv vient de se compromettre avec l’organisation de colons extrémistes Elad pour une campagne de « fouilles » dans le quartier palestinien de Silwan à Jérusalem Est, ce qui, pour les Palestiniens, place la science au service de la colonisation.

Ces fouilles servent en réalité de prétexte à l’expulsion de familles palestiniennes.

Le campus de l’université de Tel Aviv est situé sur le village palestinien détruit de Sheikh Muwanis, dont les habitants ont été expulsés, mais l’université ne l’a jamais reconnu.
L’Université de Tel Aviv a nommé comme professeur de droit international un colonel (le colonel Pnina Sharvit Baruch) dont un des faits d’armes a été de superviser les bombardements militaires sur la population civile de Gaza en 2008/2009, bombardements qui violent ouvertement le droit international.

En acceptant ce prix, et bien que nous soyons on ne peut plus conscients de la somme d’argent qu’il représente, vous offrez votre image à Israël, vous lui donnez de la crédibilité sur la scène internationale, vous lavez les mains pleines de sang du gouvernement israélien.

Comme pour l’Afrique du sud du temps de l’apartheid, il est temps que les citoyens du monde que nous sommes, et dont vous faites partie de manière extraordinaire, disent stop et refusent de cautionner de quelque manière que ce soit la politique de ce pays.

Nous vous invitons donc instamment, au nom de toutes les personnes que vous aidez chaque jour par votre travail, à ne pas vous rendre en Israël et à refuser ce prix par souci de cohérence. Vous ne pouvez pas être récompensée par un des Etats les plus oppresseurs du monde pour votre travail en faveur des opprimés.

Nous restons à votre plus entière disposition pour plus de renseignements,

Très fraternellement,

La campagne BDS France.                                                                                       alt

1 http://www.pcbs.gov.ps/Portals/_PCBS/Downloads/book1740.pdf
2 http://www.pcbs.gov.ps/Portals/_PCBS/Downloads/book1740.pdf
3 http://www.ibcr.org/editor/assets/Country%20report%20OPT%20web.pdf
4 http://www.ibcr.org/editor/assets/Country%20report%20OPT%20web.pdf
5 http://www.dci-palestine.org/sites/default/files/un_sp_-_detention_-_west_bank_-_july_2011.pdf
6 http://www.ochaopt.org/documents/ocha_opt_the_humanitarian_monitor_2011_11_15_english.pdf
7 http://www.acri.org.il/en/wp-content/uploads/2011/12/ACRI-State-of-Human-Rights-2011-ENG.pdf
8 http://www.btselem.org/sites/default/files2/2011_annual_report_eng.pdf

————————————————————————————————————————————————————————————————————————————

Paris, February 17, 2013

Dear Mrs Duflo,

You are, among others, the 2013 laureate of the Dan David Prize, which yearly rewards an individual or an institution for excellence in the field of « achievements having an outstanding scientific, technological, cultural or social impact on our world », and so without reference to gender, ethnicity, religion, nationality, handicap or political views. The declared aim of this prize is to support and promote universal values of justice, democracy and global progress. You have been rewarded this prize because of your internationally recognized work on « social conditions and strategies related to alleviation of poverty, including prevention of disease ». As a condition for receiving the million dollar prize, you must commit to dedicating 10 % for graduate students grants.

The hard fact is that one cannot be but struck by the gap between the humanist face of such a prize granted by an official Israeli institution — in this case Tel Aviv University, which is fully integrated into Israeli political policy — and the reality affecting Palestinians for the past 60 years, whether within an Israeli State that practises legalized Apartheid, under occupation or as long time refugees in foreign countries.

You work with passion on the issue of poverty reduction at a worldwide scale, you feel quite concerned about health issues and education for the most deprived, and you have even created the J-Pal laboratory which specializes on addressing these issues on the ground. Therefore, we wish to remind you of a few facts about education for Palestinians:
44.4 % of Palestinian children are refugees 1 . 26,9 % of the children are classified as poor, 19 % are located in the West Bank and 38,4 % in the Gaza Strip 2 . During the 2008/9 military operation in Gaza called « Cast Lead », eighteen schools (be they UNRWA, Palestinian Authority or private schools) were demolished, and 260 schools were damaged 3 . Between 2009 and 2010, 615 children were displaced and 8,316 were affected by the demolition of their homes or of various children’s institutions in the West Bank 4 . Since the start of the Second Intifada in 2000, about 7,500 Palestinian children (age 12 to 17) have been arrested and/or jailed 5 .

Yearly, 700 Palestinian children are arrested and sentenced by military Israeli courts in the West Bank 6 , most of the time for rock throwing 7 at the Israeli military. Between 2005 and 2011, the average jail time for minors between the age of 14 to 15 has been for two months and a half, and for four months for those aged between 16 to 17 8 .

Israeli enacts many measures in favour of citizens having done their military service, thereby discriminating against Palestinians who are not allowed to join the army. This is true for access to employment as well as in the academic sector. Such measures are often explicit, but at times they are more insidious. By stating that a minimum age of 20 is required to join some university programmes (i.e. adapting the system to the average age of the Jewish citizens once they’re out of the army), Palestinians are compelled to wait for 2 to 3 years before being able to enroll. All Israeli universities offer, for a 5-year period, various advantages such as grants, free tuition, free housing and many others to students having done their military service. In t erms of grants, discrimination is built-in, whether for grants given by universities or for those of other public institutions or private funds. Such discriminatory measures have been augmented for service during and after the massacres in Gaza in January 2009. Twenty per cent of Israeli citizens are Palestinians; however, less than 10 % finish their BA studies, less than 5 % end up with a MA, only 3 % earn a Ph.D. and only 1 % teach at a university level. As a matter of fact, Palestinians are three times more likely to have their application rejected by Israeli universities than Israeli Jews, and among Palestinians who have enrolled three times more are likely to be subject to disciplinary measures, in particular when they are opposing too openly the Israeli policy of occupation.

No Palestinian town has been included in the government’s program of providing assistance to students facing difficulties. Tel Aviv University is known as a leading actor in the collaboration between the academic sector and the military, since both participate in the same research contracts. In 2009, this university was « proud » to announce that it had led 55 projects with the Israeli army.

Recently, Tel Aviv University has teamed up with the extremist settlers’ organization Elad for an « archeological campaign » in the Palestinian area of Silwan in East Jerusalem, thus placing science at the service of colonization, as pointed out by the Palestinians. Such digging has in fact no other purpose but to displace Palestinians.

Tel Aviv University campus is located over the demolished Palestinian village of Sheikh Muwanis, whose habitants were expelled, a historical fact that has not been acknowledged yet by the university.

Tel Aviv University has named a colonel (Colonel Pnina Sharvit Baruch) as Professor of International Law, even though among his other military activities he supervised the military bombardment of the civilian population of Gaza in 2008-2009, which clearly violates international law.

By accepting such a prize, even though we are aware of its financial significance, you are associating your name and reputation with Israel and you are lending international credibility to Israel.

As for South Africa at the time of Apartheid, the time has now come for the world’s citizens — and you are one of their most renowned ones — to stop supporting in any manner the Israeli policy of occupation and oppression.

Therefore, we do strongly invite you, for the sake of coherence and also in the name of all those you daily support through your hard work and actions, not to travel to Israel and to refuse this prize. You clearly should not accept to receive a reward from a State which is a worldwide known oppressor as a reward for your work in favour of the oppressed.

We remain at your disposal for more information if necessary.

Very friendly yours,

The BDS French Campaign
1 http://www.pcbs.gov.ps/Portals/_PCBS/Downloads/book1740.pdf
2 http://www.pcbs.gov.ps/Portals/_PCBS/Downloads/book1740.pdf
3 http://www.ibcr.org/editor/assets/Country%20report%20OPT%20web.pdf
4 http://www.ibcr.org/editor/assets/Country%20report%20OPT%20web.pdf
5 http://www.dci-palestine.org/sites/default/files/un_sp_-_detention_-_west_bank_-_july_2011.pdf
6
http://www.ochaopt.org/documents/ocha_opt_the_humanitarian_monitor_2011_11_15_english.pdf
7 http://www.acri.org.il/en/wp-content/uploads/2011/12/ACRI-State-of-Human-Rights-2011-ENG.pdf
8 http://www.btselem.org/sites/default/files2/2011_annual_report_eng.pdf




Depeche mode, ne jouez pas pour l’Etat israélien d’apartheid

Le 7 mai, Depeche Mode est censé jouer un concert dans le parc Yarkon en Israël. Ce Parc Yarkon est construit sur les ruines du village de Jarisha, détruit le 15 mai 1948 par des milices sionistes. C’est presque comme si le groupe était là pour commémorer sa ruine.

Mais jouer en Israël n’est pas juste  par rapport à l’épuration ethnique du peuple palestinien. Il s’agit du présent. Israël est responsable des violations quotidiennes des droits de l’homme, par l’occupation militaire et les pratiques institutionnelles discriminatoires qui relèvent de l’apartheid. Des démolitions, confiscations de terrains, arrestations arbitraires, la torture et la violence sont utilisés par l’état israélien.

La société civile palestinienne se bat contre tout cela. Il vous est simplement demandé  de signer cette pétition en ligne




Jacky Terrasson : les réponses à son tour manager

Alors que nos courriers représentaient le message de la campagne BDS implorant un artiste de respecter une certaine éthique, la réponse de M. Deghelt reflète plutôt l’embarras d’un manager pris dans un tissu de contradictions, et se réfugiant dans l’invective insultante et agressive. Soit.

« Vous nous dîtes que certains Palestiniens ne pourront pas assister au concert de Jacky, c’est effectivement bien triste, mais nous serons heureux de jouer en Palestine si on nous y invite (ce qui n’a pas encore été le cas). Nous ne sommes pas responsables de cette situation et ne pouvons que la déplorer. »
Il nous parait incroyable que M. Deghelt reconnaisse que les Palestiniens ne pourront pas assister au concert de Jacky Terrasson, mais que ce dernier accepte quand même de jouer avec l’apartheid…

Alors que le festival de jazz d’Eilat commence ce soir, en pleine campagne électorale qui annonce une victoire écrasante de la droite et de l’extrême-droite, c’est une Israélienne, Tali Shapiro, qui répond à M. Deghelt, et nous avons traduit son message que nous reproduisons ci-dessous, en dessous des derniers échanges que nous avons eus avec lui…

La Campagne BDS France


Cher Dror,

j’ai oublié de vous préciser que nous utiliserons les mêmes moyens de communication que les vôtres… en beaucoup plus grand.. à savoir:

Sur notre blog notre réponse et nos échanges :
http://deghelt-productions.com/blog/files/25f794123d7d6608b1088b4398601079-17.html

– notre compte twitter: 57 869 Followers

– le compte de Jacky Terrasson: 25 837 Followers

– notre compte facebook: 5527 Amis

– le compte facebook de Jacky: 7958 Amis

pour communiquer à nos fans (ceux la même que vous essayez de convaincre de notre erreur de venir jouer à Eilat)… nous utilisons les mêmes méthodes que vous, et irons sur vos facebook page aussi. Comment oser vous dire que vous n’avez pas reçu de réponse de notre part ? Nous ne vous craignons pas, loin de là. Vos pressions sont minuscules, vos idées plus que contestables, et il est temps de laisser les artistes libres de leur art, et nous les défendrons.

Face à votre propagande détestable, nous opposerons toujours l’Amour, l’Amitié et la Paix entre les peuples,

Bien Cordialement,

Christophe,

Christophe Deghelt Production


Cher Christophe,

Je vous remercie encore une fois pour le temps que vous avez pris à nous répondre, même si parfois votre fougue vous entraîne un peu au-delà de la mesure que vous prétendez défendre.

Malgré vos attaques personnelles, il me paraît préférable que ce soit la Campagne, dont je ne suis qu’un représentant, qui vous réponde. La Campagne comprend des fans et de simples citoyens attachés à ce que les artistes respectent une certaine éthique.

Le jazz est une musique appréciée par nombre de nos amis, en particulier pour la culture de résistance et de l’oppression dont elle reste l’emblème. A titre personnel, je suis aussi un très grand fan de Giovanni Mirabassi (ne me dites pas que lui aussi va aller en Israel?!). 

Au nom de la Campagne, dont vous avez décelé les faibles moyens, je vous remercie également d’avoir publié nos échanges et de les avoir diffusés à grande échelle, ce que nous n’étions malheureusement pas en mesure de faire sans votre aide.

Un jour, vous nous rejoindrez,

Cordialement,

Dror, pour la Campagne BDS France


Réponse à l’agent de Jacky Terrasson, Christophe Deghelt, à propos du Festival de jazz de la Mer Rouge

par Tali Shapiro – Boycott From Within/Pulse Media

14 janvier 2013 – Pulse Media

Mercredi dernier, l’agent de Jacky Terrason, Christophe Deghelt, a répondu à une campagne massive pour boycotter l’État d’Israël qui sponsorise le Festival de jazz de la Mer Rouge (pour avoir plus de détails sur l’agencement du festival et ses liens avec les entreprises, voir cet article). Son post n’ayant montré vraiment aucune considération, je pense que nous, mouvement BDS, devons y répondre. Alors voici notre réponse, point par point. J’espère qu’elle fera avancer le débat public, comme le fait souvent BDS, puisque, tout comme Christophe Deghelt, c’est un « débat qui me tient à cœur ».

Note : Je ne parle pas français, je réponds à une version traduite de Google d’un post original, aussi je vais m’abstenir de mon attention particulière habituelle à la sémantique, pour ne pas m’arrêter à ce qui pourrait être une erreur technique de traduction.

Sur les notions de guerre, paix et lutte populaire

« Voilà un post qui risque de faire des vagues, mais j’avais envie de partager ici un débat qui nous tient à coeur.

Depuis quelques temps, les artistes invités à faire des concerts en Israël sont systématiquement interpellés par des associations les priant ne pas se produire dans ce pays, et ne pas soutenir le gouvernement actuel et sa politique, estimant que l’Etat d’Israël pratique un Apartheid, une politique de colonisation et des crimes de guerre envers les Palestiniens. Il est évident que dans cette région du monde, dans une guerre sans répit, longue et violente, le débat est extrêmement animé et complexe. La Culture semble être aujourd’hui un enjeu, voir un nouveau champ de bataille de ce bien triste conflit… »

Les deux dernières phrases semblent charpenter le reste du post. J’aimerais les traiter ici et maintenant, ainsi nous pouvons dissiper certaines idées :

Il n’y a pas de guerre dans les territoires palestiniens occupés, il y a une occupation militaire qui transforme certaines parties de la région en zones de guerre, et d’autres parties en « lieux de refuge » pour ceux que la puissance occupante identifie comme de « confession juive ». Dans les zones de guerre, l’armée israélienne contrôle militairement les civils palestiniens. Pendant les 65 années de ce contrôle militaire, il y a eu, et il y a toujours, une résistance armée palestinienne à l’occupation militaire. Elle n’est pas importante et est faible surtout si on la compare à l’armée israélienne, la quatrième armée la mieux équipée au monde, assistée par les États-Unis d’Amérique avec plus de 3 milliards de dollars, par an, en « aide » militaire.

A la différence de la résistance armée, qui est un outil pour quelques-uns dans la société palestinienne, il existe une résistance populaire, très large, qui s’illustre en une phrase, très populaire dans ces régions : « Exister, c’est résister ».

En effet, quand « respirer tout en étant arabe » (comme l’un de mes amis l’a défini) est considéré comme un crime par l’État, alors le simple fait d’exister devient une dissidence par défaut. Cette situation – inhérente à l’occupation militaire d’Israël – mise à part, de nombreux exemples de résistance populaire peuvent être constatés dans tous les territoires palestiniens occupés, telles les manifestations hebdomadaires contre le mur d’apartheid, les plus récentes d’une série d’actions directes contre les mécanismes spécifiques de l’occupation, tels encore les procédures judiciaires et, bien sûr, le mouvement BDS qui souligne que la culture a toujours été dans ce champ de bataille.

Je comprends qu’avec cette quantité massive d’informations il ne soit pas facile de réfléchir à cette question. Pas pour les 65 ans (et quelques autres) d’histoire. Je veux juste être sûre que cet argument, « c’est compliqué », soit le point de départ d’un enseignement, et non une réponse définitive qui nous rendrait facile, à nous, de nous laver les mains de ces graves parodies, comme c’est souvent le cas.

Le conflit du Festival de la Mer Rouge

«  …Depuis quelques jours, deux artistes de jazz, Erik Truffaz et Jacky Terrasson sont pris à parti dans une polémique féroce, via facebook, les réseaux sociaux, les sites internet, débat qui déchaine les passions par leur venue au Red Sea Jazz Festival, à Eilat en Israel ce mois ci. Ces deux artistes sont connus et reconnus pour leur talent, leurs qualités humaines, leur grande ouverture d’esprit, leur position pacifiste et leur générosité.

Voici donc, dans ce post notre position sur ce débat. Pour essayer de sortir d’une polémique difficile, et d’éviter les pièges du manichéisme, de l’aveuglement, de la manipulation et de l’intolérance.

Pour situer le contexte, tout d’abord voici un bref historique.

Le 12 Décembre 2012, nous concluons un contrat pour deux concerts au Red Sea Jazz Festival de Jacky Terrasson en trio avec les organisateurs du festival.

Le 2 Janvier, nous recevons un courrier du BDS France (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) nous demandant de boycotter ce concert. Voici cette lettre :

Lettre BDS

Le 4 Janvier, je prends contact avec le représentant de cette association, Monsieur Dror. Nous parlons une bonne heure au téléphone, nous essayons d’expliquer pourquoi nous avons accepté de jouer en Israel et notre refus d’être instrumentalisé dans ce conflit, et notre refus de boycotter ce festival et nos fans en Israel tout en expliquant notre sympathie envers la cause Palestinienne, notre tristesse dans cette guerre féroce, et notre mission première, à savoir de délivrer un message de paix…  »

Il semble que Christophe Deghelt a déjà fait son choix (je me demande si Jacky Terrasson a fait le sien ?). Il veut que M. Terrasson ne soit pas « exploité dans ce conflit ». Je ne suis pas sûre de quel « conflit » il parle ; de celui qu’on appelle le « conflit Israël-Palestine, ou du conflit du Festival de jazz de la Mer Rouge. Dans un cas comme dans l’autre, je comprends ce qu’il dit comme, « nous ne voulons pas être impliqués dans tout cela ». Mais j’arguerais d’abord que si vous voyez un policier frapper un enfant (sur le dessus de la tête) et que vous « ne voulez pas vous impliquer », vous prenez parti pour le policier armé (et Desmond Tutu tend à être d’accord avec moi…).

Mon deuxième argument est qu’en jouant en Israël, les artistes se mettent d’eux-mêmes au coeur de l’action. C’est à ces artistes qu’en premier lieu, le mouvement BDS s’adresse spécifiquement, et non à ceux qui n’ont jamais choisi d’être mêlés à cette région du globe. Et non seulement les premiers s’impliquent d’eux-mêmes, mais dans le cas du Festival de jazz de la Mer Rouge, ils récupèrent de l’argent de l’occupant, de ses institutions, et d’entreprises qui profitent de la situation de guerre. Il s’ensuit alors que si vous acceptez ce prix du sang, vous ne pouvez compter que les victimes se taisent, ou ne manifestent leur désapprobation devant les choix qui sont les vôtres. Votre « sympathie » est plutôt vide de sens si par ailleurs vous n’êtes qu’indifférence, hostilité ou désapprobation, et votre « message de paix » est à l’avance perdu.

Parler de « paix », abattre le messager

« …Dans le même temps, la RTS (Radio Suisse) organise un débat le dimanche soir en direct, au sujet de la présence d’Eric Truffaz au Red Sea Jazz Festival (son animateur nous ayant contacté dans le week-end, mais nous n’étions pas disponibles pour participer à ce débat). Nous constatons que les murs facebook des pages de fans d’Erik et de Jacky sont envahis de commentaires, de pressions, pas par nos fans habituels, mais des militants. Certains commentaires sont franchement désagréables, et c’est vraiment du harcèlement et du dénigrement caractérisé. Les murs deviennent des champs de bataille entre les militants activistes du boycott, les fans et les israéliens et pro-israéliens. Quelle tristesse !… »

Comme mes lecteurs réguliers le savent, je me concentre sur cette idée étrange que la politique et la musique ne se mélangeraient pas. Étant donné que la culture ne se crée pas dans un vide, il va de soi que certains fans de musique auront plus à dire – à leur idole – que simplement, « vous rockez ». Ce dernier paragraphe ne veut rien dire, n’apporte rien, sinon qu’il renforce une culture superficielle de la célébrité, l’ironie est qu’il classe le « militant » comme quelqu’un de malhonnête, et le « fan », d’honnête, et que les deux en quelque sorte se neutralisent mutuellement. Je rappelle aux agents, tirant un pourcentage sur les artistes qu’ils représentent (permettez-moi de me citer) :

« Les célébrités incarnent un espace unique et très emblématique dans le système capitaliste dans lequel elles sont des personnages humains et, dans le même temps, des notoriétés. Elles soutiennent souvent des produits et des services dont elles bénéficient. Bien sûr, il serait naïf de supposer que leur jouissance de ces produits et services et que leur approbation qui en découle relèvent d’un processus organique. Percevant l’influence que peut avoir le statut de célébrité, les sociétés séduisent des acteurs et des musiciens de renom avec des milliers de dollars en paniers-cadeaux d’échantillons et en services gratuits, dans l’espoir que la célébrité rattache sa notoriété à la marque de la société.
Le problème avec ce système, comme cela est courant avec le capitalisme, c’est que dans la majorité des cas, les célébrités ne vérifient pas le label, pour parler ainsi, et souvent soutiennent des sociétés qui violent l’environnement, les animaux et les humains.
»

« Quelle tristesse » en effet ! Mais n’est-il pas merveilleux que les espaces des artistes s’animent par l’intérêt de la politique ?!

«  …Le 7 Janvier, nouvelle communication du BDS, cette fois ci par émail. Se faisant plus pressante. Le festival est marqué par “le sceau de la honte”. Voici cet émail :

———————-
Cher Christophe,

Nous nous sommes parlés vendredi dernier au sujet du voyage prévu de Jacky Terrason en Israël, et je vous suis très reconnaissant de nous avoir accordé autant de votre temps.

Comme vous devez être au courant, les choses se précipitent à ce sujet, et vous ne pouvez plus prétendre, dans le contexte actuel, que le choix de se rendre au festival d’Eilat peut rester un choix purement artistique exempt de signification politique. Que vous le vouliez ou non, la politique vous a rattrapé…

Stanley Jordan, la tête d’affiche du festival, a annulé son voyage (faisant suite au Portico Quartet), Erik Truffaz s’est exprimé publiquement, sa page facebook est envahie de commentaires et nos amis Suisses n’ont pas renoncé à le faire changer d’avis, une campagne de boycott commence en Pologne etc.

Nous, avec nos amis palestiniens et israéliens progressistes, n’avons pas renonçé non plus à faire changer Jacky d’avis. Sa page facebook (vierge à ce jour de tout commentaire politique) débute par un article du Jerusalem Post faisant état de sa participation au festival. Il ne peut malheureusement pas rester neutre, car il n’y a pas de neutralité dans cette région du monde. Au mieux, il peut annuler discrètement, sans en faire état publiquement. Mais s’il y va, il ne peut pas rester discret car il n’y a pas non plus de discrétion dans cette région du monde : il sera publiquement vu comme ayant fait un choix, ayant choisi un camp, le soutien au gouvernement israélien, le côté de l’oppresseur.

Lors de la campagne contre l’Afrique du Sud dans les années 1980, très peu d’artistes ont rompu le boycott culturel de ce pays, même s’ils ne voulaient pas faire de politique, même s’ils y avaient des fans qui n’étaient pas directement mêlés à l’apartheid. Ceux qui l’ont rompu en ont honte aujourd’hui.

Pour Jacky, pour qu’il ne regrette pas amèrement sa décision, il est encore temps d’annuler sa participation à ce festival désormais marqué du sceau de la honte…

Cordialement, et avec espoir,
Dror, pour la Campagne BDS France
————————————

«  Ce sont à présent des emails directement envoyés à notre bureau, aux artistes, de personnes inconnus, et c’est un vrai raz de marée. Face à cette pression et ce harcèlement nous avons décidé de répondre, de publier cette réponse sur notre blog et nos réseaux sociaux et de défendre notre position. Je pense que notre réponse montre une troisième voie, plus juste, plus tolérante pour sortir de ce conflit où l’on souhaite instrumentaliser les artistes. La voici :

«  Cher Dror,
Comme je vous l’ai indiqué au téléphone, nous ne partageons pas vos méthodes de « pression sur les artistes », votre Boycott Culturel. Nous refusons d’être instrumentalisé et nous ne céderons pas à vos pressions par courrier, par mail, par téléphone et sur facebook… »

Quelques observations avant d’aller plus loin :

1 – Oui, il est honteux de participer au Festival de jazz de la Mer Rouge. Pas pour son contenu, mais pour l’exploitation politique qui en est faite par l’État d’Israël, qui blanchit ainsi ses crimes de guerre contre la population palestinienne sous sa domination.

2 – Le mouvement BDS n’exploite pas les artistes, il fournit des informations sur le lieu où ils se produisent, qui se trouve être dans une zone de guerre, et par là, il leur donne une occasion de prendre une décision éclairée à propos de leurs spectacles.

3 – Qualifier les pétitions à l’attention des célébrités de harcèlement réduit la capacité d’une société civile à se protéger contre le mal. Nous, gens simples, quand nous demandons justice (comme nous en avons le droit), n’avons pas le privilège des gouvernements qui peuvent avoir recours à une ordonnance judiciaire, aussi notre seul recours est-il la pression populaire. Mélanger un appel à l’aide fort et désespéré, avec de l’« intimidation », « manipulation », « intolérance », du « terrorisme », est un acte de lâcheté, et c’est souvent le privilège de ceux qui ont le choix (pour ne pas dire de ceux qui s’inscrivent dans la droite ligne de la définition qu’a l’État d’Israël pour tout acte de résistance des Palestiniens ou de ceux qui les soutiennent).

« …Jouer en Israël ne veut pas dire que nous approuvons la politique de son gouvernement, et ne veut pas dire que nous ne comprenons pas le désarroi et la souffrance de la population palestinienne. Votre tentative d’enfermer les artistes dans un dilemme manichéen est une malhonnêteté intellectuelle. Prétendre que soit nous jouons au Red Sea Jazz Festival donc nous soutenons la politique d’Israel ou soit nous annulons et nous montrons notre compassion pour le peuple Palestinien est une attitude bien trop réductrice, et nous refusons de rentrer dans aucune de ces deux cases là… »

C’est là un dilemme manichéen, mais ce n’est pas le mouvement BDS qui l’a créé, il l’a seulement identifié. Malheureusement, une fois que vous acceptez l’argent de l’État d’Israël, vous acceptez l’argent de l’entité qui contrôle la vie des Palestiniens et qui l’utilise de façon criminelle. En outre, la culture est considérée par l’État comme un domaine permettant de détourner l’opinion internationale de ses violations des droits humains, canalisant ainsi la participation des artistes à ses évènements culturels dans cet objectif précis. Pour parler simple, jouer en Israël revient à approuver sa politique et à prendre une part active dans son blanchiment.

« …1/Jacky n’a pas joué en Israel depuis plus de 15 ans, et nous avons de nombreux fans qui se réjouissent de sa venue. Nous aimons les êtres humains, qu’ils soient israéliens, palestiniens, juifs, musulmans, et nous jouerons toujours pour l’humanité. Nous ne faisons pas de ségrégation de notre audience et de nos fans… »

Jouer en Israël signifie qu’environ quatre millions d’être humains palestiniens, que vous aimez, et qui sont pris au piège dans une bande de Gaza assiégée et par un système d’autorisations en Cisjordanie, n’auront pas la possibilité d’assister à votre spectacle (ce qui, je présume, est le moindre de leurs problèmes). Vous pouvez ne pas faire de ségrégation de votre audience et de vos fans, mais Israël en fait. Si cela vous convient, alors certainement, continuez à jouer.

« …2/ Nous ne faisons pas de politique et nous jouons de la musique, et nous portons une parole de paix et d’amour. Le conflit Israelo-Palestinien est extrêmement complexe, nous désapprouvons tout acte de violence, de part et d’autre et sommes profondément attristés par ce conflit et ses conséquences dramatiques… »

Comme je l’ai dit, si la situation vous paraît complexe actuellement, veuillez prendre le temps de l’étudier avec soin, avant de vous décider.

Il est vrai que des deux côtés, il y a beaucoup de tristesse en raison des conséquences de l’occupation militaire d’Israël des terres palestiniennes et de son système d’apartheid mis en place contre la population palestinienne, mais n’oublions pas qui opprime qui, et pourquoi nous devons agir afin de mettre fin à cette oppression.

« …3/ Si le Festival d’Eilat est financé en partie par le gouvernement israélien, c’est un signe d’ouverture vers la culture et le jazz, et cela ne peut être que bénéfique pour confronter nos cultures. Une dictature n’invite pas les artistes étrangers, bien au contraire. Les fans de Jacky en Israel sont comme tous les fans de jazz des gens humains, pacifistes, et qui espèrent la paix dans cette région du monde. Ils sont vos meilleurs alliés et vous semblez vouloir les punir. De plus le festival d’Eilat est un festival internationalement reconnu pour sa qualité et son ouverture sur le monde… »

En effet, le gouvernement d’Israël est ouvert à la culture du Jazz et au monde. Il l’est moins à la culture palestinienne et à la présence palestinienne, ce qui est à la source de notre problème. Une dictature fait ce qu’elle peut pour perpétuer les mécanismes de sa domination. Israël ne répond pas à la définition de dictature, c’est davantage une ethnocratie tyrannique. En tant que citoyenne d’Israël, je n’ai nul besoin qu’on m’explique l’humanité des « fans israéliens ». En tant que militante BDS, j’ai pu voir leur côté humain, espérant la paix, bien souvent. Je ne peux pas vraiment dire que ce sont mes « meilleurs amis », et personnellement, j’ai tendance à ne pas décider de mes amitiés en inspectant une carte d’identité (en Israël, à ce propos, la carte d’identité désigne aussi la religion, et c’est ce qui détermine votre liberté de mouvement).

« …4/ Boycotter le festival, c’est un message injuste envers l’ensemble de la population israélienne, envers nos fans et nos amis, et c’est stigmatiser une population et un pays au lieu d’apporter une contribution pacifique et un message d’espoir. Nous sommes libres en Israel d’exprimer nos convictions, et j’en ai parlé avec les organisateurs du festival. Poussons votre raisonnement jusqu’au bout, plus aucun artiste étranger ne vient se produire en Israel… plus de festival de jazz… qui aura gagné ? où est l’ouverture, la liberté ? la possibilité de porter une culture différente ? d’exprimer nos opinions ? Que dire de la politique artistique en Iran, en Syrie, au Mali aujourd’hui ? Plus aucun artiste étranger n’est invité. Est ce là votre sens de l’ouverture et du Dialogue ?…  »

J’espère que maintenant il est clair que ce qui est en jeu, c’est le « droit » des citoyens agréés par Israël à se divertir, contre le droit de la population palestinienne non reconnue à la vie, aux mouvements, à l’eau, à la protection contre les arrestations arbitraires et les tortures, à l’enseignement, à l’occupation (j’entends par là, le « travail »), à l’autodétermination et aux innombrables autres droits humains fondamentaux qu’Israël viole quotidiennement. Moi, citoyenne d’Israël, je crois que le moins que je puisse faire, c’est de renoncer au privilège d’aller au festival de jazz, pour que les Palestiniens puissent faire un pas de plus vers la libération. Je crois que si un citoyen d’Israël n’est pas d’accord avec cette dernière déclaration, c’est que, soit il est délibérément égoïste et extrêmement cruel, soit il a besoin d’examiner la situation afin de se décider en conscience.

Vous pouvez être libres d’exprimer vos opinions en Israël, mais pas les Palestiniens. Et moi non plus. Tout récemment, Israël a voté une loi qui interdit ces boycotts. Ceci signifie qu’en écrivant pour vous répondre, je risque des poursuites en vertu du droit des sociétés et il n’y aura même pas à prouver l’existence d’un préjudice. Où sont l’ouverture, la liberté, la possibilité de porter une culture différente, d’exprimer nos opinions ?

Quant à l’Iran, la Syrie, le Mali et tous les autres endroits dans le monde où est entravée la liberté d’expression, quel qu’en soit le moyen, s’il vous plaît, allez-y et prenez les mesures que désirent leurs habitants. Mais ne vous servez pas d’une situation désastreuse pour en favoriser une autre.

« …5/ Vous nous dîtes que certains Palestiniens ne pourront pas assister au concert de Jacky, c’est effectivement bien triste, mais nous serons heureux de jouer en Palestine si on nous y invite (ce qui n’a pas encore été le cas). Nous ne sommes pas responsables de cette situation et ne pouvons que la déplorer. Le chemin est long vers un monde meilleur… »

Comme je l’ai mentionné précédemment, que quatre millions de Palestiniens ne soient pas effectivement en mesure de participer à votre concert parce qu’ils sont sous le contrôle militaire d’Israël, n’est pas la question. Cette observation est adressée aux artistes pour leur montrer l’impact du contrôle militaire. De toute évidence, la question est le contrôle militaire lui-même, et non le manque de loisirs. Soyons sérieux maintenant.

«  …6/ Nous rejoignons Eric Truffaz dans sa réponse, si nous devions être d’accord avec les politiques des gouvernements des pays qui nous invitent, nous n’aurions pas beaucoup d’endroits où nous jouerions. Notre mission est ailleurs, dans la musique et dans l’espoir de porter un message de paix et de tolérance aux peuples de notre planète… ».

Une fois encore, l’analyse du lien entre les évènements culturels en Israël et la politique de blanchiment de ses crimes de guerre et de ses violations des droits humains, est particulière à Israël. Ailleurs, il existe d’autres analyses sur les situations et actions pour corriger la situation. Les Palestiniens demandent que leur analyse de leur oppression soit respectée par ceux qui comprennent leurs douleurs. Comme je l’ai dit, si vous ne sympathisez qu’avec des mots, votre « message de paix » musical sonnera creux.

Eh bien, ça dégénère vite…

« …7/ Votre activisme et votre intolérance sont insupportables. De « faux fans facebook » publient des messages demandant expressément aux musiciens de ne pas jouer en Israel, et c’est bien du harcèlement que vous faîtes auprès des artistes. C’est d’ailleurs très étonnant car ces fans qui prétendent influencer les artistes ne sont pas de vrais fans, mais simplement votre armée de petis soldats qui viennent polluer un espace paisible et positif que sont les murs facebooks des artistes.

«  8/ Lors de notre conversation téléphonique, vous avez insinué assez sournoisement que vous êtes un grand fan de Jacky Terrasson et que vous achetiez ces disques et veniez à ces concerts, mais que vous allez y réfléchir à deux fois maintenant que vous savez qu’il joue pour Israel. Ces propos contestables comme le ton de votre dernier mail ne changeront pas nos convictions. Je ne crois pas un seul instant que vous soyez fan de Jacky Terrasson… »

J’ai déjà répondu à ces arguments, mais je vous fais remarquer que les mouvements de la société civile ne sont pas des armées. Si l’idée touche au fait que nous avons réussi à nous organiser avec succès, et vous diffamez cette réalité, je vous suggère d’examiner l’agenda de ceux que vous êtes en train d’encourager.

« …9/ Ce qui me dérange le plus dans votre démarche… c’est la haine d’Israel que vous avez, une haine maladive, aveugle et bien sur dissimulée par du « politiquement correct ». Par vos actions, ce ne sont pas les Palestiniens que vous aimez et que vous défendez, ce sont les Israeliens que vous haïssez. En d’autres temps, on sait très bien où cette folie à pu conduire notre monde. Vous êtes antisionniste et sournoisement et paradoxalement antisémite (vous le petit fils d’un rabbin connu pour ses positions humanistes), vous le dissimulez sous un prétexte d’organisation humanitaire, et de justicier du monde... »

Il n’y a rien de morbide, ni de « politiquement correct » dans la haine d’un régime violent qui anéantit systématiquement la vie d’êtres humains, parce qu’ils sont arabes, musulmans ou palestiniens. Ce qui me préoccupe dans votre approche, c’est que vous êtres plus gêné par la démarche de Dror que par ce que fait l’État d’Israël aux Palestiniens et leur utilisation du concert de M. Terrasson pour le fairer oublier (lequel Dror, dans ses lettres que vous publiez, se distingue particulièrement par sa politesse et sa préoccupation de ce qui pourrait advenir à l’image de M. Terrasson, si celui-ci décidait de persister avec le Festival de jazz de la Mer Rouge).

Je trouve cette dichotomie entre « Palestiniens que vous aimez » et « Israéliens que vous haïssez » plutôt bizarre, venant de quelqu’un qui a de la « sympathie » pour la douleur palestinienne, et spécialement quand cela concerne Dror, que je ne connais pas personnellement, mais dont le nom est explicitement israélien. Cette attaque contre lui, son caractère, et cette incursion dans sa vie privée, le qualifiant d’antisémite et en insinuant l’insulte éculée du « juif haineux de lui-même », tout cela relève, véritablement, du harcèlement et d’une intolérance intolérable. Il y a beaucoup de citoyens d’Israël et de personnes de confession juive dans le mouvement, comme il y a beaucoup de chrétiens, musulmans, bouddhistes et wiccans. Ceci devrait d’autant plus renforcer votre confiance dans ce mouvement antiraciste, et ne pas vous encourager à faire des déclarations qui – très franchement – ont elles-mêmes une connotation d’antisémitisme.

« …10/ Si Stanley Jordan, le Portico Quartet ont annulé leur concert au Red Sea Jazz Festival, c’est leur choix, que nous respectons. Certains de nos artistes refusent de jouer en Israel. Ce sont leurs convictions politiques et nous vivons en démocratie, et nous respectons sincèrement toutes les opinions. Mais respectez les nôtres, nous pensons être plus utile en étant invité à exprimer notre musique pour le peuple israélien plutôt qu’à refuser de venir jouer dans un pays dont nous désapprouvons les décisions gouvernementales. Libre à Jacky Terrasson de se faire sa propre opinion, après sa venue. Ne forcez pas les gens à penser ce que vous souhaitez qu’ils pensent… c’est de la dictature intellectuelle et de la manipulation, celle là même que vous prêtez aux dirigeants israéliens… »

Nous respectons votre opinion, votre sympathie, mais nous ne pouvons respecter votre volonté de prendre l’argent du régime d’apartheid d’Israël aux fins de blanchir ses crimes de guerre. Nous demander de respecter cela est immoral. Une fois encore, je suis obligée de le rappeler, le mouvement BDS n’est pas une armée, ni un gouvernement capable de faire appliquer une « dictature intellectuelle ». Un mouvement de la société civile se construit avec les gens (ils peuvent être militants, ils peuvent être des fans de musique, ils peuvent être les deux à la fois, ils peuvent être ni l’un ni l’autre). Ces personnes peuvent seulement vous parler de leur cas et elles espèrent que vous les écouterez. Nous n’imputons pas la tyrannie à l’État d’Israël comme un exercice intellectuel, nous le faisons parce que c’est une réalité que les Palestiniens et les citoyens d’Israël vivent, tous les jours.

« …11/ La Palestine a besoin de soutiens internationaux, d’actions positives, de paix et ce n’est pas en prônant la violence (intellectuelle et verbale) et l’intolérance, que vous aiderez la Palestine. Je me suis moi-même rendu à Ramallah, pour y produire un concert gratuit de Shakti, soutenu par les Nations Unies, et nous avons aidé à financer une école de musique pour les enfants victime de la guerre. Voilà des actions positives, pacifistes qui ont un sens, de l’humanité. Mettre dos à dos les deux camps, ce n’est pas oeuvrer pour la Paix, c’est mettre de l’huile sur le feu... »

C’est très bien que des artistes veuillent réaliser un travail communautaire dans les communautés palestiniennes et tant mieux pour vous. Comme je l’ai répété à Stanley Jordan à plusieurs reprises dans les discussions qu’il a ouvertes sur Facebook, cette option est toujours sur la table, mais cela n’a rien à voir avec la participation à un concert qui est payé par le gouvernement d’apartheid, et utilisé pour blanchir ses crimes de guerre. Vous pouvez toujours faire les deux. Vous pouvez respecter ce que la société civile palestinienne considère comme une « action positive », « et » annuler un concert complice, « et » agir dans les communautés palestiniennes qui souffrent, étant ainsi solidaires.

« …12/ Votre comparaison avec l’Apartheid en Afrique du Sud est fausse. L’Apartheid en Afrique du Sud fut condamnée par les Nations Unies et se définie par une ségrégation raciale, qui donna lieu dès le 2 Décembre 1968 à une recommandation de suspendre tous les échanges culturels, educatifs et sportifs avec l’Afrique du Sud, et dès 1973 par la résolution 3068 de l’ONU. Nous ne serions pas aller jouer en Afrique du Sud… et je pense que la couleur de peau de Jacky Terrasson (que vous ne semblez décidement pas connaître, cela en devient risible) ne nous aurait bien évidemment pas permis d’ y être invité. Le régime en Afrique du Sud était un régime totalitaire, illégitime, anti-démocratique et raciste. A ce jour l’ONU n’a pas appelé publiquement ou par résolution au boycott d’Israel, ni la France, ni les Etats-Unis qui sont les deux pays de Jacky Terrasson. Si tel était le cas, nous n’irions pas jouer en Israël… »

Malheureusement, la comparaison avec l’Afrique du Sud de l’apartheid n’est pas fausse, tel est le cas, et Jacky Terrasson est sur le point de jouer dans l’Israël de l’apartheid. Je suis très contente que vous ayez une connaissance approfondie, détaillée, de ce qu’il s’est passé dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, afin de parachever votre tableau, j’aimerais vous donner connaissance de façon tout aussi approfondie de ce qu’il se passe dans les territoires palestiniens occupés. Heureusement, d’autres l’ont déjà fait de façon très méticuleuse, aussi, je vous recommande, ainsi qu’à Mr Terrasson, de prendre le temps de consulter ces quelques sources excellentes :

http://en.wikipedia.org/wiki/Israel…
http://electronicintifada.net/conte…
http://www.youtube.com/watch?v=Bzey…

« …Dans mon agence, je représente des artistes musulmans, des artistes israéliens, beaucoup de religions différentes, de nationalités, et c’est un espace de tolérance, de paix, de dialogue. J’ai produit plus de 3000 concerts dans le monde, et c’est la première fois que je reçois autant de missives désagréables. Vous l’homme de science, vous devriez faire confiance à la rigueur de l’analyse au lieu de rentrer dans un conflit ouvert avec les artistes... »

Puisque votre bureau est un lieu de tolérance, de paix et de dialogue, il n’aimerait probablement pas être éclaboussé avec l’analyse rigoureuse qui précède. Si vous pensez autrement, vous pourriez vouloir fournir votre propre analyse rigoureuse, réfutant l’analyse rigoureuse des autres. Je souligne qu’il vous reste encore à le faire.

« …Je terminerais par cette citation de Koffi Annan, « la Tolérance est une Vertu qui rend la paix possible« … »

La tolérance est une vertu, en effet, qui rend la paix possible. Le fait qu’Israël en manque, et quelques autres, fait qu’il n’y a pas de paix.

Un débat qui nous tient à cœur : peut-on encore aller faire des concerts en Israël ?

«  …Bien Cordialement,

Christophe Deghelt,

Quelques liens pour nourrir votre réflexion, nous avons volontairement laissé toutes les opinions s’exprimer.

Le Site du BDS – la Page sur Jacky Terrasson
Le Site de Creative Community for Peace
La page Facebook – Stand with Us
La page Facebook de Jacky Terrasson
La page Facebook d’Erik Truffaz
Réécoutez l’émission sur RTS
Blog Le Monde Et si les Israéliens étaient plus ouverts que leurs partis politiques sur la Palestine ?… 
»

Avant d’en arriver à la conclusion, je voudrais réagir à certains de ces liens que vous donnez afin de m’assurer que vous comprenez bien leur contexte politique. Je prends en considération que le fait pour vous de les publier ne signifie pas que vous les approuvez.

Stand With Us est une organisation qui travaille pour et avec le gouvernement d’Israël dans les campus à l’étranger. Je recommande fortement l’analyse rigoureuse de Tom Pessah sur de tels groupes, afin de mieux comprendre le contexte politique dans lequel ils opèrent (dans le cas où les emblèmes sur leur banderole ne vous auraient pas alerté encore). Ils travaillent ensemble avec la soi-disant Communauté créative pour la paix, qui est une organisation d’agents des célébrités les plus en vue du monde, et qui oeuvre aussi de concert avec le gouvernement d’Israël, qui en reçoit de l’argent, afin de faire connaître son agenda. Ils prétendent, hypocritement, être des organisations à but non lucratif, alors qu’en réalité, ils agissent pour empêcher toute tentative de s’assurer que leurs artistes ne profitent pas de l’occupation militaire. En échange, l’État d’Israël a transformé les boycotts qui « nuisent à l’État d’Israël » en une « faute civile », accordant aux entreprises le droit de poursuivre les personnes au motif qu’elles les ont boycottées pour des raisons morales, sans avoir à prouver l’existence d’un préjudice.

S’agissant de l’article dont vous nous donnez le lien, il fera sérieusement l’objet d’une autre réponse de ma part, en attendant, je vous propose des articles ayant rapport à la question que cet article tente d’aborder.

http://www.guardian.co.uk/world/201…
http://www.haaretz.com/print-editio…
http://littlegreenfootballs.com/pag…
http://www.haaretz.com/news/nationa…

Arrivant au terme de cette longue discussion, j’aimerais noter que la publication sur un blog qui n’offre aucune possibilité de commentaires étouffe quelque peu la possibilité d’avoir ce « débat qui nous tient à cœur ». Mais quand on veut, on peut. Je serais heureuse d’être contactée pour plus d’informations. Je serais même encore plus heureuse si vous poursuiviez ce débat, en public.

Enfin, sur votre question : « Peut on encore aller faire des concerts en Israël ? »

Oui, vous pouvez. Et aussi Jacky Terrasson le peut. Vous avez le privilège de faire ce que vous voulez, mais par respect pour les Palestiniens sous la botte de l’oppression d’Israël, nous vous demandons d’annuler votre concert en Israël, un concert soutenu par son gouvernement oppressif d’apartheid et utilisé pour blanchir ses violations des droits humains des Palestiniens.

alt
Tali Shapiro
 est une militante israélienne de 24 ans, membre des Anarchistes contre le Mur et de Boycott from Within

Source : http://pulsemedia.org/2013/01/14/a-response-to-jacky-terrassons-agent-christophe-deghelt-about-the-red-sea-jazz-festival/

traduction : JPP




Lettre à Jacky Terrasson / Letter to Jacky Terrasson

Malgré ses tentatives pour rester apolitique ou neutre, la politique a rattrapé Jacky Terrasson, sa page facebook se remplit de messages sionistes, son silence et son inaction ne sont plus acceptables.

Le grand Stanley Jordan s’est ajouté au Portico Quartet dans les artistes qui ont annulé leur participation au festival de jazz d’Eilat.

Jacky Terrasson les rejoindra-t-il ou se tiendra-t-il aux côtés des artistes qui, comme au temps de l’apartheid en Afrique du Sud, préféraient ignorer les appels au boycott et chanter pour les blancs en prétendant ne pas faire de politique?

Voici la lettre que la Campagne BDS France avait envoyé à Jacky Terrasson en début d’année / Here is the letter that the French BDS Campaign sent to Jacky Terrasson at the beginning of the year

Suite à cette lettre, un débat s’est engagé que vous pouvez trouver ici / Following this letter, a debate has started and you can find it here
==================================

Paris, le 2 janvier 2013

Cher Jacky Terrasson, 

Tout d’abord, nous vous souhaitons une bonne année 2013. Pour commencer l’année, vous êtes invités à jouer au festival de jazz d’Eilat en Israël le mois prochain. Eilat est une station balnéaire, éloignée de la politique et des événements tragiques qui parcourent cette région. Mais suffit-il de s’éloigner du champ de bataille pour ne plus entendre ce qui se passe à quelques dizaines de kilomètres de là ?

Savez-vous pourtant qu’une partie de la population, exclue, ne pourra pas venir écouter les sonorités de votre piano. En effet, le peuple palestinien reste relégué, en dépit des conventions de l’ONU, derrière un mur de séparation illégal, occupé et colonisé en Cisjordanie, assiégé sous blocus à Gaza, sous un régime de discriminations légales en Israël, et réfugié dans le reste du monde. 

Cher Jacky Terrasson, sur votre page facebook vous vous prononcez contre la circulation d’armes à feu aux Etats-Unis. Pourriez-vous, aujourd’hui, vous rendre dans un pays aussi violent que l’est Israël pour sa propre population autochtone, et jouer pour le gouvernement qui met en place et encourage cette violence?

Il faut que vous sachiez que le festival de jazz d’Eilat n’est pas uniquement un événement musical et culturel. Organisé avec l’aide des ministères de la culture et du tourisme israélien, il est directement associé au gouvernement et à sa propagande, pour tenter de faire passer Israël pour un État comme les autres. Israël se sert en effet de la culture et des événements culturels, sur place comme à l’étranger, comme autant de porte paroles de la «démocratie» israélienne. Il est essentiel pour lui de montrer sa «normalité» à ses citoyens comme à l’étranger. 

Pourtant Israël n’est pas un État normal ou démocratique pour tous ses citoyens: il viole quotidiennement le droit International par l’occupation et la colonisation de territoires, il maintient un blocus illégal sur Gaza, privant ainsi toute une population de vivres et de matériel médical, il continue chaque jour à expulser, emprisonner, à détruire des maisons de familles palestiniennes. Depuis la récente reconnaissance de la Palestine comme État observateur à l’ONU, le gouvernement israélien a riposté en engageant la construction de plus de 2600 logements illégaux supplémentaires dans les colonies de Jérusalem-Est. En Cisjordanie, plus de 600 check-points privent les Palestiniens de leur liberté de circulation, rendant leur accès à l’eau, à l’éducation, à la santé ou au travail dépendant de l’arbitraire militaire.

La communauté internationale ferme les yeux, et le gouvernement israélien agit en toute impunité. Face à ces injustices, les composantes de la société civile palestinienne, soutenues par la frange la plus progressiste des citoyens israéliens, ont décidé en 2005 de mettre en place la campagne BDS. Il s’agit d’un appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions tant qu’Israël ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée de la non-violence de Gandhi et du combat des Sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale. Nous, citoyens français de diverses associations, avons formé la Campagne BDS France pour relayer cette lutte à tous les niveaux de la société française. 

De nombreuses personnalités artistiques ont déjà choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Récemment les groupes Portico Quartet et Tuba Skinny, les pianistes Jason Moran et Eddie Palmieri, eux aussi invités au festival de jazz d’Eilat, ont annulé leur participation.

Parmi les autres artistes qui ont annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes, on compte également votre amie Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, Les Pixies ou Massive Attack.

Cher Jacky Terrasson, nous vous demandons de rejoindre tous ces artistes qui refusent aujourd’hui d’être utilisés dans le blanchiment du régime israélien, et choisissent de boycotter ce régime tant qu’il ne respectera pas le droit international. Nous vous demandons de bien débuter l’année et d’annuler votre participation au festival de jazz d’Eilat et de dire ainsi votre refus d’être manipulé, au service d’une injustice que vous ne cautionnez pas.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

La Campagne BDS France

===========================================

Dear Jacky Terrasson,

First, let us wish you a happy new year 2013. You have been invited to play at the jazz festival in Eilat, Israel next month. Eilat is a seaside resort, distant from the politics and tragic events in the region. But does being far from the battlefield mean not hearing what’s happening a few dozen miles away?

Do you know that a whole swathe of the population is excluded and won’t be able to come and listen to the sounds of your piano? Despite UN Conventions, the Palestinian people remain under occupation and colonisation, confined behind an illegal separation Wall in the West Bank, hemmed in by the siege of Gaza, or living under a regime of State discrimination in Israel. The rest are refugees all around the world.

Dear Jacky Terrasson, on your Facebook page you denounce the prevalence of fire-arms in the United States. Could you today go to a country as violent as Israel is towards the native population, and play for a government that puts in place and encourages such violence?

You should know that the Eilat jazz festival is not merely a musical and cultural event. Organised with the aid of the Israeli Ministries of Culture and Tourism, it is directly associated with the government and its propaganda, attempting to pass Israel off as a State like any other. Israel uses such cultural events, at home and abroad, as a showcase for Israeli “democracy”. It wants at all cost to display its “normality”, to its own citizens and to foreigners abroad.

But Israel is not a normal State, nor is it democratic for all its citizens. It violates international law daily by its occupation and colonisation of land, it maintains an illegal blockade of Gaza, depriving a whole population of basic supplies and medical equipment, it continues day after day to expel, to imprison, and to demolish the homes of Palestinian families. Since the recent recognition of Palestine as an observer State at the United Nations, the Israeli government has retaliated by announcing the illegal construction of over 2,600 additional homes in the colonies of East Jerusalem. In the West Bank, over 600 checkpoints deprive the Palestinians of their freedom of movement, making access to water, to schooling, to health care, to employment, dependent on the arbitrary will of the military.

The international community closes its eyes and the Israeli government acts with total impunity. In the face of such injustice, Palestinian civil society, supported by the most progressive fringe of Israeli citizens, decided in 2005 to launch the BDS campaign: a call for boycott, divestment and sanctions as long as Israel goes on flouting international law. We, French citizens belonging to a variety of associations, formed the BDS French Campaign in order to pursue the struggle at all levels of French society.

Numerous international artists have already chosen not to play in Israel until its changes its politics. Just recently the groups Portico Quartet and Tuba Skinny, as well as the pianists Jason Moran and Eddie Palmieri, who were all invited to the Eilat jazz festival, have cancelled their performances there.

Other artists who have also cancelled their appearance in different Israeli cities include your friend Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, The Pixies and Massive Attack.

Dear Jacky Terrasson, we are asking you to join all these artists who refuse to be used to whitewash the Israeli regime and who choose to boycott that regime until it respects international law. To start the year well, we are asking you to cancel your participation in the Eilat jazz festival, showing that you refuse to be manipulated in the service of injustice that you do not support.

The French BDS Campaign




La lettre de Rania Elias, Palestinienne de Jérusalem à Eric Truffaz

La lettre publiée sur le « mur » facebook de l’artiste.

 

Mon cher Erik… Bonne année…

J’espère que vous vous souvenez encore de moi. Je suis Rania Elias, Directrice du Festival de Jérusalem de Yabous, en Jérusalem occupée… Nous vous avons invité deux fois à notre Festival de Jérusalem avec vos merveilleux musiciens et le chanteur Munir Trudi… Vos mots et musiques continuent à résonner sur le magnifique site archéologique où la représentation avait eu lieu… Je continue à jouer votre morceau de musique que vous avez appelé « Yabous », dédicacé à Christina et moi ainsi qu’à Yabous.

J’ai été vraiment surprise d’apprendre que vous allez jouer à Eilat au Festival de la Mer Rouge… Nous sommes particulièrement troublés que vous ayez choisi de jouer là-bas, étant donné le récent assaut israélien contre Gaza, où plus de 150 civils palestiniens ont été tués, dont 34 enfants. Les organisations palestiniennes de droits de l’Homme ont accusé Israël de crimes de guerre, dont le ciblage délibéré de civils et d’infrastructures civiles.

Vous serez sans doute choqué d’apprendre que l’establishment israélien a essayé d’assiéger Gaza et d’infliger à sa population une diète calorique, et une politique visant à permettre « la subsistance sans développement de malnutrition », en limitant la quantité de nourriture qui serait permise dans la bande de terre occupée, étranglant et affamant un peuple entier par une politique de punition collective.

Aujourd’hui, pour ces raisons et d’autres, des groupes de la société civile palestinienne font appel aux artistes de la même façon que les militants Sud Africains ont fait appel aux artistes, pour boycotter les festivals culturels et les événements en Israël. Tout ce que nous vous demandons, c’est de vous abstenir de traverser la ligne rouge désignée par la société palestinienne, soutenue par des organisations internationales, et de plus en plus soutenue par des Israéliens progressistes… La société civile palestinienne vous demande ceci comme la plus essentielle contribution à leur lutte pour atteindre la paix et la justice… S’IL VOUS PLAIT ANNULEZ VOTRE SPECTACLE EN ISRAEL.

Nous espérons que vous ne serez pas convaincu par l’argument comme quoi la musique construit des ponts et peut apporter le sourire sur les visages des gens, répandant ainsi un message de paix et d’espoir. Tout message de paix que vous espérez apporter  sera noyé dans la propagande bien huilée d’Israël qui vous utilisera pour se blanchir en tant qu’Etat normal qui promeut la musique et la culture, et présentera votre apparition comme caution de sa politique…
Parmi les artistes qui ont refusé de jouer en Israël ou annulé leurs représentations suite aux appels des Palestiniens et de leurs soutiens : U2, The Pixies, et Gorillaz Sound System. De telles annulations minent la capacité d’Israël à promouvoir une image de soi comme un pays normal plutôt qu’un pays qui pratique l’apartheid violent  à l’égard du peuple palestinien.

A Jérusalem où vous vous êtes produits à notre invitation, les Palestiniens font face à une politique quotidienne israélienne de nettoyage ethnique et de violations massives des droits de l’Homme. Des centaines de familles ont été déracinées, des centaines de maisons ont été confisquées sous le coup de la Loi sur la Propriété des Absents, loi raciste des autorités israéliennes votée en 1950. En plus de construire un réseau de tramway, récemment introduit à Jérusalem et qui relie la ville aux colonies avoisinantes en violation du droit international, prétendant être un moyen de connexion pour tous les habitants de la ville de Jérusalem. D’après le droit international, une puissance occupante n’est pas autorisée à annexer ou à changer considérablement l’infrastructure des territoires qu’il occupe. En juillet 2004, la Cour Internationale de Justice a confirmé qu’Israël est une puissance occupante et que la construction du Mur de séparation et des colonies juives est illégale. Alors que ce projet de ligne de tramway traverse Jérusalem-Est occupée, en violation flagrante du droit international et des droits des autochtones palestiniens…

Erik, il s’agit simplement de souligner quelques unes des souffrances quotidiennes dans Jérusalem occupée et la souffrance de millions de Palestiniens à cause du harcèlement et des pratiques des occupants…

J’en appelle donc à vous pour ne pas prêter main forte au blanchiment d’Israël et à la célébration de ses violations du droit international et de sa dépossession incessante du peuple palestinien. S’il vous plaît, annulez votre représentation et placez-vous du bon côté de l’Histoire… Donnez votre voix à la justice et à la liberté…

Bien à vous,

Rania Elias

(Traduction MA pour BDS)



Lettre originale en anglais

My dear Erik…. Happy New year …

Hope you still remember me…am Rania Elias Director of the Jerusalem Festival – Yabous, in Occupied Jerusalem…we invited you twice to our Jerusalem festival with your wonderful musicians and singer Munir Trudi…. Your words and music still echoes at the beautiful archeological site where the performance took place…. I still play your piece of music » track » that you called « Yabous » dedicated to Christina and I and to Yabous too.

I was really surprised to know that you will be performing in Eilat at the Red Sea Festival ….We would find it especially disturbing should you choose to play there, given Israel’s recent onslaught on Gaza, where more than 150 Palestinian civilians were killed, including 34 children. Palestinian human rights organizations have accused Israel of war crimes including the deliberate targeting of civilians and civilian infrastructure.

This attack is just the latest stage of Israel’s collective punishment of Palestinians living in Gaza. You may be shocked to learn that the Israeli establishment has attempted to besiege Gaza and rule its people through an enforced caloric diet, and a policy that sought to allow “for subsistence without the development of malnutrition,” essentially limiting the amount of food that would be permitted into the occupied strip of land, and strangling and starving an entire people in a policy of collective punishment.

Today, for these reasons and more, Palestinian civil society groups are calling on artists in the same way that South African activists called on artists to boycott cultural festivals and events in Israel. All we are asking for you to refrain from crossing a picket line called by Palestinian society, endorsed by international organizations, and increasingly supported by progressive-Israelis…. Palestinian civil society is asking this of you as a most essential contribution to their struggle to achieve peace and justice …PLEASE CANCEL YOUR SHOW IN ISRAEL.

We hope that you will not be persuaded by the argument that music builds bridges and can bring smiles to people’s faces, thus hopefully spreading a message of peace. Any message of peace you hope to bring will be drowned by Israel’s well-oiled publicity that will use you to rebrand itself as a normal state that promotes music and culture and present your appearance as an endorsement of its policies…

Artists who have refused to play in Israel or cancelled performances following appeals from Palestinians and their allies include U2, the Pixies, and Gorillaz Sound System. Such cancellations undermine Israel’s ability to project an image of itself as a normal country rather that one that practices violent apartheid over the Palestinian people.

In Jerusalem where you performed as our guest ; Palestinians are facing a daily Israel’s policies of ethnic cleansing and massive human rights violations. hundreds of families were uprooted, hundreds of houses were confiscated under the Israeli authorities racist Absentees’ Property Law of 1950. Besides building the light railway system, recently introduced in Jerusalem and which links the city to neighbouring colonies in violation of international law, as a medium of connection and respect for all inhabitants of the city of Jerusalem. According to international law, an occupying power is not allowed to annex or drastically change the infrastructure in the territories it occupies. In July 2004, the International Court of Justice confirmed that Israel is an occupying power and that building the Separation Wall and the Jewish settlements is illegal. As this light railway line project runs through occupied East Jerusalem, it is in blatant violation of international law and the rights of the indigenous Palestinians….

Erik this is just to highlight few of our daily suffering in occupied Jerusalem and the suffering of millions of Palestinians from harassment and practices of occupiers…

I therefore call upon you not to lend a hand to rebranding Israel and celebrating its violations of international law and ongoing dispossession of the Palestinian people.
Please cancel your performance and stand on the right side of history …give your voice to justice and freedom …

yours,
Rania Elias