Le contexte de BDS aujourd’hui

La progression de tout engagement, si juste soit-il, dépend notamment de l’évolution du contexte politique et sociétal de son développement.

Qu’en est-il aujourd’hui concernant BDS ? En Palestine, en Israël, au niveau international, en France ?

Le peuple palestinien pratique le BDS dans toute la mesure de ses possibilités. Il boycotte les produits des colonies et cherche à se passer au maximum des produits israéliens. Ceci contribue à la diminution des importations palestiniennes de produits israéliens.

 

Il est frappant que tous les camarades qui effectuent des missions de solidarité en Palestine reviennent en disant que de nombreux Palestiniens leur ont demandé avec insistance de continuer à développer BDS et en leur précisant que cette mobilisation est une aide importante pour eux.

Ainsi lors de la Fête de l’Huma de cette année, Walid Assaf, ministre palestinien contre la colonisation et le mur, nous a, par un discours solennel au haut-parleur dans notre stand de la Campagne BDS France, remercié chaleureusement pour le soutien précieux que nous apportons au peuple palestinien et a souligné l’importance de faire grandir le mouvement BDS.

En Israël, le contexte a évolué depuis quelques années du fait du déploiement à grande échelle par les autorités de leur politique anti-BDS. Après avoir été raillé pendant toute une période, BDS est à présent perçu comme une menace réelle, qui porte atteinte à l’image d’Israël et commence même à perturber les échanges économiques avec d’autres pays, ce qui se traduit par la baisse des investissements de pays étrangers (baisse de 46 % en 2014 par rapport à 2013) et l’impact des mobilisations contre les entités opérant dans les colonies.

Le gouvernement israélien a alors mis en place une politique chargée de traquer les militants BDS, allant jusqu’à menacer certains d’assassinats ciblés, et de renforcer les opérations de propagande et de tentatives de séduction auprès du public, notamment en direction des milieux culturels et universitaires. Malgré ces menaces, le mouvement « Boycott from Within » (boycott de l’intérieur), si peu implanté soit-il, poursuit un travail opiniâtre pour combattre cette politique et pour dissuader les personnalités, et particulièrement les artistes, de répondre aux invitations de l’État et des institutions israéliennes.

N’oublions pas non plus que le contexte en Israël est aussi marqué par la résistance des Palestiniens de ce pays malgré la forte répression qu’ils subissent.

Qu’en est-il au niveau international ?

La situation internationale est très tendue et dramatique dans d’autres pays que la Palestine et Israël, ainsi en Syrie, Iraq, Yémen, Libye … L’actualité médiatique se focalise souvent sur des questions telles que la guerre contre Daesh, la politique des grandes puissances en Syrie, la politique des puissances régionales telles que l’Iran, la Turquie ou l’Arabie saoudite …

Ceci est compréhensible, mais n’excuse pas le fait que les grandes puissances ont tendance à se désintéresser de la Palestine et à se limiter à produire de temps en temps des communiqués purement formels contre la poursuite de la colonisation israélienne. La majorité des États occidentaux sont de fait complices ou alliés d’Israël, qui en profite pour essayer de faire interdire BDS dans ces pays, notamment la France, les USA et le Canada.

Cette offensive rencontre un certain écho, particulièrement en France, mais aussi une résistance importante.

De nombreuses et importantes associations pour les droits humains ont déclaré que BDS relève de la liberté d’expression : ainsi la FIDH (Fédération Internationale pour les Droits Humains), Amnesty International et la Ligue des Droits de l’Homme.

En Europe, ce sont 354 organisations de droits de l’Homme, associations religieuses, syndicats et partis politiques qui ont demandé le 18 mai 2016 à l’UE de défendre leur droit au BDS.

Les gouvernements hollandais, irlandais et suédois ont eux aussi affirmé que le BDS est un droit légitime d’expression des citoyens.

En Grande Bretagne, la Haute Cour a clairement désapprouvé les tentatives en février dernier du gouvernement d’empêcher les conseils municipaux de boycotter les produits des colonies. Suite à des plaintes contre plusieurs conseils municipaux qui prônent cette pratique, elle a déclaré qu’il n’y a rien d’illégal à ce que les conseils municipaux boycottent les produits des colonies israéliennes par souci d’adopter des pratiques éthiques d’approvisionnement et d’investissement.

Même l’Internationale socialiste (dont le Parti Socialiste est adhérent !) a reconnu BDS comme tactique légitime de lutte contre l’occupation.

De fait, dans la plupart des pays où elle se propage la Campagne BDS continue de progresser. Face à l’accentuation des crises multiples qui secouent la planète, l’opinion publique internationale perçoit cette campagne comme un engagement fort contre les fauteurs de guerre et pour un monde libéré des graves conséquences des politiques coloniales et racistes. Malgré l’effacement relatif de la Palestine par d’autres guerres mortifères, les gens ne sont pas dupes et s’engagent pour manifester que la guerre coloniale contre le peuple palestinien reste l’un des conflits majeurs de notre époque, est l’une des racines importantes des guerres aux Moyen et Proche Orient.

C’est pourquoi les nouvelles adhésions à la Campagne BDS ne fléchissent pas, qu’il s’agisse d’associations estudiantines, syndicales ou religieuses.

Le BDS culturel se poursuit sous diverses formes. Concernant l’importance de ce boycott, le livre « Un boycott légitime. Pour le BDS universitaire et culturel de l’État d’Israël », d’Armelle Laborie et Eyal Sivan (Editions La fabrique), est très instructif.
Les équipes sportives israéliennes peuvent de moins en moins se produire dans de nombreux pays sans susciter des manifestations contre la politique coloniale et d’apartheid de leur Etat.

Des gouvernements ou d’autres entités territoriales prennent des distances. Le gouvernement portugais se retire d’un projet financé par l’Union européenne, associant le ministère israélien de la Sécurité publique, la Police nationale israélienne et l’université Bar Ilan d’Israël et dont l’objectif est d’unifier les méthodologies d’interrogatoire de la police. En Espagne des dizaines de villes et des provinces se proclament « libres d’apartheid israélien »

Et en France ?

Ici la situation s’est complexifiée du fait que l’actualité politique porte sur de nombreuses questions : la « lutte contre le terrorisme », la prolongation de l’État d’urgence, l’intensification des mobilisations sociales (notamment contre la loi El Khomri), les mobilisations antiracistes, l’apparition de phénomènes tels que « Nuit debout », les perspectives électorales …

Il est indéniable qu’ignorer ces évolutions relèverait d’une vision étriquée de notre engagement et qu’inversement nous investir dans tous les champs politiques disperserait nos énergies bien au-delà des fondements du BDS et freinerait nos mobilisations spécifiques.

Mais en même temps BDS est en prise avec de nombreuses mobilisations : contre la prolongation de l’état d’urgence, qui vise aussi les militants BDS, contre les courants qui présentent Israël comme un modèle de politique sécuritaire, contre les politiques de guerre et pour la paix dans le monde, pour la solidarité internationale avec les peuples opprimés, pour un vivre ensemble sans discriminations racistes, pour un comportement éthique des consommateurs, pour le respect du droit international et des droits humains …

Nous participons ou sommes invités à diverses mobilisations porteuses de ces thèmes, notamment dans les collectifs contre l’état d’urgence, dans les « Marche de la paix » qui ont eu lieu le 24 septembre, dans des tribunes d’opinion, etc

Malgré les tentatives d’intimidation que nous subissons (procès, amalgames entre antisionisme et antisémitisme, interdictions de certaines initiatives, …), de nombreux interlocuteurs toutes générations confondues et issus de divers horizons sociaux, idéologiques et associatifs (mouvements anti-guerres, écolos, antiracistes, associations liées à une religion …) sont réceptifs à notre engagement.
Et en notre temps de crise politique et de critiques des politiques partidaires traditionnelles, BDS est souvent perçu, par celles et ceux qui recherchent des alternatives, comme un engagement citoyen exemplaire.

C’est pourquoi nous poursuivons notre inscription dans le paysage politique et continuons à accueillir de nouvelles adhésions.

C’est pourquoi en nous inscrivant dans le contexte d’aujourd’hui nous continuons de nous mobiliser sans relâche contre l’impunité, et ses répercussions ici même, de la politique israélienne d’apartheid.

Le 13 octobre 2016

Jean-Guy Greilsamer (militant BDS France et UJFP)

Source : https://www.ujfp.org/spip.php?article5179




Alertez vos parlementaires en urgence – Droit Au Boycott

Le projet de loi « Égalité et citoyenneté » est débattu à partir de ce lundi à l’Assemblée nationale. Le vote pourrait intervenir dès le 29 juin. Selon son résultat, la loi pourrait faciliter les attaques contre l’appel au boycott ou au contraire nous permettre de développer notre campagne contre l’impunité et les violations du droit international.

Lors de son intervention le 7 mars 2016 au dîner du Crif, Manuel Valls avait déclaré « la disposition visant à sortir les délits antisémites et racistes du droit de la presse pour les faire rentrer dans le droit commun figurera dans le projet de loi Égalité et citoyenneté ». Il faisait ainsi allusion à la circulaire Alliot-Marie qui, bien que visant à protéger du racisme et de l’antisémitisme, a été détournée de son objet en criminalisant l’appel au boycott.

Avec le projet adopté en l’état, nos adversaires seront moins contraints par des obstacles liés à la procédure ou aux délais de prescription.

Dix députés (Pouria Amirshahi, Alexis Bachelay, Jean-Jacques Candelier, André Chassaigne, Yves Daniel, Hervé Féron, Jacqueline Fraysse, Michel Ménard, Noël Mamère, Gabriel Serville), répondant aux demandes de la Plateforme Palestine et de l’AFPS, ont déposé 2 amendements destinés à exclure les actions de boycott citoyens du champ d’application des dispositions contre le racisme et l’antisémitisme, précisant que :

  • « Ne constitue pas une provocation à la discrimination le fait d’appeler au boycott de produits ou de services concourant à la politique contestée d’un État. » ;
  • Et ajoutant une exception à l’article 225-3 du Code pénal : « Aux refus d’achat de produits ou de services, ou à des producteurs concourant à la politique contestée d’un État. »

Nous vous invitons à alerter vos parlementaires (ou du moins celles et ceux qui peuvent être sensibles à cette question) pour qu’ils soient présents et votent ces amendements.

Vous trouverez ci-joint un modèle de courrier à envoyer aux députés (pouvant être adapté en fonction des cibles), ainsi que les 2 amendements avec l’exposé des motifs.

L’adoption de ces amendements serait une véritable victoire pour le mouvement de solidarité et au-delà pour nos amis palestiniens.

Amendements d’Alexis Bachelay au projet de loi égalité et citoyenneté

Modèle de courrier aux députés

Source : http://www.ujfp.org/spip.php?article5035




Intervention à Londres le 20 avril 2016 de Jean-Guy Greilsamer

Par Jean Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France

À l’occasion d’un meeting pour la libre expression de BDS

Bonsoir à tou-te-s,

Je remercie la section de Waltham Forest de la “Palestine Solidarity Campaign” de m’avoir invité.

D’abord je me présente. Je suis né en 1946, suis retraité, suis issu d’une famille juive rescapée du génocide nazi, et ai eu une éducation juive jusqu’à la Bar Mitzvah. Je précise qu’en tant que Juif j’ai eu une enfance normale, parce qu’à l’époque de mon enfance la communauté juive n’était pas encore traversée par des tendances paranoïaques comme aujourd’hui, et mes parents ne passaient pas leur temps à me harceler pour que j’honore la mémoire du génocide.

Je milite dans la campagne BDS de France et depuis 2003 à l’UJFP, qui est solidaire des droits du people palestinien et participe à la Campagne BDS.

Je vais vous parler de la situation française concernant le mouvement BDS, d’abord du contexte en France et ensuite des perspectives d’avenir en France et dans les autres pays concernés par BDS

Le contexte français est spécifique pour plusieurs raisons.

D’abord, BDS est un sujet sensible en France parce que la France est le pays d’Europe qui comporte la plus importante population juive (environ 600 000, bien que le nombre soit difficile à évaluer) et aussi la plus importante population arabe et arabo-musulmane (environ 6 000 000 ou plus, mais c’est également difficile à estimer)

Maintenant je vais vous parler d’une part des faiblesses et d’autre part des bonnes potentialités de BDS en France

D’abord les points faibles.

Il y a en France un lobby sioniste agressif, qui attaque le mouvement BDS.
Et il y a en même temps une situation difficile à cause des attaques générales contre les libertés sous prétexte de lutte contre le terrorisme et du fait de l’ainsi nommé “état d’urgence”

Le lobby sioniste se compose d’une part du CRIF (le sigle signifie « Conseil Représentatif des Institutions Juives de France ») et des officines sionistes qui portent plainte contre les militants BDS, et d’autre part de notre gouvernement. 
Le gouvernement considère le CRIF comme son partenaire officiel représentant la communauté juive de France, alors qu’en fait cet organisme, qui ne représente qu’une petite partie de la communauté juive, est une courroie de transmission de la politique israélienne. 
La majorité de la population juive française est certes sioniste, mais elle est traversée comme toute population par une diversité de courants d’opinion. Et l’UJFP à laquelle j’appartiens est un courant minoritaire, mais pas minuscule.
Il est important de dissocier le CRIF et le gouvernement, parce que rien n’oblige le gouvernement français à développer une politique sioniste. Croire que le gouvernement est obligé d’obéir au CRIF serait accréditer les clichés complotistes et antisémites selon lesquels les Juifs auraient par essence vocation à chercher à dominer le monde.
Je signale aussi le poids de la LICRA (« Ligue Internationale contre le Racisme et l’antisémitisme »). La LICRA est une ONG soi-disant antiraciste mais qui en réalité poursuit également BDS en justice, comme c’est le cas d’un procès contre des militants BDS à Toulouse. La LICRA est l’interlocuteur privilégié du gouvernement sur les questions de l’antiracisme.

Notre gouvernement, formé par le parti « socialiste », et surtout son premier ministre actuel Manuel Valls, amalgame l’antisionisme et BDS à l’antisémitisme, et ne dément pas l’amalgame que fait le gouvernement israélien avec le terrorisme.

En général la nature des attaques contre BDS en France, qui s’inscrivent dans les attaques contre les libertés, est soit d’essayer de déclarer que BDS est illégal, soit de condamner BDS. Dans les deux cas BDS est présenté comme antisémite ou comme un obstacle à une paix juste entre Israéliens et Palestiniens.

L’objectif de ces attaques est d’intimider les militants de BDS et d’essayer de faire croire à l’opinion publique que BDS est illégal.
Dans certaines mairies le but est d’interdire aux services municipaux de mettre à disposition de la Campagne BDS des services qui pourraient lui être utiles, par exemple des salles de réunion.

Depuis février 2010 une circulaire, appelée « circulaire Alliot Marie », du nom de la ministre de la Justice de l’époque, recommande aux juges de poursuivre les militants qui appellent au boycott des produits israéliens. Mais une circulaire n’est pas une loi, et la majorité des juges n’a pas appliqué cette circulaire.

En octobre 2015, un arrêt de la Cour de cassation (la plus haute Cour en France) a confirmé un jugement qui a condamné le boycott des produits israéliens. Cet arrêt déclare que le boycott de produits israéliens constitue une discrimination contre des producteurs et des fournisseurs en raison de leur appartenance à une « nation », en l’occurrence la soi-disant « nation » israélienne.
En mars dernier, un autre arrêt de la Cour de Cassation a confirmé une condamnation d’un autre groupe de militants pour cette raison et aussi pour « entrave à la liberté du commerce ».

Mais il s’agit là de seulement deux arrêts de la Cour de Cassation. Des arrêts précédents de cette Cour déclarent que le boycott n’est pas illégal parce qu’il relève de la liberté d’expression, et la majorité des procès ont abouti à des relaxes.
En fait, il n’y a pas en France de loi anti-BDS : BDS n’est donc pas illégal.

Un autre point faible du contexte en France est l’évolution négative de l’élite intellectuelle.
Alors que pendant longtemps la scène des intellectuels de renom en France était beaucoup marquée par des figures intellectuelles anticolonialistes, aujourd’hui ce sont des intellectuels sionistes ou islamophobes (ce qui se rejoint) qui tiennent le haut du pavé. Ce phénomène, qui ne concerne pas que le regard sur Israël et la Palestine, relève de ce que certains qualifient de « droitisation » de la société.

Mais la Campagne BDS en France, ce n’est pas seulement ses points faibles, c’est aussi ses bonnes potentialités. 

C’est ce que je vais aborder maintenant.
Le point fort essentiel est qu’il existe dans la population française une réelle empathie pour le peuple palestinien. On peut dire que la moyenne de la population française est plus sensible à la cause du peuple palestinien et à la dangerosité de l’Etat d’Israël que ne l’est la moyenne des politiciens, qui est beaucoup plus frileuse.
Lorsque nous intervenons dans des lieux publics ouverts, beaucoup de gens manifestent leur sensibilité, signent volontiers des pétitions de solidarité ou pour dénoncer la politique d’Israël et de ses alliés, ou prennent notre défense quand nous sommes agressés verbalement par des sionistes.
Un sondage a établi que 2/3 des Français ont une image négative d’Israël, et lorsque les gens sont interrogés sur quels sont selon eux les Etats les plus dangereux dans le monde, pour la majorité Israël se trouve dans le peloton de tête.

Nous pouvons constater qu’il existe une résistance réelle aux mesures répressives contre BDS
Sur les cent plaintes qui ont été intentées contre des militants, la plupart ont été classées sans suite et la majorité des autres se sont soldées par des relaxes. 
Suite à la confirmation par la Cour de cassation de la condamnation des militants de la région de Mulhouse, les interventions BDS ont pu quand même continuer, ce qui n’aurait pas été possible si la majorité de la population française soutenait la politique d’Israël.

Par ailleurs, les victoires de la campagne BDS en France ne sont pas à minimiser.
BDS France a contribué de façon importante à la faillite de l’entreprise israélienne d’exportation de fruits et légumes Agrexco et à des victoires contre Sodastream, retiré des exposants d’un salon à vocation écologique et récemment retiré du sponsoring du festival de la BD d’Angoulême. Nous avons contribué aussi à la rupture de l’accord entre Orange et la société israélienne Partners Communications et au retrait total de Veolia d’Israël. 
Deux firmes ont annulé leur participation à un projet de funiculaire destiné à relier Jérusalem à des colonies illégales, après que ces firmes aient été averties par les ministères français des Finances et des Affaires Etrangères ainsi que par des mouvements de solidarité avec le peuple palestinien des problèmes juridiques et des risques encourus.

Sur le front du boycott culturel, nous avons également obtenu des victoires.

Il existe en France un potentiel de mobilisation important, notamment parmi les jeunes issus de l’immigration. Pour eux, qui subissent souvent les politiques racistes dans les banlieues, le peuple palestinien est à la fois un symbole et une forte réalité de la figure de l’opprimé. Le peuple palestinien est victime depuis longtemps d’une politique coloniale et les jeunes issus de l’immigration subissent souvent les conséquences de la politique coloniale française, passée ou présente.

Dans la situation de désarroi ou de confusion politique aujourd’hui en France, beaucoup de gens qui étaient engagés dans un parti politique préfèrent à présent s’engager prioritairement dans la campagne BDS. Je ne veux pas ici juger leur comportement, mais rapporter cette situation. Ces militants nous disent : « Dans BDS au moins je sais pourquoi je me bats ».
De même beaucoup de gens qui étaient peu engagés dans une démarche collective ou qui papillonnaient entre diverses causes humanitaires, franchissent le pas de s’engager dans le mouvement BDS et nous disent que ce type d’engagement par ses dimensions citoyennes, antiracistes et non-violente leur convient tout à fait.

Un point important est que BDS rentre en résonnance avec des causes importantes ici même : 
 L’antiracisme : ce qui est en jeu aussi bien en Israël et Palestine qu’ici, c’est le vivre ensemble dans l’égalité et la justice quelles que soient nos origines, et le refus de l’idéologie du choc des civilisations  
 L’anticolonialisme : la France a une longue expérience des politiques coloniales et des mobilisations anticoloniales, et la politique israélienne contre le peuple palestinien est la plus longue guerre coloniale contemporaine qui concerne directement le monde occidental
 Les valeurs de justice, liberté et égalité en général que symbolise le peuple palestinien, que ce soit dans le monde du travail ou dans toute la société
 Les mouvements anti-guerre, parce qu’Israël est un Etat dangereux pour la paix dans le monde et que nous avons à combattre en France un gouvernement très va-t-en guerre ami d’Israël 
 Le respect du droit international, parce que la persistance de l’impunité d’Israël signifierait la défaite du droit international et son remplacement par le droit du plus fort

Tout ce contexte fait de BDS en France un engagement non seulement pour soutenir un autre peuple, mais aussi un engagement interne à la société française.

Il nous appartient de mettre en œuvre ou d’inventer les médiations nécessaires pour développer cet engagement, pour l’enraciner dans la population.

J’aborde maintenant la dernière partie de mon exposé : quelles sont les perspectives du mouvement BDS, aussi bien en France que dans les autres pays impactés par BDS

J’ai évoqué les victoires auxquelles le mouvement BDS a participé en France.
Il y a eu beaucoup d’autres succès importants dans d’autres pays, par exemple chez vous contre G4S, qui en France n’est qu’une petite société.
Tous ces succès sont globalement plus importants que ceux que la campagne de boycott de l’Afrique du Sud avait capitalisé 10 ans après son lancement. 
Et ils produisent des résultats encourageants.
Ainsi des exportations israéliennes commencent à baisser, qu’il s’agisse des produits des colonies ou même de l’industrie d’armement (sauf l’Europe concernant les exportations d’armes, qui augmentent). Les investissements de pays étrangers diminuent aussi : ainsi en 2014 les investissements ont été de 46 % inférieurs à 2013.
Les Palestiniens des territoires occupés ont eux-mêmes diminué leurs importations d’Israël : de 24% en 2014 par rapport à 2015.
Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, qui condamne la colonisation, a décidé le jeudi 24 mars de dresser une liste noire des entreprises opérant dans les territoires occupés par Israël.
Les succès des boycotts culturel, universitaire, syndical dérangent l’Etat d’Israël tout autant que le boycott économique, parce qu’ils le décrédibilisent.
Il ne faut pas bien-sûr crier victoire prématurément, parce que l’économie israélienne est encore forte et les capacités agressives d’Israël et de ses alliés sont encore importantes.
L’économie israélienne est encore forte notamment pour la vente du matériel de répression, parce qu’Israël met en avant que ce matériel a été testé sur les Palestiniens, mais la campagne internationale pour l’embargo contre le commerce d’armes avec Israël progresse. 
Le gouvernement de Netanyahou a mis en place une structure chargée de lutter activement contre BDS. Celle-ci fonctionne au sein du Ministère des questions stratégiques, dont elle constitue un département. Ses effectifs sont notamment des militaires ou des anciens des services de renseignements.
Sa mission est de récolter toutes les informations utiles sur la pratique de BDS dans les pays où ce mouvement est actif, d’analyser ses activités, de connaître ses principaux militants et, surtout, d’établir une stratégie « anti-boycott » avec l’aide du ministère des Affaires Etrangères.
Des gens sont payés par Israël pour surveiller les réseaux sociaux. Une structure de conférenciers va être mise en place pour vanter dans les campus américains les mérites de la soi-disant « seule démocratie du Moyen-Orient ».
Israël essaie désespérément de faire interdire BDS dans divers pays ou de le limiter, non seulement en France, mais aussi dans d’autres pays dont le vôtre, les Etats-Unis et le Canada.
Une conférence internationale anti-BDS a eu lieu récemment à Jérusalem.
Il est actuellement négocié le « TTIP », qui est un traité de libre-échange économique entre l’Union européenne et les Etats-Unis.
Ce n’est pour l’instant qu’un projet. Il est question d’y inclure une clause qui interdirait toute négociation économique entre un partenaire américain et un partenaire européen « qui discriminerait Israël » ou qui soutiendrait, participerait ou promouvrait une initiative de Boycott, de Désinvestissement ou de Sanctions à l’encontre d’Israël ! En gros, le rejet formel et explicite de BDS serait une condition sine qua non de signature du TTIP !
Mais nous avons vu que malgré ces points, BDS progresse inexorablement et que l’impopularité d’Israël continue d’augmenter.
Les accusations d’antisémitisme contre les militants BDS ne tiennent plus la route dans l’opinion publique : l’opinion publique internationale a bien compris que ce discours ignoble est utilisé pour tenter d’écraser le peuple palestinien.
Israël ne pourra pas continuer indéfiniment sa politique : son économie finit par se fragiliser, l’industrie touristique chute malgré toute les opérations de promotion, les dépenses de sécurité sont exorbitantes par rapport aux besoins sociaux du pays, le bilan migratoire est nul, l’image d’Israël dans l’opinion publique internationale continue de se dégrader.

BDS est un engagement fort pour la justice, la liberté et l’égalité, un engagement clair et nécessaire dans notre période inquiétante liée aux conséquences des tensions internationales que nous vivons.
C’est un devoir moral et politique.
Et de même qu’il a été mis fin à l’apartheid en Afrique du Sud, il sera mis fin aussi à l’apartheid israélien !

le lien pour la traduction en anglais
http://www.ujfp.org/spip.php?article4879&lang=en
Traduction : A.S.



Rencontre à Paris : Boycott de produits israéliens, une expérience américaine

Rencontre avec Nathaniel Miller

en la présence de militants de BDS France Paris

Mercredi 24 février 2016 à 19h30

CICP (Centre International de Culture Populaire)
21 ter, rue Voltaire
75011 Paris
(M° Rue des Boulets)

Membre fondateur du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) à Philadelphie, Nathaniel Miller a fait en sorte que son syndicat soit le premier aux Etats-Unis à soutenir la campagne BDS.

Cette campagne, qui continuera jusqu’à ce qu’Israël se conforme au droit international, a trois objectifs :

–         Mettre fin à l’occupation des Territoires palestiniens (Cisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza)

–         En Israël, égalité des droits entre citoyens juifs et « Palestiniens de 48 » (citoyens israéliens)

–         Respecter le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Présentations, vidéos, documentation, rafraîchissements et discussion bien sûr :

Nathaniel Miller et les animateurs de « BDS France Paris » se feront un plaisir d’échanger avec vous sur la situation en Israël/Palestine et sur le développement de la campagne.

 

Participation aux frais : contribution volontaire

Organisé par l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) et BDS France Paris




« L’État d’Israël est largement responsable de l’antisémitisme qu’il dénonce » : Entretien avec l’UJFP


Jean-Guy Greilsamer est co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), une association qui combat vigoureusement la politique « raciste, d’apartheid et d’épuration ethnique » de l’Etat d’Israël, tout en proposant des solutions concrètes pour avancer vers la paix au Proche-Orient. L’UJFP est notamment engagé aux côtés d’autres associations dans la campagne planétaire « Boycott, Désinvestissement, Sanctions » (BDS), qui porte ses fruits à mesure qu’elle s’intensifie.


. Lien court : http://wp.me/p6haRE-sl

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LE BILAN : Pouvez-vous présenter votre association, son historique et son périmètre d’action ?

téléchargementJean-Guy Greilsamer : L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), née en 1994 de la volonté d’une expression juive sur les conditions d’une paix juste au Proche-Orient, est une association juive laïque rassemblant des adhérents juifs ou non aux histoires et aux parcours divers. Nous nous réclamons d’une histoire plurielle qui a produit aussi bien des résistants antinazis, des combattants anticolonialistes que d’autres figures universalistes dont les expériences marquent nos mémoires. Nous nous impliquons principalement dans deux champs d’interventions complémentaires : celui relatif à la situation au Proche-Orient et ses répercussions en France, et celui qui concerne les luttes antiracistes.
Nous nous dissocions des conceptions qui assimilent l’identité juive au sionisme et à l’Etat d’Israël.
Nous nous sommes développés surtout depuis la seconde intifada et ce développement nous a permis de participer à divers collectifs de solidarité avec le peuple palestinien, des collectifs antiracistes, et d’amplifier notre capacité de réaction aux situations que nous dénonçons. Nous publions des articles (notre site est www.ujfp.org), avons mis au point une exposition itinérante sur la situation des Bédouins du Néguev, effectuons des voyages militants en Palestine et Israël, organisons ou co-organisons des réunions publiques, et participons à de nombreuses mobilisations. Notre antiracisme ne se cantonne pas à la lutte contre l’antisémitisme, mais porte aussi contre l’islamophobie, le racisme anti-rroms, la négrophobie et tout autre racisme, et pour le droit d’asile des migrants.


LE BILAN
: Que pensez-vous d’Israël, de sa politique colonialiste dans les territoires occupés et de sa politique discriminatoire vis-à-vis, notamment, des Arabes dans ses frontières ?

Jean-Guy Greilsamer : L’Etat d’Israël a été créé par l’ONU au lendemain de la seconde guerre mondiale et en contradiction avec ses propres principes d’auto-détermination des peuples. 55% de la Palestine historique, dont l’empire britannique était mandataire, ont été dévolus à Israël, et le droit au retour des 700 000 réfugiés palestiniens expulsés par Israël a été adopté par la résolution 194.
Mais Israël a lancé une guerre de conquête pour étendre son territoire et a strictement interdit tout droit au retour. A l’issue de périodes politiques successives où la complicité de la communauté internationale a largement prédominé, nous en sommes arrivés à la situation d’aujourd’hui, que l’Etat d’Israël a imposée au nom des Juifs du monde entier et sous prétexte d’assurer sa sécurité.

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Cette situation, révoltante, est l’expression de la volonté de déposséder le peuple autochtone palestinien et d’imposer une suprématie juive dans un territoire s’étendant de la Méditerranée au Jourdain. Cette volonté se manifeste par des pratiques condamnées par de nombreuses résolutions internationales, visant notamment l’occupation et la colonisation de la Cisjordanie, la judaïsation de Jérusalem déclarée capitale éternelle et indivisible du peuple juif, le blocus de Gaza, qui est une prison à ciel ouvert. Les Palestiniens d’Israël, qui représentent 20% de la population de ce pays, soit 1,5 millions d’habitants, sont eux-mêmes gravement discriminés. Cela concerne aussi bien leurs droits nationaux (interdiction de célébrer la Naqba ou de contester l’identité juive d’Israël), juridiques (obstacles au droit à la construction et interdiction du regroupement familial des couples dont un conjoint est un-e palestinien-ne non originaire d’Israël), municipaux (crédits très inférieurs pour les communes palestiniennes), et sociaux. De nombreux villages palestiniens ne sont pas reconnus et les Bédouins du Néguev sont expulsés de leurs terres ancestrales.


LE BILAN
: Vous participez à la campagne « Boycott Désinvestissement Sanction », pouvez-vous nous la présenter et nous préciser la façon dont vous la déclinez avec l’UJFP ?

Jean-Guy Greilsamer : La Campagne BDS a été lancé en 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne, un an après que l’Avis de la Cour Internationale de Justice condamnant le « mur  de séparation » soit resté sans effet.
Elle vise à mettre fin à l’impunité d’Israël et à développer de larges compagnes de Boycott, Désinvestissement et Sanctions jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.
Son objectif est triple : mettre fin à l’occupation et à la colonisation, obtenir l’égalité complète des droits des Palestiniens d’Israël, et garantir le droit au retour des réfugiés.
Elle fédère donc les trois composantes du peuple palestinien : ceux des territoires occupés, ceux qui constituent la minorité palestinienne d’Israël, et ceux de la diaspora palestinienne qui vit en exil. ​

img4b94c3284581d-3838fS’inspirant du boycott qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, elle se développe selon plusieurs axes ; boycotts économique, sportif, syndical, culturel, universitaire.
Cette campagne internationale remporte de nombreux succès.
Par exemple la société Véolia, qui a participé à la construction d’un tramway colonial reliant Jérusalem aux colonies et a géré deux lignes de bus et une déchetterie en Cisjordanie au service exclusif de la population israélienne dont les colons, a subi de grosses pertes financières et se retire d’Israël.
Les investissements de pays étrangers en Israël en 2014 ont diminué de moitié par rapport à l’année précédente.
De nombreux artistes ont annulé leurs tournées en Israël.
L’UJFP participe pleinement à la Campagne BDS France (site : www.bdsfrance.org) et interpelle les autorités sur leurs manquements au respect du droit international et des droits humains en général.
Nous expliquons que la politique d’Israël est contraire aux valeurs de justice et d’égalité qui nous mobilisent en tant qu’association juive héritière d’un passé de résistance antiraciste et antifasciste, nous témoignons lors de procès intentés à des militants de BDS


LE BILAN
: Les défenseurs du peuple palestinien sont régulièrement accusés d’antisémitisme par les défenseurs d’Israël. Que répondez-vous à cela ?

Jean-Guy Greilsamer : La solidarité avec le peuple palestinien pour ses droits, et notamment la Campagne BDS, sont foncièrement antiracistes, parce qu’elles appellent à l’égalité des droits, au refus des discriminations.
La manipulation par les défenseurs d’Israël de la mémoire de la Shoah est ignoble, elle vise à couvrir une politique raciste, une politique d’apartheid et d’épuration ethnique.
L’Etat d’Israël est largement responsable de l’antisémitisme qu’il dénonce, parce que l’image qu’il présente des Juifs du monde entier est celle d’une population entièrement dévouée à la cause du sionisme et des gouvernements israéliens quoiqu’ils fassent, au soutien d’un régime  ​ qui se​ place ​ au-dessus des lois, qui ​se considère dispensé de respecter le droit international.​ Il crée ainsi la confusion entre juif et militant sioniste. ​

protest-519817_1280Les défenseurs d’Israël reprochent à BDS de s’attaquer aux Juifs en tant que Juifs. C’est complètement faux, ce que nous boycottons ce ne sont pas des individus mais une politique aux conséquences désastreuses. Par exemple le BDS culturel n’appelle pas à boycotter les artistes en tant qu’individus, mais les initiatives culturelles sponsorisées par l’Etat d’Israël, qui se sert des artistes pour se blanchir de ses crimes et pour se présenter comme un Etat « normal », ouvert à tous les courants d’opinion.
Je tiens à signaler que la plupart des procès contre des militants BDS se sont soldés par des relaxes, et que le motif de provocation à la discrimination raciale a été écarté, de sorte que les amis de la politique israélienne essaient maintenant de se centrer sur la notion d’entrave à la liberté du commerce quand des actions de sensibilisation visent les clients de grandes surfaces commercialisant des produits israéliens – et cela en l’absence de plaintes des enseignes concernées.

LE BILAN : Avec l’opération « Bordure protectrice » à l’été 2014 et la réélection récente de Benjamin Netanyahu, la perspective d’une paix fondé sur le respect mutuel entre Israéliens et Palestiniens semblent plus éloignée que jamais. Comment imaginez-vous une issue à cette situation critique ?

Jean-Guy Greilsamer : Je tiens à formuler une première observation. Les intentions criminelles du gouvernement Netanyahu sont clairement affichées, mais il ne faut pas s’imaginer que si la principale liste adverse concurrente, « L’Union sioniste » (au nom significatif …) avait triomphé, de réelles perspectives de paix seraient advenues. Il y aurait eu une tentative de relance d’un nouveau « processus de paix » reposant sur des bases excluant les droits fondamentaux du peuple palestinien et permettant de gagner du temps pour poursuivre la politique de dépossession qui lui est imposée. C’est pourquoi beaucoup de commentateurs avaient dit au lendemain de la réélection de Netanyahu : « Avec lui au moins c’est clair ».


3159000205_3da3497735Mon second sentiment résulte d’un séjour que j’ai récemment effectué en Cisjordanie. Suite à mes observations et à de nombreuses discussions avec les personnes rencontrées là-bas, je suis arrivé aux conclusions suivantes.
J’ai constaté que le peuple palestinien continue de résister dans sa vie quotidienne malgré la politique du gouvernement Netanyahu. Il ne subit pas jusqu’à présent d’émigrations massives.
Comme l’isolement d’Israël dans l’opinion publique internationale et la solidarité internationale se poursuivent, il est tout à fait pertinent d’estimer que la bataille pour les droits du peuple palestinien n’est pas perdue.

Je ne cherche pas à cacher que l’avenir est incertain. La situation du Moyen-Orient s’embrase, et il n’est pas possible de prévoir à quoi conduira le chaos actuel. Certains interlocuteurs ont évoqué une troisième guerre mondiale. D’autre disent que de telles situations peuvent aboutir aussi bien à de mauvaises qu’à de bonnes surprises (l’exemple de la chute du mur de Berlin a souvent été évoqué). La population palestinienne vit cette incertitude, mais elle ne capitule pas. Ses réalisations et ses projets destinés à survivre dignement continuent de se développer.
Alors ne passons pas un temps démesuré à envisager différents scénarios du futur. Vivons le présent !
Et n’oublions pas que quel que soit l’avenir, la solidarité avec le peuple palestinien est porteuse de valeurs pour un monde meilleur et qui concernent également notre situation ici-même : l’antiracisme, le vivre ensemble dans l’égalité et la justice, l’engagement pour la paix dans le monde. La solidarité avec le peuple palestinien dans notre contexte en France est un devoir moral et politique.


LE BILAN
: Quelles sont les prochaines échéances pour la mobilisation BDS et pour votre association ?

Jean-Guy Greilsamer : Les prochaines échéances pour la mobilisation BDS sont de poursuivre les engagements en cours et de persévérer pour que notre voix soit reconnue dans les médias.
Les batailles en cours sont notamment contre la société Sodastream et contre la société Mehadrin.
Nous avons déjà remporté une première victoire contre Sodastream, dont le nom est la marque d’un gazéificateur et des recharges associées. Suite à une mobilisation internationale, son usine principale implantée dans la colonie de Ma’ale Adumim est en cours de fermeture.
Mais ce n’est qu’une demi-victoire, parce cette usine déménage sur des terres volées aux Bédouins du Néguev qu’Israël veut expulser massivement de leurs villages, en violation des dispositions internationales protégeant les peuples autochtones.

rubon37Une autre mobilisation est dirigée contre la société Mehadrin. Après la faillite  en 2011 de la société Agrexco suite à la mobilisation de la Campagne BDS, Mehadrin est devenue la principale société israélienne d’exportation de fruits et légumes, dont la majorité provient des colonies, en particulier la Vallée du Jourdain. Cette politique est officiellement dénoncée par l’Union Européenne, qui depuis 2014 proscrit tout financement profitant aux colonies. Nous intervenons en direction des décideurs et des clients des grandes surfaces pour que ces produits soient retirés des étalages, ainsi que l’ont effectué certaines chaînes dans d’autres pays européens.
Nous poursuivons les autres formes de boycott en répondant à l’actualité qui les concerne, qu’il s’agisse des boycotts sportif ou culturel, ainsi que la campagne pour un embargo sur le commerce d’armes avec Israël.
Un autre axe important de mobilisation concerne les médias. Nous sommes l’objet à la fois d’une écoute accrue des médias et de campagnes de diffamation, voire de procès, impulsés par des milieux sionistes qui cherchent à tout prix à nous faire passer pour des antisémites. Notre gouvernement est lui-même souvent lié à ces accusations.

L’UJFP est également très attentive à ces campagnes diffamatoires, que nous dénonçons par des communiqués.
Je tiens à répéter que nous sommes très liés non seulement aux réponses que nécessitent l’évolution de la situation au Proche-Orient mais aussi aux mobilisations de solidarité contre l’islamophobie, le racisme anti-rrom, la négrophobie et la solidarité avec les migrants.
La consolidation de notre voie juive pour la justice et l’égalité, pour la dignité des peuples, nécessite un suivi attentif d’une actualité souvent tendue.
Nous répondons à de nombreuses sollicitations ; notre site présente l’agenda de nos activités.

Comme nous avons été au cours du premier semestre l’objet de plusieurs attaques du militant sioniste franco-israélien Gregory Chelli (dit Ulcan) ou de ses proches, qui nous traitent publiquement de « Juifs Kapos », nous avons intenté plusieurs procès qui vont requérir une mobilisation militante. L’autre coprésident de l’UJFP, Pierre Stambul, a même été victime à Marseille de violences du RAID, ce qui engage aussi la responsabilité des services de police.

Par ailleurs, l’une des initiatives que nous préparons est l’organisation le 7 novembre au soir d’une rencontre/débat avec des associations et des personnalités juives qui développent dans d’autres pays une politique très proche de la nôtre.

Entretien réalisé par Benoit Delrue

Lien court de l’article, à partager : http://wp.me/p6haRE-sl




3 questions à Georges Gumpel, membre de l’UJFP

3 questions à Georges GUMPEL,
membre de l’ Union Juive Française pour la Paix,
fils de Déporté, Partie Civile au Procès Barbie.

 

1 – Une campagne est en cours pour demander le retrait d’Israël des compétitions de football. Cette campagne rappelle le précédent de l’Afrique du Sud en 1976. Qu’est-ce qui pourrait assurer le succès d’une telle campagne ?

Comme toutes les actions initiées par la campagne BDS France, en coordination avec la campagne BDS palestinienne, celle-ci a pour objectif de toucher et mobiliser les plus larges pans de la société civile à qui s’adressent les Palestiniens.

Le football – par sa force symbolique – et c’est ce que comprend parfaitement Israël – parce qu’il concerne un public de tout âge, beaucoup de jeunes, est un enjeu majeur, comme il l’a été hier dans la campagne contre l’apartheid Sud -Africain.

Interpeller la FIFA, qui soutient Israël et boycotte les équipes de football palestiniennes, exiger que les équipes israéliennes, représentant un Etat qui opprime et emprisonne tout un peuple, soient exclues des compétitions internationales, possède un impact pédagogique compréhensible dans le mouvement sportif en général, dans la société civile au sens le plus large du mot.

Dans le cas des équipes de sport israéliennes comme pour toutes les autres cibles de la campagne BDS, se sont les actions populaires les plus larges qui permettent ou permettrons d’éveiller les consciences du plus grand nombre sur la nature exacte du régime israélien imposé au peuple palestinien tout entier.

 

2 – Vous avez lancé une campagne contre Teva, une marque israélienne de médicaments génériques. Comment se passe cette campagne et que doit-on faire pour y participer ?

Téva est une des plus importantes entreprises israéliennes, elle finance directement les opérations militaires contre Gaza.

Pour mémoire :
Au cours de la dernière attaque militaire israélienne sur Gaza de l’été 2014, parmi les 2220 palestiniens tués, 1492 étaient des civils dont 547 enfants. 3374 autres enfants ont été blessés, plus de 1000 seront handicapés à vie. Toutes les infrastructures médicales et hospitalières ont été touchées, partiellement ou totalement détruites. Celles en mesure de recevoir et de soigner des patients ne sont alimentées en électricité que quelques heures par jour, la seule centrale électrique qui était encore en fonction ayant été détruite. Toutes ces structures médicales manquent de matériel et de médicaments – génériques ou non – interdits d’entrer à Gaza du fait du blocus. Les malades qui souhaiteraient se faire soigner ailleurs ne peuvent pas sortir de Gaza toujours en raison du blocus.

Alors, Téva, première entreprise israélienne de médicaments génériques pour soigner l’humanité ? Sauf s’ils sont Palestiniens naturellement.
Tel est le sens de l’autocollant sur lequel est inscrit TEVA non merci ! diffusé par la campagne BDS, déjà collé sur leurs cartes Vitale par plus de 30 000 personnes.

Un geste de solidarité, de morale très exactement, à la portée de tout le monde. Un refus d’être complice des atteintes faites aux Droits de l’Homme, aux Droits des Enfants, tels qu’ils sont spécifiés dans le Droit International.

 

3 – Des magasins Lidl ont retiré discrètement des produits alimentaires de marque Mehadrin en provenance d’Israël dans des villes où la campagne BDS est très active (Montpellier, Nîmes). Que conseillez-vous de faire aux groupes qui veulent agir en direction de la grande distribution ?

La grande distribution – toutes marques confondues – cible la clientèle populaire la plus large, souvent la plus démunie, très souvent – également – la plus sensible à la question du sort fait aux Palestiniens. Nombreuses sont les personnes rencontrées qui, bien qu’ignorant l’existence de la campagne BDS, pratiquent depuis longtemps un boycott solidaire des produits emblématiques israéliens vendus dans la grande distribution. A cet égard, la campagne BDS, par les informations qu’elle apporte, ne fait que conforter dans cette large partie de notre société civile, les sentiments de solidarité qui étaient déjà les siens.

Aujourd’hui Méhadrin, entreprise israélienne coloniale de production et d’exportation de fruits, légumes et fleurs, cultivés sur des terres palestiniennes confisquées, sinon volées – en Israël et dans les Territoires Occupés — arrosés à partir du détournement des ressources aquifères palestiniennes, représente — par son rôle central dans la dépossession et les humiliations subies par les Palestiniens — le symbole par excellence que nos concitoyens abhorrent.

De nombreuses marques de la grande distribution se sont engagées dans des politiques de ventes respectant des normes éthiques, nous leurs demandons que celles-ci soient également appliquées pour tous les produits importés en France en provenance d’Israël et des Territoires Palestiniens Occupés, dans le respect des normes du droit international.

La campagne BDS est une campagne citoyenne, pédagogique, non violente, aux mains de toutes et tous. Par sa nature, elle touche toutes les couches de notre société, dans des grandes villes mais aussi dans de nombreuses petites villes de France. Partout, nous demandons aux personnes qui s’en réclament d’observer les caractères pédagogiques et non violents décrits dans le matériel national que nous leurs procurons.

 

Campagne BDS France, www.bdsfrance.org

Union Juive Française pour la Paix, http://www.ujfp.org


Article extrait de la revue Silence ! www.revuesilence.net




Communiqué : l’extrême droite israélienne cherche à faire interdire une conférence de l’Union Juive Française pour la Paix

 Le blog JSSNews a publié le 5 juin un papier appelant à un « grand rassemblement des associations juives  » le 9 juin à 20 heures devant la salle Barcelone de Toulouse pour empêcher la tenue de la conférence-débat annoncée pour 20h30 sur le thème « Antisionisme / Antisémitisme : à qui profite l’amalgame ? », conférence animée par Pierre Stambul de l’Union juive française pour la paix (UJFP).
JSSnews, animé par un franco-israélien installé à Jérusalem, nous a habitué aux menaces, aux mensonges et aux rodomontades typiques de l’extrême-droite israélienne. L’objectif de cette grossière manœuvre est clair, tenter de faire interdire la réunion du 9 juin pour risque réel ou imaginaire de trouble à l’ordre public. C’est aux garants de la liberté de réunion de prendre leurs responsabilités afin que cette réunion puisse se dérouler normalement.

UJFP, UJFP Toulouse, Campagne BDS-France, comité BDS-France Toulouse

Annonce de l’évènement sur le site de l’UJFP : http://www.ujfp.org/spip.php?article4174
Page Facebook de l’évènement : https://www.facebook.com/events/1146904595327074/




Tribunal Russel pour la Palestine et BDS

Une conséquence cruciale des conclusions du TRP est le soutien au développement de la Campagne BDS – c’est-à-dire de Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.
Le TRP a caractérisé la politique israélienne comme étant une politique d’apartheid et donc sujette aux sanctions ciblant tout régime d’apartheid.
Dans la synthèse des conclusions de sa troisième session, qui a eu lieu en Afrique du Sud à Cap Town entre les 5 et 7 novembre 2011 le Tribunal exhorte explicitement : « la société civile mondiale (y compris tous les groupes et individus qui travaillent de leur mieux en Israël et en territoire palestinien occupé pour lutter contre le système de domination raciale qui y règne) à reproduire l’esprit de solidarité qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, notamment en conscientisant les parlements nationaux par rapport aux conclusions de ce Tribunal et en soutenant la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) »

Cette déclaration est renouvelée à plusieurs reprises dans les conclusions finales formulées à Bruxelles.

Ainsi dans une partie intitulée « Futures actions et pistes pour l’avenir. Les initiatives de la société civile » nous pouvons lire :

« Le Tribunal renouvelle son soutien et se félicite de la campagne BDS, qui doit s’intensifier au sein de l’Union européenne et s’étendre à d’autre Etats, organisations régionales et institutions intergouvernementales »

Et plus loin :

« Le Tribunal promeut l’idée d’un partenariat entre les organes de l’ONU et la société civile afin de faire pression sur Israël sur les questions de BDS en s’inspirant directement de l’expérience du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970, 1980 et 1990 »

Tout ceci me conduit à vous donner des précisions sur l’histoire, les fondements et le contenu du mouvement BDS, puis à vous expliquer que la Campagne BDS ça marche, et qu’il faut donc persévérer dans cette voie.

La campagne BDS a été lancée le 9 juillet 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne un an après la condamnation par la Cour Internationale de Justice du Mur dit de Séparation, condamnation restée sans suite.

Ces associations déclarent :

« Nous, représentants de la Société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international»

Puis ces associations de la société civile palestinienne énoncent les 3 objectifs du mouvement BDS :
« 1. Mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes et démanteler le Mur ;

A ce premier objectif s’est ajouté depuis 2005 l’exigence de mettre fin au blocus de Gaza.
2. Reconnaître les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respecter, protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU »

La campagne se développe dans de nombreux pays (en Europe, en Amérique, au Japon, au Maroc, etc), y compris en Israël où le mouvement « Boycott from Within » (Boycott de l’intérieur), bien que très minoritaire, apporte une aide précieuse à la Campagne BDS.

Elle a pris son essor en France depuis l’opération « Plomb durci » contre le peuple gazaoui au cours de l’hiver 2008-2009. Le site de la Campagne BDS France est : www.bdsfrance.org

La campagne se déploie selon plusieurs axes, comme c’était le cas du boycott de l’Afrique du Sud : les boycotts économique, sportif, universitaire et culturel.

Le boycott économique appelle les consommateurs ou n’importe organisme à ne pas se rendre complices d’une politique de violation du droit international et des droits humains en achetant des produits israéliens, qu’ils viennent des colonies de Cisjordanie ou du territoire israélien dans les frontière de 1967. Il vise aussi certaines sociétés non israéliennes qui participent directement à la répression du peuple palestinien.

Parmi l’ensemble de ces cas, citons les campagnes qui ciblent les entités suivantes :

  • la société Mehadrin, exportatrice de produits agricoles israéliens souvent issus des colonies,

  • les magasins Séphora qui commercialisent les produits de beauté Ahava issus de la Mer Morte,

  • la société qui commercialise les produits Sodastream (dont le gazéificateur),

  • Keter (qui fournit du petit matériel d’équipement),

  • les médicaments génériques TEVA (pour lesquels il est régulièrement fait une publicité sur France Info),

  • la société anglo-danoise G4S qui équipe les prisons israéliennes de son matériel dit de sécurité,

  • la société américaine Caterpillar, qui participe à la destruction du patrimoine palestinien et est complice de l’écrasement par ses bulldozers de citoyens Palestiniens et aussi de la militante pacifiste Rachel Corrie.

D’autres campagnes visent à ce que des sociétés se désinvestissent de leurs partenariats complices de la politique coloniale israélienne.

Ainsi la société Orange, qui a conclu un partenariat avec l’entreprise israélienne Partner Communications, qui installe des antennes et relais sur des terres confisquées aux Palestiniens pour le seul bénéfice de l’armée ou des colons. Ainsi aussi Veolia qui gère une déchetterie au service des colons et a d’importants projets d’investissements en Israël.

Venons-en à présent au boycott sportif, pour attirer l’attention sur le fait qu’il dénonce notamment la politique israélienne qui consiste à empêcher le peuple palestinien de pratiquer librement les sports et à se doter des moyens nécessaires, et qui consiste aussi à emprisonner arbitrairement des joueurs récalcitrants.

Les boycotts universitaire et culturel visent quant à eux des initiatives sponsorisées par l’Etat d’Israël. Nous nous adressons aussi aux artistes qu’Israël invite à des festivals pour avoir l’air d’être un Etat très ouvert à tous les courants culturels, et nous les exhortons à ne pas accepter de servir de caution morale destinée à blanchir Israël de ses crimes. Des responsables israéliens de haut niveau avouent d’ailleurs eux-mêmes que la culture leur est très utile pour leur propagande.

BDS remporte d’importants succès, et particulièrement au cours de la dernière période.

Signalons la faillite en 2011 de l’entreprise d’exportation de produits agricoles Agrexco, les grosses pertes de marchés pour les entreprises Alstom, qui a construit le tramway reliant Jérusalem à des colonies, et Veolia, dont le cours de l’action a chuté, la crise de la banque franco-belge Dexia qui participe au financement des colonies …

D’importantes sociétés de fonds de pension se désinvestissent de sociétés israéliennes travaillant pour l’occupation, et récemment PGGM, la plus grande société de gestion de fonds de pension des Pays-Bas, a décidé de retirer l’ensemble de ses investissements de cinq grandes banques d’Israël. En Grande Bretagne, Hollande et Suisse des directions de grandes surfaces ont décidé de retirer de leurs étalages les produits des colonies, se conformant ainsi à l’esprit des lignes directrices de l’Union Européenne, aussi nommées « guidelines » entrées en application le 1er janvier 2014 et visant à proscrire tout financement et toute subvention aux sociétés travaillant pour les colonies.

Vivens, le plus gros fournisseur d’eau potable des Pays-Bas, a depuis peu mis fin à sa coopération avec Mekorot, la compagnie nationale d’eau israélienne.
Dans des pays tels que l’Afrique du Sud, la Norvège, la Grande Bretagne, les Pays Bas, de très importantes fédérations syndicales renoncent aux services et aux contrats avec des firmes internationales complices de l’occupation, telles que Veolia et G4S.
D’importantes universités ont également rompu leurs relations, notamment en Afrique du Sud ou même aux Etats-Unis. Récemment l’une des principales institutions universitaires américaines, l’American Studies Association (ASA) a invité tous ses membres à couper toutes relations de nature institutionnelle avec les universités israéliennes.Diverses églises importantes se réclamant de divers courants religieux appellent aussi à BDS.

La Campagne BDS jouit également du soutien d’artistes de renom international, qui sont de plus en plus nombreux à refuser ou à annuler des tournées en Israël, d’intellectuels et de personnalités publiques jouissant d’une grande influence, dont des membres ou des parrains du Tribunal Russell : Desmond Tutu, Roger Waters des Pink Floyds, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, le cosmologue Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence de haut niveau en Israël …

Avant de conclure sur les perspectives du mouvement BDS, je veux signaler 2 questions importantes qui mobilisent la Campagne BDS France, questions que je ne développerai pas pour ne pas dépasser le temps qui m’est imparti.

La première c’est notre engagement actif contre le KKL, ou Fonds National Juif, qui est un organisme paraétatique israélien qui est depuis plus d’un siècle le fer de lance de la dépossession du peuple palestinien. Les dons à l’antenne française du KKL bénéficient d’une déductibilité d’impôts, cet organisme se faisant passer pour une association d’intérêt général, écolo et de bienfaisance, et nous sommes actuellement mobilisés contre le projet du KKL France de tenir le 2 février prochain une grande journée de propagande au Palais Brongniart à Paris.

La seconde question est que la France est le seul pays où des militants de la Campagne BDS sont poursuivis en justice, ce qui est conforté par la circulaire Alliot Marie, qui assimile les actions de sensibilisation à BDS à des appels à la discrimination raciale. Nous exigeons, avec de nombreuses associations, le retrait de cette circulaire et la relaxe des militants poursuivis, ce que d’ailleurs de nombreux juges comprennent.

Et je tiens à souligner que cette situation ne nous empêche pas de développer le mouvement BDS et ne fléchit pas notre détermination.

Quelles sont les perspectives du mouvement BDS ?

L’économie israélienne est certes encore forte, notamment pour ce qui concerne la vente de matériel à usage répressif, testé sur le peuple palestinien, mais la Campagne BDS progresse inexorablement. Elle entre en résonance avec d’autres causes, notamment l’antiracisme, les mouvements anti-guerre, les mouvements pour la justice sociale. Elle est porteuse de valeurs universelles.

Ce n’est pas sans raison que Netanyahou le premier ministre israélien, et d’autres ministres de ce pays ont déclaré que le mouvement BDS est une menace stratégique pour Israël. Il est significatif aussi qu’une centaine de grands patrons israéliens, redoutant le succès des appels au boycott, lancent un appel pour la paix avec les Palestiniens. Quand de son côté Omar Barghouti, co-fondateur de la Campagne BDS, pose la question « L’année 2014 verra-telle un tournant décisif pour la Campagne BDS ? », nous accueillons ce propos avec optimisme.

L’année 2014 a été déclarée année de la Palestine par décision de l’ONU. Nous veillerons à ce qu’elle soit en même temps l’année de BDS. Les régimes d’apartheid ne durent pas jusqu’à la fin des temps. L’Etat d’Israël fait et continuera de tout faire pour essayer de réduire le développement de BDS et pour vider de leur substance des mesures telles que les lignes directrices de l’Union Européenne.

Nous continuerons de nous y opposer résolument. Nous continuerons nos activités militantes avec enthousiasme, parce que les droits des peuples et la vraie justice sont de notre côté.

L’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il le sera aussi en Palestine et Israël !

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France

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Voeux 2014 pour BDS, par Jean-Guy Greilsamer

Ces deux grands hommes sont Stéphane Hessel, décédé le 26 février, et Nelson Mandela, décédé le 5 décembre.

Il serait un peu scolaire de comparer minutieusement les deux hommes, qui ont eu une vie très différente. Mais le bilan de leurs vies respectives dégage des enseignements communs qui, quand bien même paraissent-ils très simples, ont vocation à nous guider en tant que militants.

1. Toute notre politique part de notre révolte contre des injustices.

C’est évident concernant Mandela et l’Histoire sud-africaine, et Stéphane Hessel a atteint quant à lui une célébrité maximum après la publication de son petit livre « Indignez-vous ! »

Quant à nous, nous ne nous habituerons pas à la politique d’apartheid et d’épuration ethnique israélienne, nous ne nous résignerons pas, nous continuerons de manifester vivement la colère que suscite en nous cette politique cynique qui vise à constamment déposséder, humilier, persécuter, détruire, mettre à genoux tout un peuple, le peuple palestinien.

2. Etre inflexibles et persévérants sur les objectifs.

Les droits des peuples à la dignité, la justice, l’égalité, sont inaliénables.

Toute politique qui consiste à se contenter de remplacer une injustice par une « demi » injustice est inacceptable.

Mandela a refusé tout compromis qui lui aurait permis de sortir de prison beaucoup plus tôt.

La campagne internationale BDS se fixe trois objectifs (mettre fin à l’occupation et la colonisation, droit au retour des réfugiés et égalité absolue des droits des Palestiniens d’Israël) et, ainsi que le demandent les associations de la société civile palestinienne, elle n’est pas disposée à se contenter d’une réalisation partielle de ces objectifs.

3. Mettre en œuvre une politique rassembleuse.

C’est ce qui a toujours guidé aussi bien Mandela que Hessel.

Leur volonté de ne pas se polariser sur des divisions secondaires a permis d’amplifier les politiques dont ils étaient porteurs.

Il en va de même concernant la campagne BDS. Nous avons des sensibilités, des histoires ou même des approches diverses, mais il nous appartient de faire prédominer notre volonté commune de faire progresser concrètement nos objectifs.

4. Le rapport aux ennemis.

Sur ce point, les rapports de Mandela et de Hessel étaient remarquables aussi.

Ils ne confondaient pas les ennemis avec l’ensemble des communautés dont ils étaient issus. Ils avaient à cœur de permettre à ces communautés d’évoluer vers une reconnaissance des droits des opprimés et concevaient la perspective d’un avenir où les populations réconciliées vivraient pleinement dans l’égalité et la justice.

En Palestine et Israël nous sommes loin d’un processus de « Vérité et Réconciliation » tel qu’il a été mis en oeuvre en Afrique du Sud, mais les Juifs israéliens anticolonialistes et anti-apartheid, si minoritaires soient-ils, ont toute leur place dans le mouvement BDS.

 

Le principal représentant direct en France de la politique israélienne, le CRIF, n’avait pas hésité à insulter la mémoire de Stéphane Hessel lors de son décès. Concernant Mandela, il n’a pas osé renouveler ce comportement, préférant oublier les liens étroits que l’Etat d’Israël entretenait avec l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid.

Le mouvement BDS progresse, et gagne à s’inspirer de l’esprit constructif qui animait les deux grands hommes. Il a remporté de nouvelles victoires, tant en ce qui concerne les boycotts économique, culturel et académique.

Récemment, la prestigieuse « Association of American Studies », l’un des principaux syndicats américains de chercheurs et d’enseignants, a rejoint le boycott universitaire. En Europe, des désinvestissements et des sanctions se précisent. Le géant néerlandais de l’eau potable Vitens a arrêté sa collaboration avec la compagnie israélienne de distribution d’eau Mekorot.

L’Union Européenne a adopté en juillet dernier des lignes directrices destinées à cesser à partir du 1er janvier 2014 toute subvention et tout financement profitant aux colonies. Ici même, le mouvement BDS est fermement décidé à ne pas plier face aux procès intentés par les officines sionistes.

Des campagnes nationales se développent contre des sociétés telles que Mehadrin, qui est devenu le n° 1 des entreprises d’exportation des produits agricoles coloniaux israéliens, Sodastream (le gazéificateur), Orange (qui coopère avec la société de téléphonie israélienne Partner).

Nos appels en direction d’artistes pour les dissuader d’être utilisés pour blanchir l’apartheid israélien ne faiblissent pas et sont médiatisés, même s’ils ne sont pas toujours victorieux.

Formons le vœu qu’en 2014 le mouvement BDS continue de progresser de plus en plus et parvienne à convaincre de nombreux décideurs, qu’il s’agisse d’organismes, de sociétés, d’institutions ou d’Etats, à exercer des sanctions efficaces contre Israël.

Ainsi que l’a déclaré Marwan Barghouti, emprisonné depuis onze ans, « l’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il ne l’emportera pas en Palestine. »

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France et de l’UJFP




La Campagne BDS France était à la fête de l’Huma

Comme depuis deux ans maintenant, l’UJFP, La CCIPPP, Génération Palestine et la Campagne BDS France tenaient un stand commun sous la bannière de la campagne BDS France « Boycott Israël Apartheid » lors de la fête de l’Huma qui s’est tenue du 13 au 15 Septembre dernier.

De très nombreux échanges avec les visiteurs, l’occasion de faire connaître la Campagne BDS et ses nombreux volets à un large public.

Les cartes postales à signer et à adresser aux responsables nationaux et locaux d’Orange pour les appeler à ce que cette société cesse toute collaboration avec la société israélienne de téléphonie Partner, travaillant au service de l’armée d’occupation et des colons en Cisjordanie, ont suscité un vif intérêt du public.

La brochure d’information sur le rôle de la Histadrout dans la colonisation et l’apartheid israélien ainsi que la brochure « Culture d’Injustice » contre l’agriculture coloniale israélienne également.

Quelques photos du stand BDS sur ce lien : https://plus.google.com/photos/103443993096431512362/albums/5924590667173815873

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La Campagne BDS France sera à la prochaine fête de l’Humanité du 13 au 15 septembre !

La Campagne BDS France sera présente du vendredi 13 au dimanche 15 septembre à la Fête de l’Huma à La Courneuve (93) dans le cadre du stand unitaire sous l’égide de la Campagne BDS partagé entre Génération Palestine (GP), la Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP), l’UJFP et la Campagne BDS.

Présence le vendredi de 12 H à 22 H et les samedi et dimanche de 10 H à 22 H

Le stand sera situé au Village du Monde, sur l’avenue Che Guevara.

La vignette est valable pour tout le week-end au tarif de 21,00 € payés à l’avance ou de 30,00 € payés à l’entrée de la Fête.

Accès par les transports publics : RER Le Bourget ou M° La Courneuve, puis navette gratuite jusqu’à la Fête.

Rendez-vous Fête de l’Huma

du vendredi 13 septembre 2013 à partir de12h00 au dimanche 15 septembre 2013 jusqu’à 22h00

La Courneuve (93)




BDS, un engagement politique majeur pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens !

D’autres articles du dossier portent sur les fondements juridiques de BDS (Maître Gilles Devers), sur son extension au domaine universitaire et scientifique (Ivar Ekeland), sur la comparaison avec le boycott de l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid (Pierre Lafrance), sur l’efficacité économique de la Campagne BDS, sur l’étiquetage frauduleux « Made in Israël » des produits des colonies (René Backman), sur une condamnation de la société TEVA et sur les sources documentaires sur la Campagne BDS

BDS, un engagement politique majeur pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens !

altAinsi que l’a souligné le numéro 47 d’octobre/novembre/décembre 2012 du Courrier du CVPR, la reconnaissance à l’ONU le 29 novembre 2012, par une large majorité d’Etats, de la Palestine comme « Etat non membre observateur » a été une avancée historique pour le peuple palestinien et ses amis.
Mais très rapidement l’Etat d’Israël avait annoncé des mesures de représailles : nouveaux programmes de constructions de logements dans les colonies de Cisjordanie et à Jérusalem Est, et gel des taxes douanières dues au peuple palestinien. Et une fois de plus, ces mesures n’ont suscité de la part des Etats occidentaux que des protestations purement verbales.

Face à cette situation, et face aux relances périodiques de « processus de paix » basés sur des « négociations sans conditions », une observation de bon sens s’impose : tant que l’Etat israélien bénéficiera d’une très large impunité sur la scène internationale, il continuera sa politique de colonisation, d’apartheid et d’épuration ethnique contre le peuple palestinien.
En même temps, toute politique pour mettre fin à cette impunité ne peut être légitime que si elle est partagée par le peuple palestinien lui-même et si elle répond à des critères politiques moraux. Il est hors de question de décider des sanctions qui ne soient pas approuvées par le peuple palestinien ou qui s’en prennent à l’ensemble de la population juive israélienne.

Naissance de BDS

C’est dans ce contexte qu’est né le mouvement BDS : Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.
Le 9 juillet 2005, un an après la condamnation par la Cour Internationale de Justice du Mur dit de Séparation, condamnation restée sans suite, 172 associations de la société civile palestinienne ont lancé la campagne BDS.
Elles déclarent :

« Nous, représentants de la Société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international en :
1. Mettant fin à son occupation et à sa colonisation de toutes les terres arabes et en démantelant le Mur ;
2. Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU. »

Cette campagne se développe dans de nombreux pays (en Europe, en Amérique, au Japon, au Maroc, etc), y compris en Israël où le mouvement « Boycott from Within » (Boycott de l’intérieur), bien que très minoritaire, apporte une aide précieuse à la Campagne BDS.
Elle a pris son essor en France depuis l’opération « Plomb durci » contre le peuple gazaoui au cours de l’hiver 2008-2009.
Elle est soutenue par le Tribunal Russell sur la Palestine, tribunal de conscience international regroupant d’éminents experts et personnalités et dont notre regretté ami Stéphane Hessel était président d’honneur. Ce tribunal a conclu lors de sa session du Cap en novembre 2011 que l’Etat d’Israël était coupable du crime d’apartheid tel que défini dans le droit international

Les axes de la campagne

La campagne se déploie selon plusieurs axes. Le boycott économique appelle les consommateurs à ne pas se rendre complices, même involontairement, d’une politique de violation du droit international et des droits humains en achetant des produits israéliens. Des campagnes visent la société Mehadrin, exportatrice de produits agricoles israéliens souvent issus des colonies, les magasins Séphora qui commercialisent les produits de beauté Ahava issus de la Mer Morte, les produits Sodastream (gazéificateur), Keter (petit matériel d’équipement), les médicaments génériques TEVA …
La campagne « Carton rouge pour Israël » cible l’Euro « Espoirs » 2013 de football, dont les finales sont prévues en Israël alors que cet Etat empêche le peuple palestinien de pratiquer librement les sports.
Les boycotts universitaire et culturel visent des initiatives sponsorisées par l’Etat israélien. Nous nous adressons aussi aux artistes qu’Israël invite à des festivals pour avoir l’air d’être un Etat très ouvert à tous les courants culturels, et les exhortons à ne pas accepter de servir de caution morale destinée à blanchir Israël de ses crimes.

BDS remporte des succès. Des entreprises sont mises en difficultés : faillite de l’entreprise d’exportation de produits agricoles Agrexco, grosses pertes de marchés pour les entreprises Alstom (qui a construit le tramway reliant Jérusalem à des colonies) et Véolia (également impliquée dans ce tramway et gérant en Cisjordanie deux lignes de bus au service des colons et une déchetterie), crises de la banque Dexia … Des sociétés de fonds de pension se désinvestissent de sociétés israéliennes travaillant pour l’occupation. Des artistes (musiciens, cinéastes, dramaturges …), des écrivains et des personnalités scientifiques refusent d’être complices de l’apartheid israélien – ainsi récemment le cosmologue britannique Stephen Hawking, de renommée internationale, a annulé sa venue en Israël pour une conférence de haut niveau.

L’économie israélienne est certes encore forte, notamment pour ce qui concerne la vente de matériel à usage répressif, testé sur le peuple palestinien, mais la Campagne BDS progresse inexorablement dans l’opinion publique. Elle entre en résonance avec d’autres causes, notamment l’antiracisme et les mouvements anti-guerre. Elle révèle concrètement la vérité sur ce qu’est la politique d’Israël. Elle contribue à isoler cet Etat et à rompre l’isolement du peuple palestinien.

Elle est une campagne civique, citoyenne et non-violente, qui fait pression sur les Etats pour qu’ils prennent les responsabilités qui leur incombent pour faire respecter le droit international.

Jean-Guy Greilsamer, coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et militant de la Campagne BDS France




Procès de Perpignan : soutien et mobilisation

Compte rendu du procès des militants BDS à Perpignan, 20 juin 2012

Les militants BDS étaient nombreux à venir soutenir lors de leur procès Bernard, Jeanne et Yamina, militants de la campagne poursuivis par des plaignants tels que le « Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme » (BNVCA) pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » parce qu’ils ont participé il y a plusieurs années dans une grande surface à une action pacifique de sensibilisation au boycott des produits provenant d’Israël.

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Le procès a porté sur les enjeux politiques de cette inculpation dont la France a l’apanage, les militants ailleurs bénéficiant de leur liberté d’expression pour dénoncer la politique d’un Etat et appeler à sa mise au ban tout comme l’Afrique du Sud de l’Apartheid par exemple. Il n’y a aussi qu’en France qu’une ministre de l’intérieur, en l’occurrence Michèle Alliot-Marie a pu satisfaire la demande d’un lobby tel le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en donnant l’instruction au parquet de poursuivre en justice les militant-e-s de la Campagne BDS (circulaire toujours pas retirée par la garde des sceaux actuelle Christiane Taubira

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Sont intervenus comme témoins Paul Alliès (dont le témoignage peut être lu ici: http://blogs.mediapart.fr/blog/paul-allies/210613/boycott-et-critique-de-la-politique-israelienne , André Rosevègue de l’Union Juive Française pour la Paix et Michel Warchawski venu spécialement de Jérusalem, qui ont tous les trois faites de très bonnes et complémentaires interventions. Michel Warchawski a notamment rappelé, en défendant la Campagne BDS, qu’il avait reçu le prix des droits de l’Homme des mains de Christiane Taubira.

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Les plaignants ont expliqué qu’ils ne représentaient pas Israël, mais que la campagne BDS incitait à des actes antisémites en France. Ils se sont bien gardés d’en apporter le début d’un élément de preuve.

A l’agacement des avocats des officines sionistes, de nombreuses prises de parole se sont succédées  pendant l’après-midi au pied du tribunal, prononcées par des associations nationales ou locales, des témoins ou des accusés. Les animations autour du stand de la campagne BDS et d’autres stands du mouvement de solidarité ont sensibilisé un large public. Nous avons la conviction que la campagne BDS et les droits des Palestiniens vaincront !

Malaise chez les plaignants quand le procureur a demandé finalement… une condamnation minimale.Ce que nous voulons nous, c’est l’acquittement!

Le délibéré sera rendu le 14 août à 14h.

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Photos :

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Communiqués de soutiens :

Revue de presse :




A propos de la soirée « La Tunisie qu’on aime »

Quel lien entre ‘Opinion Internationale’ et Le Fond National Juif (KKL)?

Lundi 10 juin se tient l’étape française de l’initiative artistique « La Tunisie qu’on aime ». Cet événement qui a déjà eu lieu à Tunis se fera autour de figures importantes de la scène artistique tunisienne comme Lotfi Abdelli avec la participation d’artistes amis de la Tunisie dont notamment Guy Bedos et Michel Boujenah. Plusieurs associations sont également impliquées dans la réussite de cet événement, chose que nous souhaitons également car les occasions de montrer le visage de la Tunisie libérée de la dictature sont toutes bonnes à prendre, en particulier quand il s’agit de montrer le talent de ses créateurs et artistes. Cependant, une fausse note nous empêche de partager l’harmonie de cette fête.

En effet, l’événement est soutenu par un journal en ligne « Opinion Internationale » qui se permet de faire l’apologie sur ses pages du KKL, le fonds national juif, qui se définit lui même comme « le bras armé du sionisme ». Le titre même de l’article « Israël : des boîtes bleues pour un poumon vert » révèle l’opération de propagande visant à remaquiller le KKL en acteur écologique qui plante des forêts. Un procédé déjà dénoncé en 2011 dans une pétition d’Amnesty International qui s’intitulait : « contre l’expulsion des habitants et la destruction d’un village bédouin sur lequel le FNJ veut implanter une forêt » Ne nous méprenons pas, Il ne s’agit pas d’un article informatif, mais plutôt d’un publi-reportage au service d’une basse entreprise. Ainsi la conclusion de l’article ne laisse aucun doute : « Devant l’ampleur et la diversité du travail réalisé depuis sa naissance, le KKL s’est affirmé comme l’une des organisations juive les plus respectées de par le monde. « Ensemble nous avons marqué d’une empreinte indélébile la terre d’Israël », souligne Efi Stenzler, président mondial du KKL. Souhaitons à l’organisation centenaire d’en laisser encore beaucoup d’autres. » Qu’est ce que le KKL?

Les premières ligne de la page de wikipedia plantent le décor: Le Fonds national juif (FNJ) ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL), en hébreu, est un fonds qui possède et gère plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres en Israël. Fondé en 1901 en tant que fonds central du mouvement sioniste, il s’occupa du rachat de terres en Palestine et de la préparation des futurs pionniers sur le terrain. Le KKL a été identifié comme cible principale du mouvement de solidarité avec la Palestine dans le monde, notamment par le mouvement BDS. Des pages entières peuvent être écrite sur le rôle du KKL dans l’expropriation des terres palestiniennes, l’arrachement des populations autochtones palestiniennes, et l’instauration de l’apartheid israélien.

L’action du KKL aujourd’hui dénoncée par la communauté internationale, c’est la mise en œuvre du Plan Prawer approuvé le 6 mai 2013 par le Comité ministériel israélien sur la législation. Ce plan prévoit la destruction de 35 villages bédouins dits « non reconnus » la dépossession et le déplacement forcé de 70 000 Bédouins palestiniens citoyens d’Israël dans le Néguev, pour planter ces fameuses forêts, et implanter une population juive. La boîte bleue et l’argent qu’elle permet de collecter va servir à cela. Le « poumon vert » c’est encore une fois l’expulsion et le déracinement de la population palestinienne. Opinion Internationale, journal fondé par Michel Taube, principal organisateur de l’événement « la Tunisie qu’on aime » prend ainsi le parti pris d’encenser l’«œuvre» du KKL. Refus de tout amalgame !

La Tunisie d’aujourd’hui, celle que les signataires aiment, est une Tunisie qui refuse tout amalgame. Celui en particulier qui considère que tous les juifs sont sionistes. De la même manière qu’elle refuse aussi l’article sur l’accession à la présidence du pays dans la dernière version de la constitution qui ferait des juifs tunisiens des citoyens de seconde zone puisqu’il les priverait d’un droit accordé à d’autres citoyens. Nous considérons également qu’en Israël les juifs sont aussi les victimes d’une politique coloniale dont ils ne portent pas tous la responsabilité et dont ils subissent pourtant les conséquences.

Il y a également des juifs en Israël et dans le monde qui combattent aux côtés des Palestiniens, contre l’apartheid israélien pour promouvoir une société de citoyens égaux en droits. Leur courage mérite le respect. Quant à nous, nous préférons penser que les amis de la Tunisie sont ceux qui dans l’ère qui s’ouvre des révolutions arabes, voudront œuvrer ensemble à plus de justice et d’égalité et une perspective de paix véritable, fondée sur la reconnaissance des droits des Palestiniens.

Premiers Signataires : Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR). Union Juive Française pour la Paix (UJFP). Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP).




Les Palestiniens : un peuple que l’occupant aimerait tant pouvoir oublier

Lors des dernières élections israéliennes, aucun parti sioniste n’a voulu parler de la Palestine, comme si les lieux communs habituels (« Nous n’avons pas de partenaire pour la paix », « Les Palestiniens veulent continuer la Shoah et jeter les Juifs à la mer » …) faisaient consensus.

Les sionistes ont eux-mêmes détruit leur projet historique : un Etat juif « ethniquement pur » ou en tout cas largement hégémonique. Il y a aujourd’hui 50% de Palestiniens entre Méditerranée et Jourdain. Le projet historique du sionisme (le « transfert », c’est-à-dire l’expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain), ne semble plus possible, sauf guerre généralisée. Alors comment maintenir la domination ? Fragmenter la Palestine, la transformer en bantoustans éclatés. L’apartheid s’officialise. Comme une telle situation est difficile à terme à gérer, il est vital pour l’occupant d’internationaliser la guerre.

Les révolutions arabes : un processus inachevé

Quand Moubarak est tombé, les dirigeants israéliens ont eu peur. C’est l’époque où l’ancien ambassadeur israélien au Caire Zvi Mazel déclarait : « les révolutions arabes, une catastrophe pour les Juifs ! ». Jusque-là, vis-à-vis du monde arabe, les dirigeants israéliens étaient les meilleurs élèves de l’impérialisme américain dans le cadre du « choc des civilisations » et de la « guerre du bien contre le mal », le mal étant bien sûr les Arabes et plus généralement les musulmans.

En même temps, depuis l’arrivée des premiers colons sionistes, il y a toujours eu des accords avec des dirigeants arabes « compréhensifs » : dès le début du XXe siècle, des féodaux absents ont vendu leurs terres aux sionistes, provoquant l’expulsion des métayers palestiniens. Dans les années 30, les souverains hachémites (la future Jordanie) ont signé avec les dirigeants sionistes un plan de partage de la Palestine. En 1948, les armées des Etats arabes se sont battues pour leur propres intérêts et jamais pour les Palestiniens. D’ailleurs la Jordanie a annexé Jérusalem et la Cisjordanie tandis que l’Egypte annexait Gaza. Ils n’ont pas songé à la création d’un Etat palestinien. En 1970, le roi Hussein de Jordanie a écrasé les Palestiniens (septembre noir, 30000 morts) avec une aide militaire israélienne décisive. Pendant la guerre du Liban, les Israéliens se sont alliés aux Phalangistes pour écraser l’OLP (Sabra et Chatila). La Syrie de Assad, l’Irak de Saddam et la Lybie de Kadhafi ont voulu « domestiquer » l’OLP et leurs tueurs se sont spécialisés dans la liquidation de ses militants. L’Egypte de Sadate a signé une paix séparée avec Israël pour mieux abandonner les Palestiniens.

Moubarak était devenu le prototype du collabo, poussant l’Autorité Palestinienne à capituler et faisant construire des herses pour couper les tunnels à Gaza. Sa chute a été une rude perte pour le sionisme.

Tout d’un coup, les Arabes décrits quotidiennement comme des « terroristes » et des « intégristes » fanatiques sont descendus dans la rue pour revendiquer la justice sociale, la fin de la dictature et de la corruption ou la dignité.

Seulement voilà, les révolutions arabes sont inachevées. Les capitalistes, les affairistes et la nomenclature militaire se sont reconvertis sans problème dans le soutien à des partis islamistes et bourgeois (frères musulmans en Egypte, Ennahda en Tunisie …). Le seul modèle épargné par les révolutions (à l’exception de Bahreïn), ce sont les régimes féodaux, esclavagistes, patriarcaux, ultracapitalistes et pourris de fric des monarchies du Golfe. Avec ceux-là, les dirigeants israéliens ne se sentent pas menacés. Israël et les monarchies du Golfe sont les deux pièces maîtresses qui permettent à l’impérialisme américain de tenir le Proche-Orient.

En Egypte, le nouveau pouvoir a un peu desserré le blocus de Gaza, mais à peine. Ce territoire reste toujours une « entité hostile » où la « communauté internationale » a sanctionné collectivement tout un peuple coupable d’avoir « mal » voté. Jamais il n’a été question de revenir sur les accords de paix Begin-Sadate de 1979. Même quand cinq policiers égyptiens ont été tués par l’armée israélienne (août 2011) et qu’en riposte, l’ambassade israélienne au Caire a été attaquée par des manifestants, les relations diplomatiques ont été maintenues, même pas gelées.

La Jordanie qui a aussi « normalisé » ses relations avec Israël après les accords d’Oslo, a un traité commercial toujours très actif avec son voisin. Certes le régime a été ébranlé par des manifestations, des grèves et des émeutes dans un pays où la moitié de la population est palestinienne mais sa politique de collaboration reste inchangée.

Syrie, Iran ou comment internationaliser la guerre.

Le régime syrien n’a tiré aucun coup de feu contre Israël depuis 1973. Pendant la guerre civile du Liban, les régimes israéliens et syriens  ont partagé le pays en zones d’influence. Le symbole de cette alliance implicite, c’est en 1983 l’encerclement d’Arafat dans le Nord du Liban entre l’armée syrienne et les vedettes israéliennes. En Syrie, les camps palestiniens ont été confiés à des organisations totalement inféodées au régime : la Saïka et le FPLP-commandement général d’Ahmed Jibril.

Dès le début de la guerre civile en Syrie, la grande majorité des Palestiniens de Syrie s’est rangée dans le camp de la révolution. Le dirigeant du Hamas Khaled Mechaal a rompu avec le régime et a quitté Damas. Le camp de Yarmouk (plus de 100000 habitants dans la banlieue de Damas) s’est révolté et a été plusieurs fois bombardé ou occupé par les troupes du régime.

Pour Israël, la guerre civile en Syrie est une bénédiction. Comme ils l’ont déjà fait pour l’Irak ou la Libye, les dirigeants israéliens poussent à une intervention militaire occidentale en Syrie. La propagande sioniste déverse régulièrement la même propagande : « pourquoi parle-t-on sans arrêt des Palestiniens alors qu’on laisse des dizaines de milliers de Syriens se faire massacrer sans intervenir ? » Cette « solidarité » avec le peuple syrien est tout à fait bidon. L’intérêt israélien, c’est que cette guerre se poursuive sans vainqueur, cela permet en plus d’oublier la Palestine. Parmi les révolutionnaires syriens, il y a des dirigeants de gauche qui ont toujours manifesté un soutien sans faille à la cause palestinienne. C’est contre eux qu’Hafez al-Assad (le père de Bachar) avait réussi son coup d’Etat en 1970.

Sur la question iranienne, l’attitude israélienne est un peu la même. Le régime d’Ahmadinadjad est une théocratie brutale et meurtrière, haïe dans la région à cause des antagonismes sunnites/chiites et perses/arabes. Sur la question nucléaire, on est en plein délire. D’un côté l’Iran aurait, peut-être mais ce n’est pas sûr, les moyens, un jour, d’avoir la bombe atomique. Or il a signé le traité de non-prolifération. C’est un « menteur » et il est donc licite de déclencher la pire guerre contre lui. En face, Israël possède, de façon notoire 200 têtes nucléaires. Le pays s’est même permis d’emprisonner pendant 20 ans Mordechaï Vanunu qui avait donné des précisions sur le nucléaire israélien. Mais le pays n’a pas signé le traité de non-prolifération et il appartient à « l’axe du bien ». Du coup, la « communauté internationale » est bien silencieuse sur les menaces répétées « d’attaque préventive » israélienne contre les centrales iraniennes, attaque qui mettrait à feu et à sang la région. Chaque fois qu’on vote en Israël, les politiciens font campagne sur une attaque contre l’Iran. Le seul débat qui existe dans la classe politique israélienne se situe entre ceux qui sont prêts à attaquer quoi qu’il arrive et ceux qui ne veulent le faire qu’avec l’appui américain. Jusque-là Obama était réticent. Il semble qu’il se rallie à ce projet d’attaque et même qu’il cherche à convaincre la Jordanie et l’Arabie Saoudite d’ouvrir leur espace aérien. Conséquence supplémentaire d’une telle attaque si elle avait lieu : la mise en danger des Juifs iraniens. Ils ne sont plus que 30000. Ils voyagent (y compris en Israël) et ont un député censé les représenter au Majlis (le Parlement iranien). Mais les sionistes n’ont jamais hésité à mettre en danger les Juifs pour les pousser à l’émigration vers Israël.

Fatah et Hamas dans l’impasse

La Palestine n’a pas d’Etat, mais elle a deux gouvernements rivaux. Fatah comme Hamas tirent leur légitimité de la résistance à l’occupant mais l’un comme l’autre ont été piégés par l’occupant en exerçant une forme de pouvoir qui n’a plus rien à voir avec le rêve d’un Etat palestinien.

Pendant des années, l’Autorité Palestinienne a accepté tous les diktats (Camp David, Taba, Annapolis, la feuille de route, le quartet …) qui étaient de sinistres plaisanteries où l’Etat d’Israël avec son compère américain exigeait une capitulation palestinienne sur les revendications essentielles. En même temps, l’Autorité Palestinienne a accepté de jouer le seul rôle que lui ont dévolu les accords d’Oslo : celui d’assurer la sécurité de l’occupant. Depuis des années, l’Autorité Palestinienne déploie toute son énergie à combattre le Hamas au point d’avoir été étrangement silencieuse pendant le massacre de Plomb Durci à Gaza (2008-2009). Certains n’hésitent pas à la considérer comme une instance purement « collabo ». C’est sans doute exagéré mais sa raison d’être n’a rien d’évident d’autant qu’elle n’a même pas tout le pouvoir sur un territoire réduit à des bantoustans éclatés non-viables.

L’essentiel de l’économie palestinienne a été détruit par l’occupation. L’Autorité Palestinienne redistribue une manne financière importante venue de l’étranger à des dizaines de milliers de fonctionnaires et à leurs familles. Dans ce cadre-là, la corruption et le clientélisme sont inévitables. Depuis des années, sans aucune légitimité électorale, Salam Fayyad est le Premier ministre palestinien. Cet homme du FMI s’est acharné à donner la « bonne » gouvernance voulue par l’Occident : transformer Ramallah en une « bulle » couverte de grands hôtels et montrer qu’on peut faire des affaires sous occupation, sans Etat palestinien ni souveraineté. Ce fantasme de faire des affaires juteuses au Proche-Orient sans jamais chercher à résoudre ce qui est à l’œuvre (occupation, colonisation, apartheid) avait déjà surgi au moment des accords d’Oslo. Fayyad (haï par le Hamas) était considéré comme l’obstacle à une réunification palestinienne. Il a démissionné mais, alors que cette question est fortement voulue par la population, la réunification de la Palestine n’est toujours pas à l’ordre du jour.

Il existe d’authentiques résistants à l’intérieur du Fatah comme le prisonnier Marwan Barghouti. Il existe des groupes de lutte armée proches du Fatah. Mais c’est une bourgeoisie pro-occidentale et sans perspective qui continue de diriger le parti.

À Gaza, la situation n’est pas si différente. La population qui souffre énormément à cause du blocus et des incursions israéliennes meurtrières, a pu survivre grâce aux tunnels. Ces tunnels et la mainmise sur les seules formes de commerce qui ont pu survivre, ont enrichi de façon insolente quelques dizaines de familles proches du pouvoir. Le Hamas a pu briser l’isolement. Lors de la dernière grande attaque israélienne (novembre 2012), le ministre des affaires étrangères tunisien et le Premier ministre égyptien sont venus à Gaza. Les relations avec le Qatar sont bonnes et l’argent arrive. Le Hamas au pouvoir n’hésite pas à réprimer les autres partis (arrestations, manifestations interdites). Son côté « résistant » s’estompe au profit de son côté « islamiste ». Ainsi le marathon de Gaza été interdit, il y avait trop de femmes inscrites. Le régime a comme perspective principale sa propre survie … alors que le statu quo est insupportable.

L’admission de la Palestine comme « Etat non membre » à l’ONU aura juste montré qu’Israël ne peut plus « faire disparaître » la Palestine ou qu’une majorité de pays supporte mal cet Etat voyou. L’idée d’une solution diplomatique « à froid » et sans lutte n’est pas réaliste. Sur le terrain, rien n’a changé et les deux grands partis palestiniens n’ont pas de  perspective.

La résistance et le BDS

On aurait tort de limiter la société palestinienne au Fatah ou au Hamas. Il y a de très nombreuses associations dans tout le pays : des associations de producteurs (oliviers, céramique, artisanat …), des associations défendant les droits de l’homme, défendant les pauvres, assurant des formes de redistribution. Des associations gérant les camps de réfugiés, des associations de femmes (notamment contre les violences), des syndicats dont la plupart sont indépendants de l’Autorité Palestinienne, des comités populaires sur tout le tracé du mur de l’apartheid luttant contre les confiscations des terres, les arrachages d’oliviers et les destructions de maisons, des associations d’aide juridique, des associations défendant les prisonniers en lutte contre l’isolement, la torture ou la détention administrative.

Cette résistance est non-violente ou plutôt non armée. Elle est animée par les comités populaires. En fait, les Palestiniens ont tout essayé : la lutte armée, la diplomatie, la négociation. Cette résistance se concentre dans toutes les zones attaquées par le mur et les colonies. Elle subit une violence extrême de la part de l’occupant. En quelques années, les manifestant-e-s pacifiques ont eu plus de 40 mort-e-s.

En 2005, 172 associations de la société palestinienne, constatant l’impunité des dirigeants israéliens et la complicité des occidentaux avec le rouleau compresseur de la colonisation sioniste, ont lancé un appel mondial au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre l’Etat d’Israël sur trois revendications : l’égalité des droits, la fin de l’occupation et de la colonisation, le droit au retour des réfugiés palestiniens. Cet appel est une réponse à la fragmentation de la société palestinienne qui est à l’œuvre et à la division de la Palestine (Cisjordanie, Jérusalem, Gaza, Palestiniens d’Israël, réfugiés …) en des entités qui subissent toutes des formes différentes d’oppression.

Le jugement du tribunal Russell considérant que l’Etat d’Israël est un Etat d’apartheid qui pratique un sociocide vis-à-vis des Palestiniens a donné une base juridique à cet appel.

Le BDS est multiforme. Il y a bien sûr un BDS économique qui s’en prend à toutes les firmes israéliennes. Sont particulièrement visées la compagnie Agrexco (qui exportait les fruits et légumes vers l’Europe) qui a fait faillite et son successeur Mehadrin qui commercialise les pamplemousses Jaffa, les avocats Carmel … D’autres produits israéliens de consommation courante se retrouvent dans nos magasins : Sodastream, les médicaments Teva …

Il y a le BDS académique. Toutes les universités israéliennes participent activement à la colonisation et à l’industrie de l’armement. Dans cette économie de start-up, les universités font partie du complexe militaro-industriel. Il est significatif que le mouvement israélien « boycott de l’intérieur » regroupe des universitaires anticolonialistes. Même s’il est difficile d’obtenir en France une rupture des relations avec les universités israéliennes, il faut mener cette bataille. Dans les pays anglo-saxons, de nombreuses assemblées d’étudiant-e-s ont voté pour une telle rupture. Très récemment, l’astrophysicien Hawking a renoncé à une conférence en Israël.

Il y a le BDS culturel. Il s’agit d’inciter de nombreux artistes internationaux à renoncer à aller se produire en Israël et certains l’ont fait. On ne boycotte pas individuellement des cinéastes, écrivains ou chanteurs israéliens. On les boycotte dès que leur venue est parrainée par l’ambassade ou le consulat d’Israël.

Il y a le BDS sportif. Des manifestations ont lieu chaque fois qu’une équipe israélienne vient en Europe. Les Israéliens ont pulvérisé les installations sportives palestiniennes. Ils ont détenu et torturé sans jugement le footballeur Mahmoud Sarsak. Dans ces conditions, de nombreuses manifestations ont lieu contre l’Euro de football des moins de 21 ans en Israël. Rappelons-nous que l’expulsion de l’Afrique du Sud des jeux olympiques avait été décisive dans la décision de rompre avec l’apartheid.

Il y a le boycott syndical. Le syndicat israélien Histadrout est raciste. Il défend dans ses statuts le « travail juif » et ne syndique pas les Palestiniens ou les nombreux travailleurs immigrés (Asie du sud-est, Afrique de l’Est …) qui travaillent en Israël. Il a escroqué des centaines de milliers de travailleurs palestiniens qui ont dû cotiser chez lui et n’ont jamais reçu ni protection sociale, ni retraite. Son expulsion des instances syndicales internationales est une nécessité.

Le BDS a remporté de nombreux succès : la faillite d’Agrexco, les lourdes pertes financières de Veolia qui a construit le tramway de Jérusalem, le gel des relations avec divers pays (Venezuela, Bolivie, Turquie …) avec Israël, les décisions de nombreux syndicats ou universités de rejoindre le boycott, les pétitions d’artistes, de scientifiques ou de sportifs.

Pour l’instant, bien sûr, l’économie israélienne qui est une économie de « start-up » est peu affectée. Mais l’image du pays est très atteinte. N’oublions pas que 15% des Juifs israéliens vivent hors d’Israël et qu’ils sont très sensibles à ce qui se dit. Ce pays qui est très mondialisé ne parvient plus à se présenter comme un pays « normal ». Des films et des livres décrivant l’apartheid quotidien sont de plus en plus diffusés. Israël est rattrapé par un changement de l’opinion mondiale et par le syndrome sud-africain. Il faudra sûrement du temps pour que cette évolution se traduise en un affaiblissement politique et économique. Mais les choses sont en route.

Quelle issue ?

Le sionisme depuis plus d’un siècle fonctionne par le fait accompli et la légalisation ultérieure du fait accompli. Une majorité de l’opinion israélienne espère toujours que les Palestiniens deviendront les indigènes du Proche-Orient, résignés et incapables de réclamer leurs droits.

C’est de façon délibérée que l’occupant a totalement détruit le compromis très inégalitaire qui avait abouti aux accords d’Oslo. Pour créer un Etat palestinien sur 22% de la Palestine historique (Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza), il faudrait que les 600000 Israéliens établis dans ces territoires s’en aillent ou acceptent de devenir citoyens palestiniens. On ne voit pas le gouvernement israélien qui tenterait d’y parvenir.

Dans les faits, la « ligne verte » (la frontière d’avant 1967) a totalement disparu. Il faut une carte française pour réaliser que l’autoroute Tel-Aviv-Jérusalem traverse les territoires occupés ou que l’usine Ahava (la plus grande usine de cosmétiques au bord de la Mer Morte) est en Cisjordanie. Le mur qui balafre la Cisjordanie ampute la Palestine d’une large partie de ses terres. La division du territoire en zones ayant toutes des statuts différents (zones A, B et C, Jérusalem …) accentue la « bantoustanisation ». Les colonies ne pillent pas seulement la terre et l’eau. Elles encerclent les villes palestiniennes dans le cadre d’une « colonisation spatiale ». Avec les routes de contournement pour colons, les check-points, les blocs de colonies qui isolent les agglomérations palestiniennes, les « zones franches » où les capitaux sont israéliens et la force de travail palestinienne, il est clair qu’un Etat palestinien n’est pas viable. D’ailleurs, quelle serait sa capitale ? Une bonne partie du « grand Jérusalem » a été confisquée par les colons et les quartiers palestiniens sont attaqués et « judaïsés » à marche forcée.

Les Occidentaux qui soutiennent à bout de bras la colonisation sioniste parce que l’Etat d’Israël, tel qu’il est, correspond totalement à leur rêve, feignent de réaliser tout d’un coup que la solution « deux peuples, deux Etats » n’est plus viable. De temps en temps, des diplomates américains ou certains Israéliens prennent conscience du caractère suicidaire (pour Israël) d’une voie choisie qui tourne le dos à un Etat palestinien.

De fait, l’Etat juif voulu par Herzl n’est plus ethniquement pur. Le « transfert » des Palestiniens est irréalisable. Alors, l’apartheid s’institutionnalise. C’est en multipliant les discriminations à la possession de la terre, au logement, au travail, à l’espace, au droit de se déplacer … que le système perdure. On est arrivé de fait à une situation de lutte pour l’égalité des droits sur un espace unique où les deux populations, la dominante et la dominée, sont inextricablement mélangées.

Bien sûr, l’écrasante majorité des Israéliens est persuadée que, sans « Etat juif », ils seront jetés à la mer. Le sionisme, c’est une théorie coloniale de la séparation qui décrète qu’un Juif ne doit pas et ne peut pas vivre avec « l’autre ». Sauf que la séparation est devenue impossible.

Il a fallu des décennies aux Noirs du Sud des Etats-Unis ou d’Afrique du Sud pour démolir en partie le système et les lois d’apartheid.

Les Palestiniens n’en sont qu’au début de leur lutte anti-apartheid. Contre eux les Israéliens essaient tout : falsifier l’histoire, agiter l’antisémitisme, fragmenter la Palestine, rendre la vie impossible aux Palestiniens.

Israël est dirigé durablement par une coalition de style OAS/intégriste. La partie « européanisée » de la population s’inquiète et sent bien qu’une domination sans limite n’est pas possible mais elle semble incapable  d’infléchir la voie  choisie.

L’issue la plus probable et en tout cas la plus souhaitable à terme reste le démantèlement du sionisme et l’égalité des droits pour tous les habitants de la région. Il est cocasse de constater que les dirigeants israéliens eux-mêmes ont éliminé les autres solutions.

Pierre Stambul (12 mai 2013)




« Marseille 1 – Imams collabos 0 »

Le Conseil Régional PACA n’a pas accueilli Chalgoumi et « les musulmans maghrébins », comme… Pierre Stambul s’en félicitent !!
Publié le 15 avril 2013
par Ahmed Nadjar
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Connaissant les acteurs présents devant le Conseil Régional PACA le mardi 9 avril nous pouvons affirmer que ce ne sont certainement pas des radicaux comme le prétend « Le Meilleur de Marseille « . Ayette Boudelaa, Tahar Eddam, Pierre Stambul, Mouloud, patrice etc. sont pour la paix, pas pour la propagande qui consiste à redorer le blason d’israël en fraternisant à Marseille, pour mieux bombarder, massacrer et coloniser dans le même temps en Palestine.

Mais les pratiques embeded de ce journal des (fausses) bonnes nouvelles – aussi crédible dans le monde du journalisme que Chalgoumi ne l’est dans le monde de l’islam de France n’étonneront pas grand monde. Rien que son appellation « Le Meilleur de Marseille » (rien que ça !) démontre tout le sérieux et l’humilité de son proprio.
Ce journal s’illustre pour l’occasion avec un article « bon exemple de fraternisation entre juifs et musulmans » est digne du mythe Marseille Capitale de la Fraternité mais beaucoup moins crédible qu’un épisode de la fiction « Plus Belle la Vie », c’est vous dire ! Mais, bon, quand on est embeded par le consulat d’Israël on ne va pas expliquer à ses lecteurs, que les palestiniens, peuvent avoir différentes religions (musulmans, catholiques, orthodoxes ou athées comme le communiste Georges I.A….), à quoi bon rappeler que la Bonne Mère, symbole de Marseille, vient de Palestine..

Et oui, ça risque de rendre sympathique cette Palestine occupée, donc nuire à l’idéologie coloniale. Pour finir comme « Le Meilleur de Marseille » (M. Pillet) donne des leçons de rigueur journalistique à ses anciens collègues de la Provence, nous voulons juste lui dire, qu’il ferai bien d’appliquer les leçons qu’ils donne. Bref, pour en revenir à notre reportage, donnons tout simplement la parole à ceux qui sont traité par « Le Meilleur de Marseille » de radicaux. Puisque ce grand journaliste n’a pas daigné rencontrer ces fameux « musulmans maghrébins » comme… Pierre Stambul de l’Union Juive pour la Paix. Vidéo sur le site de Med in Marseille

Oui missiou « Le Meilleur de Marseille » nous sommes en mesure aujourd’hui de décoder la pratique de votre journalisme coloniale qui consiste à creuser un fossé entre les bons et mauvais musulmans, désigner les modérés Comoriens pour mieux exclure les radicaux maghrébins sous pretexte qu’ils « boudent » la manipulation du consulat israélien. Non ils ne la boudent pas M. « Le Meilleur de Marseille », il la boycotte ! S’il y a bien une bonne nouvelle, dans votre article, c’est que le temps des arabes de service, commence à prendre fin, les habituels vendus ont dû rebrousser chemin.

La preuve : même l’imam Ghoul et une élue d’origine (dont je ne citerai pas le nom par charité laïque) ont fait marche arrière. Non vous n’arriverez pas à monter les « musulmans maghrébins » contre « Les musulmans Comoriens ». D’ores et déjà des Marseillais d’origines comoriennes dénoncent toujours sur les réseaux sociaux, avec brio cette manipulation :
Je cite l’excellent Solly : « J’en ai marre que des gens qui ne représentent qu’eux mêmes et leurs petits intérêts (ou qui sont inconscients des enjeux dans ce jeu de dupe ), nous associent systématiquement à leurs actions.
Hacène Boukhelifa ne représente pas plus les berbères de Marseille que ces « 200 personnes » représentent la communauté comorienne de Marseille qui compte près de 80 000 âmes. Nous n’avons pas envoyé ces gens nous représenter, personne ne les a élu pour parler en notre nom, pas le mien en tout cas. Bien entendu je suis pour le vivre ensemble et le rapprochement entre toutes les confessions mais dans l’état actuelle des choses au Moyen Orient, je refuse d’être associé à ce genre d’initiative financé par le pouvoir sioniste. Je ne cautionne pas »

Enfin pour finir, je vous rappelle qu’il fut un temps, pendant que certains marseillais dînaient également avec des occupants, des maghrébins « radicaux » libéraient notre bonne ville de Marseille :

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Soldats Maghrébins défilant sur le vieux port après avoir libéré Marseille des nazis.

PS : Nous sommes prêt à co-animer, un débat sur la Paix avec le « Meilleur de Marseille ». Pour ce débat, qui pourrait faire un buzz exceptionnel, nous demandons à Didier Pillet d’inviter son champion l’imam Chalgoumi. De notre côté, nous proposons de convier le modeste militant de paix, le laïc Pierre Stambul de l’Union Juive pour la Paix.

PS 2 : Med In Marseille n’est pas un journal qui se prétend « objectif », du reste il n’en a pas les moyens. Pour cela il faut pouvoir consulter différentes sources pouvoir engager de nombreux journalistes etc.. Med’In Marseille se défini donc, en gros, comme un média de rattrapage républicain, privilégiant ceux que l’on ne consulte pas, ces citoyens victimes du « phocée médiatique ». Dans ce cas précis, les différents traitements d’une même information pourraient être étudiés par des écoles de journalisme. Si en assemblant le sujet réalisé par Med In Marseille, et le reportage de France 3

les citoyens auront l’ensemble des parties, les étudiants journalistes pourront analyser les choix de France 3 et ceux de Med’In Marseille. Notons que les propos en arabe du reportage de France 3 ont été traduit … par l’imam chalgoumi. Encore un bel exemple de déontologie journalistique ! Sachant que pour nous, c’est juste par manque de moyens que l’on a pas pu aller partout.

PS 3. L’idée du titre de l’article est la copie d’un commentaire de Samia Touati, une lectrice Marseillaise, vivant maintenant de l’autre côté de la méditerranée.

SOURCE : Med’In Marseille




BDS France au Forum Social Mondial

La Campagne BDS France est présente au Forum social mondial de Tunis cette semaine. Une vingtaine de militants BDS France participeront aux activités liées à la Palestine (plusieurs dizaines sont au programme), et en particulier à la dizaine sur les thématiques spécifiques de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre l’Etat israélien. Ainsi, Génération Palestine, l’Union Juive Française pour la Paix, le réseau international juif antisioniste IJAN, Solidaires, la Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien, Stop Apartheid Toulouse et le collectif 69 sont représentés parmi les membres de la Campagne française, plus évidemment une large délégation d’Attac, récemment entrés dans BDS France.
Déjà, la marche inaugurale du Forum à travers la capitale tunisienne a montré une très forte présence de Palestiniens (environ 500 venus de Palestine et de partout dans le monde, plus les étudiants palestiniens de Tunis) et de militants pour la justice au Proche-Orient reconnaissables à leurs keffiehs et drapeaux dispersés tout au long de la manifestation.
Le Forum de Dakar en 2011 avait permis de consolider le caractère central de la stratégie BDS dans la lutte pour les droits des Palestiniens, et au-delà même pour les enjeux altermondialistes comme cause emblématique. Les Sénégalais s’étaient montrés très sensibles à la justice en Palestine, tout comme les Tunisiens se sentent directement impliqués. Ainsi, l’objectif du Forum de Tunis sera-t-il de renforcer les convergences internationales entre les très nombreux et divers réseaux relayant BDS en Europe et dans le Monde, et particulièrement de formaliser une liste de contacts BDS francophones pour notamment de l’échange de matériels de campagne.

Pour nous contacter à Tunis : Magali, 97906856




Conférence-débat à Metz pour la Semaine contre l’Apartheid israélien

A Metz le 28 février, dans le cadre de la Semaine contre l’apartheid israélien, conférence-débat avec Jean-Guy Greilsamer, coprésident de l’UJFP et militant de la Campagne BDS (flyer ci-joint)

Solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la Semaine contre l’apartheid israélien

Depuis plus de 60 ans, Israël poursuit en Cisjordanie une politique méthodique de colonisation et de totale dépendance des Palestiniens, au mépris du droit international. En réponse à la reconnaissance par l’ONU du droit de la Palestine à constituer un État, Israël construit 3000 nouveaux logements illégaux à Jérusalem Est et en Cisjordanie. L’économie palestinienne est réduite à néant par la construction du Mur, les multiples contrôles et barrages militaires…. Vivant sous blocus, les habitants de Gaza subissent des agressions militaires permanentes.

Des lois spéciales régissent dans le plus infime détail la vie quotidienne des Palestiniens d’Israël qui sont devenus des étrangers dans leur propre pays.

Ce système a pour nom : « Apartheid » !

A nous de peser sur la « communauté internationale » complice de ce système, à nous d’agir, comme dans le cas de l’Afrique du Sud, par le boycott des entreprises qui tirent profit de la colonisation pour que le peuple palestinien puisse exercer son droit à l’autodétermination !

A 20 H au grand grenier des Récollets




Lettre ouverte à la revue « National Geographic »

Madame, Monsieur,

Nous nous adressons à vous en tant qu’« Union Juive Française pour la Paix » (UJFP), association juive laïque fondée en 1994. Soucieux d’une paix juste entre Israéliens et Palestiniens, nous sommes attentifs au contenu des diverses publications qui présentent Israël et la Palestine.

Beaucoup parmi nos adhérents et sympathisants apprécient généralement la rigueur et la richesse de votre revue. Nous avons donc été très surpris en découvrant votre supplément au numéro d’octobre intitulé « Israël, une éternelle découverte » !

Pour tout dire, l’image que vous donnez de la région nous semble très éloignée de la réalité. Et nous connaissons bien le terrain pour y avoir effectué de nombreuses missions toutes ces dernières années. La présentation que vous faites de ce terrain nous rappelle le titre d’un ouvrage d’Ilan Halévy, « Sous Israël la Palestine », formule que vous amplifiez en évacuant tout simplement cette dernière du paysage.

Page 3, vous réduisez la Palestine au tracé de la bande de Gaza (non nommée) et la Cisjordanie, Territoire Palestinien Occupé au regard du droit international, disparaît tout simplement pour être englobée dans Israël. Dans cet élan éradicateur, les grandes villes palestiniennes telles que Naplouse, Hébron, Bethléem ou Ramallah n’existent plus. Quant au texte, il se caractérise par un déni de la réalité profonde d’une région, soumise à l’occupation et à la colonisation, et décrite sous la plume de vos journalistes comme un pays de rêve, et sans soucis.
Jérusalem semble être une ville où il fait bon vivre. Vos journalistes n’y ont-ils pas vu de nombreux militaires armés ? N’ont-ils pas découverts un Jérusalem-Est palestinien ? N’ont-ils pas aperçu un mur de 8 m de hauteur qui balafre une partie de la ville ? N’ont-ils pas rencontré les habitants expulsés des quartiers de Cheikh Jarrah ou menacés d’expulsion de Silwan ?
Jaffa semble avoir été absorbée pacifiquement et harmonieusement par Tel Aviv, Nazareth est décrite comme une fascinante ville orientale d’Israël …
La fin du dossier éclaire enfin le lecteur sur les sources : c’est l’office du tourisme d’Israël qui vous a guidé.

Ce supplément ne fait pas honneur à votre réputation de sérieux et de précision, il n’est en fin de compte qu’un publireportage au service d’une puissance occupante et coloniale. Comme elle, il veut faire oublier la lutte centenaire d’un peuple dépossédé. Comme elle, il efface l’existence du peuple palestinien vivant sur sa terre.
Auriez-vous traité dans les années 80 un reportage sur l’Afrique du Sud en oubliant de mentionner la population noire et les Bantoustans ? Un rectificatif dans votre prochain numéro honorerait votre souci de vérité ; nous pourrions vous y aider en vous suggérant rencontres et visites utiles.

Dans l’attente d’une réponse, veuillez agréer, Madame, Monsieur, nos meilleures salutations.

Pour l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP),
Jean-Guy Greilsamer et Pierre Stambul, coprésidents

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Source: http://www.ujfp.org/spip.php?article2518

 

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Un atlas de la Palestine (on pourrait envoyer le lien à National Geographic?): http://www.plands.org/Graphics/English%20Palestine%20Atlas%20Part-I/Index.html




Soirée-débat contre l’apartheid israélien et sur l’avenir de la Palestine et d’Israël

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SAMEDI 10 NOVEMBRE A 20h30 dans la grande salle du CICP, 21 ter rue Voltaire à Paris 11ème, M° Rue des Boulets

A l’occasion de son assemblée générale annuelle, l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) vous invite à une soirée sur l’apartheid israélien…

… avec la participation de :

- Eric David, professeur émérite de droit international à l’Université Libre de Bruxelles
- Julien Salingue, doctorant en sciences politiques
- et un(e) représentant(e) du Collectif Palestine de l’Université Paris VIII

Avner Ben-Amos, membre du secrétariat de « Dukium » (Negev Coexistence Forum for Civil Equality) et actuellement à Paris, militant contre la politique d’épuration ethnique contre les Bédouins du Néguev/Naqab, sera également présent.

La 3ème session du Tribunal Russell sur la Palestine, qui a eu lieu en novembre 2011 au Cap, a qualifié de crime d’apartheid la politique israélienne.
La 4ème session de ce Tribunal a eu lieu à New-York du 6 au 8 octobre derniers. Elle a porté sur les responsabilités de l’ONU et des Etats-Unis dans la situation actuelle en Palestine et Israël. La notion de sociocide (à l’encontre du peuple palestinien) y a été introduite.
Des militants ayant assisté à cette session témoigneront.

A la lumière des messages des invités et des divers témoignages, la question de l’avenir de la Palestine et d’Israël sera débattue.

Venez nombreux !

Rendez-vous

SOIREE DEBAT CONTRE L’APARTHEID ISRAELIEN ET SUR L’AVENIR DE LA PALESTINE ET (…)
Le samedi 10 novembre 2012 à 20h30

Grande salle du CICP
21 ter rue Voltaire à Paris 11ème, M° Rue des Boulets