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Voeux 2014 pour BDS, par Jean-Guy Greilsamer

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Ces deux grands hommes sont Stéphane Hessel, décédé le 26 février, et Nelson Mandela, décédé le 5 décembre.

Il serait un peu scolaire de comparer minutieusement les deux hommes, qui ont eu une vie très différente. Mais le bilan de leurs vies respectives dégage des enseignements communs qui, quand bien même paraissent-ils très simples, ont vocation à nous guider en tant que militants.

1. Toute notre politique part de notre révolte contre des injustices.

C’est évident concernant Mandela et l’Histoire sud-africaine, et Stéphane Hessel a atteint quant à lui une célébrité maximum après la publication de son petit livre « Indignez-vous ! »

Quant à nous, nous ne nous habituerons pas à la politique d’apartheid et d’épuration ethnique israélienne, nous ne nous résignerons pas, nous continuerons de manifester vivement la colère que suscite en nous cette politique cynique qui vise à constamment déposséder, humilier, persécuter, détruire, mettre à genoux tout un peuple, le peuple palestinien.

2. Etre inflexibles et persévérants sur les objectifs.

Les droits des peuples à la dignité, la justice, l’égalité, sont inaliénables.

Toute politique qui consiste à se contenter de remplacer une injustice par une « demi » injustice est inacceptable.

Mandela a refusé tout compromis qui lui aurait permis de sortir de prison beaucoup plus tôt.

La campagne internationale BDS se fixe trois objectifs (mettre fin à l’occupation et la colonisation, droit au retour des réfugiés et égalité absolue des droits des Palestiniens d’Israël) et, ainsi que le demandent les associations de la société civile palestinienne, elle n’est pas disposée à se contenter d’une réalisation partielle de ces objectifs.

3. Mettre en œuvre une politique rassembleuse.

C’est ce qui a toujours guidé aussi bien Mandela que Hessel.

Leur volonté de ne pas se polariser sur des divisions secondaires a permis d’amplifier les politiques dont ils étaient porteurs.

Il en va de même concernant la campagne BDS. Nous avons des sensibilités, des histoires ou même des approches diverses, mais il nous appartient de faire prédominer notre volonté commune de faire progresser concrètement nos objectifs.

4. Le rapport aux ennemis.

Sur ce point, les rapports de Mandela et de Hessel étaient remarquables aussi.

Ils ne confondaient pas les ennemis avec l’ensemble des communautés dont ils étaient issus. Ils avaient à cœur de permettre à ces communautés d’évoluer vers une reconnaissance des droits des opprimés et concevaient la perspective d’un avenir où les populations réconciliées vivraient pleinement dans l’égalité et la justice.

En Palestine et Israël nous sommes loin d’un processus de « Vérité et Réconciliation » tel qu’il a été mis en oeuvre en Afrique du Sud, mais les Juifs israéliens anticolonialistes et anti-apartheid, si minoritaires soient-ils, ont toute leur place dans le mouvement BDS.

 

Le principal représentant direct en France de la politique israélienne, le CRIF, n’avait pas hésité à insulter la mémoire de Stéphane Hessel lors de son décès. Concernant Mandela, il n’a pas osé renouveler ce comportement, préférant oublier les liens étroits que l’Etat d’Israël entretenait avec l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid.

Le mouvement BDS progresse, et gagne à s’inspirer de l’esprit constructif qui animait les deux grands hommes. Il a remporté de nouvelles victoires, tant en ce qui concerne les boycotts économique, culturel et académique.

Récemment, la prestigieuse « Association of American Studies », l’un des principaux syndicats américains de chercheurs et d’enseignants, a rejoint le boycott universitaire. En Europe, des désinvestissements et des sanctions se précisent. Le géant néerlandais de l’eau potable Vitens a arrêté sa collaboration avec la compagnie israélienne de distribution d’eau Mekorot.

L’Union Européenne a adopté en juillet dernier des lignes directrices destinées à cesser à partir du 1er janvier 2014 toute subvention et tout financement profitant aux colonies. Ici même, le mouvement BDS est fermement décidé à ne pas plier face aux procès intentés par les officines sionistes.

Des campagnes nationales se développent contre des sociétés telles que Mehadrin, qui est devenu le n° 1 des entreprises d’exportation des produits agricoles coloniaux israéliens, Sodastream (le gazéificateur), Orange (qui coopère avec la société de téléphonie israélienne Partner).

Nos appels en direction d’artistes pour les dissuader d’être utilisés pour blanchir l’apartheid israélien ne faiblissent pas et sont médiatisés, même s’ils ne sont pas toujours victorieux.

Formons le vœu qu’en 2014 le mouvement BDS continue de progresser de plus en plus et parvienne à convaincre de nombreux décideurs, qu’il s’agisse d’organismes, de sociétés, d’institutions ou d’Etats, à exercer des sanctions efficaces contre Israël.

Ainsi que l’a déclaré Marwan Barghouti, emprisonné depuis onze ans, « l’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il ne l’emportera pas en Palestine. »

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France et de l’UJFP

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