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L’interdiction du boycott d’Israël est comme le soutien de Thatcher à l’apartheid

Comité national palestinien du BDS – 15 février 2016

L’organisation palestinienne qui conduit le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui est actuellement la cible des nouvelles règles du gouvernement britannique, affirme que le Premier ministre David Cameron commet une grave erreur, la même que faisait Margaret Thatcher avec son soutien indéfectible à l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Les nouvelles règles qui vont être annoncées durant une visite en Israël, cette semaine, du ministre du Bureau du Cabinet, Matt Hancok, vont faire qu’il sera plus difficile pour les autorités locales et les autres organismes publics, dont les universités, de prendre des décisions d’acquisitions ou d’investissement éthiques. Le gouvernement affirme que les changements sont conçus pour contrer le mouvement BDS qui grandit.

Rafeef Ziadah, porte-parole au Royaume-Uni du Comité national palestinien du BDS, déclare :

« Plutôt que d’œuvrer à rendre Israël responsable de ses violations continuelles des droits de l’homme, les ministres britanniques continuent leur commerce des armes avec Israël et s’en prennent à la démocratie locale afin de le protéger contre toute critique.

« Quelle sorte de message cela envoie-t-il à des entreprises britanniques comme G4S et JCB, qui aident et se font les complices d’Israël dans ses violations du droit international ? »

La société de services de sécurité G4S aide Israël à gérer ses prisons où des Palestiniens sont torturés, et JCP fournit les bulldozers qui sont utilisés pour démolir les maisons palestiniennes.

« En sapant la démocratie locale au profit d’Israël, David Cameron se place du mauvais côté de l’histoire, tout comme Margaret Thatcher avec son soutien à l’Afrique du Sud de l’apartheid. »

David Cameron lui-même franchissait la ligne de piquetage du boycott sud-africain encore en 1989, alors que l’opinion publique internationale avait déjà basculé en faveur de la démocratie, en allant faire un tour tous frais payés en Afrique du Sud, pour monter le dossier contre les sanctions au régime raciste. L’isolement international a été crucial dans la chute de l’apartheid en Afrique du Sud.

Ziadah poursuit :

« Le mouvement BDS au Royaume-Uni a reçu un large soutien précisément en raison de l’incapacité des gouvernement britanniques successifs à passer à l’action en réponse aux crimes de guerre d’Israël.

« Loin de contrecarrer le soutien public grandissant à la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et l’égalité, ces mesures ne font que mettre en évidence le soutien de plus en plus profond du Royaume-Uni à l’oppression par Israël des Palestiniens, et elles soulignent aussi qu’il est indispensable de mener une campagne pour la solidarité. »

La multinationale à base française Veolia a mis fin à son rôle dans les colonies illégales israéliennes, après que des autorités locales au Royaume-Uni et au-delà l’ont exclue de leurs contrats pour un montant de plus de 10 milliards de livres.

Les conseils locaux de Tower Hamlets, Leicester, Swansea et Bristol sont parmi ceux qui ont adopté des résolutions en soutien au BDS, ou condamnant les entreprises impliquées dans les colonies illégales israéliennes.

Les limites, potentiellement d’une portée considérable, aux pouvoirs des conseils locaux concernant les investissements et les acquisitions ont été critiquées par Amnesty International, des conseillers élus, des experts en administration locale et le Parti travailliste.

Une coalition des groupes de la campagne – dont des militants pour le climat qui travaillent avec les autorités locales qui se sont désinvesties des entreprises utilisant des combustibles fossiles – mène campagne contre les initiatives qui restreignent la capacité des autorités locales à prendre des décisions pour des investissements éthiques.

Les militants ont jeté le doute sur l’idée que les nouvelles règles pourraient impacter les syndicats d’étudiants, lesquels sont enregistrés comme organismes caritatifs et ne sont pas limités par les mêmes cadres juridiques que les conseils locaux et les universités.

En plus des ministres qui entravent l’action des organismes publics dans leur soutien à la Palestine, le Cadre pour la Prévention (Prevent Framework) du gouvernement semble avoir identifié les discussions légitimes sur la Palestine comme un repère pour un « extrémisme » potentiel, et un écolier a été interrogé par la police anti-terroriste parce qu’il portait un badge « Free Palestine » à l’école.

Ziadah ajoute :

« Cette agression contre une liberté d’expression fondamentale et la démocratie locale intervient dans le contexte de coupes drastiques et idéologiques dans les dépenses publiques, des attaques gouvernementales contre la communauté musulmane, les syndicats et le droit de manifester.

« Nous soutenons tous les groupes et toutes les communautés qui sont touchés par l’agenda néolibéral du gouvernement conservateur et par toutes les attaques contre la démocratie et les droits fondamentaux. »

 

Note aux éditeurs

1- Les tactiques de boycott et désinvestissements ont été approuvées par le Congrès des syndicats et plus d’une dizaine de syndicats à titre individuel, le Parti des Verts, le Syndicat national des étudiants et des dizaines de syndicats étudiants.

2- Kate Tempest, Jarvis Cocker et Roger Waters de Pink Floyd sont parmi les mille artistes qui se sont récemment engagés à ne pas se produire en Israël.

3- La multinationale à base française Orange, et la plus grande entreprise d’Irlande CRH, sont parmi les autres grandes entreprises à sortir du marché israélien après d’intenses campagnes menées contre leurs relations avec l’occupation par Israël de la terre palestinienne.

4- En dépit des contrôles officiels de Whitehall sur les exportations d’armes, des armes et des technologies militaires de fabrication britannique continuent d’être vendues et utilisées par les forces d’occupation israéliennes. La valeur des licences autorisées pour les exportations vers Israël se montait à plus de 40 millions de livres, pour 2014 seulement. Les exportations britanniques des armes vers Israël comprennent des moteurs pour drones. Israël utilise ces drones pour attaquer les civils palestiniens. La plus importante entreprise d’armement d’Israël, Elbit Systems, est le chef de file d’un consortium de 700 millions de dollars qui fournira une formation à la Royal Air Force.

 

http://bdsmovement.net/2016/palestinians-israel-boycott-ban-similar-to-thatchers-support-for-apartheid-13713

Traduction : JPP pour BDS FRANCE




BDS remporte une nouvelle victoire : Veolia vend ses activités en Israël

  •  La campagne BDS a fait perdre à Veolia des milliards de dollars de contrats
  • Avec la vente de ses parts dans le tramway de Jérusalem, Veolia s’est complètement retiré du marché israélien.

Palestine occupée, 1er septembre 2015 – Le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) et ses partenaires internationaux célèbrent le retrait de la grande compagnie française Veolia du tramway de Jérusalem (JLR), un réseau ferroviaire illégal qui a été construit pour faciliter le développement et l’expansion des colonies israéliennes sur le territoire palestinien occupé.

La vente de ses parts dans le projet JLR met un terme à tous les engagements de Veolia sur le marché israélien, notamment tous les projets qui violent le droit international et les droits de l’homme du peuple palestinien.

Cette vente est la conséquence d’une longue campagne de boycott pendant 7 ans contre Veolia en raison de sa complicité dans l’occupation israélienne, qui lui a fait perdre des appels d’offre dans le monde entier d’une valeur estimée à plus de 20 milliards d’euros.

Veolia a vendu presque toutes ses activités commerciales en Israël en avril 2015 mais avait gardé jusqu’à maintenant 5% de parts dans le projet JLR. Jeudi soir, le groupe de recherche Who Profits a fait savoir que Veolia a liquidé ses 5% de parts dans le projet JLR.

Sous la pression de BDS, Veolia a raté de gros contrats avec des autorités locales en Europe, aux Etats-Unis et au Koweït. Des conseils municipaux dans toute l’Europe ont adopté des résolutions excluant la société des appels d’offre à cause de son implication dans les violations des droits de l’homme commises par Israël.

Suite au massacre d’Israël à Gaza à l’été 2014, par exemple, le conseil municipal de Koweït a exclu Veolia d’un appel d’offres d’une valeur de 750 millions de dollars pour le traitement des déchets solides.

Les dirigeants de Veolia ont reconnu que la campagne a fait perdre à la société « d’importants contrats », et des analystes financiers ont parlé à plusieurs reprises du coût financier de la campagne pour Veolia.

Fin 2013 la notation financière de Véolia a été dégradée en raison de sa dette colossale signalée à plus de 20 milliards de dollars – pratiquement la valeur totale des appels d’offre perdus par Veolia jusque-là.

Le coordinateur général du Comité national BDS palestinien (BNC), Mahmoud Nawajaa, a déclaré que le retrait complet de Veolia des projets israéliens illégaux était une victoire pour les militants des droits de l’homme qui ont fait pression sur la société :

« La campagne stratégique et ciblée du mouvement BDS a contraint l’une des plus grandes entreprises européennes à renoncer au marché israélien. »

« Le retrait d’Israël de Veolia sert d’exemple à toutes les entreprises qui sont complices dans les violations des droits de l’homme commises par Israël. C’est une victoire pour le mouvement BDS et tous nos partenaires d’autres mouvements pour les droits de l’homme qui ont aidé à faire pression sur l’entreprise. »

Nawajaa a ajouté : « Nous demandons une action en justice, par des associations spécialisées, contre Veolia pour l’obliger à payer des réparations aux communautés palestiniennes qui ont été lésées par ses violations du droit international. »

Le JLR est considéré comme l’une des plus dangereuses opérations coloniales israéliennes pour normaliser et renforcer le contrôle d’Israël sur la partie occupée de Jérusalem-Est et intégrer encore plus les colonies de la ville à l’état d’Israël. Le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies a considéré que ce projet était un service pour les colonies illégales d’Israël dans les Territoires palestiniens occupés. L’implication de Veolia dans ce projet, comme dans d’autres opérations illégales israéliennes, a rendu l’entreprise complice des violations du droit international commises par Israël.

La campagne BDS contre Veolia a été lancée à Bilbao, au Pays basque, en novembre 2008, pour pousser l’entreprise à mettre un terme à son implication dans les violations des droits de l’homme des Palestiniens par Israël.

En 2007, le groupe de solidarité français AFPS et l’Organisation de Libération de la Palestine ont poursuivi l’entreprise en justice en France pour la contraindre à mettre un terme à sa complicité dans les violations du droit international commises par Israël.

En plus de sa participation au JLR, Veolia a aussi été visé pour sa participation au traitement des déchets, aux services d’eau et au réseau de bus pour des colonies israéliennes illégales. Veolia a cédé le contrôle de ces chantiers à d’autres entreprises quand la pression de la campagne a augmenté.

Riya Hassan, le coordinateur européen du BNC, a dit : « Veolia reste une cible pour les syndicalistes, les écologistes et les militants qui luttent contre la privatisation, en raison de ses mesures antisociales et de sa participation à la privatisation de l’eau publique. Tous ceux qui sont encore lésés par la politique de Veolia et luttent encore pour que sa responsabilité soit reconnue et pour obtenir des réparations peuvent toujours compter sur notre solidarité. Le mouvement BDS prend à cœur la solidarité entre les différentes causes. »

BNC

 

Source : http://www.bdsmovement.net/2015/bds-marks-another-victory-as-veolia-sells-off-all-israeli-operations-13270




Victoire BDS : VEOLIA se retire définitivement d’Israël

Août 2015

Station de tramway à Jerusalem Est

Plus de dix ans après avoir remporté l’adjudication pour la construction et le fonctionnement du Tramway de Jérusalem (JLR), Transdev, filiale de Veolia Environnement, a vendu tous ses avoirs dans le JLR à un groupe d’investisseurs israéliens.

La ratification de cette affaire par les autorités israéliennes et l’achèvement du transfert de propriété plus tôt ce mois-ci mettent un point final aux activités de Veolia dans le marché israélien en général et à son implication dans le projet controversé du JLR en particulier.

Ratification des autorités israéliennes et transfert de propriété

Jusqu’en août 2015, Transdev, filiale de Veolia Environnement, détenait une part minoritaire (5%) dans CityPass, consortium soumissionné par le gouvernement israélien pour construire le JLR, ainsi que l’entière propriété (100%) de l’opérateur du tram – Connex Jerusalem. Le JLR a été conçu pour relier Jérusalem Ouest avec les colonies illégales qui cernent la ville. Opérationnel depuis décembre 2011, le JLR passe la Ligne Verte et traverse les quartiers palestiniens de Shuafat et Beit Hanina.

Le 2 septembre 2014, Transdev (précédemment : Veolia Transdev) a signé un contrat avec le consortium CityPass pour la vente de Connex Jerusalem et les 5 % restants des parts de Transdev dans CityPass. L’acheteur, le consortium CityPass, est composé de trois actionnaires : le Groupe Ashtrom, IIF -Caisse de financement des infrastructures israéliennes- et les Assurances Harel.

De récentes découvertes faites par le Centre de Recherche Qui Profite montrent que, après des négociations qui ont duré presque un an entre les sociétés, les autorités israéliennes et les banques de financement, le marché de septembre était résolu et la vente de Connex Jerusalem ainsi que des 5 % d’actions de CityPass avait abouti.

Le 6 août 2015, le Groupe Ashtrom -l’un des acheteurs et actionnaire de CityPass- disait à la Bourse israélienne que toutes les conditions préalables à l’accord avec Transdev pour la vente de JLR étaient remplies et que l’accord était conclu. Le rapport d’Ashtrom déclarait aussi qu’à la même date, 1 % des parts de CityPass était passé dans les mains d’Ashtrom. Pour plus ample information sur ce marché et les autorisations nécessaires, voyez la mise à jour de février 2014 de Qui Profite.

Plus tard dans le mois, le 18 août 2015, et d’après le Registre des Sociétés israéliennes, 100 % des actions de Connex Jerusalem ont été transférées de Transdev à une holding israélienne possédée conjointement par le Groupe Ashtrom, IIF et Harel Insurance. Cependant, selon le Registre, les 5 % d’actions de Transdev dans CityPass n’ont pas bougé.

Le journal financier israélien – le Marker – a lui aussi confirmé la conclusion du marché en août 2015. Dans un article (disponible en hébreu), publié le 20 août 2015, il disait que Transdev avait reçu 100 millions de shekels pour Connex Jerusalem. Contrairement au rapport d’Ashtrom à la Bourse d’Israël et au statut inchangé de propriété de CityPass dans le Registre des Sociétés israéliennes, le Marker disait que les 5 % de parts de Transdev dans CityPass avaient été entièrement vendues à IIF. Qui Profite continuera à surveiller les publications concernant la vente afin de déterminer quelle société est devenue la propriétaire actuelle des 5 % précédents d’actions de Transdev dans CityPass.

Finalement, les découvertes et l’analyse de Qui Profite suggèrent fortement que la vente a bien été réalisée et que le transfert officiel de propriété des actions de CityPass apparaîtra au grand jour.

L’étape finale d’un retrait progressif

La vente du tramway de Jérusalem est l’étape finale du retrait progressif de Veolia du marché israélien et de plusieurs opérations illégales dans les territoires palestiniens occupés. A travers ses diverses filiales israéliennes, la société s’est engagée dans de multiples secteurs de l’économie locale, dont les transports, l’eau, la gestion des déchets et l’énergie. Comme le secteur privé israélien, tout comme le gouvernement israélien, considère que les colonies font légitimement partie d’Israël, les succursales israéliennes de Veolia travaillaient librement au-delà de la Ligne Verte. Leurs activités comprenaient la fourniture de services de bus publics pour les colonies israéliennes de Cisjordanie, la gestion d’une décharge dans la Vallée du Jourdain occupée, une station de traitement des eaux usées du tout-à-l’égout des colonies, et enfin la construction et l’exploitation du très controversé JLR.

Ces quelques dernières années, Veolia Environnement a vendu ses filiales israéliennes en morceaux. En septembre 2013, la société a vendu sa liliale locale de services de bus à la société Afikim et, en avril 2015, ses activités en Israël dans l’eau, les déchets et l’énergie ont elles aussi été vendues à une entreprise d’investissement basée aux Etats Unis, Oaktree Capital Management. Au même moment, Veolia a essayé de prendre ses distances avec le JLR en diminuant ses parts dans Veolia Transports – division des services de transport de la multinationale. En 2011, Veolia Transports a fusionné avec Transdev UK, laissant Veolia avec 50 % de parts dans la nouvelle compagnie. Pour brouiller un peu plus l’implication de Veolia dans le JLR, la nouvelle filiale, Veolia Transdev, a changé son nom en Transdev.

Simultanément, Veolia a négocié avec le Ministère israélien des Transports la façon de sortir de Jérusalem. En 2010, le Ministère a efficacement contré la tentative de Veolia de vendre ses avoirs dans le tramway à la société locale Egged. Il l’a fait en exigeant préalablement de l’opérateur remplaçant une expérience internationale. Etant donné la controverse qui cernait le tramway, il est apparu que les sociétés internationales hésitaient à assumer le rôle de Veolia, et en plus avec un secteur inexpérimenté de transport local, Veolia fut incapable pendant des années de vendre Connex Jerusalem et sa part minoritaire dans CityPass. Il semble que les négociations aient maintenant abouti avec le retrait de l’objection du gouvernement israélien à un acheteur inexpérimenté et l’acceptation du consortium CityPass en tant qu’exploitant ferroviaire compétent.

Les suites

En août 2015, Veolia n’est plus active dans le marché israélien et dans les territoires palestiniens occupés. Et pourtant, la société a laissé derrière elle des faits irréversibles sur le terrain. La construction du tramway a impliqué l’expropriation de terres occupées mais pas au profit de la population occupée, et est donc en contradiction avec la législation internationale et la Quatrième Convention de Genève. Le tramway de Jérusalem continue à desservir les quartiers coloniaux juifs de Jérusalem Est et traverse quotidiennement les quartiers palestiniens de Beit Hanina et de Shuafat, et jouera ainsi un rôle conséquent dans le renforcement de la souveraineté israélienne sur Jérusalem Est occupée pour les années à venir.

Ce n’est qu’après la détermination définitive du propriétaire des 5 % de parts de Transdev dans Citypass que le Centre de Recherche Qui Profite retirera les profils de Veolia Environnement, Transdev et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) de sa base de données.

Traudction : J. Ch. pour BDS France

Source : Who Profits

http://whoprofits.org/content/veolia-sells-its-shares-jerusalem-light-rail-and-completes-withdrawal-israeli-market




Veolia vend ses parts dans des entreprises israéliennes visées par la campagne de boycott

Veolia vend ses parts dans des entreprises israéliennes visées par la campagne de boycott

La campagne du boycott de Veolia a été lancée à Bilbao, au Pays Basque, en novembre 2008, pour forcer la compagnie à mettre fin à son implication dans des projets israéliens illégaux qui servent les colonies installées sur le territoire palestinien occupé.

Sous la pression de BDS, Veolia a perdu d’énormes contrats avec les autorités locales à travers l’Europe, aux Etats-Unis et au Koweït. Des conseils municipaux en Europe ont adopté des résolutions excluant la firme à d’appels d’offres à cause de son implication dans les violations israéliennes des droits de l’homme.

Les dirigeants de Veolia ont reconnu que la campagne avait coûté à la compagnie « d’importants contrats » et des analystes financiers ont parlé, à plusieurs reprises, du coût financier de la campagne pour Veolia.

Veolia a rapporté que la vente de ses contrats d’eau, de traitement des déchets et d’énergie à Oaktree Capital, une société d’investissement basée à Los Angeles, a été conclue, sa participation dans le Tramway illégal de Jérusalem restant son seul intérêt commercial en Israël.

Mahmoud Nawajaa, coordinateur général du Comité national palestinien BDS (BNC), une large coalition de la société civile palestinienne qui dirige le mouvement BDS mondial, a dit :

« Le militantisme BDS de base à travers le monde a rendu très difficile pour Veolia de gagner des marchés publics dans certaines régions d’Europe, des Etats-Unis et du Moyen Orient, ne laissant à la société aucun autre choix que de réduire fortement sa participation dans les projets israéliens illégaux. »

« Le mouvement BDS montre qu’il y a un prix à payer pour la participation dans la colonisation israélienne de la terre palestinienne. Une des plus grandes entreprises d’Europe a été obligée de vendre ses activités commerciales en Israël qui enfreignent le droit international. »

Une dizaine d’instances en Irlande et au Royaume-Uni ont mis en place une politique officielle interdisant à Veolia de participer à des marchés publics. Les conseils d’au moins 25 villes dont Londres, Stockholm et Boston ont choisi de ne pas accorder ou de ne pas renouveler des contrats avec Veolia suite aux campagnes publiques soutenues par des responsables locaux, des églises, des syndicats et des partis politiques influents.

De nombreux investisseurs, dont la banque néerlandaise ASN et la Quaker Friends Fiduciary Corporation, ont désinvesti de Veolia à cause de son rôle dans les colonies israéliennes, tandis que d’autres grandes banques et le fond de pension suédois AP ont publié des communiqués condamnant le rôle de Veolia dans les colonies. Plusieurs fournisseurs d’information « d’investissement socialement responsable » ont dit à des militants qu’ils avaient inscrit la firme sur la liste des entreprises posant de graves problèmes en matière de droits de l’homme.

Veolia maintient son implication dans le Tramway illégal de Jérusalem qui relie des colonies israéliennes à Jérusalem Ouest par l’intermédiaire de ses participations dans Veolia Transdev, mais a annoncé son intention de vendre sa participation dans le tramway.

En 2014, Veolia a déclaré dans des courriers aux organisateurs BDS avoir également « mis fin à son investissement dans la décharge Tovlan (…) il y a plus de trois ans. » Tovlan traite les déchets en provenance d’Israël et de ses colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés. Cette affirmation s’est avérée fausse, cependant, grâce à des dossiers officiels obtenus auprès du ministère israélien de la Protection de l’Environnement en septembre 2013, qui montrent sans aucun doute possible que l’exploitant de la décharge illégale Tovlan à l’époque était toujours la filiale de Veolia, T.M.M. Integrated Recycling Services.

La propriété du site Tovlan et les contrats de traitement des eaux usées pour les colonies israéliennes illégales doivent maintenant être transférés à Oaktree. « En achetant ces entreprises, Oaktree est devenu un complice actif des violations israéliennes continues du droit international, » a ajouté Nawajaa.

Principalement en raison de la pression du boycott sur l’entreprise aux Etats-Unis et en Europe, et en particulier l’accent de la campagne sur ses « activités dans les autobus de l’apartheid » qui servaient les colonies israéliennes illégales, Veolia avait vendu la totalité de ses activités d’autobus en Israël en 2013.

Nawajaa a expliqué que la campagne contre Veolia continuera parce que l’entreprise reste actionnaire du projet de tramway illégal de Jérusalem.

« Le seul objectif du tramway de Jérusalem est de rehausser l’attrait et de faciliter l’expansion des colonies israéliennes illégales par le vol de la terre palestinienne. Nous continuerons de boycotter l’entreprise Veolia jusqu’à ce qu’elle mette fin à sa participation dans le projet de tramway et verse des réparations aux communautés palestiniennes lésées par son soutien à la colonisation d’Israël des terres palestiniennes. Les sociétés internationales ne peuvent pas simplement profiter des crimes de guerre d’Israël et ensuite partir quand les choses se corsent, sans être tenues pour responsables, » a ajouté Nawajaa.

« Nous remercions chaleureusement le nombre impressionnant de militants moraux et les organisations de la société civile à travers le monde dont les efforts dévoués et stratégiques ont fait de la campagne contre Veolia un tel succès, » a conclu Nawajaa.

Source : BDS Movement

Traduction : MR pour ISM et BDS France




Le tramway de Jérusalem est un symbole de l’oppression israélienne

Adri Nieuwhof – The Electronic Intifada – 30 octobre 2014

En juillet, Muhammad Abu Khudair, 16 ans, était enlevé, et assassiné par un groupe d’Israéliens qui l’ont forcé à avaler de l’essence et l’ont brûlé vif.

Muhammad vivait à Shuafat, près d’une station du tramway de Jérusalem. Les manifestants palestiniens ont réagi aussitôt à la mort tragique de Muhammad en attaquant le tramway, celui-ci étant haï en tant que symbole de l’occupation israélienne de Jérusalem, ayant été conçu pour relier des colonies illégales de Cisjordanie à Jérusalem-Ouest.

Il est douloureux pour les habitants de voir les colons traverser leur quartier dans le tramway, en route vers les colonies installées sur une terre qui leur a été volée. Dans le même temps, les Palestiniens ne peuvent se déplacer librement, même dans Shuafat.

La ligne de tramway a été construite en plein milieu de la rue principale du quartier, ne laissant qu’une seule voie de circulation aux Palestiniens. Les huit feux qui se succèdent tout au long de la ligne dans Shuafat – un tous les 300 mètres – ralentissent davantage encore le trafic. Ces feux sont un fardeau : ils ne passent au vert que pour une dizaine de secondes.

Il n’est pas surprenant que ces feux furent la deuxième cible détruite par les manifestants, l’utilisateur Twitter de @BDS4Justice m’a dit dans un message qu’il m’a adressé : « Et quel soulagement. Jusqu’à maintenant, les Israéliens ne sont pas encore venus réparer les feux, et nous circulons impeccablement. » @BDS4Justice, connu aussi comme sous le nom de « Zalameh », est un habitant du quartier de Shuafat de Jérusalem.

Après la destruction de la station et deux semaines d’interruption de ses services, les employés de la multinationale à base française Alstom sont venus réparer la voie ferrée. Elle n’a pas été totalement réparée, mais suffisamment pour faire passer le tramway à travers le quartier au profit des colons israéliens. Les stations détruites à Shuafat n’ont pas été réparées et sont toujours fermées.

Les billets ne peuvent plus être achetés à la station, et de ce fait, le tramway se trouve maintenant pratiquement vide d’Arabes, dit Zalameh : « Personne ne monte ici et il n’y a qu’une ou deux personnes à y descendre, venant de l’Ouest, mais c’est vraiment minime. »

Répression

En 2011, le tramway est arrivé à Shuafat avec des gardes armés et des caméras de surveillance, renforçant le contrôle israélien sur les habitants palestiniens. Aujourd’hui, les gardes armés privés qui avaient été postés ici précédemment ont été remplacés par les forces israéliennes.

Le harcèlement israélien à Shuafat est « devenu véritablement insoutenable et pour une grande part, c’est dû au tramway, » dit Zalameh. Les forces armées israéliennes sont partout dans Shuafat – cinq soldats tous les 200 mètres. Les feux des gyrophares de leurs voitures ajoutent au sentiment de répression et « d’être surveillés ».

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Un panneau à la station du tramway de Shuafat indique : « Merci de noter que, provisoirement, les billets pour le tramway ne sont pas en vente à cette station ».

Le nombre en constante augmentation des arrestations à Jérusalem-Est reflète cette atmosphère de répression dure. Depuis juillet, près de 900 Palestiniens ont été arrêtés à Jérusalem, selon le ministre de la Sécurité intérieure d’Israël, Yitzhak Aharonovich, s’exprimant à une réunion d’une commission de la Knesset (Parlement d’Israël).

Le ministre déclara également qu’il était dans son intention de condamner à des amendes les parents des jeunes Palestiniens qui étaient accusés de jets de pierres : « Frapper les parents financièrement refrénera les enfants ».

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est en train d’accélérer la législation qui durcira les peines pour les Palestiniens qui jettent des pierres – c’est-à-dire qu’ils vont risquer des peines de prison pouvant aller jusqu’à 20 ans.

Sous surveillance

Le maire israélien de Jérusalem, Nir Barkat, est venu à Shuafat la semaine dernière avec son chef de la police. Avec une force de police énorme à leur remorque, ils ont donné une conférence de presse tout près du tramway. En altitude, un ballon équipé d’une caméra surveillait l’évènement. Ces nouveaux « ballons d’observation » transmettent des images haute résolution à la police et sont utilisés au-dessus de Shuafat et Beit Hanina, et d’autres quartiers palestiniens occupés à Jérusalem.

En août et sur une partie de septembre, la surveillance a été assurée par des drones qui survolaient Shuafat. « Nous avons eu des hélicoptères à survoler à haute et basse altitude tout Jérusalem, pendant des heures et des heures. » dit Zalameh.

Les deux multinationales françaises, Veolia et Alstom, jouent un rôle clé dans le tramway. L’Organisation de libération de la Palestine s’est opposée à la construction du tramway, car il porte tort à la population palestinienne et à son droit à l’autodétermination, et elle a saisi les tribunaux en France contre Veolia et Alstom. Le Comité national palestinien de BDS, une coalition de plus de 170 organisations de la société civile palestinienne, a lui aussi pris une position publique contre le projet.

En dépit de cette position palestinienne claire contre le projet, Veolia a tenté de réhabiliter le tramway avec des sondages d’opinion. La société a prétendu que les enquêtes montraient un haut niveau de soutien au projet dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est occupée. Cependant, la véracité des résultats n’a pu être contrôlée étant donné que Veolia n’a jamais fourni les informations concernant la méthodologie des enquêtes, des questions qui ont été posées, ou des caractéristiques de ceux qui y avaient participé.

N’empêche que le tramway de Jérusalem est devenu un symbole de l’occupation par Israël et de sa prise de contrôle de Jérusalem. C’est parfaitement clair avec la déclaration du maire Barkat, à la réunion du conseil municipal de septembre où il a dit que si les opérateurs du tramway arrêtaient le train de leur propre initiative, cela porterait atteinte à « notre souveraineté sur la cité ».

Donc, le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions va continuer à cibler Veolia et Alstom.

The Electronic Intifada : http://electronicintifada.net/blogs/adri-nieuwhof/jerusalem-light-rail-symbol-israeli-oppression

Traduction : JPP pour BDS France

Photo : Des ouvriers réparent la station du tramway à Shuafat, Jérusalem. Les Palestiniens l’ont détruite durant les manifestations contre l’assassinat de l’adolescent Muhammad Abu Khudair en juillet.
(Saeed Qaq/APa Images)



Victoire BDS au Koweït contre Veolia !

Palestine occupée, 25 septembre 2014.

Le Comité National de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BNC) se réjouit de la décision de la municipalité de Kowaït City d’exclure la compagnie française Veolia d’un gros contrat de gestion de déchets solides, valant 750 M$, en citant l’appel du BNC à ce propos. Basant sa décision sur la complicité de Veolia avec les projets israéliens qui violent le droit international, la municipalité a décidé aussi d’exclure Veolia de « tous les contrats futurs ».

D’après des sources fiables au Kowaït, après cette défaite humiliante, Veolia a été forcé de se retirer d’une offre pour un projet d’expansion de la station de traitement d’eaux usées « Um al-Haiman » après s’y être qualifié. Le projet est évalué à près d’1,5 milliard de dollars.

Avant même ce total de pertes de contrats de 2,25 milliards de dollars, Veolia avait déjà perdu ou s’était retiré d’offres pour environ 24 milliards de dollars, surtout au Royaume Uni, en Suède, Irlande et aux USA.

Veolia a été forcé d’admettre que la campagne contre lui a un impact majeur et a annoncé récemment qu’il souhaite vendre ses affaires israéliennes dans l’eau, les déchets et l’énergie, ayant déjà vendu ses participations dans les compagnies qui opèrent des lignes de bus dans les colonies israéliennes illégales. La campagne contre Veolia continuera jusqu’à ce qu’il cesse tous les aspects de sa participation contre les violations israéliennes du droit international, y compris par son retrait du tramway de Jérusalem et de la décharge de Tovlan, deux projets d’infrastructure pour les colonies israéliennes illégales.

Il y a quelques mois, le BNC a appelé le gouvernement et le parlement koweitiens à exclure Veolia à cause de son implication dans des projets israéliens qui violent ouvertement le droit international et les droits humains palestiniens, y compris le “tramway léger de Jérusalem” qui relie à la ville les colonies illégales dans et autour de Jérusalem occupé.

Le Dr. Hanan Ashrawi, membre du Comité exécutif de l’OLP, a aussi appelé de gouvernement du Kowaït « à boycotter et à exclure Veolia » pour « complicité avec l’occupation israélienne dans la violation du droit humanitaire international, en particulier dans Jérusalem occupé ».

Zaïd Shuabi, le Coordinateur aux Affaires arabes du BNC a déclaré qu’ « Après le dernier massacre d’Israël à Gaza, il incombe à nous tous d’intensifier nos campagnes BDS pour le rendre responsable en l’isolant encore plus dans tous les domaines ».

Shuabi a ajouté, « Les sociétés internationales complices comme Veolia, G4S et HP qui permettent le régime israélien d’occupation, de colonialisme de peuplement et d’apartheid qui profitent de l’occupation israélienne et des violations des droits humains doivent en payer le prix. Elles doivent être exclues des contrats publics et privés dans le monde arabe et dans tous les pays qui soutiennent le droit international et la recherche de la liberté, de la justice et de l’égalité ».

Cette dernière victoire BDS contre Veolia au Kowaït est vu par les observateurs comme « le sommet de l’iceberg » dans le monde arabe.

 

Traduction : JPB-CCIPPP pour BDS France

Source: http://www.bdsmovement.net/2014/kuwait-exclude-veolia-750m-12712




Après des années de pressions, Veolia quitterait-il Israël ?

Selon des rapports sortis à la mi-juillet, Veolia a accepté de vendre ses activités en Israël à « des fonds gérés par Oaktree Capital Management LP », diminuant ainsi le déficit de l’entreprise de 341 millions de dollars. La vente comprend les 50% détenus par Veolia dans l’usine de désalinisation d’Ashkelon.

Veolia a présenté ce désinvestissement comme faisant partie de sa stratégie de concentration de ses efforts sur « des opportunités à intensité de capital moins élevée ». Plus important encore, un porte parole de l’entreprise a dit à « Global Water Intelligence » (un mensuel professionnel sur le commerce de l’eau – nl-dlt), que les avoirs israéliens du groupe sont vendus comme une activité pleinement opérante et non comme une série d’actifs et que Veolia se retirerait du marché israélien.

Sandrine Guendoul, porte-parole de l’entreprise à Paris, m’a confirmé que « le désinvestissement serait accompli d’ici la fin de l’année », étant donné que l’accord des autorités israéliennes de la concurrence est requis.

Veolia reste néanmoins complice du tramway de Jérusalem (JLR) du consortium City Pass, qui relie Jérusalem Ouest         aux colonies illégales de Jérusalem Est occupée et à la Cisjordanie (ce tram a été la cible de protestations de Palestiniens en colère, cette année).

La participation financière et opérationnelle de Veolia dans City Pass a été préalablement transmise à Transdev, une joint venture à 50-50 entre Veolia et la Caisse des Dépôts et Consignations. Guendoul m’a dit que Veolia « a commencé à se désengager complètement des transports en vendant ses participations à Transdev », dans le cadre d’un « projet de désinvestissement d’ensemble initié en 2011 ».

L’engagement de Veolia dans le tramway de Jérusalem a fait l’objet de protestations majeures contre l’entreprise. Les campagnes ont mis en avant les milliards de dollars de contrats perdus. Déjà en 2010, un représentant officiel de Veolia ayant gardé l’anonymat déclarait que le tramway avait valu à l’entreprise des « menaces de boycott » et « nous avait fait perdre des contrats importants ».

En 2012, Arnon Fishbein, le PDG de Veolia Israël, a admis que « beaucoup de gens dans le groupe » croyaient que « l’entreprise avait perdu de nombreux contrats à cause de ce projet (de tram) ». Fin 2013, Veolia s’était déjà débarrassé de toutes ses lignes de bus des colonies, confirmant ainsi le rôle des pressions sur le système décisionnel de l’entreprise. Les militants de la solidarité avec la Palestine se demandent donc si les développements de cet été marquent le « début de la fin » et l’ultime succès de la mobilisation internationale pour « Jeter Veolia » dont les campagnes, partant de campus, ont été centrées sur les autorités locales et ont comporté des initiatives de désinvestissement.

« Grâce aux campagnes ciblées, menées sans relâche par des syndicats, des églises, des ONGs et des militants de la solidarité de par le monde, qui ont coûté des millions de dollars à Veolia, l’entreprise commence réellement à réaliser que la campagne BDS menée contre elle rend l’activité en Israël plus dommageable que profitable » a déclaré Mahmoud Nawajaa, le coordinateur du Comité national palestinien de BDS.

Nawajaa a insisté sur le fait que tant que la vente n’est pas confirmée et que Veolia reste impliqué dans le tramway, « la campagne contre Veolia doit continuer jusqu’à ce que cessent toutes ses implications dans des projets israéliens dans les territoires palestiniens occupés ».

Pour plus d’information : http://www.middleeastmonitor.com/blogs/politics/13856-after-years-of-pressure-is-veolia-quitting-israel

Traduction SF pour BDS France




Action BDS ce mardi 8 avril à Paris contre Mekorot et Véolia

 

Vidéos :

Interventions de militant-es pendant le séminaire :

{youtube}VBXryzqGx6E{/youtube}

Intervention à l’extérieur également :

{youtube}ENm4RdEFEqI{/youtube}

Campagne BDS France: Une intervention limpide en eaux troubles.

Photos : https://picasaweb.google.com/103443993096431512362/8Avril2014MekorotVeoliaBOYCOTT

 

Cette action a eu lieu dans le cadre de la campagne internationale « Stop Mekorot*» initiée par le BNC palestinien**. Dans le cadre de cette campagne, plusieurs actions ont eu lieu dans plusieurs pays.

Deux sociétés étaient particulièrement malvenues pendant cet événement : Mekorot et Véolia, qui participent et profitent de l’apartheid israélien et sont coupables de graves violations du droit international en Palestine occupée.

Alors qu’un groupe de militant-es intervenaient avec banderolles, slogans, pancartes et prises de paroles, un autre groupe a réussi à interpeller les organisateurs et les participants de ce séminaire en intervenant devant plus d’une centaine de personnes pour dénoncer d’une part ces deux entreprises et les collaborations complices dont elles bénéficient.

Campagne BDS France – Paris

*: http://stopmekorot.org/

** : http://www.bdsmovement.net/2014/world-water-day-launch-week-mekorot-11904


ENGLISH :

 

A crystal clear intervention in troubled waters

Today Tuesday 8 April 2014, a group of twenty activists composed of members of the BDS French Campaign and Les Désobéissants (the Disobedient Ones) carried out actions inside and outside the Hotel Mariott in Paris, where a « World Water Summit » was being held.

These actions took place in the framework of the international « Stop Mekorot »* campaign initiated by the Palestinian BNC*.  Other actions in the same framework have been carried out in several other countries.

The presence of two specific companies was particularly inappropriate at this event:  Mekorot and Veolia, which participate in and profit from Israeli apartheid and which are guilty of serious violations of international law in occupied Palestine.

While one group of activists brandished placards, banners and slogans, a second group intervened during the meeting of over 100 people by challenging the organisers and participants, denouncing the two companies and their complicit collaboration.

Campagne BDS France – Paris

*: http://stopmekorot.org/

** : http://www.bdsmovement.net/2014/world-water-day-launch-week-mekorot-11904




Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Gennevilliers

Et aux candidats aux élections municipales 2014, concernant les activités en Palestine de la société Veolia, par l’ATMF et le Comité France Palestine de Genevilliers.

Depuis une dizaine d’années, cette entreprise collabore activement au développement de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés.

Tout récemment encore, l’activité de Véolia a été dénoncée par le rapporteur spécial de l’ONU aux droits de l’homme en Palestine, Richard Falk ainsi que par l’ancien commissaire européen aux relations extérieures, Hans van den Broek.

Véolia est notamment impliquée dans :

  • le tramway de Jérusalem reliant la partie israélienne de la ville aux colonies situées à l’Est.
  • les lignes d’autobus reliant des colonies par des routes de contournement réservées aux Israéliens et interdites aux Palestiniens.
  • la décharge de Tovlan avec toutes les nuisances pour les Palestiniens sans aucun service.
  • le Traitement des eaux usées de la colonie de Modi’in Illit.

La colonisation d’un territoire occupé contrevient au même titre que les punitions collectives ou les déplacements de population, à la 4ème Convention de Genève. Elle rend caduque la solution de paix fondée sur la coexistence de deux Etats si l’on considère que le nombre de colons en Cisjordanie dépasse aujourd’hui 500 000 et qu’ils se sont déjà appropriés plus de 40%de terres palestiniennes.

En mettant son savoir-faire au service de la colonisation israélienne en Palestine, Veolia se fait le complice de violations du Droit International. Elle doit donc être sanctionnée, sur les plans juridiques et économiques, comme le demandent expressément, aussi bien Richard Falk que Hans van den Boeck.

Ne pas sanctionner serait éloigné un peu plus les espoirs de paix en Palestine.

Nous vous rappelons qu’à maintes reprises la ville de Gennevilliers a su prendre des positions en faveur du respect du Droit international et des droits du peuple palestinien.

Nous agissons pour que la ville de Gennevilliers continue dans cette voie.

Le renouvellement du contrat avec Veolia devant être soumis à un appel d’offres en 2015, nous appelons les élus de Gennevilliers et les candidats aux élections municipales à ne pas renouveler le contrat avec Veolia au nom du respect des Droits de l’Homme en Palestine

alt ATMF, 26 rue Dupressoir

Comité France Palestine, 6 place Jules Guesde. alt




Résumé des succès du BDS en 2013

 Par le BNC, comité national palestinien du BDS

10 janvier 2014

http://www.bdsmovement.net/2014/2013-round-up-11579

Janvier

Veolia se retire des enchères pour un contrat sur l’eau en Californie après les protestations contre ses violations des droits des Palestiniens

Le retrait de Veolia des enchères sur le contrat de 325 millions de dollars a fait suite aux efforts des citoyens du comté Yolo d’empêcher l’attribution du contrat à cause de l’implication de la compagnie dans l’infrastructure illégale des colonies israéliennes.

Cinq grands syndicats de Galice en Espagne adoptent le BDS

Cinq syndicats importants de la région de Galice dans l’État espagnol ont annoncé leur soutien au BDS.

L’association des étudiants de Concordia soutient la campagne BDS contre l’apartheid israélien

L’assemblée générale des étudiants de l’université Concordia de Montréal a voté sa participation au mouvement BDS à une grande majorité.

Une compagnie agricole sud-africaine coupe ses liens avec l’exportateur israélien Hadiklaim

Karsten Farms a aussi entrepris de n’établir aucune relation future avec aucune entité israélienne complice de l’occupation israélienne illégale de la Palestine.

Les magasins Sud-africains de jouets Reggies stoppent leur soutien au KKL-FNJ

Le KKL-FNJ est un organisme para étatique israélien directement impliqué dans les violations des droits humains contre le peuple palestinien. Auparavant Reggies soutenait, était partenaire et contribuait financièrement au FNJ Israélien.

Hyundai cesse ses relations avec une compagnie participant à la démolition de maisons

La compagnie coréenne Hyundai avait fourni des pelleteuses à la société israélienne AEG, utilisées par les autorités israéliennes pour détruire les maisons palestiniennes.

Le guitariste Stanley Jordan annule sa performance à l’Israeli Jazz Festival

Guitariste créatif et acclamé, Jordan avait été annoncé parmi les têtes d’affiche du festival.

Le groupe de Trash Metal Kreator annule son concert en Israël

Kreator, qui ont joué en Israël en 2006, ont annulé leur concert puis choisi de ne pas le reprogrammer.

Février

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Des manifestations à Gaza et dans 40 villes européennes appellent à cesser le commerce avec les entreprises agricoles israéliennes

Les organisations agricoles palestiniennes ont lancé un appel à l’action de la société civile contre les compagnies israéliennes d’exportation agricole comme Mehadrin et Arava, en raison de leur rôle dans la colonisation de la Palestine et dans la destruction de l’agriculture palestinienne par Israël. L’appel et le document accompagnateur Farming Injustice (traduction : Cultures d’injustice) ont été lancées dans le cadre d’une journée d’action où des manifestations ont eu lieu à Gaza et dans 40 villes européennes.

Une commission d’enquête de l’ONU sur les colonies israéliennes appelle à des sanctions

Le rapport d’une commission d’enquête de l’ONU sur les colonies israéliennes illégales a appelé les Etats à accorder à Israël le traitement réservé aux Etats responsables de violations sérieuses similaires – c’est-à-dire une interdiction du commerce avec les colonies, et des boycotts et sanctions contre l’État d’Israël et ses institutions.

L’association des étudiants de l’université de Dundee vote pour la rupture des liens avec G4S

Les étudiants de l’association des étudiants de l’université de Dundee (DUSA) en Écosse ont voté à une grande majorité lors de leur assemblée générale annuelle la rupture des liens avec la société de sécurité anglo-danoise G4S pour son rôle dans le système carcéral et dans l’occupation israélienne.

Shuggie Otis annule son concert en Israël

Le chanteur compositeur légendaire Shuggie Otis a tranquillement annulé un concert en Israël

Mars

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Des manifestations en Palestine et des actions internationales BDS marquent la Journée de la terre palestinienne

Les supporters internationaux de la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et l’égalité ont marqué la Journée de la terre par des actions et initiatives pour approfondir les campagnes de boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël.

Un syndicat étudiant australien quitte un concours de SodaStream

Le syndicat des étudiants de l’université La Trobe applique le soutien au BDS en annulant un concours dans lequel une machine SodaStream était annoncée comme prix. SodaStream est une compagnie israélienne dont les machines à boisson sont fabriquées dans une colonie israélienne illégale.

Les étudiants californiens votent le soutien au BDS

Les conseils étudiants des collèges de l’Université de Californie à San Diego, Irvine, Riverside et Berkeley ont voté le soutien.

Le conseil du Clackmannanshire devient le troisième gouvernement local écossais à soutenir le boycott d’Israël

« Tout comme les sanctions individuelles contre l’apartheid en Afrique du Sud ont conduit finalement à sa chute, les sanctions individuelles et collectives contre l’État d’Israël mettront fin à l’apartheid et à la souffrance en Palestine », a exprimé la motion du gouvernement local. Les conseils de West Dunbartonshire et de Stirling soutiennent aussi le boycott.

La fédération des étudiants de York soutient la campagne BDS

Le bureau de la fédération des étudiants de York au Canada vote le soutien au BDS par 18 voix contre 2 et appelle l’université de York à retirer ses investissements des sociétés qui vendent des armes et de l’équipement militaire à Israël.

Le droit des syndicats universitaires britanniques à boycotter Israël est confirmé par un conseil des prud’hommes

Les organisations pro-israéliennes ont complètement échoué dans leurs tentatives soutenues par le gouvernement israélien de faire juger discriminatoire par le conseil des prud’hommes la position pour le boycott du Syndicat des universités et collèges.

L’église mennonite des USA désinvestit des violations israéliennes des droits humains

Le conseil des directeurs du comité central mennonite a décidé à l’unanimité que le MCC US n’investira pas consciemment dans des compagnies qui bénéficient des produits ou des services utilisés pour perpétrer des actes de violence contre les Palestiniens.

Avril

G4S-Oslo-University

Action mondiale contre G4S pendant le jour des prisonniers

G4S fournit des équipements de sécurité aux prisons israéliennes, aux check-point et aux colonies. Des actions contre G4S ont été organisées dans 11 pays pour coïncider avec le jour des prisonniers politiques palestiniens. Les protestations se sont tenues devant les bureaux de G4S ; le Scottish Trade Union Congress et des associations du Moyen-Orient ont publié des déclarations soutenant la campagne contre G4S.

Le syndicat des étudiants de l’université de Toronto Scarborough (SCSU) devient le neuvième syndicat d’étudiants canadiens à rejoindre le mouvement BDS

Les étudiants belges appellent au boycott universitaire

Une fédération représentant 100 000 étudiants belges de l’éducation supérieure a appelé à un gel de tous les partenariats universitaires avec les institutions universitaires israéliennes.

L’association d’études des Américains d’origine asiatique approuve à l’unanimité une résolution de boycott

L’assemblée générale de l’association d’études des Américains d’origine asiatique (AAAS) des USA a voté à l’unanimité pour une résolution soutenant le boycott des institutions universitaires israéliennes.

Les étudiants du Sussex appellent l’université à résilier les contrats avec Veolia

Des milliers d’étudiants de l’université du Sussex en Grande-Bretagne ont voté une résolution pressant le syndicat étudiant à soutenir une campagne pour que l’université résilie son contrat avec Veolia à en raison du rôle de la multinationale française dans la gestion de l’infrastructure des colonies israéliennes illégales.

Le syndicat des enseignants d’Irlande soutien le boycott universitaire

La motion du congrès annuel du syndicat des enseignants d’Irlande, qui qualifie Israël d’ « État d’apartheid », appelle « tous les membres à cesser toute collaboration culturelle et universitaire avec Israël, y compris l’échange de scientifiques, d’étudiants et de personnalités universitaires, ainsi que toute coopération dans les programmes de recherche ». La motion a été adoptée à l’unanimité.

Les étudiants de Sydney soutiennent le boycott universitaire

« Israël n’écoute ni les mots ni les motions et continue de violer les droits humains et d’agir en violation du droit international. Comme en Afrique du Sud, un changement n’aura lieu que par des actions pacifiques de campagnes telles que le BDS », explique la déclaration approuvée par le Conseil représentatif des étudiants de l’université de Sydney.

L’association d’études des Américains d’origine asiatique s’associe au boycott universitaire

L’association d’études des Américains d’origine asiatique vote de soutien au boycott universitaire des institutions académiques israéliennes, devenant la première organisation universitaire des USA à le faire.

Mai

 Hawking

Stephen Hawking s’associe au boycott universitaire d’Israël

Le physicien de renommée mondiale Stephen Hawking s’est retiré d’une conférence en l’honneur du président israélien Shimon Peres. Une déclaration publiée par le comité britannique pour les universités de Palestine avec l’approbation de Hawking décrit cette décision comme « sa décision indépendante de respecter le boycott, basée sur sa connaissance de la Palestine, et sur l’avis unanime de ses propres contacts universitaires là-bas ».

La commission chargée des associations de bienfaisance ouvre une enquête sur la légalité de la discrimination raciale du KKL-JNF

La décision d’ouvrir une enquête fait suite à une demande de la campagne Stop the JNF à la commission chargée des associations de bienfaisance pour retirer le Fonds National Juif du registre britannique des associations de bienfaisance.

L’université de Sheffield vire Veolia

L’Université de Sheffield a décidé de ne pas renouveler son contrat de collection des ordures avec la corporation multinationale Veolia, à la suite d’une campagne débutée par la Palestine Society du campus et soutenue par le syndicat étudiant. La décision couronne une année d’activité intense et réussie des militants étudiants britanniques.

La United Church of Canada débute une campagne de boycott des colonies

Cette campagne a été intitulée Unsettling Goods: Choose Peace in Palestine and Israel.

Juin

Un diplomate sud-africain rejette les honneurs du KKL-FNJ

Un ancien ambassadeur sud-africain en Israël dit qu’il va retourner un certificat l’informant que 18 arbres ont été plantés en son honneur dans une forêt israélienne par le Fonds National Juif (FNJ) et le ministère israélien des affaires étrangères.

Plus de 150 organisations de solidarité sont solidaires des militants français confrontés à des actions judiciaires

Les militants français sont confrontés à des accusations criminelles pour leur activité de solidarité BDS depuis 2009.

La réalisatrice Mira Nair soutient le boycott culturel

La réalisatrice de Bombay ! et de Monsoon Wedding refusé une invitation à porter en Israël son dernier film ‘L’intégriste malgré lui’, citant l’appel palestinien au boycott culturel dans une série de Tweets.

Juillet

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Les géants du rock US The Killers se retirent d’un concert en Israël

The Killers avaient déjà reçu la moitié de leurs honoraires pour le concert quand ils ont annoncé qu’ils annulaient la performance à la suite de lettres et d’appel des militants.

L’UE exclut les entités coloniales de la réception de prêts et de financements

Après des années de lobbying par la société civile sur cette question, l’UE a publié une directive empêchant les ministères, entités publiques et entreprises israéliennes opérant dans les territoires palestiniens occupés de recevoir des prêts, valant plusieurs centaines de millions d’euros par an, par la Banque d’Investissement Européenne. La directive stoppe aussi l’attribution de subventions aux ministères, entités publiques et entreprises privées israéliennes pour des activités prenant place dans les territoires occupés, même si leur siège est dans les frontières d’Israël d’avant 1967.

Les mouvements sociaux latino-américains appellent à la fin de l’accord de libre-échange avec Israël

La société civile des cinq pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Venezuela, Uruguay et Paraguay) ont adopté à nouveau au XVe sommet social un appel clair pour la fin de l’accord de libre-échange entre le Mercosur et Israël.

Une nouvelle frise chronologique interactive du mouvement BDS expose les succès

La frise chronologique, sur le site BDS movement.net, a été lancée pour commémorer le huitième anniversaire de l’appel BDS

Le fonds de pension géant étasunien TIAA-CREF désinvestit de SodaStream

« Quelle que soit la raison pour laquelle TIAA-CREF a laissé tomber SodaStream, nous y voyons une décision scrupuleuse », dit Sidney Levy de la campagne We Divest, qui mène campagne pour que TIAA-CREF désinvestisse des compagnies qui participent aux violations israéliennes du droit international.

Des distributeurs néerlandais boycottent les colonies

Les médias ont rapporté de Hollande que deux grandes chaînes de distribution du pays ont cessé de vendre des marchandises produites dans les colonies israéliennes.

Aout

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Une grande banque scandinave désinvestit de Cemex à cause de l’extraction des ressources naturelles palestiniennes

Nordea a exclu la compagnie à la suite de l’engagement militant de l’organisation Aide du peuple norvégien (NPA) et du Syndicat norvégien des employés municipaux et généraux (NUMGE).

Des musiciens de jazz boycottent le festival de la mer Rouge

Les artistes de jazz étasuniens Chris Daddy Dave et Matt Schofield avec son groupe, le Matt Schofield Trio, ont annulé leurs performances dans le festival israélien de musique.

Septembre
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Sous la pression du boycott, Veolia abandonne le réseau de bus des colonies

Veolia a révélé qu’il cessera d’exploiter les lignes de bus pour colons en Cisjordanie occupée car la compagnie continue de perdre des contrats en Europe et aux USA à cause de son soutien à l’apartheid israélien. Veolia continue d’exploiter le projet illégal de tramway à Jérusalem.

Une firme hollandaise se retire d’une usine traitement d’eaux usées pour les colons de Jérusalem Est

Royal HaskoningDHV a annoncé qu’il se retirait d’un projet d’usine de traitement d’eaux usées à Jérusalem Est occupé à la suite de pressions du gouvernement hollandais.

Les Quakers de trois états des USA appellent au boycott et au désinvestissement

Le Lac Erie Yearly Meeting, une organisation Quaker régionale regroupant Ohio, Michigan et Pennsylvanie Ouest, est devenu le premier Yearly Meeting Quaker étasunien à adopter officiellement le boycott et le désinvestissement visant les sociétés complices de l’occupation israélienne.

Octobre

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Un syndicat norvégien termine son contrat avec G4S, un « acte de solidarité » avec les Palestiniens

Industri Energi, un syndicat pour les travailleurs des secteurs de l’énergie et de l’industrie lourde, a saqué G4S comme agence de sécurité de ses bureaux à cause du rôle de la compagnie dans les prisons israéliennes, les check-points et les colonies. La même semaine, l’association des enseignants de Londres Est a passé une résolution condamnant le rôle de G4S dans la détention des enfants palestiniens.

Les contrats liés aux colonies des territoires occupés pourraient être « criminels », avertit un expert de l’ONU

Richard Falk a dit que son bureau à essayé d’informer les sociétés, parmi lesquelles le groupe bancaire européen Dexia et la société immobilière étasunienne Re/Max que la poursuite de leurs pratiques dans les territoires pourrait être « problématique ».

Les boycotts forcent à l’annulation d’un festival de rock en Israël

Circus Maximus (Norvège), Haken (UK), et Bumblefoot (USA) étaient supposés jouer en Israël au festival de rock Progstage. Après leurs annulations qui ont suivi les discussions avec les militants BDS, le festival entier a été annulé.

Novembre

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Un grand fonds de pension des USA désinvestit son fonds éthique de Veolia

Le fonds de pension géant étasunien TIAA-CREF a retiré Veolia Environnement du portefeuille de son Fonds de Choix Sociaux à la suite de la pression de la coalition We Divest.

St Louis jette le profiteur de l’occupation Veolia

L’opposition rencontrée par Veolia pour son rôle dans les colonies illégales israéliennes l’a conduit à se retirer de la ville. Veolia aurait dit que Saint-Louis « ne vaut pas le coup. Ça ne vaut pas les torts faits aux affaires [de Veolia]).

Une organisation de droits humains sud-africaine termine son contrat avec G4S

Le Trauma Centre du Cap a publié une déclaration s’opposant au rôle de G4S dans les prisons israéliennes où les Palestiniens sont détenus sans procès et torturés.

Le parti de gauche adhère à la campagne BDS

Le grand parti de gauche français, dont le leader Jean-Luc Mélenchon a gagné 11 % des voix aux élections présidentielles de 2012, s’est aussi engagé à soutenir les campagnes de BDS France.

La deuxième université norvégienne écarte G4S pour son soutien à l’apartheid israélien

L’université norvégienne de Bergen a choisi d’écarter G4S comme agent de sécurité à cause de son rôle dans le système carcéral israélien et dans les colonies illégales israéliennes.

La campagne de boycott coûte de contrats universitaires à G4S

Deux grandes universités britanniques ont choisi de ne pas accorder à G4S le contrôle de la sécurité des campus à la suite de campagnes des étudiants critiquant la compagnie

Décembre

La compagnie des eaux hollandaises Vitens boycotte la société des eaux de l’État israélien

Vitens, le premier fournisseur d’eau potable en Hollande, a mis fin à son accord de coopération avec la compagnie nationale des eaux d’Israël Mekorot à cause de son rôle dans le vol des eaux palestiniennes. Dans le même temps, le gouvernement hollandais prend des mesures pour empêcher qu’un forum d’affaires Israël-Hollande soit utilisé pour développer des liens avec les compagnies qui opèrent dans les colonies israéliennes illégales.

Le gouvernement britannique avertit les milieux d’affaires sur l’entreprise illégale israélienne de colonisation

Le gouvernement britannique a publié des conseils avertissant les milieux d’affaires sur les problèmes et les risques associés à la conduite d’affaires avec les colonies israéliennes illégales.

La Roumanie stoppe l’envoi de travailleurs du bâtiment en Israël en raison des colonies

Le gouvernement roumain a annoncé qu’il stoppera l’envoi de travailleurs du bâtiment en Israël si le gouvernement israélien ne s’engage pas à ce qu’ils ne travaillent pas en Cisjordanie.

Des détaillants de Rome boycottent SodaStream

La compagnie israélienne Sodastream est visée par une campagne internationale de boycott qui a comporté récemment 50 actions dans six pays.

Les campagnes de boycott prennent leur essor en Amérique latine

Les mouvements sociaux brésiliens mènent campagne contre l’accord de libre-échange entre le Mercosur et Israël, les groupes colombiens lancent une pétition Veolia et les militants mexicains protestent contre des événements de propagande israélienne.

Un syndicat hollandais élimine G4S pour son aide aux violations israéliennes des droits humains

AbvaKabo, un syndicat hollandais de 350 000 membres, a cessé ses relations avec G4S, une société de sécurité privée qui a équipé les prisons israéliennes en Cisjordanie occupée.

 

Traduction: JPB pour BDS France




Tribunal Russel pour la Palestine et BDS

Une conséquence cruciale des conclusions du TRP est le soutien au développement de la Campagne BDS – c’est-à-dire de Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.
Le TRP a caractérisé la politique israélienne comme étant une politique d’apartheid et donc sujette aux sanctions ciblant tout régime d’apartheid.
Dans la synthèse des conclusions de sa troisième session, qui a eu lieu en Afrique du Sud à Cap Town entre les 5 et 7 novembre 2011 le Tribunal exhorte explicitement : « la société civile mondiale (y compris tous les groupes et individus qui travaillent de leur mieux en Israël et en territoire palestinien occupé pour lutter contre le système de domination raciale qui y règne) à reproduire l’esprit de solidarité qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, notamment en conscientisant les parlements nationaux par rapport aux conclusions de ce Tribunal et en soutenant la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) »

Cette déclaration est renouvelée à plusieurs reprises dans les conclusions finales formulées à Bruxelles.

Ainsi dans une partie intitulée « Futures actions et pistes pour l’avenir. Les initiatives de la société civile » nous pouvons lire :

« Le Tribunal renouvelle son soutien et se félicite de la campagne BDS, qui doit s’intensifier au sein de l’Union européenne et s’étendre à d’autre Etats, organisations régionales et institutions intergouvernementales »

Et plus loin :

« Le Tribunal promeut l’idée d’un partenariat entre les organes de l’ONU et la société civile afin de faire pression sur Israël sur les questions de BDS en s’inspirant directement de l’expérience du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970, 1980 et 1990 »

Tout ceci me conduit à vous donner des précisions sur l’histoire, les fondements et le contenu du mouvement BDS, puis à vous expliquer que la Campagne BDS ça marche, et qu’il faut donc persévérer dans cette voie.

La campagne BDS a été lancée le 9 juillet 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne un an après la condamnation par la Cour Internationale de Justice du Mur dit de Séparation, condamnation restée sans suite.

Ces associations déclarent :

« Nous, représentants de la Société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international»

Puis ces associations de la société civile palestinienne énoncent les 3 objectifs du mouvement BDS :
« 1. Mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes et démanteler le Mur ;

A ce premier objectif s’est ajouté depuis 2005 l’exigence de mettre fin au blocus de Gaza.
2. Reconnaître les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respecter, protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU »

La campagne se développe dans de nombreux pays (en Europe, en Amérique, au Japon, au Maroc, etc), y compris en Israël où le mouvement « Boycott from Within » (Boycott de l’intérieur), bien que très minoritaire, apporte une aide précieuse à la Campagne BDS.

Elle a pris son essor en France depuis l’opération « Plomb durci » contre le peuple gazaoui au cours de l’hiver 2008-2009. Le site de la Campagne BDS France est : www.bdsfrance.org

La campagne se déploie selon plusieurs axes, comme c’était le cas du boycott de l’Afrique du Sud : les boycotts économique, sportif, universitaire et culturel.

Le boycott économique appelle les consommateurs ou n’importe organisme à ne pas se rendre complices d’une politique de violation du droit international et des droits humains en achetant des produits israéliens, qu’ils viennent des colonies de Cisjordanie ou du territoire israélien dans les frontière de 1967. Il vise aussi certaines sociétés non israéliennes qui participent directement à la répression du peuple palestinien.

Parmi l’ensemble de ces cas, citons les campagnes qui ciblent les entités suivantes :

  • la société Mehadrin, exportatrice de produits agricoles israéliens souvent issus des colonies,

  • les magasins Séphora qui commercialisent les produits de beauté Ahava issus de la Mer Morte,

  • la société qui commercialise les produits Sodastream (dont le gazéificateur),

  • Keter (qui fournit du petit matériel d’équipement),

  • les médicaments génériques TEVA (pour lesquels il est régulièrement fait une publicité sur France Info),

  • la société anglo-danoise G4S qui équipe les prisons israéliennes de son matériel dit de sécurité,

  • la société américaine Caterpillar, qui participe à la destruction du patrimoine palestinien et est complice de l’écrasement par ses bulldozers de citoyens Palestiniens et aussi de la militante pacifiste Rachel Corrie.

D’autres campagnes visent à ce que des sociétés se désinvestissent de leurs partenariats complices de la politique coloniale israélienne.

Ainsi la société Orange, qui a conclu un partenariat avec l’entreprise israélienne Partner Communications, qui installe des antennes et relais sur des terres confisquées aux Palestiniens pour le seul bénéfice de l’armée ou des colons. Ainsi aussi Veolia qui gère une déchetterie au service des colons et a d’importants projets d’investissements en Israël.

Venons-en à présent au boycott sportif, pour attirer l’attention sur le fait qu’il dénonce notamment la politique israélienne qui consiste à empêcher le peuple palestinien de pratiquer librement les sports et à se doter des moyens nécessaires, et qui consiste aussi à emprisonner arbitrairement des joueurs récalcitrants.

Les boycotts universitaire et culturel visent quant à eux des initiatives sponsorisées par l’Etat d’Israël. Nous nous adressons aussi aux artistes qu’Israël invite à des festivals pour avoir l’air d’être un Etat très ouvert à tous les courants culturels, et nous les exhortons à ne pas accepter de servir de caution morale destinée à blanchir Israël de ses crimes. Des responsables israéliens de haut niveau avouent d’ailleurs eux-mêmes que la culture leur est très utile pour leur propagande.

BDS remporte d’importants succès, et particulièrement au cours de la dernière période.

Signalons la faillite en 2011 de l’entreprise d’exportation de produits agricoles Agrexco, les grosses pertes de marchés pour les entreprises Alstom, qui a construit le tramway reliant Jérusalem à des colonies, et Veolia, dont le cours de l’action a chuté, la crise de la banque franco-belge Dexia qui participe au financement des colonies …

D’importantes sociétés de fonds de pension se désinvestissent de sociétés israéliennes travaillant pour l’occupation, et récemment PGGM, la plus grande société de gestion de fonds de pension des Pays-Bas, a décidé de retirer l’ensemble de ses investissements de cinq grandes banques d’Israël. En Grande Bretagne, Hollande et Suisse des directions de grandes surfaces ont décidé de retirer de leurs étalages les produits des colonies, se conformant ainsi à l’esprit des lignes directrices de l’Union Européenne, aussi nommées « guidelines » entrées en application le 1er janvier 2014 et visant à proscrire tout financement et toute subvention aux sociétés travaillant pour les colonies.

Vivens, le plus gros fournisseur d’eau potable des Pays-Bas, a depuis peu mis fin à sa coopération avec Mekorot, la compagnie nationale d’eau israélienne.
Dans des pays tels que l’Afrique du Sud, la Norvège, la Grande Bretagne, les Pays Bas, de très importantes fédérations syndicales renoncent aux services et aux contrats avec des firmes internationales complices de l’occupation, telles que Veolia et G4S.
D’importantes universités ont également rompu leurs relations, notamment en Afrique du Sud ou même aux Etats-Unis. Récemment l’une des principales institutions universitaires américaines, l’American Studies Association (ASA) a invité tous ses membres à couper toutes relations de nature institutionnelle avec les universités israéliennes.Diverses églises importantes se réclamant de divers courants religieux appellent aussi à BDS.

La Campagne BDS jouit également du soutien d’artistes de renom international, qui sont de plus en plus nombreux à refuser ou à annuler des tournées en Israël, d’intellectuels et de personnalités publiques jouissant d’une grande influence, dont des membres ou des parrains du Tribunal Russell : Desmond Tutu, Roger Waters des Pink Floyds, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, le cosmologue Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence de haut niveau en Israël …

Avant de conclure sur les perspectives du mouvement BDS, je veux signaler 2 questions importantes qui mobilisent la Campagne BDS France, questions que je ne développerai pas pour ne pas dépasser le temps qui m’est imparti.

La première c’est notre engagement actif contre le KKL, ou Fonds National Juif, qui est un organisme paraétatique israélien qui est depuis plus d’un siècle le fer de lance de la dépossession du peuple palestinien. Les dons à l’antenne française du KKL bénéficient d’une déductibilité d’impôts, cet organisme se faisant passer pour une association d’intérêt général, écolo et de bienfaisance, et nous sommes actuellement mobilisés contre le projet du KKL France de tenir le 2 février prochain une grande journée de propagande au Palais Brongniart à Paris.

La seconde question est que la France est le seul pays où des militants de la Campagne BDS sont poursuivis en justice, ce qui est conforté par la circulaire Alliot Marie, qui assimile les actions de sensibilisation à BDS à des appels à la discrimination raciale. Nous exigeons, avec de nombreuses associations, le retrait de cette circulaire et la relaxe des militants poursuivis, ce que d’ailleurs de nombreux juges comprennent.

Et je tiens à souligner que cette situation ne nous empêche pas de développer le mouvement BDS et ne fléchit pas notre détermination.

Quelles sont les perspectives du mouvement BDS ?

L’économie israélienne est certes encore forte, notamment pour ce qui concerne la vente de matériel à usage répressif, testé sur le peuple palestinien, mais la Campagne BDS progresse inexorablement. Elle entre en résonance avec d’autres causes, notamment l’antiracisme, les mouvements anti-guerre, les mouvements pour la justice sociale. Elle est porteuse de valeurs universelles.

Ce n’est pas sans raison que Netanyahou le premier ministre israélien, et d’autres ministres de ce pays ont déclaré que le mouvement BDS est une menace stratégique pour Israël. Il est significatif aussi qu’une centaine de grands patrons israéliens, redoutant le succès des appels au boycott, lancent un appel pour la paix avec les Palestiniens. Quand de son côté Omar Barghouti, co-fondateur de la Campagne BDS, pose la question « L’année 2014 verra-telle un tournant décisif pour la Campagne BDS ? », nous accueillons ce propos avec optimisme.

L’année 2014 a été déclarée année de la Palestine par décision de l’ONU. Nous veillerons à ce qu’elle soit en même temps l’année de BDS. Les régimes d’apartheid ne durent pas jusqu’à la fin des temps. L’Etat d’Israël fait et continuera de tout faire pour essayer de réduire le développement de BDS et pour vider de leur substance des mesures telles que les lignes directrices de l’Union Européenne.

Nous continuerons de nous y opposer résolument. Nous continuerons nos activités militantes avec enthousiasme, parce que les droits des peuples et la vraie justice sont de notre côté.

L’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il le sera aussi en Palestine et Israël !

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France

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Au Grand Lyon : « Par éthique, il faut écarter VEOLIA du marché de l’eau »

Alors que l’Europe a édicté des directives, entrées en vigueur ce premier janvier 2014, pour exclure de ses aides les entités israéliennes basées dans les territoires palestiniens.
Alors que la Roumanie a décidé de ne plus envoyer de travailleurs en Israël suite au refus du gouvernement de Tel Aviv de lui garantir que ceux-ci ne seraient pas employés dans les colonies.

Il faut intensifier les pressions contre la politique coloniale continue de l’Etat d’Israël, n’attribuons pas le marché à l’entreprise Veolia qui :

– a participé à la construction du tramway reliant Jérusalem-Ouest aux colonies établies en toute illégalité dans le secteur palestinien de Jérusalem (Véolia Transdev , Connex, Citypass consortium).°

– gère le transfert des déchets vers la décharge de Tovlan implantée dans les Territoires occupés.°

– est impliquée également dans le traitement des eaux de la colonie de Modi’in Illit (Véolia Water Services (VW) Israël).°

– a le contrôle total sur « Véolia Environnement Israël » qui est un fournisseur du ministère israélien de la défense.°

– a été une des rares entreprises françaises à participer au salon WATEC à Tel-Aviv. Salon controversé du fait de la politique de l ’apartheid de l’eau menée par l’Etat Israélien.


Militant(e)s Département 34 (photo « Jérôme Diesnis / Maxele Presse »)

Véolia contribue ainsi à renforcer et pérenniser une appropriation coloniale, c’est pourquoi la Campagne internationale Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) mène la campagne « Derail Véolia et Alstom ». Cette campagne encore peu développée en France a déjà contribué, notamment en Grande-Bretagne et en Irlande, à la perte de plusieurs contrats.

Nous appelons les élus à choisir l’éthique et boycotter VEOLIA qui soutient la colonisation israélienne.



° Sources : association anti-colonialiste israélienne http://whoprofits.org


COLLECTIF 69 DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN
palestine69@orange.fr

Plus d’information concernant le Boycott Veolia ici :

Facebook – Twitter: @palestine69   courriel :  palestine69@orange.fr Agenda et actions :  http://collectif69palestine.

http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article663




Campagne de BDS contre Israël : l’année 2014 verra-t-elle un tournant décisif ?

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Il est à la fois curieux et surprenant de constater qu’Israël se sente vulnérable alors qu’il se trouve au sommet de sa puissance économique et militaire, notamment en matière de nucléaire. Cette fois, l’ironie veut que la menace provienne d’un mouvement non-violent ancré dans le droit international et dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Au mois de juin de cette année, le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahu a en effet déclaré que le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), dirigé par les Palestiniens, représente une « menace stratégique » pour le régime israélien d’occupation, de colonisation et d’apartheid. Pour cela, Netanyahu a décidé de confier la responsabilité totale de la lutte contre le BDS au Ministre des Affaires Stratégiques.

Cette évolution spectaculaire reflète l’échec de « Brand Israel », une campagne israélienne bien huilée menée par le Ministre des Affaires Étrangères depuis le lancement du mouvement BDS en 2005, et dont la stratégie consistait à utiliser la culture comme instrument de propagande en faisant appel à des artistes et des écrivains israéliens dans l’objectif de présenter au monde entier une « meilleure image d’Israël. »

C’est en effet grâce aux gens de conscience depuis les quatre coins du monde, qui ont compris qu’on pouvait mettre fin à l’impunité d’Israël au moyen d’une résistance populaire en Palestine même et associée à une pression et responsabilité internationale à la fois efficace, moralement cohérente et permanente.

C’est cette prise de conscience qui a donné un grand élan aux campagnes de BDS. Plusieurs de ceux qui étaient jusqu’ici des partisans et des sympathisants d’Israël ont fini par s’en éloigner à cause, entre autres, 1) du brutal blocus israélien sur la Bande de Gaza, 2) de la construction sauvage de colonies illégales et du mur de séparation en Cisjordanie occupée, 3) de sa « stratégie de judaïsation » à Jérusalem, en Galilée, dans la Vallée du Jourdain et dans le Naqab (Le Néguev), comme démontré par des rapports officiels de l’ONU 4) de l’adoption de nouvelles lois racistes, et enfin 5) du déni des droits des réfugiés.

Il convient donc de considérer que les succès du mouvement de BDS au cours des dernières années seraient le facteur qui a ébranlé le régime Israélien. Le soutien en décembre 2012 du Congrès National Africain (The African National Congress) ; le soutien au BDS et l’annulation d’évènements qui devaient inclure les noms d’artistes et de groupes de musique de renommée mondiale ; la décision prise par l’éminent scientifique Stephen Hawking et qui consistait à appliquer le boycott et à annuler sa participation à une conférence à l’Université Hébraïque ; et la dernière vague de résolutions en faveur du boycott adoptées par des associations universitaires US, sont des éléments qui conforte l’analyse selon laquelle le mouvement de BDS atteindra bientôt le niveau de la mobilisation internationale contre l’apartheid en Afrique du sud.

Quant à sa position aux yeux de l’opinion publique mondiale, il faut reconnaitre que la réputation d’Israël s’est quelque peu érodée depuis un certain temps déjà. Deux facteurs majeurs en sont la cause. Il s’agit, premièrement, de la force morale du mouvement de BDS, y compris sa composante israélienne anticolonialiste cruciale. Et en second lieu, le changement politique israélien qui s’est clairement orienté vers l’extrême droite. Dans un sondage réalisé en 2013 par la BBC, les résultats ont fait ressortir la concurrence entre Israël et la Corée du Nord, perçus par la grande majorité des personnes en Europe et ailleurs, comme le troisième ou le quatrième des pires pays au monde.

Qu’est-ce que la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions ?

Le 9 juin 2005 a été le jour où l’appel au BDS était pour la première fois lancé par une alliance de plus de 170 organisations palestiniennes : syndicats, réseaux de réfugiés, ONG et associations locales. Le message transmis ce jour était un appel aux organisations de la société civile internationale et aux gens de conscience, afin qu’ils « imposent un boycott général et mettent en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, emboitant ainsi le pas aux mesures appliquées en Afrique du Sud durant la période où sévissait l’apartheid. »

Plus précisément, le BDS appelle à la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967, avec le démantèlement du mur et des colonies, la fin du système israélien de discrimination raciste contre ses citoyens palestiniens et le droit au retour inhérent et reconnu par l’ONU des réfugiés Palestiniens dans leur terre d’origine.

Ces trois droits fondamentaux correspondent aux trois composantes majeures du peuple palestinien : les citoyens de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est (38% de la population palestinienne d’après des statistiques de 2011), ceux du territoire de 1948 qui vivent sous le régime d’apartheid israélien (12%) et ceux de la diaspora, en exil (50%). Plus de deux tiers des Palestiniens ont le statut de réfugiés ou sont des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays.

Agir et s’imposer avec diplomatie et délicatesse

Pour Desmund Tutu, Roger Waters, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, Arundhati Roy, Marcel Khalife et Aijaz Ahmed – personnalités publiques jouissant d’une forte influence – la conclusion est on ne peut plus claire : c’est la même lutte menée en Afrique du sud du temps de l’Apartheid qui doit être suivie aujourd’hui. En effet, le mouvement de BDS est absolument indispensable pour obliger Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international.

En faisant appel aux gens de conscience, partout dans le monde, afin d’aider à mettre fin au système israélien d’oppression à trois facettes, le mouvement de BDS n’entend pas solliciter une action héroïque mais plutôt l’accomplissement et le respect d’une profonde obligation morale qu’est le renoncement à la complicité dans l’oppression.

Chaque année, les pays occidentaux, à l’instar des États-Unis et de l’Allemagne offrent des milliards de dollars à Israël, sans oublier le commerce militaire lucratif. De ce fait, les contribuables de ces pays occidentaux subviennent aux violations israéliennes du droit international pendant que leurs programmes sociaux domestiques subissent des coupes sombres, que le chômage atteint des niveaux alarmants et que l’environnement se fait massacrer et détruire. Tirer un trait sur la complicité avec les crimes israéliens ne joue pas en faveur du peuple palestinien seulement, mais il conviendra sans nul doute aux « 99% » des personnes aux quatre coins du monde qui luttent contre une guerre perpétuelle et pour une justice socio-économique.

S’appuyant sur son influence mondiale, le mouvement de BDS dirigé par la principale coalition dans la société civile palestinienne, le BNC [BDS National Committee] enregistre une percée à travers le monde, couronnée par d’importantes victoires.

Quelques jours auparavant, The American Studies Association [l’Association des Études Américaines] a adopté le principe du boycott universitaire d’Israël avec un ratio de soutien stupéfiant de 2:1 de l’ensemble de ses membres. En avril, The Association for Asian-American Studies [L’Association pour les Études Asiatiques Américaines] est devenue la première instance universitaire américaine à adopter le boycott d’Israël. Dans la même période, The Federation of French-Speaking Belgian Students (La Fédération des Étudiants Belges Francophones) qui compte 100 000 membres a également adopté le boycott des institutions universitaires israéliennes, tout comme le Syndicat des Enseignants Irlandais. En mars 2011, l’Université de Johannesburg a rompu des liens avec l’Université Ben Gourion à cause des violations des droits de l’homme.

Pour leur part, les Conseils d’Étudiants à travers plusieurs universités nord-américaines, dont l’Université de Californie, Berkeley, ont opté pour le désinvestissement de toutes les sociétés qui tirent profit de l’occupation israélienne.

Une liste de plus en plus longue

A travers des millions de membres – originaires, entre autres, d’Afrique du sud, de Grande-Bretagne, d’Irlande, d’Inde, du Brésil, de Norvège, du Canada, d’Italie, de France, de Belgique et de Turquie – ce sont les principales fédérations syndicales internationales qui ont apporté leur soutien au mouvement de BDS

Veolia qui est une société complice avec l’occupation israélienne, a perdu ou a dû se retirer d’appels d’offres qui valent des milliards de dollars, principalement en Suède, en Grande-Bretagne, en Irlande et maintenant aux États-Unis.

Le militantisme du BDS en Norvège, en Afrique du Sud, au Parlement Européen et dans plusieurs Universités Britanniques et ailleurs, a pu frapper G4S, la plus grande société de services de sécurité à l’échelle mondiale. L’entreprise fait actuellement face à d’importants échecs tout à fait significatifs résultant de son implication dans les prisons israéliennes où des détenus Palestiniens, notamment des enfants se font torturer. Elle est également impliquée dans plusieurs projets qui enfreignent le droit international.

En Grande-Bretagne, la cinquième plus grande chaîne de supermarché Co-op a adopté la politique de boycott des sociétés qui opèrent dans les Territoires Palestiniens Occupés.

L’an dernier, The United Methodist Church [L’Église Méthodiste Unie] a appelé au boycott des produits en provenance des colonies israéliennes. Une décision suivie par l’Église Presbytérienne Américaine et l’Église Unie du Canada. L’Église Mennonite Américaine est allée encore plus loin en décidant de ne pas investir dans les entreprises impliquées dans l’occupation israélienne.

Pour sa part, le gouvernement néerlandais a publiquement « dissuadé » les entreprises de son pays à renoncer au business avec les entités israéliennes opérant dans les Territoires Palestiniens Occupés, ce qui a poussé la plus grande entreprise de construction aux Pays-Bas, Royal Haskoning DHV, à se retirer d’un projet de traitement des eaux usées avec la municipalité israélienne de Jérusalem-Est occupée. Dans le même contexte, l’entreprise publique des eaux Vitens a également résilié un contrat avec l’entreprise israélienne des eaux, Mekorot.

Il en va de même pour le gouvernement britannique qui a publié une directive sur l’implication des entreprises dans les colonies illégales israéliennes. Ces étapes suivent la publication des directives européennes contre le financement des projets et entités israéliens dans les Territoires Palestiniens.

Deutsche Bahn, la compagnie allemande des chemins de fer et qui est contrôlée par le gouvernement, s’est retirée d’un projet israélien qui empiète et confisque la terre palestinienne occupée. Des responsables du Ministère allemand des Affaires Étrangères ont informé des représentants de la société civile palestinienne qu’ils ont recommandé à toutes les institutions académiques allemandes d’éviter tout échange avec l’université d’Ariel, une colonie israélienne en Cisjordanie.

Il est vrai que la violente répression israélienne, sa politique de nettoyage ethnique et son blocus à l’encontre des Palestiniens augmentent jour après jour. Néanmoins, nous demeurons confiants et convaincus que nous surmonterons les obstacles et que nous vaincrons. Grâce au mouvement de BDS, aujourd’hui devenu mondial et ayant réussi à conquérir les cœurs et les esprits des peuples, il se pourrait bien que nous atteignons le point ou tout basculera.

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Omar Barghouti est militant Palestinien indépendant des droits de l’homme et membre fondateur du mouvement de BDS. Il est l’auteur de « Boycott, Divestment, Sanctions : The Global Struggle for Palestinian Rights, » (Haymarket : 2011).

Du même auteur :

- Le succès ultime d’Israël pourrait bien signer la fin de son régime colonial – 9 octobre 2013
- Le mouvement BDS expliqué – Pourquoi j’ai boycotté Israël – 28 février 2013
- A propos du soutien des juifs israéliens au régime d’apartheid en Israël – 25 octobre 2012
- BDS : Les Palestiniens veulent « toute la panoplie des droits » – 27 juin 2012
- BDS pour les droits des Palestiniens : « L’égalité ou rien ! » – 6 mai 2012
- BDS, des armes économiques pour relayer la politique – 31 décembre 2011
- Un criminel de la Haganah témoigne sur la Nakba – 30 décembre 2011
- Veolia toujours impliquée dans les violations israéliennes du droit international – 24 novembre 2011
- L’obstacle fondamental sur le chemin d’une solution à un État – 18 novembre 2011
- Ashton : l’attaque des colons contre la mosquée en Cisjordanie sape la paix au Proche-Orient – 12 septembre 2011
- Le dernier masque de démocratie tombe – 6 août 2011

22 décembre 2013 – Al Jazeera English – Vous pouvez consulter cet article en anglais à :
http://www.aljazeera.com/indepth/op…
Traduction : Info-Palestine.eu – Niha




Victoire BDS : Véolia Transport se désengage des lignes de bus qu’elle gérait en Palestine occupée

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Veolia a vendu ses lignes de bus à la compagnie israélienne Afikim

http://whoprofits.org/content/veoli…

http://www.info-palestine.eu/spip.p…


L’équipe de recherche de Who Profits a vérifié la validité de la dernière annonce de Veolia et a constaté que d’après le registraire des entreprises israéliennes, Connex Transport Israël est bien maintenant entièrement détenue par Afikim.

Après en avoir terminé avec ses opérations de lignes de bus de Modi’in le mois dernier, Veolia Transport Israël (Connex Israël) a annoncé la semaine dernière sur son site qu’elle vendait ses services de bus restants à la société israélienne Afikim.

« Connex Transport Israël, connue aussi comme Veolia Transport, a été vendue à la société Afikim.

« Pendant les prochains mois, la totalité des actifs de la Connex vont être soumis à un processus de changement de marque pour prendre le nom de la société Afikim (changement d’icônes, de mentions et autres symboles permettant l’identification de la société). Durant cette période, les lignes de bus que gère la Connex seront également exploitées par les autobus Afikim sous la marque de la société. Les numéros de lignes restent inchangés ».

L’équipe de recherche de Who Profits a vérifié la validité de la dernière annonce de Veolia et a constaté que, d’après le registraire des entreprises israéliennes, la Connex Transport Israël est bien maintenant entièrement détenue par Afikim.

Cela signifie qu’en plus des 35 lignes de bus Afikim qui desservent des dizaines de colonies, cette société exploitera trois autres lignes de Bnei-Brak à Jérusalem pour la communauté Haredim (juifs ultra-orthodoxes) en Israël. À savoir les lignes de bus 422, 425 et 427 qui traversent les territoires palestiniens occupés au carrefour de Mahane Ofer, à la colonie Givat Ze’ev et dans Jérusalem-Est occupée.

Il est important de noter que Veolia est toujours impliquée dans l’occupation : dans le transfert des déchets vers la décharge de Tovlan, dans les TPO, par une filiale, et dans le tramway par ses parts dans les sociétés Citypass et Connex Jerusalem.

 


 

VEOLIA TRANSPORTATION SOLD THE REMAINING BUS LINES TO AFIKIM

Sep 2013

Who Profits research team checked the validity of Veolia’s latest announcement and found that according to the Israeli companies’ registrar, Connex transportation Israel is now fully owned by Afikim.

After it terminated its operations of the Modi’in bus lines last month, Veolia Transportation Israel (Connex Israel) announced last week on its website that it sold its remaining bus services to the Israeli company Afikim.

« Connex transportation Israel that is also known as Veolia transportation has been sold to Afikim company. In the coming months all of Connex’s assets will undergo a process of re-branding to Afikim’s company name (Change of icons, captions and other signs that identify the company). In this period, the bus lines that Connex operated will also be operated by Afikim buses with the brand of the company. The line numbers remain the same. »

Who Profits research team checked the validity of the announcement and found that according to the Israeli companies’ registrar, Connex transportation Israel is now fully owned by Afikim.

This means that in addition to 35 Afikim bus lines serving dozens of settlements, the company will operate another three bus lines from Bnei-Brak to Jerusalem for the Haredim (Ultra-Orthodox Jews) community in Israel. The bus lines numbered 422, 425 and 427 pass through the occupied Palestinian territories in Mahane Ofer junction, Givat Ze’ev settlement and occupied East Jerusalem.

It is important to note that Veolia is still involved in the occupation ; in transferring waste to Tovlan landfill in the oPt through a subsidiary and in the light train through it’s shares in Citypass and Connex Jerusalem.


Huge BDS Victory ! Veolia Sells Off Israeli Bus Lines !

http://www.endtheoccupation.org/art…

Veolia Sells Off All Bus Lines in Israel/Palestine !

by Anna Baltzer, National Organizer

September 24th, 2013

Big news ! We just received confirmation that Veolia Transdev — a long-standing target of boycott and divestment Palestine solidarity campaigns worldwide along with its partial owner Veolia Environment — has sold off all bus services in Israel/Palestine ! Until last week, Veolia Transdev, through its Israeli subsidiary Connex, operated bus lines for settlers on segregated roads in the Palestinian West Bank, and other lines throughout Israel. Today it operates none.

This marks one of the most significant, tangible victories to date for the international boycott, divestment, and sanctions (BDS) movement. Veolia represents the global flagship BDS target, having lost more than $16 billion in contracts following campaigns across continents citing Veolia’s complicity in Israel’s gross violations of Palestinian human rights.

In the U.S., member groups from Los Angeles to Boston have taken Veolia to task in their city councils and municipal departments. Peace-seeking Quakers achieved divestment from Veolia, while member groups in Yolo and Sonoma Counties, CA, and St. Louis, MO celebrated local victories and major breakthroughs catching the attention of Israeli officials, Veolia headquarters, mayoral candidates, and popular media.

These activities, combined with parallel campaigns across the world, have imposed a significant cost to Veolia for its ongoing participation in Israel’s occupation and apartheid policies — a cost that Veolia can no longer ignore, as evidenced by the recent news.

Nonetheless, Veolia remains an important target. It continues to own and operate the Tovlan landfill in the occupied West Bank, which collects and dumps refuse from Israeli settlements using illegally captured Palestinian land and natural resources — a form of pillage ; it provides wastewater services to settlements ; and Veolia Transdev still operates the Jerusalem Light Rail, which deeply entrenches and normalizes Israeli illegal settlements in East Jerusalem. Beyond Palestine, Veolia is also infamous for labor abuses, privatizing public resources, and disastrous environmental practices.

This recent victory illustrates the power of local organizing and the importance of redoubling our efforts to hold Veolia accountable until it ends all complicity in Israel’s abusive practices once and for all !

Do you want to start a Veolia campaign ? Check out the new, improved Dump Veolia Campaign section of our website, featuring :

• Step-by-step « How to Start Your Own Veolia Campaign » guide

• New resources, like logos, fact sheets and a free toolkit

• Much more !

As always, the US Campaign is here to serve member group organizing so let us know if you’re planning a campaign ! We can connect you with organizers and resources to build on the great work already happening. Onward !

(d’aprés whoprofits.org & endtheoccupation.org) Le combat continue. [NDLR]



Contre le soutien de Véolia à la politique israélienne, agissons à tous les échelons !

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Rappelons d’abord quelques jalons de la longue histoire du soutien de Veolia à la politique coloniale et d’apartheid israélienne.

Lors de l’assemblée générale des actionnaires à Paris le 17 mai 2011, le président de Veolia déclarait qu’une politique de cette société impliquant des Palestiniens des territoires occupés s’est développée dans la foulée des accords d’Oslo (signés en 1993) et qu’elle a permis notamment de « donner du travail à des Palestiniens ».

Ce type de discours est bien connu : les colonisés devraient remercier leurs colonisateurs et leurs complices de les exploiter et les déposséder …

En réalité, Veolia, traitant exclusivement avec l’Etat occupant, a participé à la construction du tramway colonial et illégal reliant Jérusalem Ouest à des colonies, et gère en Cisjordanie deux lignes de bus desservant les colonies et une déchetterie au service des colons.

La campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) a dénoncé fortement ces agissements dans divers pays d’Europe et contribué à la perte d’importants marchés par Veolia, qu’ils concernent les transports urbains, la gestion des déchets ou le traitement de l’eau. La perte de contrats de traitement d’ordures a été particulièrement importante en Grande-Bretagne et en Irlande. Des sociétés gérant des fonds de pension se sont désinvesties de Veolia, le cours de ses actions a chuté, et ses pertes financières globales ont été considérables.

Et voilà maintenant cette recherche de partenariat avec une banque d’investissement européenne.

La volonté de Veolia de renforcer ses activités en Israël n’annule pas son soutien à la politique coloniale, bien au contraire elle le légitime en l’englobant dans l’ensemble de ses relations  économiques avec Israël.

La demande de Véolia est une provocation : elle survient quelques semaines après la décision par l’Union Européenne, motivée par la légalité internationale, d’adopter des lignes directrices visant à cesser tout financement profitant aux colonies.

La campagne internationale BDS dénoncera publiquement toute banque d’investissement qui estimerait pouvoir faire fi des critères que l’Union Européenne a rappelé pour ses propres activités.

Par ailleurs, nous continuons à appeler les collectivités territoriales en France à ne pas renouveler leurs divers contrats avec Veolia, et notamment les délégations de service public pour la gestion des déchets, des transports urbains ou du traitement de l’eau.

Veolia mérite de figurer sur une liste rouge de sociétés à exclure de toute candidature répondant aux appels d’offre.

De nombreuses collectivités territoriales ont souscrit des marchés avec Veolia : il appartient aux élus soucieux des droits des peuples et des droits humains en général de ne pas se rendre complices de la politique coloniale et d’apartheid israélienne, et donc de se mobiliser  pour que ces marchés ne soient pas renouvelés quand ils arrivent à échéance !

La campagne BDS apporte son aide aux comités locaux et à toutes les personnes de conscience qui agissent contre ces renouvellements de marchés.

La Campagne BDS Francea
www.bdsfrance.orga
campagnebdsfrance@yahoo.fr

 


ENGLISH STATEMENT:

NO TO VEOLIA’S SUPPORT FOR ISRAELI POLICIES
LET’S TAKE ACTION AT ALL LEVELS!

Veolia, the French multinational, is seeking financial partnerships, and particularly onewith a European investment bank, in order to fund the extension of its activities in Israel, which will mainly involve jobs in the areas of energy, water and the environment.

This plan comes as no surprise to us, but we strongly oppose it.

We should first of all recall some milestones in the long history of Veolia’s support for Israel’s colonial and apartheid policies.

During the shareholders’ general assembly held in Paris on 17 May 2011, Veolia’s president stated that its policy of employing Palestinians from the Occupied Territories was developed in the wake of the Oslo Accords (signed in 1993) and that it enables Veolia to “provide work to the Palestinians”.

This is a well-known line: the colonised should thank the colonisers and their accomplices for exploiting and dispossessing them…

In fact Veolia, dealing exclusively with the occupying State, has participated in the construction of the colonial and illegal tramway linking colonies to West Jerusalem, it runs two bus lines in the West Bank that serve the colonies, and manages a waste dump for the use of the settlers.

The BDS campaign (Boycott-Divestment-Sanctions) in various European countries has strongly denounced this wrongdoing and has contributed to Veolia’s loss of large contracts in the areas of urban transport, waste management and water treatment. The loss of waste-management contracts has been particularly great in Britain and in Ireland. Companies managing pension funds have divested from Veolia, its share prices have fallen, and it has suffered considerable global financial losses.

And now it is seeking partnership with a European investment bank.

Veolia’s wish to strengthen its activities in Israel proper in no way annuls its support for colonial policies; on the contrary, it legitimises them by including them as part of Veolia’s overall economic relationship with Israel.

Veolia’s latest move is a provocative one: it comes only weeks after the European Union’s decision, for reasons of international legality, to adopt guidelines aiming at the cessation of any funding that benefits the colonies.

The international BDS campaign will publicly denounce any European investment bank that thinks it can flout the criteria laid down by the European Union.

Moreover, we continue to call upon local authorities in France not to renew their various contracts with Veolia, and most especially the concessions to run public services such as waste management, urban transport, and water treatment.

Veolia deserves to be on a blacklist of companies that are excluded from making any bids in response to a call for tender.

Numerous local authorities have signed contracts with Veolia. It is incumbent upon elected officials who care about peoples’ rights, and human rights in general, to not collude in Israel’s colonial and apartheid policies, and to ensure that when those contracts expire, they are not renewed!

The BDS campagne provides assistance to local committees and to all people of conscience who take action against the renewal of such contracts.

BDS French Campaign
http://www.bdsfrance.org/
campagnebdsfrance@yahoo.fr




BDS, un engagement politique majeur pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens !

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D’autres articles du dossier portent sur les fondements juridiques de BDS (Maître Gilles Devers), sur son extension au domaine universitaire et scientifique (Ivar Ekeland), sur la comparaison avec le boycott de l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid (Pierre Lafrance), sur l’efficacité économique de la Campagne BDS, sur l’étiquetage frauduleux « Made in Israël » des produits des colonies (René Backman), sur une condamnation de la société TEVA et sur les sources documentaires sur la Campagne BDS

BDS, un engagement politique majeur pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens !

altAinsi que l’a souligné le numéro 47 d’octobre/novembre/décembre 2012 du Courrier du CVPR, la reconnaissance à l’ONU le 29 novembre 2012, par une large majorité d’Etats, de la Palestine comme « Etat non membre observateur » a été une avancée historique pour le peuple palestinien et ses amis.
Mais très rapidement l’Etat d’Israël avait annoncé des mesures de représailles : nouveaux programmes de constructions de logements dans les colonies de Cisjordanie et à Jérusalem Est, et gel des taxes douanières dues au peuple palestinien. Et une fois de plus, ces mesures n’ont suscité de la part des Etats occidentaux que des protestations purement verbales.

Face à cette situation, et face aux relances périodiques de « processus de paix » basés sur des « négociations sans conditions », une observation de bon sens s’impose : tant que l’Etat israélien bénéficiera d’une très large impunité sur la scène internationale, il continuera sa politique de colonisation, d’apartheid et d’épuration ethnique contre le peuple palestinien.
En même temps, toute politique pour mettre fin à cette impunité ne peut être légitime que si elle est partagée par le peuple palestinien lui-même et si elle répond à des critères politiques moraux. Il est hors de question de décider des sanctions qui ne soient pas approuvées par le peuple palestinien ou qui s’en prennent à l’ensemble de la population juive israélienne.

Naissance de BDS

C’est dans ce contexte qu’est né le mouvement BDS : Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.
Le 9 juillet 2005, un an après la condamnation par la Cour Internationale de Justice du Mur dit de Séparation, condamnation restée sans suite, 172 associations de la société civile palestinienne ont lancé la campagne BDS.
Elles déclarent :

« Nous, représentants de la Société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international en :
1. Mettant fin à son occupation et à sa colonisation de toutes les terres arabes et en démantelant le Mur ;
2. Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU. »

Cette campagne se développe dans de nombreux pays (en Europe, en Amérique, au Japon, au Maroc, etc), y compris en Israël où le mouvement « Boycott from Within » (Boycott de l’intérieur), bien que très minoritaire, apporte une aide précieuse à la Campagne BDS.
Elle a pris son essor en France depuis l’opération « Plomb durci » contre le peuple gazaoui au cours de l’hiver 2008-2009.
Elle est soutenue par le Tribunal Russell sur la Palestine, tribunal de conscience international regroupant d’éminents experts et personnalités et dont notre regretté ami Stéphane Hessel était président d’honneur. Ce tribunal a conclu lors de sa session du Cap en novembre 2011 que l’Etat d’Israël était coupable du crime d’apartheid tel que défini dans le droit international

Les axes de la campagne

La campagne se déploie selon plusieurs axes. Le boycott économique appelle les consommateurs à ne pas se rendre complices, même involontairement, d’une politique de violation du droit international et des droits humains en achetant des produits israéliens. Des campagnes visent la société Mehadrin, exportatrice de produits agricoles israéliens souvent issus des colonies, les magasins Séphora qui commercialisent les produits de beauté Ahava issus de la Mer Morte, les produits Sodastream (gazéificateur), Keter (petit matériel d’équipement), les médicaments génériques TEVA …
La campagne « Carton rouge pour Israël » cible l’Euro « Espoirs » 2013 de football, dont les finales sont prévues en Israël alors que cet Etat empêche le peuple palestinien de pratiquer librement les sports.
Les boycotts universitaire et culturel visent des initiatives sponsorisées par l’Etat israélien. Nous nous adressons aussi aux artistes qu’Israël invite à des festivals pour avoir l’air d’être un Etat très ouvert à tous les courants culturels, et les exhortons à ne pas accepter de servir de caution morale destinée à blanchir Israël de ses crimes.

BDS remporte des succès. Des entreprises sont mises en difficultés : faillite de l’entreprise d’exportation de produits agricoles Agrexco, grosses pertes de marchés pour les entreprises Alstom (qui a construit le tramway reliant Jérusalem à des colonies) et Véolia (également impliquée dans ce tramway et gérant en Cisjordanie deux lignes de bus au service des colons et une déchetterie), crises de la banque Dexia … Des sociétés de fonds de pension se désinvestissent de sociétés israéliennes travaillant pour l’occupation. Des artistes (musiciens, cinéastes, dramaturges …), des écrivains et des personnalités scientifiques refusent d’être complices de l’apartheid israélien – ainsi récemment le cosmologue britannique Stephen Hawking, de renommée internationale, a annulé sa venue en Israël pour une conférence de haut niveau.

L’économie israélienne est certes encore forte, notamment pour ce qui concerne la vente de matériel à usage répressif, testé sur le peuple palestinien, mais la Campagne BDS progresse inexorablement dans l’opinion publique. Elle entre en résonance avec d’autres causes, notamment l’antiracisme et les mouvements anti-guerre. Elle révèle concrètement la vérité sur ce qu’est la politique d’Israël. Elle contribue à isoler cet Etat et à rompre l’isolement du peuple palestinien.

Elle est une campagne civique, citoyenne et non-violente, qui fait pression sur les Etats pour qu’ils prennent les responsabilités qui leur incombent pour faire respecter le droit international.

Jean-Guy Greilsamer, coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et militant de la Campagne BDS France




Les Palestiniens : un peuple que l’occupant aimerait tant pouvoir oublier

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Lors des dernières élections israéliennes, aucun parti sioniste n’a voulu parler de la Palestine, comme si les lieux communs habituels (« Nous n’avons pas de partenaire pour la paix », « Les Palestiniens veulent continuer la Shoah et jeter les Juifs à la mer » …) faisaient consensus.

Les sionistes ont eux-mêmes détruit leur projet historique : un Etat juif « ethniquement pur » ou en tout cas largement hégémonique. Il y a aujourd’hui 50% de Palestiniens entre Méditerranée et Jourdain. Le projet historique du sionisme (le « transfert », c’est-à-dire l’expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain), ne semble plus possible, sauf guerre généralisée. Alors comment maintenir la domination ? Fragmenter la Palestine, la transformer en bantoustans éclatés. L’apartheid s’officialise. Comme une telle situation est difficile à terme à gérer, il est vital pour l’occupant d’internationaliser la guerre.

Les révolutions arabes : un processus inachevé

Quand Moubarak est tombé, les dirigeants israéliens ont eu peur. C’est l’époque où l’ancien ambassadeur israélien au Caire Zvi Mazel déclarait : « les révolutions arabes, une catastrophe pour les Juifs ! ». Jusque-là, vis-à-vis du monde arabe, les dirigeants israéliens étaient les meilleurs élèves de l’impérialisme américain dans le cadre du « choc des civilisations » et de la « guerre du bien contre le mal », le mal étant bien sûr les Arabes et plus généralement les musulmans.

En même temps, depuis l’arrivée des premiers colons sionistes, il y a toujours eu des accords avec des dirigeants arabes « compréhensifs » : dès le début du XXe siècle, des féodaux absents ont vendu leurs terres aux sionistes, provoquant l’expulsion des métayers palestiniens. Dans les années 30, les souverains hachémites (la future Jordanie) ont signé avec les dirigeants sionistes un plan de partage de la Palestine. En 1948, les armées des Etats arabes se sont battues pour leur propres intérêts et jamais pour les Palestiniens. D’ailleurs la Jordanie a annexé Jérusalem et la Cisjordanie tandis que l’Egypte annexait Gaza. Ils n’ont pas songé à la création d’un Etat palestinien. En 1970, le roi Hussein de Jordanie a écrasé les Palestiniens (septembre noir, 30000 morts) avec une aide militaire israélienne décisive. Pendant la guerre du Liban, les Israéliens se sont alliés aux Phalangistes pour écraser l’OLP (Sabra et Chatila). La Syrie de Assad, l’Irak de Saddam et la Lybie de Kadhafi ont voulu « domestiquer » l’OLP et leurs tueurs se sont spécialisés dans la liquidation de ses militants. L’Egypte de Sadate a signé une paix séparée avec Israël pour mieux abandonner les Palestiniens.

Moubarak était devenu le prototype du collabo, poussant l’Autorité Palestinienne à capituler et faisant construire des herses pour couper les tunnels à Gaza. Sa chute a été une rude perte pour le sionisme.

Tout d’un coup, les Arabes décrits quotidiennement comme des « terroristes » et des « intégristes » fanatiques sont descendus dans la rue pour revendiquer la justice sociale, la fin de la dictature et de la corruption ou la dignité.

Seulement voilà, les révolutions arabes sont inachevées. Les capitalistes, les affairistes et la nomenclature militaire se sont reconvertis sans problème dans le soutien à des partis islamistes et bourgeois (frères musulmans en Egypte, Ennahda en Tunisie …). Le seul modèle épargné par les révolutions (à l’exception de Bahreïn), ce sont les régimes féodaux, esclavagistes, patriarcaux, ultracapitalistes et pourris de fric des monarchies du Golfe. Avec ceux-là, les dirigeants israéliens ne se sentent pas menacés. Israël et les monarchies du Golfe sont les deux pièces maîtresses qui permettent à l’impérialisme américain de tenir le Proche-Orient.

En Egypte, le nouveau pouvoir a un peu desserré le blocus de Gaza, mais à peine. Ce territoire reste toujours une « entité hostile » où la « communauté internationale » a sanctionné collectivement tout un peuple coupable d’avoir « mal » voté. Jamais il n’a été question de revenir sur les accords de paix Begin-Sadate de 1979. Même quand cinq policiers égyptiens ont été tués par l’armée israélienne (août 2011) et qu’en riposte, l’ambassade israélienne au Caire a été attaquée par des manifestants, les relations diplomatiques ont été maintenues, même pas gelées.

La Jordanie qui a aussi « normalisé » ses relations avec Israël après les accords d’Oslo, a un traité commercial toujours très actif avec son voisin. Certes le régime a été ébranlé par des manifestations, des grèves et des émeutes dans un pays où la moitié de la population est palestinienne mais sa politique de collaboration reste inchangée.

Syrie, Iran ou comment internationaliser la guerre.

Le régime syrien n’a tiré aucun coup de feu contre Israël depuis 1973. Pendant la guerre civile du Liban, les régimes israéliens et syriens  ont partagé le pays en zones d’influence. Le symbole de cette alliance implicite, c’est en 1983 l’encerclement d’Arafat dans le Nord du Liban entre l’armée syrienne et les vedettes israéliennes. En Syrie, les camps palestiniens ont été confiés à des organisations totalement inféodées au régime : la Saïka et le FPLP-commandement général d’Ahmed Jibril.

Dès le début de la guerre civile en Syrie, la grande majorité des Palestiniens de Syrie s’est rangée dans le camp de la révolution. Le dirigeant du Hamas Khaled Mechaal a rompu avec le régime et a quitté Damas. Le camp de Yarmouk (plus de 100000 habitants dans la banlieue de Damas) s’est révolté et a été plusieurs fois bombardé ou occupé par les troupes du régime.

Pour Israël, la guerre civile en Syrie est une bénédiction. Comme ils l’ont déjà fait pour l’Irak ou la Libye, les dirigeants israéliens poussent à une intervention militaire occidentale en Syrie. La propagande sioniste déverse régulièrement la même propagande : « pourquoi parle-t-on sans arrêt des Palestiniens alors qu’on laisse des dizaines de milliers de Syriens se faire massacrer sans intervenir ? » Cette « solidarité » avec le peuple syrien est tout à fait bidon. L’intérêt israélien, c’est que cette guerre se poursuive sans vainqueur, cela permet en plus d’oublier la Palestine. Parmi les révolutionnaires syriens, il y a des dirigeants de gauche qui ont toujours manifesté un soutien sans faille à la cause palestinienne. C’est contre eux qu’Hafez al-Assad (le père de Bachar) avait réussi son coup d’Etat en 1970.

Sur la question iranienne, l’attitude israélienne est un peu la même. Le régime d’Ahmadinadjad est une théocratie brutale et meurtrière, haïe dans la région à cause des antagonismes sunnites/chiites et perses/arabes. Sur la question nucléaire, on est en plein délire. D’un côté l’Iran aurait, peut-être mais ce n’est pas sûr, les moyens, un jour, d’avoir la bombe atomique. Or il a signé le traité de non-prolifération. C’est un « menteur » et il est donc licite de déclencher la pire guerre contre lui. En face, Israël possède, de façon notoire 200 têtes nucléaires. Le pays s’est même permis d’emprisonner pendant 20 ans Mordechaï Vanunu qui avait donné des précisions sur le nucléaire israélien. Mais le pays n’a pas signé le traité de non-prolifération et il appartient à « l’axe du bien ». Du coup, la « communauté internationale » est bien silencieuse sur les menaces répétées « d’attaque préventive » israélienne contre les centrales iraniennes, attaque qui mettrait à feu et à sang la région. Chaque fois qu’on vote en Israël, les politiciens font campagne sur une attaque contre l’Iran. Le seul débat qui existe dans la classe politique israélienne se situe entre ceux qui sont prêts à attaquer quoi qu’il arrive et ceux qui ne veulent le faire qu’avec l’appui américain. Jusque-là Obama était réticent. Il semble qu’il se rallie à ce projet d’attaque et même qu’il cherche à convaincre la Jordanie et l’Arabie Saoudite d’ouvrir leur espace aérien. Conséquence supplémentaire d’une telle attaque si elle avait lieu : la mise en danger des Juifs iraniens. Ils ne sont plus que 30000. Ils voyagent (y compris en Israël) et ont un député censé les représenter au Majlis (le Parlement iranien). Mais les sionistes n’ont jamais hésité à mettre en danger les Juifs pour les pousser à l’émigration vers Israël.

Fatah et Hamas dans l’impasse

La Palestine n’a pas d’Etat, mais elle a deux gouvernements rivaux. Fatah comme Hamas tirent leur légitimité de la résistance à l’occupant mais l’un comme l’autre ont été piégés par l’occupant en exerçant une forme de pouvoir qui n’a plus rien à voir avec le rêve d’un Etat palestinien.

Pendant des années, l’Autorité Palestinienne a accepté tous les diktats (Camp David, Taba, Annapolis, la feuille de route, le quartet …) qui étaient de sinistres plaisanteries où l’Etat d’Israël avec son compère américain exigeait une capitulation palestinienne sur les revendications essentielles. En même temps, l’Autorité Palestinienne a accepté de jouer le seul rôle que lui ont dévolu les accords d’Oslo : celui d’assurer la sécurité de l’occupant. Depuis des années, l’Autorité Palestinienne déploie toute son énergie à combattre le Hamas au point d’avoir été étrangement silencieuse pendant le massacre de Plomb Durci à Gaza (2008-2009). Certains n’hésitent pas à la considérer comme une instance purement « collabo ». C’est sans doute exagéré mais sa raison d’être n’a rien d’évident d’autant qu’elle n’a même pas tout le pouvoir sur un territoire réduit à des bantoustans éclatés non-viables.

L’essentiel de l’économie palestinienne a été détruit par l’occupation. L’Autorité Palestinienne redistribue une manne financière importante venue de l’étranger à des dizaines de milliers de fonctionnaires et à leurs familles. Dans ce cadre-là, la corruption et le clientélisme sont inévitables. Depuis des années, sans aucune légitimité électorale, Salam Fayyad est le Premier ministre palestinien. Cet homme du FMI s’est acharné à donner la « bonne » gouvernance voulue par l’Occident : transformer Ramallah en une « bulle » couverte de grands hôtels et montrer qu’on peut faire des affaires sous occupation, sans Etat palestinien ni souveraineté. Ce fantasme de faire des affaires juteuses au Proche-Orient sans jamais chercher à résoudre ce qui est à l’œuvre (occupation, colonisation, apartheid) avait déjà surgi au moment des accords d’Oslo. Fayyad (haï par le Hamas) était considéré comme l’obstacle à une réunification palestinienne. Il a démissionné mais, alors que cette question est fortement voulue par la population, la réunification de la Palestine n’est toujours pas à l’ordre du jour.

Il existe d’authentiques résistants à l’intérieur du Fatah comme le prisonnier Marwan Barghouti. Il existe des groupes de lutte armée proches du Fatah. Mais c’est une bourgeoisie pro-occidentale et sans perspective qui continue de diriger le parti.

À Gaza, la situation n’est pas si différente. La population qui souffre énormément à cause du blocus et des incursions israéliennes meurtrières, a pu survivre grâce aux tunnels. Ces tunnels et la mainmise sur les seules formes de commerce qui ont pu survivre, ont enrichi de façon insolente quelques dizaines de familles proches du pouvoir. Le Hamas a pu briser l’isolement. Lors de la dernière grande attaque israélienne (novembre 2012), le ministre des affaires étrangères tunisien et le Premier ministre égyptien sont venus à Gaza. Les relations avec le Qatar sont bonnes et l’argent arrive. Le Hamas au pouvoir n’hésite pas à réprimer les autres partis (arrestations, manifestations interdites). Son côté « résistant » s’estompe au profit de son côté « islamiste ». Ainsi le marathon de Gaza été interdit, il y avait trop de femmes inscrites. Le régime a comme perspective principale sa propre survie … alors que le statu quo est insupportable.

L’admission de la Palestine comme « Etat non membre » à l’ONU aura juste montré qu’Israël ne peut plus « faire disparaître » la Palestine ou qu’une majorité de pays supporte mal cet Etat voyou. L’idée d’une solution diplomatique « à froid » et sans lutte n’est pas réaliste. Sur le terrain, rien n’a changé et les deux grands partis palestiniens n’ont pas de  perspective.

La résistance et le BDS

On aurait tort de limiter la société palestinienne au Fatah ou au Hamas. Il y a de très nombreuses associations dans tout le pays : des associations de producteurs (oliviers, céramique, artisanat …), des associations défendant les droits de l’homme, défendant les pauvres, assurant des formes de redistribution. Des associations gérant les camps de réfugiés, des associations de femmes (notamment contre les violences), des syndicats dont la plupart sont indépendants de l’Autorité Palestinienne, des comités populaires sur tout le tracé du mur de l’apartheid luttant contre les confiscations des terres, les arrachages d’oliviers et les destructions de maisons, des associations d’aide juridique, des associations défendant les prisonniers en lutte contre l’isolement, la torture ou la détention administrative.

Cette résistance est non-violente ou plutôt non armée. Elle est animée par les comités populaires. En fait, les Palestiniens ont tout essayé : la lutte armée, la diplomatie, la négociation. Cette résistance se concentre dans toutes les zones attaquées par le mur et les colonies. Elle subit une violence extrême de la part de l’occupant. En quelques années, les manifestant-e-s pacifiques ont eu plus de 40 mort-e-s.

En 2005, 172 associations de la société palestinienne, constatant l’impunité des dirigeants israéliens et la complicité des occidentaux avec le rouleau compresseur de la colonisation sioniste, ont lancé un appel mondial au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre l’Etat d’Israël sur trois revendications : l’égalité des droits, la fin de l’occupation et de la colonisation, le droit au retour des réfugiés palestiniens. Cet appel est une réponse à la fragmentation de la société palestinienne qui est à l’œuvre et à la division de la Palestine (Cisjordanie, Jérusalem, Gaza, Palestiniens d’Israël, réfugiés …) en des entités qui subissent toutes des formes différentes d’oppression.

Le jugement du tribunal Russell considérant que l’Etat d’Israël est un Etat d’apartheid qui pratique un sociocide vis-à-vis des Palestiniens a donné une base juridique à cet appel.

Le BDS est multiforme. Il y a bien sûr un BDS économique qui s’en prend à toutes les firmes israéliennes. Sont particulièrement visées la compagnie Agrexco (qui exportait les fruits et légumes vers l’Europe) qui a fait faillite et son successeur Mehadrin qui commercialise les pamplemousses Jaffa, les avocats Carmel … D’autres produits israéliens de consommation courante se retrouvent dans nos magasins : Sodastream, les médicaments Teva …

Il y a le BDS académique. Toutes les universités israéliennes participent activement à la colonisation et à l’industrie de l’armement. Dans cette économie de start-up, les universités font partie du complexe militaro-industriel. Il est significatif que le mouvement israélien « boycott de l’intérieur » regroupe des universitaires anticolonialistes. Même s’il est difficile d’obtenir en France une rupture des relations avec les universités israéliennes, il faut mener cette bataille. Dans les pays anglo-saxons, de nombreuses assemblées d’étudiant-e-s ont voté pour une telle rupture. Très récemment, l’astrophysicien Hawking a renoncé à une conférence en Israël.

Il y a le BDS culturel. Il s’agit d’inciter de nombreux artistes internationaux à renoncer à aller se produire en Israël et certains l’ont fait. On ne boycotte pas individuellement des cinéastes, écrivains ou chanteurs israéliens. On les boycotte dès que leur venue est parrainée par l’ambassade ou le consulat d’Israël.

Il y a le BDS sportif. Des manifestations ont lieu chaque fois qu’une équipe israélienne vient en Europe. Les Israéliens ont pulvérisé les installations sportives palestiniennes. Ils ont détenu et torturé sans jugement le footballeur Mahmoud Sarsak. Dans ces conditions, de nombreuses manifestations ont lieu contre l’Euro de football des moins de 21 ans en Israël. Rappelons-nous que l’expulsion de l’Afrique du Sud des jeux olympiques avait été décisive dans la décision de rompre avec l’apartheid.

Il y a le boycott syndical. Le syndicat israélien Histadrout est raciste. Il défend dans ses statuts le « travail juif » et ne syndique pas les Palestiniens ou les nombreux travailleurs immigrés (Asie du sud-est, Afrique de l’Est …) qui travaillent en Israël. Il a escroqué des centaines de milliers de travailleurs palestiniens qui ont dû cotiser chez lui et n’ont jamais reçu ni protection sociale, ni retraite. Son expulsion des instances syndicales internationales est une nécessité.

Le BDS a remporté de nombreux succès : la faillite d’Agrexco, les lourdes pertes financières de Veolia qui a construit le tramway de Jérusalem, le gel des relations avec divers pays (Venezuela, Bolivie, Turquie …) avec Israël, les décisions de nombreux syndicats ou universités de rejoindre le boycott, les pétitions d’artistes, de scientifiques ou de sportifs.

Pour l’instant, bien sûr, l’économie israélienne qui est une économie de « start-up » est peu affectée. Mais l’image du pays est très atteinte. N’oublions pas que 15% des Juifs israéliens vivent hors d’Israël et qu’ils sont très sensibles à ce qui se dit. Ce pays qui est très mondialisé ne parvient plus à se présenter comme un pays « normal ». Des films et des livres décrivant l’apartheid quotidien sont de plus en plus diffusés. Israël est rattrapé par un changement de l’opinion mondiale et par le syndrome sud-africain. Il faudra sûrement du temps pour que cette évolution se traduise en un affaiblissement politique et économique. Mais les choses sont en route.

Quelle issue ?

Le sionisme depuis plus d’un siècle fonctionne par le fait accompli et la légalisation ultérieure du fait accompli. Une majorité de l’opinion israélienne espère toujours que les Palestiniens deviendront les indigènes du Proche-Orient, résignés et incapables de réclamer leurs droits.

C’est de façon délibérée que l’occupant a totalement détruit le compromis très inégalitaire qui avait abouti aux accords d’Oslo. Pour créer un Etat palestinien sur 22% de la Palestine historique (Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza), il faudrait que les 600000 Israéliens établis dans ces territoires s’en aillent ou acceptent de devenir citoyens palestiniens. On ne voit pas le gouvernement israélien qui tenterait d’y parvenir.

Dans les faits, la « ligne verte » (la frontière d’avant 1967) a totalement disparu. Il faut une carte française pour réaliser que l’autoroute Tel-Aviv-Jérusalem traverse les territoires occupés ou que l’usine Ahava (la plus grande usine de cosmétiques au bord de la Mer Morte) est en Cisjordanie. Le mur qui balafre la Cisjordanie ampute la Palestine d’une large partie de ses terres. La division du territoire en zones ayant toutes des statuts différents (zones A, B et C, Jérusalem …) accentue la « bantoustanisation ». Les colonies ne pillent pas seulement la terre et l’eau. Elles encerclent les villes palestiniennes dans le cadre d’une « colonisation spatiale ». Avec les routes de contournement pour colons, les check-points, les blocs de colonies qui isolent les agglomérations palestiniennes, les « zones franches » où les capitaux sont israéliens et la force de travail palestinienne, il est clair qu’un Etat palestinien n’est pas viable. D’ailleurs, quelle serait sa capitale ? Une bonne partie du « grand Jérusalem » a été confisquée par les colons et les quartiers palestiniens sont attaqués et « judaïsés » à marche forcée.

Les Occidentaux qui soutiennent à bout de bras la colonisation sioniste parce que l’Etat d’Israël, tel qu’il est, correspond totalement à leur rêve, feignent de réaliser tout d’un coup que la solution « deux peuples, deux Etats » n’est plus viable. De temps en temps, des diplomates américains ou certains Israéliens prennent conscience du caractère suicidaire (pour Israël) d’une voie choisie qui tourne le dos à un Etat palestinien.

De fait, l’Etat juif voulu par Herzl n’est plus ethniquement pur. Le « transfert » des Palestiniens est irréalisable. Alors, l’apartheid s’institutionnalise. C’est en multipliant les discriminations à la possession de la terre, au logement, au travail, à l’espace, au droit de se déplacer … que le système perdure. On est arrivé de fait à une situation de lutte pour l’égalité des droits sur un espace unique où les deux populations, la dominante et la dominée, sont inextricablement mélangées.

Bien sûr, l’écrasante majorité des Israéliens est persuadée que, sans « Etat juif », ils seront jetés à la mer. Le sionisme, c’est une théorie coloniale de la séparation qui décrète qu’un Juif ne doit pas et ne peut pas vivre avec « l’autre ». Sauf que la séparation est devenue impossible.

Il a fallu des décennies aux Noirs du Sud des Etats-Unis ou d’Afrique du Sud pour démolir en partie le système et les lois d’apartheid.

Les Palestiniens n’en sont qu’au début de leur lutte anti-apartheid. Contre eux les Israéliens essaient tout : falsifier l’histoire, agiter l’antisémitisme, fragmenter la Palestine, rendre la vie impossible aux Palestiniens.

Israël est dirigé durablement par une coalition de style OAS/intégriste. La partie « européanisée » de la population s’inquiète et sent bien qu’une domination sans limite n’est pas possible mais elle semble incapable  d’infléchir la voie  choisie.

L’issue la plus probable et en tout cas la plus souhaitable à terme reste le démantèlement du sionisme et l’égalité des droits pour tous les habitants de la région. Il est cocasse de constater que les dirigeants israéliens eux-mêmes ont éliminé les autres solutions.

Pierre Stambul (12 mai 2013)




Grâce à BDS, Véolia encaisse de sérieuses pertes financières

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Pendant des années, le groupe international français Veolia a tenté de minimiser l’effet de la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour l’obliger à rendre compte de son rôle dans l’occupation israélienne.


Grand Rapids (US) – Novembre 2012

Mais à présent, une haute conseillère financière norvégien a courageusement reconnu l’impact du mouvement BDS.

Les militants de nombreux pays ont fait pression sur les autorités locales, les institutions publiques, les investisseurs socialement responsables et les fonds de pension, pour qu’ils ne passent aucun contrat avec Veolia tant que cette société se rendra complice des violations israéliennes du droit international.

Dans une récente présentation, Hege Sjo déclare que « les effets négatifs sont à un prix élevé » pour les entreprises concernées, avec une mention spéciale pour Veolia qui est l’exemple d’une entreprise qui a connu une « atteinte à sa réputation en raison de la mauvaise publicité et des litiges en cours » suite à des « opérations dans des régions en difficulté, de sa participation dans un projet d’infrastructure dans les territoires occupés. »

Sjo s’est exprimé à un séminaire le 8 février, organisé par Norsif, une association norvégienne qui favorise des pratiques d’investissement responsable et durable dans l’industrie et la finance norvégienne.

Sjo a étayé son argumentation en mentionnant le manque à gagner allégué pour Veolia, de 3,5 milliards d’euros (4,6 milliards de dollars) dans la perte de contrats pour le métro suédois en janvier 2009.

Conseillère de premier plan dans la finance

Il est remarquable que l’observation a été faite par une experte en finances, qui opère dans les hautes sphères du monde de l’investissement.

Sjo est conseillère de haut niveau auprès du gestionnaire du plus important fonds de pension au Royaume-Uni, Hermes Investment Management. Elle gère également plusieurs sociétés cotées en bourse en Norvège. L’avertissement de Sjo est un signe clair aux entreprises qui profitent de l’occupation israélienne, leur signifiant qu’elles courent de graves risques pour leur réputation et leurs finances.

La société BankTrack de surveillance financière est arrivée à une conclusion similaire en 2010 quand elle a présenté des investissements de Veolia comme « douteux » parce que l’entreprise assurait le transport du public pour les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. La société BankTrack s’appuie sur un réseau mondial qui surveille l’effet des opérations des banques commerciales, des investisseurs, des compagnies d’assurance, des fonds de pension.

Le rôle de Veolia dans les violations des droits des Palestiniens a également été abordé dans un rapport rédigé par la récente mission des Nations Unies sur les colonies israéliennes en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est. La mission a clairement indiqué que des entreprises privées ont permis, facilité et profité de la construction et de la croissance des colonies.

Le rapport cite « la fourniture de services de transport, entre autres, pour soutenir le maintien des colonies » comme étant une activité qui soulève des préoccupations particulières au sujet des violations des droits de l’homme.

Richard Falk, rapporteur spécial auprès des Nations Unies, était encore plus explicite dans son rapport à l’Assemblée générale des Nations Unies. Il a décrit le rôle de Veolia dans le projet de tramway de Jérusalem – projet conçu pour connecter Jérusalem-Ouest aux colonies israéliennes en Palestine occupée. Falk recommande que la société civile « poursuive vigoureusement les initiatives de boycott, désinvestissement et sanctions » des entreprises comme Veolia, jusqu’à ce que celles-ci mettent leurs politiques et leurs pratiques en conformité avec les lois et normes internationales.

La campagne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions devra continuer à s’occuper de Veolia en augmentant la pression sur les fonds de pension, les investisseurs socialement responsables et autres institutions financières, afin d’exclure ou se désinvestir de la société en question.

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* Adri Nieuwhof est avocate, conseiller et défenseur des droits de l’homme, travaillant en Suisse.

19 février 2013 – The Electronic Intifada – Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/blogs…
Traduction : Info-Palestine.eu




Véolia ne fournira plus l’eau de la ville de Rennes !

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Après 130 ans de délé­gation au privé de la gestion de l’eau à Rennes, le Conseil Muni­cipal a décidé lundi 21 janvier 2013 par 51 voix contre 9 de changer la donne. L’eau sera gérée à partir de 2015 par une Société Publique Locale (SPL) : exit Veolia !

Si cette décision qui marque un tournant dans la relation Véolia-​​Muni­ci­palité, prend en compte diverses consi­dé­ra­tions, notamment écono­miques, la cam­pagne BDS menée par le Comité Rennais France Palestine Soli­darité (par­ti­ci­pation aux réunions publiques de débat, dossier envoyé à tous les conseillers muni­cipaux, inter­vention au Conseil muni­cipal du 12/​11/​2012) pour que Véolia soit sanc­tionnée pour ses agis­se­ments et ses vio­la­tions du droit inter­na­tional en Palestine, a été entendue et a joué son rôle dans cette décision.


CR-AFPS (COMITE RENNAIS – ASSOCIATION FRANCE PALESTINE SOLIDARITE) www.rennespalestine.fr

Monsieur le Maire, Mesdames Messieurs les Conseillers municipaux

Merci tout d’abord d’avoir accepté cette prise de parole. L’eau, bien primordial et ressource vitale, est une richesse essentielle partout dans le monde. La gestion de cette richesse collective est éminemment politique. La décision que vous avez à prendre concernant l’eau dans notre ville sera l’un des marqueurs de votre mandature.

Le choix qui vous incombe doit prendre en compte de multiples paramètres.

En tant qu’usagers et consommateurs d’eau à Rennes, nous sommes tous très sensibles à la qualité du produit, à la qualité du service et bien sûr au coût de ces prestations. Il était donc pertinent, pour éclairer la décision, de réaliser l’étude comparative des différents systèmes de gestion envisageables dont vous avez présenté les résultats en réunion publique le 24 octobre dernier.

Toutefois, à l’heure du choix, une autre dimension ne peut être ignorée : les activités en Palestine de la société Véolia.

Depuis une dizaine d’années cette entreprise collabore activement au développement de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés. Tout récemment encore, l’activité de Véolia a été dénoncée par le rapporteur spécial de l’ONU aux droits de l’homme en Palestine, Richard Falk ainsi que par l’ancien commissaire européen aux relations extérieures, Hans van den Broek.

Véolia est notamment impliquée dans :

- le tramway de Jérusalem reliant la partie israélienne de la ville aux colonies situées à l’Est

- les lignes d’autobus reliant des colonies par des routes de contournement réservées aux israéliens

- la décharge de Tovlan avec toutes les nuisances pour les palestiniens sans aucun service

- le traitement des eaux usées de la colonie de Modi’in Illit

La colonisation d’un territoire occupé contrevient, au même titre que les punitions collectives ou les déplacements de populations, à la 4ème Convention de Genève. Elle rend aussi caduque la solution de paix fondée sur la coexistence de deux Etats si l’on considère que le nombre de colons israéliens en Cisjordanie dépasse aujourd’hui 500 000 et qu’ils se sont déjà appropriés plus de 40% des terres palestiniennes.

En mettant son savoir-faire au service de la colonisation israélienne en Palestine, Véolia se fait au minimum le complice de violations du Droit International. Elle doit donc être sanctionnée sur les plans juridique et économique comme le demandent expressément aussi bien Richard Falk qu’Hans van den Broek.

Ne pas sanctionner, serait éloigner un peu plus les espoirs de paix en Palestine en n’assumant pas nos responsabilités de partie prenante aux Conventions de Genève.

Les résultats de l’étude commanditée par la Ville de Rennes ne font apparaître aucun avantage économique des systèmes de gestion avec Véolia par rapport à ceux sans Véolia. Vous avez donc l’opportunité en excluant Véolia de la gestion de l’eau à Rennes de concilier l’efficacité économique avec l’éthique politique.

A maintes reprises, la ville de Rennes a su prendre des positions en faveur du respect du droit international et des droits humains au Moyen-Orient. L’occasion vous est donnée d’agir une nouvelle fois dans ce sens.




Veolia se retire des appels d’offres pour l’eau en Californie

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Le retrait de Veolia des appels d’offres pour le contrat de l’eau en Californie fait suite au tollé provoqué par ses violations des droits palestiniens.

Comité de presse : 11 janvier 2013
Davis, Californie : Le Comité de Davis pour les droits palestiniens (DCPR) est heureux d’annoncer que Veolia Water Amérique du Nord s’est retiré en tant que soumissionnaire potentiel à un projet de 325 millions de dollars pour fournir de l’eau traitée, prise dans la Sacramento River, aux habitants de Woodland et de Davis, dans le comté Yolo, Californie. L’annonce a été faite à la réunion du 20 décembre 2012 de l’Agence Woodland-Davis Clean Water (Agence de l’Eau), une autorité commune à l’université de Davis-Californie et aux villes de Woodland et Davis. Le retrait de Veolia est le résultat des efforts des citoyens du comté de Yolo pour empêcher les appels d’offres de Veolia en raison de l’implication de cette société dans les violations des droits humains palestiniens.
Les membres du DCPR ont d’abord contesté la participation Veolia Water en tant que soumissionnaire potentiel, en juin 2011.

 Apparaissant avant les réunions du comité directeur de l’Agence de l’Eau, le DCPR fournissait une documentation importante sur les antécédents de Veolia montrant les profits que tire cette société de l’occupation illégale et de la politique d’apartheid d’Israël en Palestine, de même que l’insatisfaction des organismes publics à travers les États-Unis en raison de ses opérations mal dirigées et de ses mauvaises performances, de ses violations des autorisations environnementales et des amendes, et de son incapacité à mettre en œuvre les améliorations promises.

Le 19 avril 2012, DCPR a témoigné devant le Comité directeur, accusant Veolia de ne pas respecter les critères éthiques de l’Agence de l’Eau. L’implication de Veolia dans le système de métro léger de Jérusalem, son exploitation des cars pour les seuls juifs et sur des routes séparées en Cisjordanie occupée pour servir les habitants des colonies israéliennes illégales, et son exploitation d’un site d’enfouissements de déchets sur une terre confisquée aux Palestiniens, tout cela a été contesté par les Palestiniens et par des militants des droits de l’homme internationaux au cours de la dernière décennie. Veolia a subi une perte de plus de 20 milliards de dollars de contrats, à ce jour, suite à ce tollé mondial.

Aux États-Unis, la société des Amis de la Fiduciaire qui gère les investissements de centaines d’institutions Quaker aux États-Unis s’est récemment désinvestie de Veolia, à la demande des Quakers à propos des violations des droits des Palestiniens. En décembre 2012, la ville de Saint-Louis a voté la suspension de son approbation à un contrat avec Veolia Water jusqu’à ce qu’elle ait terminé une enquête sur les pratiques controversées de Veolia en matière de droit du travail, d’environnement et de droit humains.

 Il y a des campagnes en cours de protestations contre les contrats de transport en commun de Veolia dans le comté de Sonoma et à Los Angeles, CA ; Baltimore, MD ; Boston, MA ; et ailleurs. La campagne de désinvestissements de la Californie en Israël, menée à l’échelle du pays, appelle le régime public de retraite CalPERS à se désinvestir de Veolia Environnement, Caterpillar et Elbit Systems.

Les appels d’offres étaient prévus en décembre 2012, mais après le tollé des citoyens voyant l’importance de l’impact du coût financier du projet sur la facture d’eau des habitants, le Conseil de la ville a décidé d’en reporter la date et de nommer un Comité consultatif des citoyens pour rechercher des alternatives financières, revoir l’évaluation des besoins d’approvisionnement en eau, et envisager d’autres options pour cet approvisionnement. Veolia est la seule société à s’être retirée des appels d’offres.
Contact : Mikos Fabersunne, Comité de Davis pour les droits des Palestiniens, fabersunne@sbcglobal.net

11 janvier 2013 – End of occupation – Campagne UShttp://www.endtheoccupation.org/article.php?id=3432
traduction : JPP