Une critique par la société civile palestinienne de la Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme

Par le Comité National Palestinien, le 25 mars 2021

La « Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme » (JDA), malgré ses défauts détaillés ci-dessous, représente une alternative mainstream à la définition frauduleuse de l’antisémitisme de l’IHRA et un « guide convaincant » dans la lutte contre le véritable antisémitisme, telle que la définissent de nombreux groupes juifs progressistes – la défense des Juifs, en tant que Juifs, contre la discrimination, les préjugés, l’hostilité et la violence. Elle respecte dans une large mesure le droit à s’exprimer librement en ce qui concerne la lutte pour les droits des Palestiniens, comme le stipule le droit international, y compris par le biais du BDS, et à la lutte contre le sionisme et le régime d’occupation, de colonisation et d’apartheid d’Israël.

La JDA peut contribuer à la lutte contre le maccarthysme et la répression anti-palestiniens que les partisans de la définition de l’IHRA, avec ses « exemples », ont encouragés et provoqués, à dessein. Ceci est dû aux avantages suivants de la JDA :

  • Malgré ses lignes directrices problématiques centrées sur Israël, elle fournit une définition cohérente et précise de l’antisémitisme. Ses auteurs refusent explicitement de la codifier en loi ou de l’utiliser pour restreindre l’exercice légitime de la liberté académique ou pour « supprimer le débat public libre et ouvert qui se situe dans les limites fixées par les lois régissant les crimes de haine ». Ceci est utile pour contrer les tentatives de la définition de l’IHRA de prémunir Israël de toute responsabilité envers le droit international et de protéger le sionisme de toute critique rationnelle et éthique.
  • Elle reconnaît l’antisémitisme comme une forme de racisme, avec sa propre histoire et ses particularités, réfutant largement l’exceptionnalisme que lui confère la définition de l’IHRA (avec ses exemples).
  • Reconnaissant que l’antisémitisme et l’antisionisme sont « catégoriquement différents », elle ne considère pas comme antisémite en soi le fait de plaider pour les droits des Palestiniens en vertu du droit international et pour la fin du régime d’oppression d’Israël. Elle réfute ainsi les parties les plus dangereuses et les plus agressives des « exemples » de la définition de l’IHRA. Plus précisément, la JDA reconnaît comme une liberté d’expression légitime les exemples suivants : le soutien au mouvement non violent BDS et à ses tactiques ; la critique ou l’opposition au sionisme ; la condamnation du colonialisme de peuplement ou de l’apartheid d’Israël ; l’appel à l’égalité des droits et à la démocratie pour tous en mettant fin à toutes les formes de suprématie et de « discrimination raciale systématique » ; et la critique de la fondation d’Israël et de ses institutions ou politiques racistes.
  • Elle stipule que « tenir les juifs collectivement responsables de la conduite d’Israël ou traiter les juifs, simplement parce qu’ils sont juifs, comme des agents d’Israël » est antisémite, une règle que nous approuvons pleinement. Nous demandons l’application systématique  de cette règle, alors même qu’Israël et les sionistes, qu’ils soient juifs ou chrétiens fondamentalistes, sont coupables de la violer. Les dirigeants sionistes et israéliens fanatiques, comme Netanyahou, par exemple, parlent souvent au nom de tous les Juifs et encouragent les communautés juives des États-Unis, du Royaume-Uni, de France et d’ailleurs à « rentrer à la maison » en Israël.
  • Elle reconnaît théoriquement que le contexte importe au sens où des situations particulières ont une influence sur la possibilité de considérer antisémite ou non une expression ou une action.

Pour autant, les Palestiniens, le mouvement de solidarité avec la Palestine et tous les progressistes sont invités à aborder la JDA avec un esprit critique et une certaine prudence en raison de ses défauts, dont certains lui sont inhérents :

  1. Avec son titre malvenu et la plupart de ses directives, la JDA se concentre sur la Palestine/Israël et sur le sionisme, renforçant de manière injustifiée les tentatives de coupler le racisme anti-juif avec la lutte pour la libération palestinienne, et ayant donc un impact sur notre lutte. Malgré cet impact, la JDA exclut les perspectives palestiniennes représentatives, une omission qui en dit long sur les relations asymétriques de pouvoir et de domination et sur la façon dont certains libéraux essaient encore de prendre des décisions qui nous affectent profondément, sans nous. Les Palestiniens ne peuvent pas permettre qu’une définition de l’antisémitisme soit utilisée pour contrôler ou censurer la défense de nos droits inaliénables ou le récit de nos expériences vécues et de l’histoire de notre lutte contre le colonialisme et l’apartheid.
  2. Son omission malencontreuse de toute mention de la suprématie blanche et de l’extrême-droite, principales responsables des attaques antisémites, laisse involontairement l’extrême-droite hors d’atteinte, malgré une brève mention dans la rubrique des questions fréquemment posées (FAQ). La plupart des groupes d’extrême droite, en particulier en Europe et en Amérique du Nord, sont profondément antisémites mais aiment Israël et son régime d’oppression.
  3. Même si la JDA affirme la liberté de parole dans ses FAQ, ses « lignes directrices »  essaient toujours de contrôler certains discours critiques de la politique et des pratiques d’Israël, échouant à respecter pleinement la distinction nécessaire entre l’hostilité ou les préjugés à l’égard des Juifs, d’une part, et l’opposition légitime aux politiques, à l’idéologie et au système d’injustice israéliens, d’autre part. Par exemple, la JDA considère comme antisémites les cas suivants :
  1. « Présenter Israël comme le mal absolu ou exagérer grossièrement son influence réelle » comme une possible « manière codée de racialiser et de stigmatiser les Juifs ». Si dans certains cas, une telle représentation d’Israël ou une exagération grossière de son influence peuvent indirectement révéler un sentiment antisémite, dans la majorité absolue des cas liés à la défense des droits des Palestiniens, une telle déduction serait totalement déplacée. Lorsque des Palestiniens qui perdent leurs proches, leurs maisons et leurs vergers en raison des politiques d’apartheid israéliennes condamnent publiquement Israël comme « le mal absolu », par exemple, cela ne peut raisonnablement être interprété comme une attaque « codée » contre les Juifs.

Interpréter l’opposition aux crimes et au régime d’oppression israéliens comme anti-juive, comme le font souvent Israël et ses partisans de droite anti-palestiniens, rend effectivement Israël synonyme de ou coextensif à « tous les Juifs ». D’un point de vue éthique, en plus d’être anti-palestinienne, cette équation est profondément problématique car elle essentialise et homogénéise toutes les personnes juives. Cela contredit la déclaration initiale de la JDA selon laquelle il est « raciste d’essentialiser … une population donnée ».

  1. « Appliquer les symboles, les images et les stéréotypes négatifs de l’antisémitisme classique … à l’État d’Israël ». Comme la JDA l’admet elle-même ailleurs, une telle généralisation est fausse dans tous les cas « fondés sur des preuves ». Considérez, par exemple, les Palestiniens condamnant le premier ministre israélien Netanyahou comme « tueur d’enfants », étant donné qu’au moins 526 enfants palestiniens ontn été assassinéslors du massacre israélien de 2014 à Gaza, sur lequel la Cour pénale internationale a récemment décidé d’enquêter. Peut-on considérer cela comme de l’antisémitisme ? Bien que les preuves tangibles soient incontestables, les Palestiniens devraient-ils éviter d’utiliser ce terme dans ce cas, simplement parce qu’il s’agit d’un trope antisémite et que Netanyahou se trouve être juif ? Est-il islamophobe de qualifier de boucher le dictateur saoudien Muhammad Bin Salman – qui se trouve être musulman – parce qu’il aurait orchestré le meurtre macabre de Khashoggi, sans parler des crimes contre l’humanité commis par le régime saoudien au Yémen ? Montrer MBS tenant un poignard ensanglanté serait-il considéré comme un trope islamophobe, étant donné que les caricatures islamophobes représentent souvent des hommes musulmans avec des épées et des poignards ensanglantés ? Il est clair que non. Alors pourquoi rendre Israël exceptionnel ?

 

  1. « Nier le droit des Juifs de l’État d’Israël à exister et à s’épanouir, collectivement et individuellement, en tant que Juifs, conformément au principe d’égalité ». Le principe d’égalité est absolument primordial pour protéger les droits individuels dans tous les domaines ainsi que pour sauvegarder les droits collectifs culturels, religieux, linguistiques et sociaux. Mais certains peuvent abuser de ce principe pour impliquer des droits politiques égaux pour les colonisateurs et les collectifs colonisés dans une réalité coloniale, ou pour les dominants et les collectifs dominés dans une réalité d’apartheid, perpétuant ainsi l’oppression. Ancré dans le droit international, après tout, le principe fondamental d’égalité n’est pas destiné à, et ne peut pas être utilisé pour, exonérer les crimes ou légitimer l’injustice.

Qu’en est-il du « droit » supposé des colons juifs israéliens à remplacer les Palestiniens sur les terres ethniquement nettoyées de Kafr Bir’im en Galilée ou d’Umm al Hiran dans le Naqab/Negev ? Qu’en est-il du prétendu « droit » de mettre en oeuvre des comités d’admission racistes dans des dizaines de colonies exclusivement juives dans l’Israël d’aujourd’hui, qui refusent l’admission de citoyens palestiniens d’Israël pour des raisons « culturelles/sociales » ? De plus, les réfugiés palestiniens devraient-ils être privés de leur droit au retour, stipulé par l’ONU, afin de ne pas perturber un supposé « droit collectif juif » à la suprématie démographique ? Qu’en est-il de la justice, du rapatriement et des réparations conformément au droit international et de leur impact sur certains « droits » supposés des Israéliens juifs occupant des maisons ou des terres palestiniennes ?

 

Et surtout, qu’est-ce que tout cela a à voir avec le racisme anti-juif ?

 

1.Comme l’a récemment révélé Der Spiegel, un rapport de police en Allemagne, par exemple, montre que la droite et l’extrême droite étaient en 2020 responsables de 96% de tous les incidents antisémites en Allemagne qui sont attribuables à un motif clair. https://twitter.com/bdsmovement/status/1362411616638275586.

Source : BDS Movement

Traduction SF pour BDS France




[Communiqué] Le harcèlement des politiciens soutenant l’IHRA ne nous intimide pas !

Le harcèlement des politiciens soutenant l’IHRA ne nous intimide pas !

Communiqué du 27 mars 2021

L’État israélien et ses amis tentent désespérément de faire taire les gens de plus en plus nombreux qui dénoncent son régime colonial et d’apartheid, et pratiquent le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) pour mettre fin aux violations du droit international par cet État.

Pour cela, ils essaient de faire adopter par des villes, et autres entités territoriales, la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste), assortie d’exemples protégeant la politique israélienne et permettant d’entraver les actions de BDS en les qualifiant d’antisémites.

Cette définition a été condamnée par la Commission Nationale Consultative des Droits Humains. Pour voir la déclaration, cliquez ici.

Comme leurs interlocuteurs sont de moins en moins dupes, ils essaient sournoisement de la faire voter en faisant croire qu’il s’agit d’une simple mise au point, qui n’empêche pas toute critique de la politique israélienne.

Le 16 mars au « sommet mondial numérique des grandes villes contre l’antisémitisme » organisé par la municipalité de Francfort, la participation française a été un fiasco. Celle de la Maire d’Amsterdam, Mme Halsema, s’est traduite par un procès en bonne et due forme contre les amalgames de la définition de l’IHRA.

Le 22 mars à Strasbourg, lors de la réunion du Conseil municipal, la tentative pour faire adopter la définition de l’IHRA a été largement rejetée. Plusieurs oratrices et orateurs, en particulier la Maire et son premier adjoint, ont condamné son caractère clivant et refusé l’instrumentalisation de la question de l’antisémitisme. Mme la Maire a insisté sur la nécessité de travailler concrètement contre tous les racismes.

Ces échecs des soutiens du régime d’apartheid israélien encouragent les défenseurs du droit et de la justice pour le peuple palestinien, et annoncent de nouveaux développements de la campagne BDS, que ce soit à Strasbourg ou ailleurs.

Nous continuerons à mettre en garde les élus municipaux, régionaux ou nationaux, et défenseurs des droits humains, sur ce que cache l’offensive de l’IHRA.

Pour les droits du peuple palestinien, contre la politique coloniale et d’apartheid israélienne, renforçons le BDS !

 

La campagne BDS France




Le boycott d’Israel à Cébazat (63)

Une dizaine de militant-e-s AFPS-BDSF 63 ont déployé le 7 mars 2021 une banderole et deux drapeaux sur le marché de Cébazat (63), « place de la Commune 1871 ». Ils ont distribué plus de 350 tracts sur la légalité de l’appel au boycott, sur la campagne BDS et l’arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, avant d’être interrompus par une forte pluie.
Le marché comportait moins de commerçants qu’avant la période Covid. L’accueil a été partagé entre indifférents, hostiles (« on a d’autres priorités ») et encouragements. Des discussions intéressantes ont eu lieu, notamment avec un salarié de l’usine voisine de LUXFER bradée par le capitalisme international, et un citoyen d’origine portugaise sur le salazarisme et le colonialisme portugais.



Mobilisation du 24 février devant les locaux de Facebook à Paris « Facebook, il faut qu’on parle »!

Dans le cadre de la campagne « Facebook, il faut qu’on parle », initiée notamment par Jewish Voice for Peace et le BNC – et à laquelle la Campagne BDS France a pris part, une journée d’action internationale a eu lieu le 24 février 2021 dans dix-huit pays. A cette occasion, BDS France s’est mobilisé devant les locaux de Facebook a Paris et a remis au siège de l’entreprise la pétition signée par plus de 50 000 personnes demandant à Facebook de ne pas protéger le gouvernement israélien en censurant des mots tels que « sionisme » ou « sioniste ». Cette censure limiterait toute critique du régime d’apartheid israélien, empêcherait les Palestinien.ne.s de décrire les situations d’oppressions dont ils/elles sont victimes et représenterait un obstacle à leur lutte pour la liberté et l’égalité. Facebook, nous devons parler ! #FacebookWeNeedToTalk

L’action BDS France du 24 février sur les réseaux sociaux

Plus d’informations sur les dangers de l’ajout des termes « sioniste » et « sionisme » à la politique de lutte contre la haine de Facebook

Intervention de BDS France devant les locaux de Facebook

La mobilisation en images



Mettre fin à l’apartheid israélien : comment surmonter les pressions des lobbies sionistes ?

Intervention de Jean-Guy Greilsamer le mardi 9 février dans le cadre de la Semaine Anticoloniale

Je vais intervenir sur la question suivante : Pour mettre fin à l’apartheid israélien, comment peut-on surmonter efficacement les pressions des lobbys sionistes, que l’on peut désigner aussi par l’expression « groupe de pression pro-Israël » ?

Je suis membre de la coordination nationale de l’UJFP. L’UJFP est une association juive antisioniste, solidaire du peuple palestinien et des anticolonialistes juifs israéliens. Nous sommes révoltés par la politique criminelle que l’Etat d’Israël mène au nom des Juifs du monde entier et sommes mobilisée contre tous les racismes en nous inscrivant dans le contexte de notre époque.

Je vais rappeler la nature du régime israélien et m’exprimer sur l’importance et l’enjeu international de mettre fin à son impunité, sur la nature des pressions des lobbys sionistes, sur le BDS, mouvement international auquel adhère l’UJFP, sur comment surmonter les pressions des lobbies sionistes, et sur ce que nous pouvons faire pour contribuer efficacement à mettre fin à l’impunité d’Israël.

L’Etat d’Israël développe depuis sa création une politique coloniale, d’apartheid et d’épuration ethnique, commet de nombreux assassinats ou massacres, impose depuis longtemps le blocus criminel de Gaza, persécute les résistants, cherche à acculer le peuple autochtone palestinien au désespoir et à le faire capituler.

Il bafoue constamment le droit et les résolutions internationales, notamment le droit au retour  des réfugiés (environ 800 000 ont été expulsés lors de la Nakba), et bénéficie d’une impunité résultant de la protection ou du silence des grandes puissances. Cette situation menace la survie du droit international et la paix dans le monde. L’Etat israélien est pourvoyeur d’armes et d’autres produits de haute technologie testés sur les Palestiniens, par exemple des drones qui servent à contrôler et réprimer les mouvements migratoires, ou des logiciels qui servent à ficher les populations.

Il est à l’avant-garde d’un type de société capitaliste discriminatoire, colonialiste, raciste, sécuritaire, xénophobe, anti-migrants.

L’apartheid israélien a été officialisé par la loi Etat-Nation du peuple juif, votée en juillet 2018 par la Knesset, le parlement israélien. Cette loi stipule que le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël n’appartient qu’au peuple juif, elle encourage la colonisation et relègue le peuple palestinien au statut de citoyens de seconde zone. Le fait que le régime israélien est un régime d’apartheid est de plus en plus reconnu au niveau international non seulement dans l’opinion publique mais aussi par des organismes ayant pignon sur rue. Ainsi l’importante O.N.G. israélienne B’Tselem a récemment publié un texte remarquable sur ce sujet.

Israël commet des crimes d’apartheid : de tels crimes sont considérés par le statut de Rome de 1998 fondant la Cour Pénale Internationale (CPI) instituée en 2002 comme des crimes contre l’humanité, imprescriptibles et exposant leurs responsables à des sanctions sévères.

Face aux exactions de l’Etat israélien et malgré les pressions multiples de cet Etat et ses soutiens, la solidarité avec la Palestine s’est développée. Malgré un contexte international difficile elle persévère et remporte des victoires, en particulier celles du mouvement BDS, Boycott, Désinvestissement Sanctions jusqu’à ce que l’Etat d’Israël se conforme au droit international.

Une victoire importante a été l’arrêt du 11 juin dernier de la CEDH, la Cour européenne des droits de l’homme, condamnant la France. Un jugement de la cour d’appel de Colmar confirmé la Cour de cassation, avait condamné des militants BDS de la région de Mulhouse qui intervenaient auprès des clients d’un supermarché. Il les avait condamnés pour incitation à la discrimination économique envers des personnes en raison de leur appartenance à une nation. Un recours a alors été engagé auprès de la CEDH, qui est une juridiction qui s’adresse à 47 états européens. La CEDH a alors dans son arrêt du 11 juin souligné que les actions et les propos reprochés aux requérants concernaient un sujet d’intérêt général, celui du respect du droit international public par l’Etat d’Israël et de la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, et s’inscrivaient dans un débat contemporain, ouvert en France comme dans toute la communauté internationale.

Elle a rappelé que en droit international, le boycottage est considéré comme une forme légitime d’expression politique, et que les manifestations non violentes de soutien aux boycotts relèvent, de manière générale, de la liberté d’expression légitime qu’il convient de protéger.

La CEDH a condamné la France à des dédommagements d’un montant total de 100 000 euros, pour les frais de justice et pour des amendes au bénéfice des militants poursuivis.

Ces condamnations, les lobbys sionistes ne peuvent pas les supporter. Le sionisme, c’est l’idéologie et la politique israéliennes, dont l’objectif est d’imposer la suprématie juive dans la Palestine historique et d’exclure le peuple autochtone palestinien. Il se base sur l’escroquerie politique selon laquelle le soi-disant peuple juif reviendrait sur ses terres après 2000 ans d’exil.

Les lobbys sionistes sont des groupes de pression qui incluent énormément de personnes qui ne sont pas juives, dont certaines sont d’ailleurs ouvertement antisémites, par exemple les Chrétiens évangéliques, qui aux Etats-Unis sont beaucoup plus nombreux que les Juifs dans le monde entier. Il est important de préciser aussi que beaucoup de personnes juives sont antisionistes ou reconnaissent que l’antisionisme, historiquement né parmi les populations juives, relève de la liberté d’expression. Parmi les associations juives antisionistes, je mentionne en particulier l’association étasunienne « Jewish Voice for Peace » qui a une audience réelle, notamment dans les milieux universitaires.

Parmi les lobbys sionistes en France il y a notamment le CRIF, Conseil soi-disant Représentatif des Institutions Juives de France, le BNVCA, Bureau National de Vigilance contre l’antisémitisme, l’association France Israël, Avocats sans Frontière de l’avocat Goldnadel, ELNET, qui est un réseau européen qui œuvre à renforcer les liens entre la France et Israël en ciblant les leaders, patrons et élus pour leur vendre le produit Israël, ses start-up et ses colonies (il y a d’ailleurs un récent article intéressant du journaliste Jean Stern concernant ELNET), la LICRA toujours prompte à protéger la politique israélienne, et de nombreuses personnalités politiques (par exemple Aurore Bergé, élue médiatisée de LREM dont Jean Stern décrit l’admiration pour Israël, Estrosi le maire de Nice, etc)  Il y a aussi des groupes fascistes violents tels que la Ligue de Défense Juive.

Les pressions des lobbys sionistes consistent à essayer de faire croire que les résistants palestiniens qui refusent de se soumettre aux injonctions des autorités israéliennes sont des terroristes, que l’antisionisme est antisémite, que le BDS est antisémite, que l’antisémitisme est aujourd’hui un racisme beaucoup plus dangereux que tout autre racisme et qu’il doit être dissocié des autres racismes.

Ces lobbys pour tenter de protéger la politique israélienne, n’hésitent pas à brandir des injonctions fascisantes dans le but de faire taire les antisionistes. Ils surveillent minutieusement leurs propos et leurs écrits, traquent la moindre virgule mal placée, sont prompts à détacher une phrase de son contexte pour accuser d’antisémitisme son auteur(e). C’est ce qui est arrivé récemment à Houria Bouteldja à propos d’une phrase sur le rapport des Israéliens à leur identité. Peu après, André Rosevégue, représentant l’UJFP en Aquitaine, a suscité la colère du CRIF et de la LICRA à Bordeaux parce qu’il critiquait la formule « contre le racisme et l’antisémitisme » dissociant l’antisémitisme des autres racismes. Pour ces gens du CRIF et de la LICRA, toute activité antiraciste ne peut que dissocier l’antisémitisme des autres racismes.

Une bataille actuelle des lobbys sionistes est d’essayer d’imposer la définition de l’antisémitisme par l’IHRA, l’Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste, et en réalité d’imposer les exemples d’antisémitisme qui ont été rajoutés à cette définition, qui est elle-même banale.

Voici trois exemples significatifs.

1. Serait antisémite Le refus du droit à l’autodétermination des Juifs, en affirmant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste, ce qui signifie donc qu’il serait antisémite de critiquer l’histoire et la nature de l’Etat d’Israël

2. Serait également antisémite Le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique, ce qui signifie que l’Etat d’Israël est démocratique et que l’existence d’oppressions coloniales aussi fortes que celles que subissent les Palestiniens ne peut provenir que d’Etats non démocratiques ce qui interdirait de critiquer Israël

3. Autre citation : L’antisémitisme peut se manifester par des attaques à l’encontre de l’État d’Israël lorsqu’il est perçu comme une collectivité juive. Commentaire : c’est bien l’Etat d’Israël lui-même qui s’affiche comme une collectivité à suprématie juive !

Je précise que l’auteur de la définition initiale de l’antisémitisme sans les exemples s’est désolidarisé des exemples, estimant qu’il s’agit d’une manipulation politique.

Je précise aussi que la maire de Paris Anne Hidalgo, qui a des ambitions nationales, a voté récemment pour la définition de l’IHRA.

Cette utilisation de la définition de l’IHRA fait l’objet de nombreuses mobilisations. Mobilisation des lobbys sionistes qui la promeuvent partout où ils peuvent : dans les Etats membres de l’Union Européenne, aux Etats-Unis, au Canada, dans les universités. Mais le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien se mobilise aussi pour s’y opposer, en particulier dans les universités, que ce soit au Canada, aux Etats-Unis, et cela commence en France.

Le 3 décembre 2019 l’Assemblée Nationale a voté la résolution Maillard qui s’appuie sur la définition de l’IHRA et considère dans ses attendus que l’antisionisme est une des formes contemporaines de l’antisémitisme, pour reprendre les mots du Président de la République.

Le 20 octobre 2020 le garde des sceaux, ministre de la justice français, a publié une dépêche relative à la répression des appels discriminatoires au boycott des produits israéliens. Ce document, établi manifestement pour répondre aux demandes du CRIF et autres lobbys sionistes, a été interprété par beaucoup de militants du mouvement de solidarité comme maintenant la circulaire Alliot Marie de 2010 appelant les parquets à poursuivre les militants appelant au boycott des produits israéliens.

Face à toutes ces pressions des lobbys sionistes, la question à résoudre est alors : comment faire en sorte que ces pressions ne soient pas un obstacle aux actions pour mettre fin à l’impunité de l’Etat d’Israël et développer la solidarité avec le peuple palestinien ?

A cette question il y a lieu d’apporter plusieurs réponses.

D’une part il ne faut pas sous-estimer les capacités de nuisances de dispositions comme la définition de l’IHRA, la résolution Maillard ou la dépêche du ministre de la justice relative à la répression des appels discriminatoires au boycott des produits israéliens. Par exemple des réunions publiques, des réservations de salles ou des participations à des évènements culturels ont été interdites en Angleterre ou en Allemagne en s’appuyant sur la définition de l’IHRA. En France il y a des pressions similaires aussi.

Mais d’autre part il ne faut pas non plus surestimer le contenu de ces dispositions. Ces textes, résolutions, circulaires ou dépêches, ne sont pas des lois, ils sont des recommandations, ils sont juridiquement non contraignants, et leurs contenus peuvent être retournés contre les lobbys qui les brandissent.

L’utilisation de la définition de l’IHRA, ou antérieurement la publication de mesures gouvernementales, fédérales ou régionales  anti-BDS, ont fait l’objet de nombreux jugements de tribunaux rappelant que le BDS relève de la liberté d’expression, que ce soit aux Etats Unis, en Allemagne ou en Grande Bretagne.

En France de nombreuses associations connues telles que la Ligue des Droits de l’Homme s’opposent à la définition de l’IHRA au nom du respect de la liberté d’expression.

La résolution Maillard a été votée par une minorité de députés et a même divisé la majorité La République en Marche.  Son article unique n’évoque pas l’antisionisme et son auteur Maillard a précisé que les exemples associés à la définition de l’IHRA n’étaient pas inclus.

Quant à la dépêche du ministère de la justice, nulle part elle ne condamne le jugement de la CEDH condamnant la France.

Avant d’en venir à d’autres questions, je veux préciser que s’il est important de ne pas négliger les diffamations des lobbys sionistes, il est important aussi de ne pas se concentrer dans un militantisme ciblé essentiellement contre chaque diffamation, de ne pas se laisser enfermer dans un tête-à-tête constant avec les lobbys sionistes, parce que beaucoup de sionistes souhaiteraient dévoyer ainsi notre travail de sensibilisation au sort du peuple palestinien. Il s’agit donc de sélectionner nos ripostes aux pressions sionistes.

Ces ripostes sont principalement de trois ordres : sur le terrain juridique, sur le terrain de la solidarité avec le peuple palestinien et contre l’impunité d’Israël et sur le terrain de l’antiracisme.

1. Sur le terrain juridique d’assez nombreux/breuses juristes sont intervenu-e-s contre les mesures ciblant ouvertement ou insidieusement la solidarité avec le peuple palestinien. Ils et elles effectuent un travail important au service du mouvement de solidarité et pour rallier d’autres juristes. Il est nécessaire de faire face aux procès intentés par les lobbys sionistes contre les militant-e-s. Il est nécessaire aussi d’intenter nous-mêmes des procès contre les diffamations les plus flagrantes, de ne pas rester sur la défensive. Le droit est de notre côté.

2. Sur le terrain de la solidarité avec le peuple palestinien, il y a de multiples possibilités : le lobbying auprès de certains élus pour contrecarrer utilement le lobbying sioniste qui leur est infligé, la médiatisation de l’aide à des projets ou des activités économiques, sociaux, culturels au service des Palestiniens et assurant leur autonomie, et surtout la poursuite du mouvement BDS sans se laisser intimider est une activité décisive pour neutraliser les lobbys sionistes.

Ce mouvement est international, non violent, citoyen et antiraciste.

Il se fonde exclusivement sur le droit international et les droits humains universels

Il remporte de nombreux succès, rallie d’importants syndicats, églises, associations universitaires, personnalités des mondes culturel, sportif et politique. De nombreuses personnes et associations juives participent au BDS.

Il y a eu des victoires contre des sociétés qui étaient complices de l’apartheid et de la colonisation : la société Agrexco de commercialisation de fruits et légumes qui a fait faillite, l’entreprise Veolia qui s’est retirée d’Israël, la société de téléphonie Orange qui avait un accord avec une entreprise de téléphonie israélienne intervenant dans les colonies. Des entreprises hésitent désormais à investir en Israël.

En février 2020, le Bureau du Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies a publié une liste noire de 112 entreprises contribuant aux implantations coloniales israéliennes, toutes illégales. Cette liste, encore incomplète et qui doit être actualisée tous les ans, est un moyen de pression sur les entreprises : elle contient 3 entreprises françaises (Alstom, Egis et Egis rail) et plusieurs entreprises pas françaises mais commercialisant des produits ou services en France : Altice Europe, entreprise néerlandaise incluant SFR, Airbnb et TripAdvisor, entreprises américaines, booking.com entreprise néerlandaise, General Mills USA, qui commercialise Yoplait et les glaces Häagen-Dazs.

Ce 5 février 2021 a été marqué par un évènement important : la Cour Pénale Internationale confirme enfin sa compétence sur le Territoire Palestinien Occupé. Elle peut donc, même si cela n’est pas encore gagné, condamner de hauts responsables israéliens à de lourdes peines pour crimes de guerre ou pour crimes d’apartheid. Netanyahou a bien entendu crié que c’est du pur antisémitisme, mais le président étasunien Biden a lui aussi rejeté la compétence de la CPI.

Dans la période actuelle le mouvement BDS développe des campagnes ciblant plusieurs sociétés : la compagnie d’assurance et groupe bancaire AXA, qui investit dans  des banques finançant les colonies et a des capitaux dans une société participant au financement de l’industrie israélienne d’armement Elbit Systems, l’équipementier sportif PUMA qui sponsorise l’Association Israélienne de Football dont ses équipes implantées dans les colonies, la société espagnole de matériel de transport CAF, qui participe à la création d’une nouvelle ligne de tramway reliant Jérusalem aux colonies.

Le boycott culturel, le refus de nombreux artistes de participer  à des initiatives sponsorisées par Israël, ont un impact considérable ; Israël échoue à se servir de la culture pour tenter de redorer son image. Récemment plus de 1000 artistes irlandais se sont engagés pour le boycott. Les refus d’artistes de se produire à des festivals sponsorisés par le régime israélien ne fléchissent pas.

La semaine internationale contre l’apartheid israélien aura bientôt lieu.

Les interventions pour l’embargo militaire sur le commerce d’armes avec Israël se poursuivent.

Les zones libres d’apartheid ont continué de se multiplier malgré le COVID, notamment en Italie, ces zones concernant des commerces, des lieux culturels ou des quartiers.

De même que le boycott de l’Afrique du Sud avait contribué à mettre fin à l’apartheid dans ce pays, le Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’Etat d’Israël continue de progresser et progressera jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.

3. Une autre riposte aux lobbys sionistes, non moins importante, est la participation au mouvement antiraciste décolonial qui rassemble les acteurs de l’antiracisme politique de notre époque.

Le sens des accusations d’antisémitisme proférées par les lobbys sionistes contre les antisionistes est de propager une politique elle-même raciste.

L’antisémitisme en France est bien réel et doit être combattu. Il s’agit d’un antisémitisme de période de crise, meurtrier, s’appuyant sur la représentation complotiste des Juifs qui chercheraient à dominer le monde, reprenant ou continuant les clichés de l’extrême droite historique. Mais les tentatives d’infiltrations du mouvement de solidarité avec la Palestine par des antisémites ne sont pas plus importantes que toute tentative d’infiltration d’autres bonnes causes par des gens racistes et, surtout, la politique israélienne et les objectifs des lobbys sionistes ne peuvent que favoriser l’antisémitisme.

Il s’agit pour eux d’identifier toute la population juive comme défendant à juste titre un régime colonial, de protéger un Etat israélien qui a noué de solides relations avec des politiciens antisémites tels qu’en Hongrie avec Orban, en Pologne, etc, sans oublier Bolsonaro et les antisémites qui gravitent autour de Trump. Il s’agit en France de se servir des Juifs contre les victimes du racisme institutionnel et systémique, en particulier les victimes de la politique islamophobe, les Juifs étant alors considérés comme les bons élèves de la République.

Face à cette situation l’antisémitisme et les pressions sionistes en faveur de l’impunité d’Israël nécessitent de rompre avec l’exclusivisme de l’antisémitisme et de soutenir le front des populations racisées c’est-à-dire victimes des politiques racistes, d’inspiration coloniale et suprématiste, qu’il s’agisse des musulmans ou supposés tels, des populations Noires, des R’roms, des asiatiques. C’est pourquoi l’UJFP travaille à construire, avec la BAN (Brigade Anti Négrophobie), avec le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), avec La Voix des Rroms, et avec le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) avant qu’il soit injustement dissous, une plateforme antiraciste qui s’adresse à toutes les victimes du racisme et dénonce toutes ses formes.

Cette résistance au racisme se manifeste dans la défense juridique mutuelle, dans les constitutions de partie civile dans des procès, dans la solidarité contre les manifestations les plus marquantes du racisme institutionnel et systémique, en particulier concernant les violences policières.

L’UJFP s’était constituée partie civile aux côtés du CCIF pour son procès contre Clavreul, qui était responsable de la DILCRA, Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Clavreul avait sur facebook accusé le CCIF d’antisémitisme et le CCIF avait gagné le procès. Il y a eu aussi un procès contre Zemmour, connu pour ses envolées racistes et l’indulgence voire le soutien de grands médias dont il bénéficie.

L’UJFP participe aux manifestations pour la régularisation des sans-papiers, pour la fermeture des centres de détention, pour la solidarité avec les migrants, victimes de politiques scandaleuses et inhumaines. Nous sommes mobilisés contre les mesures liberticides et contre la loi sur le séparatisme.

Toutes ces mobilisations promeuvent un antiracisme respirable, correspondant aux réalités de notre époque, un antiracisme qui s’est dégagé des discours et des pressions des lobbies sionistes.

Pour laisser place aux questions et discussions, c’est le moment de conclure cet exposé.

Les mobilisations contre les pressions des lobbys sionistes font partie des luttes pour un monde décolonisé, pour un vivre ensemble dans la justice, l’égalité et la dignité.

Dans la période que nous vivons, l’avenir est incertain. Mais les régimes d’apartheid ne durent pas éternellement, et les résistances aux racismes telles que je les ai évoquées se développent malgré les mesures gouvernementales actuelles et les discours et pratiques discriminatoires de divers courants politiques. L’UJFP est engagée dans ces résistances.

S’engager dans la Campagne BDS et dans les mobilisations antiracistes décoloniales permet de contribuer à mettre fin à l’apartheid et au régime colonial israéliens. C’est un devoir politique et moral de s’y implique




[Communiqué du BNC] Nous ne serons pas réduits au silence.

Par le Comité national palestinien du BDS (BNC), le 2 décembre 2020

Notre mouvement pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens est confronté à des attaques de plus en plus nombreuses. Leur guerre contre BDS est un échec, mais nous avons plus que jamais besoin de votre soutien pour défendre les droits des Palestiniens.

Cette année, le mouvement BDS pour la liberté, la justice et l’égalité pour le peuple palestinien a été confronté à une escalade des attaques de l’apartheid israélien et de ses partisans anti-palestiniens.

Dans de nombreux pays, en particulier en Europe et aux États-Unis, un climat inquiétant d’intimidation et de répression a résulté de la diffusion de la définition de travail de l’antisémitisme de l’IHRA qui associe l’opposition légitime au régime d’apartheid, de colonialisme et d’occupation illégale d’Israël à l’antisémitisme.

Les militants de la solidarité avec la Palestine, les associations et le mouvement BDS dans son ensemble sont diffamés, se voient refuser l’accès aux espaces publics et aux financements, sont censurés par les fournisseurs de plateformes de médias sociaux et sont persécutés par les organisations de droit israélien dans le cadre de procès futiles. Des politiques et des lois restrictives sont adoptées pour diaboliser ou criminaliser les boycotts des consommateurs ainsi que le désinvestissement et l’approvisionnement éthique par les institutions publiques.

 

Nous avons plus que jamais besoin de votre soutien pour défendre les droits des Palestiniens

et notre liberté d’expression collective.

Faites un don : https://bdsmovement.net/donate 

 

La bonne nouvelle, c’est que leur guerre contre le BDS est en train d’échouer.

Aux États-Unis, seule une fraction (25 %) des 202 projets de loi introduits pour supprimer notre défense des droits des Palestiniens est devenue une loi en raison de la forte opposition de la base et des libertés civiles.

La Cour européenne des droits humains (CEDH) a rendu une décision historique en juin, statuant que l’appel au boycott des produits israéliens relève de la liberté d’expression protégée par la Convention européenne des droits humains.

Les experts des droits humains des Nations unies sont intervenus contre les motions antidémocratiques et anti-palestiniennes adoptées contre le mouvement BDS en Allemagne, demandant au gouvernement allemand de veiller à ce que les groupes et les partisans du BDS « puissent mener à bien leur travail légitime dans un environnement sûr et favorable, et sans restrictions excessives ».

Des centaines d’universitaires juifs et israéliens, y compris des spécialistes renommés de l’histoire juive et de l’Holocauste, ont également condamné les résolutions parlementaires en Allemagne et en France qui assimilent l’antisionisme et le BDS à l’antisémitisme.

Au Royaume-Uni, la Cour suprême a confirmé le droit des fonds de pension publics de se séparer des entreprises complices de l’apartheid israélien en rejetant les restrictions illégales du gouvernement, tandis qu’un tribunal espagnol a rejeté le procès frivole d’un groupe de pression israélien contre l’annulation par la ville de Cadix d’un événement cinématographique parrainé par l’ambassade israélienne.

 

Avec votre soutien, nous continuerons à développer notre mouvement non-violent BDS, à construire des alliances plus fortes avec les mouvements de justice mondiale, et à donner de l’espoir et de l’inspiration aux Palestiniens alors que nous continuons sur la voie de la libération.

 

Faites un don : https://bdsmovement.net/donate 

 

Source: BDS movement

Traduction GD pour BDS France

 

 




La France reçoit le président égyptien Al-Sissi: libérez Ramy Shaath!

Campagne BDS France, le 5 décembre 2020

La Campagne BDS France, dans le cadre de la campagne de soutien au défenseur des droits humains Ramy Shaath, soutient l’appel à rassemblement, le mardi 8 décembre à 18h, devant l’Assemblée Nationale, en solidarité avec le peuple égyptien et contre la visite du président égyptien Al-Sissi à Paris les 7-8 décembre 2020.

Ramy Shaat est un défenseur des droits du peuple palestinien à l’autodétermination, de double nationalité palestino-égyptienne.

Il est coordinateur du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) en Egypte depuis 2015. Il a rejoint la coalition de militants à l’origine du soulèvement populaire de janvier 2011 qui a conduit au départ du président égyptien Moubarak. Il a joué un rôle important dans la transition démocratique du pays, notamment au sein du parti El-Dostour.

Sous le régime du maréchal Al-Sissi, il est détenu arbitrairement depuis le 5 juillet 2019 pour ses activités politiques légitimes et pacifiques. Il a été inculpé dans une affaire criminelle sans aucun fondement et sans aucune preuve tangible contre lui, à l’exception des « conclusions de l’enquête policière » auxquelles ni lui ni ses avocats n’ont eu accès. Les conditions de détention de Ramy Shaath et des autres prisonniers d’opinion égyptiens sont révoltantes.

BDS France tient à manifester sa solidarité avec Ramy Shaath et les autres prisonniers d’opinion égyptiens pour leur libération inconditionnelle.

Nous sommes solidaires également de Céline Lebrun Shaath, épouse de Ramy Shaath, pour qu’il soit mis fin à son expulsion d’Egypte intervenue consécutivement à l’arrestation de son mari.




Appel au boycott des produits israéliens : quand le ministère français de la Justice refuse de distinguer entre des produits et des hommes

Par Ghislain Poissonnier et Nicolas Boeglin, le 14 novembre

Peut-on encore espérer des autorités françaises une attitude rationnelle au sujet des appels au boycott des produits israéliens ? On peut légitimement se poser la question à la lecture d’une récente dépêche du ministère de la justice.

Dans son arrêt Baldassi du 11 juin 2020 condamnant la France [1], la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé que l’appel au boycott des produits israéliens ne peut pas en soi constituer une infraction pénale : il est en effet couvert par la liberté d’expression [2]. La France n’ayant pas fait appel de l’arrêt, celui-ci est donc juridiquement définitif depuis le 11 septembre 2020.

On pouvait donc s’attendre à ce que le ministère français de la Justice prenne les mesures qui s’imposent afin d’abroger les circulaires Alliot-Marie du 12 février 2010 [3] et Mercier du 15 mai 2012 [4]. En effet, ces circulaires prescrivent aux procureurs de poursuivre les personnes appelant au boycott des produits israéliens dans le cadre de la campagne internationale Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS).

Le 20 octobre 2020, le ministère de la Justice a cependant adressé aux procureurs une dépêche consacrée « à la répression des appels discriminatoires au boycott des produits israéliens » [5], dépêche qui s’efforce de préserver la pénalisation à la française des appels au boycott.

La dépêche (en réalité une circulaire de politique pénale) affirme même que les circulaires Alliot-Marie et Mercier sont toujours valables et que les opérations appelant au boycott des produits israéliens sont encore susceptibles de constituer une infraction.

On est donc en droit de se demander ce que fait la France d’un arrêt du 11 juin 2020 dans lequel le juge européen s’est senti obligé de rappeler qu’il :

« … a souligné à de nombreuses reprises que l’article 10 § 2 ne laisse guère de place pour des restrictions à la liberté d’expression dans le domaine du discours politique ou de questions d’intérêt général. » (§78).

Quelques lignes plus haut, le juge européen avait indiqué que les appels au boycott des produits israéliens concernent précisément « un sujet d’intérêt général, celui du respect du droit international public par l’État d’Israël et de la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, et s’inscrivaient dans un débat contemporain, ouvert en France comme dans toute la communauté internationale » (§78).

Il est clair que les autorités françaises refusent, en violation de la hiérarchie des normes, de se soumettre à la décision de la CEDH et au droit européen. Pire encore, la dépêche nous fait revenir en arrière, avant le 11 juin 2020, quand la chambre criminelle de la Cour de cassation voyait dans l’appel au boycott un appel discriminatoire.

Comme si la summa divisio consacrée par la CEDH n’existait pas. L’arrêt Baldassi explique pourtant de manière très claire qu’il convient de distinguer entre, d’une part, l’incitation à ne pas consommer des produits pour contester la politique d’un Etat, et d’autre part, des appels à la violence contre les personnes (ou des propos racistes et antisémites visant les juifs en tant que collectif ethnico-religieux) ou à la destruction de biens. La première est parfaitement licite, car couverte par le droit à la liberté d’expression. Les seconds relèvent des discours de haine qui doivent être interdits.

La dépêche joue sur ce qui pourrait à première vue apparaître comme une zone grise située entre ces deux situations, en demandant aux parquets d’observer si l’appel au boycott de produits constitue ou non un appel à la discrimination fondé sur l’origine nationale d’une personne ou d’un groupe de personnes. Partant, la dépêche alimente l’ambiguïté autour de ces deux situations, en refusant d’admettre, à la différence de la CEDH qui le conçoit, qu’il est possible de distinguer, pour parodier Steinbeck, entre « des produits et des hommes ».

Une ambiguïté qui est également alimentée en entretenant un flou entre appel au boycott des produits israéliens et antisémitisme, sans préciser clairement ce qui pourrait faire basculer l’un vers l’autre [6].

Au final, la dépêche est plus que décevante en ce qui concerne son contenu juridique. Sans doute parce qu’elle ne parvient pas à masquer son but, qui est manifestement politique : réprimer à tout prix les appels au boycott des produits israéliens lancés dans le cadre de la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS).




Lettre de BDS France Toulouse après les appels à la violence du CRIF

BDS France Toulouse
10bis, rue du Colonel Driant
31000 Toulouse

Toulouse le 25 septembre 2020.

Monsieur le Préfet de la Haute-Garonne
1, place Saint Etienne 31000 Toulouse

Monsieur le Préfet,

Dans un article publié par la Dépêche le 4 juillet 2020, M. Touboul, le représentant local du CRIF, après avoir déclaré : « Il faut rétablir l’autorité de l’État », se livre à une menace directe : « Faut-il attendre que je laisse intervenir les militants de ma communauté pour démonter leur stand [le stand du Collectif Palestine Vaincra] et ainsi caractériser le trouble à l’ordre public ? »

M. Touboul est un habitué de ce type d’interventions, cautionnant à plusieurs reprises les violences de ses amis du CRIF et ennemis de la liberté d’expression. Rien de bien nouveau ! Cette fois-ci il va plus loin en s’en prenant directement à vos services et en vous proposant publiquement de réaliser avec l’aide d’une de ses milices « un trouble à l’ordre public » qui permettrait d’interdire l’expression d’une association solidaire du peuple Palestinien.

Nous voulons attirer votre attention sur les menaces et les incitations à la violence de ce récidiviste qui ne sont pas à prendre à la légère. Dans notre lettre du 29.01.2015 adressée à votre prédécesseur nous écrivions :

« Samedi 17 janvier 2015, une dizaine d’individus a violemment attaqué des militants de la campagne BDS31 (Boycott Désinvestissement Sanctions) durant une simple distribution de tracts à la sortie du métro Balma-Gramont appelant l’enseigne Auchan à cesser tout commerce avec les entreprises israéliennes. Deux militants ont été blessés, du matériel détruit, des tracts volés, des menaces de mort proférées.

Il est probable que cette attaque provienne de la Ligue de Défense Juive ou d’un groupe proche…

Nous vous demandons, Monsieur le Préfet, au nom de la liberté d’expression, de faire cesser les agissements de ces extrémistes violents. Nous demandons que la volonté politique s’exerce pour identifier les coupables le plus rapidement possible. »

Cette agression date donc de bientôt six ans ! L’enquête de police rondement menée a permis d’identifier les individus du commando, amis du CRIF. Une commission rogatoire a été mise en place fin 2019 « pour violence commise en réunion ». Mais les responsables de cette agression ne sont toujours pas jugés. Dans ce contexte le sentiment d’impunité des amis de M. Touboul ne peut que se renforcer, d’où ses incitations publiques à la violence.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme a reconnu le 11 juin 2020 le boycott comme étant un droit citoyen faisant partie de la liberté d’expression et, sur cette base, elle a condamné la France pour avoir réprimé les militant.e.s de la campagne BDS. Cette décision constitue une défaite cinglante pour le Crif après des années de lobbying pour imposer la criminalisation du BDS.

Nous conclurons avec ces mots du Président de la République le 4 septembre 2020: « Il n’y aura jamais de place en France pour ceux qui, souvent au nom d’un Dieu, parfois avec l’aide de puissances étrangères, entendent imposer la loi d’un groupe. »

Lettre envoyée à M. Le Préfet de la Haute-Garonne le 9 septembre 2020.




Procès BDS France Montpellier : « Retournement »… de situation !

Mercredi 9 septembre 2020,  8h15. Une vingtaine de personnes sont passées pour exprimer leur soutien à BDS France Montpellier…

Contre toute attente,  la juge (Mme A. Labrousse) qui avait à deux reprises et sans hésitation, prononcé la relaxe aux deux précédents procès a immédiatement annoncé, après les explications du militant  BDS, José-Luis Moraguès et de la plaidoirie de Me Ottan,  sans mise en délibéré et sans exposer ses motifs, la condamnation du militant BDS et à travers lui de BDS France -Montpellier, à 150€ d’amende, la confiscation du matériel (d’un montant de 400€, déjà aux mains de la police) et au paiement des frais de justice.

BDS France Montpellier a décidé de faire appel de la décision.

Nous attendrons le jugement rendu par la juge (Mme Delabrousse) pour faire nos éventuels commentaires.

______________________________________________________________________________

QUELQUES TÉMOIGNAGES DE SOLIDARITÉ  (recueillis avant le jugement sur le parvis du tribunal)

Pierre Stambul, Porte parole de UJFP, venu tout spécialement de Marseille :

Nicole Ziani, pour le comité BDS France Nîmes et AFPS Nîmes

Sarah Katz, représentante d’ISM France et membre du comité G.I Abdallah

Bruno Alonso et Isabelle Quaglia, membres du « Collectif contre les armes mutilantes » de Montpellier:

Deux ami.e. de BDS France Montpellier




Lettre de Mahmoud Nawajaa à ses soutiens

Mouvement BDS

le 2 septembre 2020

Cher supporter,

Il était à 3 H. et demie du matin, juste avant l’Eid al-Adha. Nous nous étions préparés à célébrer la fête dans notre nouvelle maison de rêve, que nous avions mis des années à terminer. Des dizaines de soldats israéliens, accompagnés de chiens, ont fait irruption chez nous, terrifiant nos trois enfants. Ils m’ont bandé les yeux et menotté et m’ont emmené dans un centre militaire d’interrogatoire près de Haïfa. J’aimerais pouvoir visiter cette magnifique Haïfa palestinienne dans d’autres circonstances.

A l’arrivée, ma main droite était enflée, bleuie et engourdie après des heures étroitement enchaînée. Ils n’ont pas tenu compte de ma plainte et ne l’ont pas traitée. Maintenant encore, des semaines après mon arrestation, une partie de ma main reste engourdie.

Ils m’ont mis dans une minuscule cellule sans fenêtre au sous-sol, avec des murs en béton brut et une large porte métallique. Une lumière brillante était toujours allumée. Je ne pouvais reconnaître le jour et la nuit, et le temps s’étirait.

Pendant mes 19 jours d’interrogatoire, je n’ai jamais vu le soleil, sauf pendant 20 minutes en tout quand on m’a emmené au tribunal militaire pour audition.

SVP faites un don au mouvement BDS pour permettre au soleil de la liberté et de la justice de briller.

Ici https://bdsmovement.net/donate

J’ai résisté aux conditions dégradantes de ma détention en me rappelant le rire de mon fils Ahmad de deux ans, mes conversations avec ma femme, mes amis et collègues, et plein de petits détails de la vie auxquels je n’avais pas prêté attention auparavant.

Les enquêteurs m’ont obligé à m’asseoir sur une étroite chaise en métal pendant 16 heures dans une position très pénible, se relayant pour me menacer en me hurlant dessus. Mais ils ne sont pas arrivés à diminuer ma volonté ou mon espoir. Tous deux découlant de ma foi absolue en la justice de notre – et de ma – cause, et dans ma confiance que le mouvement BDS auquel j’appartiens, soutenu par des gens de conscience à travers le monde, ferait campagne sans répit pour ma libération.

J’ai transcendé mon isolement dans leur immonde cellule en rejoignant mentalement les millions de personnes solidaires de la lutte pour la libération de notre peuple, son droit au retour et son autodétermination. Vos voix lointaines m’arrivaient, spirituellement, me donnant de la force et nourrissant mon espoir.

Aujourd’hui, je suis libre ! Si ce n’était grâce à votre solidarité, mon incarcération aurait été incommensurablement pire. Je n’ai pas de mots pour exprimer ma profonde gratitude envers chacun de ceux qui ont participé à la campagne de pression sur l’Israël d’apartheid pour qu’il me libère.

Comme l’a dit un jour la grande poétesse noire américaine et militante des droits civiques Maya Angelou : « L’espoir et la peur ne peuvent occuper le même espace au même moment. Invitez l’un des deux à rester. »

J’ai invité l’espoir et la résistance.

Maintenant je vous invite à faire un don au mouvement BDS et à notre juste marche vers la liberté, la justice et l’égalité pour notre peuple et pour toutes les personnes opprimées dans le monde.

Ici https://bdsmovement.net/donate

Unis, pour la Liberté, la Justice et l’Egalité

Mahmoud Nawajaa

 

Le mouvement BDS non-violent pour la liberté, la justice et l’égalité est soutenu par la majorité absolue de la société palestinienne. BDS rejette toutes les formes de racisme et de discrimination raciale.

 

Traduction : J. Ch.  pour BDS France




Montpellier : 3ème procès rocambolesque contre un militant BDS France !

A l’heure où la Cour Européenne de justice condamne la France à verser plusieurs dizaines de milliers d’euros pour atteinte à la liberté d’expression – aux militants BDS de Mulhouse condamnés par la justice française pour avoir appelé au boycott des produits israéliens, le préfet de Montpellier, non seulement porte atteinte à la liberté d’expression de BDS France Montpellier, mais confisque le 7 mars 2020 le chapiteau BDS et les deux tables et comble de … (on vous laisse choisir) cite devant le tribunal de police le 9 septembre 2020 un militant BDS au motif rocambolesque de : « Embarras d’une voie publique par dépôt ou abandon sans nécessité d’objets ou matériaux entravant la libre circulation. « Art. 644-2 du C. pénal.

Le ridicule et deux procès perdus ne semblent pas constituer un frein à ce type de répression.

Procès du 16 octobre 2019 : Le prévenu n’était même pas au lieu ni heure du PV dressé contre lui. RELAXE !

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Procès du 3 juin 2020 : Tapage nocturne à 19h30 en Juin c’est l’heure ou l’on se protège encore du soleil ! témoins et vidéo ont attesté qu’il n’y avait aucun bruit. RELAXE

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3ème procès : le mercredi 9 septembre 2020, 8h, TGI place Pierre Flotte – Montpellier

Motif :

 

L’incohérence des motifs prouve au moins deux choses :

– Que la Ville de Montpellier et la préfecture n’hésitent pas à instrumentaliser la justice (et au passage la surcharger) à des fins politiques puisqu’il s’agit avant tout d’empêcher l’expression des positions stratégiques du BDS pour l’autodétermination (Fin de la colonisation, retour des réfugié.e.s dans leurs maisons et terres et égalité absolue pour les palestiniens d’Israël) et les actions offensives de BDS France Montpellier.

– Que les police municipale comme nationale se sentent tellement « couvertes » par leur hiérarchie qu’elles peuvent se permettre n’importe quoi en toute impunité. On le voit avec la répression des Gilets jaunes et de l’ensemble du mouvement social.

UNE ATTAQUE EN RÈGLE :

Samedi 7 mars 2020, juste avant le confinement,  BDS France Montpellier tenait un stand place de la Comédie pour dénoncer l’annexion de la Palestine par Israël, l’apartheid et le génocide progressif des palestinien.e.s de la Bande de gaza. La Mairie ayant systématiquement refusé à plusieurs associations l’autorisation de tenir un stand en solidarité avec la Palestine, les militant.e.s sont contraints à la désobéissance civile pour informer la population des crimes et des constantes violations du droit international et des droits humains commis par Israël en toute impunité.

A peine arrivés, les militant.e.s BDS reçoivent la visite de la police municipale du maire P. Saurel (non réélu) qui dresse son habituel PV pour occupation illégale de l’espace public.

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Puis presque aussitôt comme dans un ballet bien réglé arrive un peloton de gendarmerie renforcé par la police nationale à la tête desquels une commissaire de la PJ (Police judiciaire) relève deux noms et annonce le PV de 4ème catégorie et la confiscation du chapiteau et des deux tables tapissier en aluminium.

A ceux et celles qui se lamentent ou se plaignent à juste titre de l’encombrement et de la lenteur de la justice en France nous leur suggérons d’adhérer à BDS France, le service est ultra rapide. Dans le cas du 7 mars, on n’est même pas passé par les cases « contravention », « contestation, « ordonnance pénale « et « opposition » c’est passé direct du PV (qui ne nous a même pas été remis le 7 mars) à la case procès avec au passage 700€ euros pour l’avocat…

Deux lettres recommandées avec A/R ont été envoyées à la commissaire et au procureur demandant comment récupérer le matériel, ni l’un ni l’autre n’ont daigné répondre.

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Petit moment de perplexité face à la procédure de démontage… c’est sûr que c’est plus compliqué que d’appuyer sur la gâchette du LBD…

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Celle-là elle va pas nous échapper…

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Armure et masque à gaz contre une petite table en alu…

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Même la table tapissier résiste !

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Et quand c’est fini on défile comme à la parade, fiers de la mission accomplie et d’avoir sauvé les montpelliérain.e.s de l’ennemi intérieur N°1…

On n’est pas content.e.s mais on lâche rien et on reviendra !




CGT – INRAE : lettre a l’ambassade d’Israël pour M Nawajaa

suite à l’arrestation arbitraire du coordinateur de la campagne BDS en Palestine, et à l’appel du BNC

une lettre a été envoyée par la CGT-INRAE à l’ambassade d’Israel avec copie au ministère des affaires étrangères




Rejoignez Amnesty International pour demander la libération de Mahmoud #FreeMahmoud

7 août 2020 / Par Comité national palestinien du BDS (BNC) /

Agissez comme  Amnesty International qui demande que la communauté internationale fasse pression pour libérer Mahmoud Nawajaa et protège les militants du BDS dans le monde

#FREEMAHMOUD

bdsmovement.net / amneytysaysfreemahmoud

Alors que les autorités israéliennes continuent de refuser au défenseur des droits humains palestinien et coordinateur du BDS Mahmoud Nawajaa le droit de voir son avocat, le gardant dans leurs cachots d’interrogatoire, Amnesty International appelle à une pression internationale pour sa libération #FreeMahmoud et pour protéger les militants du BDS dans le monde entier. Merci  d’utiliser et de partager largement cette déclaration, y compris dans les médias et de faire pression sur les gouvernements et les parlements pour exiger d’Israël qu’il libère Mahmoud.

 

Aujourd’hui, Amnesty International a publié la déclaration suivante :

Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement et sans condition le défenseur palestinien des droits humains Mahmoud Nawajaa, 34 ans, coordinateur général du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) dans les Territoires Palestiniens Occupés (TPO). Il est détenu uniquement pour avoir exercé ses droits à la liberté d’expression et d’association et est donc un prisonnier de conscience.

 

La condamnation simplement rhétorique, selon Amnesty, ne fait que renforcer l’impunité israélienne. La déclaration précise :

la communauté internationale dans son ensemble n’a généralement pas pris de mesures concrètes pour faire pression sur Israël afin qu’il mette fin à ces pratiques. Cela a été interprété par les responsables israéliens comme un feu vert pour les poursuivre. La communauté internationale devrait faire savoir clairement que les attaques d’Israël contre les défenseurs des droits humains et les autres voix qui critiquent l’occupation israélienne ne seront pas tolérées.

 

Amnesty conclut :

Plaider pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions est une forme de plaidoyer non-violent et de liberté d’expression qui doit être protégée. Les partisans du boycott devraient être autorisés à exprimer librement leurs opinions et à faire avancer leurs campagnes sans être harcelés, menacés de poursuites ou de criminalisation ou de toute autre mesure qui violerait le droit à la liberté d’expression.

 

Les soldats israéliens ont arrêté Mahmoud Nawajaa à son domicile lors d’un raid nocturne le 30 juillet. Depuis son arrestation, Israël lui refuse le droit de consulter son avocat.

 

Voici ce que vous pouvez faire pour nous aider #FreeMahmoud :

 

1- Utilisez les extraits ci-dessous (1) de la déclaration d’Amnesty International pour renforcer notre campagne :

 

◊ Partagez ces extraits ou la déclaration complète en anglais (https://www.amnesty.org/en/documents/mde15/2851/2020/en/) d’Amnesty International sur les médias sociaux

◊ Partagez cette déclaration avec les médias grand public, ainsi qu’avec les décideurs et les personnes d’influence.

◊ Contactez votre groupe local d’Amnesty International pour faire campagne en faveur de #FreeMahmoud.

 

2- Utilisez l’exemple de lettre ci-dessous (2) pour écrire au ministère des affaires étrangères et lui demander d’agir de toute urgence : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/mentions-legales/nous-ecrire/

Sujet de votre message : Site France Diplomatie, en  demandant de :

 

◊ Prendre toutes les mesures à leur disposition pour assurer la libération immédiate par Israël du défenseur palestinien des droits humains Mahmoud Nawajaa.

◊ Condamnez publiquement Israël pour son arrestation des défenseurs palestiniens des droits humains, comme Nawajaa et exigez qu’Israël respecte leur droit d’agir librement.

◊ Veiller à ce que les militants du BDS soient autorisés à poursuivre leurs campagnes non violentes de défense des droits humains sans être harcelés, menacés de poursuites ou criminalisés.

 

3- Mobilisez le soutien des organisations des droits de l’homme, des partis politiques, des parlementaires, des syndicats, ainsi que des groupes religieux, féministes, antiracistes et LGTBQAI+, en leur demandant de vous aider à faire pression sur votre gouvernement.

 

4- Sensibiliser les réseaux sociaux, utilisez les hashtags, #FreeMahmoud, #LibertadParaMahmoud.

 

5- Renforcez vos campagnes BDS et vos actions prévues appelant à des sanctions légales et ciblées, y compris des embargos militaires, pour mettre fin aux plans d’annexion et à l’apartheid israélien en incluant la demande de #FreeMahmoud et la demande  de mettre fin aux tentatives d’Israël de réduire au silence les défenseurs des droits humains.

 

Aidez-nous à appeler à une pression internationale efficace pour obtenir la libération immédiate de Mahmoud Nawajaa.

 

 

 

  • Déclaration d’Amnesty International :

 

 

« La communauté internationale dans son ensemble n’a généralement pas réussi à prendre des mesures concrètes pour faire pression sur Israël afin qu’il mette fin à ces pratiques. Cela a été interprété par les responsables israéliens comme un feu vert pour les poursuivre. La communauté internationale devrait faire savoir clairement que les attaques d’Israël contre les défenseurs des droits humains et les autres voix qui critiquent l’occupation israélienne ne seront pas tolérées. […]

 

« Plaider pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions est une forme de plaidoyer non-violent et de liberté d’expression qui doit être protégée. Les partisans du boycott devraient être autorisés à exprimer librement leurs opinions et à faire avancer leurs campagnes sans harcèlement, menaces de poursuites ou de criminalisation ou autres mesures qui violent le droit à la liberté d’expression ».

 

Puisque les États membres des Nations unies se sont engagés à soutenir et à protéger les défenseurs des droits humains dans le monde entier, conformément à la Déclaration sur les défenseurs des droits humains et en vue de leur permettre de mener leurs activités librement, les gouvernements et les organisations internationales doivent agir maintenant pour obtenir la libération immédiate de Mahmoud Nawajaa par Israël.

 

À la lumière de ce qui précède, nous demandons instamment au XX ministère des affaires étrangères :

1- De prendre toutes les mesures à leur disposition pour assurer la libération immédiate par Israël du défenseur des droits humains palestiniens Mahmoud Nawajaa.

 

2- De condamner publiquement Israël pour sa politique de harcèlement et d’intimidation des défenseurs des droits humains qui, comme Mahmoud, font l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires pour leur défense active des droits humains du peuple palestinien.

 

3- De veiller à ce que les militants du BDS soient autorisés à poursuivre leurs campagnes non violentes de défense des droits humains sans être harcelés, menacés de poursuites ou de criminalisation.

 

 

  • Exemple de lettre :

 

 

Sujet : Faire pression sur Israël pour qu’il libère immédiatement le défenseur palestinien des droits humains Mahmoud Nawajaa

 

Le 30 juillet, à 3h30 du matin, les forces d’occupation israéliennes ont arrêté le coordinateur général du Comité national palestinien du BDS, Mahmoud Nawajaa, à son domicile près de Ramallah dans le territoire palestinien occupé (TPO). Ils ont pris d’assaut sa maison, lui ont bandé les yeux et l’ont menotté, l’emmenant loin de sa femme et de ses trois jeunes enfants. Le 2 août, un tribunal militaire israélien a ordonné une prolongation de 15 jours de la détention de Mahmoud Nawajaa pour un interrogatoire. Après un appel, le tribunal a réduit la prolongation de la détention à 8 jours.

 

Les autorités israéliennes n’ont présenté aucune accusation ni aucune preuve à Mahmoud ou à son avocat et Mahmoud s’est vu refuser l’accès à son avocat ou tout contact avec sa famille depuis son arrestation.

 

Le Comité national palestinien du BDS (BNC), la plus grande coalition de la société civile palestinienne dirige le mouvement mondial et pacifique de boycott, désinvestissement et sanctions pour la liberté, la justice et l’égalité. Le mouvement BDS, qui est strictement non-violent et antiraciste, est largement inspiré du mouvement anti-apartheid sud-africain et du mouvement américain des droits civiques.

 

Front Line Defenders a condamné l' »arrestation arbitraire » de Nawajaa par Israël, appelant à sa libération immédiate et inconditionnelle.

 

Amnesty International a appelé à faire pression sur Israël pour qu’il libère immédiatement Mahmoud Nawajaa, car elle le considère comme un défenseur des droits humains. La déclaration d’Amnesty souligne : « [Nawajaa] a été détenu uniquement pour avoir exercé ses droits à la liberté d’expression et d’association et est, par conséquent, un prisonnier de conscience ».

 

Le Conseil des organisations palestiniennes des droits de l’homme (PHROC) a publié sa propre déclaration en anglais disant :

« Nawajaa bénéficie d’une protection en raison de son activité BDS et de son opposition aux politiques de discrimination raciale mises en œuvre par [Israël] à l’encontre des citoyens palestiniens. Cette protection est assurée par la Déclaration sur les défenseurs des droits humains, publiée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1998 ».

 

Nawajaa, 34 ans, est titulaire d’un master en relations internationales et est un défenseur palestinien des droits humains très engagé, qui a travaillé sans relâche pour renforcer les organisations de base en Palestine et dans le monde. Il a consacré des années à renforcer le mouvement BDS contre le régime d’apartheid israélien, jusqu’à ce qu’Israël remplisse ses obligations en vertu du droit international et respecte les droits humains des Palestiniens.

 

L’arrestation de Mahmoud intervient à un moment où la société civile palestinienne demande des mesures internationales efficaces de responsabilisation pour empêcher l’annexion de jure prévue par Israël de 30 % de la Cisjordanie occupée, y compris les colonies israéliennes illégales et certaines parties de la vallée du Jourdain et pour mettre fin à son régime d’apartheid et à son annexion de facto en cours.

 

Le jour de son arrestation, Nawajaa, qui est un résident de la Cisjordanie occupée, a été transféré de force à la prison de Jalameh, en Israël, où il est actuellement interrogé. Ce transfert constitue un acte de déportation illégale, une violation grave de la quatrième Convention de Genève (articles 49 et 147) et un crime de guerre selon le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (article 8).

 

Mahmoud Nawajaa est loin d’être le seul Palestinien soumis à l’arrestation, la détention et l’emprisonnement arbitraires des autorités israéliennes. Pour de prétendues atteintes à sa « sécurité », Israël détient actuellement dans ses prisons environ 4 700 Palestiniens, y compris des enfants, dont des centaines sont en détention administrative, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Dans les circonstances actuelles, avec la propagation du virus COVID19, la détention massive aggrave les risques pour la santé et la sécurité de tous les détenus, ajoutant à la pratique courante de la torture et du traitement dégradant et inhumain des Palestiniens dans les prisons israéliennes.

 

Face à la crise du COVID, les autorités israéliennes ont également ignoré l’appel de Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits humains, qui a demandé à tous les gouvernements de libérer « toute personne détenue sans base juridique suffisante », y compris les prisonniers politiques et les autres détenus simplement pour avoir exprimé des opinions critiques ou dissidentes.

 




Les forces d’occupation israéliennes arrêtent Mahmoud Nawajaa, coordinateur de BDS, au cours d’un raid nocturne

Par Palestinian BDS National Committee (BNC), le 30 juillet2020

Ramallah occupé, 30 juillet 2020 – À environ 3h30 du matin, des dizaines de soldats d’occupation israéliens, accompagnés d’au moins un chien, ont fait irruption au domicile de Mahmoud Nawajaa, le Coordinateur général du comité national palestinien de BDS (BNC), près de Ramallah, l’ont menotté, lui ont bandé les yeux et l’ont emmené loin de sa femme et de ses trois jeunes enfants.

Des dizaines de soldats d’occupation israéliens ont fait irruption au domicile de Mahmoud Nawajaa, le Coordinateur général du comité national palestinien de BDS (BNC), près de Ramallah, l’ont menotté, lui ont bandé les yeux et l’ont emmené loin de sa femme et de ses trois jeunes enfants.

(Vidéo et images de l’arrestation de Mahmoud Nawajaa)

Mahmoud Nawajaa, 34 ans, est né à Yatta, au sud de Hébron, et détient un diplôme de master en Relations internationales.

Avant d’être emmené, Nawajaa a dit à sa femme : « Prends soin des enfants ».

Les deux aînés de Mahmoud, âgés de 9 ans et de 7 ans, ont défié en criant les soldats qui envahissaient leur maison pour arrêter leur père. Le plus âgé a dit : « Laissez papa tranquille. Allez-vous en. Votre chien ne me fait pas peur ».

« Les forces d’occupation israéliennes ont arrêté le coordinateur de BDS Mahmoud Nawajaa au cours d’un raid nocturne.
Nous appelons tous les militants BDS du monde entier à renforcer la campagne BDS pour faire rendre des comptes à Israël et tous les Etats à imposer des sanctions. #FreeMahmoud.
Communiqué de presse (en anglais): https://t.co/inKjZet0J4pic.twitter.com/3fOhGKxB11
—BDS (@BDSmovement) 30 juillet 2020. »

Un expert des droits humains a commenté l’arrestation en citant un article de la Convention internationale sur la suppression et la punition du crime d’apartheid des Nations Unies, qui définit la « persécution des organisations et des personnes, en les privant des droits et libertés fondamentaux, parce qu’elles s’opposent à l’apartheid » comme un des actes inhumains commis pour maintenir le système d’apartheid.

Le mouvement pacifique mondial de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) a été lancé en 2005 par l’écrasante majorité des syndicats, mouvements de masse, organisations de femmes et campagnes palestiniens. Il appelle à mettre fin à l’occupation et au régime d’apartheid d’Israël et à reconnaître les droits, stipulés par les Nations Unies, des réfugiés palestiniens déplacés par la force depuis 1948 à retourner dans leurs foyers.

Le BNC, la plus vaste coalition de la société palestinienne, dirige le mouvement mondial de BDS.

Dans une récente déclaration de BNC, saluant la prise de position de dizaines d’experts des droits humains des Nations Unies qui ont condamné les plans israéliens d’annexion formelle en tant que cristallisation d’un « apartheid du 21ème siècle », Mahmoud Nawajaa a dit :

« Pendant des décennies, l’inaction et la complicité internationales ont permis à Israël de violer les lois de l’occupation belligérante, de poursuivre sa colonisation du territoire palestinien occupé et d’imposer un régime d’apartheid qui est inscrit dans le droit intérieur d’Israël.

Confrontés à une annexion illégale par Israël, à son régime d’apartheid et à son déni de notre droit inaliénable à l’auto-détermination, il est grand temps que tous les États et les organisations internationales respectent leurs obligations légales en adoptant des contre-mesures efficaces, y compris des sanctions. »

Dans les dernières années, le mouvement de BDS a pris une importance internationale croissante, son impact atteignant les parlements du monde entier, de l’Afrique du Sud au Congrès des États-Unis, les partis politiques, des syndicats majeurs, des églises, des campus, des mouvements pour la justice raciale et des personnalités renommées de la culture et de l’art.

Le gouvernement d’extrême-droite d’Israël a combattu le mouvement BDS depuis des années, reconnaissant son impact stratégique et allouant de massives ressources financières et humaines à la « guerre » contre lui.

Commentant l’arrestation de Mahmoud Nawajaa, Omar Barghouti, co-fondateur du mouvement BDS, a déclaré :

« Mahmoud est un défenseur des droits humains palestiniens de premier plan, tenu en haute estime en Palestine et dans le monde entier pour son plaidoyer inlassable et passionné en faveur des droits palestiniens. En tant que jeune leader de la société civile, Mahmoud est un modèle pour les Palestiniens, jeunes et vieux, et une inspiration pour les défenseurs des droits palestiniens partout dans le monde. Le régime israélien d’occupation militaire, de colonialisme et d’apartheid cherche désespérément à terroriser les militants palestiniens BDS et leurs familles, après avoir échoué à ralentir la croissance du mouvement. Nous appelons les militants BDS à renforcer partout la campagne BDS pour faire rendre des comptes à Israël.

Alors qu’Israël devient un modèle pour l’extrême-droite raciste et autoritaire, BDS devient une composante clé de la vague progressiste mondiale qui lutte pour la justice en faveur des peuples autochtones, pour la justice raciale, économique, sociale, de genre et climatique.

Il est grand temps pour les États non seulement de défendre les défenseurs des droits palestiniens et des autres droits humains, mais d’imposer des sanctions légales et ciblées pour mettre fin aux crimes de guerre d’Israël, à ses crimes contre l’humanité et à son régime entier d’oppression des Palestiniens autochtones. Cela seul peut nous aider à obtenir la liberté, la justice et l’égalité.

Traduction : CG pour BDS France

Source : BDS Movement




Boycott des produits israéliens : ces éléments qui ont fait pencher la CEDH

Par Ghislain Poissonnier, le 23 juillet 2020

Par un arrêt du 11 juin dernier, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France dans une affaire de boycott de produits israéliens au nom de la liberté d’expression.  Ghislain Poissonnier, magistrat, identifie six éléments qui ont fait pencher la balance en faveur du droit d’appeler au boycott.

L’interdiction par les autorités judiciaires françaises de l’appel au boycott des produits israéliens lancé par des militants associatifs était-elle nécessaire dans une société démocratique ? C’est à cette question que devait répondre la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), au regard de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme qui garantit la liberté d’expression, tout en rendant possible, dans certaines conditions, des restrictions à l’exercice de cette liberté.

La Cour d’appel de Colmar en 2013 et la Cour de cassation en 2015 avaient répondu positivement.

Dans son arrêt Baldassi du 11 juin 2020, la CEDH y répond négativement

Le sort de la campagne BDS (pour Boycott, Désinvestissement, Sanctions) qui appelle les consommateurs à boycotter les produits en provenance d’Israël en vue d’obtenir le respect du droit international par cet Etat était en jeu.

La Cour condamne la France – ses autorités judiciaires – pour avoir violé la liberté d’expression des militants réclamant le boycott des produits israéliens.

Interdiction pénale d’un côté, autorisation de principe de l’autre : quels sont les éléments qui, à Strasbourg, ont fait pencher la balance en faveur de la liberté d’expression ?

Dans la motivation retenue par la CEDH, au moins six éléments susceptibles d’avoir fait la différence peuvent être recensés.

L’existence d’une pratique courante du boycott

Le boycott par les consommateurs des produits en provenance d’Etats dont la politique gouvernementale est critiquée constitue une pratique militante ancienne et reconnue. Depuis le 19ème siècle, l’histoire contemporaine est jalonnée de mouvements de boycott lancés par la société civile visant à obtenir des avancées politiques. Le boycott des produits britanniques à la demande de Gandhi dans les années 30 et celui des produits de l’apartheid sud-africain dans les années 70 restent les exemples les plus connus.

L’appel au boycott des produits originaires d’un Etat n’a donc en soi rien d’illégal.

Comme le dit la CEDH, « le boycott est avant tout une modalité d’expressions d’opinions protestataires. L’appel au boycott, qui vise à communiquer ces opinions tout en appelant à des actions spécifiques qui leurs sont liées, relève donc en principe de la protection de l’article 10 de la Convention » (§63 de l’arrêt Baldassi).

L’importance de l’information du consommateur

Dans un régime démocratique, il est important que les consommateurs soient informés des caractéristiques des produits qui sont proposés à la vente. Cette information permet de les éclairer sur leur choix de consommation. Parmi ces caractéristiques, l’origine géographique des produits est un élément d’importance et les consommateurs peuvent être conduits à ne pas acheter des produits en provenance d’Etats où ont lieu des pratiques qui heurtent leurs convictions. Une préoccupation grandissante à l’heure où les pratiques de consommation se veulent plus éthiques.

Selon les juges européens, « c’est manifestement pour provoquer ou stimuler le débat parmi les consommateurs des supermarchés que les requérants ont mené les actions d’appel au boycott qui leur ont valu les poursuites qu’ils dénoncent devant la Cour » (§70 de l’arrêt Baldassi).

La CEDH aurait d’ailleurs pu sur ce point se référer à l’arrêt Psagot (C‑363/18) de la Cour de justice de l’Union européenne du 12 novembre 2019 validant l’étiquetage spécifique des produits des colonies israéliennes installées en territoire palestinien. Dans cet arrêt, il est précisé que « les consommateurs sont susceptibles de prendre leurs décisions d’achat en tenant compte de considérations liées au fait que les denrées alimentaires en cause au principal proviennent de colonies de peuplement établies en violation des règles du droit international humanitaire. » (§55 de l’arrêt Psagot).

Photo : ©18mm/AdobeStock

La distinction entre un discours de haine et un discours politique

Dans un régime démocratique, les citoyens ne doivent pas être inquiétés pour leurs opinions politiques et pour les discours politiques qu’ils sont amenés à tenir publiquement. Ces discours sont protégés par la liberté d’expression. En revanche, les discours véhiculant le racisme, l’antisémitisme, la haine, la violence ou l’intolérance doivent pouvoir être restreints et même interdits. Telle est la position de la CEDH depuis l’arrêt Perinçek rendu le 15 octobre 2015.

Or, les militants du mouvement BDS appellent au boycott des produits israéliens afin de faire pression sur l’Etat d’Israël pour qu’il respecte le droit international et les droits humains de la population palestinienne. Le but de ce mouvement, qui s’inspire de la lutte contre l’apartheid sud-africain par l’usage de moyens de lutte non violents, n’est pas de diffuser la haine contre les personnes, juives ou israéliennes.

La CEDH relève que « les requérants n’ont pas été condamnés pour avoir proféré des propos racistes ou antisémites ou pour avoir appelé à la haine ou à la violence » (§ 71 de l’arrêt Baldassi). Leurs « actions et propos (…) relevaient de l’expression politique et militante » (§78 de l’arrêt Baldassi) et bénéficiaient de la protection de la Convention.

Un sujet d’intérêt général

Dans un régime démocratique, les citoyens doivent pouvoir débattre des sujets d’intérêt général ou d’intérêt public. Les sujets de politique internationale en font partie, y compris le conflit israélo-palestinien et les moyens de le résoudre. Nombre de partis politiques et d’associations se positionnent sur ce conflit et font des propositions, dont certaines consistent à sanctionner Israël et les colonies israéliennes. Sur ces sujets, les opinions doivent pouvoir être exprimées librement et cette expression contribue au débat dont la vitalité nourrit la démocratie. Il n’y a guère de place pour les restrictions à la liberté d’expression dans le domaine du discours politique ou des questions d’intérêt général.

En l’espèce, comme le note la CEDH, « les actions et les propos reprochés aux requérants concernaient un sujet d’intérêt général, celui du droit international public par l’Etat d’Israël et de la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et s’inscrivaient dans un débat contemporain, ouvert en France comme dans toute la communauté internationale » (§78 de l’arrêt Baldassi).

Un consensus international sur le fait que le débat sur le boycott est couvert par la liberté d’expression

Dans son rapport d’activité aux membres de l’Assemblée générale des Nations unies, du 20 septembre 2019 (A/74/358), le rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction a souligné « qu’en droit international, le boycottage est considéré comme une forme légitime d’expression politique et que les manifestations non violentes de soutien au boycott relèvent, de manière générale, de la liberté d’expression qu’il convient de protéger ».

La CEDH se réfère à cette position, comme à celle de la Fédération internationale des droits de l’homme et la Ligue des droits de l’homme (§ 79 de l’arrêt Baldassi). Elle aurait pu aussi mentionner Amnesty International ou Human Rights Watch. Toutes ces organisations se sont déclarées favorables à la protection du droit au boycott des produits issus d’un Etat dont la politique gouvernementale serait mise en cause par la société civile. Telle semble également être la position officielle de l’UE, puisque sa haute représentante pour les Affaires étrangères, Mme Federica Mogherini, a indiqué le 15 septembre 2016 que « l’UE se situe fermement dans le soutien à la liberté d’expression et d’association conformément à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui s’applique sur le territoire des Etats membres de l’UE, y compris en ce qui concerne les actions BDS menées sur ce territoire ».

L’existence de précédents jurisprudentiels

La Cour de cassation est, parmi les régimes démocratiques, la seule Cour suprême à avoir validé une pénalisation de l’appel au boycott.

La Cour constitutionnelle allemande s’est prononcée en faveur d’un droit au boycott en 1958 : Lüth, 1 BvR 400/51, 15 janvier 1958.

En 1982, la Cour suprême américaine a jugé conforme à la constitution la pratique de l’appel au boycott de commerces refusant d’embaucher du personnel noir NAACP v. Claiborne Hardware Co., 458 U.S. 886, 2 juillet 1982.

Enfin, en 2018, la Cour d’appel d’Angleterre et du Pays de Galles a reconnu que l’appel au boycott des produits israéliens constitue une modalité légale d’expression d’une opinion : EWCA Civ 1551, 3 juillet 2018, Jewish Rights Watch c/ Leicester City Council.

L’isolement de la Cour de cassation sur le sujet a pesé, comme le révèle la lecture de l’opinion en partie dissidente et en partie concordante de la juge O’Leary dans l’affaire Baldassi. La juge y évoque également la résistance des juges du fond français à cette pénalisation dans des décisions du TGI de Paris (8 juil. 2011, n° 09-18708077) et de la Cour d’appel de Paris (pôle 2, ch. 7, 24 mai 2012, n° 11/6623), selon lesquelles l’appel au boycott relève de la critique légitime de la politique d’un Etat.

 

Source : Actu-juridique

 




Soutien total aux militant-e-s BDS poursuivi-e-s par le gouvernement allemand !

La Campagne BDS France exprime sa solidarité sans réserve avec les 3 militant-e-s BDS, Stavit Sinai, Ronnie Barkan et Majed Abusalama, poursuivi-e-s par le gouvernement allemand. Stavit Sinai et Ronnie Barkan sont israélien-ne d’origine juive et Majed Abusalama est palestinien.

Ils comparaîtront devant un tribunal à Berlin le 3 août prochain.

Leur prétendu délit ? Avoir interrompu le discours anti-BDS qu’était venue asséner à l’université Humbolt de Berlin une représentante du gouvernement israélien.

Est-il encore besoin de démontrer la nécessité du BDS face à l’impunité de l’Etat d’Israël, qui impose depuis 72 ans au peuple autochtone palestinien une politique qui se caractérise par le vol continu de ses terres et ses ressources, des lois et des pratiques d’apartheid, l’interdiction stricte du retour des réfugié-e-s, des assassinats et des massacres tels qu’à Gaza, la répression sans merci des résistant-e-s, un chantage permanent à l’antisémitisme …

Certains courants d’opinion estiment que l’Histoire de l’Allemagne étant marquée par le génocide nazi, il est compréhensible que cet Etat cherche à se prémunir contre toute accusation de faiblesse face à l’antisémitisme. Mais en réalité le gouvernement allemand est inexcusable : ménager un Etat qui développe au nom des Juifs du monde entier une politique raciste et  cherche à rayer un peuple de la carte pour coloniser son pays, ne peut que favoriser l’antisémitisme.

Les 3 militant-e-s BDS ont eu raison d’interrompre la prestation honteuse de la représentante du gouvernement israélien. Ils l’ont fait pacifiquement, ainsi que le prouve une vidéo de l’évènement.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un tel évènement se produit. Souvenons-nous de la conférence que l’ambassadrice d’Israël en France avait voulu donner le 30 mars 2017 aux étudiant-e-s de l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes : face aux protestations de militant-e-s anticolonialistes la majorité des étudiant-e-s avaient quitté la salle !

Récemment, le 11 juin 2020 la Cour Européenne des Droits de l’Homme a clairement déclaré dans un jugement se rapportant à la condamnation de militants BDS en France que le BDS relève de la liberté d’expression.

Alors, répétons-le avec de nombreux-ses militant-e-s attaché-e-s au droit international et aux droits humains universels :

Stavit Sinai, Ronnie Barkan et Majed Abusalama doivent être relaxé-e-s !

Le 20 juillet 2020,
La Campagne BDS France




A Toulouse, le CRIF promet de s’en prendre à l’ordre public

BDS France Toulouse (Boycott – Désinvestissements – Sanctions) tient à manifester son soutien au Collectif Palestine Vaincra quant aux propos tenus par M. Franck Touboul, président du CRIF Midi-Pyrénées, dans un article complaisant de La Dépêche paru le 3 juillet, suite au rassemblement unitaire pacifique du 1er juillet. Appelé par 24 organisations, ce rassemblement s’opposait au projet d’annexion de la Cisjordanie par Israël.

Est-il nécessaire de rappeler les principes fondamentaux de notre pays, la France, parmi lesquels figurent la liberté d’expression et la liberté de manifester ?

Est-il nécessaire de rappeler la décision à l’ unanimité de la Cour Européenne des Droits de l’Homme du 11 juin 2020 en faveur des militant.e.s BDS, qui souligne que « les actions et les propos reprochés aux requérants concernaient un sujet d’intérêt général, celui du respect du droit international public par l’Etat d’Israël et de la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, et s’inscrivaient dans un débat contemporain, ouvert en France comme dans toute la communauté internationale. », et qu’ils « relevaient de l’expression politique et militante » ?

Est-il nécessaire d’expliquer à M. Touboul que menacer de laisser « intervenir les militant.e.s de [sa] communauté pour démonter [les] stands » de CPV en vue de créer un « trouble à l’ordre public » – pour obtenir une interdiction préventive – est une incitation à la violence ? M. Touboul en chef de gang annonçant que ses crimes vont payer ? C’est ahurissant !

Enfin est-il nécessaire de rappeler que critiquer l’État d’Israël, état colonial état d’apartheid, pour ses innombrables violations du droit international en Palestine ne relève en rien d’un supposé antisémitisme mais bel et bien d’une expression politique et militante en faveur du respect des droits à l’auto-détermination des Palestinien.ne.s ?

OUI ! IL EST NECESSAIRE DE LE RAPPELER
LA LIBERTE D’EXPRESSION EST UN DROIT

Notre association, BDS France Toulouse, participante du rassemblement du 1er juillet, étudiera avec les autres organisations les réponses à apporter aux propos publiés par La Dépêche. Mais que le CRIF le sache : notre combat pour l’abolition du régime d’apartheid contre les Palestinien.ne.s ne va pas faiblir.

BDS France Toulouse, le 6 juillet 2020




En interdisant la manifestation de BDS France Montpellier, la préfecture de Montpellier s’oppose à la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en matière de liberté d’expression.

logoCEDH

COMMUNIQUÉ

La Campagne BDS France Montpellier a déclaré en bonne et due forme une manifestation pour le 27 juin 2020 à 16h30 au départ de la place de la Comédie.
L’objet de la manifestation mentionné dans la déclaration : « Stop à l’annexion de la Vallée du Jourdain et respect du droit international par Israël ».

L’appel à cette manifestation est co-signée par :

« AFPS 34 (Association France Palestine Solidarité), APLR (Association des palestiniens L.R), ATTAC Montpellier, BDS France Montpellier, CCIPPP34 (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien), CIMADE, CNT ESS34, Ensemble 34FUIQP (Front Uni des Quartiers Populaires et de l’Immigration),Libre Pensée Montpellier,  MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PG (Parti de gauche), UCL (Union Communiste Libertaire), UJFP (Union Juive Française pour la Paix) … »

La Campagne BDS France Montpellier, mouvement antiraciste, non violent et populaire est l’objet d’un harcèlement constant depuis 2015 par la Ville de Montpellier et la préfecture. Plus d’une quinzaine de PV, plus d’une vingtaine d’auditions au commissariat, rappels à la loi (pour des faits non fondés), plainte pour diffamation (classée sans suite), deux procès au tribunal de police (deux relaxes !), destruction du chapiteau BDS (17/10/2015), confiscation du chapiteau et de 2 tables, non rendus à ce jour (7 mars 2020)  – liste non exhaustive…

La dénonciation de l’apartheid israélien, des violations du droit international et des droits humains et l’appel au boycott d’Israël sont la cause de ce harcèlement.

Déjà la première interdiction de manifestation le 31 octobre 2015 reposait sur ce « considérant » principal :

Extrait :

extrait31àct2015

Nul ne saurait ignorer que le 11 juin 2020 la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a conclu que la condamnation de 11 militant.e.s pour leurs actions de campagne appelant au boycott des produits israéliens bafouait leur droit à la liberté d’expression. Elle a rétabli le droit d’appeler au boycott d’Israël et a condamné la France pour la violation de la liberté d’expression à verser plus de 7000€ par requérant.

On aurait pu penser que les services de la Préfecture de l’Hérault seraient attentifs à ce verdict. Il n’en est rien puisque l’arrêté d’interdiction de la manifestation de samedi 27 juin 2020 mentionne comme « considérant » spécifique à BDS France Montpellier que celui-ci diffuse (…) des « informations contenant des slogans hostiles à l’État d’Israël générant des troubles à l’ordre public ».(…)

xtrait arrêtépref26juin2020

La condamnation de militant.e.s qui ont mené des actions de boycott de produits israéliens dans un magasin a été sanctionnée d’atteinte à la liberté d’expression par la CEDH.

Après avoir interdit la manifestation, la préfecture de l’Hérault va t-elle poursuivre les manifestant.e.s dont le slogan « hostile » est : « Stop à l’annexion de la Vallée du Jourdain et respect du droit international par Israël » ?

Faut-il rappeler à la préfecture que l’annexion de la Vallée du Jourdain est unanimement condamnée par l’ONU, l’UE et la France.

 

Dernière minute :

La préfecture vient d’envoyer sa police notifier au domicile des 3 signataires de la déclaration de manifestation et à un militant habituellement ciblé ( !) l’interdiction de manifester en insistant sur les sanctions encourues (au pénal) en cas de transgression par toute personne présente sur les lieux.

Dans ces conditions ne voulant exposer personne à la répression policière et judiciaire, BDS France Montpellier a décider d’annuler la manifestation ce samedi 27 juin et fixera la date d’une nouvelle manifestation très prochainement soyez-en assuré.e.s.

Conférence de presse lundi 29 juin, 11h Café du Dôme (St Denis).




VICTOIRE DE LA CAMPAGNE BDS SUR LE BOYCOTT DES PRODUITS ISRAÉLIENS : LA FRANCE CONDAMNEE PAR LA CEDH 

Condamnation des autorités françaises : selon la CEDH, l’appel au boycott des produits israéliens est protégé par la liberté d’expression.

La Campagne BDS France, le 11 juin 2020

La campagne BDS France se réjouit de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (affaire Baldassi et autres c. France, requêtes n°15271/16 et autres) rendu le 11 juin 2020 qui condamne la France pour avoir violé le droit à la liberté d’expression de militant-e-s associatif-ve ayant appelé au boycott de produits israéliens dans des magasins.

L’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme protège la liberté d’expression, qui peut être restreinte à certaines conditions. Les militant-e-s BDS affirmaient que ces conditions n’étaient pas remplies et que leur liberté d’expression avait été bafouée par la France. A l’unanimité, la Cour Européenne des Droits de l’Homme dit que la France a violé cet article 10.

 La France est donc condamnée pour violation de l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme : elle doit verser dans les trois mois 7 380 euros à chaque requérant (dommages matériel et moral) et 20 000 euros à eux tous pour rembourser les frais de justice.

La campagne BDS France relève également que la Cour a bien pris en compte les spécificités des appels au boycott des produits israéliens lancés par les militant-e-s associatif-ve-s engagé-e-s contre l’apartheid israélien. L’arrêt énonce que « les actions et propos reprochés aux requérants concernaient un sujet d’intérêt général, celui du respect du droit international public par l’État d’Israël et de la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, et s’inscrivaient dans un débat contemporain, ouvert en France comme dans toute la communauté internationale » (§78).

Ces propos relèvent de la liberté d’expression dans un régime démocratique et sont ainsi protégés. L’appel au boycott des produits d’un régime d’apartheid est bien un droit pour les mouvements mobilisés en faveur du respect du droit international, droit qui avait été exercé par les mouvements pacifiques qui ont lutté en Inde, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud contre le colonialisme et la discrimination. 

L’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme prouve, comme nous l’avons toujours dit, que les autorités françaises ont eu tort de vouloir criminaliser un mouvement non violent et responsable comme le nôtre, qui, tout en condamnant toute forme de racisme dont l’antisémitisme, réclame des mesures de boycott contre le régime israélien, ses entreprises et ses institutions, tant que cet Etat ne respecte pas le droit international. Cet arrêt met en lumière le caractère faux et malhonnête des tentatives de diffamation menées contre la campagne BDS, tentatives visant à museler celles et ceux qui demandent à agir contre l’apartheid israélien.

Conséquemment à l’arrêt de la CEDH, nous demandons aux autorités françaises d’abroger immédiatement les circulaires Alliot-Marie et Mercier afin de reconnaître la légalité et la légitimité de nos modes d’actions non violents et d’entamer un dialogue avec nous afin de contribuer ensemble à exercer une pression sur l’Etat d’Israël en vue d’obtenir que le droit international soit respecté. 

Nous invitons les entreprises françaises à désinvestir d’Israël et aux institutions françaises à cesser toute collaboration avec les institutions publiques israéliennes.

Nous sommes déterminé-e-s à continuer les actions de boycott des produits israéliens et des entreprises internationales complices de l’apartheid israélien. Nous réclamons également un boycott des universités et des institutions israéliennes complices, ainsi que des manifestations culturelles et sportives faisant la promotion de l’apartheid israélien.

Israël, pays de l’apartheid, ne pourra pas indéfiniment empêcher la justice et la liberté pour le peuple palestinien de triompher !

Nous invitons tou-te-s les citoyen-ne-s de bonne volonté et tous les mouvements attachés au respect des droits humains et de la légalité internationale à rejoindre la campagne BDS. Notre mobilisation est plus que jamais légitime et indispensable au moment où les autorités israéliennes envisagent, en violation du droit international, d’annexer une partie de la Cisjordanie, poursuivant ainsi la dépossession du peuple autochtone palestinien, entérinée par le plan Trump.

BDS pour la justice, la dignité et l’égalité !

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