L’antisémitisme ne passera pas !

Stand BDS France Montpellier, samedi 16 février 2019, Place de la Comédie

Sous la protection des Gilets jaunes le stand de la Campagne BDS France était à nouveau place de la Comédie samedi 16 février  pour dénoncer les actes antisémites et répondre aux attaques désignant les Gilets jaunes et BDS comme coupables directs et indirects des actes  commis à Paris le week-end dernier. Deux grands panneaux (très lus) et un tract reprenant pour l’essentiel le communiqué de l’UJFP a été diffusé à un millier d’exemplaires aux passants et aux plus de 2 000 manifestants Gilets Jaunes et quelques CGT dans une ambiance de fraternité et de camaraderie. Il y avait d’un côté le pouvoir et ses alliés sionistes (CRIF et Cie.) et de l’autre les Gilets Jaunes et le BDS ripostant contre la criminalisation des mouvements sociaux tissant chaque samedi de nouveaux liens.

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Des tracts bien reçus et lus…

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                                      DES ACTES ANTISÉMITES INTOLÉRABLES !

Des tags antisémites : croix gammées sur le portrait de S. Weill, l’inscription « Juden » sur une boutique Bagelstein et la dégradation du lieu de mémoire d’Ilan Halimi sont apparus dans le week-end du 9 au 11 février à Paris. Les tags portent la marque d’un antisémitisme qui s’inscrit dans la période nazi qui a conduit au génocide des juifs. C’est sans aucun doute la signature de l’extrême droite. Il y a peu d’information sur la dégradation du lieu de mémoire de Ilan Halimi mais la concomitance des actes et leur nature permet de supposer une même origine. Nous condamnons vivement ces actes.

Tags antisémites

UNE INSTRUMENTALISATION POLITICO-MÉDIATIQUE INADMISSIBLE

Malgré la signature d’extrême droite de ces tags,  le CRIF déclare dès le samedi 10 février 9h du matin : (…) #AntisemitismeHier, les manifestations des Gilets Jaunes ont donné lieu à des actes de violences intolérables. Un tag antisémite des plus ignobles a été découvert sur la vitrine d’une boutique Bagelstein. (…). Accusant ainsi directement les Gilets jaunes de cet acte criminel.

Le journal Libération publiera le lendemain un article dans lequel le propriétaire de Bagelstein affirme : «Cela n’a rien à voir avec la manifestation. La manifestation n’est absolument pas passée dans notre quartier, et ce tag de toute façon a été effectué bien avant que la manifestation ne commence».

Qu’à cela ne tienne, les 10 et 12 février le CRIF continuera d’accuser les Gilets jaunes dans ses communiqués.

Le BNVCA (Bureau National de vigilance contre l’antisémitisme) officine sioniste dirigée depuis Israël où réside son président n’est pas en reste et s’insurge : « (…) qu’aucune mesure “Pénale ni Administrative” n’est  à la hauteur de la gravité des agissements des coupables, ni de cette situation notamment contre BDS et ses activistes qui, partout dans l’hexagone, organisent des manifestations sauvages d’incitation à cette haine d Israël qui pousse immanquablement à l’acte anti juif. « (…) rendant ainsi BDS responsable de ces actes antisémites.

Le 11 février c’est le ministre de l’intérieur C. Castaner qui, dénonçant ces mêmes faits,  va fournir la « cible » : les Gilets Jaunes et leur « violences » contre les élus du gouvernement. En faisant l’amalgame entre les attaques contre les élus et l’antisémitisme il fournit « l’accroche » qui va déclencher la ruée médiatique. Il déclare  : » « L’antisémitisme a progressé de 74% l’année écoulée ». On trouvera dans Mediapart un article éclairant cette façon de présenter les choses. https://blogs.mediapart.fr/jerome-latta/blog/140219/actes-antisemites-un-pourcentage-est-il-une-information-0

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(Quoiqu’il en soit ces actes antisémites sont bien évidemment intolérables, n’y en aurait-il qu’un seul !)

La machine politico-médiatique est bien rodée. De la même manière que le terrorisme et les attentats ont été instrumentalisés contre les quartiers populaires et les musulmans, l’antisémitisme est aujourd’hui utilisé par les mêmes (pouvoir et sionistes) contre les mouvements sociaux (Gilets jaunes et BDS). Alors même que tout indique que c’est l’extrême droite qui est à l’origine de ces actes !

Mais visiblement l’extrême droite n’est pas la préoccupation du tandem (Gouvernement-CRIF etc.), pas plus que de Netanyahu qui s’acoquine avec tous les chefs de gouvernement d’extrême droite de la planète pourtant ouvertement antisémites…

Combattre l’antisémitisme et ceux qui l’alimentent

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Montpellier : Les Gilets jaunes au secours de BDS Montpellier

MERCI LES GILETS JAUNES !

Face à la police municipale envoyée par le maire de Montpellier pour  déloger le stand de la Campagne BDS France Montpellier, place de la Comédie, les BDS ont demandé le soutien des Gilets jaunes qui sont venus à une centaine contraignant ainsi  la police à se retirer pour faire place au chapiteau et stand BDS France Montpellier place de la Comédie.

UN MAIRE MACRONIEN QUI APPLIQUE LA « FERMETÉ RÉPUBLICAINE »  DE SON PRÉSIDENT.

En plein mouvement des Gilets Jaunes en butte à la liberté d’expression et de manifester, le maire de Montpellier s’adonne à la provocation et à la surenchère « républicaine ». Déjà samedi 5 janvier il avait envoyé sa police verbaliser pour la 13ème fois depuis 2018 et la première fois en 2019, un porte parole de BDS France Montpellier (toujours le même) pour « occupation illégale de l’espace public » (chapiteau et table) lors d’un rassemblement dûment déclaré en préfecture. Les trois policiers venus très discrètement ne se sont pas attardés et on déposé le PV (pré-rempli et au nom d’une personne inconnue au comité) sur la table du stand et se sont quasiment enfuis « comme des voleurs » de peur qu’on les filme et qu’on dénonce la répression. Répression d’autant plus révoltante que le ciblage de BDS et donc de la solidarité avec la Palestine est flagrant. En décembre une douzaine d’organisations ont demandé une rencontre au Maire de Montpellier pour aborder le problème de la liberté d’expression dans cette ville. C’est la quatrième demande de ce type en 2 ans. Au moment où les exigences de démocratie s’expriment dans la rue il a répondu qu’il n’en voyait pas l’intérêt.

Samedi 5 janvier, nos ami.e.s Kurdes tenaient un stand collé à celui de BDS Montpellier et 3 groupes de musiciens occupaient la Comédie. Pendant 10 ans sous les mandats de M. Frêche, Mme. Mandroux et la première année de M. Saurel jusqu’en 2015, le stand BDS qui n’a jamais causé aucun incident était toléré. Pourquoi ne l’est-il plus ? 2015 est également la date à laquelle Netanyahu a lancé sa bataille internationale contre le BDS de par le monde…

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RÉSISTER SUR LE TERRAIN,

C’EST LE CHOIX D’ACTION DE BDS FRANCE MONTPELLIER

C’est sur le terrain que se gagnent les batailles et les Gilets jaunes sont là pour le prouver avec force une nouvelle fois. Après 6 demandes d’autorisations de tenue de stand « Solidarité avec la Palestine »  déposées en bonne et due forme par 3 associations déclarées en préfecture, demandes toutes refusées, la Campagne BDS France Montpellier a choisi la désobéissance civile et plante son chapiteau sur la comédie chaque fois que la situation en Palestine exige une information au public puisque les grands médias occultent les crimes et massacres de l’État d’apartheid israélien. C’est une action non-violente, à visage découvert et les militant.e.s sont prêts à assumer les conséquences de leur actes qu’ils considèrent légitimes car ils s’opposent à un ciblage injuste et honteux.

Résister sur le terrain, c’est résister à la police municipale, faire obstruction, gagner du temps et surtout mobiliser et associer les montpelliérain.e.s solidaires de la Palestine ou tout simplement soucieux.ses de la liberté d’expression à cette résistance.

Dans cette vidéo vous verrez comment 3 personnes ont offert spontanément leur carte d’identité à la police et comment tous.tes les autres restent, font le cercle autour de la police manifestant leur sympathie pour BDS et créant ainsi une pression sur la police.

 

VIDÉO :

Ce samedi 12 janvier, ce sont les gilets jaunes qui volent au secours de BDS Montpellier !

Les remerciements de la Campagne BDS France Montpellier au Gilets jaunes.

CONTRE LA TENUE DE L’EUROVISION A TEL AVIV, CAPITALE DE L’APARTHEID ISRAÉLIEN

Près des 800 tracts contre l’Eurovision en Israël ont été distribués et de nombreuses discussions, prises de contact etc.

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Plus d’une centaine de personnes ont « donné leur visage »  pour dire non à l’Eurovision à Tel Aviv, capitale de l’apartheid israélien. Une quinzaine de personnes ont donné leur visage ce samedi 12 janvier….

miniature2Un Gilet Jaune qui a répondu à l’appel de BDS Montpellier face à la police municipale est resté pour aider à l’installation du stand.
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Depuis le début du mouvement, plusieurs militant.e.s BDS Montpellier participent aux actions et « ronds-points » Gilets Jaunes. BDS Montpellier a eu le souci de mettre en avant, dès le début, un certain nombre de valeurs communes entre la lutte des Gilets jaunes et celle du BDS Palestinien.
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De nombreux.ses Gilets jaunes vont rester toute l’après-midi autour du stand pour le protéger
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Les 4 cartes suscitent toujours autant d’intérêt et d’indignation



LIBERTÉ D’EXPRESSION ET D’OPINION POUR TOUS.TES ! Soutien inconditionnel à l’expression de la Campagne BDS France Montpellier et de la Fédération unie de la Libre Pensée

Déclaration commune des organisations de Montpellier attachées à la démocratie et à la liberté d’expression

Les signataires :ADN34 (Arrêt du Nucléaire), APJ (Américains pour la Paix et la Justice), APLR (Association des Palestiniens Languedoc-Roussillon), ATTAC Montpellier, Campagne BDS France MontpellierLa Carmagnole, CCIPPP34 (Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien), CIMADE L-R,  CMF (Collectif des Musulmans de France), Ensemble 34, FULP 34 (Fédération Unie de la Libre Pensée ), FUIQP34 ( Front Uni de l’Immigration et des Quartiers Populaires), CGA – GUF (Groupe Un autre Futur),  MAN (Mouvement pour une Alternative non-violente), PG (Parti de Gauche),  Podemos Montpellier, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), UJFP (Union Juive Française pour la Paix)

Depuis 2015, BDS France Montpellier est l’objet d’une offensive sans précédent de la part de la Mairie de Montpellier et de la préfecture qui portent gravement atteinte à sa liberté d’expression. La Mairie et la préfecture qui interdisent systématiquement tout stand « solidarité avec la Palestine » Place de la Comédie, verbalisent les militants (plus de 12 PV en 2018), les font convoquer au commissariat au prétexte « d’occupation illégale de l’espace public » (Plus de 10 auditions), de diffamation, de port de tee-shirt BDS France (plaintes classées sans suite). Ce n’est pas seulement Place de la Comédie mais en tous lieux de la ville où BDS France mène des actions, allant même jusqu’à empêcher l’accès à l’Antigone des associations à une personne au motif qu’elle allait au stand BDS !

 

Se rajoute à ces éléments le fait qu’à ce même Antigone des associations, les représentants de la Mairie aidés par la police municipale ont demandé à la Libre Pensée, association défendant la laïcité, qu’elle renonce à faire signer sa pétition au prétexte que celle-ci ne conviendrait pas au Maire de Montpellier ! À quatre reprises, ces militants ont dû tenir bon face à ce coup de force.

 

Nous ne tolèrerons pas que Montpellier, réputée pour être une ville universitaire, de recherche, de liberté, de culture, de combat pour la défense des acquis sociaux et ouvriers, puisse s’illustrer, comme les exemples ci-dessus le montrent, comme une ville qui ne respecterait pas la liberté d’expression et d’opinion.

 

Une demande d’entrevue contresignée par 15 organisations (partis, syndicats, associations) et deux députées, a été adressée à la Mairie de Montpellier pour discuter de ces questions : elles n’ont même pas eu droit à la moindre réponse ! Au coup de force contre la démocratie s’ajoutent l’arrogance et le mépris. Pour un maire qui voulait « rompre avec les anciennes pratiques » et « faire de la politique autrement »…

 

Pour ces raisons, les signataires appellent à une action de réappropriation de l’espace public en vue de réaffirmer ensemble et en acte, notre liberté d’expression et d’opinion, en marquant notre solidarité avec BDS France Montpellier et la Fédération Unie de la Libre Pensée en participant au RASSEMBLEMENT

Samedi 1 décembre 2018 de 15h à 17h30

Place de la Comédie.

Les signataires :ADN34 (Arrêt du Nucléaire), APJ (Américains pour la Paix et la Justice), APLR (Association des Palestiniens Languedoc-Roussillon), ATTAC Montpellier, Campagne BDS France MontpellierLa Carmagnole, CCIPPP34 (Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien), CIMADE L-R,  CMF (Collectif des Musulmans de France), Ensemble 34, FULP 34 (Fédération Unie de la Libre Pensée ), FUIQP34 ( Front Uni de l’Immigration et des Quartiers Populaires), CGA – GUF (Groupe Un autre Futur),  MAN (Mouvement pour une Alternative non-violente), PG (Parti de Gauche),  Podemos Montpellier, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), UJFP (Union Juive Française pour la Paix)

 




Le droit à l’appel au boycott reconnu par la Cour d’appel de l’Angleterre et du pays de Galles

|Ghislain Poissonnier |

La Cour d’appel de l’Angleterre et du pays de Galles (Division civile) a rendu le 3 juillet 2018 un arrêt dans une affaire opposant l’association « Jewish Human Rights Watch » à la mairie de Leicester. La Cour estime que l’appel au boycott des produits des colonies israéliennes, même lancé par un conseil municipal, relève de la liberté d’expression politique et n’y voit aucune incitation à la discrimination raciale (texte de l’arrêt).

L’affaire porte sur la légalité de la résolution adoptée par le conseil municipal de Leicester le 13 novembre 2014. La résolution appelle « au boycott de tout produit originaire des colonies israéliennes illégales de Cisjordanie jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et se retire des territoires palestiniens occupés ». L’association « Jewish Human Rights Watch » demande à la justice anglaise d’annuler la résolution, en faisant valoir son caractère discriminatoire et les risques qu’elle comporterait vis-à-vis de la communauté juive de la ville, notamment en ce qu’elle conforterait l’idéologie du mouvement BDS.

Dans un jugement du 28 juin 2016, la Haute cour de justice (division administrative) considère que la résolution n’a pas violé la règlementation anglaise, notamment les lois relatives à l’égalité de 2010 et aux collectivités locales de 1988 (texte du jugement). L’arrêt du 3 juillet 2018 de la Cour d’appel confirme le jugement du 28 juin 2016.

L’arrêt rendu est commenté en anglais par le professeur Robert Wintemute (professeur de droits de l’homme au King’s College de Londres), dans un article publié dans la newsletter de septembre 2018 (p. 5) de l’association « British Committee for the Universities of Palestine » (BRICUP).

L’arrêt de la haute cour de justice d’Angleterre sera probablement lu avec intérêt par les juges de la Cour européenne des droits de l’homme. Ces derniers statueront dans les prochains mois sur le recours porté par des membres de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) contre deux arrêts de la chambre criminelle de la Cour de cassation française du 20 octobre 2015 qui pénalisent l’appel au boycott des produits israéliens.

Rapportée à la situation en France, une lecture attentive de l’arrêt du 3 juillet 2018 peut donner lieu à trois observations

- L’arrêt mentionne spécifiquement que les citoyens peuvent, dans le cadre de la liberté d’expression, appeler au boycott de produits. Il ajoute que l’appel au boycott de produits constitue un geste de solidarité politique bien connu vis-à-vis de groupes opprimés à l’étranger, comme cela a été le cas lors des appels au boycott des produits sud-africains durant la période de l’apartheid. Il considère que l’appel au boycott des produits formulé par les élus de Leicester ne constitue pas un appel à la discrimination raciale ou nationale, prohibé par la loi de 2010 sur l’égalité. La généralité de la formule retenue par la Cour ne laisse guère de place au doute. Si la résolution du conseil municipal ne porte que sur le boycott des produits des colonies israéliennes (illégales au regard du droit international), l’appel au boycott de tous les produits israéliens (y compris ceux qui ne sont pas issus des colonies) semble aussi devoir être protégé par la liberté d’expression.

- L’arrêt mentionne spécifiquement qu’un conseil municipal, constitué de conseillers municipaux élus par les citoyens, est en droit d’appeler au boycott de produits dans le cadre d’un geste de solidarité politique. En l’espèce, la résolution adoptée était de nature politique et relevait bien de la liberté d’expression. Selon la Cour, il est en outre constant, dans cette affaire, que la résolution adoptée est sans effet sur la politique d’achat et d’appel d’offres de la municipalité. L’arrêt ne se prononce pas sur le pouvoir des conseils municipaux ou des maires d’ordonner des mesures administratives de boycott, mais il semble bien que la réponse serait alors assez différente. En effet, l’arrêt souligne que le maire, en tant que chef de l’administration municipale, est soumis au respect d’une réglementation (celle de 1988 sur les collectivités locales et celle de 2010 sur l’égalité) qui pourrait lui interdire une pratique de boycott des produits israéliens pour les achats et les appels d’offres de la municipalité. En ce sens, l’arrêt ne se place pas en contradiction avec l’arrêt rendu le 16 juillet 2009 par la Cour européenne des droits de l’homme (n°10883/05 Willem c/ France}]), qui semble opérer une distinction entre l’appel au boycott relevant d’un choix du consommateur et du citoyen, et celui lancé par le responsable d’une administration publique qui est soumis à des obligations légales précises ( Voir §37 et 38 de l’arrêt).

- L’arrêt accorde une importance particulière aux éléments de contexte qui entourent l’appel au boycott. L’arrêt souligne que la résolution a été adoptée lors d’un débat au conseil municipal au cours duquel les partisans comme les opposants au texte ont pu s’exprimer. La résolution adoptée contient un préambule qui appelle au respect des valeurs de tolérance, diversité, unité et de non-discrimination, valeurs que les différentes communautés de la ville sont invitées à respecter. La résolution reconnait le droit à l’existence de l’Etat d’Israël. Et enfin, la résolution critique la politique israélienne de manière modérée et s’appuie sur des opinions ou décisions d’organismes internationaux. Pour la Cour, l’ensemble de ces éléments montre bien que le conseil municipal de Leicester ne peut être soupçonné d’avoir adopté un texte discriminatoire ou de nature antisémite.

Ainsi, après la Cour suprême américaine le 2 juillet 1982, voici donc que la plus haute Cour de justice d’Angleterre s’est prononcée en faveur d’un droit à l’appel au boycott des produits. Ces décisions ne sont finalement guère surprenantes, en ce qu’elles proviennent de juridictions d’Etats anglo-saxons où la tradition de l’appel au boycott est solidement ancrée dans les mœurs de la vie politique et militante. En France, où cette tradition est moins établie, la Cour de cassation a pour l’instant retenu une analyse différente, au détriment de la liberté d’expression.

L’émergence durable du mouvement BDS en France et de nouvelles pratiques citoyennes de boycott (Voir par exemple I-boycott) pourraient l’amener à reconsidérer sa position.

Ghislain Poissonnier, magistrat.

Source: AURDIP




Montpellier: nouvelle bavure de la municipalité contre BDS !

La police municipale aux ordres du cabinet du Maire de Montpellier a empêché une personne d’accéder à la foire aux associations  parce qu’elle voulait aller au stand BDS ! Ce n’est pas seulement la liberté de circulation qui est en cause mais également la liberté d’opinion puisque afficher son accord avec BDS entraine des sanctions.

A 16h, dimanche 9 septembre jour de la foire aux associations qui rassemble des dizaines de milliers de personnes, Najet s’est présenté devant les grilles de contrôle policier pour accéder au périmètre de la foire aux associations. D’abord son sac a été fouillé plus que minutieusement, jusqu’à  sa thermo dont le bouchon a été ouvert. En voyant son tee shirt « free Palestine » la policière lui a demandé :

  • « allez-vous au stand BDS ? »
  • à quoi elle a répondu « OUI »
  • Le stand BDS n’est pas autorisé, donnez moi le N° d’autorisation du stand

Najet ne connaissant pas le N° en question, la policière lui a dit qu’elle ne pouvait pas rentrer.

 

Il y a bien sûr des policier.e.s qui parfois font du zèle par plaisir ou qui par racisme, sont hostiles à la cause palestinienne et qui tentent de profiter de leur position de pouvoir. Mais généralement et depuis qu’ils-elles sont filmé.e.s ils-elles font leur travail plus « normalement ». Dans ce cas la policière n’était pas filmée, pour autant il est probable qu’elle a tout simplement obéi aux ordres dans un contexte d’hostilité affichée du pouvoir municipal contre BDS Montpellier.

Depuis la campagne menée par la LICRA, le CRIF et autres officines sionistes contre les militant.e.s et l’ensemble du comité BDS France Montpellier, le Maire de Montpellier s’est plié aux exigences du lobby sioniste local et fait la chasse au BDS et à ses militants.

Une douzaine de PV pour « occupation illégale de l’espace public »  contre les stands BDS place de la comédie, des contraventions les plus farfelues « tapage nocturne » à 19h30 place de la Comédie et cerise sur le gâteau  : » émission de bruit portant atteinte à la santé de l’homme » à 16h01 place de la Comédie au cours d’une manifestation officiellement déclarée en préfecture (!).

Déjà en 2017, les placiers municipaux puis la police municipale étaient venus chercher des noises en raison des banderoles BDS et autres tracts BDS sur le stand de la CCIPPP34 qui avait, comme chaque année, fait également une place à l’UJFP 34 (Union Juive Française pour la Paix).

Avant la foire aux associations 2018, la mairie a fait pression sur la Maison des Tiers Mondes et de la Solidarité Internationale (Collectif regroupant une trentaine d’associations hébergé dans les locaux municipaux et touchant subventions de la mairie) pour veiller à ce qu’aucune association n’héberge BDS.

Et dès 9h du matin ce 9 septembre, les contrôleurs municipaux, puis la police municipale sont venus contrôler et se plaindre de la présence de matériel BDS sur le stand CCIPPP34 et des nombreux te shirts « Boycott Israël Apartheid » portés par les militant.e.s.

Le président de CCIPPP34 explique calmement aux policiers chargés de nous harceler, que la CCIPPP est membre de la Campagne BDS France et qu’en fait ce n’est pas la CCIPPP qui héberge BDS mais plutôt le contraire : la CCIPPP est « hébergée » dans la campagne BDS France. Qu’il est donc logique que l’on trouve du matériel d’information BDS France sur le stand CCIPPP tout comme du matériel de l’UJFP qui est aussi membre de la campagne BDS France …Le policier contraint d’obéir aux ordres s’est trouvé dans la position ridicule d’exiger : » puisque c’est un stand CCIPPP tous les présents devraient porter un tee shirt CCIPPP et pas un tee shirt BDS « .

Quoi de plus normal que dans la cadre de la « Maison des Tiers Mondes et de la Solidarité Internationale » on soit solidaire entre associations locales et avec les peuples colonisés pour leur libération … En tous cas le public intéressé et nombreux a manifesté beaucoup d’intérêt pour le BDS et le soutien aux Palestiniens.

 

 




STOP À LA RÉPRESSION CONTRE BDS FRANCE MONTPELLIER ET SES MILITANT.E.S !

M. LE MAIRE DE MONTPELLIER, C’EST L’APARTHEID ISRAÉLIEN QU’IL FAUT SANCTIONNER !

 Communiqué

La campagne BDS France Montpellier remercie chaleureusement les personnes qui se sont mobilisées mardi 28 août en solidarité avec les 3 militant.e.s auditionné.e.s suite à une plainte du BNVCA. Il remercie également tous les comités qui publiquement ou non leur ont adressé des messages ainsi que toutes les personnes qui  ont envoyé messages et sms de soutien. Il est bon de compter ses ami.e.s.

 

Les lundi, mardi et mercredi 29 août ont été pour BDS France Montpellier et trois de ses militant.e.s (Saadia, Manu et José-Luis) des jours de convocation à la police pour audition suite à diverses plaintes.

– Depuis janvier 2018, à ce jour et à notre connaissance, 13 PV municipaux de classe A ont été dressés. La plupart pour « occupation illégale de l’espace public » (Stand BDS place de la Comédie) mais également pour une distribution de tracts dans Les Halles de La Paillade et une distribution de tract devant l’Agora (spectacle de danse de la saison France Israël), plus 3 PV-contravention (pour bruit). Ces PV sont tous établis au nom de José-luis.

– S’ajoutent 2 plaintes déposées contre le même militant : en mars 2017 par l’avocat montpelliérain du BNVCA David Mendel qui avait plaidé contre Saadia et Husein, pour « Menaces contre un avocat ». Plainte classée sans suite après audition. Plainte du BNVCA pour « discrimination » suite à la campagne menée contre l’annulation du spectacle soutenu par le ministère de la culture israélien au théâtre Jean Vilar en mars 2018. Plainte contre Saadia, Manu et José-Luis dont l’audition avait lieu le mardi 28 août 2018.

– Et une troisième plainte déposé par une policière municipale pour «  diffamation à l’encontre d’un représentant de l’autorité publique » contre josé-Luis dont l’audition avait lieu le mercredi 29 août 2018.

Soit au total pour les 8 mois premiers mois de 2018 : 13 PV classe A au tribunal de police, 3 contraventions (amende forfaitaire de 68€)  et 3 plaintes auprès du procureur.

Deux PV municipaux pour « occupation illégale » avaient été dressés l’un en 2016 et l’autre en 2017. Il n’y a pas eu d’audition pour 2017 et  l’audition de 2016 est restée sans suite. De même l’audition pour port du tee shirt est restée sans suite.

Jusqu’à présent toutes les plaintes, y compris la dizaine de plaintes de LIDL contre les militant.e.s, sont restées sans suite. Il est vrai que les motifs et arguments des plaignants ainsi que la nature non-violente, légitime et argumentée des actions BDS donnent peu de prise à de réelles poursuites. Les ennemis de BDS ne l’ignorent pas et cela révèle le véritable motif de ces PV et plaintes. Il s’agit d’une méthode de harcèlement destinée à intimider les militants, leur faire perdre du temps, les décentrer de leurs activités offensives contre l’apartheid israélien au profit de campagnes de défense de la liberté d’expression de BDS. A quoi s’ajoute plus récemment les amendes qui sont une autre forme d’attaque du BDS par l’argent.

 

La LICRA et les sionistes de Montpellier, en faisant de Montpellier dès 2015, à l’occasion du sale procès contre Saadia et Husein le laboratoire de la lutte contre BDS avaient espéré discréditer BDS France Montpellier et interdire son expression publique sur la Comédie et ailleurs. Ils ont lamentablement échoué. Ces trois dernières années ont vu un développement sans précédent des actions de BDS France Montpellier et en 2018 tout particulièrement dans le domaine du boycott culturel avec la mobilisation extraordinaire des commerçants et des habitant.e.s de la Paillade  qui ont participé à la campagne pour le boycott d’un spectacle soutenu par l’État d’apartheid israélien et  des 36 artistes et acteurs.trices culturel.les qui ont appelé à l’annulation de la saison France Israël et appelé au boycott des spectacles de danse de cette saison à Montpellier.

Malgré ce, la municipalité de Montpellier s’obstine aveuglément à poursuivre dans cette voie de la répression de BDS, dans cette voie de soutien à l’État d’apartheid israélien, à ses violations du droit international et des droits humains.

En avril dernier le MAN a déposé une demande d’autorisation pour un stand de « solidarité à la Palestine »  pour fin juin. Cette sixième demande des associations a été refusée une nouvelle fois, renvoyant le stand place Bec (un lieu très peu passant et totalement différent de la place de la Comédie).

 

Au moment où la population héroïque de la Bande de Gaza maintient ses mobilisations dans le cadre de la Grande Marche du Retour et au moment où Israël vient de consacrer et officialiser la nature d’apartheid de son régime par la loi fondamentale qui fait d’Israël « l’État nation du peuple juif » à l’exclusion de toutes les autres ethnies et religions, nous voulons dire à tous.tes nos ami.e.s et sympathisants qui nous soutiennent et nous encouragent que ce n’est pas maintenant que nous allons lâcher les Palestiniens et le combat à leur côté pour la fin de la colonisation, le retour des Réfugiés et l’égalité des palestiniens d’Israël.

 

On lâche rien !

 

Campagne BDS France Montpellier

1 septembre 2018




Des organisations juives mondiales approuvent le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions

Par cette lettre, nous joignant à de multiples organismes internationaux de lutte pour la justice sociale, nous dénonçons la prise pour cible systématique des organisations qui défendent les droits des Palestiniens et particulièrement le mouvement non violent de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Sous couvert d’accusations cyniques et erronées d’antisémitisme, ces attaques confondent dangereusement le racisme anti-Juif avec l’opposition aux politiques d’Israël et à son système d’occupation et d’apartheid.

Nous assistons à l’essor alarmant de régimes autoritaires et xénophobes, au premier rang desquels se trouve le gouvernement dirigé par Donald Trump. Ces régimes, tout en s’alliant avec le gouvernement d’extrême-droite d’Israël, font cause commune avec des mouvements racistes et suprémacistes blancs dans leurs propres pays.

Or notre histoire nous a trop bien enseigné les dangers que représente la montée de partis et de gouvernements fascistes et ouvertement racistes. L’essor des discours et des attaques antisémites est un élément de cette tendance générale.

Dans une telle période il est donc plus que jamais essentiel de distinguer clairement les agressions ou les préjugés à l’égard des Juifs des critiques légitimes de la politique d’Israël et de l’injustice de son système.

La définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocaust (International Holocaust Remembrance Alliance), et largement adoptée ou prise en compte par les gouvernements occidentaux, est formulée de telle façon qu’il est facile pour ces derniers d’assimiler intentionnellement les critiques légitimes à l’égard d’Israël à de l’antisémitisme, afin de pouvoir mieux les réprimer.

Cet amalgame affaiblit non seulement la lutte des Palestiniens pour la justice, la liberté et l’égalité, mais également la lutte contre l’antisémitisme même. Quant à Israël, cela lui offre une défense opportune, qui lui évite de se plier au droit ou aux normes internationales régissant les droits humains.

Nous exhortons instamment nos gouvernements, nos mairies, nos universités et autres institutions à rejeter la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste. En revanche, nous les appelons à prendre des mesures efficaces afin de combattre la haine et la violence des mouvements suprémacistes et nationalistes, et à mettre un terme à toute complicité avec les violations des droits humains perpétrées par Israël. Israël ne nous représente pas et n’est pas apte à parler en notre nom alors qu’il se rend coupable de crimes contre les Palestiniens et leur nie les droits décrétés par les Nations Unies.

Le mouvement BDS, porté par la société civile palestinienne pour la défense de ses droits, nominé pour le Prix Nobel de la Paix, a prouvé son engagement continu dans la lutte contre l’antisémitisme et contre toute forme de racisme et d’intolérance, en vertu de son attachement à la Déclaration Universelle des Droits Humains.

Parmi les organisations signataires suivantes, certaines soutiennent pleinement le mouvement BDS, d’autres en partie, d’autres enfin n’ont pas adopté de position officielle sur BDS. Mais nous affirmons tous que l’appel du mouvement BDS représente un ensemble d’outils et de stratégies, qui ne doit en aucun cas être considéré comme de l’antisémitisme.

Signé par:

Academia4equality (Israel)
Boycott from Within (Israeli citizens for BDS)
Coalition of Women for Peace (Israel)
Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (Strasbourg, France)
Dayenu: New Zealand Jews Against Occupation (New Zealand)
Een Ander Joods Geluid (A Different Jewish Voice) (The Netherlands)
Een Andere Joodse Stem – Another Jewish Voice (Flanders, Belgium)
European Jews for a Just Peace
Free Speech on Israel
Gate48 – critical Israelis in the Netherlands
Independent Jewish Voices (Canada)
Independent Jewish Voices (UK)
International Jewish Anti-Zionist Network
Jewish Anti-Fascist Action Berlin (Germany)
Jewish Voice For Labour (UK)
Jewish Voice for Peace (USA)
Jewish Voice for Peace members in London (UK)
Jews Against Fascism (Melbourne, Australia)
Jews for Justice for Palestinians (UK)
Jews for Palestinian Right of Return
Jews of Color & Sephardi and Mizrahi Jews in Solidarity w/ Palestine (USA)
Jews Say No! (USA)
JIPF – Judar för Israelisk Palestinsk Fred (Sweden)
Jüdische Stimme für gerechten Frieden im Nahost e.V. (Germany)
Justice for Palestinians Los Otros Judíos (Argentina)
Manchester Jewish Action for Palestine (UK)
Quebrando Muros – Judeus Brasileiros Pela Descolonização da Palestina (Brazil)
SEDQ Network- A Global Jewish Network for Justice
South African Jewish Voices for a Just Peace (South Africa)
South African Jews for a Free Palestine (South Africa)
Union des progressistes juifs de Belgique (Saint-Gilles, Belgium)United Jewish People’s Order (UJPO)-Canada
Union Juive Française pour la Paix (France)

 

 

 

 

Source : https://jewishvoiceforpeace.org/global-jewish-organizations-affirm-the-boycott-divestment-and-sanctions-movement/

(texte en anglais, hébreux et espagnol)




Défendre le droit au BDS

À toutes celles et tous ceux qui nous soutiennent,

Le gouvernement d’extrême-droite d’Israël s’efforce sans relâche de diffamer et de criminaliser la solidarité avec le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) pour les droits des Palestiniens, qui a été proposé pour le Prix Nobel de la paix.

Israël cherche à restreindre et à censurer le soutien au BDS avec l’aide de cabinets d’avocats, de personnalités politiques et de gouvernements dans plusieurs pays. Il a également mobilisé ses ambassades, ses services de renseignement et ses groupes de pression pour réprimer la liberté d’expression et notre droit de pratiquer le boycott afin de faire progresser la justice.

Aujourd’hui, nous avons besoin de votre soutien pour défendre le droit au BDS.

Donnez pour protéger notre droit de contester pacifiquement l’occupation militaire et l’apartheid pratiqués par Israël

La vague de répression sans précédent déclenchée par Israël ne nous a pas découragés. Le mouvement BDS est en plein essor et atteint de nouveaux sommets.

Au cours des six derniers mois, nous avons mis en échec un effort concerté d’Israël et de ses groupes de pression pour empêcher un représentant du mouvement BDS de prendre la parole devant le Parlement européen.

Un rapport commandé par le gouvernement écossais a conclu que les actions de boycott d’Israël sont protégées par les lois relatives à la liberté d’expression. Les Démocrates de Californie ont rejeté un projet de loi fédéral qui visait à restreindre la campagne pour le BDS.
Le droit au BDS a été défendu par l’Union européenne, des centaines de juristes européens, l’Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU), des centaines d’ONG européennes, plus de deux cents rabbins et plusieurs gouvernements européens.
Si la guerre menée par Israël contre la solidarité avec les Palestiniens est aujourd’hui la plus grave remise en cause de la liberté d’expression en Occident, le respect du droit au BDS est un test décisif permettant de juger du respect de cette liberté.

Votre don nous permet de protéger la défense des droits des Palestiniens contre les manœuvres d’intimidation d’Israël.

Nous continuerons à développer le mouvement du BDS jusqu’à ce que les droits des Palestiniens soient respectés.

En solidarité,

Ana et Hind

Comité national palestinien Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BNC)

Le Comité national palestinien Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BNC) est la coalition la plus vaste au sein de la société civile palestinienne. Il anime et soutient le mouvement mondial Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) pour les droits des Palestiniens.

Traduction SM pour BDS France




Relaxe confirmée du président du collectif BDS 57 au terme d’une seconde audience devant la cour d’appel

Communiqué :

Après la décision de prescription en première instance,

Relaxe confirmée du président du collectif BDS 57 au terme d’une seconde audience devant la cour d’appel

Après deux ans de procédures, la cour d’appel de Metz a rendu son verdict le 28 février dernier. La constatation de la prescription par le tribunal en première instance et qui avait suscité un appel du Parquet suivi des trois parties civiles (Teva Santé, France-Israël et Avocats sans frontières) a été confirmée.

Poursuivi pour provocation à la discrimination suite à une campagne de sensibilisation alertant sur les implications de la multinationale de génériques pharmaceutiques TEVA d’origine israélienne dans l’oppression du peuple palestinien, notre camarade Richard Srogosz a été à nouveau relaxé. Ce second verdict n’a été suivi d’aucune demande de pourvoi en cassation. Cette relaxe est donc définitive.

Le comité de soutien local constitué dans un esprit de défense des militants exposés de plus en plus aux menaces qui pèsent sur la liberté d’expression et le droit légitime au boycott, reconnu universellement comme un recours efficace et non violent contre l’oppression, se réjouit de ce verdict.

Si le tribunal et la cour d’appel ne se sont pas prononcés sur le fond, nous pouvons cependant parler d’une décision de justice encourageante pour la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions, la réponse citoyenne et non violente à l’impunité israélienne) dans un contexte où la criminalisation du boycott est une triste exception française. Cette issue qui nous est clairement favorable, nous la devons à l’efficacité de notre avocate qui avait conclu au terme de sa plaidoirie que la cour s’honorerait d’une relaxe dans un contexte où le droit, dans notre pays, se trouve de plus en plus menacé. Les juges n’ont pas suivi les demandes de condamnation exprimées de manière particulièrement virulentes par deux des trois parties civiles, suivies par la procureure de la République. Et c’est cela qui importe !

Mais c’est aussi une réussite politique, car cette dimension a bien été débattue au cours de la seconde audience et le relais apporté par la mobilisation calme et pacifique rassemblant de nombreux militants venus apporter leur soutien à l’inculpé devant le tribunal de Metz le 18 janvier dernier a fait clairement comprendre notre détermination, et ce sans incidents, hormis les perturbations sonores de nos adversaires. Ce succès aurait eu davantage d’ampleur s’il avait été relayé par les médias officiels : nous n’avons pu compter que sur nous-mêmes et nos alliés du mouvement de solidarité. Le courage et la ténacité de celles et ceux, venus parfois de loin, qui ont accompagné le président du collectif BDS 57 dans le dernier épisode de ce combat sont à saluer. Nous continuerons à mener nos engagements, jusqu’à ce que Justice soit rendue aux Palestiniens.

Le comité de soutien, Metz, le 10 mars 2018.

Organisations signataires à ce jour :

Association France Palestine Solidarité de Metz et Thionville – Collectif BDS 57 – Comité Pour une Paix Juste au Proche-Orient, Luxembourg – Basta ! – Ensemble – Nouveau Parti Anticapitaliste – Parti Communiste Français – Artisans du Monde, Metz – ATTAC Moselle – Metz l’insoumise, la France insoumise – Union Juive Française pour la Paix.




Lundi 19 mars, procès devant le tribunal de Versailles, du droit d’appeler au boycott culturel d’Israël

Lundi 19 mars, procès devant le tribunal de Versailles, du droit d’appeler au boycott culturel d’Israël

Nous avons appris qu’Olivia Zemor, directrice de publication du site internet europalestine.com est convoquée devant le tribunal de Versailles le 19 mars 2018.

L’Union des communautés juives d’Ile de France accuserait le site de « provocation à la haine ou à la violence » et de « provocation à la discrimination nationale, raciale, religieuse », à cause d’une vidéo datant de 2011 qui appelait Vanessa Paradis et Johnny Depp à ne pas se produire en Israël. Cette action s’inscrivait dans la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS). Une campagne internationale spécifique avait été lancée et l’organisation israélienne « Boycott from Within », partie prenante avait publié cette lettre. La campagne BDS-France avait également adressé une lettre à la chanteuse.

Rappelons que Vanessa Paradis, sensible aux arguments du Boycott culturel du pays de l’apartheid avait annulé son concert en Israël. De nombreux autres artistes l’ont précédée et suivie parmi lesquels on peut citer tout récemment la jeune chanteuse Lorde, mais aussi Cassandra Wilson, Annie Lenox, Lauryn Hill, Natacha Atlas, Aziza Brahim, Cat Power, Sinead O’Connor, Roger Waters, Elvis Costello, Brian Eno, Jason Moran, Richard Bona, Eddie Palmieri, Salif Keita, Jello Biafra,Massive Attack, U2, Gil Scott-Heron, John Berger, Alice Walker, Gillian Slovo, Naomi Klein, Susan Sarandon, Emma Thompson, Danny Glover, Peter Brook, Jean-Luc Godard, Mira N air, Ken Loach ou Mike Leigh.

Bien qu’ils perdent la plupart de ces procès, des groupes supporters inconditionnels de la politique d’Israël ont décidé de continuer à encombrer les tribunaux avec un seul but : insinuer que toute critique de l’État d’Israël serait de l’antisémitisme. Le but de cet acharnement juridique est toujours le même : faire taire toute critique à l’égard de la politique du gouvernement israélien.

Aujourd’hui le constat est accablant : Les Palestiniens subissent :

  • la colonisation galopante en Cisjordanie
  • l’épuration ethnique de Jérusalem
  • le blocus inhumain des 2 millions de Palestiniens de Gaza
  • la terrible répression du mouvement populaire palestinien et particulièrement des enfants
  • l’emprisonnement massif comme arme d’oppression et de domination
  • la discrimination pour les palestiniens d’Israël
  • la privation du droit au retour dans leur pays pour les réfugiés de 1948 et de 1967…….

Les résolutions de l’ONU sont bafouées par les autorités israéliennes, et notre gouvernement au lieu d’agir pour les faire respecter, reste inerte et se contente de paroles laissant s’appliquer la « loi » du plus fort.

Le mouvement BDS prouve son efficacité par son essor et par :

    • l’interdiction, décrétée par le gouvernement israélien contre 20 associations, d’entrer en Palestine,
    • la dépense de millions de dollars pour tenter de le discréditer et le combattre,
    • l’agitation dérisoire des supporters aveugles d’Israël en France.

Après le procès fait en janvier à Richard et BDS 57, l’acquittement d’Olivia Zemor est indispensable et le gouvernement français doit changer d’attitude.

 

Devant l’inertie des États le boycott citoyen de l’État israélien est un droit (et un devoir) jusqu’à ce que celui-ci se conforme au droit international et aux droits humains !

 




Montpellier : La décision de la Cour de cassation clôture définitivement un procès qui n’aurait jamais dû avoir lieu !

Saadia et Husein devant la Cour d’appel de Montpellier

 

COMMUNIQUÉ :

L’information vient de tomber :

Le 19 décembre 2017, par application de l’article 590-2 et 590-1 du code de la procédure pénale, la Cour de cassation a constaté la déchéance du pourvoi en cassation formé par le Bureau national de la vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA).

Après la cinglante déroute en Appel de toutes les parties civiles (6) sur réquisitoire du procureur lui-même, la décision de la Cour de cassation met un terme définitif au procès mené contre Saadia et Husein, tous deux porte-parole de la Campagne BDS France Montpellier. Un long procès de quatre ans et deux mois déclenché par la plainte calomnieuse de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), suivie par le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples ( MRAP) rejoints par les organisations pro-israéliennes et sionistes suivantes : La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), L’Association France-Israël (AFI), le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) et Avocats sans frontières (ASF).

La Campagne BDS France Montpellier constate que l’héritage colonial du Parti socialiste porté par le duo Hollande-Valls alors au pouvoir et leurs relais locaux, a pesé de tout son poids au sein de la « gauche antiraciste » dans le déclenchement de cette opération.

La Campagne BDS France Montpellier souligne le courage de ses deux porte-parole qui n’ont pas fléchi durant toutes ces années malgré les constantes et multiples  attaques personnelles qui ont tenté de salir leur honneur et leur dignité alors même que la lutte contre le racisme est au coeur de leur engagement.

La Campagne BDS France Montpellier a subi de plein fouet les conséquences de ce procès : interdiction de manifester, interdiction de stand sur la place de la Comédie, plaintes pour actions de boycott dans les magasins, plainte pour port du tee shirt BDS France, PV municipaux pour occupation illégale de l’espace public, plus de quinze convocations et auditions par la police judiciaire…

Il est évident que cette opération visait au final la campagne BDS internationale lancée et dirigée par les Palestiniens et considérée par Israël comme « une menace existentielle ». La ruée des organisations sionistes pour se porter parties civiles, les mêmes qui poursuivent systématiquement en France pour antisémitisme toute critique d’Israël,  témoigne de la nature du procès et atteste des cibles visées. Il est vrai que les trois revendications de l’Appel BDS : La fin de la colonisation, le retour des Réfugiés dans leurs maisons et leurs terres ainsi que l’égalité absolue pour les Palestiniens d’Israël – revendications toutes conformes au droit international et aux droits Humains – mettraient fin à l’existence du système d’apartheid mis en place et renforcé par cet État depuis sa création en 1947.

 

La Campagne BDS France espère que celles et ceux qui se sont fourvoyées-és par ignorance, par crainte ou erreur d’analyse aux côtés des parties civiles, mesurent aujourd’hui l’importance et la nécessité de soutenir la Campagne BDS palestinienne pour la Liberté, la Justice et l’Égalité.

 

Montpellier 7 février 2018

CAMPAGNE BDS France MONTPELLIER

comitebdsfrance34@gmail.com




Procès de Metz: appel à soutien!

Le 2 février dernier s’est déroulé à Metz le procès en première instance sur plainte de la multinationale israélienne TEVA (génériques pharmaceutiques) contre le président du collectif BDS 57, poursuivi pour provocation à la discrimination. Les associations France-Israël et Avocats sans frontière s’étaient au dernier moment constituées partie civile. Les juges décidèrent la prescription, ce qui constituait pour nous et pour toute la campagne BDS France une belle victoire. Le parquet a cependant fait appel du jugement, suivi immédiatement des trois plaignants et un nouveau procès aura donc lieu :

LE JEUDI 18 janvier 2018 à 14 H 00 AU TRIBUNAL DE METZ

Nous nous rassemblerons devant le tribunal à partir de 12h30

Vous avez été nombreux à participer l’hiver dernier à cette mobilisation exceptionnelle et mes camarades et moi-même sommes infiniment reconnaissants.

Ce fut incontestablement une réussite couronnée par un premier verdict favorable et une incontestable première victoire de notre avocate. Malheureusement nos adversaires, et au premier chef le Parquet, s’acharnent et nous allons devoir à nouveau mettre en place le même scénario, dans l’espoir d’une décision de justice en notre faveur.

D’ORES ET DÉJÀ, NOUS FAISONS APPEL A VOTRE SOLIDARITÉ, DONT LE VOLET FINANCIER EST LE PLUS URGENT POUR NOUS, SACHANT QUE LES FRAIS DE JUSTICE RESTENT TRÈS ÉLEVÉS.

Nous vous rappelons dès maintenant  la pétition mise à jour , toujours à signer et à faire connaître, ainsi que le  soutien financier électronique ouvert jusqu’à la fin de l’année civile en cours.

Toute initiative sera la bienvenue à l’approche du procès : communiqués, dons, présence devant le tribunal sous réserve d’une autorisation préfectorale. Ce sera à nous de ne pas laisser l’initiative à nos adversaires,  soucieux de venger une premier verdict humiliant. Le combat sera en justice, mais aussi devant le tribunal, pour la liberté d’expression et le droit au boycott.

On ne lâche rien et par avance, un grand merci pour votre solidarité.

N’hésitez pas à diffuser largement cette information.




Une interview de José-Luis Moraguès : « Le BDS s’oppose radicalement au sionisme et à sa vision raciste du monde »

José-Luis Moraguès, un des principaux animateurs de la campage BDS en région Occitanie – Photo : BZ
José-Luis Moraguès – BDS34 – José-Luis Moraguès est militant antiraciste, un des porte parole de la Campagne BDS France–Montpellier, et un des animateurs de la Coalition contre Agrexco qui a remporté la première victoire de boycott contre le géant colonial Agrexco-Carmel. Il répond ici à nos questions.

CP : Chronique de Palestine : Peux-tu dire quelques mots sur l’historique de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) : ses fondateurs, ses enjeux, ses moyens d’action ?

José-Luis Moraguès : La campagne BDS, de Boycott, Désinvestissement et Sanctions, a été lancée par la société civile palestinienne en juillet 2005. Cette initiative était dès le début très importante car elle a réussi à rassembler plus de 170 organisations palestiniennes qui regroupent tous les courants politiques, syndicaux, ONG, ainsi que les courants religieux. Donc c’est quelque chose de vraiment représentatif du point de vue du nombre et représentatif aussi du point de vue de la composition, puisque dans ces associations sont représentées – ce qui est fondamental – les trois composantes du peuple palestinien qui a éclaté en trois parties avec la création de l’État d’Israël, à savoir : les Palestiniens sous la colonisation qui vivent en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, les Palestiniens réfugiés qui représentent plus de 60% des Palestiniens dont une grande partie est à l’étranger, et les Palestiniens d’Israël qui eux sont restés dans ce qui est aujourd’hui Israël et qui sont complètement discriminés.

Donc cet appel est un événement marquant, fondamental. Pourtant, il n’a pas été repris tout de suite par le mouvement de solidarité. Il aura fallu attendre la guerre israélienne contre Gaza de l’hiver 2008-2009. Au sortir de cette guerre – qui a tué plus de 1400 Palestiniens, dans leur large majorité des civils avec parmi eux plus de 300 enfants, et fait plus de 5500 blessés – l’appel BDS et les actions de boycott sont apparues comme un prolongement tout à fait bienvenu des manifestations de rue et parfaitement adapté pour enfin sanctionner Israël. En effet, l’appel adressé aux sociétés civiles et aux personnes de conscience, leur demande d’engager des actions non-violentes et de larges boycotts jusqu’à ce qu’Israël reconnaisse le droit des Palestiniens à l’autodétermination et respecte le droit international.

L’on retrouve évidemment les trois composantes du peuple palestinien dans les trois principales revendications de cet appel BDS lancé par les Palestiniens, qui sont : la fin de la colonisation, le retour des réfugiés et l’égalité absolue pour les Palestiniens d’Israël. Quant aux moyens d’action, qui sont déterminés par les Palestiniens ce sont :
– le Boycott, c’est-à-dire ne pas acheter de produits israéliens, cesser tout commerce avec les entreprises israéliennes et boycotter les initiatives dans tous les domaines : universitaires, sportifs, culturels, scientifiques, économiques et bien sûr politiques
– le Désinvestissement, de façon à ce que les entreprises françaises ou étrangères qui investissent en Israël retirent leurs fonds, rompent leurs contrats et cessent leur activité dans l’État d’Israël
– et enfin les Sanctions, c’est-à-dire que les institutions à tous les niveaux – municipal, régional, national, européen, au niveau des Nations Unies – appliquent des sanctions contre Israël pour toutes ses violations du droit international.

Du point de vue palestinien c’est donc un Appel qui répond aux situations spécifiques de chaque composante du peuple palestinien, qui reconstruit son unité et qui en rupture avec la logique d’Oslo, abandonne la normalisation et les marchandages de portions de territoire pour prendre comme objectif l’auto-détermination du peuple palestinien. Pour le mouvement de solidarité c’est un Appel qui s’adresse aux sociétés civiles, qui leur demande de passer à l’action non-violente, en ciblant directement les intérêts de l’État d’Israël et leurs représentations selon trois moyens d’actions : le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions.

CP : Comment la campagne BDS s’est-elle développée à Montpellier ?

JLM : A Montpellier, juste après la guerre contre Gaza de l’hiver 2008-2009, en février, nous étions une quinzaine de personnes qui voulions entrer dans Gaza pour témoigner de ce qui s’y était passé, mais nous sommes restés bloqués douze jours à Al-Arish, à la frontière côté égyptien, sans pouvoir entrer dans Gaza. C’est au retour de cette mission que nous avons créé le comité BDS34, un des premiers comités à s’être mis en place et que nous avons immédiatement engagé des actions de boycott dans les magasins contre la présence de produits israéliens.

Action dans les magasins Auchan, septembre 2014 – Photo : JLM

En mai 2009, à l’initiative de ce comité, nous avons lancé la « Coalition contre Agrexco » qui était la première entreprise israélienne de fruits et légumes, et juste après nous avons participé à la création de la Campagne BDS France au mois de juin de la même année. Nous avons donc participé au déploiement de la coalition contre Agrexco qui a, et c’est important de le souligner, remporté au bout de deux ans et demi la première grande victoire de boycott contre une entreprise israélienne, puisque Agrexco, après avoir fait faillite, a été liquidé par le tribunal de Tel Aviv en septembre 2009.

Après la campagne contre Agrexco, notre comité à bien sûr adhéré à la campagne BDS France au niveau national, et nous avons développé dans ce cadre diverses campagnes, en particulier contre Mehadrin le principal exportateur de fruits et légumes israélien qui a remplacé Agrexco. Les actions ont été menées en particulier chez Carrefour, quelques-unes chez Auchan mais nous avons concentré nos tirs sur un Géant Casino qui après plusieurs années d’interventions a pratiquement cessé la vente des fruits et légumes israéliens à l’occasion d’un changement de directeur avec qui nous avons pu discuter du problème.
Depuis deux ans nous menons campagne contre Mehadrin chez LIDL dans le cadre d’une campagne nationale de BDS France.

Nous avons également développé des actions dont certaines victorieuse sur le terrain culturel à propos du festival du Cinéma Méditerranéen (CINEMED). Pendant des années ce festival officiellement sponsorisé par le consulat d’Israël à Marseille déroulait le tapis rouge pour le consul d’Israël. Nous avons fait plusieurs actions de distribution de tracts avec banderoles, panneaux et prises de parole à l’entrée du festival mais aussi des interventions directes dans les salles de cinémas, dont une très importante en 2014 où nous étions une soixantaine de personnes à avoir, si je puis dire, «envahi l’écran» pour expliquer notre action et dénoncer la présence du consul israélien. Depuis 2015 le consul ne s’invite plus au festival et Israël n’est plus dans la liste des sponsors officiels de ce festival. Nous sommes ravis de constater que les organisateurs ont compris qu’accepter la présence d’un représentant de l’État d’Israël et le soutien de cet État, sous couvert de la culture, ici le cinéma, revenait à blanchir la politique israélienne de colonisation et d’apartheid, alors que les organisateurs eux-mêmes et ils l’ont dit, n’étaient pas d’accord avec cette politique.

De la même manière, le Festival International Montpellier Danse invitait systématiquement le consul israélien. Nous avons fait plusieurs interventions, allant même jusqu’à passer par les toits pour jeter des tracts et déployer des drapeaux palestiniens au dessus du spectacle en plein air, et nous avons eu le plaisir de constater en 2017, là aussi, l’absence du consul israélien et noté qu’Israël ne sponsorisait plus ce festival. On espère que cette décision est définitive.

Et enfin, il y a une campagne spécifique à Montpellier, car c’est le seul endroit en Europe où les sionistes – pour reprendre le nom qu’ils se donnent eux-mêmes dans leurs déclarations – organisent ce qu’ils nomment «la journée de Jérusalem». En juin, depuis 39 ans, ils commémorent la « réunification de Jérusalem ». Il s’agit en fait de la prise de Jérusalem en 1967 par Moshé Dayan à la tête de l’armée israélienne et de la décision de la Knesset un mois plus tard qui décrète Jérusalem « capitale une et indivisible d’Israël ». Et bien, nous avons ce scandale vivant à Montpellier – où la municipalité, depuis 39 ans, prête gratuitement un parc municipal avec tout le matériel nécessaire et où défilent les élus des exécutifs de la Région, du Département, de la Ville et de la Métropole qui tous sponsorisent l’événement avec l’argent des contribuables. Tous sont présents ou représentés pour participer à une fête coloniale qui commémore, aux côtés du consul d’Israël un fait colonial condamné par l’ONU : Jérusalem capitale d’Israël, et tous se lèvent comme un seul homme pour saluer le drapeau israélien au son de l’hymne israélien.

Action pour dénoncer « la Journée de Jérusalem » à Montpellier, juin 2015 – Photo : JLM

Depuis 2010, avec BDS nous avons lancé une pétition, organisé des conférences, et chaque année une manifestation à l’entrée du parc où se déroule la fête sous haute surveillance policière. En 2015 nous avons obtenu un premier résultat puisque la mairie a fait payer la location du parc et du matériel aux organisateurs, et en juin 2017 la « journée » habituelle n’a pas eu lieu, l’événement ne s’est tenu qu’en soirée, sans affichage public, sur inscription et dans un palais des sports (dont il faudra vérifier la facturation). 2018 nous dira si enfin le contenu colonial de cette fête a été abandonné au profit d’une fête culturelle et cultuelle juive « normale » à laquelle nous aurions plaisir à aller. Mais nous restons vigilants et continuerons les actions si ce n’était pas le cas.

CP : Israël craint manifestement cette campagne BDS et considère comme tout à fait stratégique de la contrecarrer. Comment se déclinent les attaques anti-BDS en France et quels sont leurs effets ?

JLM : Le mouvement de solidarité avec la Palestine a toujours été en butte aux attaques des relais de l’État d’Israël en France, notamment de la part du CRIF, par exemple. Ce n’est donc pas la première fois qu’il y a des plaintes ou des procès pour antisémitisme auprès de gens absolument insoupçonnables, comme Daniel Mermet, l’animateur de l’émission radiodiffusée «Là-bas si j’y suis», Pascal Boniface, le directeur de l’Institut de Relations Internationales ou encore le dessinateur Siné. Donc à ce titre, le BDS a été depuis sa création, attaqué et traité d’antisémite.

Mais la caractéristique principale de ces attaques était que jusque ici, c’étaient les officines sionistes en France qui s’emparaient de ce genre de campagnes et en étaient les seules actrices. Or depuis qu’Israël a déclaré que BDS était une menace stratégique pour son existence on assiste au niveau international à l’intervention directe de l’État d’Israël auprès des États et leurs gouvernements via tous les canaux officiels et officieux. Tout est fait pour interdire l’expression de BDS, ses manifestations, conférences etc. En France l’ambassadeur d’Israël s’est même autorisé à demander publiquement l’interdiction de certaines conférences dans les universités à l’occasion de la Semaine Internationale contre l’Apartheid. Et ça c’est nouveau.

Dès 2010, sous N. Sarkozy, la circulaire Alliot-Marie incitait les parquets à déclencher des poursuites pour la moindre action BDS. Mais c’est surtout à partir de 2013-2014 que la pression gouvernementale israélienne s’est exercée directement, après la déclaration de guerre officielle d’Israël contre BDS.

C’est ainsi que l’on a entendu en France, par exemple François Hollande déclarer en 2014 lors de la guerre israélienne contre Gaza, que Israël «avait le droit de se défendre», ce qui était un encouragement direct aux crimes en train d’être commis. Que dans la foulée, l’État français a interdit, l’été 2014, des manifestations de solidarité avec la Palestine à Paris et dans d’autres villes dont Montpellier. C’est la raison pour laquelle à Montpellier, nous avons occupé fin juillet 2014, le local de la Fédération Départementale du Parti Socialiste, lequel a immédiatement porté plainte contre deux porte parole de notre Comité.

Occupation du siège du Parti socialiste à Montpellier, juillet 2014 – Photo : JLM

En octobre 2014 la police est allée jusqu’à attaquer et détruire notre chapiteau BDS sur la place centrale de la ville de Montpellier. Au même moment, Manuel Valls, reprenant le slogan du CRIF, a publiquement déclaré à plusieurs reprises que «l’antisionisme est la première étape de l’antisémitisme ». Plus récemment, à Paris, à l’instigation de la maire Anne Hidalgo, le Conseil de la ville a adopté un vœu en février dernier condamnant les appels au boycott et a menacé de priver de subventions les ONG qui soutiennent BDS. Et enfin, le nouveau président de la république M. Macron, a déclaré à B. Netanyahu qu’il avait invité en France : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ».

Ces initiatives sont tout à fait visibles au niveau international, et pas seulement en France. Aux États-Unis cela atteint des niveaux très élevés, en Grande-Bretagne également où ont été organisés des opérations de désinformation contre Jeremy Corbyn et plusieurs membres de son parti – le Labour – qui ont été attaqués pour leurs positions pro-palestiniennes. Dans l ‘État d’Espagne, où plus de 50 municipalités, dont Barcelone, ont osé prendre des mesures contre les produits israéliens et décréter des «zones libres d’apartheid», il y a eu également des pressions pour faire voter (sans succès) aux Cortès des mesures contre le BDS.

Voilà la caractéristique de cette offensive récente contre le BDS : alors qu’en France par exemple, l’image d’Israël est en chute libre et que les lobbies sionistes sont déconsidérés du fait de leurs accusations permanentes, excessives et infondées, c’est désormais le gouvernement et ses institutions qui reprennent à leur compte la défense d’Israël et la campagne israélienne anti-BDS. D’où les mesures et la nature des attaques politiques, juridiques et policières contre BDS.

CP : Comment expliquer cet engagement des États auprès d’Israël et contre le BDS ?

JLM : Le soutien à Israël est une constante de la politique de l’Union Européenne. Israël est le seul pays non européen à bénéficier de la plupart des avantages économiques, universitaires et culturels réservés aux seuls membres de l’UE sans en avoir les contraintes ni en payer les contreparties. Sans doute est-il ainsi récompensé de son rôle de poste avancé de l’impérialisme occidental au Moyen Orient. Les critiques de l’UE à l’égard des violations israéliennes du droit international et des droits humains ne s’expriment que sous la pression de l’opinion internationale, face aux massacres et aux exactions répétées d’Israël, et elles ne se concrétisent jamais en sanctions réelles.

Mais au sein de l’UE, certains pays, dont la France en particulier, ont franchi un cap en s’attaquant directement au BDS. On a toujours considéré que le soutien à Israël était en France le produit de trois forces : le poids de la culpabilité d’avoir collaboré à la déportation des juifs et donc à leur génocide, le poids des lobbies sionistes nombreux et particulièrement actifs en France du fait même de cette collaboration et enfin, l’alignement progressif de la France sur les positions étatsuniennes (Atlantisme).

Mais ce qui se passe aujourd’hui et qui surdétermine l’ensemble est d’une toute autre nature. Il s’agit de l’adhésion revendiquée au paradigme de la guerre contre le terrorisme islamiste et de sa mise en œuvre offensive. Le paradigme de la guerre contre le « terrorisme islamiste » extérieur et intérieur, préconisé avant même le 11 septembre par les néo-conservateurs israéliens, était l’apanage de l’État d’Israël supposé menacé à l’extérieur par l’Iran, qualifié d’État terroriste et supposé menacé de l’intérieur par le « terrorisme palestinien ».

Le socialiste François Hollande restera dans l’Histoire comme le président qui en un seul mandat a instauré et verrouillé l’application de ce paradigme. C’est lui qui a mené le plus grand nombre de guerres soi disant contre le terrorisme en Afrique et au Moyen Orient et c’est lui qui également a imposé et pérennisé l’état d’urgence sur le plan intérieur, déclarant à tout bout de champ avec son premier ministre M. Valls : « Nous sommes en guerre ».

Action au magasin Carrefour, août 2014 – Photo : JLM

Pourtant tout le monde sait que la colonisation de peuplement israélienne repose sur un système d’apartheid. Nos dirigeants le savent parfaitement, même les dirigeants étatsuniens le savent ! John Kerry l’a dit ouvertement et un rapport conséquent de l’ONU l’a constaté. Chacun sait aussi que dans cet apartheid et donc dans ce système raciste, les arabes sont considérés comme la race inférieure, d’ailleurs les sionistes ne disent pas : « les Palestiniens » ils disent : « les Arabes ». Comment expliquer que « nos démocraties occidentales » parfaitement informées de tout ceci continuent, comme si de rien n’était, d’entretenir des relations « normales » et même privilégiées avec Israël, un État d’apartheid, un État raciste ? Et comment se fait-il qu’elles aient endossé aussi facilement le paradigme de la lutte contre le terrorisme islamiste qui est fondé sur le racisme et l’islamophobie ? La seule explication c’est qu’au fond, nos démocraties occidentales partagent cette vision d’un monde hiérarchisé, dont la hiérarchie est commandée par l’idée qu’il y a des êtres supérieurs et d’autres inférieurs, des civilisations, des cultures (occidentales) supérieures et d’autres inférieures.

Le courant politique décolonial qui nous vient d’Amérique Latine et qui développe en France l’antiracisme politique analyse très clairement les manifestations de ce qu’il nomme après le sociologue péruvien Anibal Quijano : « la colonialité du pouvoir », c’est à dire une structuration raciste des rapports sociaux directement issue des rapports coloniaux fabriqués par l’occident et qui a pris le relai du pouvoir colonial « classique » au moment de la disparition des institutions coloniales proprement dites. [1]

Le mouvement BDS s’oppose frontalement et radicalement à l’apartheid, au sionisme et donc à cette vision du monde raciste dans laquelle la race est l’élément discriminant de base. De ce fait le BDS est un véritable danger pour les tenants de la prétendue guerre contre le terrorisme. D’où les attaques qu’il subit de la part d’Israël et de nos gouvernements successifs…

CP : Justement, comment ces attaques se déclinent-elles dans les autres régions, et ici à Montpellier en particulier ?

JLM : Le fait que le gouvernement et tous les courants politiques du gouvernement, avec le Parti socialiste en tête, s’impliquent totalement dans la solidarité avec Israël, a eu pour effet la multiplication des procès. Cela s’est traduit par des pressions et des interventions auprès de l’appareil de la justice. La plupart des procès – à l’exclusion du premier qui a eu lieu à Bordeaux où une personne avait apposé des auto-collants sur des produits israéliens – ce qui est considéré comme une « dégradation légère » – tous les procès qui ont eu lieu s’appliquaient à des personnes qui distribuaient des tracts devant des magasins. C’étaient pourtant des actions tout à fait pacifiques et non-violentes.

Le moment culminant de cette vague de procès pour distribution de tracts devant des grandes surfaces commerciales, a été l’arrêt de la Cour de Cassation confirmant une condamnation, en invoquant l’argument selon lequel le boycott était une forme de discrimination à l’égard des agriculteurs [israéliens] c’est-à-dire un groupe de personnes appartenant à l’État d’Israël. Il s’agissait donc, selon ce raisonnement, d’une discrimination à caractère antisémite !… Ainsi 12 militants de Mulhouse ont été condamnés à un total de 32 000€ pour ce motif totalement infondé ! Ils ont fait appel devant la Cour de Justice Européenne.
Il y a des procès toujours en cours. Par exemple à Metz, le collectif BDS57 avait envoyé une lettre aux pharmaciens pour dénoncer la politique de Teva, une entreprise israélienne de médicaments fabriquant des produits génériques. Le président du Collectif BDS57 est poursuivi par TEVA pour le simple fait d’avoir envoyé cette lettre. Alors que les juges avaient décidé la prescription en première instance. Comme dans de nombreux cas c’est le parquet qui a fait appel, rejoint par les officines sionistes habituelles. Le jugement en appel a été fixé au 5 octobre 2017.

A Toulouse des militants qui avaient distribué des tracts à plus de 100 mètres d’un magasin pour dénoncer le fait d’avoir été agressés par une officine sioniste, la LDJ (Ligue de Défense Juive, organisation d’extrême-droite) lors d’une précédente distribution de tracts, se sont vus eux aussi attaqués et condamnés. Non pas pour discrimination raciale mais pour entrave à l’exercice du commerce … Et ils ont été condamnés chacun à une amende de près de 1000 euros. Antérieurement et plus près d’ici, il y a eu à Perpignan également des militants poursuivis et condamnés, mais qui ont gagné en appel.

CP : Et à Montpellier ?

JLM : Par le nombre d’actions menées et les terrains couverts, par la nature offensive des actions strictement non-violentes, par les cibles choisies et le nombre de militants-tes participant aux actions, par le développement du comité et son influence, le comité BDS France–Montpellier est un comité très actif de la Campagne BDS France. A ce titre il a concentré sur lui de nombreuses attaques au point qu’il n’est pas exagéré de dire qu’il a été et reste un laboratoire de la « guerre » menée contre BDS par Israël et ses alliés du gouvernement en France.

Profitant d’une plainte déposée contre deux porte parole du Comité BDS Montpellier [2], la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme) s’est portée partie civile au procès et a développé une campagne offensive durant plus d’un an contre BDS Montpellier. C’était habile, car même si la LICRA est bien connue pour son soutien à Israël, elle n’est pas publiquement sioniste comme le CRIF par exemple. N’empêche qu’elle a mené pendant plus d’un an et jusqu’à la fin du procès contre nos deux porte parole qui ont été relaxés en appel, une intense campagne de lobbying allant même jusqu’à rassembler régionalement à Montpellier les officines sionistes (CRIF etc…) dans une manifestation de près de 200 personnes au mois de mai 2015 contre BDS Montpellier.

Nulle part en France on a vu une telle offensive. La LICRA et ses amis ont exigé des pouvoirs publics (Préfecture et Mairie) l’interdiction de toute manifestation et expression publique du comité BDS Montpellier et surtout l’interdiction de ses stands place de la Comédie au centre ville où passent des milliers de personnes. Et ils ont partiellement obtenu satisfaction ! Alors que depuis près de 10 ans les maires successifs de Montpellier toléraient sans demande d’autorisation les stands BDS avec chapiteau, l’actuel maire de Montpellier interdit depuis mai 2015 les stands BDS sans autorisation, et a systématiquement opposé un refus aux demandes d’autorisations. Alors même que les stands de nombreuses associations étaient tolérés sans problème… Le ciblage contre BDS était clair et il persiste.

Action au magasin Lidl, mars 2016 – Photo : JLM

Mais nous avons refusé de nous plier à cette atteinte à la liberté d’expression du BDS et nous avons continué et continuons à tenir nos stands. Après plusieurs interventions de la police municipale qui a tenté de nous faire partir et nous a dressé des procès-verbaux (avec audition par la police) pour occupation illégale de l’espace public, le 17 octobre 2015 la police nationale a attaqué et détruit notre chapiteau place de la Comédie, sous les huées des passants qui se sont portés à notre secours et le 31 octobre suivant, la préfecture est allée jusqu’à nous interdire une manifestation de soutien à la Palestine, fait rarissime et extrêmement grave contre lequel nous avons déposé une plainte au Tribunal Administratif.

Malgré toutes ces intimidations nous n’avons cessé d’être présents Place de la Comédie sous des formes diverses et nous avons organisé à trois reprises, avec une quinzaine d’organisations solidaires de BDS, des « Occupy Comédie » de la place de la Comédie. Chaque organisation amène sa table et expose son matériel d’information, diffuse ses tracts etc… imposant ainsi collectivement la liberté d’expression pour BDS bien sûr, mais aussi pour l’ensemble du mouvement social et associatif.

Par la suite un de nos porte parole a été convoqué à la police et auditionné pour avoir porté le tee shirt de la Campagne BDS France sur lequel est écrit : Boycott Israël Apartheid. C’est dire que les intimidations n’ont pas cessé.

C’est dans ce contexte d’intimidations répétées contre notre comité que l’entreprise Lidl, chez qui nous avons mené de nombreuses actions, a déposé une série de plaintes contre nous. En effet, une campagne BDS nationale a été lancée en 2016 contre l’entreprise israélienne Mehadrin chez Lidl qui commercialise nombre de ses productions (fruits et légumes). Localement, nous avons mené plus de 25 actions en l’espace d’un an, avec un travail sur les quartiers, des campagnes d’affichage, pour dénoncer la présence de ces produits et demander à Lidl de cesser de commercer avec cette entreprise. Nous avons aussi occupé la direction régionale de cette entreprise à Lunel pour obtenir un rendez-vous avec la direction afin de protester contre la présence des produits israéliens. Rendez-vous que nous avons obtenu grâce à l’occupation. C’était donc une campagne non-violente, nationale et locale, construite et offensive.

Lidl a déposé contre nous un total de huit plaintes et nous avons été quatre militants à être auditionnés par la police à deux reprises en 2016 et 2017. En mai dernier l’avocat du BNVCA [[Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme]] (qui a plaidé dans le procès contre nos deux porte parole) a tenté une provocation dans un magasin lors d’une action BDS. Il a porté plainte contre l’un de nos porte parole pour soit disant : « menaces sur avocat » alors même que c’est lui que la sécurité du magasin a raccompagné à la sortie tellement il criait et s’excitait contre nous. Ça nous a valu une nouvelle convocation et audition par la police…

CP : Au final quel bilan tirez-vous de ces attaques contre BDS et contre votre comité en particulier ?

JLM : La première attaque est venue du Parti Socialiste qui a porté une plainte nominative contre deux de nos porte parole alors que l’occupation de leur locaux était une action politique, collective, co-organisée et revendiquée par BDS Montpellier, le MIB et le NPA. Quand à peine quinze jours après la plainte du PS, la LDH a porté ses accusations absurdes de négationnisme et d’antisémitisme contre nos deux camarades, nous avons immédiatement compris qu’il s’agissait d’une offensive contre le comité BDS de Montpellier et contre le BDS en général. En effet la LDH 34 (Hérault) argumentait en disant que notre « antisionisme radical était un dérapage vers l’antisémitisme ». De fait, elle reprenait presque mot pour mot les propos du premier ministre socialiste M. Valls qui entonnait déjà avec le CRIF : « L’antisionisme est synonyme de l’antisémitisme » et nous savons bien que dans la LDH il y a un courant PS très influent. A ce moment là nous avons compris que le but des plaintes était, à travers nos deux camarades, de faire passer notre comité pour antisémite et ainsi salir également le BDS tout entier par la même occasion.

Alors nous avons décidé que la meilleure façon de prouver l’innocence de nos deux camarades et faire échouer la manœuvre était d’intensifier nos actions BDS et de nous développer. Nous avons donc mis en place un plan de travail audacieux et l’avons suivi. 2015 et 2016 ont été des années extrêmement productives de notre comité. Aussi quand l’offensive de la LICRA a commencé en avril 2015, nous étions déjà en ordre de bataille et dans l’action. La nature d’atteinte à la liberté d’expression des attaques gouvernementales (la préfecture) et municipales (la mairie) ont suscité un courant de sympathie parmi nos amis dont certains s’étaient éloignés du fait du procès et des accusations portées par la LDH. Le résultat du procès a balayé les doutes des hésitants et porté un coup considérable aux parties civiles. Seul le BNVCA poursuit sans succès ses plaintes.

A ce jour nous considérons que nos analyses étaient justes, en particulier sur la nature coloniale du PS et de ses amis, que la riposte aux attaques (LICRA, État et municipalité) par l’action et l’élargissement du soutien à BDS étaient le bon choix et nous gardons le cap !

CP : Quels sont aujourd’hui les enjeux de la campagne BDS en France ? Quelles sont ses perspectives ? Quelles suggestions ou recommandations pourraient être faites ?

Dans un mouvement hétéroclite comme la Campagne BDS France (une cinquantaine d’organisations nationales et un peu plus de cinquante comités de villes) les approches et les réactions sont diverses, il faut toutes les respecter car les histoires et les contextes sont différents. C’est à chacun de faire ses expériences et les preuves de la justesse de ses positions par les faits et les résultats obtenus. Les procès, la décision de la Cour de Cassation ont fait l’effet d’une douche froide. C’est une réaction normale et temporaire car quelque soit le niveau de répression, l’Histoire montre que la résistance et la lutte sont toujours possibles.

Je m’en tiendrai à notre expérience locale pour dire que l’enjeu fondamental c’est la poursuite des actions de terrain dans le cadre de campagne construites en vue de créer un rapport de force progressif, des campagnes suivies avec cibles restreintes et objectifs précis avec une exigence de résultats. Les résultats, on le sait, sont aussi conditionnés par le nombre qui permet le développement, l’extension et l’amplification de notre activité et donc par l’adhésion de nouvelles forces militantes. C’est ce cercle vertueux qu’il nous faut entretenir.

Place de la Comédie à Montpellier – Manifestation de solidarité avec les prisonniers palestiniens grévistes de la faim, mai 2017 – Photo : JLM

Quand nous discutons avec les personnes sur les stands et lors des distributions de tracts, comment leur donnons-nous l’envie de nous rejoindre ? En leur parlant des actions qu’on mène, de comment ils pourraient y participer et progressivement en devenir des acteurs et même des organisateurs. Les jeunes – et ils ont raison – veulent transformer la réalité et combattre les injustices par l’action, sur le terrain.

Se poser la question du développement de BDS France, c’est à dire du recrutement de nouveaux militants, est donc un enjeu vital immédiat et à long terme.

Bien sûr il reste encore de nombreuses associations, syndicats et partis avec qui il faut discuter pour les inviter à adhérer à la Campagne BDS France, c’est indispensable et d’un réel soutien politique, mais ce sont des adhésions par « le sommet », peut-être quelques militants et militantes de ces organisations viendront rejoindre les rangs des comités de villes mais dans le contexte d’offensive libérale et de démobilisation que nous traversons, les militants organisés sont saturés de travail et à de rares exceptions, peu disponibles pour s’investir à fond dans BDS. Et donc l’essentiel du potentiel des forces militantes est ailleurs, il est chez les inorganisés que nous rencontrons dans le travail à la base, dans l’action de terrain.

Et là, il nous faut être attentif aux recommandations du BNC appuyées par plusieurs interventions d’O. Barghouti. Que nous disent-ils ? Ils nous disent que de par la colonisation de peuplement, l’apartheid et le génocide progressif de Gaza les Palestiniens sont partie intégrante des populations les plus opprimées au monde et en particulier celles qui subissent le racisme, et que c’est vers elles que nous devons nous tourner, à la fois pour les soutenir mais aussi pour les amener au BDS car elles sont à même de mieux comprendre et se sentir partie prenante des aspirations des Palestiniens.

Le Comité BDS Montpellier est composée depuis sa création d’une majorité de personnes, jeunes pour la plupart, des quartiers populaires et de l’immigration coloniale, c’est un héritage de la CCIPPP34 d’avant BDS et de l’histoire de notre comité. Les personnes qui s’arrêtent à notre stand place de la Comédie, qui nous aident financièrement, qui signent nos pétitions, qui prennent contact avec nous, qui viennent à nos réunions et participent aux actions, sont dans leur écrasante majorité des hommes et des femmes, jeunes, issus-ues des quartiers populaires. Je l’ai déjà dit, c’est pareil dans les grandes manifestations de solidarité, les quartiers représentent plus de 80% des manifestants.

A quoi tient cette sensibilité particulière à la cause palestinienne ? Le plus fréquemment les plus jeunes ont entendu parler de ce problème en famille par les parents, mais dans ce cas c’est souvent sous l’angle des malheurs et des souffrances subies par les Palestiniens. Le fait d’être arabes et musulmans est évidemment une porte d’entrée culturelle et cultuelle qui facilite aussi le rapprochement et l’intérêt pour la Palestine. Bien sûr ces facteurs sont actifs chez les jeunes qui nous approchent mais l’expérience me fait dire que le facteur déterminant qui les fait se sentir proche des Palestiniens c’est le fait de partager avec eux une même réalité : la réalité d’un racisme d’État et de ses méfaits quotidiens dans tous les domaines de la vie. Les réseaux sociaux offrent aujourd’hui profusion d’images de la réalité concrète vécue par les Palestiniens et même si la colonisation et l’occupation militaire sont sans aucune mesure d’une violence létale bien plus élevée en Palestine, il n’empêche que les incessants contrôles d’identité au faciès, les brimades et humiliations de la police, les traques de la BAC, les crimes policiers, l’immunité policière et les emprisonnements pour faits mineurs facilitent les identifications avec les Palestiniens. [3]

Pour son développement, le mouvement BDS a besoin de ces forces, de ces jeunes (et moins jeunes) « racisés » [4] des quartiers populaires car ils connaissent de l’intérieur le racisme et l’injustice structurelle du système. Ils amènent avec eux leur énergie, la colère, la révolte et le courage nécessaires pour se battre mais aussi l’affirmation d’une dignité revendiquée. Ils font preuve d’une grande clairvoyance face aux injustices, au colonialisme et au paternalisme et leur exigence de justice est d’une intransigeance salutaire pour garder le cap. Cette exigence de justice pour la cause palestinienne est d’autant plus forte qu’elle est portée par l’exigence de justice pour eux-mêmes. En combattant le racisme colonial et l’apartheid qui sévissent en Palestine, ils s’inscrivent ici dans un front de lutte contre la colonialité du pouvoir, c’est à dire contre le racisme d’État et un capitalisme mondial qui sont les formes contemporaines structurelles de la suite de l’histoire coloniale, qui a marqué l’histoire de leurs parents et de l’immigration en général.

Ces militants et militantes, car il y a souvent plus de jeunes filles et jeunes femmes que de jeunes hommes, co-fondateurs du comité, ont incontestablement transformé les pratiques de solidarité à la Palestine antérieures à BDS.

Ils et elles ont su imprimer un rythme élevé d’activité, des modalités audacieuses d’interventions, une volonté opiniâtre de gagner – on lâche rien ! – un partage enthousiaste et vivant de la cause palestinienne et une énergie communicative qui attire les nouveaux militants-tes. Bref, ils et elles ont fait la Campagne BDS France-Montpellier, ils et elles en sont la « marque de fabrique », son style et sa signature.

Donc, oui, je crois en effet que ces forces ont un rôle primordial à jouer dans le BDS, mais bien évidemment il faut tenir compte des contextes et s’adresser sans exclusive à tous les courants et toutes les composantes de la société civile en France.

Action de boycott au Géant Casino – 2015

Notes :

[1] Selon A. Quijano la « Colonialité du pouvoir » est le modèle d’un pouvoir global caractérisé par un système de domination colonial occidental, fondé sur l’idée de race et d’un mode d’exploitation capitaliste ouvert sur le marché mondial qui apparaît avec la découverte de l’Amérique …

[2] Plainte injustifiée et irresponsable déposée par la LDH (Ligue des droits de l’Homme) en octobre 2014, suivie par le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples) à laquelle se sont portées partie civiles les officines sionistes : BNVCA (Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme), France-Israël et Avocats sans Frontières. Le procès a duré 2 ans et demi au terme duquel malgré le contexte des attentats et le climat d’islamophobie, nos deux camarades, Saadia et Husein, ont été relaxés par la Cour d’Appel.

[3] Ceci n’est pas un scoop ! ça fait plus de vingt ans que le MIB dénonce et combat la « gestion coloniale des quartiers » ! Que le courant politique des quartiers populaires et de l’immigration qui anime aujourd’hui le courant décolonial et l’antiracisme politique développe ces thèses au sein du courant de solidarité à la Palestine ; il était majoritairement présent à la création de la CCIPPP, présent aussi à la création de BDS, il a impulsé et animé les grandes manifestations de soutien contre la série d’offensives israéliennes en Cisjordanie et Gaza depuis 2002 à aujourd’hui, et participe activement aux campagnes de soutien de G. Ibrahim Abdallah etc.

[4] Les « racisés-ées » sont les personnes qui sont la cible d’un dispositif d’assignation sociale spécifique, socialement construit qui discrimine les « non blancs » dans la continuité des rapports coloniaux.

Source : http://chroniquepalestine.com/bds-oppose-radicalement-sionisme-vision-raciste-monde/

3 octobre 2017 – Propos recueillis par Chronique de Palestine

 




Metz: soutenons notre camarade injustement inculpé, relaxe pour Richard!

Le 2 février dernier s’est déroulé à Metz le procès en première instance sur plainte de la multinationale israélienne TEVA (génériques pharmaceutiques) contre le président du collectif BDS 57, poursuivi pour provocation à la discrimination. Les associations France-Israël et Avocats sans frontière s’étaient au dernier moment constituées partie civile. Les juges décidèrent la prescription, ce qui constituait pour nous et pour toute la campagne BDS France une issue idéale.

Le parquet a cependant fait appel du jugement, suivi immédiatement des trois plaignants et un nouveau procès aura donc lieu :

LE JEUDI 5 OCTOBRE PROCHAIN à 14 H 00 AU TRIBUNAL DE METZ

Nous préparons une nouvelle mobilisation dans les mêmes conditions que la précédente puisque c’est le même procès qui va se dérouler devant une nouvelle cour, avec la probabilité que la prescription ne soit pas confirmée.

Vous avez été nombreux à participer l’hiver dernier à cette mobilisation exceptionnelle et mes camarades et moi-même sommes infiniment reconnaissants. Ce fut incontestablement une réussite couronnée par une incontestable première victoire de notre avocate.

Mais nos adversaires, et au premier chef le Parquet, s’acharnent et nous allons devoir à nouveau mettre en place le même scénario, dans l’espoir d’une décision de justice en notre faveur…

D’ORES ET DÉJÀ, NOUS FAISONS APPEL A VOTRE SOLIDARITÉ, DONT LE VOLET FINANCIER EST LE PLUS URGENT POUR NOUS, SACHANT QUE LES FRAIS DE JUSTICE RESTENT TRÈS ÉLEVÉS…

Nous entrerons dans le vif de la mobilisation en soutien à l’inculpé dès les premiers jours de la rentrée de septembre, mais nous vous rappelons dès maintenant la diffusion de la pétition mise à jour et qui vise les 3000 signatures pour le moment, ainsi que le recours possible au soutien financier électronique ouvert jusqu’à la fin de l’année civile en cours. Voici un rappel des sites utiles en lien sur Internet :

la pétition : http://relaxepourrichard.wesign.it/fr

le soutien financier : https://www.helloasso.com/associations/collectif-bds-57/collectes/soutien-financier-a-richard-et-au-collectif-bds57

Toute initiative sera la bienvenue à l’approche du procès : communiqués, dons, présence devant le tribunal sous réserve d’une autorisation préfectorale. Ce sera à nous de ne pas laisser l’initiative à nos adversaires sionistes, soucieux de venger un premier verdict humiliant. Le combat sera en justice, mais aussi dans la rue, pour la liberté d’expression et le droit au boycott.

On ne lâche rien et par avance, un grand merci pour votre solidarité.

N’hésitez pas à diffuser largement cette information.




Procès, auditions, acharnement policier sur militant, à Montpellier la criminalisation du mouvement social bat son plein !

Nous avions décalé l’horaire du rassemblement de solidarité à nos trois camarades car il y avait à 14h également,  le procès de 3 personnes (un militant syndicaliste et deux journalistes) poursuivies pour « diffamation » alors qu’elles n’ont fait que dénoncer les méthodes de gestion d’une direction très répressive.  Quelques jours auparavant c’était une nouvelle audition d’un militant contre la loi travail qui a déjà été condamné à de la prison ferme et qui fait l’objet d’un acharnement policier flagrant.

3 militants-te de la Campagne BDS France Montpellier étaient convoqués-ée en audition pour : « Dégradation de bien privé » suite à une série de 8 plaintes déposées par la direction de LIDL, une plainte déposée par le BNVCA (Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme) au parquet de Paris pour une action dans un magasin LIDL à Montpellier et une plainte personnelle déposée contre l’un d’entre eux par l’avocat du BNVCA pour soi disant : menace.

 

Les auditions des 3 militants BDS s’est déroulée, ce jeudi 15 juin,  sans garde à vue malgré les menaces qui pesaient. C’est maintenant au procureur de décider de la suite à donner. une vingtaine de personnes étaient présentes malgré les horaires et la canicule devant le commissariat en soutien aux militants convoqués.

groupSaadia
A SA SORTIE SAADIA RACONTE COMMENT S’EST PASSÉE SON AUDITION.

ÉLARGIR LA SOLIDARITÉ ET S’INSCRIRE DANS LA RÉSISTANCE AU GOUVERNEMENT MACRON
Vendredi 16 juin à 20h la Campagne BDS France Montpellier est invitée à tenir un stand et intervenir sur la criminalisation de son activité dans le cadre de la

« Réunion-Débat » unitaire, de résistance face au gouvernement Macron. 

A la salle Guillaume de Nogaret, espace Pitot à 20h. Montpellier.
Organisée par :  NPA34, Ensemble !, France Insoumise, PCF34, CGA, CNT ESS 34, PG 34, CGT Educ’Action 34, CGT Précaires Montpellier, Sud Education 34, Sud Chimie 34, Sud PTT 34, Assemblée citoyenne 1ère et 8ème circonscription du 34



Suisse: Conseil des États refuse de criminaliser la lutte pour les droits humains en Israël / Palestine

Communiqué de presse BDS Suisse

3.06.2017

Bâle, le 13 juin 2017 – Aujourd’hui le Conseil des États a clairement refusé une tentative de criminaliser et d’interdire le soutien à des organisations qui luttent pour le respect des droits humains et du droit international en Israël / Palestine. Une motion du conseiller national Christian Imark déposée à cette fin a été acceptée dans une version amendé. La requête suivante a notamment été biffée : celle de ne plus soutenir des organisations qui appellent au boycott d’Israël, le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Avant ce vote, le Département des Affaires Étrangères (DFAE) a confirmé dans une séance avec la Commission de Politique Extérieure du Conseil des États (CPE-E) que BDS n’est pas contraire au droit international.

La motion Imark a été soutenue au Conseil national par l’UDC ainsi que par la majorité des députés PLR et PDC. La motion se base explicitement sur un document de l’organisation lobbyiste israélienne NGO – Monitor. On peut donc conclure qu’elle est née dans le contexte des tentatives israéliennes, toujours plus nombreuses, visant à discréditer le droit international et de criminaliser les ONG qui exigent l’application des droits fondamentaux des Palestiniens, la fin de l’occupation et la fin du blocus de Gaza, les droits égaux pour les citoyen-nes palestinien-nes en Israël et le respect du droit de retour pour les réfugiés palestiniens.

Depuis 2005, la grande majorité des organisations de la société civile palestinienne appelle au boycott (BDS) contre Israël jusqu’à ce que l’État d’Israël respecte le droit international et accorde les droits fondamentaux à la population palestinienne.

Le droit de lutter par le boycott (BDS) pour les droits des Palestinien-nes est reconnu publiquement par l’UE ainsi que par les gouvernements hollandais, irlandais et suédois. En décembre 2016, plus de 200 juristes renommés, provenant de différents pays européens, y compris de la Suisse, ont adopté une déclaration qui reconnaît le droit d’exercer des pressions sur Israël au moyen de boycotts, de désinvestisssements et de sanctions (BDS) comme un exercice légitime de la liberté d’expression. Commentaire de Robert Kolb, ancien conseiller juridique du DFAE : « Le droit des citoyens-ennes de prendre parti pour BDS constitue un élément essentiel des droits fondamentaux qui sont protégés par le pacte international concernant les droits civiques et politiques. »

BDS Suisse se félicite de la décision du Conseil des États de lier l’attribution de moyens financiers aux ONG à des critères bien déterminés, sans pour autant entraver leur engagement pour les droits humains et le droit international.

 

Contact : BDS Suisse

www.bds-info.ch

kontakt@bds-info.ch

Source: BDS Suisse



Nouvelles attaques contre la Campagne BDS France Montpellier

communiqué :

LA RÉPRESSION NE NOUS FERA PAS TAIRE !

« BOYCOTTONS L’APARTHEID ISRAÉLIEN ! »

RASSEMBLEMENT SOLIDAIRE : JEUDI 15 JUIN 2017 A 14h 30

COMMISSARIAT CENTRAL DE MONTPELLIER (Av. Du Comte de Melgueil)

 

3 militants-te de la Campagne BDS France Montpellier sont convoqués en audition pour : « Dégradation de bien privé » suite à une série de 8 plaintes déposées par la direction de LIDL, une plainte déposée par le BNVCA (Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme) au parquet de Paris pour une action dans un magasin LIDL à Montpellier et une plainte personnelle déposée contre l’un d’entre eux par l’avocat du BNVCA pour soi disant : menace.

 

Dans les prisons israéliennes 1500 des 6300 prisonniers politiques palestiniens viennent de mener une héroïque grève de la faim de 40 jours – victorieuse – pour obtenir… la simple application du règlement des Services Pénitentiaires israéliens : visites des familles chaque 15 jours, visites des avocats, soins médicaux adaptés, possibilité de faire des photos lors des visites et fin de la détention administrative… C’est dire l’inhumanité et l’illégalité de l’emprisonnement subi par les Palestiniens. 1500 êtres humains ont mis en danger leur santé et leur vie pour certains, pour la simple application d’un règlement même pas respecté par ceux qui l’ont édicté ! C’est dire aussi l’échec israélien à leur faire courber l’échine, c’est dire enfin le haut niveau d’affirmation de leur dignité dont ils sont capables.

 

Pendant ce temps l’état d’Israël fête en grande pompe, en présence de D. Trump, l’anniversaire des 50 ans des conquêtes militaires de la guerre des 6 jours : la colonisation de la Cisjordanie, Bande de Gaza, plateau du Golan et l’annexion de Jérusalem-Est (dite « Réunifiée »). A Montpellier, le CCCJM (Centre Communautaire et Culturel Juif de Montpellier) se prépare à fêter ces mêmes événements pour la 40ème année en présence des élus de tous les exécutifs (Région, Département, Métropole, Ville) le 25 juin au stade Bougnol à Montpellier. Sous l’intitulé « réunification de Jérusalem » se cachent l’annexion et la colonisation de Jérusalem maintes fois condamnées par les instances internationales. Nous disons à ces élus-es : « Comment pouvez vous participer  et donner votre caution officielle en notre nom à tous, de la région, du département et de la ville en participant à une manifestation qui bafoue le droit international en célébrant annexion et colonisation de la Palestine » ? Comment pouvez-vous appuyer la démarche de D. Trump qui veut transférer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, officialisant ainsi l’annexion illégale de Jérusalem-Est ? »

 

C’EST L’APARTHEID ISRAËLIEN QU’IL FAUT JUGER ET CONDAMNER ET PAS CEUX-CELLES QUI DEMANDENT L’APPLICATION DU DROIT INTERNATIONAL ET DES DROITS HUMAINS EN PALESTINE !

 

Depuis sa création en 2009, la Campagne BDS France à Montpellier et ses militants, qui, à l’instar des lanceurs d’alertes se dressent pour dénoncer la colonisation, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et le génocide progressif du peuple palestinien, appellent la société civile à boycotter l’apartheid israélien comme on a boycotté l’Afrique du Sud raciste. Malgré une opinion populaire largement favorable à la Palestine, au plus haut niveau de l’Etat français un courant politique pro-israélien s’efforce de criminaliser le BDS en vue de faire taire toute critique à l’égard d’Israël.. A Montpellier, la Campagne BDS France est en butte à de graves entraves à la liberté d’expression : interdictions systématiques de stand Palestine place de la Comédie, PV municipaux… Ses militants sont l’objet de constantes convocations à la police (actions, port du Tee-shirt BDS), et aujourd’hui Ils sont menacés de poursuites judiciaires devant les tribunaux pour des actions non-violentes dénonçant le commerce avec l’apartheid israélien.

ILS NE NOUS FERONT PAS TAIRE : « LIBERTÉ, JUSTICE, ÉGALITÉ » 

 

Campagne BDS France Montpellier (6 juin 2017) – comitebdsfrance34@gmail.com

FB : BDS France 34. https://bdsf34.wordpress.com   https://www.bdsfrance.org/




Déclaration de BNC sur la campagne israélienne en cours pour réduire au silence Omar Barghouti et réprimer le mouvement BDS

 

22 mars, 2017Le matin du dimanche 19 mars, les autorités fiscales israéliennes ont fait irruption dans la maison d’Omar Barghouti, éminent défenseur palestinien des droits de l’homme et cofondateur du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) pour la liberté, la justice et l’égalité du peuple palestinien. Ce jour-là ils ont détenu et interrogé Omar et son épouse Safa pendant 16 heures. Omar subit actuellement son quatrième jour d’interrogatoire.

On trouvera ci-dessous la réponse du comité national palestinien de BDS (BNC) à ces développements et aux efforts systématiques du gouvernement israélien pour criminaliser le mouvement BDS, intimider ses militants et bloquer la libre expression.

Un éminent défenseur palestinien des droits de l’homme, cofondateur du mouvement BDS, Omar Barghouti, a subi pendant des années menaces intensives, intimidation et répression par une variété de moyens de la part du gouvernement d’extrême droite d’Israël, particulièrement depuis que celui-ci considère le mouvement BDS comme une « menace stratégique » envers son système entier d’injustices contre les Palestiniens.

Lors d’une conférence en mars 2016 dans Jérusalem occupée, plusieurs ministres du gouvernement israélien ont menacé Omar et des défenseurs clés des droits de l’homme de BDS de mesures sévères, incluant « l’élimination civile ciblée »un euphémisme pour un assassinat civil. Le ministère des affaires stratégiques a établi l’an dernier une « unité de salissure », comme l’a révélé le quotidien israélien Haaretz. Ce travail de cette unité est de ternir la réputation des défenseurs des droits de l’homme et des réseaux liés à BDS.

C’est dans ce contexte que doit être comprise l’investigation du département fiscal israélien concernant Omar et son épouse Safa. Ayant échoué à les intimider par la menace de révoquer le permis de résident permanent d’Omar en Israël et après que l’interdiction effective de voyager imposée à Omar n’a pas réussi à bloquer son travail pour les droits de l’homme, le gouvernement israélien en a été réduit à fabriquer une affaire relative à un prétendu revenu d’Omar hors d’Israël pour ternir son image et l’intimider.

Le fait que cette investigation inclut une interdiction de voyager et arrive quelques semaines avant le déplacement prévu d’Omar Barghouti aux États-Unis pour recevoir le Prix Gandhi pour la paix (Gandhi Peace Award) conjointement avec Ralph Nader dans une cérémonie à l’université de Yale prouve son véritable motif : la répression.

Le fait que le gouvernement israélien a rendu publiques les inventions incendiaires contre Omar seulement 24h après son arrestation pour interrogatoire montre sans aucun doute que le véritable objectif de l’investigation est de ternir sa réputation.

Aucune mesure de répression, si extrême soit-elle, exercée par Israël contre le mouvement BDS ou ses défenseurs des droits de l’homme et son vaste réseau de soutiens, ne peut arrêter ce mouvement pour les droits de l’homme. L’intimidation et la répression peuvent à peine affecter un mouvement populaire qui croit dans les coeurs et les esprits des gens, les encourageant à faire ce qu’il faut : se tenir du bon côté de l’histoire, contre le régime fanatique d’Israël, un régime d’apartheid, d’occupation et de nettoyage ethnique, et pour la liberté, la justice et l’égalité du peuple palestinien.

Ce dernier chapitre désespéré dans la répression et l’intimidation exercée par le gouvernement israélien contre Omar Barghouti est pourtant l’indicateur le plus fort de l’échec du régime israélien d’occupation, de colonialisme et d’apartheid à ralentir l’impressionnante expansion du mouvement BDS pour les droits palestiniens.

Le comité national palestinien BDS ((BNC) est le plus grand regroupement de la société civile palestinienne. Il conduit et soutient le mouvement global Boycott, désinvestissement et sanctions. Visitez le site www.bdsmovement.net et suivez @BDSmovement

 Traduction: Catherine G. pour BDS France




Le résumé officiel (partie intégrante du rapport) de l’ESCWA

Le résumé officiel (partie intégrante du rapport) d’un rapport d’une instance de l’ONU accusant Israël du crime d’apartheid dans le traitement qu’il inflige aux populations palestiniennes, traduit en français.

La Palestine et l’occupation israélienne.
Les pratiques israéliennes vis-à-vis du peuple palestinien
et la question de l’Apartheid

Résumé
Le rapport conclut qu’Israël a établi un régime d’apartheid qui impose sa loi au peuple palestinien dans son ensemble. Conscients de la gravité de cette allégation, les auteurs de ce rapport concluent que les preuves disponibles établissent au-delà de tout doute raisonnable qu’Israël est coupable de politiques et de pratiques qui constituent le crime d’apartheid tel qu’il est défini par les instruments du droit international.

L’analyse de ce rapport s’appuie sur les mêmes règles et principes de droit international et en matière de Droits de l’Homme que celles qui condamnent l’antisémitisme et les autres idéologies discriminant les races, en particulier la Charte des Nations Unies (1945), la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) et la Convention Internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965). Le rapport repose, pour sa définition de l’apartheid, d’abord sur l’article II de la Convention Internationale sur la suppression et la punition du crime d’apartheid (1973) – ci-après la Convention contre l’Apartheid) :

L’expression « crime d’apartheid », qui englobe les politiques et pratiques de ségrégation et de discrimination raciales, telles qu’elles sont pratiquées en Afrique australe, désigne les actes inhumains … commis en vue d’instituer ou d’entretenir la domination d’un groupe racial d’êtres humains sur n’importe quel autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci.
Bien que le terme « apartheid » ait été à l’origine associé à la situation particulière de l’Afrique du Sud, il représente maintenant une catégorie de crime contre l’humanité pour le droit international courant et le Statut de Rome définissant la Cour Internationale de Justice, selon lesquels :

Le « crime d’apartheid » s’applique à des actes inhumains… commis dans le contexte d’un régime institutionnel d’oppression systématique et de domination par un groupe racial sur un autre ou d’autres groupes raciaux et commis dans l’intention de maintenir ce régime.

Au regard de ce contexte, ce rapport reflète le consensus des experts selon lequel l’interdiction de l’apartheid s’applique de manière universelle et n’a pas été rendue caduque par son échec en Afrique du Sud et en Afrique du Sud Ouest (Namibie).

L’approche légale du sujet de l’apartheid retenue par ce rapport ne devrait pas être confondue avec l’usage du terme dans le vocabulaire courant comme expression d’opprobre.Voir l’apartheid comme des actes et des pratiques isolés (comme « un mur d’apartheid »), un phénomène généré par des conditions structurelles anonymes comme le capitalisme (l’« apartheid économique »), ou des comportements sociaux privés de la part de certains groupes raciaux vis-à-vis d’autres (« racisme social ») pourrait trouver place dans certains contextes.

Cependant, ce rapport ancre sa définition de l’apartheid dans le droit international, qui impose des responsabilités aux États, comme spécifié dans les instruments internationaux.

Le choix des preuves est guidé par la Convention contre l’Apartheid, qui précise que le crime d’apartheid consiste en des actes inhumains particuliers, mais que de tels actes acquièrent le statut de crime contre l’humanité seulement s’ils servent intentionnellement l’objectif d’une domination raciale.

Le Statut de Rome spécifie dans sa définition la présence d’un « régime institutionnel » au service de l’« intention» d’une domination raciale. Puisque « objectif » et « intention » sont au cœur des deux définitions, ce rapport examine des facteurs nettement distincts de la dimension palestinienne – comme la structure de l’État juif telle qu’elle est exprimée dans le droit et dans l’organisation des institutions de l’État d’Israël – pour établir sans aucun doute la présence d’un tel objectif fondamental.

Que le régime israélien soit conçu en fonction de cet objectif fondamental a été jugé évident à travers le corpus législatif, dont seuls quelques textes sont évoqués dans le rapport pour des raisons de longueur.

Un exemple éminent en est la politique de la terre. Les lois fondamentales (Constitution) prévoient que la terre détenue par l’État d’Israël, l’Autorité de Développement d’Israël ou le Fonds National Juif ne pourra en aucun cas être transférée, plaçant sa gouvernance de manière permanente sous leur autorité. La Loi de Propriété de l’État de 1951 prévoit le transfert de la propriété (y compris des terres) à l’État dans toutes les zones « sur lesquelles s’applique le droit israélien ». L’autorité des Terres israéliennes (ILA) gouverne les terres d’État, qui représentent 93 % des terres à l’intérieur des frontières internationalement reconnues d’Israël et sont, selon la loi, inaccessibles à l’usage, au développement ou à la propriété pour des non-juifs. Ces lois traduisent le concept de « dessein collectif » tel qu’il est exprimé par les lois fondamentales. De telles lois peuvent être changées par un vote de la Knesset, mais pas les lois fondamentales : la Knesset interdit à n’importe quel parti de remettre en cause ce « dessein collectif ». Effectivement le droit israélien rend illégale toute opposition à une domination raciale.

La construction démographique est un autre champ politique mis au service de l’objectif de conserver à Israël sa position d’État juif. La loi qui permet aux juifs du monde entier le droit d’immigrer en Israël et d’obtenir la citoyenneté israélienne quel que soit leur pays d’origine et qu’ils puissent démontrer ou pas un lien avec Israël ou la Palestine est bien connue, alors qu’aucun droit comparable n’est accordé aux Palestiniens, même à ceux qui peuvent démontrer des racines ancestrales dans le pays. L’Organisation Sioniste Mondiale et l’Agence Juive sont investies d’une autorité légale, en tant qu’agences de l’État d’Israël, pour faciliter l’immigration de juifs et servir de manière préférentielle les intérêts des citoyens juifs sur des questions allant de l’usage de la terre à la planification du développement public à d’autres questions d’intérêt vital pour l’organisation de l’État juif. Des lois mettant en jeu la construction démographique sont exprimées en langage codés, telles celles qui permettent aux Conseils juifs de rejeter la candidature de citoyens palestiniens à la résidence. Le droit israélien autorise en principe les conjoints de citoyens israéliens à déménager vers Israël, mais interdit cette possibilité uniquement dans le cas de Palestiniens des Territoires Occupés. D’une manière plus large, Une politique israélienne vise à interdire le retour de tous les réfugiés et exilés palestiniens (au total autour de six millions de personnes) dans les territoires sous contrôle israélien.

Deux attributs supplémentaires d’un régime systématique de domination raciale doivent exister pour qualifier un régime de situation d’apartheid.

Le premier exige l’identification des personnes opprimées comme appartenant à un « groupe racial » particulier. Ce rapport accepte la définition de la Convention Internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, considérant la « discrimination raciale » comme « toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, la lignée, ou l’origine nationale ou ethnique, qui a pour objectif ou pour effet d’interdire ou de réduire la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice, à parité de droits, des droits de l’homme et des libertés fondamentales en matière politique, économique, sociale, culturelle ou dans n’importe quel autre domaine de la vie publique ». Sur cette base, le rapport affirme que dans le contexte géopolitique de la Palestine, les Juifs et les Palestiniens peuvent être considérés comme des « groupes raciaux ». De plus, la Convention Internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale est expressément mentionnée dans la Convention contre l’Apartheid.

Le second attribut est la délimitation et le caractère du groupe ou des groupes en cause. Le statut des Palestiniens comme un peuple habilité à exercer son droit à l’autodétermination a été légalement posé, avec le plus de clarté par la Cour Pénale Internationale (CPI) dans son avis consultatif de 2004 sur les conséquences légales de la construction d’un mur dans les Territoires Palestiniens Occupés. A partir de cette base, le rapport examine le traitement par Israël de la population palestinienne dans son ensemble, considérant les circonstances particulières de la fragmentation géographique et juridique du peuple palestinien comme une situation imposée par Israël. (L’annexe II concerne la question d’une identification adéquate du « pays » responsable du déni des droits des Palestiniens selon le droit international).

Le rapport pointe le fait que la fragmentation stratégique du peuple palestinien est la méthode principale par laquelle Israël impose un régime d’apartheid. Il examine dans un premier temps la manière dont l’histoire de la guerre, la partition, l’annexion de droit et de fait et l’occupation prolongée de la Palestine ont conduit le peuple palestinien à être divisé en différentes régions géographiques administrées par différents régimes juridiques. Cette fragmentation contribue à stabiliser le régime israélien de domination raciale sur les Palestiniens et à affaiblir la volonté et la capacité du peuple palestinien à organiser une résistance unifiée et efficace. Différentes méthodes sont déployées, qui dépendent de la zone dans laquelle vivent les Palestiniens. C’est le moyen principal par lequel Israël renforce l’apartheid et en même temps empêche la reconnaissance internationale de la manière dont ce système fonctionne comme un ensemble intégré pour constituer un régime d’apartheid.

Depuis 1967, le peuple palestinien vit sous ce que le rapport appelle les quatre « champs » dans lesquels les composantes de la population palestinienne sont clairement traités de manière différente, mais partagent ensemble l’oppression raciale qui est la conséquence d’un régime d’apartheid. Ces champs sont :
1 Le droit civil, avec des restrictions particulières, qui s’applique aux Palestiniens qui vivent comme citoyens d’Israël,
2 Les lois permanentes de résidence, qui s’appliquent aux Palestiniens qui vivent dans la ville de Jérusalem,
3 Le droit militaire qui s’applique aux Palestiniens, y compris ceux des camps de réfugiés, qui vivent depuis 1967, dans les conditions d’une occupation militaire en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza,
4 La politique visant à empêcher le retour des Palestiniens, qu’ils soient réfugiés ou exilés, qui vivent en dehors de territoires sous contrôle israélien.

Le premier champ concerne à peu près 1,7 millions de Palestiniens qui sont citoyens d’Israël. Pendant les 20 premières années de l’existence du pays, ils ont vécu sous le régime de la loi martiale, et jusqu’à aujourd’hui, ils sont victimes d’une oppression au motif de ne pas être juifs. Cette politique de domination se traduit par des services de moindre niveau, par des zonages légaux contenus et des allocations de budgets limitées attribuées aux communautés palestiniennes, par des restrictions à l’emploi et aux opportunités professionnelles, et dans l’organisation du territoire la plus soumise à ségrégation pour un Israël dans lequel vivent des citoyens juifs et des citoyens palestiniens. Les partis politiques palestiniens peuvent agir pour des réformes mineures et de meilleurs budgets, mais ont légalement interdiction, au titre des Lois fondamentales, de remettre en question la législation créant un régime racial. Cette politique est renforcée par les conséquences de la distinction faite en Israël entre « citoyenneté » (ezrahut) et « nationalité »(le’um) : tous les citoyens israéliens possèdent la citoyenneté, mais seuls les juifs possèdent la nationalité. Les droits « nationaux » en droit israélien signifient les droits nationaux accordés aux juifs. Le combat des citoyens palestiniens d’Israël pour l’égalité et des réformes du droit civil israélien est ainsi isolé par le régime des combats des Palestiniens de partout ailleurs.

Le second champ couvre à peu près 300.000 Palestiniens qui vivent à Jérusalem Est, qui font l’expérience d’une discrimination dans l’accès à l’éducation, aux soins, à l’emploi, aux droits à la résidence et à la construction. Ils souffrent aussi d’expulsions et de démolitions de logements, au service de la politique israélienne « d’équilibre démographique » en faveur des habitants juifs. Les Palestiniens de Jérusalem Est sont étiquetés résidents permanents, ce qui les met dans une catégorie distincte pour empêcher que leur poids démographique – et donc électoral- ne puisse s’ajouter à celui des citoyens palestiniens d’Israël. Comme résidents permanents, ils n’ont aucun statut légal leur permettant de peser sur le droit israélien. De plus être assimilés à des Palestiniens des Territoires Occupés présente pour eux le risque d’une expulsion vers la Cisjordanie et de la perte du droit de même revenir visiter Jérusalem. Ainsi, l’épicentre de la vie politique palestinienne de Jérusalem est contenu dans un cadre légal étroit qui entrave la capacité de ses habitants à s’opposer légalement au régime d’apartheid.

Le troisième champ est le système de droit militaire imposé à à peu près 4,6 millions de Palestiniens qui vivent dans les Territoires Palestiniens Occupés, 2,7 millions d’entre eux en Cisjordanie et 1,9 million dans la Bande de Gaza. Le territoire est administré d’une manière qui recouvre complètement la définition de l’apartheid telle qu’elle figure dans la Convention contre l’Apartheid : sauf pour la disposition ayant trait au génocide, toutes les dispositions recensées « actes inhumains » dans la Convention sont quotidiennement et systématiquement pratiquées par Israël en Cisjordanie. Les Palestiniens sont soumis à la loi militaire, alors que les approximativement 350.000 colons juifs sont gouvernés par la loi civile israélienne. Le caractère racial de cette situation est de plus confirmé par le fait que tous les colons juifs de Cisjordanie sont placés sous la protection de la loi civile israélienne sur le fondement de leur judéité, qu’ils soient citoyens israéliens ou non. Ce système de droit dual, en soi problématique, est un indicateur d’un régime d’apartheid lorsqu’il est associé à une gestion de la terre discriminatoire sur une base raciale, et à un développement confié à des institutions juives, qui ont la responsabilité d’administrer les « terres d’État » dans l’intérêt de la population juive. A l’appui des considérations d’ensemble de ce rapport, l’annexe I donne davantage de détails sur les politiques et les pratiques d’Israël dans les Territoires Palestiniens Occupés qui constituent des violations de l’article II de la Convention contre l’Apartheid.

Le quatrième champ concerne les millions de Palestiniens réfugiés ou involontairement exilés, dont la plupart vivent dans des pays voisins. Il leur est interdit de revenir dans leurs foyers en Israël et dans les Territoires Palestiniens Occupés. Israël justifie l’interdiction du retour des Palestiniens dans des termes franchement racistes : il prétend que les Palestiniens constituent une « menace démographique », et que leur retour altérerait le caractère démographique d’Israël au point d’en éliminer son caractère d’Etat juif. Le refus du droit au retour joue un rôle essentiel dans le régime d’apartheid en garantissant que la population palestinienne dans le territoire de la Palestine mandataire ne s’accroitra pas au point de menacer le contrôle militaire du territoire par Israël et/ou de donner aux citoyens palestiniens d’Israël le poids démographique nécessaire pour exiger (et obtenir) des droits démocratiques complets, éliminant de ce fait le caractère juif de l’Etat d’Israël. Bien que ce quatrième champ soit limité aux politiques interdisant aux Palestiniens leur droit au retour selon le droit international, il est traité dans ce rapport comme faisant partie intégrale du système d’oppression et de domination du peuple palestinien dans son ensemble, compte tenu de son rôle crucial en termes démographiques dans la poursuite d’un régime d’apartheid.

Le rapport considère que, vus dans leur ensemble, les quatre champs constituent un régime complet mis en place dans l’objectif d’assurer une domination durable sur les non-juifs sur tous les territoires placés sous contrôle israélien complet. A différents degrés, les différences de traitement faites aux Palestiniens ont été constatées par les Nations Unies, même s’il n’y a pas eu d’évaluation visant à définir si elles constituent ou non une forme d’apartheid. A la lumière des constats de ce rapport, cette approche internationale fragmentée sur de nombreuses années mérite une réévaluation.

Dans un intérêt d’équité et de complétude, le rapport examine plusieurs contre arguments présentés par Israël et par ses soutiens sur ses politiques, réfutant l’application de la Convention contre l’Apartheid dans la situation en Israël/Palestine. Ils incluent les revendications que la prétention d’Israël à rester un État juif est cohérente avec les pratiques d’autres États, comme la France ; Israël n’accorde pas aux non-citoyens palestiniens un traitement équivalent à celui des juifs précisément parce qu’ils ne sont pas juifs ; et le traitement fait aux Palestiniens ne traduit aucun « objectif » ou « intention » de dominer, mais constitue davantage un traitement provisoire de la situation imposé à Israël par les réalités d’un conflit en vigueur et par des besoins de sécurité. Le rapport montre qu’aucun de ces arguments ne résiste à l’examen. Une revendication supplémentaire selon laquelle Israël ne peut pas être considéré comme coupable de crimes d’apartheid parce que les citoyens palestiniens disposent du droit de vote repose sur deux erreurs d’interprétation de droit : une comparaison excessivement littérale avec la politique d’apartheid de l’Afrique du Sud, et la séparation de la question du droit de vote du reste du droit, en particulier des dispositions des Lois fondamentales qui interdisent aux partis politiques de remettre en cause le caractère juif, et par conséquent racial, de l’État.

Le rapport conclut que le poids des preuves permet d’affirmer sans doute raisonnable le fait qu’Israël est coupable d’imposer un régime d’apartheid au peuple palestinien., qui revient à commettre un crime contre l’humanité, dont l’interdiction est considérée comme une norme impérative dans le droit coutumier international. La communauté internationale, en particulier les Nations Unies et ses Agences, et les États Membres, ont une obligation légale d’agir dans les limites de leurs moyens pour empêcher et punir les situations d’apartheid qui sont de manière crédible portées à leur connaissance.

Plus particulièrement, les États ont un devoir collectif :
a) ne pas reconnaitre un régime d’apartheid comme légal,
b) Ne pas aider ou appuyer un État à maintenir un régime d’apartheid,
c) Et coopérer avec les Nations Unies et avec les autres États à mettre fin à des régimes d’apartheid.
Les institutions de la société civiles et les particuliers ont aussi le devoir moral et politique d’user des instruments à leur disposition pour faire prendre conscience de cette entreprise criminelle, et d’exercer des pressions sur Israël pour le convaincre de démanteler ses structures d’apartheid conformément au droit international. Le rapport se termine par des recommandations générales et particulières aux Nations Unies, aux gouvernements nationaux et à la société civile, et aux acteurs privés sur les actions qu’ils devraient mettre en œuvre pour empêcher qu’Israël maintienne un régime d’apartheid dans sa pratique du contrôle de la population palestinienne.

Résumé en anglais

Traduction: Antoine.B pour BDS France




La Campagne BDS France , indignée par les attaques dont est victime l’AFPS, l’assure de toute sa solidarité.

Chers camarades de l’AFPS,

 

Nous vous exprimons notre entière solidarité face aux attaques odieuses de la « Brigade juive », soutenue par d’autres officines sionistes, contre les militants de votre Conseil national.

 
Ce type d’attaques, dont ces officines sont coutumières à l’encontre des militant-e-s du mouvement de solidarité et en particulier de la campagne BDS, est une manifestation du désarroi des agents et des supporteurs du régime israélien colonial et d’apartheid face au développement du mouvement international BDS.
Il met en jeu, ainsi que vous le déclarez, la responsabilité de notre gouvernement, dont la volonté de réprimer le BDS et dont la complicité avec la politique du gouvernement israélien ne sont plus à démontrer.
Mais le mouvement pour la liberté d’expression de BDS ne cesse de progresser, et aucune menace, aucune diffamation, n’arrêteront  notre volonté commune de soutenir le peuple palestinien pour ses droits et de sanctionner l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.
A très bientôt.
Bien cordialement,
La Campagne BDS France

 

Voir ici le communiqué de l’AFPS:

Agir face aux menaces des fascistes pro-israéliens