Cinq banques israéliennes blacklistées par un important fonds de pensions U.S.

Le fonds de pensions de l’Église Méthodiste Unifiée – une des plus importantes obédiences protestantes aux États-Unis, qui compte plus de sept millions de membres – a placé cinq banques israéliennes sur sa liste d’entreprises dans lesquelles il n’investira pas, pour des raisons liées aux respect des droits humains. C’est ce qu’il a annoncé mardi dans un communiqué, reproduit par le New York Times. La décision aurait été acquise notamment sous l’impulsion du “United Methodist Kairos Response group”.

C’est, selon le quotidien, la première fois qu’un fonds de pensions d’une grande église états-unienne prend une telle décision concernant des banques israéliennes, lesquelles financent la construction de colonies “dans ce que la majeure partie du monde considère comme les territoires palestiniens illégalement occupés” (selon la formule du New York Times, réputé pour ses complaisances envers Israël)[1].

Le NYT ajoute que «les défenseurs des Palestiniens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’église, estiment cette que cette décision constitue une étape importante de la campagne “Boycott, Désinvestissement et Sanctions” (BDS), destinée à exercer une pression économique sur Israël». Mais «d’autres, à l’intérieur de l’église, estiment que c’est une affirmation trompeuse, dans la mesure où l’église garde des investissements dans d’autres entreprises israéliennes et où une majorité écrasante de ses membres se sont opposée à des propositions de désinvestissement». Selon sa porte-parole, le fonds( dont les avoir étaient évalués en 2014 à 20,9 milliards de dollars US) reste en effet présente dans environ 18 entreprises israéliennes “qui se conforment à ses critères d’investissement”.

On peut donc résumer que c’est un pas important qui est franchi, mais qu’il reste encore du chemin à parcourir…

Le gouvernement et l’ambassade d’Israël n’ont pas fait de commentaire à propos de cette décision, dit le NYT, qui estime que celle-ci devrait susciter leur colère, dans la mesure où – écrit-il –  le gouvernement Netanyahou «consacre une énergie considérable pour combattre les propositions avancées [allant dans le sens préconisé par BDS] dans des institutions universitaires, les entreprises et les églises». Et il rappelle que Benjamin Netanyahou a décrit BDS comme «une campagne pour détruire Israël». Apparemment, même aux États-Unis et même dans les églises, la parole du Premier menteur israélien n’est plus audible.

Les banques concernées par la décision du fonds de pensions de l’Église Méthodiste Unifiée sont la Banque Hapoalim, la Banque Leumi, la First International Bank of Israel, la Israel Discount Bank et la Banque Mizrahi-Tefahot, qui s’ajoutent à une liste de 39 entreprises de divers pays qui sur la liste noire du fonds pour des raisons liées au respect des droits humains, en application d’une charte adoptée par l’église méthodiste en 2014.

La liste inclut aussi l’entreprise israélienne du secteur de la construction “Shikun & Binui”, en raison de son rôle important dans la construction des colonies juives en Cisjordanie.

Le NYT rappelle qu’en juillet dernier, le synode de la “United Church of Christ” (±1 million de membres) s’était prononcé à une majorité écrasante en faveur d’une résolution appelant au désinvestissement des entreprises qui tirent profit de l’occupation et en faveur du boycott des produits des colonies israéliennes.

L.D.


[1] New-York abrite la deuxième plus importante communauté juive du monde, après celle d’Israël

Source : http://www.pourlapalestine.be/cinq-banques-israeliennes-blacklistees-par-un-important-fonds-de-pensions-u-s/