APARTHEID – « Quel avenir pour Jérusalem ? » par Nada Awad

Près de 50 personnes sont venues le 13 novembre 2018 à la fac des lettres de Clermont-Ferrand écouter la conférence de Nada Awad, Palestinienne vivant à Jérusalem, diplômée de Sciences Po Paris, spécialiste de droit humanitaire. Outre des militants AFPS et de la Coalition BDS63, de nombreuses personnes inconnues, souvent jeunes. Ainsi que quatre Palestinien(ne)s de Jérusalem, Bethléem, Hébron ou Gaza.

La question de Jérusalem est une question centrale de la cause palestinienne. Après les expulsions des Palestiniens en 1948 (Nakba), l’Etat israélien et le Fond National Juif ont mis en place de nombreuses lois (1950-1965) pour légaliser la dépossession. Depuis l’occupation et l’annexion illégale de l’est de la ville en 1967, les gouvernements israéliens successifs mettent en place des politiques de transfert forcé des Palestiniens afin de changer les réalités territoriales et démographiques, pour obtenir une majorité de population juive et bloquer le développement des Palestiniens.

Ces gouvernements développent des « zones vertes » et des zones militaires fermées, pour confisquer des terres à Jérusalem Est, où seulement 13 % des terres sont constructibles pour les Palestiniens. Les Palestiniens de Jérusalem n’ont qu’un titre de séjour « permanent »… révocable à tout moment sous de nombreux prétextes, dont le manquement d’allégeance à l’occupation. Les regroupements familiaux sont très difficiles (43 % refusés). La répression est féroce (emprisonnements massifs, loi anti boycott, démolitions de maisons, rétention des corps des morts, …).

Suite à la déclaration de Trump par laquelle l’administration américaine reconnaît Jérusalem capitale d’Israël, le gouvernement israélien accélère l’adoption de lois facilitant le transfert forcé des Palestiniens de Jérusalem. Le projet du grand Jérusalem génère sur le terrain des développements inquiétants pour la population palestinienne. A ce jour, environ 220.000 colons israéliens sont installés dans Jérusalem Est.

Transfert silencieux et forcé des Palestiniens : tout est bon pour « dépalestiniser » la Palestine. Ce sont des crimes de guerre ou contre l’humanité.

L’intervention claire de Nada a capté l’intérêt de l’auditoire et un débat très riche s’est poursuivi pendant plus d’une heure, avec une large participation des jeunes auditeurs.

Parmi les thèmes abordés, celui des moyens de lutte dans un contexte de disproportion des forces. La résistance populaire est forte comme en témoigne le nombre massif des emprisonnements. La mobilisation des cours de justice internationales par les Palestiniens et leurs alliés, les mobilisations des sociétés civiles autour de BDS, sont aussi des éléments importants. Les positions du Labour Party anglais pour l’embargo militaire sont aussi évoquées.

Certains aspects de la « normalisation » sont questionnés, comme le vote aux élections municipales de Jérusalem, massivement boycotté par les Palestiniens qui refusent l’occupation et l’annexion, et encore plus maintenant avec la loi de « l’Etat Nation du peuple juif » qui discrimine constitutionnellement tous les Palestiniens, y compris à Jérusalem et en Israël. De même, les manifestations communes entre femmes israéliennes et palestiniennes, le pink washing, … ne peuvent pas cacher le fait que les participants n’ont pas les mêmes droits, et que la question centrale du droit au retour des réfugiés est souvent rejetée par les ONG israéliennes. Ce qui n’empêche pas que chacune des populations doive mener ses propres combats.

Les partis politiques sont interdits à Jérusalem. Les jeunes soldats sont tout puissants et humilient les Palestiniens, les colons assassins ont une impunité révoltante.

Nous avons terminé cette belle soirée par le partage d’un repas oriental avec Nada, une dizaine de militants et un jeune Palestinien.




APARTHEID – Conférence « Israël, la radicalisation jusqu’où ? »

Trente-sept personnes ont assisté, le 7 novembre à Clermont-Ferrand (maison des associations, rue de l’Oradou) à la conférence de Thomas Vescovi, professeur dans le secondaire et chercheur indépendant en histoire contemporaine.

En raison d’un retard SNCF, les participants ont consacré la première heure de la soirée à visionner la magnifique chanson de Dominique Grange « Détruisons le mur » (https://youtu.be/wRDdqDluwNg), à faire des photos de citoyens boycottant PUMA et l’Eurovision 2019 (pour les réseaux sociaux, à la demande du PACBI) puis à discuter de la situation en Palestine, des actions de parrainages (correspondance) aux prisonniers et des actions BDS en cours et futures dans le 63 (produits des colonies, PUMA, AXA, Eurovision 2019, …).

Dès son arrivée, Thomas a captivé l’auditoire par une présentation très documentée et très claire sur la vie politique israélienne, afin de mieux comprendre pourquoi Israël s’allie à des partis de gouvernement d’extrême droite et antisémites (USA, Brésil, Hongrie, Pologne, Autriche, Pays-Bas, Italie, …) ainsi qu’aux évangélistes chrétiens, eux aussi antisémites.

 

Le sionisme israélien, qui veut un État  pour les juifs, a évolué après les années 80 vers le post-sionisme et le néo-sionisme. Le post-sionisme, porté par la gauche sioniste issue notamment des juifs venus d’Europe (25 % des juifs israéliens) propose une société tournée vers des relations apaisées avec le M.O., étant donné la supériorité militaire évidente d’Israël. Mais c’est surtout le néo-sionisme qui s’est développé, en cultivant après la chute du bloc soviétique et surtout après le 11 septembre 2001, la peur du « choc des civilisations », de l’islam politique, du grand remplacement. Netanyahou s’est employé à développer une alliance entre la droite nationaliste, les juifs ultra-orthodoxes, et les juifs orientaux humiliés par la gauche sioniste. Ce mouvement veut continuer à conquérir des territoires vidés des Palestiniens, assimilés à des terroristes. Un proto-fascisme se développe et arrive au gouvernement, unifiant les droites nationaliste et religieuse, dont les jeunes attaquent physiquement les Palestiniens en toute impunité, les détournant ainsi de la lutte politique contre la colonisation et l’apartheid, et pour leurs droits nationaux.

La gauche israélienne, sioniste ou pas, ne parvient pas à développer une contre-culture capable de concurrencer les partis nationalistes et religieux. Depuis 2011, ces derniers ont fait voter un vaste ensemble de lois liberticides, dont la loi sur l’État-nation du peuple juif, de juillet 2018, qui légalise l’apartheid en Israël. Toutes ces mesures visent à favoriser l’immigration juive tout en poussant les Palestiniens à partir. De nombreux juifs israéliens antisionistes, marginalisés par cette évolution et menacés par la fin du jeu démocratique qui les protégeait autrefois, ont aussi quitté le pays.

Cet exposé a été suivi par une riche discussion.

Le cas des immigrants russes, juifs ou non, et représentés par le fasciste non-religieux Lieberman, est évoqué, dans sa surenchère avec les nationalistes religieux autour de Bennett, dont certains veulent raser Gaza, et d’autres l’occuper à nouveau. Des tentatives de séparer Gaza de la Palestine existent par ailleurs depuis longtemps et sont réactivées depuis la période Trump, où Israël, allié à l’Egypte et à l’Arabie Saoudite, fait des appels du pied au Hamas.

Le mouvement des femmes israéliennes et palestiniennes pour la paix, avec notamment des mères de jeunes décédés, est intéressant mais n’a pas de débouché ni politique ni électoral. Le journal Haaretz n’est que peu lu en Israël, mais la société israélienne ne pourra pas dire qu’elle ne connaissait pas ce qu’il dénonce. De nombreux jeunes juifs américains ne veulent pas qu’Israël et l’AIPAC parlent en leur nom, et BDS se développe sur les campus américains où un débat intense existe avec les propagandistes enrôlés par l’AIPAC.

La situation est d’autant plus inquiétante que la communauté internationale continue de refuser de contraindre les dirigeants israéliens à respecter les droits humains, le droit international et les nombreuses résolutions de l’ONU. Quelles perspectives pour le peuple palestinien dans cette droitisation de la société israélienne ? Quel avenir pour Jérusalem, censée être la capitale des deux États israélien et palestinien ? Comment les enjeux géopolitiques du Moyen-Orient pèseront-ils sur la région ?

Le mouvement BDS met l’accent sur la lutte pour les droits humains sur le territoire de la Palestine historique. Le gouvernement israélien considère que BDS est une menace sérieuse pour lui et son image et il a pris des mesures pour lutter contre les militants BDS. La lutte du BDS culturel répond aux tentatives israéliennes de développer une image acceptable autour du tourisme, du pink washing à Tel-Aviv, d’une start up nation civilisée, ayant des valeurs humaines et culturelles (importance de la campagne contre l’Eurovision 2019 à Tel-Aviv). La fascisation d’Israël, le documentaire publié par Orient XXI sur les méthodes du lobby israélien aux USA, et le projet de loi israélien pour exiger l’allégeance des artistes à l’État  nation du peuple juif facilitent l’argumentation et le développement du mouvement BDS.

 




Journée Mondiale Un Monde Sans Mur à Clermont-Ferrand

 

#MondeSansMurs
#WorldWithoutWalls

Nous avons organisé une deuxième action le 13 novembre, suite à celle réussie le 7 novembre

Pour répondre au mouvement palestinien « Stop the Wall » de faire du 9 novembre une « Journée Mondiale Un Monde Sans Mur », une dizaine de militants AFPS et de la Coalition BDS 63 ont déployé le 13 novembre, durant près de deux heures, des drapeaux et deux banderoles : Contre le Mur, et Pour BDS, devant l’entrée principale du Centre commercial Jaude à Clermont-Ferrand. Ils ont distribué, sur le pourtour de la place de Jaude et à l’arrêt du tramway environ 800 tracts, contre le mur, pour BDS et annonçant la conférence sur Jérusalem, ce même soir à la fac de lettres. Les passants, souvent des jeunes, nous ont pour la plupart réservé un très bon accueil et des remerciements. Certain-e-s ont accepté avec enthousiasme de se faire prendre en photo avec les pancartes #BoycottEurovision2019, et #BoycottPuma (ce qui porte nos deux albums photos à 25 et 28 participants, respectivement). Une promesse d’adhésion.

 




Aubière (63) : Salah Hamouri citoyen d’honneur

Vendredi 5 octobre, 130 personnes environ se sont retrouvées à la mairie d’Aubière pour la cérémonie faisant Salah Hamouri citoyen d’honneur de la ville, 8 ans jour pour jour après la ville de Beaumont, à la différence notoire qu’en ce 5 octobre 2018 Salah Hamouri est libre.

Salah est en direct par Skype et accueilli par des applaudissements nourris.

Plusieurs élus du 63 sont présents :

François Saint-André, conseiller municipal et ancien maire de Beaumont

Boris Bouchet, conseiller régional AURA

Catherine Fromage, conseillère régionale AURA

Nadia Forte, adjointe du maire de Blanzat

Magali Gallais, conseillère municipale de Clermont-Ferrand

Pierre Miquel, conseiller municipal de Clermont-Ferrand

Nicole Prieux, conseillère municipale de Clermont-Ferrand

Delphine Lucard, conseillère municipale de Blanzat

et 13 conseillers municipaux d’Aubière.

Après la présentation de la soirée par monsieur le maire, Christian Sinsard, qui dit sa fierté d’organiser cette manifestation dans cette ville de plus de 10.000 habitants, André Chassaigne, député communiste du Puy de Dôme, rappelle l’investissement pour la Palestine des parlementaires de son groupe à l’Assemblée Nationale. Il salue l’engagement, la pugnacité et l’énergie de Jean-Claude Lefort dans sa détermination pour la cause palestinienne et plus particulièrement pour ce qui concerne les prisonniers. Enfin, Il affirme son soutien à l’Afps 63 dont il connait le travail sur le terrain.

        

Jean-Claude Lefort, député honoraire, coordinateur du comité de soutien à Salah Hamouri et président d’honneur de l’Afps, retrace quant à lui, ce que furent ces 13 derniers mois pour tenter d’obtenir la libération de Salah et dénonce l’attitude honteuse de la France à l’encontre d’un de ses ressortissants, alors que même l’ONU a dénoncé cette incarcération arbitraire. Mais il rappelle qu’au-delà du cas particulier de Salah Hamouri ce sont tous les prisonniers palestiniens qui sont concernés. Il insiste par ailleurs sur la question cruciale de ce conflit et les injustices des siècles passés qui ont laissées des brûlures non refermées.

L’Afps 63 revient elle aussi sur la centralité du conflit Israélo-palestinien, qui est pour l’heure marginalisé, mais dont la résolution est une des clés de la paix dans la région et de la stabilité au-delà. Pour cela elle met l’accent sur la nécessité de rejoindre la campagne BDS, campagne non violente qui est certainement un des leviers les plus efficaces pour mettre fin à la politique israélienne de négation d’un peuple et de ses droits.  Elle rappelle aussi la situation des prisonniers politiques palestiniens, notamment les cas des enfants et des détenus « administratifs », et des figures comme Marwan Barghouti et Khalida Jarrar. Ainsi que la situation de Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis 34 ans bien qu’il soit libérable depuis 19 ans !

La cérémonie se termine par l’intervention de Salah ou ( https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10209773080404061&id=1843006945 ) qui remercie la municipalité, les personnes présentes et tous ceux et celles qui partout en France et ailleurs se mobilisent pour apporter soutien et réconfort à l’ensemble des détenus palestiniens. Il dit combien la campagne de lettres aux prisonniers est essentielle : « chaque lettre reçue est comme un soleil qui illumine la cellule et aide à résister à la volonté des dirigeants israéliens de nous enlever toute humanité ». Une ovation debout de tous les participants fait suite à  son intervention.

La soirée s’est poursuivie par la projection du film de Franck Salomé « Palestine, la case prison » qui au travers de nombreux témoignages décortique et dénonce le système carcéral israélien à l’encontre des Palestiniens.

 

Questions et interventions s’en sont suivies auxquelles Jean-Claude Lefort a répondu longuement. Il est revenu sur la question des prisonniers qui pour lui constitue l’angle mort médiatique de la situation en Palestine, d’où la nécessité d’élargir au niveau européen l’information et la campagne des lettres aux prisonniers.

L’importance du mouvement BDS est rappelée, et notamment la campagne qui se met en place pour le boycott de l’Eurovision 2019 en Israël. A une question sur le boycott sportif, il rappelle que le boycott de l’Afrique du sud a commencé par le boycott sportif et annonce qu’une campagne nationale va être lancée.

A propos des médias locaux, force est de constater leur absence à la soirée, attitude qui n’est pas différente de celles des médias nationaux qui à l’exception de quelques journaux n’ont jamais évoqué le cas de Salah durant sa détention.

A aussi été évoqué le cas des franco-israéliens servant dans les rangs de l’armée israélienne qui pose la question de l’attitude de la France vis-à-vis d’un conflit dans lequel elle n’est pas officiellement engagée.

Un buffet offert par la municipalité, et autour duquel les discussions se sont poursuivies, a clos cette soirée ou la joie ne pouvait être complète aussi longtemps que la Palestine ne sera pas libre.

 

 

 

 




La Palestine et BDS présentes dans la vie associative clermontoise

Samedi 22 septembre l’AFPS 63 était présente, comme chaque année, au forum des associations de la ville de Clermont-Ferrand avec un stand axé sur les prisonniers, au travers du cas de Salah Hamouri qui va être fait citoyen d’honneur par la mairie d’Aubière le 5 octobre, et sur BDS en mettant en avant l’absolue nécessité de cette campagne. Un public nombreux était présent, autour d’environ 200 stands d’associations très diverses.

Des échanges intéressants avec le public ont eu lieu, les différents panneaux ont retenu l’attention. Avec les personnes qui connaissent BDS nous avons insisté sur les avancées de la campagne notamment sur l’aspect culturel qui ternit l’image d’Israël. Pour ceux qui ne connaissent pas nous avons présenté BDS comme étant une des actions centrales de notre groupe.

24 signatures de la pétition demandant la suspension des accords UE-Israël ont été recueillies, mais il faut dire que des personnes avaient déjà signé lors d’actions précédentes. Nous avons eu des promesses d’adhésion, des contacts laissés afin de figurer sur nos listes de diffusion (que nous avons invités à consulter notre page FB), des demandes de renseignements pour de futurs voyages en Palestine. Beaucoup de nos militants sont passés sur le stand dont un venant d’Ussel.

Lors de sa visite aux exposants en fin de journée, le maire a affirmé sur notre stand son souci d’impartialité dans le conflit israélo-palestinien.

Sur le vif : Oui à un état pour chacun ! Oui Israël  a le droit d’exister mais non à sa politique d’annexion et d’apartheid ! Attention à la radicalité des soutiens de la Palestine !

Bref, les torts sont partagés….

Nous avons rappelé au maire l’arrachage par les colons de ceps de vignes de la coopérative Al Sanabel (soutenue par la mairie de Clermont). Une occasion pour lui de réaffirmer le soutien de la Municipalité à la coopérative.

Dimanche 30 septembre, l’AFPS 63 a par ailleurs tenu un stand lors des Portes Ouvertes de la Maison des Associations de l’Oradou, pour présenter les activités des associations hébergées dans cette maison de quartier. Des mets palestiniens ont agrémenté le buffet convivial.

 




La Palestine et BDS dans la marée populaire à Clermont-Fd

A l’appel de 33 organisations (*) dont l’AFPS 63, la marée populaire prévue pour le samedi 26 mai a commencé à monter de 12 à 14h, avec un pique-nique place du 1er mai, agrémenté de musique militante et de chants révolutionnaires.

Dans le défilé parti vers 14h30, une dizaine de militants AFPS et BDSF 63 portant une banderole  « Halte aux massacres à Gaza » et une banderole BDS et 6 drapeaux AFPS, ont formé le noyau d’un cortège Gaza-BDS, accompagné d’une demi douzaine de sympathisant-e-s et d’autres citoyen-ne-s, et par les nombreux photographes amateurs couvrant les banderoles. Les mots d’ordre « Israël assassin, Macron complice » et « Boycott Israël, État criminel » ont été scandés dans les rues passantes. En tête de manif, une camarade UNEF a aussi brandi un grand drapeau palestinien durant tout le trajet.

Lors de l’arrivée des 3.000 manifestants environ, place de Jaude vers 16h, nous avons rejoint le forum des luttes, monté un grand stand avec table de presse et vente de produits, près du podium des prises de parole et des chanteurs. De nombreux manifestants mais aussi des passants de cette place très animée le samedi se sont pressés pour signer la pétition contre l’accord UE-Israël, et très vite nous avons épuisé la quasi-totalité de notre stock de bouteilles d’huile d’olive, T-shirts BDSF, keffiehs (environ 300 euros de ventes), carte postales pour Salah Hamouri, stickers pour carte Vitale… juste avant l’orage vers 17 h ! De belles discussions et des prises de contacts, et des retrouvailles avec des manifestants du 19 mai pour Gaza, ont aussi enrichi cette après midi dans la marée montante.

(*) Signataires de l’appel à Clermont-Ferrand : Attac, Ligue des Droits de l’Homme, RESF, AFPS 63, Collectif Justice et Vérité pour Wissam, Mncp-Chom’actif, Festival du Cinéma Social et Engagé, Les Amis du Temps des Cerises, Les Amis de l’Huma 63, DAL, Planning Familial, OLF 63, FCPE, Confédération Paysanne 63, CGT, FSU, SOLIDAIRES, Syndicat des Avocats de France, UNEF, UNL, PCF, Parti de Gauche, Ensemble, France Insoumise, Génération, MRC, NPA, EELV, Atelier de gauche canton de Beaumont, MJCF-UEC, Génération Jeunes Bougnats, Mediacoop, Fakir




Cooperative Al Sanabel, voyage en Palestine, BDS

Rencontre avec Raed, président de la coopérative Al Sanabel, et des voyageurs rentrant de Cisjordanie

A l’invitation de l’AFPS-BDSF 63, une bonne centaine de personnes, dont de nombreux jeunes, sont venues le 12 janvier 2018 (maison des associations, rue de l’Oradou à Clermont-Ferrand), rencontrer Raed, président de la coopérative de jus de raisin Al Sanabel  (Halhul, près de Hébron en Cisjordanie). Certaines d’entre elles avaient pu rencontrer Raed fin 2015 à Clermont, puis suivre un échange chaleureux avec lui par Skype, en janvier 2017 lors d’un repas palestinien.

Cette rencontre s’est faite en présence de 6 voyageurs : deux viticulteurs de la Confédération Paysanne 63, un élu départemental 63 « gauche citoyenne » et 3 membres de l’afps 63 dont 2 syndicalistes (CGT et Solidaires), qui ont visité la coopérative Al Sanabel, la Cisjordanie et Jérusalem du 23 novembre au 2 décembre. Un journaliste du quotidien La Montagne a interviewé Raed et l’AFPS 63.

Après la projection de la vidéo sur la coopérative Al Sanabel : « Les raisins de la résistance » , Raed a répondu aux questions de la salle sur le développement de la coopérative, sur la situation en Palestine et sur l’importance du mouvement BDS.

La coopérative, soutenue par plusieurs groupes AFPS, par des collectivités locales et territoriales, est déjà équipée d’un matériel performant pour la fabrique de jus de raisin longue conservation même s’il reste encore à faire pour finaliser le projet. Elle contribue ainsi à la résistance économique de centaines de familles permettant une autonomie des producteurs face aux blocages de l’occupant. Cultiver, c’est rester sur sa terre, c’est résister à la colonisation israélienne. L’objectif est de fournir plus de services aux 3.000 familles qui cultivent la vigne dans cette région, ainsi qu’aux coopératives de femmes qui viennent presser leur raisin et fabriquer de la confiture (Debs).

Bien que le raisin ne fasse pas partie des produits agricoles palestiniens interdits en Israël par le protocole de Paris, ce raisin est boycotté par les Israéliens, qui par ailleurs écoulent à bas prix la fraction la moins bonne de leurs raisins (ou la plus traitée chimiquement) sur le marché palestinien.

A noter le boycott de différents produits palestiniens en Israël, dont certains sont revendus sous l’étiquette « made in Israël » (chaussures d’Hébron, notamment). Par ailleurs, l’emploi d’ouvriers palestiniens en Israël (où les salaires sont supérieurs) entraine une pénurie de main-d’œuvre en Palestine qui constitue un des freins au développement de l’économie palestinienne.

Suite à des questions, Raed a rappelé l’apartheid sur l’eau palestinienne (un colon consomme 8 fois plus d’eau qu’un Palestinien), et l’impossibilité de se rendre en Palestine sans passer par une frontière israélienne.

BDS peut-il nuire aux travailleurs palestiniens ? La réalité c’est que la pauvreté oblige des Palestiniens à aller travailler en Israël ou dans les colonies (y compris sur leurs propres terres qu’on leur a volées). BDS dont le but est justement d’arriver à la libération de la Palestine contribuera par là même à mettre fin à cet état de fait inacceptable. La liste noire publiée par Israël des organisations du BDS (dont l’AFPS et BDS France) montre l’importance de BDS.

Pourquoi les médias dominants en France sont plus favorables à Israël qu’aux Palestiniens ? Un participant rappelle le poids des lobbys sionistes (sachant que tous les sionistes ne sont pas juifs, et tous les juifs ne sont pas sionistes) qui se traduit par de l’autocensure et de la censure des journalistes dans ces médias. Raed rappelle aussi que la population française est mieux informée qu’avant, du fait de l’action des organisations du mouvement de solidarité, comme l’AFPS, et du poids politique important en France des citoyens d’origine arabe.

La seconde partie de la soirée a vu la projection d’un montage vidéo/photo des voyageurs du 63, suivie de leurs témoignages. Ils ont insisté sur les reculs apparents liés à la « normalisation », au développement de la société consumériste à crédit, de l’individualisme et de la corruption de certains dirigeants, notamment dans certains quartiers des grandes villes contrastant avec la pauvreté des zones rurales et des camps de réfugiés. Il y a toutefois une constellation de poches de résistance à travers le pays, notamment en zones rurales ou par le mouvement syndical indépendant dans les villes. Il s’agit d’un conflit politique colonial, pas d’un conflit entre les peuples.

Contrairement aux idées reçues en France, ils n’ont pas eu le sentiment de danger au contact des Palestiniens, mais seulement en croisant les militaires israéliens surarmés (dont des jeunes femmes souvent agressives). La résilience des Palestiniens est admirable compte-tenu de ce qu’ils subissent de la part des colons, de l’armée, de l’enfermement par le mur d’apartheid, du délire sécuritaire (observé aussi par les voyageurs à l’aéroport de Tel-Aviv). Le cas de Wadi Fukin entouré par les colonies les a marqués comme exemple d’épuration ethnique et d’enfermement. On note que sur 13 millions, il ne reste que 6 millions de Palestiniens en Palestine.

A propos des différents types de colonies et de colons, Raed rappelle que toutes les colonies sont illégales et qu’il ne peut y avoir de « gentils » colons.

La visite de la coopérative Al Sanabel leur a montré le bon niveau technique de son activité, et peut leur servir d’exemple d’organisation collective solidaire au retour en France, où l’on doit ne pas avoir trop de confiance en ceux qui ont trop de pouvoir.

Les camarades syndicalistes ont demandé systématiquement à leurs interlocuteurs palestiniens, notamment syndicaux, leur opinion sur BDS. Ils sont revenus renforcés dans leur conviction de développer dans les syndicats en France un soutien plus actif au boycott des produits israéliens, et s’y emploieront.

Suite à une question, on a annoncé notre prochaine action (dimanche 4 février à 10h au marché des Salins) pour soutenir les prisonniers politiques palestiniens (dont Ahed Tamimi et Salah Hamouri) en appelant au boycott des sociétés multinationales (G4S, HP ou ses dérivées) qui soutiennent le système sécuritaire et carcéral israélien.

Un pot convivial a été partagé en fin de soirée et les échanges se sont poursuivis jusqu’assez tard dans la nuit ! Le samedi matin, Raed, les voyageurs et quelques militants ont visité les fermes des viticulteurs du voyage, poursuivant les échanges et apports mutuels.

L’AFPS 63 remercie la municipalité de Clermont-Ferrand (2016-17), et le Conseil Départemental 63 (2017), pour l’attribution de subventions significatives pour Al Sanabel.

      

 




France-Israël 2018: Action BDS à l’Institut Français à Paris le jeudi 26 octobre 2017

(English below)

Ce jeudi 26 octobre 2017, des militant.e.s de la Campagne BDS France sont intervenu.e.s devant le siège de l’Institut français à Paris pour dénoncer la scandaleuse opération de propagande « France-Israël 2018 », visant à valoriser les relations entre la France et le régime israélien d’apartheid.

VIDEO de l’action:

PHOTOS de l’action: 

https://photos.app.goo.gl/nx9F6hCptSoASUZr1

Les organisateurs de « France-Israël 2018 » sont réunis cette semaine à l’Institut Français pour planifier les événements qui se dérouleront l‘année prochaine.

Sur les pancartes tenues par les militant.e.s, était écrit:

Année France-Israël 2018 : Année de l’apartheid !

Ou encore : Année France-Israël 2018, ou comment divertir l’apartheid israélien ?

En 2018, nous commémorerons le triste anniversaire des 70 ans de la Nakba, c’est l’année choisie par l’ancien gouvernement « socialiste » pour encourager les politiques, y compris culturelles, de dépossession du peuple palestinien.

Nous ne nous laissons pas abuser par les appels au dialogue quand elles concernent un État qui se sert de la culture à des fins politiques pour redorer son image internationale. La culture ne pourra jamais blanchir l’État israélien de ses crimes, ses persécutions et ses discriminations, que ce soit contre les populations de Gaza ou de Cisjordanie, contre les Palestiniens vivant en Israël, ou contre les réfugiés palestiniens.

Nous ne nous habituerons pas aux relations « de haut niveau »* entre la France et Israël visant à normaliser ce que l’ONU a récemment qualifié de « plus longue occupation de l’histoire récente ».**

C’est pourquoi nous appelons à boycotter les initiatives promues par la Saison France-Israël, qu’elles soient artistiques, culturelles, qu’elles concernent la recherche, l’enseignement supérieur, l’éducation, le sport, le tourisme, l’économie ou la gastronomie, et nous nous mobiliserons contre les événements qui seront organisés dans le cadre de l’année France-Israël 2018.

« France-Israël 2018 », la culture ne doit pas divertir l’apartheid israélien !

Boycottons la normalisation des relations avec l’État d’Israël 

Respect du droit international 

Solidarité avec le peuple palestinien !

*: http://www.institutfrancais.com/fr/saisons/france-israel-2018

**: http://unctad.org/meetings/fr/SessionalDocuments/tdb64d4_fr.pdf

La Campagne BDS France-Paris

www.bdsfrance.org


ENGLISH:

Paris, 26 October 2017

On Thursday 26 October 2017 activists from the BDS France Campaign demonstrated in front of the headquarters of the French Institute in Paris to denounce the disgraceful propaganda exercise “France-Israel 2018” which aims to enhance the relations between France and the Israeli apartheid regime.

The organisers of next year’s operation met at the French Institute in order to plan the events which will be held in the framework of the “France-Israel” year.

Placards held by the activists read:

2018 France-Israel Year: No to the instrumentalisation of culture!

or: 2018 France-Israel Year – or how to entertain Israeli apartheid?

In 2018 we will commemorate the sad anniversary of 70 years of the Naqba. This is the same year chosen by the former “socialist” government to encourage the policy of dispossession of the Palestinian people.

We will not be fooled by calls for dialogue when those concern a State which uses culture for political ends in order to improve its international image. Culture can never whitewash the Israeli State’s crimes, the persecution and discrimination it carries out, whether it be against the population of Gaza or the West Bank, against the Palestinians living in Israel or against the Palestinian refugees.

We cannot accept “high level”* relations between France and Israel which aim to normalise what the United Nations this year described as “the longest occupation in recent history” **

Therefore we call for the boycott of any initiatives promoted by the France-Israel Season, whether they concern art, culture, gastronomy, research, education, higher education, sport, tourism or the economy.  We shall take action against the events organised in the framework of the 2018 France-Israel Year.

France-Israel” Season: Culture must not entertain Israeli apartheid!

Boycott the normalisation of relations with the State of Israel

Respect for international law

Solidarity with the Palestinian people!

*: http://www.institutfrancais.com/fr/saisons/france-israel-2018

** http://unctad.org/meetings/en/SessionalDocuments/tdb64d4_en.pdf

BDS France Campaign – Paris

www.bdsfrance.org