Les Palestiniens demandent aux nominés aux Oscars de refuser un voyage de propagande en Israël

Le Comité national BDS palestinien :

Les militants palestiniens des droits de l’homme demandent aux nominés aux Oscars de ne pas accepter les billets de voyage fournis par le gouvernement israélien (*) et qui font partie de l’ensemble des cadeaux remis aux nominés des catégories « acteurs » et « mise en scène ».

Une déclaration du ministère israélien du Tourisme se targue de ce que cette initiative constitue une excellente occasion de voir d’« éminents faiseurs d’opinion » partager leur visite « avec des millions de leurs fans et partisans ».

Omar Barghouti, du Comité national BDS palestinien – la plus importante coalition d’organisations de la société civile palestinienne –, qui dirige le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), a déclaré :

« Il n’y a pas de Hunger Games [Les jeux de la faim, une trilogie cinématographique à grand succès, NdT], à Gaza, mais la faim qui y règne est bien réelle et elle est due à des années d’occupation et de siège par Israël. Nous espérons que les nominés aux Oscars emprunteront la voie morale consistant à rejeter ce don de propagande gratuite émanant du Capitol [Hotel] pendant que les militaires et les colons israéliens déploient toute leur violence à incendier et coloniser notre District 12. »

En 2012, il a été révélé qu‘Israël procédait à un « calcul des calories » pour limiter sévèrement la livraison de nourriture au 1,8 million de Palestiniens vivant sous état de siège à Gaza. Un important conseiller du Premier ministre israélien avait déclaré en 2006 : « L’idée consiste à mettre les Palestiniens au régime, mais pas à les faire périr de famine. »

« Israël tente désespérément de combattre son isolement international croissant par des actes de corruption et d’intimidation plutôt qu’en mettant un terme à son occupation et à son apartheid»

 

Un nombre croissant d’hommes politiques et d’intellectuels israéliens ont admis qu’Israël applique l’apartheid aux Palestiniens. L’éditeur du quotidien israélien Haaretz a récemment écrit que « seules des pressions internationales mettront un terme à l’apartheid israélien ».

Un récent sondage américain a révélé un glissement significatif parmi les « élites de l’opinion » du Parti démocrate : 47 % de ces personnes percevaient Israël comme un État raciste et pas moins de 31 % soutenaient le boycott et les sanctions contre ce pays.

« De même que Jonathan Demme et Martin Scorsese avaient fondé “Cinéastes unis contre l’apartheid” pour protester contre le régime raciste de Pretoria dans les années 1980 », a ajouté Barghouti, « les artistes et la société civile de Palestine espèrent que les personnages de Hollywood agiront avec conscience en refusant de prêter leur nom aux tentatives désespérées d’Israël de cacher ses crimes de guerre et son racisme à l’égard du peuple palestinien. »

« Le voyage proposé entend créer l’impression que Jérusalem-Est occupée, y compris la Vieille Ville, fait partie d’Israël en dépit du fait que l’ONU, y compris les États-Unis, la reconnaît comme un territoire palestinien occupé. Cela tombe à un moment où Israël accélère son épuration ethnique et ses assassinats de Palestiniens à Jérusalem tout en durcissant son colonialisme et sa politique d’apartheid. »

Deux des nominés aux Oscars de cette année, Mark Ruffalo et Mark Rylance, ont critiqué la politique israélienne.

L’Union européenne a émis des directives stipulant que les gouvernements ne devraient pas reconnaître la souveraineté israélienne sur les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est.

L’information concernant la décision de la Hollywood Academy de permettre à Israël d’utiliser les récompenses comme véhicule de propagande tombe en plein scandale #OscarsSoWhite [le boycott des acteurs de couleur par Hollywood, NdT]. Israël dispose de plus de 50 lois racistes pratiquant une discrimination directe, sur base raciale, à l’encontre de ses propres ressortissants palestiniens, ce qui entre dans le cadre de la définition par les Nations unies du crime d’apartheid.

« L’association de l’Academy avec Israël ternit en outre son image concernant le racisme et rappelle la collaboration de Hollywood, dans le passé, avec des régimes criminels », a encore déclaré Barghouti.

Le mouvement BDS non violent en faveur des droits palestiniens, lancé par la société civile palestinienne en 2005, réclame la liberté, la justice et l’égalité et ce, en conformité avec les lois internationales.

Les hauts responsables israéliens associés à la campagne « Brand Israel » (le label commercial Israël) ont admis à plusieurs reprises qu‘Israël utilisait la culture comme outil de propagande afin de mettre en valeur ses « facettes plus agréables » et blanchir ainsi ses crimes dans une tentative de contrecarrer la portée et l’impact sans cesse croissants du mouvement BDS.

Des célébrités comme Roger Waters, Elvis Costello et Lauryn Hill ont refusé de présenter des spectacles en Israël. Des milliers d’artistes et de personnalités culturelles du Canada, de l’Afrique du Sud, d’Irlande, de Norvège et de nombreux autres pays ont affirmé leur soutien à un boycott des institutions culturelles d’Israël.

D’importantes firmes européennes comme Veolia, Orange et CRH ont récemment quitté Israël suite à des campagnes BDS.

Les investissements étrangers directs en Israël ont chuté de 46 % en 2014 par rapport à 2013, selon un rapport de l’ONU, et le phénomène est dû en partie aux campagnes BDS, a affirmé l’un des auteurs du rapport.

L’Institut israélien des exportations a révélé que les exportations israéliennes en 2015 avaient diminué de 7 % par rapport à 2014.

Moody’s, une agence de notation de crédit au rayonnement mondial, a mis en garde contre la possibilité pour l’économie israélienne de subir de graves contrecoups si le mouvement BDS devait encore gagner en influence.

Plusieurs églises américaines importantes et conseils estudiantins d’un peu partout aux États-Unis ont voté le soutien au désinvestissement des sociétés et banques qui sont impliquées dans les violations israéliennes des lois internationales.


CHUTE VERTIGINEUSE DU TOURISME EN ISRAËL

Les statistiques du tourisme en Israël font apparaître une chute vertigineuse de la fréquentation des hôtels par les touristes étranger : en décembre 2015, ils ont été inférieurs de 9% à ceux de décembre 2014 et 28% inférieurs à ceux de décembre 2013. Encore faut-il remarquer qu’en 2014 beaucoup de touristes ont fui Israël en raison des événements qui se déroulaient à Gaza, et par conséquent une comparaison avec cette période ne fait pas apparaître toute la sévérité de la chute.

La performance globale du tourisme israélien pour janvier 2016 est en retrait de 17,6% par rapport à janvier 2014, selon Haaretz.


Publié le 10 février 2016 sur BDS Movement
Traduction pour ce site : Jean-Marie Flémal

(*) Il s’agit d’un voyage de 10 jours, pour une valeur de 55.000 $




Roger Waters à la France : « Supporters de BDS, attaqués par votre système judiciaire, vous avez très clairement mon respect et mon affection ».

Mondoweiss.net

Il y a deux jours, nous avons publié un article sur la réponse courageuse en France contre la législation qui rend criminel le fait de plaider pour le boycott d’Israël (http://mondoweiss.net/2016/01/french-justice-minister-should-face-questions-in-ny-about-law-barring-bds-speech). Nous avons ensuite été informés que Roger Waters avait envoyé une lettre au peuple français, par l’intermédiaire d’une agence de presse française, sur ce même sujet il y a quelques semaines, qui n’avait jamais été publiée. Nous la publions ici…

 

Mes chers citoyens,

Avec la plupart des membres de la société civile mondiale qui réfléchissent, ressentent et compatissent, je déplore l’occupation de la Palestine et l’assujettissement de toutes ses populations non juives. La discrimination pratiquée depuis 1947/48 par l’État d’Israël est inacceptable.

Je suis anti-raciste, anti-colonialiste, anti-guerre, anti-oppression et anti-discrimination.

Nous, les populations du reste de la société civile mondiale, avons toujours levé notre chapeau devant vous les Français pour avoir adopté la « Déclaration des Droits de l’Homme » en 1789. Dévoués comme vous l’étiez aux principes de Fraternité, d’Egalité et de Liberté, il y avait toujours, croyions nous, dans votre coeur battant collectivement, un attachement à la défense des opprimés où qu’ils soient, même hors de France !

Aujourd’hui, j’ai lu avec horreur qu’un tribunal de chez vous a déclaré illégale une manifestation pacifique de supporters de BDS contre la politique du gouvernement actuel d’Israël, qui est raciste, oppressive et discriminatoire, déclarant que la manifestation elle même était une discrimination et infligeant des amendes aux manifestants pacifiques.

C’est un triste jour pour la France et pour le système judiciaire français. S’opposer aussi fermement à BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) parce qu’il utilise les mêmes outils que ceux utilisés en Inde au milieu du 20ème siècle contre l’oppression de l’autorité britannique, et par les manifestants américains, noirs et blancs, dans le Sud des Etats-Unis sous Jim Crow, et aussi par les manifestants noirs et blancs du monde entier unis dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, c’est une tache sur la bonne réputation de la République française.

BDS, BOYCOTT DESINVESTISSEMENT ET SANCTIONS, EST, JUSQU’ICI, LA SEULE VOIE EFFICACE VERS UNE PAIX POSSIBLE EN TERRE SAINTE FONDEE SUR LE BIEN ETRE A LA FOIS DES PALESTINIENS ET DES ISRAELIENS PARTAGEANT LIBERTE, JUSTICE ET EGALITE.

Pourquoi votre système judiciaire s’y opposerait-il ? Une révolte publique indignée dans votre grand pays devrait exiger une enquête publique pour savoir quel fondement juridique a permis cette plainte contre les supporters de BDS. En tout état de cause, à titre personnel, je ferais part de mon intérêt. Les supporters de BDS, qui ont été attaqués par votre système judiciaire, ont très clairement mon soutien, mon respect et mon affection.

D’ailleurs, tout homme ou femme qui monte au créneau pour défendre nos frères et sœurs opprimés en Palestine et en Israël est mon frère et ma sœur.

Cette question n’est pas compliquée, c’est une affaire de juste et de faux, c’est une affaire d’application exacte et inexacte de la loi. La loi devrait être utile aux opprimés, pas au oppresseurs. Si votre loi protège les oppresseurs, les racistes et les discriminateurs, et punit les hommes et les femmes au grand cœur qui tiennent des barricades pour défendre la liberté, où que ces barricades puissent exister sur notre petite planète, alors votre loi est imbécile.

Avec mon affection et mon respect, Chers Citoyens

Roger Waters

 

Source : http://mondoweiss.net/2016/01/roger-waters-tells-france-supporters-of-bds-attacked-by-your-judiciary-have-my-unequivocal-respect-and-love#sthash.sQgnALyH.dpuf

Traduction : J. Ch. Pour BDS France
(en italique les mots en français dans la lettre)




Tribunal Russel pour la Palestine et BDS

Une conséquence cruciale des conclusions du TRP est le soutien au développement de la Campagne BDS – c’est-à-dire de Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.
Le TRP a caractérisé la politique israélienne comme étant une politique d’apartheid et donc sujette aux sanctions ciblant tout régime d’apartheid.
Dans la synthèse des conclusions de sa troisième session, qui a eu lieu en Afrique du Sud à Cap Town entre les 5 et 7 novembre 2011 le Tribunal exhorte explicitement : « la société civile mondiale (y compris tous les groupes et individus qui travaillent de leur mieux en Israël et en territoire palestinien occupé pour lutter contre le système de domination raciale qui y règne) à reproduire l’esprit de solidarité qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, notamment en conscientisant les parlements nationaux par rapport aux conclusions de ce Tribunal et en soutenant la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) »

Cette déclaration est renouvelée à plusieurs reprises dans les conclusions finales formulées à Bruxelles.

Ainsi dans une partie intitulée « Futures actions et pistes pour l’avenir. Les initiatives de la société civile » nous pouvons lire :

« Le Tribunal renouvelle son soutien et se félicite de la campagne BDS, qui doit s’intensifier au sein de l’Union européenne et s’étendre à d’autre Etats, organisations régionales et institutions intergouvernementales »

Et plus loin :

« Le Tribunal promeut l’idée d’un partenariat entre les organes de l’ONU et la société civile afin de faire pression sur Israël sur les questions de BDS en s’inspirant directement de l’expérience du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970, 1980 et 1990 »

Tout ceci me conduit à vous donner des précisions sur l’histoire, les fondements et le contenu du mouvement BDS, puis à vous expliquer que la Campagne BDS ça marche, et qu’il faut donc persévérer dans cette voie.

La campagne BDS a été lancée le 9 juillet 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne un an après la condamnation par la Cour Internationale de Justice du Mur dit de Séparation, condamnation restée sans suite.

Ces associations déclarent :

« Nous, représentants de la Société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international»

Puis ces associations de la société civile palestinienne énoncent les 3 objectifs du mouvement BDS :
« 1. Mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes et démanteler le Mur ;

A ce premier objectif s’est ajouté depuis 2005 l’exigence de mettre fin au blocus de Gaza.
2. Reconnaître les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respecter, protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU »

La campagne se développe dans de nombreux pays (en Europe, en Amérique, au Japon, au Maroc, etc), y compris en Israël où le mouvement « Boycott from Within » (Boycott de l’intérieur), bien que très minoritaire, apporte une aide précieuse à la Campagne BDS.

Elle a pris son essor en France depuis l’opération « Plomb durci » contre le peuple gazaoui au cours de l’hiver 2008-2009. Le site de la Campagne BDS France est : www.bdsfrance.org

La campagne se déploie selon plusieurs axes, comme c’était le cas du boycott de l’Afrique du Sud : les boycotts économique, sportif, universitaire et culturel.

Le boycott économique appelle les consommateurs ou n’importe organisme à ne pas se rendre complices d’une politique de violation du droit international et des droits humains en achetant des produits israéliens, qu’ils viennent des colonies de Cisjordanie ou du territoire israélien dans les frontière de 1967. Il vise aussi certaines sociétés non israéliennes qui participent directement à la répression du peuple palestinien.

Parmi l’ensemble de ces cas, citons les campagnes qui ciblent les entités suivantes :

  • la société Mehadrin, exportatrice de produits agricoles israéliens souvent issus des colonies,

  • les magasins Séphora qui commercialisent les produits de beauté Ahava issus de la Mer Morte,

  • la société qui commercialise les produits Sodastream (dont le gazéificateur),

  • Keter (qui fournit du petit matériel d’équipement),

  • les médicaments génériques TEVA (pour lesquels il est régulièrement fait une publicité sur France Info),

  • la société anglo-danoise G4S qui équipe les prisons israéliennes de son matériel dit de sécurité,

  • la société américaine Caterpillar, qui participe à la destruction du patrimoine palestinien et est complice de l’écrasement par ses bulldozers de citoyens Palestiniens et aussi de la militante pacifiste Rachel Corrie.

D’autres campagnes visent à ce que des sociétés se désinvestissent de leurs partenariats complices de la politique coloniale israélienne.

Ainsi la société Orange, qui a conclu un partenariat avec l’entreprise israélienne Partner Communications, qui installe des antennes et relais sur des terres confisquées aux Palestiniens pour le seul bénéfice de l’armée ou des colons. Ainsi aussi Veolia qui gère une déchetterie au service des colons et a d’importants projets d’investissements en Israël.

Venons-en à présent au boycott sportif, pour attirer l’attention sur le fait qu’il dénonce notamment la politique israélienne qui consiste à empêcher le peuple palestinien de pratiquer librement les sports et à se doter des moyens nécessaires, et qui consiste aussi à emprisonner arbitrairement des joueurs récalcitrants.

Les boycotts universitaire et culturel visent quant à eux des initiatives sponsorisées par l’Etat d’Israël. Nous nous adressons aussi aux artistes qu’Israël invite à des festivals pour avoir l’air d’être un Etat très ouvert à tous les courants culturels, et nous les exhortons à ne pas accepter de servir de caution morale destinée à blanchir Israël de ses crimes. Des responsables israéliens de haut niveau avouent d’ailleurs eux-mêmes que la culture leur est très utile pour leur propagande.

BDS remporte d’importants succès, et particulièrement au cours de la dernière période.

Signalons la faillite en 2011 de l’entreprise d’exportation de produits agricoles Agrexco, les grosses pertes de marchés pour les entreprises Alstom, qui a construit le tramway reliant Jérusalem à des colonies, et Veolia, dont le cours de l’action a chuté, la crise de la banque franco-belge Dexia qui participe au financement des colonies …

D’importantes sociétés de fonds de pension se désinvestissent de sociétés israéliennes travaillant pour l’occupation, et récemment PGGM, la plus grande société de gestion de fonds de pension des Pays-Bas, a décidé de retirer l’ensemble de ses investissements de cinq grandes banques d’Israël. En Grande Bretagne, Hollande et Suisse des directions de grandes surfaces ont décidé de retirer de leurs étalages les produits des colonies, se conformant ainsi à l’esprit des lignes directrices de l’Union Européenne, aussi nommées « guidelines » entrées en application le 1er janvier 2014 et visant à proscrire tout financement et toute subvention aux sociétés travaillant pour les colonies.

Vivens, le plus gros fournisseur d’eau potable des Pays-Bas, a depuis peu mis fin à sa coopération avec Mekorot, la compagnie nationale d’eau israélienne.
Dans des pays tels que l’Afrique du Sud, la Norvège, la Grande Bretagne, les Pays Bas, de très importantes fédérations syndicales renoncent aux services et aux contrats avec des firmes internationales complices de l’occupation, telles que Veolia et G4S.
D’importantes universités ont également rompu leurs relations, notamment en Afrique du Sud ou même aux Etats-Unis. Récemment l’une des principales institutions universitaires américaines, l’American Studies Association (ASA) a invité tous ses membres à couper toutes relations de nature institutionnelle avec les universités israéliennes.Diverses églises importantes se réclamant de divers courants religieux appellent aussi à BDS.

La Campagne BDS jouit également du soutien d’artistes de renom international, qui sont de plus en plus nombreux à refuser ou à annuler des tournées en Israël, d’intellectuels et de personnalités publiques jouissant d’une grande influence, dont des membres ou des parrains du Tribunal Russell : Desmond Tutu, Roger Waters des Pink Floyds, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, le cosmologue Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence de haut niveau en Israël …

Avant de conclure sur les perspectives du mouvement BDS, je veux signaler 2 questions importantes qui mobilisent la Campagne BDS France, questions que je ne développerai pas pour ne pas dépasser le temps qui m’est imparti.

La première c’est notre engagement actif contre le KKL, ou Fonds National Juif, qui est un organisme paraétatique israélien qui est depuis plus d’un siècle le fer de lance de la dépossession du peuple palestinien. Les dons à l’antenne française du KKL bénéficient d’une déductibilité d’impôts, cet organisme se faisant passer pour une association d’intérêt général, écolo et de bienfaisance, et nous sommes actuellement mobilisés contre le projet du KKL France de tenir le 2 février prochain une grande journée de propagande au Palais Brongniart à Paris.

La seconde question est que la France est le seul pays où des militants de la Campagne BDS sont poursuivis en justice, ce qui est conforté par la circulaire Alliot Marie, qui assimile les actions de sensibilisation à BDS à des appels à la discrimination raciale. Nous exigeons, avec de nombreuses associations, le retrait de cette circulaire et la relaxe des militants poursuivis, ce que d’ailleurs de nombreux juges comprennent.

Et je tiens à souligner que cette situation ne nous empêche pas de développer le mouvement BDS et ne fléchit pas notre détermination.

Quelles sont les perspectives du mouvement BDS ?

L’économie israélienne est certes encore forte, notamment pour ce qui concerne la vente de matériel à usage répressif, testé sur le peuple palestinien, mais la Campagne BDS progresse inexorablement. Elle entre en résonance avec d’autres causes, notamment l’antiracisme, les mouvements anti-guerre, les mouvements pour la justice sociale. Elle est porteuse de valeurs universelles.

Ce n’est pas sans raison que Netanyahou le premier ministre israélien, et d’autres ministres de ce pays ont déclaré que le mouvement BDS est une menace stratégique pour Israël. Il est significatif aussi qu’une centaine de grands patrons israéliens, redoutant le succès des appels au boycott, lancent un appel pour la paix avec les Palestiniens. Quand de son côté Omar Barghouti, co-fondateur de la Campagne BDS, pose la question « L’année 2014 verra-telle un tournant décisif pour la Campagne BDS ? », nous accueillons ce propos avec optimisme.

L’année 2014 a été déclarée année de la Palestine par décision de l’ONU. Nous veillerons à ce qu’elle soit en même temps l’année de BDS. Les régimes d’apartheid ne durent pas jusqu’à la fin des temps. L’Etat d’Israël fait et continuera de tout faire pour essayer de réduire le développement de BDS et pour vider de leur substance des mesures telles que les lignes directrices de l’Union Européenne.

Nous continuerons de nous y opposer résolument. Nous continuerons nos activités militantes avec enthousiasme, parce que les droits des peuples et la vraie justice sont de notre côté.

L’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il le sera aussi en Palestine et Israël !

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France

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Campagne de BDS contre Israël : l’année 2014 verra-t-elle un tournant décisif ?

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Il est à la fois curieux et surprenant de constater qu’Israël se sente vulnérable alors qu’il se trouve au sommet de sa puissance économique et militaire, notamment en matière de nucléaire. Cette fois, l’ironie veut que la menace provienne d’un mouvement non-violent ancré dans le droit international et dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Au mois de juin de cette année, le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahu a en effet déclaré que le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), dirigé par les Palestiniens, représente une « menace stratégique » pour le régime israélien d’occupation, de colonisation et d’apartheid. Pour cela, Netanyahu a décidé de confier la responsabilité totale de la lutte contre le BDS au Ministre des Affaires Stratégiques.

Cette évolution spectaculaire reflète l’échec de « Brand Israel », une campagne israélienne bien huilée menée par le Ministre des Affaires Étrangères depuis le lancement du mouvement BDS en 2005, et dont la stratégie consistait à utiliser la culture comme instrument de propagande en faisant appel à des artistes et des écrivains israéliens dans l’objectif de présenter au monde entier une « meilleure image d’Israël. »

C’est en effet grâce aux gens de conscience depuis les quatre coins du monde, qui ont compris qu’on pouvait mettre fin à l’impunité d’Israël au moyen d’une résistance populaire en Palestine même et associée à une pression et responsabilité internationale à la fois efficace, moralement cohérente et permanente.

C’est cette prise de conscience qui a donné un grand élan aux campagnes de BDS. Plusieurs de ceux qui étaient jusqu’ici des partisans et des sympathisants d’Israël ont fini par s’en éloigner à cause, entre autres, 1) du brutal blocus israélien sur la Bande de Gaza, 2) de la construction sauvage de colonies illégales et du mur de séparation en Cisjordanie occupée, 3) de sa « stratégie de judaïsation » à Jérusalem, en Galilée, dans la Vallée du Jourdain et dans le Naqab (Le Néguev), comme démontré par des rapports officiels de l’ONU 4) de l’adoption de nouvelles lois racistes, et enfin 5) du déni des droits des réfugiés.

Il convient donc de considérer que les succès du mouvement de BDS au cours des dernières années seraient le facteur qui a ébranlé le régime Israélien. Le soutien en décembre 2012 du Congrès National Africain (The African National Congress) ; le soutien au BDS et l’annulation d’évènements qui devaient inclure les noms d’artistes et de groupes de musique de renommée mondiale ; la décision prise par l’éminent scientifique Stephen Hawking et qui consistait à appliquer le boycott et à annuler sa participation à une conférence à l’Université Hébraïque ; et la dernière vague de résolutions en faveur du boycott adoptées par des associations universitaires US, sont des éléments qui conforte l’analyse selon laquelle le mouvement de BDS atteindra bientôt le niveau de la mobilisation internationale contre l’apartheid en Afrique du sud.

Quant à sa position aux yeux de l’opinion publique mondiale, il faut reconnaitre que la réputation d’Israël s’est quelque peu érodée depuis un certain temps déjà. Deux facteurs majeurs en sont la cause. Il s’agit, premièrement, de la force morale du mouvement de BDS, y compris sa composante israélienne anticolonialiste cruciale. Et en second lieu, le changement politique israélien qui s’est clairement orienté vers l’extrême droite. Dans un sondage réalisé en 2013 par la BBC, les résultats ont fait ressortir la concurrence entre Israël et la Corée du Nord, perçus par la grande majorité des personnes en Europe et ailleurs, comme le troisième ou le quatrième des pires pays au monde.

Qu’est-ce que la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions ?

Le 9 juin 2005 a été le jour où l’appel au BDS était pour la première fois lancé par une alliance de plus de 170 organisations palestiniennes : syndicats, réseaux de réfugiés, ONG et associations locales. Le message transmis ce jour était un appel aux organisations de la société civile internationale et aux gens de conscience, afin qu’ils « imposent un boycott général et mettent en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, emboitant ainsi le pas aux mesures appliquées en Afrique du Sud durant la période où sévissait l’apartheid. »

Plus précisément, le BDS appelle à la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967, avec le démantèlement du mur et des colonies, la fin du système israélien de discrimination raciste contre ses citoyens palestiniens et le droit au retour inhérent et reconnu par l’ONU des réfugiés Palestiniens dans leur terre d’origine.

Ces trois droits fondamentaux correspondent aux trois composantes majeures du peuple palestinien : les citoyens de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est (38% de la population palestinienne d’après des statistiques de 2011), ceux du territoire de 1948 qui vivent sous le régime d’apartheid israélien (12%) et ceux de la diaspora, en exil (50%). Plus de deux tiers des Palestiniens ont le statut de réfugiés ou sont des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays.

Agir et s’imposer avec diplomatie et délicatesse

Pour Desmund Tutu, Roger Waters, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, Arundhati Roy, Marcel Khalife et Aijaz Ahmed – personnalités publiques jouissant d’une forte influence – la conclusion est on ne peut plus claire : c’est la même lutte menée en Afrique du sud du temps de l’Apartheid qui doit être suivie aujourd’hui. En effet, le mouvement de BDS est absolument indispensable pour obliger Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international.

En faisant appel aux gens de conscience, partout dans le monde, afin d’aider à mettre fin au système israélien d’oppression à trois facettes, le mouvement de BDS n’entend pas solliciter une action héroïque mais plutôt l’accomplissement et le respect d’une profonde obligation morale qu’est le renoncement à la complicité dans l’oppression.

Chaque année, les pays occidentaux, à l’instar des États-Unis et de l’Allemagne offrent des milliards de dollars à Israël, sans oublier le commerce militaire lucratif. De ce fait, les contribuables de ces pays occidentaux subviennent aux violations israéliennes du droit international pendant que leurs programmes sociaux domestiques subissent des coupes sombres, que le chômage atteint des niveaux alarmants et que l’environnement se fait massacrer et détruire. Tirer un trait sur la complicité avec les crimes israéliens ne joue pas en faveur du peuple palestinien seulement, mais il conviendra sans nul doute aux « 99% » des personnes aux quatre coins du monde qui luttent contre une guerre perpétuelle et pour une justice socio-économique.

S’appuyant sur son influence mondiale, le mouvement de BDS dirigé par la principale coalition dans la société civile palestinienne, le BNC [BDS National Committee] enregistre une percée à travers le monde, couronnée par d’importantes victoires.

Quelques jours auparavant, The American Studies Association [l’Association des Études Américaines] a adopté le principe du boycott universitaire d’Israël avec un ratio de soutien stupéfiant de 2:1 de l’ensemble de ses membres. En avril, The Association for Asian-American Studies [L’Association pour les Études Asiatiques Américaines] est devenue la première instance universitaire américaine à adopter le boycott d’Israël. Dans la même période, The Federation of French-Speaking Belgian Students (La Fédération des Étudiants Belges Francophones) qui compte 100 000 membres a également adopté le boycott des institutions universitaires israéliennes, tout comme le Syndicat des Enseignants Irlandais. En mars 2011, l’Université de Johannesburg a rompu des liens avec l’Université Ben Gourion à cause des violations des droits de l’homme.

Pour leur part, les Conseils d’Étudiants à travers plusieurs universités nord-américaines, dont l’Université de Californie, Berkeley, ont opté pour le désinvestissement de toutes les sociétés qui tirent profit de l’occupation israélienne.

Une liste de plus en plus longue

A travers des millions de membres – originaires, entre autres, d’Afrique du sud, de Grande-Bretagne, d’Irlande, d’Inde, du Brésil, de Norvège, du Canada, d’Italie, de France, de Belgique et de Turquie – ce sont les principales fédérations syndicales internationales qui ont apporté leur soutien au mouvement de BDS

Veolia qui est une société complice avec l’occupation israélienne, a perdu ou a dû se retirer d’appels d’offres qui valent des milliards de dollars, principalement en Suède, en Grande-Bretagne, en Irlande et maintenant aux États-Unis.

Le militantisme du BDS en Norvège, en Afrique du Sud, au Parlement Européen et dans plusieurs Universités Britanniques et ailleurs, a pu frapper G4S, la plus grande société de services de sécurité à l’échelle mondiale. L’entreprise fait actuellement face à d’importants échecs tout à fait significatifs résultant de son implication dans les prisons israéliennes où des détenus Palestiniens, notamment des enfants se font torturer. Elle est également impliquée dans plusieurs projets qui enfreignent le droit international.

En Grande-Bretagne, la cinquième plus grande chaîne de supermarché Co-op a adopté la politique de boycott des sociétés qui opèrent dans les Territoires Palestiniens Occupés.

L’an dernier, The United Methodist Church [L’Église Méthodiste Unie] a appelé au boycott des produits en provenance des colonies israéliennes. Une décision suivie par l’Église Presbytérienne Américaine et l’Église Unie du Canada. L’Église Mennonite Américaine est allée encore plus loin en décidant de ne pas investir dans les entreprises impliquées dans l’occupation israélienne.

Pour sa part, le gouvernement néerlandais a publiquement « dissuadé » les entreprises de son pays à renoncer au business avec les entités israéliennes opérant dans les Territoires Palestiniens Occupés, ce qui a poussé la plus grande entreprise de construction aux Pays-Bas, Royal Haskoning DHV, à se retirer d’un projet de traitement des eaux usées avec la municipalité israélienne de Jérusalem-Est occupée. Dans le même contexte, l’entreprise publique des eaux Vitens a également résilié un contrat avec l’entreprise israélienne des eaux, Mekorot.

Il en va de même pour le gouvernement britannique qui a publié une directive sur l’implication des entreprises dans les colonies illégales israéliennes. Ces étapes suivent la publication des directives européennes contre le financement des projets et entités israéliens dans les Territoires Palestiniens.

Deutsche Bahn, la compagnie allemande des chemins de fer et qui est contrôlée par le gouvernement, s’est retirée d’un projet israélien qui empiète et confisque la terre palestinienne occupée. Des responsables du Ministère allemand des Affaires Étrangères ont informé des représentants de la société civile palestinienne qu’ils ont recommandé à toutes les institutions académiques allemandes d’éviter tout échange avec l’université d’Ariel, une colonie israélienne en Cisjordanie.

Il est vrai que la violente répression israélienne, sa politique de nettoyage ethnique et son blocus à l’encontre des Palestiniens augmentent jour après jour. Néanmoins, nous demeurons confiants et convaincus que nous surmonterons les obstacles et que nous vaincrons. Grâce au mouvement de BDS, aujourd’hui devenu mondial et ayant réussi à conquérir les cœurs et les esprits des peuples, il se pourrait bien que nous atteignons le point ou tout basculera.

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Omar Barghouti est militant Palestinien indépendant des droits de l’homme et membre fondateur du mouvement de BDS. Il est l’auteur de « Boycott, Divestment, Sanctions : The Global Struggle for Palestinian Rights, » (Haymarket : 2011).

Du même auteur :

- Le succès ultime d’Israël pourrait bien signer la fin de son régime colonial – 9 octobre 2013
- Le mouvement BDS expliqué – Pourquoi j’ai boycotté Israël – 28 février 2013
- A propos du soutien des juifs israéliens au régime d’apartheid en Israël – 25 octobre 2012
- BDS : Les Palestiniens veulent « toute la panoplie des droits » – 27 juin 2012
- BDS pour les droits des Palestiniens : « L’égalité ou rien ! » – 6 mai 2012
- BDS, des armes économiques pour relayer la politique – 31 décembre 2011
- Un criminel de la Haganah témoigne sur la Nakba – 30 décembre 2011
- Veolia toujours impliquée dans les violations israéliennes du droit international – 24 novembre 2011
- L’obstacle fondamental sur le chemin d’une solution à un État – 18 novembre 2011
- Ashton : l’attaque des colons contre la mosquée en Cisjordanie sape la paix au Proche-Orient – 12 septembre 2011
- Le dernier masque de démocratie tombe – 6 août 2011

22 décembre 2013 – Al Jazeera English – Vous pouvez consulter cet article en anglais à :
http://www.aljazeera.com/indepth/op…
Traduction : Info-Palestine.eu – Niha




Lettre de citoyens israéliens pour le BDS (Boycott From Within) à Mike Huckaby et Robert Hood

Chers  Mike Huckaby et Robert Hood,

Nous sommes des militants israéliens soutenant l’appel de la société civile palestinienne en faveur du Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre la politique israélienne de colonialisme, d’occupation et d’apartheid vis-à-vis du peuple palestinien.

Nous avons récemment appris que vous projetez de donner un spectacle à Tel Aviv. Nous vous écrivons pour vous demander de ne pas venir, car votre spectacle sera directement relié aux efforts de propagande d’Israël, aux dépens du peuple palestinien. S’il vous plaît, écoutez-nous jusqu’au bout.

Les tentatives israéliennes pour masquer des dénis systématiques des droits de l’homme et une oppression des Palestiniens depuis plusieurs décennies, s’appuient sur la capacité d’Israël à conserver une image progressiste et démocratique aux yeux de la communauté internationale. Israël va même souvent jusqu’à se présenter comme « la seule démocratie du Moyen-Orient». Mais la politique israélienne d’apartheid est partie intégrante même de quelque chose d’aussi léger et joyeux qu’un spectacle musical.
Les fans palestiniens de votre musique, qui vivent sous la brutale occupation militaire d’Israël en Cisjordanie ou dans les conditions du siège hermétique de la bande de Gaza, ne seront pas autorisés à venir à Tel Aviv assister à votre spectacle. Bien sûr, ceci n’est qu’un petit exemple ; les privations causées par l’occupation vont bien au-delà de l’interdiction d’assister à un concert. Tous les aspects des vies palestiniennes sont contrôlées par une armée d’occupation étrangère, depuis la possibilité d’étudier, de travailler ou de voyager jusqu’aux permis de construction sur leur propre territoire.

Voici un autre exemple. Les Voyageurs de la Liberté palestiniens (Palestinian Freedom Riders) ont récemment contesté la ségrégation dans les bus israéliens qu’ils ne sont pas autorisés à emprunter. Ces bus transportent des colons israéliens depuis et vers leurs domiciles illégalement construits sur des terres volées [1][2][3]. Des personnalités, et parmi elles de nombreux musiciens et artistes, sont venues voir par elles-mêmes le traitement des Palestiniens sous  domination israélienne et se sont engagées à ne pas légitimer ces politiques racistes.

Le peuple palestinien se voit refuser des libertés fondamentales : la liberté de mouvement, la liberté d’accéder à leurs terres volées et la liberté de protester contre l’injustice sans subir une répression brutale[4]. Ceux qui vivent dans la bande de Gaza (56% d’entre eux étant des enfants) supportent un siège débilitant, limitant leur accès à l’eau, aux soins et traitements médicaux, et aux matériaux de construction [5].

À Silwan, près de Jérusalem Est, à 45 minutes du lieu prévu pour votre  concert, des enfants sont enlevés de leurs maisons, enviolation du droit international, et subissent de violents interrogatoires policiers sans l’assistance de leurs parents ou d’un avocat [6]. Tous ces crimes ont lieu à une heure seulement de votre futur concert.

Des représentants de la société civile palestinienne, incluant plus de 170 organisations différentes, de femmes, d’universitaires, de travailleurs, ont lancé un appel en faveur d’une campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) contre la politique israélienne. Ils demandent en particulier aux artistes internationaux de ne pas se produire en Israël jusqu’à ce que cet état respecte ses obligations selon le droit international et change de politique [7].

Dans une cynique opération de relations publiques pour distinguer Tel Aviv d’Israël, des représentations données par des artistes internationaux à Tel Aviv sont utilisées pour vendre la ville comme une bulle « cool » et « éclairée ». Ceci est notoirement faux. Tel Aviv a été construite, ou pour être plus précis, étendue, sur les ruines de plusieurs villages palestiniens dont les habitants ont été tués ou expulsés pendant la Nakba, l’épuration ethnique qui a eu lieu en 1948 [8].

De plus, Tel Aviv est un pilier de la culture et de l’économie qui soutiennent l’apartheid d’Israël. Voici un lien à une photo d’une affiche officielle de la municipalité de Tel Aviv[9].

Et voici encore un autre exemple, particulièrement pertinent pour votre spectacle : les propriétaires du Block Club à Tel Aviv sont très fiers que le Ministre israélien des Affaires étrangères utilise leur nom dans ses vidéos promotionnelles. Ce même ministre qui « voit la culture comme un outil de propagande de premier plan et ne distingue pas entre propagande et culture »[10] (Traduit de l’hébreu : « Le Block club est connu comme un centre culturel et musical, où des artistes internationaux de premier plan se produisent régulièrement. Un lieu qui est reconnu, à la fois en Europe et aux États-Unis, comme l’un des meilleurs night-clubs du monde aujourd’hui. Si bien que le service de propagande du Ministère des Affaires étrangères l’a choisi pour représenter Israël dans une image officielle destinée à stimuler le tourisme » (Source en hébreu: [11])).

Le Ministère des Affaires étrangères d’Israël utilise tous les spectacles internationaux à Tel Aviv à de telles fins de propagande.

Les faits montrent clairement que Tel Aviv n’est pas si sympathique, c’est la plateforme financière de l’apartheid et du militarisme.

De nombreux artistes sont venus ici pleins de bonne volonté, avec l’intention de se servir de leur art pour changer l’opinion publique israélienne et répandre un message de paix. Roger Waters était l’un d’eux (svp voir ci-dessous). Ces artistes ont finalement compris que leurs spectacles, malgré leurs bonnes intentions, ont été détournés et utilisés pour donner un feu vert à l’actuelle politique d’oppression d’Israël.

Voici quelques citations d’artistes importants et de personnalités :

-Roger Waters: « De mon point de vue, le contrôle odieux et draconien qu’Israël exerce sur les Palestiniens assiégés dans Gaza et les Palestiniens de la Cisjordanie occupée (y inclus Jérusalem Est), couplé au refus des droits des réfugiés à retourner dans leurs maisons en Israël, impose que les peuples impartiaux du monde entier soutiennent les Palestiniens dans leur résistance civile non violente. Pour moi, cela signifie déclarer mon intention d’exprimer ma solidarité non seulement  avec les Palestiniens, mais aussi  avec les milliers d’Israéliens qui désapprouvent la politique raciste et coloniale de leur gouvernement, en rejoignant la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël, jusqu’à ce que cet état respecte les trois droits humains fondamentaux exigés par la loi internationale ». [12]

-Faithless: « Nous avons été sollicités pour donner quelques représentations cet été dans votre pays et c’est avec le cœur très lourd que j’ai eu le regret de refuser cette invitation. Alors que des êtres humains voient sciemment déniés non seulement leurs droits, mais aussi leurs besoins, ceux de leurs enfants et de leurs grands-parents, j’ai le sentiment profond que je ne peux pas envoyer un signal, même tacite, que ceci est « normal », ou « ok » ».[13]

-Archevêque Desmond Tutu d’Afrique du Sud : « Les Boycotts, Désinvestissements et Sanctions internationaux contre le régime d’apartheid, combinés avec les luttes de masse à l’intérieur de l’Afrique de Sud, ont conduit à notre victoire … De même que, pendant l’apartheid,  nous avons dit aux artistes internationaux qu’il n’était pas approprié de se produire en Afrique du Sud dans une société fondée sur des lois discriminatoires et la ségrégation raciale,  il serait aussi mal … de se produire en Israël «». [14]

À cause de tout ceci, nous vous demandons de reconsidérer votre participation au blanchiment de l’apartheid israélien. S’il vous plaît, dressez-vous contre l’oppression et en faveur de la libération, contre le racisme profondément enraciné et en faveur de la justice et de l’égalité pour tous.

Nous répondrons volontiers à toute question ou tout commentaire que vous pourriez avoir.

Bien à vous,

BOYCOTT! Soutien de l’intérieur à l’appel palestinien BDS

(URL: http://boycottisrael.info/ , Email: admin@boycottisrael.info )

Source : http://boycottisrael.info/content/israeli-citizens-please-do-not-legitimize-racism-occupation-and-apartheid-please-heed-palest

Traduction: Catherine G. pour la Campagne BDS France




Lettre de BDS France à Amadou et Mariam et à Salif Keita

English version below

Paris le 18 juin 2013

Cher Salif Keita, chers Amadou et Mariam, chers artistes maliens,

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Vous êtes invités prochainement à venir vous produire en Israël.

Israël n’est pas un pays comme les autres. Son gouvernement, depuis de nombreuses années, piétine le droit international. A Jérusalem, par exemple, 2000 maisons palestiniennes ont été détruites, 14000 Palestiniens se sont vus retirer leur permis de séjours et 5300 enfants palestiniens ne sont pas scolarisés. A Gaza, maintenue sous blocus depuis 7 ans, toute une population périt faute d’avoir accès aux droits les plus fondamentaux. Le Mur et les check-points empêcheront la plupart des Palestiniens de Cisjordanie de venir assister à vos concerts qui seront, dans les faits, ségrégués. Dans les frontières même d’Israël, les citoyens arabes palestiniens, chrétiens ou musulmans, vivent dans une situation proche de celle de l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980 : ils n’ont pas les mêmes droits et n’ont qu’un accès limité aux services dont bénéficient les citoyens juifs israéliens. Enfin, dans le reste du monde, Israël refuse toujours le droit au retour de millions de réfugiés palestiniens, bafouant ainsi les nombreuses résolutions de l’ONU. On peut décrire une telle situation par un vocabulaire riche, mais un mot s’impose à tous : la colonisation de la terre de Palestine par l’État israélien.

C’est pour toutes ces raisons qu’en 2005 la société civile palestinienne s’est résolue à demander le soutien de la société civile internationale pour mettre en place la campagne BDS (pour Boycott, Désinvestissements et Sanctions). Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’apartheid, les Palestiniens appellent à cesser toute collaboration avec des institutions gouvernementales israéliennes jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international. Suivant l’appel des Palestiniens, nous ne boycottons jamais des individus, mais nous appelons au boycott, entre autres, des événements culturels quand ceux-ci sont organisés par des instances reliées au gouvernement israélien.

Face à l’impunité d’Israël, des militants et des citoyens de conscience relaient cet appel au BDS partout dans le monde. Des artistes de tous les pays et de tous styles musicaux ont entendu et répondu positivement à cet appel. Citons par exemple Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Annie Lennox, Cat Power, Andy Kasrils, Ewok, Lhasa, Vanessa Paradis, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Gil Scott-Heron, Jello Biafra, Les Pixies ou Massive Attack, mais aussi Peter Brook, Susan Sarrandon et de nombreux metteurs en scène et comédiens du monde entier.
Chers artistes maliens, l’invitation que vous recevez fait suite à celles que de nombreux autres artistes de votre pays ont reçues. Alors qu’Oumou Sangaré l’a déclinée, Vieux Farka Touré ou Fatoumata Diawara l’ont acceptée. Il n’est pas étonnant que vous soyez invités, vu votre immense talent et celui de nombre de vos compatriotes. Ce qui est étonnant c’est que ces invitations arrivent si soudainement, alors justement que le gouvernement israélien instrumentalise une dangereuse division en Afrique entre « Noirs » et « Arabes ». Chers artistes, ne soyez pas les otages de telles politiques cyniques et meurtrières.

Chers artistes africains, le gouvernement israélien s’est récemment illustré par des politiques extrêmement brutales envers ses immigrés (appelés « infiltrés »), philippins et africains en particulier. Il leur interdit d’envoyer de l’argent dans leur pays, les arrête et les enferme dans des camps, avant de les expulser sans ménagement. On a récemment vu des émeutes racistes contre les Noirs dans les rue de Tel Aviv, où un député a décrit l’immigration africaine comme un « cancer de la société israélienne ». Certes, votre présence fera oublier cette abjection, mais est-ce vraiment votre intention ?

Chers artistes maliens, la colonisation, son cortège d’injustices, de souffrances et de crimes ne vous sont pas étrangers, ils appartiennent aussi à l’histoire du Mali.

Ne vous méprenez pas : que vous le souhaitiez ou non, vos concerts seront interprétés comme un soutien au régime colonial israélien, et pas comme un simple événement culturel.

Nous espérons, au contraire, pouvoir vous compter parmi les artistes de conscience qui se sont joints au boycott.
Nous restons à votre entière disposition pour vous fournir toute autre information utile sur cette question.

Linda, pour la Campagne BDS France

Campagne BDS France
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr

« Rester neutre face à l’injustice, c’est avoir choisi son camp. »
Desmond Tutu

On the same subject:
Entre Mandela et Netanyahou, Salif Keita fera-t-il le grand écart ? / Will Salif Keita do the splits between Mandela and Netanyahu?
http://tinyurl.com/lq27583
L’Israfrique passe aussi par la musique:
http://tinyurl.com/m5vgscm

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English version:
Letter from BDS France to Amadou and Mariam and to Salif Keita

18 June 2013

Dear Salif Keita, Dear Amadou and Mariam, Dear Malian artists,

You have been invited to go and perform soon in Israel.

Israel is not a country like others. Its government has for many years been trampling on international law. In Jerusalem, for example, 2,000 Palestinian homes have been destroyed, 14,000 Palestinians have had their residence permits withdrawn and 5,300 Palestinian children are not being schooled. In Gaza, which has been kept under blockade for 7 years, a whole population is perishing, with no access to their most elementary rights. In the West Bank, the Wall and the check-points deprive Palestinians of freedom of movement and will prevent them from coming to attend your concerts, which will therefore be segregated. Even within Israel’s borders, Palestinian citizens, be they Christian or Muslim, live under a system akin to the apartheid which formerly existed in South Africa: they do not have equal rights and have only limited access to the services enjoyed by Israel’s Jewish citizens. And Israel still refuses to recognize the right to return of millions of Palestinian refugees around the world, thus mocking numerous United Nations resolutions. One may use many words to describe such a situation, but one word is essential: the colonisation of Palestinian land by the State of Israel.

For all of these reasons, Palestinian civil society appealed in 2005 to international civil society to launch the BDS campaign (Boycott-Divestment-Sanctions). Inspired by the South African struggle against apartheid, the Palestinians ask that all collaboration with Israeli governmental institutions cease until Israel respects international law. In line with the Palestinian appeal, we do not boycott individuals but we call for the boycott of cultural events when these are organised by bodies linked to the Israeli government.

Faced with Israel’s impunity, activists and conscientious citizens are spreading the BDS appeal all over the world. International artists, of all musical styles, have heard and responded positively to the appeal: they include Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Annie Lennox, Cat Power, Andy Kasrils, Ewok, Lhasa, Vanessa Paradis, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Gil Scott-Heron, Jello Biafra, The Pixies and Massive Attack, as well as Peter Brook, Susan Sarandon, and numerous other directors and actors around the world.

Dear Malian artists, the invitations you have received follow those extended by Israel to other artists from your country. Whereas Oumou Sangaré declined the invitation, Vieux Farka Touré and Fatoumata Diawara accepted. It is not surprising that you be invited, given your great talent and that of many of your compatriots. What is surprising is that these invitations should all arrive so suddenly, at a time when the Israeli government is exploiting a dangerous division in Africa between “Blacks” and “Arabs”. Dear artists, don’t become hostages of such cynical and murderous politics.

Dear African artists, the Israeli government is notorious for its extremely brutal policy towards its immigrants (labelled as “infiltrators”), particularly those from Africa and the Philippines. They are forbidden from sending money to their countries, they are arrested and confined in camps, before being summarily deported. Racist riots against the Blacks recently took place on the streets of Tel Aviv, where a member of parliament described African immigration as “a cancer in Israeli society”. Your presence in Israel will no doubt distract from these deplorable incidents, but is this really what you want?

Dear artists, colonisation and its trail of injustice, suffering and crimes are no strangers to you, they are also part of the history of Mali. Make no mistake: whether you like it or not, your concerts will be interpreted as support for the Israeli colonial regime, and not as mere cultural events.

We hope to be able to count you among the artists of conscience who have joined the boycott. We are of course ready to provide you with any further information on this issue.

Linda, for the BDS French Campaign

Campagne BDS France

21 ter rue Voltaire

75011 Paris

campagnebdsfrance@yahoo.fr

www.bdsfrance.org

If you are neutral in situations of injustice, you have chosen the side of the oppressor.
Desmond Tutu

On the same subject:
Entre Mandela et Netanyahou, Salif Keita fera-t-il le grand écart ? / Will Salif Keita do the splits between Mandela and Netanyahu?
http://tinyurl.com/lq27583
L’Israfrique passe aussi par la musique:
http://tinyurl.com/m5vgscm




Droit de réponse de la Campagne BDS France au Huffington Post

Voici ci-dessous le droit de réponse de la Campagne BDS France publié par le Huffington Post suite à un article mensonger de Brigitte Sitbon au sujet du boycott culturel et de Julien Clerc.
http://www.huffingtonpost.fr/brigitte-sitbon/le-boycott-culturel-_b_3519833.html?utm_hp_ref=franceMadame Brigitte Sitbon,

Votre article « Julien Clerc, Israël et les pressions du BDS » publié dans le Huffington Post du 5 juillet comportant des propos diffamatoires à notre égard et des informations erronées, nous tenons à rétablir la vérité.

Dans votre introduction, enveloppée de considérations soi-disant philosophiques , vous posez deux questions : la validité de l’équation « Israël = Afrique du Sud » et « Peut-on utiliser la culture comme arme de guerre ? ».Votre article est ensuite un mélange de propos sur les prétendues pressions de la Campagne BDS contre les artistes et le caractère soit-disant «ringard» du boycott culturel.

Vous avouez vers la fin de l’article, mais sans l’expliquer, que « les mobiles bédésiens [comprendre « de BDS »] peuvent certes être légitimement discutés », pour souligner ensuite que les méthodes employées relèveraient de « la ségrégation, la discrimination, la haine de l’autre, etc ». Et enfin vous concluez sur le rêve d’un festival façon Woodstock dans lequel artistes ou intellectuels israéliens et palestiniens se produiraient ensemble et sur une image idyllique de Tel-Aviv, « first capitale gay et festive du monde ».

Reprenons ces points.

L’équation « Israël = Afrique du Sud ? »

Vous ne manquez pas de qualifier Israël de « démocratie », sans doute selon cet adage courant comme quoi un pays où les gens votent librement bénéficie automatiquement du label démocratique. Pourtant, l’opinion publique internationale est de plus en plus consciente que le peuple palestinien subit partout, que ce soit dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza, ou en Israël, une vie quotidienne faite soit d’exclusion, de colonisation, d’apartheid, d’épuration ethnique, de déni des droits nationaux, d’humiliation, de répression, voire de blocus (ces termes relevant de réalités concrètes juridiquement étayées). Quelques exemples : Les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza ne peuvent pas se déplacer librement, ils ne pourront pas aller écouter Julien Clerc. Ceux de Cisjordanie vivent une situation d’apartheid qui leur impose un contrôle et une répression militaire permanents. Ceux d’Israël sont des citoyens de seconde zone : ainsi la récente loi Prawer, votée en première lecture à la Knesset, vise à expulser au moins 40 000 Bédouins du Néguev de leurs villages. Ainsi, la comparaison avec la situation sud-africaine de l’apartheid n’est pas exagérée, vous citez vous-mêmes le soutien en ce sens de Desmond Tutu, et le Tribunal Russel pour la Palestine l’a largement étayé juridiquement.

Tous les citoyens attachés aux droits humains, donc y compris les artistes, sont interpellés par cette situation. Celui que vous appelez « Juju » l’a lui-même chanté « A quoi sert une chanson si elle est désarmée ? ».
Peut-on utiliser la culture comme arme de guerre ?
C’est assurément ce que fait Israël, qui pour se donner une image de pays ouvert à toutes les cultures, se sert des artistes pour se blanchir de ses crimes. Des politiciens israéliens avouent eux-mêmes que cette manipulation de la culture permet de rehausser l’image de leur pays.

L’État d’Israël tient à sponsoriser de nombreux festivals dans d’autres pays, ainsi le festival « Jazz et Klezmer » en France. La « guerre » dont vous parlez est donc bien déclenchée par le régime israélien. Le boycott culturel ne fait qu’en parer les assauts en s’adressant aux artistes invités en Israël et en les invitant à refuser de servir de caution à une politique d’apartheid.

Contrairement à vos allégations mensongères, cela se fait sans aucun harcèlement, aucune menace ni injonction aucune interpellation de nature « féroce ». Julien Clerc l’avoue lui-même, nous qualifiant de « gentils ».

Nos interventions sont non-violentes, citoyennes, elles relèvent du débat démocratique.

Vous ne pouvez pas en dire autant des interventions d’Israël dans le domaine culturel quand elles concernent les Palestiniens. Année après année, le Jérusalem Festival palestinien, une manifestation parfaitement pacifique, est réprimé par des interdictions et des descentes de police, les dernières en date ont été rapportées ces jours derniers.

Concernant les nombreux artistes qui ont refusé d’aller se produire en Israël (vous auriez pu ajouter Roger Waters des Pinks Floyd, Elvis Costello, Annie Lennox, Nigel Kennedy, Santana, le dramaturge Peter Brook – et bien d’autres), faute d’arguments sérieux reconnaissant leurs motivations, vous déclarez qu’ils ont été victimes de nos « fourches caudines ».

Auriez-vous combattu les artistes qui ont refusé de se produire en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid ? Leur auriez-vous dit, comme vous l’écrivez, qu’ils n’ont pas lieu d’être « les acteurs d’un combat qui ne les concerne pas directement » ?

Vous vous efforcez d’essayer de déceler des incohérences dans nos positions (telles vos observations sur le film « Cinq caméras brisées ») et vous nous accusez d’utiliser des « moyens » relevant de la ségrégation, la discrimination, la haine de l’autre en jouant sur la confusion des mots.

En effet, nous soutenons explicitement les artistes israéliens et palestiniens qui diffusent un message anti-colonialiste : des cinéastes tels que le cinéaste israélien Eyal Sivan et les artistes palestiniens qui échappent courageusement au rouleau compresseur de la politique israélienne. Pour autant, la ligne du boycott culturel est extrêmement claire sur le fait que nous n’appelons pas au boycott des individus ni des films israéliens en tant que tels. Vous rappelez d’ailleurs vous-même cette position en citant Mona Baker, alors pourquoi nous accuser de créer des amalgames alors que nous précisons exactement la limite de notre action politique ?

Si un festival façon Woodstock (bizarre, vous ne qualifiez pas Woodstock de «ringard») devait se produire à Tel Aviv il devrait décemment commémorer l’expulsion massive qu’ont subie les Palestiniens du quartier de Jaffa lors de la création d’Israël, il devrait appeler au droit au retour des réfugiés palestiniens, à la fin de l’apartheid israélien, et déclarer Tel Aviv ville ouverte à tous les Palestiniens.

Mais il ne s’agit là que d’un vœu. Pour le réaliser nous continuerons, soyez-en assurée, à développer la campagne BDS et à encourager les artistes à ne pas accepter les invitations des chantres de l’apartheid israélien.

http://www.huffingtonpost.fr/imen-habib/reponse-au-billet-de-brig_b_3588651.html
Imen Habib
Animatrice de la Campagne BDS France




Compte rendu de la conférence BDS palestinienne du 8 juin à Bethléem

Ramallah, 8 juin 2013

Le 8 juin 2013, le Comité national palestinien BDS (BNC) [1] a organisé sa « quatrième conférence nationale BDS » à l’université de Bethléem, sous le slogan : « Boycotter Israël et s’opposer à la normalisation contribuent à la libération, au retour des réfugiés et à l’autodétermination ». Avec 700 participants, principalement des représentants des entités membres du Comité national, dont les partis politiques, les syndicats, les associations de femmes, les syndicats professionnels, les groupes de jeunes et étudiants, et d’autres organisations de la société civile, la conférence a été saluée par plusieurs commentateurs comme un « tournant » pour le travail local du mouvement BDS. Une partie substantielle du mérite en revient aux efforts désintéressés de dizaines de volontaires – surtout des jeunes -, capables et dévoués, qui ont travaillé de longues semaines pour organiser tous les aspects de la conférence.

Des membres du Conseil législatif palestinien et du Comité exécutif de l’OLP ont aussi pris part à la conférence, soulignant la reconnaissance officielle de l’influence et de l’impact croissants du mouvement BDS.

Cette conférence nationale BDS a fourni une tribune éminente pour échanger les idées parmi les militants palestiniens, jeunes et étudiants, syndicalistes, militantes femmes, décideurs, intellectuels, universitaires, représentants du secteur privé et principaux réseaux d’ONG.

La conférence visait à promouvoir et à permettre le développement efficace, dans la société palestinienne, de campagne BDS sectorielles avec des stratégies claires et des équipes de direction. En décrivant comment Israël cherche de plus en plus des « feuilles de vigne » palestiniennes ou plus largement arabes pour dissimuler la montée de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid, un des principaux thèmes traités a été celui de la normalisation économique, universitaire, culturelle, de jeunesse et dans le secteur des TIC, avec Israël – et les moyens de l’affronter.

Après l’hymne national, Mme Haitham Arar, représentante de l’Union générale des femmes palestiniennes au BNC, a introduit les orateurs invités de la cession d’ouverture intitulée « Le boycott d’Israël, une résistance enracinée, contemporaine et universelle ». Frère Peter Bray, président de l’université de Bethléem, à commencé par un discours d’accueil soulignant l’importance du mouvement BDS comme trame efficace d’éducation et d’action non-violente élèvant la conscience publique et donnant des moyens à différents secteurs de la société pour participer à la lutte pour la liberté et les droits humains. Mme Fadwa Barghouthi a lu un message de soutien de Marwan Barghouthi, un haut dirigeant du Fatah membre du Conseil législatif palestinien, incarcéré illégalement par Israël. Mme Abla Saadat a ensuite délivré un message de soutien d’Ahmad Saadat, le Secrétaire général emprisonné du Front populaire de libération de la Palestine. Les deux messages confirmaient la ferme approbation du BDS – en tant que stratégie principale de résistance et de solidarité mondiale avec les droits des Palestiniens – par les leaders de la lutte nationale palestinienne.

Le Dr. Moustafa Barghouthi, Secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne a fait un discours de la part des Forces nationales et islamiques en Palestine, un des principaux piliers du BNC, dans lequel il a renouvelé la ferme conviction des partis politiques palestiniens de la futilité de négociations, vus l’actuel déséquilibre de pouvoir et l’hégémonie des USA. Le Dr. Barghouthi a souligné que l’unité nationale, une résistance populaire montante, une solidarité internationale effective, particulièrement sous la forme du BDS, sont les composantes nécessaires d’une stratégie palestinienne pour mettre fin à l’occupation et à l’apartheid israéliens et pour parvenir à l’autodétermination, au retour des réfugiés et à l’établissement d’un État palestinien souverain et indépendant avec Jérusalem comme capitale. Il a chaudement salué le BNC et le mouvement BDS, localement et internationalement, pour ses succès spectaculaires récents et a appelé à l’escalade d’un boycott général d’Israël pour l’isoler, comme le fut l’Afrique du Sud de l’apartheid.

L’archevêque sud-africain Desmond Tutu, un des plus éminents supporters du BDS contre Israël, s’est adressé à la conférence via une vidéo enregistrée, disant qu’il était « certain » que le peuple palestinien parviendrait un jour à sa liberté, où il pourra marcher debout avec dignité dans une Palestine libre – suscitant un tonnerre d’applaudissements. Ce fut suivi par un autre message de solidarité enregistré de Roger Waters, célébrité mondiale fondateur des Pink Floyd, dans lequel il saluait la conférence et réaffirmait son ferme soutien aux BDS jusqu’à ce que les Palestiniens jouissent de la liberté, de la justice et de droits égaux.

La session inaugurale fut conclue par le principal discours du BNC, présenté par vidéoconférence par le Dr. Haidar Eid, professeur associé à l’université Al-Aqsa dans la bande de Gaza assiégée et membre du Comité directeur de la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI). Le Dr Eid expliqua la philosophie et les stratégies du BDS, son inspiration sud-africaine et certains de ses principaux succès. Il donna aussi un aperçu des multiples défis, internes et externes, confrontés par le mouvement, en soulignant certaines des preuves les plus importantes de l’impact du mouvement sur le système de occupation, colonisation et apartheid d’Israël.

Sous le titre « Initiatives BDS : locales, arabes et internationales », la première session débuta, présidée par Mme Rif’a Abu-Reesh, représentante de la Coalition mondiale palestinienne du droit au retour, la plus vaste alliance de groupes palestiniens, dans et hors de Palestine, militant pour le droit du retour des réfugiés palestiniens. Elle inclut un certain nombre de rapports sur des expériences réelles de boycott et sur les importantes leçons apprises. L’archevêque Attallah Hanna parla de l’expérience du groupe «Kairos Palestine » et de son rôle pour répandre le BDS mondialement parmi les Eglises. Le Dr. Samah Idriss, un éditeur et auteur libanais bien connu, parla de Beyrouth par vidéoconférence sur l’expérience pionnière libanaise du boycott des entreprises complices de l’occupation et des violations du droit international par Israël. Le Dr. Tayseer Maray présenta les formes particulières de boycott adoptées dans les Hauts du Golan syrien occupé, malgré le siège et l’isolement imposés par Israël. Le Dr. Mohsen Abu Ramadan, représentant du réseau des ONG palestiniennes (PNGO) au BNC, parla depuis Gaza des expériences de boycott là bas et de leurs principaux succès.

Yafa Jarrar, un militant de Toronto, Canada, présenta un rapport sur la « Semaine de l’apartheid israélien », la principale activité BDS annuelle sur les campus. La militante et avocate Nisreen Al-Haj Ahmad présenta les principaux éléments de la campagne BDS arabe contre G4S et sa stratégie. Le Dr. Samia Botmeh, directrice du Birzeit University Center for Development Studies et membre du comité directeur du PACBI, souligna certaines des principales réussites du boycott académique et culturel d’Israël. Imad Temiza, le jeune président déterminé du syndicat des services postaux palestiniens, présenta la stratégie de son syndicat dans la promotion d’un boycott des services postaux israéliens. Le militant Mazen Al-Azzeh, un leader de l’Initiative nationale palestinienne à Bethléem, parla des caractéristiques et des succès principaux de la campagne locale « Bader » pour le boycott des produits israéliens. Un jeune animateur de Salfit, Diaa’ Shtayyah, présenta une campagne pour déclarer Salfit « libre de produits israéliens ». Amjad al-Kassis, un expert en droit international du centre Badil de Bethléem, traita du nettoyage ethnique systématique des communautés palestiniennes par Israël et de l’importance des sanctions pour s’y opposer. Finalement, Raja Zaatry, présidente de la branche de Haïfa du parti communiste israélien, représenta le nouveau groupe formé, BDS48, expliquant les principales perspectives et difficultés rencontrées par le groupe pour répandre BDS parmi les citoyens palestiniens d’Israël.

La deuxième session, intitulée « Les formes de la normalisation et comment les combattre », a été présidée par M. Rasem Obeidat de la Civic and National Commission de Jérusalem occupé. Le Dr. Islah Jad, directrice du Centre des études féminines à l’université Birzeit et membre du Comité directeur du PACBI, présenta les principes et les lignes directrices du document définissant la normalisation, adopté par les représentants de la majorité absolue de la société civile à la première conférence nationale du BDS en 2007. Puis Mme Rania Elias, directrice du centre culturel Yabous de Jérusalem et membre du comité directeur du PACBI, donna un aperçu des projets de normalisation culturelle et de quelques succès des militants BDS pour contrecarrer de tels projets, particulièrement à Jérusalem. Le Dr. Yousef Abd Al-Haq, un grand économiste, traita de la normalisation économique qui d’après lui est la forme la plus dangereuse. Le Dr. Abdul-Rahim Al-Shaikh présenta un argument décisif contre la normalisation académique, en donnant des exemples de sa manière de miner la lutte pour l’autodétermination. La dernière présentation de cette cession fut par le jeune militant Zaid Shuaibi, responsable réseau et liaisons au BNC, sur la normalisation de la jeunesse et des étudiants et son rôle dans la captation des esprits et la mise à l’écart de la lutte pour les droits des Palestiniens.

À la fin de la session, surprenant l’audience, un écran apparut avec une photo du célèbre chanteur libanais Marcel Khalifeh, qui s’adressait depuis Beyrouth à la conférence, en soulignant l’importance de « dire NON » et de se dresser contre la tyrannie. Il salua le mouvement de boycott, en se focalisant sur le rôle du boycott culturel dans la lutte palestinienne et arabe pour la liberté et l’émancipation. La réponse de l’audience fut un applaudissement puissant et prolongé.

Sous le titre « Face au public : les dirigeants palestiniens et les représentants de la société civile répondent aux questions sur le boycott Israël et l’opposition à la normalisation », la troisième session de la conférence, de loin la plus agitée, fut présidée par Nasfat Khuffash, représentant de l’Institut national des ONG au secrétariat du BNC. Il introduisit les orateurs : Le Dr. Taisir Khaled, membre du Comité exécutif de l’OLP, le Dr. Jawad Naji, Ministre palestinien de l’économie nationale et Omar Barghouti, représentant le BNC. Cette cession a fourni un forum exceptionnel sur la responsabilité démocratique et le questionnement des dirigeants. Un grand nombre de questions critiques et d’interventions furent soulevées, dont certaines étaient percutantes, voire coléreuses, reflétant le mécontentement public palestinien général à propos des réalisations de l’AP et de l’OLP concernant la résistance à l’occupation et la lutte pour les droits des Palestiniens.

Malgré une altercation verbale entre le ministre de l’AP et un membre de l’audience, qui créa un chaos temporaire dans la grande salle et causa finalement le départ du ministre, cette expérience de démocratie populaire souligne par elle-même l’importance de la liberté d’expression, du respect des différences d’opinion et du besoin que les dirigeants rendent compte sur tout ce qui concerne les préoccupations des citoyens, particulièrement sur les droits nationaux et les moyens de les défendre.

Après la troisième session, Alaa Muhanna, un jeune écrivain palestinien druze de Galilée objecteur de conscience, fit part de son expérience du refus du service militaire obligatoire dans l’armée d’occupation, analysant la tendance croissante au rejet du service militaire par les Palestiniens druzes comme une forme de boycott et d’expression de l’unité du peuple palestinien partout.

À la fin de la conférence, les centaines de participants se séparèrent en ateliers sectoriels concomitants qui firent la synthèse de beaucoup d’assemblées préparatoires tenues pendant les quelques mois précédant la quatrième conférence nationale BDS. Des plans d’action sectorielle d’un an furent établis et les groupes de suivi furent formés dans les neufs ateliers parallèles. Il est utile de mentionner que l’Union générale des femmes palestiniennes fut LE membre le plus actif dans l’organisation des assemblées préparatoires avant la conférence : elle tint 7 assemblées dans les différents gouvernorats de Cisjordanie occupée et à Gaza.

De loin, la quatrième conférence nationale BDS fut l’événement BDS le plus réussi jamais tenu en Palestine. Même s’il reste beaucoup à faire, le BNC à l’espoir que la conférence contribuera significativement à la montée du militantisme de base BDS partout parmi les Palestiniens et pour poser les bases du décollage attendu depuis longtemps de la campagne BDS dans le monde arabe.

[1] le BNC est la plus vaste coalition palestinienne, incluant des représentants des principaux partis politiques, des réseaux de réfugiés, des organisations de masse (femmes, étudiants, agriculteurs, enseignants, écrivains, etc.), des syndicats, des réseaux d’ONG et des associations professionnelles. C’est la référence palestinienne pour le mouvement BDS mondial.

Traduction: JPB – CCIPPP




Couverture de la Quatrième Conférence nationale BDS par The Electronic Intifada

Tutu a dit à propos des Israéliens : « Ils peuvent bien pavaner comme s’ils étaient invincibles, mais ils sont du mauvais côté… un jour, les Palestiniens pourront marcher la tête haute, citoyens libres d’une Palestine libre. »

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La Quatrième Conférence nationale BDS. (Asa Winstanley – The Electronic Intifada)

Les articles sur la Quatrième Conférence nationale du Boycott, Désinvestissements et Sanctions qui s’est tenue samedi à Bethléhem tendent à se focaliser sur la honte du ministre de l’Autorité palestinienne (AP), Jawad Naji, (y compris le premier que j’ai écrit). Mais la conférence elle-même est allée bien au-delà.

La principale raison pour laquelle l’assistance a été si en colère contre Naji est que tout au long de la journée, l’accent a été mis sur les initiatives locales de boycott. Des initiatives que l’AP sape par tous ses multiples contacts avec les dirigeants et institutions israéliens.

En dépit du départ du ministre en signe de protestation et de l’attaque sanglante de ce voyou contre Nizar Banat (l’homme qui a soi-disant « insulté » le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas), la conférence s’est révélée être un évènement plein de vie et passionnant.

En attendant, le Centre palestinien pour les droits humains a réclamé aujourd’hui une enquête sur l’attaque contre Banat.

Une normalisation critiquée avec force

Plusieurs intervenants à la tribune ont dénoncé les tentatives d’Israël et de ses collaborateurs pour normaliser l’occupation. Beaucoup de ceux qui ont pris la parole depuis la salle ont demandé que l’AP crée une loi qui punisse la normalisation. Plusieurs ont dit que l’AP minait les efforts pour le boycott à travers des initiatives conjointes. L’économiste de l’université An-Najah, Yousef Abdul Haqs, a déclaré à propos de telles initiatives : « Nous avons ouvert une brèche contre le mouvement de boycott ».

Samia Botmeh, de la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, a évoqué le travail fait dans les écoles pour combattre les initiatives de normalisation, telle que OneVoice (Une Voix), qui prend pour cible l’esprit des enfants, a-t-elle dit. OneVoice est un groupe créé par l’homme d’affaires israélien, Daniel Lubetzki, qui sème ses graines pour conduire les « deux côtés » ensemble au dialogue.

Ziad Shuaibi, du Comité national BDS, a parlé de Seeds of Peace (Graines de la Paix), une autre initiative de normalisation qui envoie de jeunes Israéliens et Palestiniens, ensemble, dans des camps d’été à l’étranger. Il a décrit comment elle profite d’initiatives financières puissantes pour appâter les participants, comme des bourses éventuelles dans des universités étrangères et l’occasion de voyager. La normalisation est une forme d’ « ingénierie sociale » par Israël, a-t-il dit en concluant : « Nous ne leur permettrons pas d’occuper notre avenir ».

Le BDS en Cisjordanie

L’ « omniprésence » des produits israéliens dans les boutiques palestiniennes en Cisjordanie a été également un sujet important dans le débat entre les intervenants et les participants.

Depuis la tribune, Mazen al-Azzah a déclaré que les Palestiniens sont le premier marché pour les produits israéliens. Il a dit que ceci réduisait pour une grande part l’appétit du capital palestinien. Mais il a prévenu que vider la Palestine des produits israéliens ne suffirait pas pour faire pression sur Israël, et que les succès internationaux seraient toujours nécessaires. Toutefois, il a indiqué que les initiatives locales, telle l’initiative relativement récente de Bader, pour boycotter les produits israéliens pouvaient constituer un modèle pour la communauté internationale.

Khaled Zahd, militant local de Salfit, a abordé la situation incroyablement difficile là-bas, où les colons israéliens sont maintenant plus nombreux que les Palestiniens dans la région. Il a décrit la situation comme une crise à laquelle l’AP devait accorder davantage d’attention. Une « Convention Olive » locale a quand même été créée, qui appelle les magasins à boycotter tous les produits israéliens, des certificats sont délivrés à ceux qui acceptent.

Un événement de toute la Palestine

La conférence a été organisée par le Comité national BDS, qui a indiqué qu’environ 700 personnes ont participé. Il y a eu près de 30 intervenants, et la journée s’est terminée avec plusieurs ateliers simultanés.

Le co-fondateur du mouvement BDS, Omar Barghouti, m’a dit que la journée était « de loin la conférence BDS la plus réussie en Palestine… pour la première fois, nous y avons eu un échantillon énorme de partout dans la société palestinienne. A cet égard, cela a été sans précédent. »

« Ce slogan de la conférence a étendu BDS au niveau local : en tant que campagnes » a-t-il expliqué. « Émotionnellement, symboliquement, nous avons un soutien complet… mais à traduire en projets concrets, en programmes réels, en campagnes BDS dans chaque secteur… c’est la première fois que nous le faisons. Ainsi les ateliers, au lieu de recommandations normales… chaque secteur est censé développer un plan d’action jusqu’à l’an prochain… Israël s’inquiète beaucoup de voir BDS s’étendre autant et avec plus d’efficacité que par le passé dans les territoires occupés. »

Des personnes de toute la Palestine sont arrivées par autocars à Bethléhem pour cette journée. Des départs ont été organisés à Ramallah, Hébron, Haifa, Jénine, Salfit, Tulkarem, Jérusalem, Qalqilya, Lydda, Jaffa et Naplouse. Des Palestiniens en exil sont venus de l’étranger, et plusieurs militants israéliens du groupe Boycott de l’intérieur, ont également été présents.

Plusieurs des intervenants ont utilisé Skype pour communiquer leur intervention, notamment Haidar Eid, du Comité national BDS qui a parlé de Gaza, critiquant la normalisation comme une tentative délibérée de saper BDS. Des militants des campagnes BDS de Jordanie et du Liban, ont utilisé la vidéoconférence pour intervenir de la même façon.

Des noms célèbres

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Des vidéos de soutien à la conférence, adressées par le vétéran des figures anti-apartheid Desmond Tutu, la légende du rock Roger Waters, et le musicien libanais de renom Marcel Khalife, ont été projetées. Tutu a dit à propos des Israéliens : « Ils peuvent bien pavaner comme s’ils étaient invincibles, mais ils sont du mauvais côté… un jour, les Palestiniens pourront marcher la tête haute, citoyens libres d’une Palestine libre. »

La conférence a été ouverte par le Frère Peter Bray, Président de l’université, qui a exprimé son soutien à BDS. Electronic Intifada a compris que c’était la toute première fois qu’il le faisait publiquement.

Puis, ont suivi des messages de solidarité du leader emprisonné du Fatah Marwan Barghouti, « l’ingénieur de l’intifada« , et de Ahmad Saadat, le leader emprisonné du Front Populaire de Libération de la Palestine. Leurs collaborateurs respectifs, Fadwa et Abla, ont lu leurs déclarations.

Marwan Barghouti a appelé à un « boycott compréhensif d’Israël » et a dit qu’il était grand temps pour les Palestiniens de compter sur eux-mêmes plutôt que sur les négociations américaines. Ahmad Saadat a dit que BDS est semblable à d’autres mouvements anti-globalistes, et a appuyé sur la nécessité de BDS alors que l’entité sioniste (faisant référence à Israël) dépend du soutien international des forces impérialistes.

Sous les applaudissements, l’ex-candidat à la présidence, Mustafa Barghouti, a salué la récente décision du célèbre universitaire anglais Stephen Hawking de rejoindre le boycott académique. Barghouti a critiqué certains universitaires palestiniens (bien que ne les nommant pas) pour avoir assisté à l’évènement dont Hawking s’était retiré.

Il y a eu une session pendant laquelle des orateurs ont donné des exemples de succès de campagnes BDS à travers le monde. L’Archevêque de l’Eglise orthodoxe, Atallah Hanna, a parlé du document « Kairos Palestine » appuyant BDS, et des réactions qu’il a déclenchées chez ceux qui, dans le monde, soutiennent Israël. Le document affirme que la Chrétienté est orientale, moyen orientale et palestinienne, a-t-il indiqué. Kairos appartient maintenant au curriculum religieux de nombreuses écoles, a-t-il ajouté. Hanna a parlé du besoin de s’opposer à la normalisation sous toutes ses formes.

« Vous blâmez l’OLP »

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La session controversée qui a ultimement abouti à ce que Jawad Naji, Ministre de l’Autorité Palestinienne, en soit chassé, avait comme titre : « Face au public« , et était centrée sur des questions venant de l’auditoire. Les deux autres orateurs présents étaient Taisir Khaled, représentant l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP), et Omar Barghouti, du Comité National BDS.

Khaled a eu un discours plus enjôleur que Naji, parlant comme un véritable slogan pro-Abbas. Khaled a répondu aux critiques qui avaient déjà surgi dans la discussion, lors de la session précédente : « Vous blâmez beaucoup l’OLP » et « n’êtes pas satisfaits de l’OLP, » a-t-il dit, mais « l’OLP existe toujours. » Il a aussi contesté l’affirmation selon laquelle les négociations étaient la seule option laissée à l’OLP.

Après que le Ministre ait quitté la salle, Khaled a déclaré qu’il était contre le Protocole de Paris (un traité économique unilatéral avec Israël qui a suivi Oslo) et contre la coordination sécuritaire avec Israël, tout en indiquant que ce n’était pas nouveau, et a affirmé que de nombreuses personnes parmi l’exécutif de l’OLP sont contre la coordination sécuritaire.
Mais il a dit ne pas être en faveur d’un « langage abusif » envers le Ministre, ce qui n’est « pas acceptable » selon lui. Pour autant, Khaled n’a rien dit du Ministre abusant les participants de la conférence…

Omar Barghouti a souligné combien il est important que les personnes prennent eux-mêmes l’initiative. Le Comité national BDS n’est pas une organisation non gouvernementale bien subventionnée, a-t-il dit, et la conférence a été montée sans financement cette année. Prenez l’initiative et résistez, n’attendez de permission de personne, a-t-il ajouté.

Naji a affirmé que le secteur privé est «  le moteur du développement et de la croissance ». Il a souligné la campagne lancée en 2010 par l’OLP, appelée « Dignité » appelant au boycott des produits des colonies (malgré le fait qu’elle soit aujourd’hui défunte) et s’est attribué le mérite des mouvements actuels en faveur de l’étiquetage des produits en provenance des colonies, dans l’Union Européenne.

Le moment où Naji a commencé à vraiment exaspérer la foule a été lorsque, après plusieurs allocutions critiques venant du parterre, il a répondu en se plaignant d’avoir été obligé d’attendre une heure pour parler, par rapport à l’horaire qui était prévu pour lui. (Les organisateurs m’ont dit que c’était dû à l’ajout, à la dernière minute, de plusieurs orateurs non prévus au programme, dont les messages de Marwan Barghouti et de Ahmad Saadat. Personne d’autres, hormis Naji, ne s’en est plaint, bien que tous fussent affectés de la même façon). Il a également dit : « il s’agit du gouvernement du peuple palestinien » (semblant sous entendre, que cela vous plaise ou non. »

A partir de là, tout est allé de mal en pis pour lui. Il a affirmé n’avoir jamais entendu parler ne serait-ce que d’un seul projet officiel commun israélo-palestinien, malgré le fait qu’il y en ait eu plusieurs nommément évoqués au long de la journée. Les réponses en provenance de l’auditoire ne se sont pas fait attendre : Rawabi, Pal Trade a des projets avec le Centre Peres.

Naji a répondu en appelant la femme qui avait mis cela en avant « une fille » et a dit qu’elle mélangeait les choses, entre le secteur privé et la société civile.

Finalement, Nizar Banat a parlé de Mahmoud Abbas travaillant en coordination avec Israël, ce à quoi Naji a répondu avec des insultes ; ce qui a conduit à ce que Naji soit précipitamment sorti de la conférence.

Conclusion heureuse

Malgré un bref moment de chaos, la conférence a repris à la suite de la sortie du Ministre. La conclusion, avant de se séparer en ateliers de travail, a consisté en une présentation faite par Alaa Muhanna, un membre palestinien de la minorité religieuse druze qui a refusé de servir dans l’armée israélienne. Il est peut-être celui qui a reçu les plus vifs applaudissements de la journée, et le Président l’a accueilli avec d’un « Bienvenue à la maison ».

Muhanna a commencé par dénoncer le Ministre, pour avoir insulté Banat, puis a enchaîné avec le texte qu’il avait préparé. Ce fut une déclaration passionnée et emphatique revendiquant l’identité arabe palestinienne de la communauté druze. Il a affirmé que la majorité des Druzes pensent comme lui et que ceux qui servent dans l’armée israélienne sont des victimes du lavage de cerveau sioniste : « partout, nous refusons le service militaire, nos rangs grossissent partout ».

Le commentaire qui pourrait le mieux résumer cette journée est venu de l’auditoire dont un des membres a dit de la conférence qu’elle était « un excellent indicateur de l’unité de notre peuple ».

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Asa Winstanley couvre actuellement la Palestine. Prévue par les organisateurs de la conférence, une traduction simultanée de l’arabe était assurée.

10 juin 2013 – The Electronic Intifada – traduction commune de CR et JPP




La réponse de BDS France au Nouvel Observateur et à Julien Clerc

j clercSuite à des erreurs et approximations dans l’article du Nouvel Observateur titré « Julien Clerc chantera en Israël malgré les pressions » et publié en date du 3 juin dernier, la Campagne BDS France tient à préciser plusieurs choses.

D’une part, il ne s’agit pas d’une « association créée par la société civile palestinienne au début des années 2000 », mais bien d’une campagne initiée en 2005 par une coalition de 173 associations de la société civile palestinienne et qui s’est développée depuis lors à l’échelle internationale. Cette campagne « Boycott, Désinvestissement, Sanctions » contre le régime d’apartheid israélien s’inspire de la campagne victorieuse contre l’apartheid en Afrique du Sud.

En effet, en juillet 2005, soit un an exactement après l’avis de la Cour Internationale de Justice demandant le démantèlement du mur de l’apartheid construit par la puissance occupante israélienne, 173 organisations, forces syndicales et associations palestiniennes ont lancé l’appel au BDS, dont voici un extrait :

« Nous, représentants de la Société Civile Palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international ».

Loin de « menaces » que jamais aucun membre de la Campagne BDS n’a exercé à l’encontre d’artistes, notre démarche vise à informer et sensibiliser les artistes et intellectuels qui sont invités à participer à la vie culturelle israélienne, les incitant à la réflexion sur le sens de cette participation qui est aujourd’hui un acte politique.

Il aurait été ensuite juste au niveau factuel de préciser que Vanessa Paradis est très loin d’être la seule artiste à avoir annulé son concert à Tel Aviv.

De nombreuses artistes de premier plan ont refusé de jouer en Israël, dont Elvis Costello, Carlos Santana, Eric Clapton, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Devendra Banhart, Annie Lennox, Natacha Atlas, Brian Eno, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra…

Dernièrement, c’est le célèbre physicien Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence en Israël.

Cette liste de personnalités soutenant la campagne BDS est très loin d’être exhaustive, nombreux étant ceux qui ont choisi d’être du côté de la justice et du droit (cf. liste sur ce site).

 

La réponse de la Campagne BDS France aux explications de Julien Clerc :

Cher Julien Clerc,

Vous dites que vous irez chanter en Israël car le HCR à qui vous avez demandé conseil a indiqué « qu’il n’y avait pas d’obstacle institutionnel à aller chanter à Tel-Aviv ».

S’il n’y a pas « d’obstacle institutionnel », vous, le chanteur engagé, ne pouvez ignorer ce que signifiera votre concert à Tel Aviv en termes de caution donnée à la politique israélienne et de déni de la réalité de l’occupation, de la colonisation et du système de discriminations mis en place par cet État.

Israël se sert – et le revendique – des artistes étrangers pour tenter de blanchir ses crimes de guerre contre la population palestinienne sous sa domination.

Cher Julien Clerc, vous ne souhaitez probablement pas ségréguer votre audience et vos fans, mais Israël le fait. Nous ne pouvons imaginer que vous puissiez accepter cette situation… « A quoi sert une chanson si elle est désarmée ?

Vous dites aussi : « Pourquoi demander à un chanteur français de prendre parti dans un conflit que les chefs d’État des plus grandes nations n’ont pas réussi à régler ? »

Cher Julien Clerc, n’est-ce pourtant pas l’insuffisance de ces mêmes chefs d’État que votre rôle d’ambassadeur de bonne volonté au HCR vient suppléer ?

Les chefs d’État ne font pas tout et c’est précisément parce que dans ce conflit en particulier, la communauté internationale ne joue pas son rôle que la campagne citoyenne BDS a été initiée. Elle repose sur l’idée que chaque citoyen du monde peut, et doit agir, pour la justice et la paix sans attendre son chef d’État. C’est cette idée et la désillusion face à leurs dirigeants qui conduit aujourd’hui en Israël même, les anti-colonialistes à appeler à boycotter leur propre Etat et à vous écrire pour vous demander de ne pas venir jouer en Israël :

« Tel Aviv est la nouvelle Sun City, et nous demandons à des artistes comme vous de ne pas jouer dans cette ville. Comme l’Afrique du Sud de l’apartheid, le gouvernement israélien essaie d’exploiter les représentations et concerts internationaux en Israël, comme le vôtre, pour faire passer le pays pour un ‘lieu cool, amical et démocratique’. Au vu de ce qui précède, nous voudrions vous demander de ne pas vous produire en Israël pour l’instant.

Nous avons tous un rôle à jouer et surtout vous, qui en tant qu’ambassadeur au HCR ne pouvez ainsi dire : « De ma fenêtre, je ne peux que prêcher la tolérance mutuelle et souhaiter qu’israéliens et Palestiniens arrivent un jour à vivre ensemble. »

Desmond Tutu, prix nobel de la Paix, fervent soutien de la Campagne citoyenne BDS déclarait : « Rester neutre face à l’injustice, c’est avoir choisi son camp. »

Resterez vous neutre face à l’injustice cher Julien Clerc ?
Nous espérons sincèrement que non, et nous vous réitérons notre demande de rencontre.
Article du Nouvel Obs :http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20130603.OBS1728/info-obs-julien-clerc-chantera-en-israel-malgre-les-pressions.html

Voir tout le dossier sur Julien Clerc




4e conférence palestinienne du BDS le 8 juin à Bethlehem

Invitation du BNC à la 4e conférence nationale du BDS le 8 juin à l’Université de Bethlehem

Global BDS MovementThe Palestinian Boycott, Divestment, and Sanctions National Committee (BNC) cordially invites you to actively participate in its

Fourth National BDS Conference
Saturday, 8 June 2013
9:00 AM to 5:00 PM
Bethlehem University

See Attached Conference Program in English and Arabic

In light of the latest spectacular growth of the BDS movement around the world in the academic, cultural and economic domains, this conference aims to enhance and expand Palestinian civil society’s active implementation of BDS as an effective and popular strategy of resistance that is deeply rooted in the heritage of Palestinian popular resistance and that is also inspired by the South African anti-apartheid struggle and the US civil rights movement.

The conference will feature:

– Solidarity video messages from Archbishop Desmond Tutu, Roger Waters and Marcel Khalifeh

– Presentations by leading trade unionists, academics, women and youth activists, writers and other civil society representative.

– Workshops culminating months of community meetings to develop strategies for local sector-based BDS campaigns

The conference embodies the unified and determined Palestinian will to exercise our inalienable right to self determination through ending Israel’s occupation, apartheid and denial of our refugees’ right of return. This in turn requires intensifying BDS globally to isolate Israel in all fields and hold it accountable to its obligations under international law.

For more information: info@BDSmovement.net

Simultaneous Translation is Available

Program-Fourth-National-BDS-Conference (409.7 KiB)

 

Source BNC : http://www.bdsmovement.net/2013/fourth-national-bds-conference-bethlehem-university-june-8-11004




Lettre ouverte à Julien Clerc de la campagne BDS France

Pour relayer la campagne qui vise à faire annuler le concert de Julien Clerc à Tel Aviv en juillet, partagez, et diffusez largement la vidéo ci-dessus dans vos réseaux ! Et n’oubliez pas de l’interpeller à votre tour, par exemple sur la page facebook de cette campagne ou sur la sienne où vous pouvez laisser vos messages !

Lettre ouverte de la Campagne BDS France à Julien Clerc

Julien Clerc
VMA Voyez mon Agent
20 Avenue Rapp
75007 Paris
Paris, le 24 février 2013

Julien Clerc,

Un concert de vous est annoncé le 7 juillet prochain à l’Opéra National de Tel Aviv.

C’est vous, l’ambassadeur de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, que nous voudrions interpeller aujourd’hui. Vous ne pouvez ignorer les 4 millions de réfugiés palestiniens encore aujourd’hui (d’après l’UNRWA: agence des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens) alors que l’Assemblée générale des Nations unies a voté le droit au retour des réfugiés palestiniens dans sa résolution 194 du 11 décembre 1948… c’était il y a 64 ans.

Le rôle que vous assumez comme ambassadeur n’est-il pas aussi celui de porte parole pour les droits de ces millions de personnes déracinées par la force ?
Vous qui chantiez « Partir Partir, même loin de quelqu’un ou de quelqu’une même pas pour aller chercher fortune oh partir sans rien dire vivre en s’en allant», vous ne pouvez ignorer que vivre en s’en allant c’est le quotidien d’une trop grande part de la population palestinienne quand elle peut encore vivre, entre les incursions militaires régulières meurtrières sur Gaza assiégée, les nombreux check points qui rendent la circulation impossible en Cisjordanie, les privations quotidiennes d’eau, d’électricité, de nourriture, et l’arbitraire de la justice israélienne qui détient dans ses prisons plus de 4600 prisonniers politiques palestiniens dont 210 enfants.

Nous vous proposons aussi de lire le rapport remis le 31 janvier 2013 par une mission internationale de l’ONU chargée d’étudier l’impact des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés: « L’ampleur des violations commises par Israël s’agissant de la dépossession de terres, des évictions, des démolitions de logement et des expulsions de Palestiniens confirment le caractère généralisé de ces violations. La violence et l’intimidation à l’encontre des Palestiniens est motivée par le désir de chasser les populations locales de leurs terres, permettant ainsi l’expansion des colonies de peuplement ». (1)

Cher Julien Clerc, irez vous chanter en Israël sachant que le peuple palestinien ne pourra venir vous applaudir car il est relégué derrière un mur de séparation que la Cour Internationale de Justice a condamné par ces mots: « L’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international ».Pouvez-vous cautionner par votre présence et votre chant la politique d’oppression quotidienne exercée en toute impunité sur la population palestinienne?

Pouvez -vous, vous l’ambassadeur de bonne volonté faire comme si vous ne saviez pas?

Nous vous le demandons, dites non ! N’acceptez pas de « blanchir » par votre présence et votre chant ce que certains appellent la démocratie israélienne.
Démocratie qui ne concerne aujourd’hui qu’une partie de la population de ce pays, alors que l’autre palestinienne doit se contenter dans le meilleur des cas d’ une
citoyenneté de seconde zone et subit un régime de discriminations légales.

La campagne BDS (Boycott-Désinvestissements-Sanctions), nous tenons à vous le préciser, n’est pas une campagne contre les Israéliens, elle ne vise pas des
personnes, mais un régime politique et ses institutions. C’est une campagne internationale pacifiste qui vise, à la demande de la société civile palestinienne
soutenue par la frange la plus progressiste des citoyens israéliens , à briser l’impunité accordée à Israël quoiqu’il fasse, en boycottant le régime israélien et ses
institutions tant qu’il ne respectera pas le droit international.

La campagne BDS s’inspire de la campagne contre l’Apartheid en Afrique du Sud et à présent on compte de nombreuses personnalités artistiques qui ont choisi en leur âme et conscience de ne pas participer à cette politique d’Apartheid en la cautionnant par leur présence. Elles ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que son gouvernement ne respectera pas le droit international. Parmi elles: Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, Les Pixies ou Massive Attack, et aussi Peter Brook, Susan Sarrandon et de nombreux acteurs et comédiens du monde entier.

Julien Clerc, vous le chanteur engagé pour de nombreuses causes humanitaires ;des Enfoirés à Chanteurs sans frontières, de l’action mondiale contre la pauvreté au soutien aux réfugiés, ne fermez pas les yeux, n’ignorez pas les innombrables violations des droits humains exercées par un régime aujourd’hui d’extrême droite et qui ne cherche qu’à se renforcer du fait de la présence d’artistes tels que vous.

Nous vous proposons d’annuler ce concert pour servir la cause de la justice, et du respect du droit, en conformité avec vos engagements de toujours. Nous serions très honorés de pouvoir vous rencontrer pour discuter avec vous de tout ceci si vous le souhaitez, et nous restons à votre entière disposition pour vous fournir toute information utile. .

Linda, pour la campagne BDS France

« Rester neutre face à l’injustice, c’est avoir choisi son camp. »
Desmond TuTu

La Campagne BDS France

(1) http://www.un.org/french/newscentre/pdf/2013/31012013Fr.pdf
(1)http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=29734&Cr=Isra%EBl&Cr1=colonies#.USXcLvKLVfQ




Lettre de la Campagne BDS France à Tinariwen

Paris, le 19 Avril 2013
wavelabinc@gmail.com rab@sasa.demon.co.uk

Chers membres de Tinariwen,

Vous êtes en ce moment en tournée aux Etats-Unis puis vous viendrez en Mai en Europe et au Maroc. Bien que la date n’apparaisse pas sur votre site internet, vous êtes programmés au festival « PlugFest » dans le désert du Néguev, en Israël.

Faisant vous même partie d’un peuple opprimé, vous n’êtes pas sans connaître la situation dans laquelle vivent les Palestiniens, qu’ils soient de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, d’Israël ou même réfugiés.

Mais peut-être ne savez-vous pas que les Palestiniens ont appelé les artistes internationaux à ne pas jouer en Israël tant que cet Etat continue d’ignorer toutes les résolutions des Nations unies, de bafouer le droit international et de priver le peuple palestinien de ses droits humains les plus élémentaires.

Vous pouvez lire l’appel ici : http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=11&Itemid=13&lang=fr#CR

En voici un extrait :

« Puisque les institutions académiques israéliennes (essentiellement contrôlées par l’État) et la vaste majorité des intellectuels et universitaires Israéliens ont, soit contribué directement au maintien, à la défense ou à la justification des formes d’oppression susmentionnées, soit ont été complices par leur silence,

Etant donné que toutes les formes d’intervention internationales ont jusqu’à présent échoué à forcer Israël à se conformer au droit international ou à mettre fin à sa répression des Palestiniens, ce qui s’est manifesté de multiples façons, dont des sièges, des tueries indiscriminées, des destructions gratuites et le mur colonial raciste,

[…] Nous, universitaires et intellectuels palestiniens, appelons nos collègues dans la communauté internationale à boycotter complètement et en permanence toutes les institutions académiques et culturelles israéliennes pour contribuer à la lutte pour terminer l’occupation, la colonisation et le système d’apartheid israéliens, en appliquant ce qui suit :

Retenez-vous de participer à toute sorte de coopération, collaboration ou projet culturel conjoint, académique ou culturelle, avec des institutions israéliennes […] »

Ces trois dernières années, de nombreux artistes de premier plan ont répondu à cet appel en refusant de se produire en Israël. Parmi eux, nous pouvons citer Oumou Sangaré, Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray est une artiste qui a donné un concert en 2011, mais elle l’a regretté et n’y retournera pas. Elle a déclaré publiquement : « J’ai pris conscience et je n’aurais absolument pas joué si j’avais su même un peu de ce que je sais maintenant ».

Se produire en Israël aujourd’hui, c’est comme faire une déclaration de complicité politique. Vous pensez peut être pouvoir jouer en Israël simplement en tant qu’artiste pour un concert comme un autre sur votre tournée mais votre présence sera interprétée pour dépeindre cette société coloniale impitoyable comme normale, et les atrocités incessantes contre le peuple palestinien comme une chose à ignorer. Israël admet ouvertement qu’il utilise les événements culturels comme des outils de propagande, et il utilisera votre image pour tenter de camoufler quelque chose de très systématique et de très répugnant.

Il va sans dire que si vous jouez en Israël, ce sera devant une audience ségréguée, parce qu’aucun de vos fans palestiniens de Gaza ou de la Cisjordanie toute proche, n’aura le droit de venir vous écouter.  Est-il imaginable qu’au cours de la longue lutte contre l’Afrique du Sud de l’Apartheid, vous y auriez voyagé pour jouer pour les suprématistes blancs ?

Nous espérons sincèrement que vous y réfléchirez. Nous vous demandons de vous retenir de participer au « PlugFest » et à toute autre concert en Israël tant que cet état ne respectera pas le droit international.

Il y a une vague – toute une vague internationale de gens qui soutiennent la justice pour les Palestiniens par des boycotts consommateurs, des boycotts universitaires, des boycotts culturels. Annulez votre concert et surfez sur cette vague. S’il vous plaît, n’y allez pas.

Sincèrement Vôtre,

Loic, pour la Campagne BDS France

www.bdsfrance.org

campagnebdsfrance@yahoo.fr




Lettre de la Campagne BDS France à Alicia Keys

Scroll down to read the original in English

Alicia Keys

c/o Jeff Robinson

MBK Entertainment

240 West 35th Street, 18th Floor

New York, NY 10001

USA

 

le 8 avril 2013

Chère Alicia Keys,

Ici en France, vos fans se réjouissent de votre venue en juin à Paris. Mais nous sommes consternés d’apprendre que les organisateurs de votre tournée ont inclus dans votre programme un concert le 4 juillet à Tel-Aviv.

Peut-être ne savez-vous pas que les Palestiniens ont appelé les artistes internationaux à ne pas jouer en Israël tant que cet Etat continue d’ignorer toutes les résolutions des Nations unies, de bafouer le droit international et de priver le peuple palestinien de ses droits humains les plus élémentaires.

Peut-être ne savez-vous pas que lors des trois dernières années, de nombreux artistes de premier plan ont répondu à l’appel en refusant de paraître en Israël ; et que d’autres qui avaient initialement accepté ont annulé leur représentation, préférant montrer leur soutien à la lutte du peuple palestinien contre l’oppression israélienne.

Ceux-ci incluent Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray est une artiste qui a donné un concert en 2011, mais elle l’a regretté et n’y retournera pas. Elle a déclaré publiquement : « J’ai pris conscience et je n’aurais absolument pas joué si j’avais su même un peu de ce que je sais maintenant ».

L’occupation israélienne dure maintenant depuis des décennies et fait de la vie des Palestiniens un enfer sur terre. C’est une occupation qui engloutit la terre palestinienne pour construire de grandes colonies illégales et des routes réservées aux colons. C’est une occupation qui vole l’eau – 80 % des eaux de la Cisjordanie sont prises par Israël pour que les colons sur leurs collines aient des pelouses vertes et remplissent leurs piscines tandis que dans les villages en contrebas les Palestiniens n’ont pas d’eau courante. C’est une occupation qui tue, torture, humilie, qui emprisonne hommes, femmes et enfants sans charges ni procès, qui détruit les maisons, pousse les Palestiniens vers des ghettos fermés et, à l’aide de check-points, de routes coupées et d’un système de permis digne de l’Apartheid, empêche les Palestiniens d’aller au travail, les enfants d’aller à l’école, les agriculteurs de récolter, les femmes enceintes et les grands malades d’atteindre l’hôpital.

La violence israélienne n’épargne personne. Rien que la semaine dernière, Hasan Barhoush, un vieux fermier chétif de 80 ans, a été attaqué brutalement par un groupe de colons israéliens et est maintenant soigné à l’hôpital de Tulkarem. Un autre groupe de colons a jeté des pierres sur un bus scolaire près de Naplouse, brisant les fenêtres et blessant de jeunes enfants dont sept ont dû être hospitalisés. Aucun Israélien ne sera puni pour une telle sauvagerie. Ce n’était qu’un autre jour ordinaire en Palestine occupée.

Nous pensons que vous êtes trop intelligente pour ne pas réaliser que se produire en Israël aujourd’hui, c’est comme faire une déclaration politique. Israël admet ouvertement qu’il utilise les événements culturels comme des outils de propagande, et il utilisera votre image pour tenter de camoufler quelque chose de très systématique et de très répugnant. Quelle que soit votre croyance de pouvoir aller là simplement en tant qu’artiste, votre présence sera interprétée pour dépeindre cette société coloniale impitoyable comme normale, et les atrocités incessantes contre le peuple palestinien comme une chose à ignorer. Nous espérons sincèrement que vous y réfléchirez.

Il va sans dire que si vous jouez à Tel-Aviv, ce sera devant une audience ségréguée, parce qu’aucun de vos fans palestiniens de Gaza ou de la Cisjordanie toute proche, n’aura le droit de venir vous écouter.   Est-il imaginable qu’au cours de la longue lutte contre l’Afrique du Sud de l’Apartheid, vous y auriez voyagé pour jouer pour les suprématistes blancs ? Si votre réponse est Non, alors vous souhaitez déjà boycotter un système cruel et injuste.

Il y a une vague, Alicia – toute une vague internationale de gens qui soutiennent la justice pour les Palestiniens par des boycotts consommateurs, des boycotts universitaires, des boycotts culturels. Annulez votre concert et surfez sur cette vague – S’il vous plaît, n’y allez pas.

Sincèrement vôtre,

Campagne BDS France

CICP – 21 ter rue Voltaire

75011 Paris

campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/

 

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Alicia Keys

c/o Jeff Robinson

MBK Entertainment

240 West 35th Street, 18th Floor

New York, NY 10001

USA

 

April 8, 2013

Dear Alicia Keys,

All your fans here in France are excited that you’re coming to Paris in June. But we’re dismayed to learn that the organizers of your tour have included in your schedule a performance on July 4th in Tel Aviv.

Maybe you don’t know that the Palestinians have appealed to international artists not to play in Israel while it continues to ignore all United Nations resolutions, flout international law, and deprive the Palestinian people of their most elementary human rights.

Maybe you don’t know that in the past three years many prominent artists have responded to the appeal by refusing to appear in Israel, and others who had initially accepted to play there have cancelled their performances, preferring to show their support for the struggle of the Palestinian people against Israeli oppression.

They include Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, the late Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray is one artist who did perform there in 2011, but she regretted it and won’t be going back. She stated publicly: “I had a reality check and I definitely would not have played there if I had known even the little that I know now.”

Israel’s occupation has endured now for decades, and makes the Palestinians’ life a hell on earth. It’s an occupation that gobbles up Palestinian land to build vast illegal settlements and settlers-only roads. It’s an occupation that steals water – 80% of the West Bank’s water is taken by Israel so that the settlers on their hilltops can have green lawns and fill their swimming pools, while in the villages below Palestinians have no running water. It’s an occupation that kills, tortures, humiliates, that imprisons men, women and children without charge or trial, bulldozes houses, herds Palestinians into walled ghettos and, through the checkpoints, roadblocks, and an apartheid-like pass system, prevents Palestinians from going to work, children from going to school, farmers from harvesting their crops, pregnant women and the critically ill from reaching hospital.

Israeli violence spares no one. Just last week, Hasan Barhoush, a frail 80-year old farmer, was brutally attacked by a group of Israeli settlers and now lies in hospital in Tulkarem. A different group of settlers hurled rocks at a school bus near Nablus, shattering windows and wounding young children, seven of whom had to be hospitalized. No Israeli will be punished for such savagery. That was just another ordinary day in occupied Palestine.

We think you’re too smart not to realize that performing in Israel today is like making a political statement.   Israel openly admits to using cultural events as a propaganda tool, and it will use your image in an attempt to camouflage something very systematic and very ugly. However much you believe that you can go there simply as an artist, your presence will be spun to paint this ruthless colonial society as being normal, and the unrelenting atrocities against the Palestinian people as something to be ignored. We sincerely hope you will think again.

It goes without saying that if you play in Tel Aviv, it will be before a segregated audience, because none of your Palestinian fans either in Gaza or in the West Bank just a short drive away, will be allowed to come and hear you. Is it conceivable that, during the long struggle against apartheid South Africa, you would have travelled there to perform for the white supremacists? If your answer is No, then you’re already willing to boycott a cruel and unjust system.

There’s a wave, Alicia – a whole international wave of people supporting justice for the Palestinians via consumer boycotts, academic boycotts, cultural boycotts.   Cancel your gig and ride that wave – Please don’t go.

Yours truly,

BDS French Campaign

CICP – 21 ter rue Voltaire

75011 Paris, France

campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/