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[Communiqué du BNC] Plus de 30 organisations palestiniennes condamnent le vote « OUI » attendu de Sanders

Par le Comité national du BDS palestinien (BNC), le 14 octobre 2021

Trente-trois organisations de la société civile palestinienne ont publié une déclaration condamnant un accord proposé qui verrait le financement militaire du système du Dôme de fer de l’apartheid israélien être approuvé en échange d’une aide pour Gaza.

Réagissant au vote attendu pour le « oui » de la part de Bernie Sanders et d’autres sénateurs états-uniens pour approuver un accord qui verrait le financement militaire du système du Dôme de fer de l’Israël de l’apartheid accepté en échange d’une aide pour Gaza, 33 organisations de la société civile palestinienne ont publié la déclaration ci-dessous pour le condamner :

« Le vote pour permettre l’occupation et le siège permanents de Gaza par l’Israël de l’apartheid, ainsi que ses massacres répétés là-bas équivaut à une complicité ouverte et injustifiable.  Il ne peut être moralement « équilibré » ou réhabilité en recommandant simultanément la charité pour les deux millions de Palestiniens sous le siège d’Israël pour nous aider à supporter les brutalités israéliennes, financées par les États-Unis.

Travailler au sein du Congrès états-unien afin de mettre fin à tout financement militaire pour l’Israël de l’apartheid est une obligation morale et légale de premier ordre. C’est aussi l’expression la plus essentielle de la solidarité avec la lutte des Palestiniens à Gaza, et partout, pour la liberté, la justice et l’égalité. »

Organisations signataires :

  • Palestinian General Federation of Trade Unions PGFTU–Gaza
  • General Union of Palestinian Women
  • University Students Councils Secretariat – Gaza
  • Association of University Students’ Councils
  • General Union of Palestinian Workers
  • Palestinian Union of Postal, IT and Telecommunication workers
  • Palestinian Trade Union Coalition for BDS (PTUC-BDS)
  • Palestinian NGO Network (PNGO)
  • Palestinian National Institute for NGOs
  • Federation of Independent Trade Unions
  • Global Palestine Right of Return Coalition
  • Palestinian Bar Association
  • Palestinian Medical Association
  • Occupied Palestine and Syrian Golan Heights Initiative (OPGAI)
  • General Union of Palestinian Teachers
  • Palestinian Federation of Unions of University Professors and Employees (PFUUPE)
  • General Union of Palestinian Writers
  • Union of Palestinian Farmers
  • Grassroots Palestinian Anti-Apartheid Wall Campaign (STW)
  • Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)
  • Popular Struggle Coordination Committee (PSCC)
  • Civic Coalition for the Defense of Palestinian Rights in Jerusalem
  • Coalition for Jerusalem
  • National Committee to Commemorate the Nakba
  • Union of Public Employees in Palestine-Civil Sector
  • General Union of Palestinian Peasants
  • Union of Palestinian Charitable Organizations
  • Union of Professional Associations
  • Women Campaign to Boycott Israeli Products
  • Palestinian Economic Monitor
  • Union of Youth Activity Centers-Palestine Refugee Camps
  • Agricultural Cooperatives Union
  • National Committee for Grassroots Resistance

Source : BDS Movement

Traduction BP pour BDS FRANCE




Des artistes se tiennent aux côtés de Ken Loach et contre le McCarthyisme

Par Artists for Palestine UK, le 8 février 2021

« Nous sommes profondément perturbés d’entendre parler d’une campagne maccarthyste qui demande à l’université d’Oxford d’annuler un événement public où le réalisateur Ken Loach viendrait débattre de sa brillante carrière dans le cinéma. La campagne pour réduire au silence un artiste de renommée mondiale, qui s’est activée en coulisses et n’est devenue publique qu’à la dernière minute, se sert de la définition controversée de l’antisémitisme par l’IHRA pour essayer d’empêcher un événement culturel d’avoir lieu. S’il était besoin d’une preuve quelconque supplémentaire pour démontrer comment on déploie une définition vaguement formulée pour faire taire les critiques de la politique israélienne envers les Palestiniens – alors, nous y voilà.

Nous avons été alertés par des universitaires palestiniens respectés, des chercheurs israéliens, des experts reconnus de l’antisémitisme, des dizaines d’associations juives progressistes, et d’autres qui disent que cette définition est utilisée comme une arme politique. Nous ne pouvons combattre le racisme, dont l’antisémitisme, en diabolisant et en réduisant au silence les défenseurs des droits des Palestiniens. »

Signataires :

Hany Abu-Assad, filmmaker

Raed Andoni, filmmaker

Hanan Ashrawi, Palestinian parliamentarian, scholar and civil society leader

Nahed Awwad, filmmaker

Victoria Brittain, journalist, author, playwright

Judith Butler, philosopher and gender theorist

David Calder, actor

Dame Carmen Callil, publisher, editor

Julie Christie, actor

Caryl Churchill, playwright

Steve Coogan, actor, comedian, producer

Dror Dayan, filmmaker, senior lecturer

Raymond Deane, composer, author

Esther Ruth Elliott, actor, director

Brian Eno, musician, producer

Peter Gabriel, musician, founder Womad music festival

Tony Graham, theatre director

Ohal Grietzer, composer and mixed-media performer

Barbara Harvey, civil rights and labor lawyer

Trevor Hoyle, novelist and radio dramatist

Ronnie Kasrils, former South African Government Minister

Mike Leigh, screenwriter, director

Zwelivelile “Mandla” Mandela, South African Parliamentarian

Jean Said Makdissi, writer

Samir Makdissi, Professor Emeritus of Economics, AUB

Kika Markham, actor

Mai Masri, filmmaker

Thurston Moore, musician

David Morrisey, actor

Rebecca O’Brien, producer

Ruth Padel, poet

Maxine Peake, actor

Mark Rylance, actor

Alexei Sayle, comedian

Eyal Sivan, filmmaker

Rosemary Sayigh, journalist and scholar

Ahdaf Soueif, author, founder PalFest

Rima Tarazi, Palestinian pianist, composer and social activist

Harriet Walter, actor

Roger Waters, musician

Samuel West, actor, director

Rabbi Alissa Wise, deputy director of Jewish Voice for Peace

Source : Artists for Palestine UK

Traduction : J. Ch. pour BDS France




Palestine Action étend sa protestation contre un fabricant d’armes israélien

Artcile paru dans le Morning Star | Mercredi 16-09-2020 | Peter Lazenby

https://morningstaronline.co.uk/article/b/palestine-action-extend-protest-against-israeli-weapons-manufacturer

Des militants ciblent le QG d’Elbit Systems et son propriétaire la Gestion des Investissements LaSalle

Une usine d’armement israélienne dans le Staffordshire était toujours occupée aujourd’hui pour le troisième jour tandis que les militants pour la Palestine étendaient leur protestation contre deux des sites de la société à Londres.
Elbit fabrique des parties des drones militaires dont les militants disent qu’ils ont déjà été utilisés pour attaquer Gaza en Palestine.

Au cours d’une agression sur Gaza en 2014, plus de 2.200 personnes ont été tuées, dont 500 enfants.

Comme rapporté dans le Star, les militants d’Action Palestine ont occupé lundi le toit de l’usine Elbit de moteurs de drones à Shenstone dans le Staffordshire.

Hier au petit matin, les militants d’Action Palestine de Londres ont ciblé le QG d’Elbit Systems à Holborn et son propriétaire, la Gestion des Investissements LaSalle à Mayfair.

Ils ont projeté de la peinture rouge, écrivant « Fermez Elbit » en travers des bâtiments.

Palestine Action appelle à la fermeture de tous les sites d’Elbit Systems du Royaume Uni et à la fin de la complicité de la Grande Bretagne avec l’apartheid israélien.

L’association a dit dans une déclaration : « Le gouvernement britannique est complice de la colonisation de la Palestine depuis plus de 100 ans. Maintenant, il continue de soutenir et de faciliter le régime d’apartheid israélien et d’en tirer profit.

« Tandis que notre gouvernement continue de fermer les yeux sur le fait qu’Elbit Systems continue d’armer les crimes de guerre d’Israël contre le peuple palestinien, nous aussi allons continuer à perturber et à agir directement dans l’intérêt des droits de l’être humain, de la justice et de la liberté.

« Nous appelons tous ceux qui se dressent contre le racisme et pour l’humanité à agir, à nous rejoindre et à fermer Elbit pour de bon. »

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : Morning Star

 

Palestine Action est une organisation  de militants et de sympathisants, qui a pour objectif de mettre fin à la complicité internationale avec l’apartheid israélien et de soutenir la lutte pour la libération de la Palestine.

Une belle action contre l’industrie de l’armement israélienne Elbit Systems  a duré 4 jours au Royaume-Uni.
#ShutElbitDown

https://lh6.googleusercontent.com/Q46QgHWyKG0pkj-VL6dCisojCpyD6S8D_eZwHd_RDbotAVn0BRHGmDNC-2FZHPIpRev7A4QRreg6Dzpv1H50GReCk08OJo9rsw9xHK3W
Elbit Systems est la plus grande société d’armement privée d’Israël, elle  possède dix sites à travers le Royaume-Uni, dont 4 usines d’armes.

Des militants  ont occupé l’usine UAV Engines Ltd à Shenstone, Staffordshire, qui appartient à Elbit Systems. Elbit fabrique des drones utilisés contre le peuple palestinien et fait l’objet d’une enquête préalable par l’ONU.
Plusieurs manifestant-e-s ont grimpé sur le toit du bâtiment aux premières heures du jour, le lundi 14 septembre, ils-elles ont suspendu des banderoles et déversé de la peinture rouge sur la façade du bâtiment. D’autres manifestant-e-s se sont enchainé-e-s aux portes pour bloquer l’usine et ils-elles  y sont resté-e-s plusieurs heures avant que leurs chaines soient coupées par la police et qu’ils-elles  soient arrêté-e-s.

Les autres militant-e-s ont continué à occuper le toit les trois jours suivants. Plusieurs fenêtres ont été cassées et la peinture rouge symbolisant le sang versé par l’utilisation des armes fabriquées par Elbit Systems,  couvre le devant du bâtiment. Des photos d’enfants palestiniens tués par Israël ont été exposées sur la façade de l’usine ainsi que des banderoles sur lesquelles il est écrit : ′′Armes d’Elbit, testées sur les Palestiniens ».

Tout-e-s les militant-e-s  qui étaient sur le toit ont été arrêté-e-s et emmené-e-s dans 2 postes de police. Ils-elles y ont été détenu-e-s 40 heures en garde à vue puis libéré-e-s sous caution.

Des manifestant-e-s étaient venu-e-s les soutenir devant le poste,  vite repoussé-e-s par la police mais présents plus loin.

https://lh4.googleusercontent.com/HUpN7Bp87oW_wnYRFZIe4X4OcZ6YHR9R4cLY5bMHsUBH9mgIVj6b0KF6Z0kHQ0AZZmc2zKz2Ak2126HGR1dT9wzM3BoFHYqSLApxsxsXJ9H_CXmH9HGkNmIIlprdZQXKrEFpEaCzgSlY96LDsw
Une action qui a réussi à faire fermer pendant 3 jours l’usine d’armes UAV Engines !

Un appel à dons pour soutenir les manifestant-e-s  et leur soutien juridique : https://gf.me/u/ypkrtx

https://www.facebook.com/realmediaUK/videos/711389249590056

https://www.facebook.com/palacti0n/videos/321483515817036

https://www.facebook.com/palacti0n/videos/1005559376583454




Le Parti travailliste doit rejeter la définition biaisée de l’IHRA qui entrave la défense des droits palestiniens

27 août 2018 / Par Palestinian civil society groups / UK

La société civile palestinienne a diffusé une déclaration incitant le Parti travailliste et les syndicats britanniques à rejeter la définition de l’antisémitisme par l’IHRA [International Holocaust Remembrance Alliance/Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste], définition incorrecte et anti-palestinienne, qui cherche à confondre antisémitisme et critique d’Israël. Cette définition vise à faire taire toute critique des politiques israéliennes qui violent clairement les droits humains palestiniens.

Saluant la croissance significative ces dernières années des politiques progressistes centrées sur la justice sociale et l’internationalisme au Royaume-Uni, en particulier à l’intérieur du mouvement ouvrier, nous, syndicats palestiniens, organisations et réseaux de masse, représentant la majorité de la société civile palestinienne, appelons le parti travailliste britannique, les syndicats, les conseils municipaux, les universités et la société civile dans son ensemble à rejeter la définition de l’antisémitisme donnée par l’IHRA, définition fausse et anti-palestinienne.

Cette définition, non contraignante juridiquement, cherche à effacer l’histoire palestinienne, à diaboliser la solidarité avec la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et l’égalité, à supprimer la liberté d’expression, et à protéger le régime d’extrême droite d’Israël — un régime d’occupation, de colonialisme et d’ apartheid — de toute mesure efficace pour lui faire rendre des comptes en accord avec le droit international.

Les directives  discréditées de l’IHRA confondent délibérément l’hostilité contre les Juifs ou les préjugés et la discrimination à leur égard d’un côté et les critiques légitimes des politiques et du système d’injustice d’Israël de l’autre.

L’année dernière, les Palestiniens ont commémoré les 100 ans de la Déclaration Balfour, qui a joué un rôle important en soutenant et enracinant la colonisation sioniste de la Palestine. Cette déclaration britannique typiquement coloniale a constitué une  déclaration de guerre contre notre peuple. Elle a facilité la naissance de l’état d’exclusion d’Israël qui maintient un régime d’apartheid et opprime systématiquement le peuple autochtone palestinien, nous arrachant nos droits fondamentaux et reconnus par les Nations Unies, dont le droit à l’égalité, le droit à l’auto-détermination et le droit de retour de nos réfugiés dans leurs foyers d’origine.

Nous sommes d’accord avec les personnalités palestiniennes britanniques qui ont affirmé que :

[T]out usage par des institutions publiques des exemples d’antisémitisme de l’IHRA qui, soit empêche une discussion relative à notre dépossession par nettoyage ethnique, quand Israël a été établi, soit essaie de réduire au silence des discussions publiques sur les pratiques courantes ou passées du colonialisme d’occupation, de l’apartheid, du racisme et de la discrimination [israéliens], et sur la violente occupation militaire en cours, contrevient directement aux droits fondamentaux. D’abord, les droits inaliénables du peuple palestinien qui restent protégés par les droits et les conventions internationaux ; et ensuite, les droits de tous les citoyens britanniques qui se tiennent à nos côtés, dans la solidarité de la commune humanité.

Nous reconnaissons la pression sévère exercée sur les institutions publiques, au Royaume-Uni et globalement, pour qu’elles adoptent cette définition politisée et frauduleuse de l’antisémitisme. Nous voudrions déclarer que celles du Royaume-Uni ont une obligation particulière, morale, politique et sans doute juridique, de réparer les crimes britanniques passés et actuels contre le peuple. Nous les appelons à :

  1.     Soutenir constamment la loi du Royaume-Uni sur les droits humains, la Déclaration sur les défenseurs des droits humains des Nations Unies et le droit à la liberté d’expression, dont celui de raconter l’histoire coloniale bien documentée de la Palestine, de plaider pour les droits palestiniens, de décrire le régime d’oppression d’Isaël comme raciste ou constituant un apartheid, et d’appeler au Boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) contre Israël en tant que mesures non-violentes de reddition de comptes pour imposer qu’ Israël se conforme à ses obligations selon le droit international et au respect des droits palestiniens.
  2.     Soutenir sans équivoque les droits stipulés par les Nations Unies du peuple de Palestine, en particulier :
  •    le droit de vivre libre de toute occupation militaire dans la Bande de Gaza et la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est ;
  •     le droit à la pleine égalité des citoyens palestiniens d’Israël qui souffrent actuellement d’un système de discrimination raciale légalisé et institutionalisé ;
  •     le droit inhérent et garanti juridiquement des réfugiés palestiniens à retourner dans leurs foyers d’origine, nettoyés ethniquement pendant la Nakba et jusqu’à aujourd’hui.
  1.     Adopter officiellement un embargo militaire sur Israël, ainsi que le demandent la société civile palestinienne, l’Internationale socialiste, des partis politiques du Royaume-uni (dont les Démocrates libéraux, les Verts et le Parti national écossais), le Congrès des syndicats britanniques (TUC), de nombreuses ONG de développement (dont Oxfam et Christian Aid), des dizaines de parlementaires britanniques, des villes de toute l’ Europe, Amnesty International, des personnalités mondiales, entre autres. Rien qu’en 2017, les exportations d’armes du Royaume-Uni vers Israël atteignaient $284m, un nouveau record.
  2.     Condamner sans ambiguïté toutes les formes de racisme et de sectarisme, dont plus de 60 lois racistes d’Israël, en particulier sa plus récente loi constitutionnelle, la Loi fondamentale de l’état-nation juif, qui «  consacre la suprématie juive  » et l’ apartheid, tel qu’il est défini par les Nations Unies.

Adopter la définition de l’IHRA (avec ses exemples) ne ferait pas que diaboliser notre lutte actuelle pour la libération et l’auto-détermination. Cela « réduirait aussi au silence toute discussion publique [au Royaume-Uni] de ce qui est arrivé en Palestine et aux Palestiniens en 1948 », comme plus de 100 groupes noirs, asiatiques ou d’autres minorités ethniques (BAME) au Royaume-Uni en ont mis en garde. Cela glacerait aussi la défense des droits palestiniens, en particulier en vilipendant et en calomniant notre mouvement non violent de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) en faveur des droits palestiniens.

Ancré dans notre héritage de résistance populaire de plusieurs décennies et inspiré par le mouvement anti-apartheid sud-africain et le mouvement des droits civiques américain, le mouvement BDS  nominé pour le prix Nobel de la paix est soutenu par une écrasante majorité de la société civile palestinienne. Il a aussi l’aval de mouvements progressistes représentant des millions de personnes dans le monde entier, dont un nombre en croissance rapide de jeunes Juifs nés au 21e siècle.

BDS s’enracine dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et  adhère à la définition onusienne de la discrimination raciale. En conséquence, « il ne tolère aucun acte ou discours qui adopte ou promeut, entre autres, le racisme anti-noir, le racisme anti-arabe, l’islamophobie, l’antisémitisme, le sexisme, la xénophobie ou l’homophobie ».

Redéfinir le racisme contre une communauté particulière pour servir le but politique d’exclure ou de vilipender le combat contre les autres formes de racisme est immoral et directement raciste. Cela devrait être condamné par tous les progressistes moralement cohérents.

L’échec total d’Israël à supprimer la croissance impressionnante de BDS dans le monde entier au cours des dernières années l’a poussé à redéfinir l’antisémitisme pour calomnier notre mouvement strictement anti-raciste.

Comme des intellectuels juifs britanniques et des experts juridiques de premier rang l’ont affirmé :

Critiquer les lois et les politiques de l’état d’Israël comme racistes et en tant qu’elles correspondent à la définition de l’apartheid n’est pas antisémite. Appeler pour le boycott, le désinvestissement et des sanctions contre Israël pour s’opposer à ces politiques n’est pas antisémite.

Nous sommes d’accord avec l’analyse de plus de quarante organisations juives pour la justice sociale dans le monde entier, analyse selon laquelle nous vivons « dans un ère effrayante, avec un nombre croissant de régimes autoritaires et xénophobes dans le monde, le premier d’entre eux étant le gouvernement Trump, s’alliant avec le gouvernement d’extrême-droite d’Israël tout en faisant cause commune avec des groupes et des partis suprémacistes blancs antisémites et racistes ».

Nous nous faisons aussi l’écho de leur appel :

Nous incitons nos gouvernements, municipalités, universités et autres institutions à rejeter la définition de l’IHRA et de prendre à la place des mesures effectives pour vaincre la haine et la violence nationaliste ou suprémaciste blanche et pour mettre fin à la complicité avec les violations par Israël des droits humains.

Nous n’avons besoin de la permission de personne pour raconter notre histoire, défendre nos droits inhérents et inaliénables ou pour mobiliser une solidarité internationale de principe avec notre lutte pour la mener à bien.

Mais nous attendons des partis politiques orientés vers la justice sociale, comme le Parti travailliste et les syndicats progressistes, qu’ils contribuent effectivement à mettre fin à la complicité britannique dans le système d’oppression d’Israël qui dénie nos droits, qu’ils protègent le droit à la liberté d’expression et qu’ils se dressent du bon côté de l’histoire. Nous attendons d’eux qu’ils nous aident dans la lutte contre l’apartheid et pour les droits égaux de tous les humains quelle que soit leur identité. Est-ce trop demander ?

Signataires:

–    General Union of Palestinian Workers

–    Global Palestine Right of Return Coalition

–    Palestinian Union of Postal, IT and Telecommunication workers

–    Union of Professional Associations

–    Federation of Independent Trade Unions

–    Palestinian Journalists’ Syndicate

–    Palestinian New Federation of Trade Unions

–    General Union of Palestinian Teachers
–    General Union of Palestinian Women

–    General Union of Palestinian Peasants
–    Union of Palestinian Farmers

–    General Union of Palestinian Writers

–    The Palestinian Federation of Unions of University Professors and Employees (PFUUPE)

–    Palestinian Camps Boycott Movement-Lebanon (33 organisations from 11 refugee camps)

–    Palestinian NGO Network (PNGO)

–    Palestinian National Institute for NGOs

–    Popular Struggle Coordination Committee (PSCC)

–    Grassroots Palestinian Anti-Apartheid Wall Campaign (STW)

–    Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)

–    Union of Palestinian Charitable Organizations

–    Women Campaign to Boycott Israeli Products

–    Civic Coalition for the Defense of Palestinian Rights in Jerusalem

–    Occupied Palestine and Syrian Golan Heights Initiative

–    Agricultural Cooperatives Union

[Trad. CG pour BDS]

Source : https://bdsmovement.net/news/labour-party-must-reject-biased-ihra-definition-stifles-advocacy-palestinian-rights




Aux nominés aux Oscars : « Donnez votre sac cadeau israélien à un réfugié palestinien ! »

Artistes pour la Palestine GB

18 février 2016

Artistes pour la Palestine GB (APUK) a interpellé mercredi les acteurs et réalisateurs qui sont nominés aux Oscars : « faites don de votre sac cadeau israélien à un réfugié palestinien ! »

•    Mike Leigh, réalisateur cinq fois nominé aux Oscars a dit : « un séjour cinq étoiles sur la terre de vos parents et grands parents, des Palestiniens épuisés dans les camps de réfugiés pourraient tout à fait en faire leur affaire. Je pense que le monde serait heureux de voir de l’argent du gouvernement israélien utilisé pour une fois pour des réparations envers les Palestiniens – et j’espère que les stars seront d’accord. »

•    Ken Loach, nominé au BAFTA (Académie Britannique des Arts Cinématographiques et Télévisuels) et vainqueur de la Palme d’Or a dit : « pensez juste à ce que 49 000 € pourraient représenter pour des Palestiniens dont les maisons ont été détruites et la terre volée. Espérons que les gens du cinéma pourront se rendre compte de ce qu’il y a derrière cette brutale propagande »

•    Brian Eno, musicien et compositeur a suggéré un sac cadeau alternatif qui propose : « Visitez la Palestine ! Profitez d’un weekend plein de gaz lacrymogène dans le ghetto de Jérusalem Est ! »

Déjà atteint par une polémique sur le fait qu’il n’y ait aucun nominé non blanc à la cérémonie de cette année, le sac cadeau des Oscars est maintenant utilisé pour blanchir l’apartheid israélien. L’ainsi nommé sac cadeau destiné aux acteurs et réalisateurs nominés les plus en vue, fourni par la société de Los Angeles Distinctive Assets (Atouts Majeurs) comporte un séjour de luxe cinq étoiles en Israël financé par le gouvernement israélien, d’une valeur de 49 000 € pour chaque nominé des principales catégories d’acteurs et de réalisateurs. Le sac cadeau contient aussi un lifting de seins « Vampire », une randonnée à pied de 15 jours au Japon, la location gratuite pendant un an d’une Audi, la fourniture pour la vie de crèmes de beauté Lizora et un jouet sexuel (pour les femmes nominées uniquement).

La campagne américaine pour mettre fin à l’occupation israélienne a lancé une pétition à l’adresse des nominés aux Oscars et à l’hôte : « en tant que gens de conscience attachés à la justice et à l’égalité pour tous, nous vous exhortons à rejeter les voyages de propagande que le gouvernement israélien offre en contribution au sac cadeau de l’Académie ».

Dans un geste bien accueilli par les Palestiniens, l’ensemble de ce paquet clinquant a été mis en question par l’Académie, dont les récompenses sont les statuettes Oscar très convoitées, et il en est résulté une procédure contre Distinctive Assets.

« L’an dernier, l’Académie a tenté de poser le problème de la falsification et de la contrefaçon de Distinctive Assets, sans aller en justice. Nous n’avions plus d’autre choix que d’intenter un procès » aurait dit un porte-parole de l’Académie d’après le magazine Variety.

Variety a écrit : « un des objets de cette année, un séjour de luxe en Israël financé par le gouvernement de cette société (sic), a attiré les foudres de Artistes pour la Palestine GB, organisation qui a imploré les participants de « donner votre sac à un réfugié palestinien ».

Un communiqué de presse de APUK a expliqué : tout nominé aux Oscars qui accepte l’offre se retrouvera en situation de travailler en tant que larbin non payé dans une séance de photo de 10 jours, au nom d’un gouvernement qui ne respecte pas le droit international, viole les droits humains et a été accusé de crimes de guerre, ce qui est vraisemblable.

Les nominés aux Oscars Mark Rylance et Asif Kapadia ont d’ores et déjà promis de ne pas se rendre en Israël dans le cadre professionnel. Ils font partie des plus de 1000 artistes britanniques et de gens du spectacle qui ont signé l’Engagement d’Artistes pour la Palestine lancé en février 2015.

Plutôt que de blanchir l’oppression systématique des Palestiniens par Israël, APUK invite les stars et les réalisateurs qui sont sur la liste de l’Academy Award à donner leurs bons de vacances en Israël à des réfugiés palestiniens qui se voient refuser le droit de retourner dans leur pays.

Plus de 750 000 Palestiniens ont été victimes d’un nettoyage ethnique systématique et transformés en réfugiés lors de la création de l’État d’Israël en 1948. Israël a prohibé le droit au retour des Palestiniens dans leurs maisons, prévu par l’ONU, depuis près de 70 ans.

Musicien, compositeur et signataire de l’Engagement, Bryan Eno a proposé un scenario alternatif de vacances, invoquant les réalités de la vie des Palestiniens sous occupation israélienne.

Visitez la Palestine !

Profitez d’un weekend rempli de gaz lacrymogène dans le ghetto de Jérusalem Est !

Regardez un bébé né sur le siège arrière d’un taxi sous les yeux des gardes du checkpoint !

Faites la queue pendant des heures sous un soleil cuisant ! Soyez bousculé par des soldats en colère !

Plein d’activités amusantes pour les gamins aussi, dont une fabuleuse NUIT D’INTERROGATOIRE PAR LE SHIN BET menée à grands frais !

Et ramenez chez vous le magnifique « sac cadeau des territoires occupés » qui contient un kit pratique de premiers secours pour des coups reçus des colons, une section joliment travaillée d’un olivier déraciné et une véritable balle souvenir enrobée de caoutchouc !

Nous vous offrirons des vacances que vous n’oublierez jamais !

 

Le contenu israélien du sac cadeau prévu pour 2016 représente un effort de propagande que le gouvernement israélien n’a pas tenté de masquer.

Le ministre du tourisme Yariv Levin a été assez clair sur l’intention : « ce sont les personnes les plus haut placées de l’industrie du cinéma d’Hollywood et des leaders d’opinion que nous sommes intéressés à accueillir ici en Israël ».

Le Réseau Palestinien des Arts du Spectacle (PPAN), des organisations et des individus qui représentent la majorité du secteur culturel palestinien ont appelé les nominés aux Oscars à rejeter le séjour sponsorisé par le gouvernement israélien.

Parmi les membres de PPAN se trouvent le Conservatoire National de Musique Edward Saïd de Ramallah et de Gaza : http://ncm.birzeit.edu/en et le Freedom Theatre, du camp de réfugiés de Jénine: www.thefreedomtheatre.org

Le Boycott d’Israël Académique et Culturel Palestinien (PACBI) a aussi appelé les nominés aux Oscars à rejeter le séjour de propagande israélienne.


 Source : http://artistsforpalestine.org.uk/2016/02/18/oscar-nominees-give-your-israeli-swag-bag-to-a-palestinian-refugee/

Traduction SF pour BDS France




L’interdiction du boycott d’Israël est comme le soutien de Thatcher à l’apartheid

Comité national palestinien du BDS – 15 février 2016

L’organisation palestinienne qui conduit le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui est actuellement la cible des nouvelles règles du gouvernement britannique, affirme que le Premier ministre David Cameron commet une grave erreur, la même que faisait Margaret Thatcher avec son soutien indéfectible à l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Les nouvelles règles qui vont être annoncées durant une visite en Israël, cette semaine, du ministre du Bureau du Cabinet, Matt Hancok, vont faire qu’il sera plus difficile pour les autorités locales et les autres organismes publics, dont les universités, de prendre des décisions d’acquisitions ou d’investissement éthiques. Le gouvernement affirme que les changements sont conçus pour contrer le mouvement BDS qui grandit.

Rafeef Ziadah, porte-parole au Royaume-Uni du Comité national palestinien du BDS, déclare :

« Plutôt que d’œuvrer à rendre Israël responsable de ses violations continuelles des droits de l’homme, les ministres britanniques continuent leur commerce des armes avec Israël et s’en prennent à la démocratie locale afin de le protéger contre toute critique.

« Quelle sorte de message cela envoie-t-il à des entreprises britanniques comme G4S et JCB, qui aident et se font les complices d’Israël dans ses violations du droit international ? »

La société de services de sécurité G4S aide Israël à gérer ses prisons où des Palestiniens sont torturés, et JCP fournit les bulldozers qui sont utilisés pour démolir les maisons palestiniennes.

« En sapant la démocratie locale au profit d’Israël, David Cameron se place du mauvais côté de l’histoire, tout comme Margaret Thatcher avec son soutien à l’Afrique du Sud de l’apartheid. »

David Cameron lui-même franchissait la ligne de piquetage du boycott sud-africain encore en 1989, alors que l’opinion publique internationale avait déjà basculé en faveur de la démocratie, en allant faire un tour tous frais payés en Afrique du Sud, pour monter le dossier contre les sanctions au régime raciste. L’isolement international a été crucial dans la chute de l’apartheid en Afrique du Sud.

Ziadah poursuit :

« Le mouvement BDS au Royaume-Uni a reçu un large soutien précisément en raison de l’incapacité des gouvernement britanniques successifs à passer à l’action en réponse aux crimes de guerre d’Israël.

« Loin de contrecarrer le soutien public grandissant à la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et l’égalité, ces mesures ne font que mettre en évidence le soutien de plus en plus profond du Royaume-Uni à l’oppression par Israël des Palestiniens, et elles soulignent aussi qu’il est indispensable de mener une campagne pour la solidarité. »

La multinationale à base française Veolia a mis fin à son rôle dans les colonies illégales israéliennes, après que des autorités locales au Royaume-Uni et au-delà l’ont exclue de leurs contrats pour un montant de plus de 10 milliards de livres.

Les conseils locaux de Tower Hamlets, Leicester, Swansea et Bristol sont parmi ceux qui ont adopté des résolutions en soutien au BDS, ou condamnant les entreprises impliquées dans les colonies illégales israéliennes.

Les limites, potentiellement d’une portée considérable, aux pouvoirs des conseils locaux concernant les investissements et les acquisitions ont été critiquées par Amnesty International, des conseillers élus, des experts en administration locale et le Parti travailliste.

Une coalition des groupes de la campagne – dont des militants pour le climat qui travaillent avec les autorités locales qui se sont désinvesties des entreprises utilisant des combustibles fossiles – mène campagne contre les initiatives qui restreignent la capacité des autorités locales à prendre des décisions pour des investissements éthiques.

Les militants ont jeté le doute sur l’idée que les nouvelles règles pourraient impacter les syndicats d’étudiants, lesquels sont enregistrés comme organismes caritatifs et ne sont pas limités par les mêmes cadres juridiques que les conseils locaux et les universités.

En plus des ministres qui entravent l’action des organismes publics dans leur soutien à la Palestine, le Cadre pour la Prévention (Prevent Framework) du gouvernement semble avoir identifié les discussions légitimes sur la Palestine comme un repère pour un « extrémisme » potentiel, et un écolier a été interrogé par la police anti-terroriste parce qu’il portait un badge « Free Palestine » à l’école.

Ziadah ajoute :

« Cette agression contre une liberté d’expression fondamentale et la démocratie locale intervient dans le contexte de coupes drastiques et idéologiques dans les dépenses publiques, des attaques gouvernementales contre la communauté musulmane, les syndicats et le droit de manifester.

« Nous soutenons tous les groupes et toutes les communautés qui sont touchés par l’agenda néolibéral du gouvernement conservateur et par toutes les attaques contre la démocratie et les droits fondamentaux. »

 

Note aux éditeurs

1- Les tactiques de boycott et désinvestissements ont été approuvées par le Congrès des syndicats et plus d’une dizaine de syndicats à titre individuel, le Parti des Verts, le Syndicat national des étudiants et des dizaines de syndicats étudiants.

2- Kate Tempest, Jarvis Cocker et Roger Waters de Pink Floyd sont parmi les mille artistes qui se sont récemment engagés à ne pas se produire en Israël.

3- La multinationale à base française Orange, et la plus grande entreprise d’Irlande CRH, sont parmi les autres grandes entreprises à sortir du marché israélien après d’intenses campagnes menées contre leurs relations avec l’occupation par Israël de la terre palestinienne.

4- En dépit des contrôles officiels de Whitehall sur les exportations d’armes, des armes et des technologies militaires de fabrication britannique continuent d’être vendues et utilisées par les forces d’occupation israéliennes. La valeur des licences autorisées pour les exportations vers Israël se montait à plus de 40 millions de livres, pour 2014 seulement. Les exportations britanniques des armes vers Israël comprennent des moteurs pour drones. Israël utilise ces drones pour attaquer les civils palestiniens. La plus importante entreprise d’armement d’Israël, Elbit Systems, est le chef de file d’un consortium de 700 millions de dollars qui fournira une formation à la Royal Air Force.

 

http://bdsmovement.net/2016/palestinians-israel-boycott-ban-similar-to-thatchers-support-for-apartheid-13713

Traduction : JPP pour BDS FRANCE




Sionisme et antisémitisme : des jumeaux politiques racistes

jbig_logo_onlyTraduction d’un texte de J-Big = Jews for Boycotting Israeli Goods, association de Juifs britanniques soutenant l’appel palestinien à BDS

Le mouvement pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens lutte contre l’occupation israélienne, la colonisation des territoires arabes par Israël et son système d’apartheid. La campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) vise l’état d’Israël, les institutions et les entreprises israéliennes complices des crimes d’Israël. BDS est devenu, pour des gens de divers horizons, un moyen efficace d’exprimer leur mobilisation humanitaire et antiraciste en solidarité avec la Palestine.

Constatant la force de BDS, les défenseurs d’Israël accusent régulièrement le mouvement d’antisémitisme. Ils utilisent leur arme favorite pour intimider et faire taire les détracteurs d’Israël, y compris des antisionistes juifs, qui sont considérés comme des « Juifs atteints de haine de soi. »

Cet exposé a été écrit par et pour des militants de BDS, pour expliquer comment l’accusation d’antisémitisme s’applique au sionisme lui-même. En effet, ils sont des jumeaux politiques racistes. Comprendre leur interdépendance aidera à renforcer le mouvement BDS et à élaborer une stratégie.

L’antisémitisme présenté comme éternel

Le sionisme a toujours fait valoir que l’antisémitisme était inné chez les non-Juifs et qu’il persisterait donc toujours. Selon Leo Pinsker, le fondateur du mouvement Hovevei Zion (les Amants de Sion) au 19ème siècle, « la judéophobie est une maladie mentale. En tant que maladie mentale, elle est héréditaire, et en tant que maladie transmise depuis deux mille ans, elle est incurable. » Sur cette base, l’antisémitisme ne pouvait pas être éliminé, donc le combattre était inutile.

Le fondateur du sionisme politique, Theodor Herzl, a écrit dans son journal de 1895 : « A Paris … j’ai constaté qu’il était inutile et vain d’essayer de « combattre » l’antisémitisme ». Il a aussi écrit que « les antisémites seront nos amis les plus fiables, les pays antisémites nos alliés » , c’est-à-dire en encourageant l’immigration juive en Palestine. Selon Jacob Klatzkin, rédacteur en chef entre 1909 et 1911 de Die Welt, le journal sioniste officiel : « Nous sommes … naturellement des étrangers. Nous sommes une nation étrangère parmi vous, et nous voulons le rester. »

Les sionistes de la première heure ont accepté les stéréotypes qui étaient répandus à l’époque : que les Juifs, en particulier les Juifs d’Europe de l’Est, étaient rétrogrades. On considérait qu’ils étaient devenus arriérés parce qu’ils n’avaient pas de patrie, donc leur installation en Palestine les élèveraient et les purifierait. Par exemple, Pinhas Rosenbluth, devenu plus tard Ministre de la justice d’Israël, a écrit que la Palestine était « un établissement de fumigation de la vermine juive. » Considérant les Juifs comme de la « poussière humaine », les sionistes ont voulu les sauver par la aliyah (« ascension », c’est-à-dire l’immigration sur l’ancienne terre d’Israël (Eretz Yisrael).

Les sionistes, tout comme les antisémites européens, étaient d’avis que les Juifs n’étaient pas à leur place et qu’on devait les aider ou même faire pression sur eux pour qu’ils quittent l’Europe. Mais la plupart des Juifs rejetaient cette idée. En 1897, le premier Congrès sioniste a dû partir de Munich et s’installer à Bâle, en Suisse, parce que les Juifs, à Munich, considéraient le sionisme comme antisémite et craignaient qu’il ne porte atteinte à leurs droits civiques en Allemagne.

Le soutien antisémite à la création d’un Etat Juif

Le sionisme a toujours dépendu du soutien des élites antisémites. Avant même que des organisations sionistes juives se soient développées, le sionisme politique a été encouragé par des impérialistes européens du 19ème siècle comme Lord Palmerston, Lord Shaftesbury, Benjamin Disraeli et Ernest Laharanne, secrétaire de Napoléon III. Beaucoup de chrétiens croyaient que l’immigration juive en Palestine entraînerait la Seconde Venue du Christ, indiquée dans la prophétie biblique. De manière plus pragmatique, une future patrie juive représentait pour eux un avant-poste impérial britannique : « un “ petit Ulster juif loyal ” dans une mer d’arabisme potentiellement hostile », selon le premier gouverneur militaire de Jérusalem.

De tels motifs politiques justifient la fameuse « Déclaration de Balfour » de 1917, le Ministre des Affaires étrangères britannique, Arthur James Balfour (un sioniste chrétien), se disant favorable à « la création en Palestine d’un foyer national pour le peuple Juif. » Tous les autres peuples ont été considérés comme appartenant aux « communautés non-juives. »

La seule opposition au sein de son cabinet est venue de son unique membre juif, Edwin Montagu, qui a averti que le plan mènerait à une discrimination envers les non-Juifs en Palestine et envers les Juifs ailleurs.

Dix ans plus tôt, en tant que Premier ministre, Balfour avait promu la Loi sur les étrangers de 1905, dont le but était d’empêcher l’immigration de réfugiés juifs qui fuyaient les pogroms tsaristes en Russie. Il voulait plutôt qu’ils aillent en Palestine. Il a mis en garde contre « les maux indéniables qui se sont abattus sur le pays [la Grande-Bretagne] à cause d’une immigration qui a été en grande partie juive. »

Affaiblir un boycott anti-Nazi

Les sionistes ont souvent fait valoir que seul leur propre état peut protéger les Juifs des agressions antisémites. D’ailleurs, au début du Troisième Reich, les Nazis et les organisations sionistes partageaient la même vision sur la séparation juive.

En essayant de séparer les Juifs du reste de l’humanité, les sionistes ont fait des choix destructeurs.

Quand l’Allemagne nazie a promulgué des lois antisémites et encouragé les agressions physiques sur les Juifs, la diaspora juive, dans d’autres pays, a organisé une campagne efficace pour un boycott international. De grands rassemblements ont eu lieu dans de nombreuses villes du monde. Aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens, des grands magasins ont annulé des commandes de produits allemands et trouvé d’autres fournisseurs.

Pour vaincre le boycott, le régime nazi avait pour complice l’Organisation Sioniste Mondiale (OSM). Dans l’Accord de transfert (Haavara) de mars 1933, l’OSM s’est activement opposée au boycott ; en contrepartie, les Nazis ont laissé certains Juifs riches et leurs biens partir en Palestine. La valeur du transfert s’est élevée à l’équivalent d’au moins 30 millions de dollars de biens allemands, faisant ainsi d’Hitler un important soutien économique du projet sioniste. L’accord devait « porter un coup au cœur du boycott anti-Nazi mené par des Juifs », d’après l’historien Edwin Black. 13 Des membres du Congrès juif mondial ont voulu continuer le boycott, mais la direction du Congrès n’a pas tardé à se joindre à l’effort de l’OSM pour l’affaiblir.

Le sionisme tire avantage de l’antisémitisme en Pologne

Au milieu des années 30, le gouvernement polonais a aussi pris des mesures contre les Juifs du pays en promulguant des lois inspirées des Lois raciales de Nuremberg de l’Allemagne nazie. Par exemple, de nouvelles lois ont posé des restrictions à l’abattage kascher du bétail et exclu les Juifs de certaines professions. Le régime polonais a aussi négocié avec la France pour fonder une « colonie juive » à Madagascar et pouvoir y envoyer des Juifs polonais. 14 Ces mesures ainsi que l’antisémitisme de l’Eglise catholique ont renforcé le mouvement sioniste polonais.

Betar, un mouvement sioniste révisionniste de droite qui s’opposait aux syndicats, a travaillé avec des antisémites dans l’armée polonaise à partir de 1930. Des officiers haut-gradés ont entraîné en secret les recrues de Betar, dont la plupart a immigré en Palestine avant la fin de la décennie pour y rejoindre les forces armées sionistes. Néanmoins, le sionisme polonais a rencontré une forte opposition de la part du Bund, parti socialiste juif laïc, qui avait beaucoup plus d’influence que les autres partis juifs de Pologne.

De l’Holocauste au « Nouveau Juif »

Le sionisme était une force politique minoritaire chez les Juifs européens jusqu’à ce que six millions d’entre eux soient tués par les Nazis. Avec l’Holocauste, les initiatives des sionistes en vue d’obtenir un soutien international pour la création d’un état juif en Palestine se sont intensifiées. La plupart des réfugiés juifs voulaient fuir en Europe de l’Ouest ou aux Etats-Unis mais les contrôles aux frontières (avec le soutien des organisations sionistes) les en empêchaient, et ils ont donc migré en Palestine.

La colonisation sioniste a dépendu d’institutions racistes qui existent toujours aujourd’hui. L’Agence juive promeut l’immigration des Juifs en Israël. Le Fonds national juif attribue toujours les terres israéliennes exclusivement à des Juifs.La Histadrout (souvent définie à tort comme un « syndicat ») est en réalité une entreprise qui promeut « la main-d’œuvre exclusivement hébraïque ». La « Loi du retour » israélienne offre la citoyenneté à tous les Juifs, d’où qu’ils viennent.

Les milices sionistes ont attaqué les civils palestiniens dans les années 40 jusqu’à la déclaration d’indépendance d’Israël en 1948. En 1947 et 1948, cette campagne de terreur a expulsé plus de 700 000 Palestiniens de leurs foyers. Plusieurs massacres ont fait fuir des Palestiniens paniqués de leurs terres.

Un « état d’urgence » officiel a empêché des réfugiés d’exercer leur droit de retour, violant ainsi jusqu’à ce jour le droit international. La colonisation sioniste ne s’est pas arrêtée à l’occupation des terres du peuple indigène. Plutôt que d’exploiter leur main-d’œuvre, le sionisme a tout fait pour les expulser ou les éliminer, comme les colons européens l’avaient fait avant en Amérique, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Le sionisme a fait en sorte de remplacer la population indigène par des colons, « les Nouveaux Juifs ». Ce projet doublement raciste a discrédité la solidarité ouvrière considérée arriérée, et a voulu remplacer la culture yiddish des immigrés par une culture complètement inventée. L’écrivain israélien Amos Oz explique : « Il y a même des nouvelles berceuses et des nouvelles « légendes anciennes » qui ont été faites par des écrivains enthousiastes », et qui glorifient par exemple l’appropriation des terres par les colons par le biais du travail agricole (comparer les deux affiches).

En tant qu’idéologie fondatrice du colonialisme juif en Palestine, le sionisme a été adopté par de nombreux Juifs, perçu comme une voie vers l’utopie socialiste basée sur le travail collectif et les communautés idéalistes des kibboutz. En réalité, ils ont du faire un choix : soit rompre avec le sionisme, soit accepter son caractère colonial et raciste.

Les avenirs des Juifs : solidarité de classe contre colonialisme de peuplement

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Juif socialiste du mouvement de jeunesse Bund : « Participez au Tsukunft » (l’avenir)
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Nouveau Juif du colonialisme de peuplement : « Vers une nouvelle vie sur la Terre Promise »

Politiques racistes de droite

Comme dans les années 30, le sionisme et les politiques racistes de droite continuent de converger. Sur la scène politique américaine, il y a une alliance entre les sionistes juifs et les sionistes chrétiens fondamentalistes, bien plus nombreux. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, une grande partie des 40 millions d’évangélistes chrétiens croient qu’un « retour » des Juifs en Palestine annonce la Seconde Venue du Christ, l’Armageddon, puis l’Enlèvement de l’Eglise, quand les croyants seront sauvés. Celui qui ne croit pas en cette prophétie, même parmi les Juifs, seront envoyés en enfer. Depuis le 11 Septembre, les sionistes chrétiens considèrent aussi Israël comme une première ligne de défense contre la soi-disant « menace islamiste ».

Les sionistes juifs exploitent cet appui, même quand il est associé à un antisémitisme flagrant. Selon le pasteur John Hagee, président de la Convention baptiste du Sud, « Adolf Hitler était un « chasseur » envoyé par Dieu, chargé d’accélérer la volonté de Dieu de faire recréer par les Juifs un état d’Israël. »

Néanmoins, le soutien de Hagee à Israël a été salué par la Ligue anti-diffamation, dont le but est de combattre l’antisémitisme. De même, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a déclaré, s’exprimant lors d’un rassemblement des Chrétiens unis pour Israël, le lobby de Hagee fort d’un million de membres : « La bonne nouvelle, c’est qu’Israël n’est pas seul ; il a votre soutien ».

Comme aux Etats-Unis, des groupes racistes européens associent l’antisémitisme et le soutien au sionisme.Dans toute l’Europe, la plupart des grands partis racistes sont antisémites, islamophobes et pro-sionistes. Les membres de la Ligue de défense anglaise expriment des opinions antisémites tout en agitant le drapeau d’Israël. Israël a aussi le soutien de Robert Zines, député européen letton du Parti pour la patrie et la liberté, qui a l’habitude de participer à la marche annuelle en mémoire des vétérans SS qui gardaient des camps d’extermination. De même, en Pologne, le parti Droit et justice compte des antisémites pro-israéliens. Michal Kaminski, député européen, soutient pleinement Israël tout en défendant « la bonne réputation de Jedwabne », une ville où des centaines de Juifs ont été brûlés vifs dans une synagogue en 1941.

Equation raciste : sioniste = juif

Le soutien occidental à Israël repose sur bien plus qu’une connivence avec l’antisémitisme. Israël a prouvé son utilité pour étouffer les aspirations nationalistes arabes au contrôle démocratique du Moyen-Orient et de ses ressources naturelles, surtout depuis la guerre de 1967. Les méthodes anti-insurrectionnelles israéliennes ont été largement utilisées par les armées occidentales, par exemple en Irak et en Afghanistan. L’armée israélienne a transformé le Moyen-Orient en un laboratoire pour étendre au niveau mondial des systèmes de surveillance, de contrôle et d’armement. La domination impérialiste associe de près les puissances occidentales à l’état colonial israélien. Régulièrement, l’Occident demande aux Palestiniens « de reconnaître Israël comme un état Juif », assimilant ainsi un peuple à un état. Le Comité américain pour les affaires publiques israéliennes (AIPAC), appelé « le lobby juif » par ses sympathisants, a encouragé cet amalgame.

L’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) a aussi encouragé un amalgame semblable. D’après ce qu’on appelle sa « définition opérationnelle de l’antisémitisme », on pourrait qualifier d’antisémitisme le fait de dénier « au peuple juif son droit à l’autodétermination, notamment en affirmant que l’existence d’un Etat d’Israël est le résultat d’une action raciste ». Depuis que cette définition a été rejetée par le Syndicat britannique des universités et des collèges (UCU), les sionistes font campagne pour que les universités désapprouvent le syndicat. Cela prouve une fois de plus que ce sont les sionistes, et non leurs détracteurs, qui continuent à assimiler leur projet colonial à tous les Juifs. En revendiquant être l’« état des Juifs », Israël implique tous les Juifs dans ses guerres, son occupation, son vol des terres, ses expulsions et ses autres crimes.

A l’image de cette équation, des défenseurs malavisés des Palestiniens ont attribué leur oppression à une conspiration juive internationale, à la « puissance juive », à « un esprit juif », etc. Le journaliste d’extrême-droite Israël Shamir véhicule ces éléments de l’antisémitisme européen traditionnel, soi-disant pour soutenir les Palestiniens. Ces explications occultent l’origine de l’oppression des Palestiniens. Paradoxalement, elles font admettre la revendication sioniste de représenter tous les Juifs et « les valeurs juives ».

Des commentateurs et des militants palestiniens de premier plan rejettent ces soutiens qui nuisent à la cause palestinienne. Des dizaines d’entre eux, dont Ali Abunimah, Joseph Massad, Omar Barghouti et Rafeef Ziadeh, ont dénoncé ceux qui rendent les caractéristiques « juives » responsables de l’oppression des Palestiniens. Comme l’a fait remarquer le Comité national palestinien de BDS, « assimiler Israël au judaïsme mondial … est en soi antisémite ».

C’est une équation qui stéréotype les Juifs, menace leurs droits civiques et met en danger leur identité nationale dans les pays où ils vivent. Elle vient des antisémites qui considéraient les Juifs comme un peuple étranger qui n’avait pas sa place en Europe et avait besoin d’avoir sa propre patrie. Cette équation est contredite par les nombreuses personnes d’origine juive qui soutiennent activement les droits civiques des Palestiniens et jouent un rôle central dans la campagne BDS.

BDS : contre le sionisme et l’antisémitisme

Comprendre que le sionisme et l’antisémitisme sont des jumeaux politiques racistes (parfois même des partenaires dans le crime) conforte l’appel palestinien à BDS. Ses objectifs antiracistes (la libération de l’occupation, la justice pour les réfugiés à qui on refuse le droit de retour et l’égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël) sont mieux servis en ciblant Israël en tant qu’état raciste aligné sur les intérêts politico-économiques des puissances occidentales.

Publié en Janvier 2013. La version diffusée sur le site jews4big.wordpress.com contient les notes avec les références.

Autres lectures sur le sionisme et l’antisémitisme

Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah. La guerre israélo-arabe des récits, Sinbad, Actes Sud, 2007

Edwin Black, The Transfer Agreement : The Dramatic Story of the Pact between the Third Reich and Jewish Palestine, Macmillan, 1984

Lenni Brenner, Le sionisme à l’ère des dictateurs, 1983

Norman Finkelstein, L’Industrie de l’Holocauste, La Fabrique, 2001

David Landy, Jewish Identity and Palestinian Rights, Zed, 2011

Antony Lerman, The Making and Unmaking of a Zionist, Pluto, 2011

Francis Nicosia, The Third Reich and the Palestine Question, Taurus, 1985
Aki Orr, The unJewish State : The Politics of Jewish Identity in Israel. London, Ithaca, 1983
Yakov Rabkin Au nom de la Torah : Une histoire de l’opposition juive au sionisme, Presses de l’Université Laval,‎ 2004
John Rose, The Myths of Zionism, Pluto, 2005
Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard,‎ 2008
Nathan Weinstock, Le Sionisme, faux messie, Paris, 1969

JEWS FOR BOYCOTTING ISRAELI GOODS (J-BIG)
Nous sommes des Juifs résidant au Royaume-Uni qui soutenons l’appel palestinien à la campagne boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour qu’Israël rende compte des décennies de violation du droit international. J-BIG fait partie de Boycott Israel Network (www.boycottisraelnetwork.net).

https://jews4big.wordpress.com

jews4big@gmail.com

Traduction par Elodie C. pour BDS France

Version originale du texte :

https://www.dropbox.com/s/qmtr7750m1h5g3u/2013-01-15-jbig-briefing-web.pdf




L’attaque du gouvernement du Royaume-Uni contre le BDS fait partie d’une offensive plus large

Ben White, vendredi 9 octobre 2015

UK flagUne attaque sans précédent contre la campagne à direction palestinienne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) a fait partie des annonces du parti Conservateur au cours de sa conférence annuelle cette semaine.

Le gouvernement a l’intention de changer les règles de passation des marchés et pensions, pour empêcher les conseils locaux d’adopter des initiatives de plus en plus populaires de boycott et de désinvestissement. Cette mesure est prise spécifiquement pour protéger les compagnies complices de l’occupation israélienne et le commerce britannique des armes.

Mettant en garde contre les « actions militantes des conseils de gauche », et au vu de la victoire de Jérémy Corbyn pour la direction du parti travailliste, le plan des Tories constitue une des tentatives les plus sérieuses à ce jour pour combattre la campagne BDS en expansion en Grande-Bretagne. Elle survient à un moment où UK Lawyers for Israel (UKLFI) a récemment recruté un Directeur des opérations à plein temps sur un poste affiché avec un salaire de 40-50,000 £.

Le communiqué de presse des Conservateurs annonçant les plans de changement de la loi se lit en partie comme un copier-coller de déclarations du Conseil des représentants juifs britanniques ou de l’ambassade d’Israël, avec leurs déclarations que le boycott des compagnies complices des violations des droits humains sert à « polariser le débat » et à « enflammer les tensions » dans les communautés locales.

Comme preuve de la montée du boycott d’Israël, les Tories ont indiqué les mesures prises ces dernières années par les municipalités de Leicester et de Nottingham, les conseils écossais et trois syndicats : UNISON, Unite, and GMB. Ils ont aussi souligné les antécédents de Jérémy Corbyn dans le soutien aux droits des Palestiniens, notant qu’il parraine le « groupuscule Palestine Solidarity Campaign » (une expression, c’est à noter, employée habituellement par le Jerusalem Post).

En réponse, le Président de la Palestine Solidarity Campaign (PSC) Hugh Lanning a décrit les « propositions de restreindre, au niveau local, les décisions éthiques » comme « une réponse autoritaire à la montée extraordinaire du mouvement pour la paix et la justice pour la Palestine au Royaume-Uni. »

Lanning a ajouté que « forcer les conseils à mettre les intérêts des grandes entreprises devant l’éthique et le droit international n’est pas seulement une pratique risquée et une mauvaise affaire, c’est une interférence brutale et entièrement injuste dans la démocratie locale. » Le PSC a aussi fait remarquer que les mesures proposées par les Conservateurs sont contraires à l’avis actuel du gouvernement britannique contre les affaires avec les colonies israéliennes.

Le groupe de bienfaisance anti pauvreté War on Want a aussi fustigé la nouvelle politique d’ « interdiction aux conseils locaux de faire des choix d’investissement éthiques » comme « complètement antidémocratique et comme une initiative impitoyable de réprimer le mouvement en expansion de boycott, désinvestissement et sanctions pour stopper la complicité britannique avec les violations israéliennes du droit international ».

L’emploi de mesures législative pour combattre le BDS n’est ni nouvelle ni unique à la Grande-Bretagne. En France, par exemple, les militants BDS font face à des poursuites judiciaires derrière une application obscure d’un article de législation anti-discriminatoire, avec quatre militants convoqués en justice en décembre à Toulouse, accusés d’entraver le libre exercice du commerce.

La semaine dernière, au cours d’une courte tournée que j’ai entrepris, le Président de l’université de Toulouse Jean-Jaurès a notifié l’annulation de ma conférence moins de 24 heures auparavant et sans en donner de raison. Finalement, l’exposé a eu lieu, mais dans une autre salle du campus. Précédemment en mars, la ville de Toulouse a interdit une conférence du militant et universitaire sud-africain Farid Esack.

D’après le militant toulousain BDS Jean-Pierre Bouché, un de ceux convoqués au tribunal dans deux mois, il y a « de plus en plus de tentatives d’empêcher l’expression de la campagne BDS, depuis l’interdiction d’autorisation pour utiliser des salles municipales jusqu’à la poursuite de quatre militants BDS pour la raison qu’ils distribuaient des tracts. »

Aux USA, dans le même temps, des articles récents ont documenté comment les supporters des droits humains palestiniens sont visés en permanence par de l’intimidation, du harcèlement ou des attaques contre leur liberté d’expression. À l’Université de Californie, les autorités sont sous la pression des groupes et des politiciens pro Israël pour faire adopter une définition de l’antisémitisme qui pourrait avoir un effet dissuasif sur l’expression politique légitime.

Aux USA, les groupes pro Israël – avec un rôle-clé joué par les militants Sionistes Chrétiens – cherchent aussi à faire passer des lois dans les sénats des États, servant au minimum à intimider les militants BDS ; et qui pourraient conduire potentiellement à la « criminalisation du soutien aux droits palestiniens et contre l’occupation ».

Plus tôt dans l’année, Shurat HaDin, une organisation liée au gouvernement et aux services de sécurité israéliens, a tenu un séminaire à Jérusalem « pour former des avocats étrangers à contester le BDS. » Des dizaines d’avocats du monde entier y sont venus, les organisateurs espérant les « équiper » avec « les outils tactiques et les stratégies pour les salles d’audience qu’il leur faut » pour combattre le BDS.

Les nouveaux projets du gouvernement britannique d’utiliser la loi comme moyen de combattre le BDS font donc partie d’une offensive antidémocratique plus large dans notre pays, et d’une tendance internationale dans laquelle les soutiens d’Israël considèrent de plus en plus la « guerre par la loi » comme leur seule option pour tenter d’endiguer la marée de la solidarité avec la Palestine. La réponse à ces tactiques devra similairement être bien coordonnée.

UK government’s attack on BDS part of wider offensive
Ben White, 9 octobre 2015
https://www.middleeastmonitor.com/blogs/politics/21545-uk-governments-attack-on-bds-part-of-wider-offensive
Traduction: JPB pour BDS France




Les architectes britanniques demandent la suspension des architectes israéliens de leur union internationale

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Angela Brady, last year’s President of the RIBA

L’Institut Royal britannique des Architectes (RIBA) demande la suspension des architectes israéliens de l’Union Internationale des architectes. Cette décision rappelle un précédent important puisqu’en 1978, RIBA a protesté contre l’apartheid en Afrique du Sud en coupant ses liens avec les Écoles d’architecture de ce pays. Cette décision concernant le boycott d’instituts professionnels pourrait bien être une première. Elle a mis en lumière la complicité des architectes israéliens à l’endroit de l’occupation, apparemment sans souci éthique. L’organisme Architectes et Planificateurs pour la justice en Palestine s’est mobilisés depuis des années pour en arriver à cette décision. Des architectes et professionnels du monde entier leur ont apporté leur soutien.

L’architecture est une profession profondément liée à la politique. Les architectes israéliens travaillent dans un environnement très politique. Une des écoles d’architecture a ses locaux à l’université Ariel, construite à l’intérieur d’une colonie en Cisjordanie. Les architectes continuent à construire le Mur, les multiples colonies et les quartiers de Jérusalem Est.

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La charte de l’Union Internationale des Architectes (IUA) rappelle aux architectes qu’ils ont l’obligation de « considérer sérieusement l’impact social et environnemental de leurs activités et de respecter et conserver l’héritage. » Les colonies sont illégales sous la loi internationale. Il y a maintenant dix ans que la Cour Internationale de justice a déclaré illégaux le Mur et les colonies. N’est-ce pas, légitime que les architectes qui se solidarisent à des crimes de guerre et des violations contre les droits humains soient la cible du boycott?

En août 2014, le congrès mondial de l’union des architectes se tient à Durban, en Afrique du Sud. Les participants devront sur place révéler le rôle crucial que les architectes israéliens jouent dans l’occupation : plans des infrastructures de l’occupation et de l’apartheid, judaïsation à grande échelle dans le pays, à Jérusalem Est, en Galilée, dans le Negev et dans les quartiers palestiniens des villes israéliennes.

Adapté de http://apjp.org/riba-votes-to-suspend-israeli/2014/3/20/riba-votes-to-suspend-israeli-architects-association-from-in.html




Deux nouveaux succès BDS !

Omar Barghouti – 28 avril 2014

À noter que le premier succès, la résolution du syndicat des enseignants britanniques, dépasse résolument le seul paradigme de l’occupation, et condamne les violations par Israël du droit international dans le Naqab (Néguev) et sa discrimination contre les étudiants et enseignants palestiniens qui sont citoyens d’Israël.

(I) – Le syndicat national des enseignants du Royaume-Uni (plus de 300 000 adhérents) vote une résolution BDS à la conférence :

http://www.teachers.org.uk/files/nut-final-agenda.pdf
(P. 45-46)
Motion 31 sur la Palestine : Londres-Est

La conférence se réjouit du séjour en territoire palestinien occupé d’une délégation de membres de ses instances dirigeantes et d’adhérents, en octobre 2013, et du renforcement des liens entre notre syndicat national des enseignants et le syndicat général des enseignants palestiniens.

La conférence prend note du régime oppressif et injuste en cours imposé par l’État d’Israël au peuple palestinien, et elle est particulièrement préoccupée par l’impact sur les jeunes et leurs familles.

La conférence approuve les demandes suivantes et appelle le gouvernement britannique à poursuivre activement ces objectifs :

  • 1) démantèlement du mur de 700 kilomètres condamné par la Cour internationale de Justice en juillet 2004 ;$
  • 2) fin de toutes les colonies, toutes illégales, qui contrôlent maintenant 42,7 % de la Cisjordanie (chiffre des Nations-Unies) ;
  • 3) annulation de toutes les mesures visant à couper Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie au moyen d’un processus d’expansion des colonies et de démolitions des maisons palestiniennes ;
  • 4) soutien à l’appel des Nations-Unies pour la fin du blocus de Gaza ;
  • 5) démantèlement des 532 checkpoints de l’armée israélienne (chiffre des Nations-Unies) ;
  • 6) fin du traitement inhumain des enfants palestiniens prisonniers, tel que documenté par Defence for Children international/Palestine section ;
  • 7) abandon du Plan Power du gouvernement pour la destruction des villages bédouins à l’intérieur d’Israël et le déplacement par la force de leurs populations hors de leurs villages spécifiques , et
  • 8) droit des Palestiniens de l’intérieur d’Israël à élaborer un programme qui préserve leur patrimoine et mette fin à leur discrimination en matière d’enseignement.

Motion 31 sur la Palestine : Croydon

La conférence réaffirme son engagement à mener campagne en solidarité avec les Palestiniens dans leur lutte pour la paix et la justice, et elle appelle ses instances dirigeantes à diffuser le rapport de la délégation de 2013 aussi largement que possible, le faisant connaître via les réseau enseignants et tous les réseaux syndicaux appropriés.

Instructions de la conférence à ses instances dirigeantes :

  • 1) soutenir la politique du TUC (Congrès des syndicats britanniques) pour « le boycott des produits des sociétés qui tirent profit des colonies illégales, de l’occupation et de la construction du mur » ;
  • 2) faire pression sur le gouvernement du Royaume-Uni pour qu’il demande au gouvernement israélien de se conformer au droit international et aux traités relatifs aux droits de l’homme ;
  • 3) oeuvrer pour gagner l’adhésion de l’Internationale de l’éducation et de l’ETUC (European Trade Union Confederation – Confédération européenne des syndicats) à ces politiques et rechercher la collaboration des syndicats ayant la même démarche internationale ;
  • 4) transmettre ces opinions au syndicat des enseignants israéliens ;
  • 5) exprimer notre solidarité au GUPT (General Union of Palestinian Teachers – syndicat des enseignants palestiniens) dans ses objectifs pour l’éducation, et discuter avec lui des moyens pour développer cette solidarité ;
  • 6) appeler à la fin de la discrimination contre les étudiants et enseignants palestiniens en Israël ;
  • 7) encourager les facultés à établir des liens avec les enseignants palestiniens et leurs écoles, notamment en organisant des échanges de délégations ;
  • 8) encourager les associations, écoles et facultés à faire connaître à leurs membres le rapport de la délégation ; inviter des conférenciers à leurs rencontres et encourager à l’adhésion et à la participation actives dans un travail sur cette question ;
  • 9) organiser une rencontre spécifique avec les représentants des facultés et les agents de la solidarité internationale pour présenter le rapport, expliquer la politique du syndicat, exposer dans leurs grandes lignes les moyens de développer cette activité, et incorporer des mises à jour régulières dans les réunions d’information des secrétariats des facultés et des représentants des écoles, et
  • 10) poursuivre la campagne pour les droits des enfants palestiniens, notamment des enfants prisonniers, et travailler pour engager tous les adhérents dans cette campagne, en incitant à l’engagement individuel et à l’adhésion à la Campagne de solidarité Palestine, et au soutien de l’action en faveur des enfants palestiniens prisonniers.

Amendements

Motion 31.1 : Buckinghamshire

Kirklees : instructions de la conférence aux instances dirigeantes (ajouter le point suivant) :

  • 11) instruire par des publications les adhérents, agents des facultés et de la solidarité internationale, sur la propagande de « blanchiment » utilisée par Israël pour faire croire à ses citoyens, et plus largement au monde, qu’il progresse dans le respect des droits des LGBT (Lesbiens, Gays, Bi et Trans), tout en détournant l’attention loin de ses violations des droits des êtres humains qu’il commet par son occupation de la Cisjordanie et de Gaza.

(II) Le conseil des étudiants de l’université de Riverside, Californie, vote une résolution de désinvestissement :

Hier soir, le sénat étudiant de l’université de Californie à Riverside a voté en faveur d’une résolution parrainée par le groupe Étudiants pour la justice en Palestine, demandant à l’université de retirer ses investissements des sociétés états-uniennes qui tirent profit de l’occupation israélienne.
Article intégral : http://electronicintifada.net/blogs/nora-barrows-friedman/divestment-passes-university-california-riverside

vidéo d’une minute de l’annonce du succès de la résolution de désinvestissement : https://www.facebook.com/photo.php?v=10203936326355061&set=vb.1429102999&type=2&theater
Omar Barghouti
traduction : JPP pour BDS FRANCE




Résumé des succès du BDS en 2013

 Par le BNC, comité national palestinien du BDS

10 janvier 2014

http://www.bdsmovement.net/2014/2013-round-up-11579

Janvier

Veolia se retire des enchères pour un contrat sur l’eau en Californie après les protestations contre ses violations des droits des Palestiniens

Le retrait de Veolia des enchères sur le contrat de 325 millions de dollars a fait suite aux efforts des citoyens du comté Yolo d’empêcher l’attribution du contrat à cause de l’implication de la compagnie dans l’infrastructure illégale des colonies israéliennes.

Cinq grands syndicats de Galice en Espagne adoptent le BDS

Cinq syndicats importants de la région de Galice dans l’État espagnol ont annoncé leur soutien au BDS.

L’association des étudiants de Concordia soutient la campagne BDS contre l’apartheid israélien

L’assemblée générale des étudiants de l’université Concordia de Montréal a voté sa participation au mouvement BDS à une grande majorité.

Une compagnie agricole sud-africaine coupe ses liens avec l’exportateur israélien Hadiklaim

Karsten Farms a aussi entrepris de n’établir aucune relation future avec aucune entité israélienne complice de l’occupation israélienne illégale de la Palestine.

Les magasins Sud-africains de jouets Reggies stoppent leur soutien au KKL-FNJ

Le KKL-FNJ est un organisme para étatique israélien directement impliqué dans les violations des droits humains contre le peuple palestinien. Auparavant Reggies soutenait, était partenaire et contribuait financièrement au FNJ Israélien.

Hyundai cesse ses relations avec une compagnie participant à la démolition de maisons

La compagnie coréenne Hyundai avait fourni des pelleteuses à la société israélienne AEG, utilisées par les autorités israéliennes pour détruire les maisons palestiniennes.

Le guitariste Stanley Jordan annule sa performance à l’Israeli Jazz Festival

Guitariste créatif et acclamé, Jordan avait été annoncé parmi les têtes d’affiche du festival.

Le groupe de Trash Metal Kreator annule son concert en Israël

Kreator, qui ont joué en Israël en 2006, ont annulé leur concert puis choisi de ne pas le reprogrammer.

Février

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Des manifestations à Gaza et dans 40 villes européennes appellent à cesser le commerce avec les entreprises agricoles israéliennes

Les organisations agricoles palestiniennes ont lancé un appel à l’action de la société civile contre les compagnies israéliennes d’exportation agricole comme Mehadrin et Arava, en raison de leur rôle dans la colonisation de la Palestine et dans la destruction de l’agriculture palestinienne par Israël. L’appel et le document accompagnateur Farming Injustice (traduction : Cultures d’injustice) ont été lancées dans le cadre d’une journée d’action où des manifestations ont eu lieu à Gaza et dans 40 villes européennes.

Une commission d’enquête de l’ONU sur les colonies israéliennes appelle à des sanctions

Le rapport d’une commission d’enquête de l’ONU sur les colonies israéliennes illégales a appelé les Etats à accorder à Israël le traitement réservé aux Etats responsables de violations sérieuses similaires – c’est-à-dire une interdiction du commerce avec les colonies, et des boycotts et sanctions contre l’État d’Israël et ses institutions.

L’association des étudiants de l’université de Dundee vote pour la rupture des liens avec G4S

Les étudiants de l’association des étudiants de l’université de Dundee (DUSA) en Écosse ont voté à une grande majorité lors de leur assemblée générale annuelle la rupture des liens avec la société de sécurité anglo-danoise G4S pour son rôle dans le système carcéral et dans l’occupation israélienne.

Shuggie Otis annule son concert en Israël

Le chanteur compositeur légendaire Shuggie Otis a tranquillement annulé un concert en Israël

Mars

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Des manifestations en Palestine et des actions internationales BDS marquent la Journée de la terre palestinienne

Les supporters internationaux de la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et l’égalité ont marqué la Journée de la terre par des actions et initiatives pour approfondir les campagnes de boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël.

Un syndicat étudiant australien quitte un concours de SodaStream

Le syndicat des étudiants de l’université La Trobe applique le soutien au BDS en annulant un concours dans lequel une machine SodaStream était annoncée comme prix. SodaStream est une compagnie israélienne dont les machines à boisson sont fabriquées dans une colonie israélienne illégale.

Les étudiants californiens votent le soutien au BDS

Les conseils étudiants des collèges de l’Université de Californie à San Diego, Irvine, Riverside et Berkeley ont voté le soutien.

Le conseil du Clackmannanshire devient le troisième gouvernement local écossais à soutenir le boycott d’Israël

« Tout comme les sanctions individuelles contre l’apartheid en Afrique du Sud ont conduit finalement à sa chute, les sanctions individuelles et collectives contre l’État d’Israël mettront fin à l’apartheid et à la souffrance en Palestine », a exprimé la motion du gouvernement local. Les conseils de West Dunbartonshire et de Stirling soutiennent aussi le boycott.

La fédération des étudiants de York soutient la campagne BDS

Le bureau de la fédération des étudiants de York au Canada vote le soutien au BDS par 18 voix contre 2 et appelle l’université de York à retirer ses investissements des sociétés qui vendent des armes et de l’équipement militaire à Israël.

Le droit des syndicats universitaires britanniques à boycotter Israël est confirmé par un conseil des prud’hommes

Les organisations pro-israéliennes ont complètement échoué dans leurs tentatives soutenues par le gouvernement israélien de faire juger discriminatoire par le conseil des prud’hommes la position pour le boycott du Syndicat des universités et collèges.

L’église mennonite des USA désinvestit des violations israéliennes des droits humains

Le conseil des directeurs du comité central mennonite a décidé à l’unanimité que le MCC US n’investira pas consciemment dans des compagnies qui bénéficient des produits ou des services utilisés pour perpétrer des actes de violence contre les Palestiniens.

Avril

G4S-Oslo-University

Action mondiale contre G4S pendant le jour des prisonniers

G4S fournit des équipements de sécurité aux prisons israéliennes, aux check-point et aux colonies. Des actions contre G4S ont été organisées dans 11 pays pour coïncider avec le jour des prisonniers politiques palestiniens. Les protestations se sont tenues devant les bureaux de G4S ; le Scottish Trade Union Congress et des associations du Moyen-Orient ont publié des déclarations soutenant la campagne contre G4S.

Le syndicat des étudiants de l’université de Toronto Scarborough (SCSU) devient le neuvième syndicat d’étudiants canadiens à rejoindre le mouvement BDS

Les étudiants belges appellent au boycott universitaire

Une fédération représentant 100 000 étudiants belges de l’éducation supérieure a appelé à un gel de tous les partenariats universitaires avec les institutions universitaires israéliennes.

L’association d’études des Américains d’origine asiatique approuve à l’unanimité une résolution de boycott

L’assemblée générale de l’association d’études des Américains d’origine asiatique (AAAS) des USA a voté à l’unanimité pour une résolution soutenant le boycott des institutions universitaires israéliennes.

Les étudiants du Sussex appellent l’université à résilier les contrats avec Veolia

Des milliers d’étudiants de l’université du Sussex en Grande-Bretagne ont voté une résolution pressant le syndicat étudiant à soutenir une campagne pour que l’université résilie son contrat avec Veolia à en raison du rôle de la multinationale française dans la gestion de l’infrastructure des colonies israéliennes illégales.

Le syndicat des enseignants d’Irlande soutien le boycott universitaire

La motion du congrès annuel du syndicat des enseignants d’Irlande, qui qualifie Israël d’ « État d’apartheid », appelle « tous les membres à cesser toute collaboration culturelle et universitaire avec Israël, y compris l’échange de scientifiques, d’étudiants et de personnalités universitaires, ainsi que toute coopération dans les programmes de recherche ». La motion a été adoptée à l’unanimité.

Les étudiants de Sydney soutiennent le boycott universitaire

« Israël n’écoute ni les mots ni les motions et continue de violer les droits humains et d’agir en violation du droit international. Comme en Afrique du Sud, un changement n’aura lieu que par des actions pacifiques de campagnes telles que le BDS », explique la déclaration approuvée par le Conseil représentatif des étudiants de l’université de Sydney.

L’association d’études des Américains d’origine asiatique s’associe au boycott universitaire

L’association d’études des Américains d’origine asiatique vote de soutien au boycott universitaire des institutions académiques israéliennes, devenant la première organisation universitaire des USA à le faire.

Mai

 Hawking

Stephen Hawking s’associe au boycott universitaire d’Israël

Le physicien de renommée mondiale Stephen Hawking s’est retiré d’une conférence en l’honneur du président israélien Shimon Peres. Une déclaration publiée par le comité britannique pour les universités de Palestine avec l’approbation de Hawking décrit cette décision comme « sa décision indépendante de respecter le boycott, basée sur sa connaissance de la Palestine, et sur l’avis unanime de ses propres contacts universitaires là-bas ».

La commission chargée des associations de bienfaisance ouvre une enquête sur la légalité de la discrimination raciale du KKL-JNF

La décision d’ouvrir une enquête fait suite à une demande de la campagne Stop the JNF à la commission chargée des associations de bienfaisance pour retirer le Fonds National Juif du registre britannique des associations de bienfaisance.

L’université de Sheffield vire Veolia

L’Université de Sheffield a décidé de ne pas renouveler son contrat de collection des ordures avec la corporation multinationale Veolia, à la suite d’une campagne débutée par la Palestine Society du campus et soutenue par le syndicat étudiant. La décision couronne une année d’activité intense et réussie des militants étudiants britanniques.

La United Church of Canada débute une campagne de boycott des colonies

Cette campagne a été intitulée Unsettling Goods: Choose Peace in Palestine and Israel.

Juin

Un diplomate sud-africain rejette les honneurs du KKL-FNJ

Un ancien ambassadeur sud-africain en Israël dit qu’il va retourner un certificat l’informant que 18 arbres ont été plantés en son honneur dans une forêt israélienne par le Fonds National Juif (FNJ) et le ministère israélien des affaires étrangères.

Plus de 150 organisations de solidarité sont solidaires des militants français confrontés à des actions judiciaires

Les militants français sont confrontés à des accusations criminelles pour leur activité de solidarité BDS depuis 2009.

La réalisatrice Mira Nair soutient le boycott culturel

La réalisatrice de Bombay ! et de Monsoon Wedding refusé une invitation à porter en Israël son dernier film ‘L’intégriste malgré lui’, citant l’appel palestinien au boycott culturel dans une série de Tweets.

Juillet

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Les géants du rock US The Killers se retirent d’un concert en Israël

The Killers avaient déjà reçu la moitié de leurs honoraires pour le concert quand ils ont annoncé qu’ils annulaient la performance à la suite de lettres et d’appel des militants.

L’UE exclut les entités coloniales de la réception de prêts et de financements

Après des années de lobbying par la société civile sur cette question, l’UE a publié une directive empêchant les ministères, entités publiques et entreprises israéliennes opérant dans les territoires palestiniens occupés de recevoir des prêts, valant plusieurs centaines de millions d’euros par an, par la Banque d’Investissement Européenne. La directive stoppe aussi l’attribution de subventions aux ministères, entités publiques et entreprises privées israéliennes pour des activités prenant place dans les territoires occupés, même si leur siège est dans les frontières d’Israël d’avant 1967.

Les mouvements sociaux latino-américains appellent à la fin de l’accord de libre-échange avec Israël

La société civile des cinq pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Venezuela, Uruguay et Paraguay) ont adopté à nouveau au XVe sommet social un appel clair pour la fin de l’accord de libre-échange entre le Mercosur et Israël.

Une nouvelle frise chronologique interactive du mouvement BDS expose les succès

La frise chronologique, sur le site BDS movement.net, a été lancée pour commémorer le huitième anniversaire de l’appel BDS

Le fonds de pension géant étasunien TIAA-CREF désinvestit de SodaStream

« Quelle que soit la raison pour laquelle TIAA-CREF a laissé tomber SodaStream, nous y voyons une décision scrupuleuse », dit Sidney Levy de la campagne We Divest, qui mène campagne pour que TIAA-CREF désinvestisse des compagnies qui participent aux violations israéliennes du droit international.

Des distributeurs néerlandais boycottent les colonies

Les médias ont rapporté de Hollande que deux grandes chaînes de distribution du pays ont cessé de vendre des marchandises produites dans les colonies israéliennes.

Aout

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Une grande banque scandinave désinvestit de Cemex à cause de l’extraction des ressources naturelles palestiniennes

Nordea a exclu la compagnie à la suite de l’engagement militant de l’organisation Aide du peuple norvégien (NPA) et du Syndicat norvégien des employés municipaux et généraux (NUMGE).

Des musiciens de jazz boycottent le festival de la mer Rouge

Les artistes de jazz étasuniens Chris Daddy Dave et Matt Schofield avec son groupe, le Matt Schofield Trio, ont annulé leurs performances dans le festival israélien de musique.

Septembre
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Sous la pression du boycott, Veolia abandonne le réseau de bus des colonies

Veolia a révélé qu’il cessera d’exploiter les lignes de bus pour colons en Cisjordanie occupée car la compagnie continue de perdre des contrats en Europe et aux USA à cause de son soutien à l’apartheid israélien. Veolia continue d’exploiter le projet illégal de tramway à Jérusalem.

Une firme hollandaise se retire d’une usine traitement d’eaux usées pour les colons de Jérusalem Est

Royal HaskoningDHV a annoncé qu’il se retirait d’un projet d’usine de traitement d’eaux usées à Jérusalem Est occupé à la suite de pressions du gouvernement hollandais.

Les Quakers de trois états des USA appellent au boycott et au désinvestissement

Le Lac Erie Yearly Meeting, une organisation Quaker régionale regroupant Ohio, Michigan et Pennsylvanie Ouest, est devenu le premier Yearly Meeting Quaker étasunien à adopter officiellement le boycott et le désinvestissement visant les sociétés complices de l’occupation israélienne.

Octobre

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Un syndicat norvégien termine son contrat avec G4S, un « acte de solidarité » avec les Palestiniens

Industri Energi, un syndicat pour les travailleurs des secteurs de l’énergie et de l’industrie lourde, a saqué G4S comme agence de sécurité de ses bureaux à cause du rôle de la compagnie dans les prisons israéliennes, les check-points et les colonies. La même semaine, l’association des enseignants de Londres Est a passé une résolution condamnant le rôle de G4S dans la détention des enfants palestiniens.

Les contrats liés aux colonies des territoires occupés pourraient être « criminels », avertit un expert de l’ONU

Richard Falk a dit que son bureau à essayé d’informer les sociétés, parmi lesquelles le groupe bancaire européen Dexia et la société immobilière étasunienne Re/Max que la poursuite de leurs pratiques dans les territoires pourrait être « problématique ».

Les boycotts forcent à l’annulation d’un festival de rock en Israël

Circus Maximus (Norvège), Haken (UK), et Bumblefoot (USA) étaient supposés jouer en Israël au festival de rock Progstage. Après leurs annulations qui ont suivi les discussions avec les militants BDS, le festival entier a été annulé.

Novembre

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Un grand fonds de pension des USA désinvestit son fonds éthique de Veolia

Le fonds de pension géant étasunien TIAA-CREF a retiré Veolia Environnement du portefeuille de son Fonds de Choix Sociaux à la suite de la pression de la coalition We Divest.

St Louis jette le profiteur de l’occupation Veolia

L’opposition rencontrée par Veolia pour son rôle dans les colonies illégales israéliennes l’a conduit à se retirer de la ville. Veolia aurait dit que Saint-Louis « ne vaut pas le coup. Ça ne vaut pas les torts faits aux affaires [de Veolia]).

Une organisation de droits humains sud-africaine termine son contrat avec G4S

Le Trauma Centre du Cap a publié une déclaration s’opposant au rôle de G4S dans les prisons israéliennes où les Palestiniens sont détenus sans procès et torturés.

Le parti de gauche adhère à la campagne BDS

Le grand parti de gauche français, dont le leader Jean-Luc Mélenchon a gagné 11 % des voix aux élections présidentielles de 2012, s’est aussi engagé à soutenir les campagnes de BDS France.

La deuxième université norvégienne écarte G4S pour son soutien à l’apartheid israélien

L’université norvégienne de Bergen a choisi d’écarter G4S comme agent de sécurité à cause de son rôle dans le système carcéral israélien et dans les colonies illégales israéliennes.

La campagne de boycott coûte de contrats universitaires à G4S

Deux grandes universités britanniques ont choisi de ne pas accorder à G4S le contrôle de la sécurité des campus à la suite de campagnes des étudiants critiquant la compagnie

Décembre

La compagnie des eaux hollandaises Vitens boycotte la société des eaux de l’État israélien

Vitens, le premier fournisseur d’eau potable en Hollande, a mis fin à son accord de coopération avec la compagnie nationale des eaux d’Israël Mekorot à cause de son rôle dans le vol des eaux palestiniennes. Dans le même temps, le gouvernement hollandais prend des mesures pour empêcher qu’un forum d’affaires Israël-Hollande soit utilisé pour développer des liens avec les compagnies qui opèrent dans les colonies israéliennes illégales.

Le gouvernement britannique avertit les milieux d’affaires sur l’entreprise illégale israélienne de colonisation

Le gouvernement britannique a publié des conseils avertissant les milieux d’affaires sur les problèmes et les risques associés à la conduite d’affaires avec les colonies israéliennes illégales.

La Roumanie stoppe l’envoi de travailleurs du bâtiment en Israël en raison des colonies

Le gouvernement roumain a annoncé qu’il stoppera l’envoi de travailleurs du bâtiment en Israël si le gouvernement israélien ne s’engage pas à ce qu’ils ne travaillent pas en Cisjordanie.

Des détaillants de Rome boycottent SodaStream

La compagnie israélienne Sodastream est visée par une campagne internationale de boycott qui a comporté récemment 50 actions dans six pays.

Les campagnes de boycott prennent leur essor en Amérique latine

Les mouvements sociaux brésiliens mènent campagne contre l’accord de libre-échange entre le Mercosur et Israël, les groupes colombiens lancent une pétition Veolia et les militants mexicains protestent contre des événements de propagande israélienne.

Un syndicat hollandais élimine G4S pour son aide aux violations israéliennes des droits humains

AbvaKabo, un syndicat hollandais de 350 000 membres, a cessé ses relations avec G4S, une société de sécurité privée qui a équipé les prisons israéliennes en Cisjordanie occupée.

 

Traduction: JPB pour BDS France




Tribunal Russel pour la Palestine et BDS

Une conséquence cruciale des conclusions du TRP est le soutien au développement de la Campagne BDS – c’est-à-dire de Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.
Le TRP a caractérisé la politique israélienne comme étant une politique d’apartheid et donc sujette aux sanctions ciblant tout régime d’apartheid.
Dans la synthèse des conclusions de sa troisième session, qui a eu lieu en Afrique du Sud à Cap Town entre les 5 et 7 novembre 2011 le Tribunal exhorte explicitement : « la société civile mondiale (y compris tous les groupes et individus qui travaillent de leur mieux en Israël et en territoire palestinien occupé pour lutter contre le système de domination raciale qui y règne) à reproduire l’esprit de solidarité qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, notamment en conscientisant les parlements nationaux par rapport aux conclusions de ce Tribunal et en soutenant la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) »

Cette déclaration est renouvelée à plusieurs reprises dans les conclusions finales formulées à Bruxelles.

Ainsi dans une partie intitulée « Futures actions et pistes pour l’avenir. Les initiatives de la société civile » nous pouvons lire :

« Le Tribunal renouvelle son soutien et se félicite de la campagne BDS, qui doit s’intensifier au sein de l’Union européenne et s’étendre à d’autre Etats, organisations régionales et institutions intergouvernementales »

Et plus loin :

« Le Tribunal promeut l’idée d’un partenariat entre les organes de l’ONU et la société civile afin de faire pression sur Israël sur les questions de BDS en s’inspirant directement de l’expérience du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970, 1980 et 1990 »

Tout ceci me conduit à vous donner des précisions sur l’histoire, les fondements et le contenu du mouvement BDS, puis à vous expliquer que la Campagne BDS ça marche, et qu’il faut donc persévérer dans cette voie.

La campagne BDS a été lancée le 9 juillet 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne un an après la condamnation par la Cour Internationale de Justice du Mur dit de Séparation, condamnation restée sans suite.

Ces associations déclarent :

« Nous, représentants de la Société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international»

Puis ces associations de la société civile palestinienne énoncent les 3 objectifs du mouvement BDS :
« 1. Mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes et démanteler le Mur ;

A ce premier objectif s’est ajouté depuis 2005 l’exigence de mettre fin au blocus de Gaza.
2. Reconnaître les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respecter, protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU »

La campagne se développe dans de nombreux pays (en Europe, en Amérique, au Japon, au Maroc, etc), y compris en Israël où le mouvement « Boycott from Within » (Boycott de l’intérieur), bien que très minoritaire, apporte une aide précieuse à la Campagne BDS.

Elle a pris son essor en France depuis l’opération « Plomb durci » contre le peuple gazaoui au cours de l’hiver 2008-2009. Le site de la Campagne BDS France est : www.bdsfrance.org

La campagne se déploie selon plusieurs axes, comme c’était le cas du boycott de l’Afrique du Sud : les boycotts économique, sportif, universitaire et culturel.

Le boycott économique appelle les consommateurs ou n’importe organisme à ne pas se rendre complices d’une politique de violation du droit international et des droits humains en achetant des produits israéliens, qu’ils viennent des colonies de Cisjordanie ou du territoire israélien dans les frontière de 1967. Il vise aussi certaines sociétés non israéliennes qui participent directement à la répression du peuple palestinien.

Parmi l’ensemble de ces cas, citons les campagnes qui ciblent les entités suivantes :

  • la société Mehadrin, exportatrice de produits agricoles israéliens souvent issus des colonies,

  • les magasins Séphora qui commercialisent les produits de beauté Ahava issus de la Mer Morte,

  • la société qui commercialise les produits Sodastream (dont le gazéificateur),

  • Keter (qui fournit du petit matériel d’équipement),

  • les médicaments génériques TEVA (pour lesquels il est régulièrement fait une publicité sur France Info),

  • la société anglo-danoise G4S qui équipe les prisons israéliennes de son matériel dit de sécurité,

  • la société américaine Caterpillar, qui participe à la destruction du patrimoine palestinien et est complice de l’écrasement par ses bulldozers de citoyens Palestiniens et aussi de la militante pacifiste Rachel Corrie.

D’autres campagnes visent à ce que des sociétés se désinvestissent de leurs partenariats complices de la politique coloniale israélienne.

Ainsi la société Orange, qui a conclu un partenariat avec l’entreprise israélienne Partner Communications, qui installe des antennes et relais sur des terres confisquées aux Palestiniens pour le seul bénéfice de l’armée ou des colons. Ainsi aussi Veolia qui gère une déchetterie au service des colons et a d’importants projets d’investissements en Israël.

Venons-en à présent au boycott sportif, pour attirer l’attention sur le fait qu’il dénonce notamment la politique israélienne qui consiste à empêcher le peuple palestinien de pratiquer librement les sports et à se doter des moyens nécessaires, et qui consiste aussi à emprisonner arbitrairement des joueurs récalcitrants.

Les boycotts universitaire et culturel visent quant à eux des initiatives sponsorisées par l’Etat d’Israël. Nous nous adressons aussi aux artistes qu’Israël invite à des festivals pour avoir l’air d’être un Etat très ouvert à tous les courants culturels, et nous les exhortons à ne pas accepter de servir de caution morale destinée à blanchir Israël de ses crimes. Des responsables israéliens de haut niveau avouent d’ailleurs eux-mêmes que la culture leur est très utile pour leur propagande.

BDS remporte d’importants succès, et particulièrement au cours de la dernière période.

Signalons la faillite en 2011 de l’entreprise d’exportation de produits agricoles Agrexco, les grosses pertes de marchés pour les entreprises Alstom, qui a construit le tramway reliant Jérusalem à des colonies, et Veolia, dont le cours de l’action a chuté, la crise de la banque franco-belge Dexia qui participe au financement des colonies …

D’importantes sociétés de fonds de pension se désinvestissent de sociétés israéliennes travaillant pour l’occupation, et récemment PGGM, la plus grande société de gestion de fonds de pension des Pays-Bas, a décidé de retirer l’ensemble de ses investissements de cinq grandes banques d’Israël. En Grande Bretagne, Hollande et Suisse des directions de grandes surfaces ont décidé de retirer de leurs étalages les produits des colonies, se conformant ainsi à l’esprit des lignes directrices de l’Union Européenne, aussi nommées « guidelines » entrées en application le 1er janvier 2014 et visant à proscrire tout financement et toute subvention aux sociétés travaillant pour les colonies.

Vivens, le plus gros fournisseur d’eau potable des Pays-Bas, a depuis peu mis fin à sa coopération avec Mekorot, la compagnie nationale d’eau israélienne.
Dans des pays tels que l’Afrique du Sud, la Norvège, la Grande Bretagne, les Pays Bas, de très importantes fédérations syndicales renoncent aux services et aux contrats avec des firmes internationales complices de l’occupation, telles que Veolia et G4S.
D’importantes universités ont également rompu leurs relations, notamment en Afrique du Sud ou même aux Etats-Unis. Récemment l’une des principales institutions universitaires américaines, l’American Studies Association (ASA) a invité tous ses membres à couper toutes relations de nature institutionnelle avec les universités israéliennes.Diverses églises importantes se réclamant de divers courants religieux appellent aussi à BDS.

La Campagne BDS jouit également du soutien d’artistes de renom international, qui sont de plus en plus nombreux à refuser ou à annuler des tournées en Israël, d’intellectuels et de personnalités publiques jouissant d’une grande influence, dont des membres ou des parrains du Tribunal Russell : Desmond Tutu, Roger Waters des Pink Floyds, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, le cosmologue Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence de haut niveau en Israël …

Avant de conclure sur les perspectives du mouvement BDS, je veux signaler 2 questions importantes qui mobilisent la Campagne BDS France, questions que je ne développerai pas pour ne pas dépasser le temps qui m’est imparti.

La première c’est notre engagement actif contre le KKL, ou Fonds National Juif, qui est un organisme paraétatique israélien qui est depuis plus d’un siècle le fer de lance de la dépossession du peuple palestinien. Les dons à l’antenne française du KKL bénéficient d’une déductibilité d’impôts, cet organisme se faisant passer pour une association d’intérêt général, écolo et de bienfaisance, et nous sommes actuellement mobilisés contre le projet du KKL France de tenir le 2 février prochain une grande journée de propagande au Palais Brongniart à Paris.

La seconde question est que la France est le seul pays où des militants de la Campagne BDS sont poursuivis en justice, ce qui est conforté par la circulaire Alliot Marie, qui assimile les actions de sensibilisation à BDS à des appels à la discrimination raciale. Nous exigeons, avec de nombreuses associations, le retrait de cette circulaire et la relaxe des militants poursuivis, ce que d’ailleurs de nombreux juges comprennent.

Et je tiens à souligner que cette situation ne nous empêche pas de développer le mouvement BDS et ne fléchit pas notre détermination.

Quelles sont les perspectives du mouvement BDS ?

L’économie israélienne est certes encore forte, notamment pour ce qui concerne la vente de matériel à usage répressif, testé sur le peuple palestinien, mais la Campagne BDS progresse inexorablement. Elle entre en résonance avec d’autres causes, notamment l’antiracisme, les mouvements anti-guerre, les mouvements pour la justice sociale. Elle est porteuse de valeurs universelles.

Ce n’est pas sans raison que Netanyahou le premier ministre israélien, et d’autres ministres de ce pays ont déclaré que le mouvement BDS est une menace stratégique pour Israël. Il est significatif aussi qu’une centaine de grands patrons israéliens, redoutant le succès des appels au boycott, lancent un appel pour la paix avec les Palestiniens. Quand de son côté Omar Barghouti, co-fondateur de la Campagne BDS, pose la question « L’année 2014 verra-telle un tournant décisif pour la Campagne BDS ? », nous accueillons ce propos avec optimisme.

L’année 2014 a été déclarée année de la Palestine par décision de l’ONU. Nous veillerons à ce qu’elle soit en même temps l’année de BDS. Les régimes d’apartheid ne durent pas jusqu’à la fin des temps. L’Etat d’Israël fait et continuera de tout faire pour essayer de réduire le développement de BDS et pour vider de leur substance des mesures telles que les lignes directrices de l’Union Européenne.

Nous continuerons de nous y opposer résolument. Nous continuerons nos activités militantes avec enthousiasme, parce que les droits des peuples et la vraie justice sont de notre côté.

L’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il le sera aussi en Palestine et Israël !

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France

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Campagne de BDS contre Israël : l’année 2014 verra-t-elle un tournant décisif ?

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Il est à la fois curieux et surprenant de constater qu’Israël se sente vulnérable alors qu’il se trouve au sommet de sa puissance économique et militaire, notamment en matière de nucléaire. Cette fois, l’ironie veut que la menace provienne d’un mouvement non-violent ancré dans le droit international et dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Au mois de juin de cette année, le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahu a en effet déclaré que le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), dirigé par les Palestiniens, représente une « menace stratégique » pour le régime israélien d’occupation, de colonisation et d’apartheid. Pour cela, Netanyahu a décidé de confier la responsabilité totale de la lutte contre le BDS au Ministre des Affaires Stratégiques.

Cette évolution spectaculaire reflète l’échec de « Brand Israel », une campagne israélienne bien huilée menée par le Ministre des Affaires Étrangères depuis le lancement du mouvement BDS en 2005, et dont la stratégie consistait à utiliser la culture comme instrument de propagande en faisant appel à des artistes et des écrivains israéliens dans l’objectif de présenter au monde entier une « meilleure image d’Israël. »

C’est en effet grâce aux gens de conscience depuis les quatre coins du monde, qui ont compris qu’on pouvait mettre fin à l’impunité d’Israël au moyen d’une résistance populaire en Palestine même et associée à une pression et responsabilité internationale à la fois efficace, moralement cohérente et permanente.

C’est cette prise de conscience qui a donné un grand élan aux campagnes de BDS. Plusieurs de ceux qui étaient jusqu’ici des partisans et des sympathisants d’Israël ont fini par s’en éloigner à cause, entre autres, 1) du brutal blocus israélien sur la Bande de Gaza, 2) de la construction sauvage de colonies illégales et du mur de séparation en Cisjordanie occupée, 3) de sa « stratégie de judaïsation » à Jérusalem, en Galilée, dans la Vallée du Jourdain et dans le Naqab (Le Néguev), comme démontré par des rapports officiels de l’ONU 4) de l’adoption de nouvelles lois racistes, et enfin 5) du déni des droits des réfugiés.

Il convient donc de considérer que les succès du mouvement de BDS au cours des dernières années seraient le facteur qui a ébranlé le régime Israélien. Le soutien en décembre 2012 du Congrès National Africain (The African National Congress) ; le soutien au BDS et l’annulation d’évènements qui devaient inclure les noms d’artistes et de groupes de musique de renommée mondiale ; la décision prise par l’éminent scientifique Stephen Hawking et qui consistait à appliquer le boycott et à annuler sa participation à une conférence à l’Université Hébraïque ; et la dernière vague de résolutions en faveur du boycott adoptées par des associations universitaires US, sont des éléments qui conforte l’analyse selon laquelle le mouvement de BDS atteindra bientôt le niveau de la mobilisation internationale contre l’apartheid en Afrique du sud.

Quant à sa position aux yeux de l’opinion publique mondiale, il faut reconnaitre que la réputation d’Israël s’est quelque peu érodée depuis un certain temps déjà. Deux facteurs majeurs en sont la cause. Il s’agit, premièrement, de la force morale du mouvement de BDS, y compris sa composante israélienne anticolonialiste cruciale. Et en second lieu, le changement politique israélien qui s’est clairement orienté vers l’extrême droite. Dans un sondage réalisé en 2013 par la BBC, les résultats ont fait ressortir la concurrence entre Israël et la Corée du Nord, perçus par la grande majorité des personnes en Europe et ailleurs, comme le troisième ou le quatrième des pires pays au monde.

Qu’est-ce que la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions ?

Le 9 juin 2005 a été le jour où l’appel au BDS était pour la première fois lancé par une alliance de plus de 170 organisations palestiniennes : syndicats, réseaux de réfugiés, ONG et associations locales. Le message transmis ce jour était un appel aux organisations de la société civile internationale et aux gens de conscience, afin qu’ils « imposent un boycott général et mettent en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, emboitant ainsi le pas aux mesures appliquées en Afrique du Sud durant la période où sévissait l’apartheid. »

Plus précisément, le BDS appelle à la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967, avec le démantèlement du mur et des colonies, la fin du système israélien de discrimination raciste contre ses citoyens palestiniens et le droit au retour inhérent et reconnu par l’ONU des réfugiés Palestiniens dans leur terre d’origine.

Ces trois droits fondamentaux correspondent aux trois composantes majeures du peuple palestinien : les citoyens de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est (38% de la population palestinienne d’après des statistiques de 2011), ceux du territoire de 1948 qui vivent sous le régime d’apartheid israélien (12%) et ceux de la diaspora, en exil (50%). Plus de deux tiers des Palestiniens ont le statut de réfugiés ou sont des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays.

Agir et s’imposer avec diplomatie et délicatesse

Pour Desmund Tutu, Roger Waters, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, Arundhati Roy, Marcel Khalife et Aijaz Ahmed – personnalités publiques jouissant d’une forte influence – la conclusion est on ne peut plus claire : c’est la même lutte menée en Afrique du sud du temps de l’Apartheid qui doit être suivie aujourd’hui. En effet, le mouvement de BDS est absolument indispensable pour obliger Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international.

En faisant appel aux gens de conscience, partout dans le monde, afin d’aider à mettre fin au système israélien d’oppression à trois facettes, le mouvement de BDS n’entend pas solliciter une action héroïque mais plutôt l’accomplissement et le respect d’une profonde obligation morale qu’est le renoncement à la complicité dans l’oppression.

Chaque année, les pays occidentaux, à l’instar des États-Unis et de l’Allemagne offrent des milliards de dollars à Israël, sans oublier le commerce militaire lucratif. De ce fait, les contribuables de ces pays occidentaux subviennent aux violations israéliennes du droit international pendant que leurs programmes sociaux domestiques subissent des coupes sombres, que le chômage atteint des niveaux alarmants et que l’environnement se fait massacrer et détruire. Tirer un trait sur la complicité avec les crimes israéliens ne joue pas en faveur du peuple palestinien seulement, mais il conviendra sans nul doute aux « 99% » des personnes aux quatre coins du monde qui luttent contre une guerre perpétuelle et pour une justice socio-économique.

S’appuyant sur son influence mondiale, le mouvement de BDS dirigé par la principale coalition dans la société civile palestinienne, le BNC [BDS National Committee] enregistre une percée à travers le monde, couronnée par d’importantes victoires.

Quelques jours auparavant, The American Studies Association [l’Association des Études Américaines] a adopté le principe du boycott universitaire d’Israël avec un ratio de soutien stupéfiant de 2:1 de l’ensemble de ses membres. En avril, The Association for Asian-American Studies [L’Association pour les Études Asiatiques Américaines] est devenue la première instance universitaire américaine à adopter le boycott d’Israël. Dans la même période, The Federation of French-Speaking Belgian Students (La Fédération des Étudiants Belges Francophones) qui compte 100 000 membres a également adopté le boycott des institutions universitaires israéliennes, tout comme le Syndicat des Enseignants Irlandais. En mars 2011, l’Université de Johannesburg a rompu des liens avec l’Université Ben Gourion à cause des violations des droits de l’homme.

Pour leur part, les Conseils d’Étudiants à travers plusieurs universités nord-américaines, dont l’Université de Californie, Berkeley, ont opté pour le désinvestissement de toutes les sociétés qui tirent profit de l’occupation israélienne.

Une liste de plus en plus longue

A travers des millions de membres – originaires, entre autres, d’Afrique du sud, de Grande-Bretagne, d’Irlande, d’Inde, du Brésil, de Norvège, du Canada, d’Italie, de France, de Belgique et de Turquie – ce sont les principales fédérations syndicales internationales qui ont apporté leur soutien au mouvement de BDS

Veolia qui est une société complice avec l’occupation israélienne, a perdu ou a dû se retirer d’appels d’offres qui valent des milliards de dollars, principalement en Suède, en Grande-Bretagne, en Irlande et maintenant aux États-Unis.

Le militantisme du BDS en Norvège, en Afrique du Sud, au Parlement Européen et dans plusieurs Universités Britanniques et ailleurs, a pu frapper G4S, la plus grande société de services de sécurité à l’échelle mondiale. L’entreprise fait actuellement face à d’importants échecs tout à fait significatifs résultant de son implication dans les prisons israéliennes où des détenus Palestiniens, notamment des enfants se font torturer. Elle est également impliquée dans plusieurs projets qui enfreignent le droit international.

En Grande-Bretagne, la cinquième plus grande chaîne de supermarché Co-op a adopté la politique de boycott des sociétés qui opèrent dans les Territoires Palestiniens Occupés.

L’an dernier, The United Methodist Church [L’Église Méthodiste Unie] a appelé au boycott des produits en provenance des colonies israéliennes. Une décision suivie par l’Église Presbytérienne Américaine et l’Église Unie du Canada. L’Église Mennonite Américaine est allée encore plus loin en décidant de ne pas investir dans les entreprises impliquées dans l’occupation israélienne.

Pour sa part, le gouvernement néerlandais a publiquement « dissuadé » les entreprises de son pays à renoncer au business avec les entités israéliennes opérant dans les Territoires Palestiniens Occupés, ce qui a poussé la plus grande entreprise de construction aux Pays-Bas, Royal Haskoning DHV, à se retirer d’un projet de traitement des eaux usées avec la municipalité israélienne de Jérusalem-Est occupée. Dans le même contexte, l’entreprise publique des eaux Vitens a également résilié un contrat avec l’entreprise israélienne des eaux, Mekorot.

Il en va de même pour le gouvernement britannique qui a publié une directive sur l’implication des entreprises dans les colonies illégales israéliennes. Ces étapes suivent la publication des directives européennes contre le financement des projets et entités israéliens dans les Territoires Palestiniens.

Deutsche Bahn, la compagnie allemande des chemins de fer et qui est contrôlée par le gouvernement, s’est retirée d’un projet israélien qui empiète et confisque la terre palestinienne occupée. Des responsables du Ministère allemand des Affaires Étrangères ont informé des représentants de la société civile palestinienne qu’ils ont recommandé à toutes les institutions académiques allemandes d’éviter tout échange avec l’université d’Ariel, une colonie israélienne en Cisjordanie.

Il est vrai que la violente répression israélienne, sa politique de nettoyage ethnique et son blocus à l’encontre des Palestiniens augmentent jour après jour. Néanmoins, nous demeurons confiants et convaincus que nous surmonterons les obstacles et que nous vaincrons. Grâce au mouvement de BDS, aujourd’hui devenu mondial et ayant réussi à conquérir les cœurs et les esprits des peuples, il se pourrait bien que nous atteignons le point ou tout basculera.

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Omar Barghouti est militant Palestinien indépendant des droits de l’homme et membre fondateur du mouvement de BDS. Il est l’auteur de « Boycott, Divestment, Sanctions : The Global Struggle for Palestinian Rights, » (Haymarket : 2011).

Du même auteur :

- Le succès ultime d’Israël pourrait bien signer la fin de son régime colonial – 9 octobre 2013
- Le mouvement BDS expliqué – Pourquoi j’ai boycotté Israël – 28 février 2013
- A propos du soutien des juifs israéliens au régime d’apartheid en Israël – 25 octobre 2012
- BDS : Les Palestiniens veulent « toute la panoplie des droits » – 27 juin 2012
- BDS pour les droits des Palestiniens : « L’égalité ou rien ! » – 6 mai 2012
- BDS, des armes économiques pour relayer la politique – 31 décembre 2011
- Un criminel de la Haganah témoigne sur la Nakba – 30 décembre 2011
- Veolia toujours impliquée dans les violations israéliennes du droit international – 24 novembre 2011
- L’obstacle fondamental sur le chemin d’une solution à un État – 18 novembre 2011
- Ashton : l’attaque des colons contre la mosquée en Cisjordanie sape la paix au Proche-Orient – 12 septembre 2011
- Le dernier masque de démocratie tombe – 6 août 2011

22 décembre 2013 – Al Jazeera English – Vous pouvez consulter cet article en anglais à :
http://www.aljazeera.com/indepth/op…
Traduction : Info-Palestine.eu – Niha




D’éminents universitaires demandent que l’Europe ne capitule pas sur l’interdiction de financer les colonies israéliennes

D’éminents universitaires et chercheurs, dont cinq membres de la Royal Society et un membre de l’Académie des Sciences française ont écrit aujourd’hui au haut représentant de la politique étrangère de l’Union européenne : ils expriment leur consternation d’apprendre par des reportages que l’Union Européenne est en voie d’édulcorer ses directives sur l’éligibilité israélienne aux financements européens au point de vider ces directives de leur sens.

Leur lettre dit : « Nous avons été particulièrement troublés de lire dans les médias israéliens que l’un de ces changements supprime l’obligation pour les candidats israéliens à des subventions de déclarer sur l’honneur que les activités pour lesquelles les fonds sont demandés ne se tiendront ni partiellement ni totalement dans les territoires occupés ; il reviendrait ainsi à l’Union européenne d’identifier les violations. Un autre changement signifie qu’il suffit à tout récipiendaire de fonds européens d’enregistrer son siège à un code postal israélien pour être éligible, même si l’essentiel de ses activités se déroule dans les territoires occupés. »

La lettre se termine en exhortant Mme Ashton « à maintenir l’intégrité des directives, comme la première étape modeste signifiant au gouvernement israélien que ses actions portent à conséquences. » Elle est signée par 27 universitaires de premier plan issus de 6 pays de l’Union européenne.

Elle fait suite à une démarche précédente du 12 septembre dernier, lorsqu’environ 800 universitaires avaient signé une lettre du Comité britannique pour les universités de Palestine (BRICUP) et de l’Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (AURDIP), à la veille des négociations entre l’Union européenne et Israël sur les nouvelles directives concernant l’éligibilité au financement d’institutions israéliennes opérant dans les territoires palestiniens occupés. Elle exhortait Mme Ashton à pas abandonner ou affaiblir les principes énoncés dans ces directives.

Ces directives de l’Union européenne ont pour but de s’assurer que ses propres institutions respectent leur obligation de ne pas reconnaître de souveraineté israélienne sur les territoires palestiniens occupés depuis 1967, tant la Cisjordanie, Jérusalem Est et la bande de Gaza, que les hauteurs du Golan syrien.

Michael Deas, coordonnateur en Europe du Comité national palestinien pour le Boycott (BNC), a déclaré que les directives publiées en juillet « …. montrent que la pression à la base de la société civile est en train de contraindre l’Union européenne à assumer son devoir légal de ne pas reconnaître le régime israélien d’occupation, de colonisation et d’apartheid exercé à l’encontre du peuple palestinien, et à mettre un terme à certaines pratiques complices favorisant le maintien de ce système illégal et criminel. »

En dépit du soutien clair d’universitaires européens aux directives de l’Union européenne, des reportages parus en Israël et ailleurs les derniers jours indiquent que l’Union européenne est sur le point de céder aux principales exigences israéliennes. En particulier, les organisations israéliennes ne seront finalement pas tenues de signer une déclaration sur l’honneur qui entérine l’importance internationalement reconnue de la Ligne verte ; et pour être éligible à la candidature aux financements européens, les organisations israéliennes opérant dans les territoires occupés devront simplement conserver un « siège social » sous code postal israélien.

Le professeur Ivar Ekeland, de l’AURDIP, a déclaré : « Ce serait laisser des entreprises comme Ahava passer complètement entre les mailles du filet. Les laboratoires de la Mer Morte d’Ahava sont basés dans une colonie illégale de Cisjordanie, et pourtant ils ont participé à, et même coordonné, un certain nombre de projets financés par l’Union européenne à hauteur de millions d’euros. Comme leur siège social est en Israël, ils seraient toujours autorisés à poursuivre de telles activités dans le cadre de cette édulcoration des directives. »

Le professeur Jonathan Rosenhead du BRICUP a déclaré : « Nous nous efforçons de démontrer à l’Union européenne la force du ressentiment contre une telle capitulation aux pressions israéliennes. Dans le cadre de notre campagne, nous avons demandé à un groupe restreint de chercheurs européens de haute renommée nationale et internationale de signer la lettre à Lady Ashton. La réponse a été très impressionnante. »

Parmi les signataires figurent Étienne Balibar, professeur émérite de philosophie à l’université de Paris-Ouest (Nanterre), Sir Patrick Bateson, membre de la Royal Society, professeur émérite d’éthologie à Cambridge, Maria Esteban, mathématicienne, directrice de recherche au CNRS et à l’université Paris-Dauphine, Tom Kibble, membre de la Royal Society, physicien à l’Imperial College de Londres, Jean-Marc Lévy-Leblond, professeur émérite de physique à l’université de Nice, Mary Midgley, docteur en philosophie, Jacques Rancière, professeur émérite de philosophie à l’université Paris VIII -Saint-Denis, le professeur Graeme Segal de l’Université d’Oxford, membre de la Royal Society, Walter Scha chermayer, professeur de mathématiques à l’université de Vienne et le professeur Jan Pronk de l’Institut international d’études sociales de La Haye, qui était auparavant ministre de la coopération internationale aux Pays-Bas.

 

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Notes pour les éditeurs

1. Le texte intégral de la lettre à Catherine Ashton, ainsi que la liste complète des signataires (5 novembre 2013).

2. Le texte en cours des directives de l’UE se trouve à l’adresse suivante :

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ…

3. L’analyse du BNC sur ce que les directives recouvrent (et ne recouvrent pas) est ici : http://www.bdsmovement.net/2013/eu-…

4. Ahava Dead Sea Laboratories Ltd, dont l’usine est située dans la colonie illégale Mitzpe Shalem en Cisjordanie occupée, a participé à cinq projets dans le cadre du 7-ième programme-cadre actuel (7e PC), et est même le coordonnateur de deux d’entre eux. Ces projets représentent un montant total de 36.033.269 euros, dont 25.245.718 euros accordé par l’UE.

Projets FP7 impliquant Ahava (données tirées de la base CORDIS) :

SUPERFLEX (Co-Ordinator : AHAVA DEAD SEA LABORATORIES LTD) Coût total : EUR 9 386 165, Contribution UE : EUR 6 200 000

SKIN TREAT (Co-Ordinator : AHAVA DEAD SEA LABORATORIES LTD) Coût total : EUR 5 446 376, Contribution UE : EUR 3 950 035

SMART-NANO Coût total : EUR 4 458 267, Contribution UE : EUR 3 495 300

NANOTHER Coût total : EUR 11 556 307, Contribution UE : EUR 8 408 483

NANORETOX Coût total : EUR 5 186 154, Contribution UE : EUR 3 191 900

5. Pour plus d’informations :

Email : contact@aurdip.fr

Web : http://www.aurdip.fr


Editeur : AURDIP – Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine
http://www.aurdip.org






Le Comité palestinien BDS soutient la mobilisation “Mehadrin Dégage”

Palestine occupée, 14 juin

Le Comité national palestinien BDS (BNC), la plus large coalition de syndicats, campagnes, ONG et partis politiques palestiniens qui représente la référence palestinienne pour le mouvement global de boycott, désinvestissements et sanctions, soutient pleinement la mobilisation qui aura lieu en France les 28-29 juin 2013 contre Méhadrin, la première entreprise agroalimentaire israélienne exportatrice qui est profondément complice de l’occupation d’Israël et des colonies illégales.

Les boycotts des produits agricoles israéliens et les campagnes contre les entreprises agroalimentaires israéliennes exportatrices ont été un élément clé du mouvement BDS, en particulier en Europe. La production agricole est une des exportations israéliennes vers l’Europe les plus importantes et les plus visibles. La Coalition française contre Agrexco a joué un rôle central dans la campagne européenne contre Agrexco, et fut un facteur majeur dans l’effondrement de l’entreprise en 2011.

La complicité incessante des entreprises agroalimentaires israéliennes exportatrices dans la destruction de l’agriculture palestinienne et le potentiel d’une mobilisation de masse efficace contre l’agro-industrie israélienne ont conduit toutes les organisations agricoles palestiniennes à lancer un appel pour une nouvelle série d’actions de la société civile contre les entreprises agroalimentaire israéliennes le 9 février de cette année. La brochure qui accompagnait l’appel, « Cultures d’injustice », montre qu’alors qu’Agrexco n’est plus un acteur majeur, des entreprises agroalimentaires israéliennes continuent d’opérer sur la terre palestinienne volée, en se servant de l’eau palestinienne volée et sont constitutives de l’occupation et de la colonisation israéliennes ininterrompues.

Appelant à une interdiction totale du commerce avec les compagnies israéliennes complices des crimes d’Israël, les organisations agricoles et de fermiers palestiniennes ont déclaré :

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« La contribution la plus honnête et la plus efficace à notre lutte et à notre développement durable est de nous aider à briser les chaînes de la dépendance en exigeant que les sociétés israéliennes rendent des comptes et en travaillant avec nous pour que nous puissions exporter dans le monde via des compagnies socialement responsables et se conformant au droit international. »

A travers l’Europe, des groupes de la société civile mènent des actions en solidarité avec les fermiers palestiniens et en opposition au commerce européen avec les entreprises agroalimentaires israéliennes exportatrices. L’objectif des militants est de mettre en évidence la complicité de ces entreprises et de faire pression sur davantage de détaillants pour qu’ils suivent l’exemple de la chaîne de supermarché britannique Co-Operative, qui refuse de faire du commerce avec les entreprises agroalimentaires israéliennes qui opèrent dans les colonies israéliennes illégales. Bien que limité jusqu’à présent à l’étiquetage, des gouvernements commencent à agir pour modifier leur politique en matière de commerce avec des entreprises opérant dans les colonies, montrant l’impact que la pression des organisations de la base issues du mouvement BDS commence à avoir.

Nous saluons nos partenaires des réseaux français de solidarité, syndicats et ONG qui organisent cette mobilisation à grande échelle contre Mehadrin. Le BNC espère que cette mobilisation sera un succès et que les défenseurs des droits de l’homme et de la lutte palestinienne contre l’apartheid de toute la France s’y joindront. Alors que le mouvement BDS continue de croître, persuadant artistes, entreprises et institutions de modifier leurs attitudes envers le régime israélien d’occupation, de colonisation et d’apartheid, travaillons ensemble pour faire en sorte que cette mobilisation soit une étape décisive vers la construction d’une campagne forte et visible en solidarité avec les fermiers palestiniens et contre Mehadrin en France.

Comité national palestinien BDS




2012 : Une année de succès pour BDS dans le monde

Des actions de boycott et des victoires ont eu lieu dans le monde entier, en 2012 (Nedal Eshtayah / APA images)

 

Janvier :

Février :

  • La chanteuse américaine Cat Power a annulé son spectacle en Israël.
  • Au Canada, le corps estudiantin de l’Université de Regina a adopté une motion BDS « en tant que moyen d’exercer des pressions sur Israël afin qu’il se plie aux lois internationales et aux droits de l’homme ».
  • La chanteuse de jazz américaine Cassandra Wilson a annulé son spectacle à Holon. Elle a déclaré : « En tant qu’activiste des droits de l’homme, je m’identifie au boycott culturel d’Israël. »
  • Les produits de la firme israélienne de cosmétiques Ahava — qui pille les ressources de la mer Morte en Cisjordanie occupée et produit des cosmétiques dans une colonie illégale tout en les étiquetant « made in Israel » — ont été retirés des rayons partout au Japon. DaitoCrea, le distributeur japonais de la ligne de cosmétiques d’Ahava, a annoncé qu’il cesserait immédiatement de stocker les produits d’Ahava en raison de la politique frauduleuse de cette société en matière d’étiquetage.
  • Un juge a rejeté un procès intenté par un groupe de pression israélien contre Olympia Food Co-op à Washington, aux États-Unis, protégeant ainsi la décision de la coopérative de ne pas stocker de produits israéliens et de maintenir le boycott.

Mars :

  • Des étudiants en licence de l’Université de Carleton à Ottawa, au Canada, ont adopté par une majorité écrasante une résolution de soutien des désinvestissements dans les sociétés tirant profit de l’occupation israélienne et des violations des droits de l’homme.
  • L’Université de Glasgow n’a plus repris l’eau Eden Springs (une firme israélienne) dans ses cafeterias.
  • L’organisation mondiale de justice pour l’eau, Blue Planet, a officiellement adopté les BDS et a condamné la discrimination sur le plan de l’eau et les mesures d’inaccessibilité à l’égard des Palestiniens appliquées par Israël.
  • Les tentatives du gouvernement israélien de promouvoir Israël en tant que havre d’« accueil pour les homosexuels » tout en nouant des liens avec les communautés LGBT aux États-Unis et ailleurs dans le monde (ce qu’on appelle communément le « pinkwashing ») ont échoué à Seattle, Tacoma et Olympia, Washington.
  • Les produits Ahava ne sont plus distribués par une importante chaîne de magasins en Norvège. 
  • M.E.Ch.A., la plus importante association de la jeunesse latino-américaine (Latin@) aux États-Unis, a décidé par une majorité écrasante de répondre favorablement à l’appel palestinien aux BDS (Latin@ est un terme neutre pour Latino – masculin – et  Latina – féminin.) L’annonce a été faite le 30 March, qui marque à la fois la Journée palestinienne de la Terre — commémorant les assassinats, les blessures et les arrestations massives de Palestiniens qui, en 1976, avaient protesté contre les confiscations de terre — et la Journée César Chávez, célébrant le dirigeant mexicain des droits civiques mexicain qui avait mené des actions de boycott et de grève pour les droits des travailleurs agricoles.

Avril :

  • L’association des étudiants en candidature de l’Université du Massachusetts, à Boston, a adopté une résolution afin de désinvestir chez Boeing, une société américaine qui tire profit des violations des droits de l’homme par l’armée israélienne.
  • Le deuxième Mediterranean Delight International Belly Dance Festival (danse du ventre), qui devait se tenir à Marrakech, a été annulé en raison d’une intervention manifeste des autorités marocaines, qui ont subi des pressions de groupes palestiniens de solidarité dans l’ensemble des milieux religieux et culturels du Maroc. En outre, le Festival de danse du ventre était sponsorisé en partie par la société israélienne Sea of Spa, qui entretient des liens avec Ahava.
  • L’Association égyptienne de football a boycotté Adidas du fait que la société sponsorisait le marathon de Jérusalem.
  • La chaîne britannique de supermarchés The Co-op a décidé d’étendre son boycott des marchandises produites dans les colonies israéliennes des territoires palestiniens occupés à un boycott total des sociétés israéliennes qui se procurent la moindre marchandise dans les colonies.
  • Le groupe de musiciens irlandais Dervish a annulé une série de spectacles en Israël, déclarant qu’il ne souhaitait pas rompre le boycott.

Mai :

Juin :

Juillet :

L’Église presbytérienne des États-Unis a décidé de boycotter les produits des colonies israéliennes, même si sa résolution en faveur du désinvestissement total a échoué à deux votes près seulement.

Août :

Septembre :

Octobre :

Novembre :

Décembre :

On peut trouver d’autres succès des BDS et de l’activisme sur cette excellente liste, très complète, établie par Don’t Play Apartheid Israel, et nous encourageons nos lecteurs à la consulter.
2012 a été une année de développement important, pour le mouvement de boycott dirigé par les Palestiniens.

A coup sûr, 2013 construira du solide sur ces victoires dans le monde entier.

 

Publié sur The Electronic Intifada le 2/1/2013. Traduction pour ce site : JM Flémal.




La campagne BDS s’intensifie de l’autre côté de la Manche

Les gouvernements changent, mais la répression française à l’encontre du grand mouvement de boycott des produits israéliens (BDS) perdure, la droite ayant passé le relais à la gauche qui s’en est saisie sans sourciller et sans craindre de bafouer des libertés politiques élémentaires…

A tout seigneur tout honneur, rappelons que nous devons cette criminalisation de la campagne BDS, et plus largement de la saine critique d’Israël, au Sarkozysme et à sa piteuse ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, qui n’était plus « ministre quand elle était en vacances » comme elle se plaisait à le dire, surtout lorsqu’elle survolait la Tunisie en pleine insurrection populaire, à bord de l’avion somptueux d’un riche homme d’affaires, proche du clan Ben Ali.

Ainsi, ces irréductibles Français entrés en résistance sous les couleurs de BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), contre le mirage démocratique de l’Etat hébreu, continuent d’encourir des poursuites judiciaires, tandis que chez nos voisins britanniques, les actions BDS se multiplient, prennent de l’ampleur et gagnent du terrain, sensibilisant un nombre croissant de citoyens, notamment depuis la dernière offensive meurtrière à Gaza.

Des images de la mobilisation à l’anglaise traduction CAPJPO-EUROPALESTINE

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